Économie, écologie : l'urgence, c'est la planification
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir Jean-Luc Mélenchon. Bonsoir. Bienvenue dans "En Toute Franchise", voilà on y est.
L'actualité du jour c'est la convention citoyenne, 150 citoyens tirés au sort, ils ont remis leurs 149 propositions et ils proposent notamment un référendum sur deux points. Notamment vous savez, l'écocide reconnu comme un crime. C'est la bonne formule le référendum ?
Il faut le faire, vous y est favorable ? – Alors bon, je suis comme tout le monde, c'est un texte ample, il y a beaucoup de travail derrière, donc ça ne doit pas être méprisé, ça doit être traité avec sérieux. Nous on a mis nos équipes au boulot pour décrypter page après page.
Bon, la première impression qu'on a… (je ne vous dis pas que notre travail est fini on publiera ça à la fin de la semaine) , …c'est qu'il y a beaucoup de choses en commun avec notre propre programme "l'Avenir en Commun", Il y a de bonnes choses avec lesquelles, bon, je ne vais pas commencer à faire la liste, mais disons par exemple : l'idée de rénover tous les bâtiments et de mettre un terme à ce qu'on appelle les passoires thermiques, c'est à dire ces endroits qui perdent de la chaleur, ce qui coûte très cher et puis les gens ont froid par dessus le marché. Bon ça c'est très bien après, moi j'ai repéré déjà deux trois petites choses qui m'ont fait un peu chagrin, il n'y a rien sur les conduites d'eau, on perd 20% de l'eau dans ce pays, parce que tout ça n'a pas été remis à neuf, il faut qu'on y pense. Il n'y a rien sur le nucléaire, ça aussi ça ne convient pas beaucoup, parce que je crois que le nucléaire est un vrai problème qui se pose à notre pays, nous avons 59 réacteurs.
Et puis pour ce qui concerne la Constitution, il faut faire très attention, c'est pour ça que les équipes bossent. Pourquoi ? Parce que d'abord, bon, nous on a un problème avec les réformes constitutionnelles.
On n'arrête plus, alors on en est à la 23e, la 24e fois et il n'y a jamais d'Assemblée constituante. Nous on est pour une réforme globale de la Constitution parce que toutes les parties se renvoient l'une à l'autre dans une constitution. Alors à force de faire du pointillisme, d'en saupoudrer partout, des fois on arrive à des aberrations.
Par exemple là, bon, l'écocide moi je serais d'accord, mais honnêtement c'est un aspect du problème et la rédaction parfois peut être maladroite. Dans ce qui est proposé on sépare environnement, biodiversité et changement climatique. Alors que ces trois termes sont liés dans les précédentes versions de la Constitution.
Pardon, c'est un peu technique mais c'est pour dire que dans ces domaines il faut être très pointilleux, très attentif, il se trouve que tel que c'est écrit ce pourrait être une régression par rapport à ce qui existe déjà, je ne crois pas que ça soit la volonté de ces personnes, mais je ne vais pas rester sur une note négative, il y a beaucoup de choses à prendre. Je ne voudrais pas que Macron s'amuse, après nous avoir dit qu'il prendrait tout sans filtre, à faire son marché là dedans, à prendre ceci, cela, parce que ça lui convient pour une opération politicienne, voilà c'est tout ce que je voudrais mettre comme alerte, pour le reste on va travailler, c'est du boulot sérieux ça mérite le respect. – On en vient à l affaire Fillon, actualité de la semaine également, l'ancienne procureure financière a évoqué des pressions cette semaine, et l'Élysée depuis a saisi le Conseil supérieur de la Magistrature pour solliciter un avis, pour s'assurer, je précise bien les choses, que le Parquet national financier a pu exercer je cite : "son activité en toute sérénité, sans pression dans le cadre d'un dialogue normal habituel avec le parquet général".
Nicole Belloubet aujourd'hui dans le JDD dit : "il faut lever le doute délétère". Ça va dans le bon sens Jean Luc Mélenchon, est ce qu'il n'est pas dans son rôle de garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire là, le Président de la République – Ah ben saisir, oui c'est bien qu'il l'ait saisi, mais lui, ne peut pas dire qu'il ne savait pas, enfin, c'est une mauvaise plaisanterie, à cette époque tous les personnages qui sont pris dans la chaîne de décision concernant l'affaire Fillon, sont des gens qui sont des socialistes ralliés à Macron. Mme.
