Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationLCP (sur YouTube)· 20 septembre 2025 58 minComplaisantDivertissementInstitutions & électionsCulture, médias & sport

[DIRECT] Assemblée nationale : journées européennes du patrimoine - 20/09/2025

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 93 %Attaque 3 %Défensif 4 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:01OuverteRéponse directe

    Pourquoi de plus en plus de Français veulent-ils visiter l'Assemblée nationale ?

  • 2:45OuverteRéponse directe

    Depuis quand les députés siègent-ils au Palais Bourbon ?

  • 3:47OuverteRéponse directe

    Pourquoi la bibliothèque est-elle une star de cette édition ?

  • 8:32OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça fait de visiter cette bibliothèque ?

  • 8:51OuverteRéponse directe

    Pourquoi avoir voulu visiter l'Assemblée nationale ?

  • 22:08OuverteRéponse directe

    577 députés, le perchoir est un lieu important, pourquoi ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00PrésentateurChiffre
    « Beaucoup de monde, 13 000 visiteurs sont attendus ce week-end, plus de 800 personnes par heure. »
  • 0:17PrésentateurFait
    « LCP vous a concocté une visite guidée de l'Assemblée nationale bien sûr, mais cette année c'est une première du château de Versailles, puisque le château a décidé cette année d'ouvrir des salles qui concernent la République. »
  • 2:48InvitéFait
    « Alors c'est une histoire compliquée, puisque les députés au départ siègent à Versailles. On va en reparler en 1789. »
  • 2:55InvitéFait
    « Mais à la fin de la Révolution, le 21 janvier 1798, pour la première fois, les députés du Conseil des 500 prennent possession des lieux. »
  • 4:11InvitéChiffre
    « 42 mètres de long, 10 mètres de haut, la bibliothèque de l'Assemblée nationale fait partie des joyaux de notre patrimoine. »
  • 4:37InvitéChiffre
    « Ici, 700 000 ouvrages y sont conservés. »
  • 4:55InvitéChiffre
    « 600 mètres carrés de peinture de Gênes de la Croix qu'il mettra 9 ans à réaliser. »
  • 5:20InvitéFait
    « Sa chapelle Sixtine, comme il aimait à l'appeler, composée de cinq coupoles symbolisant la poésie, la théologie, la philosophie, les sciences et bien sûr au centre la législation. »
  • 5:52InvitéChiffre
    « Alors, une trentaine de restaurateurs décrassent les vernis, rebouchent les fissures apparues. »
  • 6:57PrésentateurFait
    « Regardez d'abord le procès de Jeanne d'Arc. Il est juste à droite, ce procès qui enverra la pucelle au bûcher en 1431. »
  • 7:21PrésentateurFait
    « Autre trésor, d'une valeur inestimable, vous le voyez, le Codex Borbonicus Aztèque. C'est un calendrier divinatoire mexicain sur fibre végétale qui date du XVe siècle. »
  • 8:13PrésentateurChiffre
    « Et on le rappelle, il y a 700 000 ouvrages ici à l'Assemblée Nationale, dont 54 000 livres, rien que dans cette bibliothèque rangée sur ses étagères. »
  • 9:26PrésentateurFait
    « C'est important pour l'Assemblée aussi d'acquérir, de montrer ces manuscrits qui ont marqué notre histoire. »
  • 10:22InvitéFait
    « Et puis des documents plus politiques, je crois que la concision de l'an 1, la première concision républicaine, le projet Robespierre. »
  • 10:41InvitéFait
    « Et moi il y a quelque chose qui me plaît particulièrement, c'est une épée. C'est une épée qui aurait servi au duel, qui a servi au duel entre le président de l'Assemblée de l'époque, qui s'appelait la Chambre des députés, Eugène Flocquet, et Charles Flocquet, pardon, et le général Boulanger. »
  • 11:33InvitéFait
    « Et lorsqu'on pénètre dans la bibliothèque, surtout depuis qu'elle a été restaurée, qu'elle est tellement plus lumineuse, eh bien on est vraiment submergé par le travail de Delacroix. »
  • 12:50InvitéFait
    « C'était la monarchie de Juillet, qui est un régime de monarchie dite à chartes constitutionnelles, on va dire. »
  • 21:46InvitéFait
    « Et la troupe s'arrête là. La troupe ne peut entrer dans l'hémicycle que si la présidente le demande. »
  • 28:52PrésentateurChiffre
    « Elle fait près de 600 mètres carrés et peut accueillir jusqu'à 1500 personnes. »
  • 29:01PrésentateurFait
    « Car sous la Troisième République, c'est ici que siègent les députés. Mais elle doit aussi pouvoir accueillir les sénateurs pour l'élection du Président de la République. »
  • 29:08PrésentateurChiffre
    « Car ce sont bien les parlementaires, députés et sénateurs qui élisent le Président de la République sous cette Troisième République. Ils se réuniront ainsi 16 fois jusqu'en 1953. »
  • 32:24InvitéFait
    « Oui, l'élection au suffrage universel direct, on l'avait tentée en 1848, ça a donné Louis-Napoléon Bonaparte qui, ensuite, a fait un coup d'État. »
  • 32:46InvitéChiffre
    « La dernière élection, c'est celle de René Coty en 1953. Il y aura 13 tours de scrutin, ça devient un véritable feuilleton. »
  • 34:17InvitéFait
    « Oui, par exemple, pour réviser la Constitution. Les députés et les sénateurs, au terme de l'article 89 de la Constitution, après avoir voté séparément en faveur d'un projet de révision, peuvent être réunis en Congrès pour approuver une révision constitutionnelle. »
  • 35:19InvitéChiffre
    « C'est la raison pour laquelle, depuis Nicolas Sarkozy, à quatre reprises, les présidents ont entendu réunir ce Congrès pour leur faire des déclarations importantes. »
  • 36:54PrésentateurFait
    « Et puis, des documents inédits des débuts de la Troisième République. »
  • 39:29PrésentateurFait
    « quatrième personnage de l'État, on dit que c'est l'un des plus beaux palais de la République, cet hôtel de Lassay »
  • 40:04PrésentateurFait
    « On dit que Napoléon Ier aurait signé sa première abdication en avril 1814 sur ce bureau. »
  • 41:34InvitéFait
    « L'endroit où nous nous trouvons, au début du XVIIIe siècle, ça s'appelait la Grenouillère. »
  • 41:55InvitéFait
    « Et au XIXe siècle, les deux édifices ont été réunis et ont formé ce que nous appelons maintenant le Palais Bourbon. »
  • 45:24InvitéFait
    « Tous ces salons portent des noms qui sont liés à la décoration. On voit au plafond des peintures qui représentent des jeux anciens. »
  • 45:35InvitéFait
    « Mais effectivement, on n'y joue pas, on y travaille. »
  • 45:42InvitéFait
    « C'est là que se réunit la conférence des présidents, qui est un des organes essentiels de l'Assemblée nationale. »
  • 47:31PrésentateurFait
    « Et parfois le débat, il se fait plus entre le palais Bourbon et le ministre des Relations avec le Parlement. »
  • 47:52InvitéFait
    « On se souvient que lors de la dernière dissolution, la présidente de l'Assemblée n'était pas tout à fait alignée avec ce qui s'était passé à l'Élysée. »
  • 49:45PrésentateurChiffre
    « Coût des travaux, entre 35 et 50 millions d'euros d'après les estimations. »
  • 49:58InvitéFait
    « Madame Brune Pivet, à part de nous avoir imposé ses croûtes dans l'ensemble de l'Assemblée nationale, c'est-à-dire diverses œuvres contemporaines qui battent des records de mauvais goût, a décidé de défigurer le bâtiment lui-même avec ce pavillon immonde et très cher. »
  • 50:11PrésentateurChiffre
    « Objectif du projet, doubler la capacité d'accueil chaque année pour atteindre 400 000 visiteurs par an. »
  • 50:37PrésentateurFait
    « Toute personne qui est venue un jour à l'Assemblée nationale sait que nous accueillons le public dans des conditions déplorables, et je pèse mes mots, dans des conditions de sécurité très légères. »
  • 51:23PrésentateurChiffre
    « Plus de 52 000 signatures à ce jour, sans impact pour l'instant sur le futur chantier. »
  • 52:27PrésentateurFait
    « Cette porte, le président de la République n'a pas le droit de la franchir au nom de la séparation des pouvoirs. »
  • 53:36InvitéChiffre
    « Elle permet donc de passer à pied sec d'un bâtiment à l'autre. Mais du coup, ça a donné une très grande salle de réception. Il y tient plus de 300 personnes assises. »

Temps de parole

  • Présentateur28 %
  • Invité24 %
  • Invité 223 %
  • Présentateur 220 %
  • Invité 32 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Beaucoup de monde, 13 000 visiteurs sont attendus ce week-end, plus de 800 personnes par heure. Pour ceux qui n'ont pas de la chance de pouvoir se rendre sur place, ne vous inquiétez pas, LCP vous a concocté une visite guidée de l'Assemblée nationale bien sûr, mais cette année c'est une première du château de Versailles, puisque le château a décidé cette année d'ouvrir des salles qui concernent la République, deux lieux donc emblématiques de l'histoire de France. Alors nous sommes installés dans ce salon de la Croix, dans le périmètre sacré, on vous en livrera tous les secrets avec nos deux invités, deux spécialistes pour qui ce palais Bourbon n'a aucun secret.

