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Discours / meetingLe Média (sur YouTube)· 18 décembre 2020 5 minAutoproduitActualité / polémiqueCulture, médias & sportSolidarités & familleÉconomie & entreprises

LE MONDE DU SPECTACLE EN GUERRE POUR SA SURVIE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15inconnuFait
    « Nous sommes face à la troisième vague. La troisième vague d’annulations pour les équipes artistiques qui s’étaient préparées à jouer à partir d’aujourd’hui. »
  • 0:30inconnuFait
    « On ne peut pas exercer nos métiers. Et ça commence à être très difficile. »
  • 1:00inconnuFait
    « On a été prolongé d’un an sur l’intermittence sauf que la date prochaine sera en août 2021 mais en attendant si on peut pas travailler ni gagner de cachet c’est impossible de pouvoir remplir le contrat des 507 heures en un an. »
  • 1:30inconnuFait
    « Pour les intermittents les plus précaires qui n’ont pas renouvelé leurs statuts ils sont dans une misère noire. »
  • 2:00inconnuFait
    « Au 15 décembre on nous dit “oui on va rouvrir les salles, un p’tit peu de cinéma, etc.”, et en fait il se passe rien. »
  • 2:30inconnuFait
    « On est dans “sauver l’économie”. Travaille, consomme et tais-toi. C’est de la consommation pure. »
  • 3:00inconnuFait
    « Je pense qu’ils se contaminent beaucoup plus dans les magasins que dans les lieux culturels. »
  • 3:30inconnuFait
    « On devait sortir rang par rang. C’était hyper respecté. »
  • 4:00inconnuFait
    « Il n’y a jamais eu de cluster dans les lieux de culture et on est puni. »
  • 4:30inconnuFait
    « Là je suis au RSA. J’ai pas mes heures donc je suis au RSA. »
  • 5:00inconnuFait
    « On voit qu’il y a tout qui continue, des choses qui rouvrent, tout va bien, tout va mieux, et nous non. On régresse. »
  • 5:30inconnuFait
    « Il y a des aides pour les grandes entreprises, pas pour les petites, pour les gros. »
  • 6:00inconnuFait
    « L’arbitrage du gouvernement a été fait de façon très claire pour la priorité au secteur marchand. »
  • 6:30inconnuFait
    « On ouvre des supermarchés, on ouvre Ikea, on ouvre Auchan et on ouvre les églises, mais on n’ouvre pas les théâtres. »
  • 7:00inconnuPromesse
    « On revendique une ouverture le plus vite possible, selon des protocoles qui sont établis. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci bonjour à tous. Nous sommes face à la troisième vague. La troisième vague d’annulations pour les équipes artistiques qui s’étaient préparées à jouer à partir d’aujourd’hui.

Nous ne voulons plus être traités comme des secteurs non-essentiels. Nous pensons que notre activité, si elle n’est pas vitale au moment de sauver des vies, elle est essentielle pour notre vie à tous et pour la vie culturelle de ce pays. Nos métiers sont ceux du partage, du dialogue, de l’échange social, non de la distance sociale.

Pour ça, il faut que le public ait le droit de revenir. Là concrètement on peut pas travailler. On ne peut pas exercer nos métiers.

Et ça commence à être très difficile. On n’a pas de lieu pour présenter ce qu’on veut présenter. On nous empêche clairement de travailler.

Ce qui est compliqué pour nous c’est qu’on aimerait travailler, on a envie, on a envie de proposer aux gens, on a envie qu’ils nous voient et nous sans public on n’existe pas en fait. Depuis le premier confinement on n’arrive pas à travailler correctement. On nous donne aucun moyen pour pouvoir exprimer nos arts et notre travail quoi.

On a été prolongé d’un an sur l’intermittence sauf que la date prochaine sera en août 2021 mais en attendant si on peut pas travailler ni gagner de cachet c’est impossible de pouvoir remplir le contrat des 507 heures en un an. Pour les intermittents les plus précaires qui n’ont pas renouvelé leurs statuts ils sont dans une misère noire. Je trouve que dans le discours du gouvernement c’est très paradoxal parce qu’ils vont rouvrir les magasins alors que les théâtres, les cinémas, les opéras, etc, se sont préparés pour accueillir le public le 15 décembre.