Champrenault qu'on retrouve contre moi, Mme. Belloubet et ainsi de suite, tous ces gens ont participé à leur façon à quelque chose qui s'appelle, qui semble être une intrigue politique, je dis "qui semble" parce que moi j'ai pas plus d'éléments… – Il n'y a aucune preuve pour le moment, d'ordre donné par la chancellerie. – Voilà, mais c'est là qu'ils sont très habiles parce que Mme.
Belloubet qui ment, elle, beaucoup, avait déjà dit "mais jamais de la vie nous ne faisons remonter des informations des enquêtes jusqu'au ministère, au garde des Sceaux". Alors bon tout le monde dit "Ah M. Mélenchon c'est odieux ce que vous sous-entendez".
Et patatras, voilà qu'il y a un procès devant la Cour de Justice de la République de M. Urvoas, autre ministre socialiste, passé à Macron, (de la Justice) , et que dans cette affaire il a été prouvé que les informations remontaient jusqu'au ministre qui lui-même, les transmettait à d'autres personnes. De même Mme.
Champrenault qui a déclenché la mobilisation de dix procureurs et de 100 policiers pour nous perquisitionner, disait "Ah mais pas du tout, je n'étais au courant de rien", elle ment elle aussi, "je n'ai rien transmis", ce n'est pas vrai, etc. Donc le Président de la République a le devoir maintenant de faire cesser ce genre de pratiques. Je pense que Mme.
Belloubet s'en ira au prochain remaniement et honnêtement, personne ne la regrettera. – Mais elle est revenue sur ses propos, l'ex magistrate qui est à la tête du Parquet national financier. Vous, vous avez déclaré : "les déclarations de l'ex-magistrate sont la preuve qu'il s'agissait d'une intrigue politique dans le cas de M.
Fillon". Mais depuis, elle a regretté que ses propos soient mal interprétés, elle fait une mise au point, vous ne faites pas de mise au point vous sur vos déclarations ? Non non, pas du tout parce qu'il y a une chose très simple qui peut départager, c'est d'aller écouter ce qu'elle a dit puisque c'était publique, puisque ça a été filmé, puisque ça a été enregistré, il suffit donc d'écouter, et si par hasard vous vous aperceviez vous autres journalistes, qu'elle a bien dit ça, mais qu'entre temps elle dit autre chose, vous vous demanderez pourquoi elle a changé d'avis.
Peut-être que de nouvelles pressions se sont exercées sur elle, il y à des luttes, vous savez Mme. Carrouër, à l'intérieur de la Justice comme dans d'autres domaines, il y à des clans, des factions, des corporations, chacun se bat pour les places et il y a là un ensemble de personnages qui depuis trois ou quatre ans, rivalisent entre eux, et moi ce que je note c'est que tous ceux qui ont participé aux opérations contre moi, TOUS ont eu une promotion. Alors je suis obligé de considérer que tout ça fait réfléchir. – Mais vous évoquez en gros un cabinet noir quoi ! si on comprend bien. – Non, cabinet noir, comment je sais moi s'il y a un cabinet ? – En tout cas du côté de François Hollande, il était candidat – Il n'y a pas besoin. – Et là vous dites que c'est Emmanuel Macron, en tout cas ses proches qui auraient été derrière tout ça – Mais, vous allez vite, ils n'ont pas besoin de faire un cabinet.
Mme. Champrenault était la conseillère technique de la ministre socialiste Ségolène Royal, de là elle passe procureure à la Guadeloupe et de là, elle est nommée procureure générale par M. Hollande, bon on peut supposer au moins qu'ils se connaissaient assez pour qu'il la nomme.
Et ces gens ensuite travaillent entre eux, se connaissent, le procureur Rémy Heitz était le directeur de cabinet du garde des sceaux, etc. Il n'y a pas besoin de cabinet noir, et tous ces gens étaient tous socialistes et sont tous passés à Macron, ils ont fait du zèle, je ne dis pas que c'est M. Macron qui leur a demandé de faire du zèle, c'est eux qui en ont fait, en quelque sorte pour acheter leurs galons.
Encore une fois, pas établi qu'il y ait eu des ordres même au regard des dernières déclarations entre Chancellerie et Parquet général. – Il n'y a pas besoin Mme. Carrouër, c'est ça que je dis, c'est un effet de système, de toute façon, moi je n'en sais pas plus que vous et puis je fais attention, parce que ces gens-là sont extrêmement violents, procèdent à des représailles, vous en veulent après, bon !