Justement Bruno Filini, bonjour. Bonjour. Vous êtes historien, ancien haut fonctionnaire de l'Assemblée, Jean Garrigue, bonjour. Bonjour. Historien également, professeur d'histoire contemporaine à l'Université d'Orléans et spécialiste de cette histoire parlementaire et politique. Je vais vous présenter également nos deux guides pour la journée, Marion Becker et Marco Pommier. Marco Pommier depuis l'Assemblée nationale, il vous emmènera partout de l'hémicycle à la bibliothèque en passant par la Galerie des Fêtes. Et puis Marion Becker est-elle, je vous le disais, à Versailles, puisque quand on dit Versailles, on pense monarchie, Louis XIV, mais Marion, il faut aussi penser république.

Exactement. Elsa, ici, à Versailles, se cache, se trouve, la salle des congrès. Elle est dans l'aile sud, derrière moi. Elle a été ouverte toute l'année, exceptionnellement, à l'occasion des 150 ans de la République à Versailles. C'était un événement. Et le château a décidé de l'ouvrir également pour les journées du patrimoine. Je vais vous y amener dans quelques instants, ainsi que dans les salons attenants, là où se sont tournées des pages importantes et souvent méconnues de la République. Merci beaucoup Marion. On vous retrouve dans un instant. Mais on commence par l'Assemblée nationale. Alors justement, pour cette visite, on voit que de plus en plus de Français veulent venir.

Jean Garrigue, ils veulent voir en vrai cette Assemblée dont on leur parle tant.

2:04
Invité

Oui, c'est une excellente chose. C'est la maison du peuple, l'Assemblée nationale. C'est là que sont élus les représentants de la nation et qui sont les représentants de la nation tout entière. Chacun d'une circonscription, mais de la nation tout entière. Et il est sain, il est bon que de plus en plus de Français connaissent les rouages de cette Assemblée. On sait bien que toute notre histoire est faite d'anti-parlementarisme. Les Français n'ont pas toujours bien compris à quoi servaient leurs assemblées. Et je trouve que c'est une très très belle chose d'ouvrir cette maison à tous ces citoyens français ou étrangers. Parce qu'ils sont très nombreux aussi.

2:40
Présentateur

Alors justement Bruno Fulini, pour faire comprendre aussi à ceux qui nous regardent aujourd'hui, depuis quand les députés siègent-ils ici au sein du Palais Bourbon ?

2:48
Invité

Alors c'est une histoire compliquée, puisque les députés au départ siègent à Versailles. On va en reparler en 1789. Mais à la fin de la Révolution, le 21 janvier 1798, pour la première fois, les députés du Conseil des 500 prennent possession des lieux. Donc c'est le palais ci-devant de Bourbon, qui au départ a été construit sous la monarchie. C'est un palais qui a environ 300 ans. Mais qui a été entièrement remanié pour accueillir une assemblée parlementaire. Et alors c'est très spectaculaire, puisqu'ils quittent leur ancienne salle qui était celle de la Convention. Ils font une grande procession dans Paris.

Il faut savoir qu'à l'époque, les députés ont un uniforme, un uniforme assez majestueux, une sorte de toge, il y a une toque avec une plume, il y a un glaive. Et donc il faut imaginer ces 500 députés, tous des hommes évidemment en 1798, qui arrivent ici, qui prennent possession du palais au son de 21 coups de canon, parce qu'on veut marquer la solennité du moment.

3:43
Présentateur

De cet événement évidemment. Alors on va parler aussi d'une star de cette édition, c'est la bibliothèque. Marco Pommier s'y trouve. On va justement le voir dans un instant. Je vois qu'il y a déjà beaucoup de monde derrière vous, Marco. Les visiteurs veulent voir cette bibliothèque. Pourquoi ? Parce qu'elle a été rénovée. On va justement regarder ces travaux qui ont été effectués, une rénovation de ce lieu emblématique, de ce Temple du Savoir. Reportage de Maïté Frémont et de Marion Duvauchel.

4:11
Invité

42 mètres de long, 10 mètres de haut, la bibliothèque de l'Assemblée nationale fait partie des joyaux de notre patrimoine. L'hémicycle c'est le feu, la bibliothèque c'est l'eau. Le feu, le tumulte, le débat, la force du débat indispensable à notre démocratie. L'eau de la bibliothèque, l'endroit, le seul endroit calme où on s'apaise, on se ressource et on vient asseoir la qualité des débats sur la connaissance. Ici, 700 000 ouvrages y sont conservés. Une collection exceptionnelle qui retrouve sa place dans les rayons après un an de restauration. Je vais imaginer que c'est des livres qu'on n'avait jamais bougé depuis deux siècles.

Exceptionnel tout comme son célèbre plafond, 600 mètres carrés de peinture de Gênes de la Croix qu'il mettra 9 ans à réaliser. Il ne pouvait travailler que lorsque l'assemblée ne siégeait pas. Et il avait entre août et décembre, qui sont en plus les pires périodes de l'année pour travailler dans le climatique, c'était le seul moment. Et après il devait démonter complètement son échafaudage, repartir à zéro et puis revenir, remonter son échafaudage et refaire ça. Il a pris beaucoup de temps parce qu'il a tout de suite considéré ça comme une de ses œuvres majeures.

Sa chapelle Sixtine, comme il aimait à l'appeler, composée de cinq coupoles symbolisant la poésie, la théologie, la philosophie, les sciences et bien sûr au centre la législation. De chaque côté se font face les représentations de la paix avec Orphée et de la guerre et la barbarie avec Attila. L'œuvre a traversé les siècles mais non sans dégâts. Alors, une trentaine de restaurateurs décrassent les vernis, rebouchent les fissures apparues. L'équipe fait même des découvertes surprenantes. Vous voyez là très clairement, et c'est logique, on voit des étoiles et des étoiles qui brillent incroyablement. Aucune d'entre elles n'apparaissait. C'est un des petits miracles de la restauration.

Soudain on a vu ces étoiles et regardez comme elles brillent. Ça c'est une mauvaise aussi. C'est la grande ours en plus. C'est la grande ours. C'est génial. Et on l'a découverte, on ne voyait rien. Après un an de travaux, ce lieu splendide, cœur battant de la démocratie, est dorénavant ouvert au public.

6:38
Présentateur

Et comme promis, on va vous y retrouver, Marco Pommier, dans ce passage obligé de ces 42e Journées du Patrimoine, la bibliothèque. Oui, je me trouve, Elsa, dans l'entrée du Temple du Savoir de l'Assemblée Nationale. Et dans cette entrée, il y a deux trésors inestimables. Regardez d'abord le procès de Jeanne d'Arc. Il est juste à droite, ce procès qui enverra la pucelle au bûcher en 1431. Ce procès verbal, il date de 1435. Il en existe cinq copies, mais le seul exemplaire sur parchemin est exposé ici, à l'Assemblée Nationale. Autre trésor, d'une valeur inestimable, vous le voyez, le Codex Borbonicus Aztèque.

C'est un calendrier divinatoire mexicain sur fibre végétale qui date du XVe siècle et qui indique en fait les fêtes religieuses, les rites sacrés. Et ça ne se voit pas ici, mais ce calendrier fait plus de 14 mètres de long. On va maintenant entrer au cœur de l'Assemblée Nationale, au cœur de l'Assemblée, au cœur de cette bibliothèque de l'Assemblée. Alors vous le voyez, il y a beaucoup de monde, vous l'avez dit, elle a 13 000 personnes attendues ce week-end et nous rentrons dans cette bibliothèque absolument majestueuse, restaurée il y a quelques mois, du sol au plafond. Vous la voyez, cette bibliothèque.

Elle n'avait jamais fait l'objet d'une restauration d'ensemble depuis sa construction dans les années 1830 par Jules de Joly. C'est absolument magnifique. Et on le rappelle, il y a 700 000 ouvrages ici à l'Assemblée Nationale, dont 54 000 livres, rien que dans cette bibliothèque rangée sur ses étagères. Et je me trouve dans cette bibliothèque avec Katia et Chaynez. Enchantée, c'est la première fois que vous visitez l'Assemblée Nationale. Qu'est-ce que ça fait de voir cette bibliothèque Verdict ?

8:34
Invité

C'est incroyable de voir autant d'œuvres et surtout les peintures au plafond, c'est super joli. Et j'aime trop découvrir de belles choses. Et aujourd'hui, c'était vraiment intéressant d'avoir fait le tour de l'Assemblée Nationale.

8:49
Présentateur

Et vous, Chaynez, c'est aussi la première fois que vous visitez l'Assemblée. Pourquoi vous avez voulu visiter cette Assemblée ?

8:54
Invité

C'est rencontrer et découvrir les endroits de notre République, de découvrir toute l'histoire de toute notre République et de voir tout le patrimoine que notre belle France a.