Il y a les métiers du cinéma, il y a les chanteurs, les musiciens, il y a des techniciens, ces corps de travail là qui galèrent aussi. Au 15 décembre on nous dit “oui on va rouvrir les salles, un p’tit peu de cinéma, etc.”, et en fait il se passe rien.

On est dans “sauver l’économie”. Travaille, consomme et tais-toi. C’est de la consommation pure.

Et je pense qu’ils se contaminent beaucoup plus dans les magasins que dans les lieux culturels. Comment est-ce qu’on peut avoir une différence entre les galeries Lafayette où tout le monde se marche dessus, les gens sont confinés les uns contre les autres alors que dans les théâtres, même pendant la petite période de déconfinement, tout était très respecté : les distanciations, les masques, le gel à l’entrée, le gel à la sortie. On devait sortir rang par rang.

C’était hyper respecté. Je travaille dans un théâtre aussi et je sais qu’on fait très très attention, voilà je peux le dire, on fait très attention, à bien laisser au moins deux sièges de distance entre chaque spectateur. Ils ont du gel, on garde tous tous le masque, ils sont tous silencieux.

Alors que dans les magasins, tout le monde touche les articles. Je ne suis pas contre le fait de rouvrir les magasins mais il y a deux poids deux mesures. Faut savoir qu’est-ce qui est le plus facteur de risque.

Les théâtres ont investi dans des purificateurs d’air. Il n’y a jamais eu de cluster dans les lieux de culture et on est puni. Mais puni grave parce qu’on ne peut plus manger.

Là je suis au RSA. J’ai pas mes heures donc je suis au RSA. Il y a une injustice phénoménale.

On voit qu’il y a tout qui continue, des choses qui rouvrent, tout va bien, tout va mieux, et nous non. On régresse et là je comprends pas. Si on nous met à mort, nous voulons connaître l’accusation, nous voulons pouvoir nous défendre face à autre chose que le vide et l’absurdité de ce qui nous est infligé.

Il y a des aides pour les grandes entreprises, pas pour les petites, pour les gros. Il n’y a pas que nous, il y a le tourisme, les restaurants, tout le monde est au courant, il y a plein d’injustices. Pourquoi certains et pas les autres ?

Au nom de l’argent, je pense. Et ça me fait un peu mal. L’arbitrage du gouvernement a été fait de façon très claire pour la priorité au secteur marchand.

On ouvre des supermarchés, on ouvre Ikea, on ouvre Auchan et on ouvre les églises, mais on n’ouvre pas les théâtres. La culture est une nourriture spirituelle qui est essentielle. “Réinventez-vous, réinventez-vous”.

Oui on reste actif, on fait des choses, mais on n’est pas rémunérés. Comment on va tenir ? Comment on va y arriver au bout d’un moment ?

On revendique une ouverture le plus vite possible, selon des protocoles qui sont établis. Les intermittents ont la “chance” d’avoir cette année blanche qui est un pansement puisqu’ils n’ont pas travaillé. On demande une deuxième année blanche ou à défaut, que soit prise en compte la période d’impossibilité de travailler.

La PIT. Pour chaque intermittent. On fait ce qu’il faut, alors pourquoi on est puni, pourquoi on nous musèle comme ça ?

On veut la réouverture des lieux de culture et la liberté d’expression. Tous ces professionnels ne se contentent pas des compensations financières, même si elles sont importantes mais ont une idée plus haute des enjeux de la création et en premier lieu pour la population. Pourquoi à l’instar des cafés et restaurants nous sommes fermés ?

Pour empêcher les gens de se rencontrer ? De parler ? Les empêcher d’assister ensemble à des œuvres de l’esprit ?

Pire, de se divertir en pensant. Rouvrir sans tarder les salles de spectacle de cinéma, musée, c’est aussi une question de démocratie, et peut-être même de santé publique.