Contre nous ça n'a jamais cessé, nous les Insoumis ça n'a jamais cessé. Quand quelque chose s'arrête une autre commence. Si vous voulez, bon voilà, moi j'ai dit ce que j'avais à dire, vous m'avez posé la question, je vous ai répondu aussi sincèrement que je le pouvais, mais je manque comme tout le monde d'information.
Je demande à ceux que ça intéresse, de suivre la commission d'enquête sur l'indépendance de la Justice, dont le président est le député du Nord Hugo Bernalicis, parce que bientôt Mme. Champrenault va être ré-auditionnée, à la demande je crois… …Est-ce du rapporteur, ou est-ce je ne sais qui en tout cas pas de nous, elle va être ré-auditionnée donc tout le monde pourra, en suivant à la télé en direct, savoir ce qu'elle a à répondre. – Jean Luc Mélenchon, vous aviez été interrogé, en mars 2017 sur Europe 1, sur cette affaire, on était vraiment en plein dans l'affaire, Thomas Sotto vous pose la question à l'époque, il vous dit : "vous ne faites pas partie de ceux qui pensent que la justice sort de son rôle et pollue cette campagne ? " Et vous répondez : "je n'ai pas l'impression, les faits sont connus, la Justice intervient, quand on n'est pas content de la Justice, il faut changer les lois pas mettre en cause les juges".
Qu'est ce qui a changé depuis, – Eh bien, vous avez raison de dire que quelque chose a changé en moi, je n'ai plus confiance, parce que, quand je vois que M. Macron réussit ce tour de force de voir tous ses comptes de campagne où il y avait quand même des présomptions extrêmement lourdes, passer à travers les gouttes et que, deux ans après, les enquêtes continuent contre moi, sans que je ne rencontre jamais personne, je n'ai plus confiance. Il y a eu 100 policiers mobilisés pour nous perquisitionner sur 17 sites, nous avons été persécutés, et il ne résulte rien.
Alors non, non je n'ai plus confiance – Et donc la présidentielle a été volée à la droite ou pas ? – Ah ben clairement on peut dire au moins une chose, c'est que la mise en cause de M. Fillon, dans ces conditions là, qui sentent l'artifice à plein nez !
Pourquoi, parce que UN article de presse paraît dans un journal satirique, aussitôt quelqu'un se saisit de l'affaire et ouvre une enquête et le grand déballage commence. Alors qu'il y avait des éléments qui étaient en cours déjà depuis des années, donc clairement la droite dans cette affaire aurait raison de dire, que ça a complètement perturbé sa campagne. Mme.
Carrouër, ma propre campagne aux élections européennes, j'ai été auditionné ainsi que tous mes camarades, en pleine campagne européenne et tous les comptes-rendus ont été donnés à la presse qui les a publiés quatre jours avant l'élection, pour le journal "le Monde" et cinq jours pour "l'Express". Ne me dites pas que tout ça est tombé par hasard ! Non, c'est organisé, planifié pour nuire.
Et je vous dis d'avance, je crains que la prochaine présidentielle, ne soit de ce point de vue un égout. – Alors justement est-ce qu'il faut une trêve dans la Justice lors des campagnes présidentielles ? Par exemple en 2022, est ce qu'il faut dire pendant tant de semaines, tant de mois, on arrête… – Ça mériterait qu'on y réfléchisse, mais vous voyez bien, Mme.
Carrouër, la difficulté, c'est que si jamais vous dites, vous proposez une trêve, on dit : "ah ben qu'est ce que vous avez à vous reprocher ? " Par conséquent moi je ne dis rien du tout je m'en remets à l'intelligence de mes compatriotes parce que nous avions tous confiance, et nous sommes très nombreux maintenant à ne plus avoir confiance, c'est tout. Donc les gens jugeront s'ils voient tout d'un coup, des affaires éclater en cours de route ils se diront, je leur dis : "dites vous à ce moment-là, que c'est suspect", quel que soit le candidat, je ne dis pas seulement les Insoumis.
Quels que soient les candidats. – Et vous entendez ceux qui disent : "après tout sur le fond rien ne dit qu'il ne fallait pas ouvrir une enquête" et pourquoi ne pas savoir avant que les Français n'aillent voter" ? – Trois semaines avant, quatre semaines avant, deux mois avant ?