9:07
Présentateur

Merci beaucoup et bonne suite de visites. Voilà Elsa, des visiteurs fascinés par cette bibliothèque, ce lieu que gêne de la Croix, appelé sa chapelle Sixtine. Oui, des visiteurs conquis. Alors Bruno Fulini, Marco le présentait, des manuscrits, le procès de Jeanne d'Arc. C'est important pour l'Assemblée aussi d'acquérir, de montrer ces manuscrits qui ont marqué notre histoire.

9:32
Invité

Oui, alors je vous rassure, les deux qui sont montrés là, ce sont des facs similés. Les originaux sont très fragiles et sont conservés avec l'hydrométrie qui convient, etc. Mais ce sont des facs similés très très exacts, très très précis. Et de façon globale, depuis qu'il y a une bibliothèque parlementaire, avant même que soit construite celle que nous voyons là au XIXe siècle, il y a l'idée que le législateur doit disposer d'une documentation universelle. C'est vraiment l'idée de l'honnête homme, c'est l'encyclopédie. Et donc nous avons dans cette bibliothèque bien sûr des livres d'histoire et de droit.

Mais il y a des manuscrits, des plus grands écrivains, il y a des récits de voyage, il y a des atlas. S'il y a des cartes, il y a des livres sur tout, on pourrait y passer une vie.

10:10
Présentateur

Alors on va y passer peut-être un peu moins qu'une vie, mais en tout cas ce week-end, les visiteurs vont pouvoir voir cette bibliothèque. Jean Garrigue, il y a des manuscrits tout à fait incroyables de l'histoire de France qui sont dans cette bibliothèque.

10:22
Invité

Et non seulement de l'histoire, mais de la littérature. Bruno en parlait, le roman de La Rose, je crois qu'il y a quand même un monument. La nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau. Et puis des documents plus politiques, je crois que la concision de l'an 1, la première concision républicaine, le projet Robespierre. Et moi il y a quelque chose qui me plaît particulièrement, c'est une épée. C'est une épée qui aurait servi au duel, qui a servi au duel entre le président de l'Assemblée de l'époque, qui s'appelait la Chambre des députés, Eugène Flocquet, et Charles Flocquet, pardon, et le général Boulanger.

Jean-Jacques Rousseau, qui est un personnage sur lequel j'ai particulièrement écrit et qui me fascine. Et avoir ce témoignage, j'allais dire, in vivo d'une histoire, et une histoire ô combien mouvementée, je trouve ça tout à fait excitant.

11:13
Présentateur

Et on parle histoire, Bruno Fulini, on parle du patrimoine. C'est vrai que ces peintures de Jeanne de la Croix, c'est absolument somptueux. On voit sur les images le bleu derrière qui surgit, c'est des couleurs absolument magnifiques. L'Assemblée, c'est la politique, mais c'est aussi le patrimoine français.

11:28
Invité

Oui, le Palais Bourbon, de façon globale, c'est un condensé d'histoire de France. Et lorsqu'on pénètre dans la bibliothèque, surtout depuis qu'elle a été restaurée, qu'elle est tellement plus lumineuse, eh bien on est vraiment submergé par le travail de Delacroix. Puisque Delacroix, en fait, a voulu raconter une sorte d'histoire intellectuelle de l'humanité. À une extrémité, Orphée enseignant les bienfaits de la civilisation, la poésie au grec. Donc on a des hommes qui sortent vraiment de l'état de nature et qui découvrent les arts. Et puis en face, Attila, suivi de ses ors de barbares, détruisant la civilisation.

Et entre les deux, toutes les disciplines de l'esprit humain sont représentées par une allégorie, par une figure. Et donc on voit tous les grands personnages, tous les grands penseurs de l'Antiquité. C'est extraordinaire.

12:12
Présentateur

Et justement, c'est du patrimoine, c'est de l'histoire, c'est le passé. Mais c'est très actuel quand on voit l'équilibre, la paix, la guerre. Quand on voit aussi dans le plafond, justement, il y a la philosophie, la théologie, la science, la poésie, la législation. Ce sont encore des thèmes sur lesquels on s'appuie aujourd'hui, Jean Garrigue. C'est vraiment d'actualité, toutes ces peintures de Jeanne Delacroix.

12:32
Invité

Bien sûr, c'est une ambition, et c'est ce que disait là encore Bruno, universaliste, de cette Assemblée, dont je rappelle d'ailleurs que, et c'est un paradoxe, là nous parlons d'une bibliothèque qui a été créée, embellie par Jeanne Delacroix, sous un régime qui n'était pas la République. C'était la monarchie de Juillet, qui est un régime de monarchie dite à chartes constitutionnelles, on va dire. Et on voit bien que l'Assemblée, au-delà même de toute cette histoire républicaine, c'est un condensé de notre histoire politique. Il y a eu aussi un moment où l'Empire, le Second Empire, ont enrichi cette Assemblée, non seulement de leur discours, mais aussi de toute la décoration de ce lieu.

Et donc, ça donne une dimension extrêmement forte, une dimension historique extrêmement forte à cette Assemblée.

13:24
Présentateur

Et notre recommandation sur les peintures d'Eugène Delacroix dans la bibliothèque de l'Assemblée nationale, aux éditions Asan, ce livre, avec des textes de Barthélémy Jobert et des photos d'Ambroise Tézenas, vous pouvez découvrir chaque peinture, chaque détail, si vous ne pouvez pas forcément venir les voir en vrai. Voilà ce livre. Et je le disais, on va continuer avec Eugène Delacroix, décidément très important dans cette Assemblée, puisque nous sommes dans le salon qui porte son nom, c'est dans le périmètre sacré de l'Assemblée nationale. Juste pour bien comprendre, Bruno Fulini, là c'est exceptionnel qu'on puisse se trouver là. Normalement, on n'a pas le droit d'y être.

13:58
Invité

Normalement, cette partie qu'on appelle le périmètre sacré, on voit d'ailleurs derrière vous une des portes qui permet d'entrer dans l'hémicycle, quand il y a séance, est réservée aux députés, aux ministres et à leurs très proches collaborateurs. Cette pièce particulièrement, elle a une histoire. Nous l'appelons le salon de la croix, mais son nom originel, c'est le salon du roi. Sous Louis-Philippe Ier, Jean a tout à fait raison, c'est sous la monarchie de Juillet qu'ont été faits des aménagements très importants. Et dans cette pièce, il y a une niche qui n'est pas peinte, contrairement à tout le reste, où se trouvait un trône.

Et Louis-Philippe Ier, roi des Français, siégeait là avec les députés en uniforme qui s'assemblaient autour. Bon, alors tout ça a disparu. Il y a maintenant, et c'était la volonté de Jean-Louis Debré, un buste de Marianne à la place du trône. Il nous reste en revanche ces peintures extraordinaires sur les pilastres. En fait, c'est la France qui est figurée ici. Et nous avons par exemple ici le Rhin, derrière moi la Loire, tous les grands fleuves qui arrosent le pays, et puis aussi l'océan et la Méditerranée qui étaient de part et d'autre du trône.

14:53
Présentateur

Puisque c'est ce que vous disiez Jean-Garrick, on représente la nation, les fleuves sont représentés. Ici à l'Assemblée nationale, chaque député vient de sa circonscription, mais c'est la nation tout entière qui siège. C'est une notion très importante.

15:06
Invité

Très importante, la nation tout entière. Son histoire, sa géographie, ses idées, ses valeurs, incarnées dans un certain nombre de statues, un peu partout d'ailleurs, que ce soit ici au Palais Bourbon ou en hôtel de Lassay, on voit très bien l'intention de résumer au fond toute l'histoire de notre pays dans ce lieu particulier. Et c'est vrai que ce salon de la Croix est l'un des lieux très emblématiques. C'est vrai que c'était là d'ailleurs que de la Croix s'était fait un peu la main. C'est un peu grâce à la décoration de ce salon qu'il est parvenu à la célébrité. C'est intéressant parce que justement c'était un cadeau qu'il faisait à cette histoire de la nation.

15:47
Présentateur

Avec des frises comme la justice, l'industrie, la guerre et l'agriculteur. Un petit mot, on parlait de ce périmètre sacré, c'est Salon de la Croix pour ceux qui siègent à gauche de l'hémicycle, Pujol pour ceux qui siègent sur la droite, c'est aussi le lieu de conciliabule. C'est ici qu'on vient, hors caméra, hors micro, négocier aussi pendant les séances, Bruno Fulini.

16:05
Invité

Et c'est assez drôle, vous avez une séance de nuit qui se passe mal, une interruption de séance, suspension, les députés se réunissent. Et alors sous les ordres de l'ancien salon du Roi, vous avez toute la gauche et l'extrême gauche. Alors que la droite, l'extrême droite, naturellement se retrouve dans un salon qui est exactement symétrique, mais qui lui est d'une sobriété totale, le salon Pujol.

