Introduction de la 3ème Conférence internationale de soutien à la population du Liban.
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Locuteur 1Chiffre
« Les promesses de dons que nous avions formulées ensemble ont été tenues, et même dépassées. »
- 4:00Locuteur 1Promesse
« Nous allons, dans les douze mois qui viennent, mettre en place près de cent millions d'euros de nouveaux engagements en appui direct à la population du Liban, pour ce qui concerne la France. »
- 5:30Locuteur 1Fait
« La crise que vit le Liban n'est pas un coup du sort ni une fatalité. Elle est le fruit de faillites individuelles et collectives et de dysfonctionnements injustifiables. »
- 7:30Locuteur 1Fait
« Nous avons créé, avec l'ensemble de nos partenaires européens, un régime de sanctions spécifiques sur le Liban. »
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Bonjour ! Bonjour à toutes et tous. Je crois que tout le monde est là.
On me confirme que tout le monde est présent, y compris le Liban et les Nations unies. Parfait ! Je propose qu'on commence donc cette conférence.
Madame la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies, mesdames et messieurs les chefs d'État et de gouvernement, chers amis, il y a un an, jour pour jour, une terrible explosion a ravagé le port de Beyrouth et je crois que nous avons encore tous et toutes en mémoire la ville défigurée, et surtout ces vies traumatisées et nous n'oublions rien, rien des victimes, de leurs familles, de celles et ceux qui ont perdu la vie, de leurs proches, mais aussi de celles et ceux dont la vie a été profondément bousculée, renversée par cette terrible explosion. Pour ma part, je me suis rendu à Beyrouth le 6 août dernier, puis le 1er septembre qui suivait, et je n'oublie pas, en effet, toutes celles et ceux qui ont vécu, et vivent encore les conséquences de cette tragédie. Et donc on pensait aujourd'hui, avant tout, évidemment, à la population du Liban.
Dans les suites immédiates du drame, nous avons apporté une première réponse humanitaire massive, et nous avions tenu une conférence similaire à celle-ci dans les jours qui avaient suivi. Nous avons mis en place, dans les heures qui ont suivi, un pont aérien et maritime. Les promesses de dons que nous avions formulées ensemble ont été tenues, et même dépassées.
Elles ont permis de répondre à l'urgence en matière de santé, d'éducation, de logement, d'aide alimentaire. Depuis, l'aide n'a cessé d'être acheminée, et je sais que vous restez tous mobilisés, et je vous en remercie très fortement. La France reste aussi plus que jamais, l'État, mais aussi les régions, les villes, les entreprises, les simples citoyens, animés par un élan de solidarité très fort.
Un seul exemple : un navire, nouveau, chargé de 51 tonnes de matériel médical, offert par la France, est arrivé à Beyrouth la semaine dernière, envoyé par CMA CGM. Un nouveau chargement de médicaments arrivera demain. Mais tout cela ne suffit pas.
Ça ne suffit pas, car la situation s'est encore dégradée. Et vous le savez, l'explosion du port n'a fait, au fond, qu'aggraver une crise protéiforme : économique, financière, sociale et cette crise est devenue, aujourd'hui, alimentaire. C'est pour y répondre que nous avons pris une nouvelle fois l'initiative, avec le Secrétaire général des Nations unies, de vous réunir aujourd'hui.
Et cette conférence d'aujourd'hui est une conférence des gestes concrets, des actes à destination des Libanaises et des Libanais. Nous devons en effet continuer à nous engager de manière concrète, en partant des besoins réels, identifiés par les Nations unies. Et je sais que les Libanaises et les Libanais peuvent compter sur vous, comme ils peuvent compter sur la France.
Je suis aujourd'hui en mesure de vous annoncer que nous allons, dans les douze mois qui viennent, mettre en place près de cent millions d'euros de nouveaux engagements en appui direct à la population du Liban, pour ce qui concerne la France. Cette aide portera sur l'éducation, avec un soutien exceptionnel aux familles, aux élèves, aux étudiants. Elle portera sur l'aide alimentaire et nous allons, en outre, accroître notre soutien à l'agriculture, dans ce cadre-là.
La santé restera aussi une priorité absolue. Et je veux ici annoncer également l'envoi de 500 000 doses de vaccins contre le Covid dans les prochaines semaines et durant ce mois d'août. La France contribuera également à la reconstruction du port, véritable poumon du Liban, et je veux ici saluer l'annonce de CMA CGM, d'une aide d'urgence pour le maintien de l'activité du port.
Comme je m'y étais engagé, nous continuerons à veiller à ce que notre soutien bénéficie directement à la population du Liban, de manière transparente et traçable. Notre vigilance sur les mécanismes de suivi de cette aide est totale, avec l'appui indispensable des Nations unies. Cette aide ira donc directement aux associations et aux ONG sur place, et je veux ici, une nouvelle fois, saluer les associations de terrain, qui jouent un rôle essentiel, et pallient bien souvent les défaillances de l'État.
Associations auxquelles notre aide internationale sera directement transmise grâce, aussi, au truchement des Nations unies, dont je salue le rôle, avec transparence et des comptes-rendus réguliers. Je veux ici également, une fois encore, saluer le rôle essentiel des forces armées libanaises. Les FAL, qui depuis le début de la crise, jouent également un rôle de stabilisation, de transparence et d'accompagnement de la population.