Enfin c'est une mauvaise plaisanterie. Je regrette les propos que j'ai tenus, je les regrette parce que je comprends que maintenant, on se cache derrière la déclaration que j'ai pu faire à ce moment-là, pour me persécuter ensuite, pour faire une bouillie dans laquelle tout vaut tout. Telle affaire vaut une autre et après tout comme il y a un fond de l'air hostile aux dirigeants politiques, et on comprend pourquoi, de toute façon, il y en a tellement qui mentent, les gens ont été tellement trompés, que ce soit par Hollande, par Macron, par d'autres, qu'ils ont tendance à tous nous passer par-dessus bord, même quand nous, on combat pour essayer que les choses aillent mieux.
Alors dans une ambiance pareille il faut s'en remettre à l'intelligence des gens. Je ne vois pas quoi faire d'autre, je ne crois pas à la bonne foi de mes adversaires et en particulier du Président de la République. – Le serpent de mer c'est l'indépendance de la Justice ça fait longtemps que la question est posée… – Non mais la justice est indépendante. – L'indépendance du Parquet, pardon ! – Ah oui c'est pas pareil – C'est la différence, pardon, et Nicole Belloubet, elle, réagit sur ce sujet également, elle dit : "le parquet doit relever de l'autorité du garde des Sceaux, pourquoi, car il applique la politique du gouvernement" mais elle fait une proposition, elle est favorable à ce que "les magistrats du Parquet soit nommés après avis conforme du CSM pour renforcer encore les garanties d'indépendance. " Vous prenez ? – Écoutez j'ai pas regardé le détail de ce qu'elle raconte parce qu'à la vérité, je sais bien qu'elle essaye surtout d'embrouiller tous les sujets.
Par contre ce que je veux dire du point de vue de mes convictions personnelles, je n'engage que moi à cet instant, je ne suis pas favorable à ce que les procureurs… les procureurs ! Il y a deux types de magistrats il y a ceux qui jugent d'après la loi, ils appliquent la loi, ils enquêtent et ils appliquent la loi, et puis il y a ceux qui peuvent démarrer les procédures, qui, eux, dépendent de consignes qu'il reçoivent, par exemple, : "dans tel domaine vous serez très vigilant et vous devrez faire ceci et cela", bon c'est pas des cas particuliers, c'est une… comment dire… une directive de politique. Cette directive de politique je veux qu'elle reste dans la main de la représentation nationale, aujourd'hui elle est dans la main de la garde des Sceaux, moi je souhaite que les directives et les circulaires soit soumises à l'approbation de la Commission des lois de l'Assemblée nationale et du Sénat c'est à dire que ce puisse être en quelque sorte, le procureur soit vraiment pleinement totalement l'avocat de la société et qu'il le soit d'après des consignes, il faut bien qu'il y en ait, qui viennent des assemblées parlementaires.
Donc je ne suis pas pour qu'on leur dise : "écoutez messieurs mesdames dorénavant vous faites ce que vous voulez", parce que si jamais quelqu'un vous regarde dans les yeux vous prenez ça pour une menace. Ça, ça veut dire qu'il y aurait en quelque sorte, une sorte de caste qui serait détachée de tout contrôle et de toute intention de politique. Dans la justice il y a une intention politique, quand vous dites tel type de chose ce sont des délits, tel autre non, vous pouvez dire sur tel sujet vous devez être vigilant, par exemple je trouve qu'on n'est pas assez vigilants, qu'on n'a pas pris des consignes assez sévères contre ceux qui trichent dans les élections, soit en fabriquant des fausses procurations, soit en éditant des faux tracts par exemple, ce malheur vient de m'arriver à Bobigny, quelqu'un a distribué dans toutes les boîtes aux lettres des tracts hostiles à la liste dirigée par un communiste, avec la signature de la France insoumise – Et donc on fait quoi ? – Oui mais Mme.… Comment elle s'appelle… Mme.
Le Pen m'avait fait la même chose avec un tract en arabe, à l'époque qui était garde des Sceaux ? Mme. Taubira, qu'est ce qu'elle a fait ?
Rien, absolument rien. Mme. Le Pen a été condamnée en première instance partout, et à la fin il y a eu la justice d'appel, c'est la justice, qui a décidé un non-lieu pour toute l'affaire.
Donc dans ce pays on ne réprime pas assez la triche électorale, on ne la réprime pas assez, voire on ne la poursuit même pas. – Bon, on va parler justice sécurité, mais sur à une autre actualité maintenant : Dijon et les affrontements qui ont opposé les habitants du quartier des Grésilles, une centaine de Tchétchènes, après l'agression d'un membre de la communauté. On va prendre les choses par étape, si vous voulez bien, avant, avant que ça arrive qu'est-ce qu'il aurait fallu faire ?