16:25
Présentateur

Et c'est des lieux effectivement de négociation, où peut-être le ton employé est plus direct, plus franc, peut-être parfois plus respectueux, c'est pas filmé comme dans l'hémicycle, il n'y a pas ce côté théâtral qu'on peut connaître lors des débats aussi.

16:39
Invité

Oui, on parle aussi de la buvette comme un lieu de conciliation, de concertation, parfois au contraire d'affrontements. Oui, il se passe beaucoup de choses dans ces trois salons, Pujol, Delacroix et puis le Casimir Pervier qui est au milieu. Et ça fait partie intégrante. Et si vous lisez par exemple ce que raconte Maurice Barès de la vie parlementaire sur la Troisième République, il écrit beaucoup d'événements, de petites scénettes qui se passent dans ces salons.

17:06
Présentateur

On va continuer notre cheminement à l'Assemblée nationale avec un lieu que nos téléspectateurs doivent très certainement reconnaître, puisque Marco Pommier se trouve dans la salle des pas perdus. C'est là où on enregistre certaines de nos émissions. Marco, c'est une salle essentielle du parcours, notamment pour mener jusqu'à l'hémicycle. Oui, tout à fait Elza, c'est un lieu très solennel, cette salle des pas perdus, appelée aussi Salon de la Paix. Pourquoi ? Eh bien parce que si vous levez les yeux, regardez, vous remarquerez cette figure allégorique de la paix tenant dans sa main une branche d'Olivier, œuvre d'Horace Vernet.

Vous l'avez dit Elza, cette salle, on la connaît bien si on regarde les questions au gouvernement sur LCP le mardi, lorsque la présidente de l'Assemblée traverse cette salle, longue de 20 mètres, au son des tambours, il faut bien s'imaginer, accueillie par la garde républicaine qui lui rend les honneurs. Pourquoi d'ailleurs la garde républicaine ? Eh bien parce que cette garde républicaine, elle est chargée de protéger la République, l'armée est chargée de protéger la République. Et lorsque Yaël Braun-Pivet emprunte cette salle des pas perdus, elle prend la direction ensuite de la salle des séances. Regardez, c'est écrit juste au-dessus de cette porte.

On va donc faire ensemble le chemin que fait Yaël Braun-Pivet le mardi, par exemple, pour rejoindre la séance de questions au gouvernement. Vous la voyez, la salle des séances, elle se trouve juste ici. On monte ce petit escalier et la voici. On est vraiment là dans le cœur battant de l'Assemblée nationale. L'hémicycle, un hémicycle aménagé par l'architecte Jules Dejoli entre 1828 et 1832. Vous reconnaissez peut-être la colonnade de marbre blanc et bien sûr les bancs rouges sur lesquels siègent les 577 députés. Des députés qui votent solennellement les lois, bien sûr, avec un petit boîtier. Regardez, on va vous le montrer sur ces images. Ce petit boîtier, il se trouve juste ici.

Voilà, on enlève le boîtier pour, contre, abstention. Trois votes possibles. Au premier rang dans cet hémicycle, vous avez aussi le banc des ministres. C'est ici, en fait, que les ministres prennent place lorsqu'ils sont dans l'hémicycle de l'Assemblée. Par exemple, ici, nous avons la place du Premier ministre. Alors, c'est maintenant la place de Sébastien Lecornu. C'est là qu'il s'assiera, eh bien, lors des questions au gouvernement, quand il viendra dans les prochains jours ou dans les prochaines semaines. Juste en face, vous avez aussi le perchoir. Le perchoir avec, notamment, la tribune, d'abord, où les différents orateurs s'expriment.

Et puis, juste au-dessus, je vous le disais, nous avons le perchoir où Yaël Braun-Pivet et ses vice-présidents président les séances. Alors, la visite de l'hémicycle, c'est bien sûr le moment attendu de cette visite. Et je me trouve, avec ces visiteurs qui ont accepté de nous répondre, qui sont peut-être un peu intimidés, qu'est-ce que ça fait de visiter celui emblématique ?

20:19
Invité

C'est impressionnant.

20:21
Présentateur

Pourquoi ?

20:22
Invité

Moi, c'est la deuxième fois, mais c'est toujours...

20:24
Présentateur

C'est la deuxième fois que vous venez ?

20:25
Invité

Oui, mais c'est la première fois.

20:26
Présentateur

C'est la première fois. Et ce sont vos parents ?

20:28
Locuteur

Oui.

20:28
Présentateur

Et alors, qu'est-ce qu'ils en pensent, les parents ? C'est impressionnant ?

20:31
Invité

Oui, c'est impressionnant. Ça fait plaisir de voir.

20:34
Présentateur

Et qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que c'est conforme à vos attentes ? Parce qu'on dit souvent, c'est un peu plus petit qu'à la télé.

20:40
Invité

Non, ça va. C'est normal. C'est ce qu'il faut.

20:44
Présentateur

C'est quand même impressionnant.

20:45
Invité

Oui, c'est impressionnant.

20:46
Présentateur

C'est quand même impressionnant. Voilà, Elsa, des visiteurs très impressionnés par l'hémicycle. Et dans quelques minutes, restez bien avec nous, je vous donne rendez-vous dans l'hôtel de l'AC. C'est la résidence des présidents de l'Assemblée nationale. Mais on vous suit, évidemment, Marco. Mais on s'arrête sur ce que vous venez de nous dire. Cette salle des pas perdus, les téléspectateurs la connaissent. Il y a un cérémonial avant d'arriver en séance pour la séance des questions au gouvernement, notamment. Et ça, c'est important, cette garde républicaine qui frappe les tambours au passage de la présidente Bruno Fulini.

21:14
Invité

Oui, parce que derrière la cérémonie, il y a tout un symbole. Le palais Bourbon, tout comme le palais de Luxembourg au siège de le Sénat, sont des places militaires en elles-mêmes. Il y a bien sûr la force armée pour les protéger, mais la force armée ici est sous le commandement de la personne qui préside l'Assemblée. Et donc, lorsque Yael Brunpivet passe, non seulement il y a les tambours qui battent au champ, les grands uniformes, bon d'accord, mais l'officier qui commande ce détachement lui présente les armes. Et la troupe s'arrête là. La troupe ne peut entrer dans l'hémicycle que si la présidente le demande. Et ça, c'est très, très important.

Ça fait référence, bien sûr, à des épisodes plus compliqués de notre histoire, où il y a eu des tentatives ou parfois de véritables coups d'État. Là, ici, la troupe est sous les ordres du pouvoir civil et s'est manifestée par cette cérémonie. C'est pourquoi elle est importante.

22:02
Présentateur

Les pas perdus et puis l'hémicycle. Après, évidemment, Jean Garrigue, on se doute bien que les visiteurs veulent rentrer dans cette salle. 577 députés. Le perchoir est un lieu aussi important, c'est-à-dire qu'il y a une question de regard, de respect de la présidente par rapport aux élus.

22:18
Invité

C'est-à-dire que le regard du président ne doit pas s'étendre au-delà du plus haut des députés. Il doit être au niveau de ceux qui le coordonnent. Je dirais qu'il coordonne parce que, comme le disait Jean-Louis Dobré, qui était un grand président, il se voyait un peu comme un capitaine. Le capitaine d'un bateau dans lequel, logiquement, tout le monde devrait tirer dans le même sens. Alors, ce n'est pas toujours ce qui se passe et ça ne s'est jamais passé véritablement comme ça. Mais l'idée, c'est qu'on essaie... D'ailleurs, c'était l'idée des premiers révolutionnaires qui devaient se dégager une unité.

En tout cas, l'unité, c'est celle de travailler ensemble, de faire la loi, de contrôler le gouvernement. Et la tradition se maintient avec le fauteuil du président qui date de l'époque du Conseil des 500, avec le bas-relief qui orne le bureau du président, avec l'histoire et la renommée. On est là aussi dans des symboles très importants, en réalité, que les Français ne connaissent pas toujours, mais qui traduisent justement cette continuité républicaine.

23:20
Présentateur

Justement, sur ce bas-relief, l'histoire et la renommée, le passé, le futur, tout à l'Assemblée, on a le sentiment, est question d'équilibre. Il y a énormément de symboles qui nous indiquent un peu la marche à suivre, Bruno Fulini.

23:32
Invité

Tout à fait. L'histoire et la renommée, qui d'ailleurs sont soulignées par un petit dieu, Janus. On aime bien les symboles à l'antique, à l'époque du Conseil des 500. Janus qui regarde à la fois le passé et l'avenir, c'est ce que doit faire un bon législateur. Si on regarde avec attention également l'ensemble formé par le perchoir et la tribune, on voit une branche de chêne, une branche d'olivier, donc le nord et le sud, la force et la richesse. Il y a même une palmette pour représenter peut-être les anciennes colonies, l'outre-mer. Donc effectivement, il faut que ce lieu, tous les députés puissent se l'approprier. C'est ça qui est génial dans le Parlement.

C'est d'obliger des gens qui sont des adversaires à partager un même lieu, à s'y voir, à s'y parler et à s'y respecter.