Notre engagement et notre vigilance doivent aussi se traduire par des outils d'actions multilatéraux, qui sont à mettre au bénéfice des Libanaises et des Libanais. Je pense au prêt de la Banque mondiale, d'un montant de plus de 246 millions de dollars, qui doit permettre, en l'absence d'État social, de bâtir un premier filet de protection sociale, dans des conditions satisfaisantes, transparentes également, et d'impartialité. Je pense aussi aux droits de tirages spéciaux du Fonds monétaire international, qui doivent être utilisés de manière transparente, avec de la responsabilité et des mécanismes de compte-rendus, conformément aux orientations du G7 et du G20.
Je souhaite maintenant m'adresser directement au président Aoun et à l'ensemble de la classe politique libanaise. Le président Aoun, qui est avec nous aujourd'hui, sait combien j'ai estime et respect pour lui, pour sa personne, pour le combattant de la liberté qu'il fut, et pour l'élu du peuple libanais qu'il est. Néanmoins, je continue de considérer que la crise que vit le Liban n'est pas un coup du sort ni une fatalité.
Elle est le fruit de faillites individuelles et collectives et de dysfonctionnements injustifiables. Elle résulte de toutes les défaillances d'un modèle qui s'est détourné du bien public et de l'intérêt général, et l'ensemble de la classe politique libanaise, toute la classe politique libanaise, n'a eu de cesse de l'aggraver en faisant passer avant tout ses intérêts individuels et partisans, avant les intérêts du peuple libanais. La France, comme la Communauté internationale, nous avons pris nos responsabilités, celles d'un partenaire proche, pour ce qui est de la France, d'une amie bienveillante.
Notre action s'est traduite dès avril 2018 par la mobilisation de la Communauté internationale, à l'occasion de la conférence Cèdre, dans le cadre de laquelle nous avons mobilisé des investissements majeurs, plus de 11 milliards de dollars dès le printemps 2018. En contrepartie de réformes de gouvernance, de modernisation. Aucune de ces réformes n'est advenue.
Depuis, tous les rendez-vous ont été manqués, aucun engagement n'a été tenu. Le Liban mérite définitivement mieux. Fort de sa population dynamique, active, dotée de multiples compétences reconnues dans la région et le monde entier, fort de sa culture, de sa tradition éducative, le Liban mérite mieux que de vivre de la solidarité internationale, et cela dépend de vous : former un gouvernement, trouver les compromis nécessaires, mettre en œuvre la feuille de route décidée il y a bientôt un an.
C'est pourquoi, je le répète une nouvelle fois, la première des priorités reste cela : la formation d'un gouvernement chargé des mesures les plus urgentes au service de la population, ce qui permettra à la Communauté internationale d'appuyer encore davantage le Liban. La conférence d'aujourd'hui est une conférence humanitaire, de soutien à la population. Elle est donc inconditionnelle, mais il n'y aura aucun chèque en blanc au bénéfice du système politique libanais, car il est, lui, depuis le début de la crise et même avant, défaillant.
J'ai parlé de la bienveillance de la France à l'égard du Liban. Elle se doit aussi d'être exigeante. Elle l'est, et elle le restera et j'y veille.
Les dirigeants libanais semblent faire le pari du pourrissement. Je le regrette. Je pense que c'est une faute historique et morale.
La Communauté internationale, elle, continue de se tenir aux côtés de la population. Nous avons pu prendre, plusieurs d'entre nous autour de l'écran aujourd'hui, des mesures restrictives à l'encontre des personnalités impliquées dans la corruption ou le blocage politique, et nous les assumons. Nous avons créé, avec l'ensemble de nos partenaires européens, un régime de sanctions spécifiques sur le Liban.
Les dirigeants libanais ne doivent donc pas, dans ce contexte, douter une seule seconde de notre détermination. Cela vaut pour le gouvernement et sa formation, la mise en oeuvre des réformes, mais également l'enquête sur le port, qui est attendue par toute la population libanaise. Il y a maintenant un an, l'enquête a été lancée.
La France et plusieurs autres ont coopéré, apporté toutes les informations dont nous disposions. Nous sommes disponibles pour toutes les coopérations techniques, une fois encore, et je crois que les dirigeants libanais, j'en suis même sûr, sont redevables de la vérité et de la transparence à l'égard de leur population. Il en est de même, enfin, pour la tenue des élections, au printemps prochain.
Chacun doit désormais prendre ses responsabilités. Je resterai, pour ma part, aux côtés des Libanaises et des Libanais. Nous entretenons un vrai dialogue avec la société civile, et j'ai d'ailleurs souhaité que soient à nouveau présents aujourd'hui parmi nous, des représentants de ceux qui agissent au quotidien pour pallier les déficiences des dirigeants et bâtir le Liban de demain.
Je vais ici vous redire ma détermination, celle de la Communauté internationale. Elle ne faiblira pas. Nous continuerons de répondre aux besoins de la population de la manière la plus efficace et la plus directe possible.
Je veux remercier tous les dirigeants internationaux qui sont présents aujourd'hui pour cette conférence internationale. Ils ont pris une fois encore sur leur temps, et donc merci à vous d'être là, et sans plus tarder, je vais maintenant passer la parole à la Vice-Secrétaire générale de l'Organisation des Nations unies, chère Amina Mohamed.