24:15
Présentateur

Sur la tapisserie de l'école d'Athènes également, qui a été restaurée aussi il y a peu de temps, on retrouve aussi ce symbole, la liberté à gauche, l'ordre public à droite. C'est un débat encore très actuel, je le redis, parce que ça fait partie de l'histoire, mais cette question entre la liberté et l'ordre, c'est une question qui agite tous les gouvernements encore maintenant. C'est le bon équilibre à trouver.

24:38
Invité

C'est le bon équilibre, la conciliation entre l'ordre et la liberté, et à l'intérieur de ce lieu qui est le lieu du dissensus régulé, c'est-à-dire de lieux où on n'a pas les mêmes opinions, mais où on va essayer malgré tout de débattre. Et ça, c'est quelque chose d'essentiel. Il est vrai, un peu oublié à certaines périodes de notre histoire, peut-être depuis quelques années, où certains groupes parlementaires ont été un peu dans l'agitation systématique, mais ça fait partie aussi du jeu politique. En réalité, il y a toujours eu des minorités à l'intérieur du Parlement qui étaient plus actives, plus combatives que d'autres. Ça n'a pas toujours été positif.

Il y a eu aussi des moments où l'Assemblée a été envahie à plusieurs reprises, au moment de la Seconde République, au début de la Troisième, après la chute du Second Empire. Donc c'est un lieu vivant, c'est un lieu qui a dû souvent résister pour maintenir justement cette idée du consensus parlementaire.

25:36
Présentateur

Et Bruno Fulini, nos téléspectateurs le voient, les députés sont classés par groupes politiques, des plus à gauche aux plus à droite, quand le Président les regarde.

25:46
Invité

Oui, effectivement. Alors sachant que certains groupes ont parfois eu des formes un petit peu biscornues, parce que dans chaque groupe, vous avez une aile gauche, une aile droite. Quand il y avait un important groupe gaulliste, il y avait quand même des gaullistes de gauche qui voulaient pencher un petit peu. Ce ne sont pas des parts de tarte très régulières. Il y a une géographie des groupes qui est intéressante. Nous avons actuellement un nombre de groupes particulièrement élevé pour la Ve République. Mais en 1932, ça a été, je crois, le record. Il y a eu 15 groupes, 15 groupes différents. Les règles étaient un petit peu différentes pour constituer des groupes.

Donc effectivement, c'est par rapport au siège présidentiel qu'on siège de gauche à droite. Et ce qui est amusant, c'est que si vous regardez finement les sièges, vous allez trouver des plaques en hommage à quelques orateurs, quelques députés illustres. Et on voit que certains ont un petit peu migré. Il y en a comme Jaurès qui sont restés très à gauche. Il y en a comme Clémenceau qui ont leurs plaques à l'extrême gauche, même si plus tard, ils ont siégé à une gauche plus modérée.

26:43
Présentateur

Et on va poursuivre, évidemment, avant de changer de lieu. Je vous propose cette image. On se trouve à l'extérieur de l'Assemblée nationale. On vous dit tout. On a enregistré ces images hier. Vous vous en rendrez compte parce qu'il ne fait pas tout à fait la même météo. Je vous propose de découvrir cette œuvre contemporaine. C'est dans la cour d'honneur de l'Assemblée nationale. L'arbre aux mille voix du sculpteur Daniel Ourbet. Et on voit dans cet arbre, en fait, des pages de romans. On peut, et les visiteurs pourront peut-être s'amuser à reconnaître. Il y a Hamlet, il y a plein de pages.

Et cette œuvre doit montrer l'importance de la liberté d'expression, de la littérature, de la nécessité pour l'art d'être une forme de résistance. Voilà donc cette œuvre. L'Assemblée a l'habitude d'accueillir des œuvres un peu plus contemporaines. Ça tranche effectivement avec le patrimoine qu'on vous montre dans les lieux. Mais c'est une façon aussi de faire découvrir aux visiteurs et de montrer des œuvres un petit peu plus modernes. Voilà pour cet arbre aux mille voix du sculpteur Daniel Ourbet. C'est aussi important, Bruno Fulini, on aime ou on n'aime pas tous les goûts, on en a la nature, mais d'avoir peut-être des œuvres un peu plus contemporaines également à l'Assemblée nationale.

27:54
Invité

D'abord en 1838, Eugène Delacroix, c'était un artiste contemporain. Là, il s'agit d'une œuvre qui est dans la Cour d'honneur pour six mois. C'est-à-dire que l'Assemblée est plutôt un écrin. Elle ne va pas rester, mais elle est mise en valeur. Et puis moi, en tant qu'historien, ce que j'y vois aussi, c'est une réminiscence. C'est-à-dire qu'au-delà de l'œuvre contemporaine, il y a un salut aussi aux arbres de la liberté. Ces arbres symboles de liberté qui ont été plantés au moment de la Révolution française et plus encore en 1848 et encore à la Libération.

Donc il y a une vieille tradition de l'arbre de la liberté qui, j'ai l'impression, est en quelque sorte prolongée, commémorée par cette œuvre.

28:28
Présentateur

Allez, cette année, je vous le disais, nous ne restons pas à l'Assemblée nationale. C'est une nouveauté. Nous nous rendons également à Versailles qui célèbre 150 ans de République. On va retrouver, comme je vous l'avais dit, Marion Becker dans la salle très importante, celle du Congrès. Nous voici Elsa dans cette vaste salle du Congrès. Elle fait près de 600 mètres carrés et peut accueillir jusqu'à 1500 personnes. Car sous la Troisième République, c'est ici que siègent les députés. Mais elle doit aussi pouvoir accueillir les sénateurs pour l'élection du Président de la République.

Car ce sont bien les parlementaires, députés et sénateurs qui élisent le Président de la République sous cette Troisième République. Ils se réuniront ainsi 16 fois jusqu'en 1953. Et il faut savoir, Elsa, que c'est un événement mondain cette élection et que les billets pour assister en tribune sont très prisés. Je voulais aussi vous montrer quelques détails, quelques symboles de cet hémicycle. Symboles importants, des symboles républicains comme les doubles F inversés sous les corniches. Mais aussi des symboles de la monarchie avec ce soleil d'Apollon, symbole de Louis XIV aux angles des grands balcons. Et puis évidemment, vous le voyez, ces tentures rouges de la monarchie.

Et puis Elsa, je vous propose d'aller à la rencontre de deux visiteuses, Solène et Aurélie, qui sont venues aujourd'hui pour ces Journées du Patrimoine dans cette salle du Congrès. C'est ici qu'elles ont choisi de passer la journée. Pourquoi avoir choisi aujourd'hui cette visite en particulier ?

30:03
Invité

Personnellement, je suis en licence de droit. Et l'année dernière, on a beaucoup étudié les différentes républiques, notamment la Troisième République. Et on a vu l'importance de la salle du Congrès dans la République avec les nombreux cigars qui sont passés, notamment Mac Mahon. Et pouvoir venir dans l'enceinte de ce bâtiment, c'est vraiment une belle opportunité. En plus, il est magnifique. Donc c'est une très belle occasion.

30:25
Présentateur

Aurélie, vous vous attendiez à voir un tel hémicycle dans l'un des symboles de la monarchie qui est Versailles ?

30:32
Invité

Non, pas du tout. C'est vrai qu'on a plutôt l'occasion d'entendre parler, même de visiter l'Assemblée nationale, voir le Parlement, alors que la salle du Congrès est à Versailles, dans un lieu chargé d'histoire. Non, on entend bien moins parler parce qu'il y a beaucoup moins de procédures. Et je ne m'attendais pas à avoir un lieu aussi beau au cœur de Versailles.

30:49
Présentateur

Merci à vous, Solène et Aurélie. On vous souhaite une belle visite. Et nous vous retrouverons, Elsa, dans quelques minutes, dans une autre des parties du château de Versailles consacrée à la République. Merci beaucoup, Marion. C'est vrai, Jean-Garry, que je pense que beaucoup de téléspectateurs voient Versailles comme un symbole de la monarchie. À l'occasion des 150 ans de la République à Versailles, on découvre ? Ce n'est pas le cas.

31:14
Invité

Exactement. Alors ça renvoie à un moment très particulier. La Troisième République. De l'histoire. Les débuts de la Troisième République, la proclamation de la République. Mais à ce moment-là, l'Assemblée nationale qui est élue en février 1871, pardon, est d'abord élue à Bordeaux. Et puis revient sur la capitale. Sauf qu'on se méfie des Parisiens. Il va y avoir la Commune de Paris. On se méfie de Paris. Alors on reste à Versailles. Et là, dans un premier temps, cette Assemblée va siéger dans l'opéra du château de Versailles.

Et puis, au moment où les premières élections, les véritables élections de la Troisième République s'opèrent à la fin de l'année 1875, début 1876, on construit très très rapidement, d'ailleurs, une nouvelle salle dans l'aile du midi du château pour abriter la Chambre des députés. Mais comme on a vu grand, eh bien, cette Chambre des députés pourra ensuite accueillir, enfin, cette salle, pardon, du congrès, pourra ensuite accueillir, justement, l'Assemblée nationale composée de la Chambre des députés et du Sénat pour élire les présidents de la Troisième et de la Quatrième République.

32:18
Présentateur

Est-ce que, Bruno Fellini, c'était comme ça que se passait l'élection des présidents de la République à l'époque ?

32:24
Invité

Oui, l'élection au suffrage universel direct, on l'avait tentée en 1848, ça a donné Louis-Napoléon Bonaparte qui, ensuite, a fait un coup d'État. Donc, les Républicains ont été un petit peu vaccinés contre ce type d'élection. Et donc, les présidents de la Troisième République sont désignés par les parlementaires qui se réunissent, j'en l'ai dit, en Assemblée nationale. Et c'est là que les présidents de la Troisième et de la Quatrième vont être élus. La dernière élection, c'est celle de René Coty en 1953. Il y aura 13 tours de scrutin, ça devient un véritable feuilleton. On dira que René Coty, c'est Mitterrand qui dira ça, était l'élu de la fatigue.

Les parlementaires n'en pouvaient plus, ils n'étaient d'ailleurs même pas candidats au premier tour. Donc, il y a plein d'histoires qui sont liées, d'histoires totalement républicaines, qui sont liées à ces salles de Versailles qu'il est important de mettre en avant.

33:10
Présentateur

Événement mondain, on venait assister à ces élections, Jean Garrigue ?

33:13
Invité

Tout à fait, les trains entre Paris et Versailles étaient bondés. Et ils l'étaient d'ailleurs déjà au moment de l'Assemblée nationale. Les récits sont pleins de ces histoires, de trajets, même parfois de disputes sur les trajets. Donc, on venait assister à ce qui était le grand moment. Alors, rappelons malgré tout qu'à l'époque, les présidents de la République avaient beaucoup moins de pouvoir que nos présidents et qu'ils avaient même renoncé sous la Troisième République au pouvoir ultime, c'est-à-dire celui de dissoudre la Chambre des députés.

Il n'empêche que ces rendez-vous-là étaient des rendez-vous majeurs parce que le président était quand même celui qui désignait les ministres, le président du Conseil. Donc, il avait un rôle important. C'était, j'allais dire, un rendez-vous mondain, cette élection présidentielle.

34:01
Présentateur

Aujourd'hui, personne ne renonce à ce pouvoir de dissoudre, mais on en parlera, Jean-Garic Bruno Fulini. On le disait, il est très grand, puisque maintenant, cette salle du Congrès de Versailles accueille le Congrès. Quand on parle de Congrès, c'est la réunion des députés et des sénateurs. C'est réuni il y a un peu plus d'un an.

34:17
Invité

Oui, par exemple, pour réviser la Constitution. Les députés et les sénateurs, au terme de l'article 89 de la Constitution, après avoir voté séparément en faveur d'un projet de révision, peuvent être réunis en Congrès pour approuver une révision constitutionnelle. Et puis, il y a un autre usage possible de cette salle, c'est de réunir l'ensemble des parlementaires lorsque le président de la République veut leur parler, leur adresser un message. Tout ça est très encadré.

Ça l'était encore plus, autant au début de la Troisième République, où pour éviter qu'Adolphe Thiers ait eu une trop grande influence sur les députés, on avait institué un système très compliqué qu'on avait appelé le cérémonial chinois.

34:52
Présentateur

Et on voit à l'image, Yael Brown-Pivet, c'était au moment où le Congrès avait voté l'inscription dans la Constitution de l'interruption volontaire de grossesse en mars 2024. C'est Jean Garrigue, on ne peut réunir le Congrès que sur une réforme dont on est sûr qu'elle sera adoptée. C'est la Chambre un peu moins du dissensus, on peut dire, que ce qui existe à l'Assemblée nationale.

35:13
Invité

Oui, c'est vrai, il y a une forme d'unité lors de ces grandes réunions. C'est la raison pour laquelle, depuis Nicolas Sarkozy, à quatre reprises, les présidents ont entendu réunir ce Congrès pour leur faire des déclarations importantes. Nicolas Sarkozy, c'était en période de crise économique très grave, François Hollande au moment des attentats de 2015. Des moments très particuliers pour le pays. Des moments très particuliers qui nécessitent finalement cette forme d'unanimité, cette forme d'unité nationale. Et je pense que les Français ont besoin de ces moments-là. Alors Emmanuel Macron, lui, a entendu le faire après ces élections 2017-2022.

Et c'est une façon de, finalement, s'adresser à l'ensemble de la nation par-delà ses représentants.

35:59
Présentateur

Et je vous propose de visiter un autre lieu, toujours à Versailles. Nous allons rejoindre l'appartement du président du Congrès. On y retrouve Marion Becker et Philippe Le Croix. – Eh bien, nous nous trouvons Elsa dans les appartements du président de l'Assemblée nationale. Ils sont attenants à la salle du Congrès, car c'est ici que le président élu de la Troisième République recevait les ansignes et le collier de la Légion d'honneur. Et puis, il se rendait ensuite quelques pas plus loin sur le perron pour saluer la foule, car je vous le disais, c'était à l'époque un grand événement mondain.

– A l'occasion de l'ouverture de ces appartements pour les 150 ans de la République à Versailles, le château a installé des bustes et des portraits des différents présidents de la Troisième République. Vous en voyez peut-être quelques-uns derrière moi. Vous pourrez aussi découvrir tout ce week-end Raymond Poincaré, René Coty ou encore Gaston Doumergue. Et puis, des documents inédits des débuts de la Troisième République. – Dans ces appartements, Bruno Fulini, on donnait les procès-verbaux des votes au futur président ?

37:02
Invité

– En effet, il faut bien faire attention. Quand on dit appartements, ce ne sont pas des lieux où l'on habite, ce ne sont pas des résidences, ce sont des appartements d'apparat qui servaient effectivement en particulier à cette occasion très solennelle où le nom qui surgissait de l'élection présidentielle était proclamé et où le président recevait les insignes qui étaient vraiment les symboles de sa fonction. C'était vraiment le début de sa prise de fonction.

37:25
Présentateur

– Et on le disait, le président ou la présidente du Congrès, c'est aujourd'hui celui ou celle qui préside l'Assemblée nationale.

37:33
Invité

– Oui, c'est ce qui est au fond assez cohérent et assez logique puisqu'elle peut se prévaloir justement de cette assemblée, de la première assemblée de la République. Mais je rappellerai aussi que ces appartements ont été, c'est un petit clin d'œil de l'histoire, ont été occupés à la toute fin de la monarchie absolue, entre 1787 et 1789, par le futur Louis XVIII, le frère de Louis XVI. Eh bien, avant de devenir roi et avant d'abord de partir en exil du fait de la Révolution française, il avait habité ces appartements qui sont devenus aujourd'hui un haut lieu de la République.

38:09
Présentateur

– Et on le voit, le château de Versailles va ouvrir ses salles jusqu'à la fin de l'année. – C'est important aussi Bruno Fulini de rappeler justement cette histoire de la République à Versailles, je le redis, mais je pense que beaucoup de téléspectateurs sont étonnés, on pense au roi, on ne pense pas forcément à la République.

38:25
Invité

– Oui, mais vous savez, la France a connu une vie politique compliquée, mouvementée, donc les parlementaires ont siégé d'abord à Versailles en 1789, ils ont siégé à Paris, ils ont siégé à Saint-Cloud, brièvement, avant le coup d'État du XVIII Brumaire, il leur est arrivé de se replier à Bordeaux, en fait, si on faisait une géographie des salles de séance, on serait surpris, et Versailles fait partie des hauts lieux de la République, bien sûr, au moins autant que des hauts lieux de la monarchie. Et puis si vous allez à Versailles, à tout prix visitez la salle du jeu de paume, c'est là que tout a commencé.

38:57
Présentateur

– La salle du jeu de paume, on va quitter Versailles pour revenir à l'Assemblée nationale, mais je vous le rappelle, à l'occasion de ces 150 ans de la République, vous pouvez visiter ces salles de la République au château, on va retrouver à nouveau Marco Pommier, qui s'est déplacé dans l'Assemblée nationale, je crois que vous êtes à l'hôtel de Lassay, Marco, et vous êtes plus précisément dans le cabinet du départ.

– Oui, tout à fait, Elsa, dans le cabinet du départ, situé, vous l'avez dit, dans l'hôtel de Lassay, la résidence des présidents de l'Assemblée nationale, quatrième personnage de l'État, on dit que c'est l'un des plus beaux palais de la République, cet hôtel de Lassay, et en fait, c'est depuis ce cabinet du départ que Yael Brown-Pivet part, en fait, pour rejoindre l'hémicycle, elle emprunte ensuite cette galerie des fêtes que nous visiterons tout à l'heure. On va s'arrêter maintenant sur ce bureau, le bureau noir, là, que vous voyez juste ici, parce qu'il y a une légende sur ce bureau. On dit que Napoléon Ier aurait signé sa première abdication en avril 1814 sur ce bureau.

Alors, ce n'était pas ici, mais à Fontainebleau. Et depuis, le bureau serait devenu maudit. Une victime de cette malédiction, visiblement, Philippe Séguin, ancien président de l'Assemblée nationale, pressé un jour, il s'est approché de ce bureau, mais il s'est pris les pieds dans le tapis. Ce qui fait dire aux plus superstitieux d'entre nous que la malédiction est bien réelle. Si, Marco, bureau maudit, Jean Garrigue, ou c'est une des petites légendes qu'on raconte ici à l'Assemblée nationale ?

40:32
Invité

Ça fait partie des légendes qui, justement, entretiennent cette histoire qui traverse effectivement les régimes. On parle aujourd'hui de Napoléon Ier, auquel on doit une partie des réflexions du fronton de l'Assemblée nationale. Non, il y a toute une histoire politique extrêmement riche. Et c'est vrai que l'habitude s'est prise de ne pas rester dans ce cabinet des départs. La conférence des présidents se tient dans une autre salle, un autre salon, qu'on verra peut-être d'ailleurs tout à l'heure.

41:03
Présentateur

Tout à l'heure, absolument.

41:04
Invité

Parce que là, c'est un endroit pour lequel on a une petite répulsion.

41:10
Présentateur

Voilà, on ne sait pas si c'est vrai ou c'est faux, mais on ne prend pas le risque dans le doute. On n'essaye pas. Bruno Fulini, dites-nous, cet hôtel de l'Asset, qui est l'Asset ? Justement, on voit que c'est un prolongement du Palais Bourbon.

41:21
Invité

Alors, on est vraiment aux origines du Palais Bourbon et de l'hôtel de l'Asset. C'est-à-dire qu'il y a eu, au début du XVIIIe siècle, un marquis de l'Asset, qui avait gagné beaucoup d'argent en spéculant sur le tout premier papier monnaie en circulation en France, et qui avait acquis des terrains qui étaient juste des sortes de marécages. L'endroit où nous nous trouvons, au début du XVIIIe siècle, ça s'appelait la Grenouillère. On va bien dire ce que ça veut dire. Et donc, il a fait assécher ses marins, il a fait construire deux palais. Un palais pour la Duchesse de Bourbon, qu'il courtisait, et puis un hôtel plus modeste pour lui, simple marquis.

Et au XIXe siècle, les deux édifices ont été réunis et ont formé ce que nous appelons maintenant le Palais Bourbon. Mais l'hôtel de l'Asset a gardé sa personnalité, et c'est la résidence officielle de la présidente de l'Assemblée nationale, des présidents depuis bien longtemps, sachant qu'il a été considérablement remanié. Il a été rehaussé d'un étage au milieu du XIXe siècle, il a été redécoré sous la présidence du Duc de Morny, sous le Second Empire, bien sûr. Mais il a gardé quelque chose, un petit peu de la Régence, une forme de grâce, une grande beauté. Et puis il est entouré d'espaces verts aussi, il y a de très beaux jardins côté Seine.

Donc c'est un lieu aussi peut-être plus apaisé, un petit peu retiré par rapport à l'effervescence qui est celle du Palais Bourbon proprement dit.

42:36
Présentateur

Un lieu aussi, Jean Garig, on voit des lieux somptueux. C'est important d'avoir ces lieux ici à l'Assemblée nationale pour la représentation de notre pays. Peut-être que certains téléspectateurs se disent « Ouh là là, c'est très beau, c'est chic », mais c'est aussi important, c'est l'histoire, c'est le patrimoine qui est descendu aujourd'hui.

42:54
Invité

C'est une vitrine, c'est une vitrine du rayonnement français, c'est une vitrine de la puissance française, comme il y a Buckingham Palace en Angleterre, ou la Maison Blanche aux Etats-Unis, le Capitole. Non, on a besoin d'avoir aussi ces lieux emblématiques, d'autant plus que ce sont des lieux finalement qu'on a récupérés de l'époque monarchique. Et c'est vrai qu'on disait du palais de l'Assey, de l'hôtel de l'Assey, que c'était le plus joli colifichet de Paris. Donc c'est un endroit magnifique, c'est un endroit presque intime, je dirais.

Et c'est bien que lorsque la présidente de l'Assemblée reçoit des hôtes étrangers, qu'elle soit dans un endroit qui soit capable de faire rêver, de montrer ce que c'est que l'excellence du génie français en matière artistique, sculpturale, de peinture, etc.

43:45
Présentateur

Alors vous vous demandiez, Jean Garic, si on allait rejoindre le Salon des Jeux. Eh bien tout à fait, mais au Salon des Jeux, Marco Pommier, on n'y joue pas. C'est un endroit stratégique de l'hôtel de l'Assey. Oui tout à fait Elsa, c'est un salon très important situé au bout de l'hôtel de l'Assey, dans lequel effectivement, Yael Brunpivet réunit tous les mardis notamment, eh bien les 11 présidents de groupes politiques à l'Assemblée.

Mais imaginez un peu autour de cette table, Gabriel Attal, Marine Le Pen, l'insoumise Mathilde Panot, ou encore Laurent Wauquiez des Républicains, les grandes figures de la vie politique réunies pour fixer l'ordre du jour, l'ordre du jour pour organiser notamment le calendrier d'examens, des projets de loi, des propositions de loi. C'est vraiment un moment indispensable de la vie démocratique, un moment indispensable du fonctionnement de l'Assemblée nationale. Autres participants pensent à cette réunion, notamment les vice-présidents de l'Assemblée, ou encore les présidents des commissions permanentes, ou même le ministre chargé des Relations avec le Parlement.

Patrick Mignola était le ministre chargé des Relations avec le Parlement, plutôt, sous François Bayrou. On ne connaît pas encore le nom du nouveau ministre de Sébastien Lecornu, mais peut-être le connaîtrons, nous, dans les prochains jours. Et dans quelques minutes, Elsa, nous découvrirons la galerie des fêtes. Et je vous réserve une petite surprise là-bas. Je vous donne un petit indice, il y aura de la musique. Merci beaucoup, Marco. On vous retrouve, allez, on aura cette réponse à cette énigme dans quelques minutes. Pourquoi Salon des Jeux, Bruno Fulini ?

45:24
Invité

Alors, tous ces salons portent des noms qui sont liés à la décoration. On voit au plafond des peintures qui représentent des jeux anciens, l'Escarpolette, le Colin Maillard, ce genre de choses. Mais effectivement, on n'y joue pas, on y travaille. Et je crois que ce qui est important, et ce qu'on voit bien dans ce reportage, c'est que c'est un endroit, vous voyez, il y a une salle, vous avez des micros, vous avez du papier. C'est là que se réunit la conférence des présidents, qui est un des organes essentiels de l'Assemblée nationale. L'Assemblée nationale, c'est une institution qui est dans un palais, qui est le Palais Bourbon. Et en fait, les deux interagissent.

Le Palais Bourbon est le bel écrin, mais aussi le lieu de travail des députés. Sachant que les députés, eux, pour la plupart, ont des bureaux beaucoup plus sobres, beaucoup plus modestes que ces belles salles d'apparat qui servent soit à organiser ces réunions rituelles, soit à recevoir, comme Jean-Garig l'a dit, des délégations étrangères, ou des personnalités, ou des invités lors de cérémonies, de remises de décorations, ce genre de choses. C'est-à-dire que le Palais Bourbon, qui est très étendu, est très varié.

Vous avez des salles extrêmement sobres, vous avez des lieux magnifiques, mais comme la place y est chère, même les beaux salons ont une utilité pratique dans la vie quotidienne des députés et même des fonctionnaires.

46:35
Présentateur

Et cette conférence des présidents, Jean-Garig, c'est tous les mardis matins. Qu'est-ce qu'on s'y dit ? On organise ? Et puis on s'y dit aussi un peu les choses, franchement ?

46:42
Invité

Oui, évidemment, on peut s'y dire les choses, ne serait-ce que justement pour déterminer cet ordre du jour. Donc on sait bien que parfois, il a une importance cruciale pour les débats, et même pour l'avenir de la République. Donc c'est un lieu, effectivement, de travail. Et il faut bien voir que, par rapport à l'image que nous avons, très combative, très brutale, de certains débats, ce qui se passe là est beaucoup plus feutré, beaucoup plus constructif en réalité. Comme d'ailleurs dans les commissions, qui jouent un rôle très important dans le déroulement de la vie législative.

Donc il faut bien avoir cette idée-là, parce que les Français pourraient se faire une idée un petit peu déformée des débats et de la vie parlementaire. On travaille, on travaille beaucoup, on essaie d'avancer et de créer, de fabriquer de la loi.

47:31
Présentateur

Et parfois le débat, il se fait plus entre le palais Bourbon et le ministre des Relations avec le Parlement. Le bras de fer, il peut exister aussi de ce côté-là.

47:39
Invité

Évidemment, c'est arrivé très très souvent et on sait bien qu'y compris les présidents d'Assemblée ont parfois pris certaines distances vis-à-vis du pouvoir exécutif, vis-à-vis de l'Élysée même. Et pour donner un exemple très précis, on se souvient que lors de la dernière dissolution, la présidente de l'Assemblée n'était pas tout à fait alignée avec ce qui s'était passé à l'Élysée. Ce qui veut dire qu'il y a un contre-pouvoir qui existe véritablement et que les présidents de l'Assemblée sont évidemment appartiennent à telle ou telle couleur politique, mais sont aussi les défenseurs de la prérogative parlementaire, du Parlement tout entier.

48:20
Présentateur

Et justement, on le voit, donc on le disait, patrimoine, mais vous insistiez bien Bruno Fulini, dans ce patrimoine, aujourd'hui on vous le fait découvrir sous cet aspect-là, mais il y a un rôle dans chaque salle, du travail, dans l'hémicycle, dans les commissions, dans ces salons. Ils sont très jolis, ils sont somptueux, mais on y bosse.

48:36
Invité

On y travaille beaucoup. Alors après, vous avez des députés qui sont aussi sensibles à la symbolique et qui voient. Moi, c'est ça que je trouve extrêmement touchant au Palais Bourbon, c'est cette continuité. Lorsqu'un député franchit le passage qui va du Palais Bourbon, proprement dit, à l'hôtel de la Sey, il traverse une salle où il y a les bustes des grands orateurs qui l'ont précédé. Les Hugo, les Lamartine, Dupont-de-leur, ces personnages. D'un buste de Marianne, comme dans toutes les mairies de France, il y a des bustes de Marianne au Palais Bourbon, et c'est important. Donc le programme décoratif n'est pas seulement décoratif, il oblige un petit peu les parlementaires qui sont là.

49:14
Présentateur

Alors vous le savez, l'Assemblée accueille de plus en plus de visiteurs. La construction d'un pavillon d'accueil est prévue, mais le projet ne plaît pas à tout le monde. Regardez ce reportage de Marco Pommier. 4000 mètres carrés, éclairés par une verrière, des piliers rappelant les colonnes de l'Assemblée. Voici le futur pavillon d'accueil. Sur deux étages, le bâtiment devrait accueillir des vestiaires, une boutique, une cafétéria pour les scolaires, et même un auditorium. Coût des travaux, entre 35 et 50 millions d'euros d'après les estimations. Un projet approuvé à l'unanimité des groupes politiques, sauf du RN, qui n'est pas représenté au bureau de l'Assemblée nationale.

49:58
Invité

Madame Brune Pivet, à part de nous avoir imposé ses croûtes dans l'ensemble de l'Assemblée nationale, c'est-à-dire diverses œuvres contemporaines qui battent des records de mauvais goût, a décidé de défigurer le bâtiment lui-même avec ce pavillon immonde et très cher.

50:11
Présentateur

Objectif du projet, doubler la capacité d'accueil chaque année pour atteindre 400 000 visiteurs par an. Le bâtiment actuel, construit à la fin du XIXe siècle, était jugé trop étroit.

50:24
Invité

Pour le coup, là, on est sur un investissement de long terme. Je peux faire des codes d'architecture, mais en tous les cas, ça respecte, je trouve, l'état d'esprit de ce qu'est le Palais Bourbon. Et puis au travers des siècles, notre institution évolue, donc l'architecture aussi.

50:37
Présentateur

De son côté, la présidente de l'Assemblée nationale s'est dite stupéfaite par cette polémique. Toute personne qui est venue un jour à l'Assemblée nationale sait que nous accueillons le public dans des conditions déplorables, et je pèse mes mots, dans des conditions de sécurité très légères. Mon souhait, c'est que chaque enfant de France vienne à l'Assemblée nationale découvrir l'institution, et ils le font malheureusement dans des conditions qui ne sont vraiment pas celles qui soient dignes d'une démocratie. Mais l'association Cité Monument ne l'entend pas ainsi. L'Organisation de Défense du Patrimoine a lancé en juillet dernier une pétition, non à l'enlédissement de Paris.

Plus de 52 000 signatures à ce jour, sans impact pour l'instant sur le futur chantier. Le pavillon d'accueil devrait voir le jour en 2028. Et on va retrouver Marco Pommier dans la dernière salle que nous souhaitions vous faire découvrir. Marco Pommier, vous êtes dans la Galerie des Fêtes. Oui, c'est une salle absolument sublime, j'ai un peu l'impression de me répéter. Mais regardez sur ces images, là c'est vraiment incroyable. Regardez cette Galerie des Fêtes qui permet en fait de relier l'Hôtel de la Cé, où nous étions tout à l'heure au Palais Bourbon, où se trouve l'hémicycle.

C'est cette galerie en fait que traverse Yael Broun-Pivet et ses vice-présidents pour rejoindre la Salle des Fêtes, construite ici en 1845 par l'architecte Jules Dejoli. Elle rappelle un peu la célèbre Galerie des Glaces du Château de Versailles. Aujourd'hui, c'est un lieu de réception. Et vous voyez d'ailleurs, la table du banquier a été dressée en fait pour séjourner du patrimoine. Et puis dans cette salle, il y a aussi une entrée très importante, une entrée symbolique. Venez, je vous y emmène. On va remonter cette galerie, donc cette galerie que Yael Broun-Pivet traverse. Et ça, c'est une porte très symbolique. Pourquoi ?

Parce que cette porte, le président de la République n'a pas le droit de la franchir au nom de la séparation des pouvoirs. Le président incarne le pouvoir exécutif et il n'a donc pas le droit de traverser cette porte et rentrer en fait dans l'enceinte du bâtiment législatif. Et je me trouve avec un visiteur à nouveau qui s'appelle Antoine. Et Antoine, c'est la première fois qu'il visite l'Assemblée Nationale. Qu'est-ce que tu en penses ? C'est assez impressionnant. C'est la première fois que je peux voir l'Assemblée Nationale qui est ouverte en fait uniquement pour ces deux journées. Et c'est un lieu chargé d'histoire très important pour la République.

Et c'est vraiment une très belle occasion à la fois de manière architecturale et puis d'être dans l'hémicycle, dans ces lieux qui sont finalement très importants depuis la naissance de la République jusqu'à nos jours. Eh bien, merci beaucoup Antoine et on te souhaite une bonne suite de visites. Merci beaucoup Marco. Galerie des Fêtes qui relie donc les deux bâtiments, l'hôtel de la Sey et le palais Bourbon Bruno Fulini.

53:28
Invité

Oui, elle a été achevée en 1848. Elle permet donc de passer à pied sec d'un bâtiment à l'autre. Mais du coup, ça a donné une très grande salle de réception. Il y tient plus de 300 personnes assises. C'est aussi un endroit où on peut organiser de grands dîners. Un lab pour l'occasion des journées du patrimoine a été dressé à la table qui s'appelle la millepatte. C'est une table qui se déplie et autour de laquelle on peut facilement dresser sans couvert. Donc vous voyez, pour les grands repas diplomatiques, c'est assez utile. C'est un lieu qui a accueilli toutes sortes de monde. Par exemple, pour une vente de charité, Sacha Guitry est venu faire des tours de magie, des tours de cartes.

On ne s'attend pas forcément à le trouver au palais Bourbon.

54:06
Présentateur

Jean Garrigue, celui qu'on ne s'attend pas à retrouver au palais Bourbon, c'est le président de la République. Marco Pommier l'a dit, séparation stricte des pouvoirs. Où est-ce qu'il a le droit d'aller, le président ? Où est-ce que c'est interdit ?

54:16
Invité

Jusqu'à cette porte, c'est la séparation des pouvoirs. Et c'est capital. C'est très, très, très important. Toute notre République, elle est construite autour de cette idée. Souvenir de ces moments, justement, où des coups d'État ont été perpétrés et où, précisément, la séparation des pouvoirs n'a pas existé. Donc, c'est quelque chose d'essentiel. Et c'est aussi essentiel de voir comment Yael Brown-Pivet essaie d'ouvrir l'Assemblée, comme d'ailleurs ses prédécesseurs ont déjà tenté de le faire. Mais je crois qu'elle a donné un coup d'accélérateur, y compris dans cette salle des fêtes où elle organise régulièrement des conférences, des rencontres avec les citoyens, des conférences citoyennes.

Et je pense que c'est effectivement très important que les Français connaissent véritablement l'activité du Parlement.

55:03
Présentateur

Merci beaucoup, Jean Garrigue. Merci, Bruno Foulini, pour toutes ces histoires. Jean Garrigue, je rappelle que vous sortez un livre, Les avocats de la République de Danton, à Robert Badinter, aux éditions. Odile Jacob, merci à vous de nous avoir suivis. Restez avec nous. Je remercie évidemment toutes nos équipes, nos guides, Marco et Marion, toutes les équipes techniques, les cadreurs, et évidemment, Aude Morachini, qui signe ses dernières journées du patrimoine. Mais restez, puisque Marco vous l'a promis, une petite surprise. Je crois qu'on va entendre peut-être quelques notes, Marco Pommier. Oui, tout à fait. Elle a une petite surprise dans cette galerie des fêtes. La surprise, la voici.

Nous avons six tambours de la garde républicaine qui vont nous jouer un morceau, le chant d'honneur, il me semble. C'est à vous. Merci.

55:49
Locuteur

Merci. Merci.