Est ce que ça veut dire qu'il y a un manque de prévention, qu'il y a un manque de répression, qu'il y a des zones de non-droit Jean Luc Mélenchon, et auquel cas, qu'est ce qu'il faut faire ? – Moi je crois que c'est tout le système de la police qu'il faut réorganiser, sinon après ça tourne mal, tout le monde se regarde en coin, tout le monde… ça va pas ça ! Bon d'abord il n'y a pas assez de monde pour des tâches qui sont extrêmement importantes, qui ne sont pas traitées sérieusement qu'il y ait 7 000 policiers pour la BAC, qui est censé faire du flagrant délit et la petite délinquance, et qu'il n'y en ait que 5 000 pour réprimer la fraude, le proxénétisme, le trafic d'armes, etc.
ça va pas. De même, le renseignement intérieur, renseignement territorial, doit disposer de plus de moyens humains, et de moins de gadgets électroniques, le moyen humain ben, c'est des policiers, des policières qui parlent plusieurs langues, vous savez ce sont des métiers qui sont à haut niveau tout ça, de qualification et de compétences. Par conséquent donner la priorité à ça, à ces tâches-là, d'abord la lutte, la principale lutte, c'est pas d'aller matraquer les manifestants, tirer par les cheveux les infirmières… – On va en parler. – Ah oui mais ça c'est insupportable, ce n'est pas la principale tâche, mais je voudrais que l'on comprenne que, une des tâches essentielles dans ce pays, c'est la lutte contre la circulation des armes.
Il y en a 14 millions ou 11 millions, pardon, il y en a à peine cinq de déclarées, tout le reste on ne sait pas où c'est, il faut donc se mettre à la recherche. Les quartiers, à Marseille, quand j'y vais, me disent : "la première chose que tu dois faire Jean-Luc c'est de leur dire d'empêcher le trafic des armes". Parce qu'évidemment, les gens qui vivent au milieu de ces armes vivent très mal, et ce n'est pas normal, en France tout le monde n'a pas le droit d'avoir une arme, on n'est pas aux États-Unis. – Comment on fait pour qu'il y ait plus de Kalachnikov à la main de certaines personnes par exemple ? – Par exemple, pour qu'il n'y ait plus de Kalachnikov, qu'il n'y ait plus d'armes personnelles chez les belles personnes, et ainsi de suite, eh bien on fait de la police, ça s'appelle faire de la police, pour ça faut qu'il y ait du monde il faut qu'il y ait du renseignement de bonne qualité, donc capable en moyens humains.
Voyez M. Valls a fait installer des antennes pour écouter tout un quartier, elles ramassent toutes les conversations, ah la belle invention ! Derrière il faut bien traiter l'information, donc tout est affaire de moyens humains. – Donc pour les policiers il en faut plus en réalité et mieux équipés ? – Ah j'ai pas dit qu'il en fallait plus, il y en a déjà 245 000, ça va quoi !
Policiers et gendarmes, il y a plus de policiers et gendarmes pour surveiller la population, qu'il n'y a de militaires pour surveiller l'ennemi, vous trouvez ça normal vous ? – Mieux répartis et mieux équipés ? – Alors, répartis autrement, organisés autrement, avec d'autres priorités, je le redis : il n'est pas normal qu'on mobilise chaque week-end une véritable armée, pour faire face à des manifestations qui sont considérées comme un ramassis d'ennemis. – Vous voyez bien que en nous écoutant, certains vont dire : mais Jean-Luc Mélenchon, cette semaine, il a dit, en marge des manifestations liées aux violences policières, "il faut désarmer". – Autant que possible. – Je vais être beaucoup plus précise, exactement, je reprends votre citation : "une police aussi désarmée que possible pour inspirer le respect des citoyens".
Et puis quelques jours plus tard il y a Dijon, et là vous avez été attaqué pour ça, vous dites il faut désarmer autant que possible, et en même temps il y a Dijon, comment on fait avec ces policiers on les envoie désarmés sur le terrain ? Il est où le juste milieu Jean-Luc Mélenchon ? On désarme jusqu'où pour que ces hommes sur le terrain, puissent effectivement faire face à ce genre de situation ? – Oui, oui, ça, c'est le blabla de la polémique qui est faite contre moi.
Prenons l'exemple que vous me donnez parce qu'il est très bon, Dijon d'accord. À Dijon il y a 40 policiers ! Mme.
Carrouër, est ce que ces policiers sont désarmés ? Non, ils sont armés. On ne les y a pas envoyés et je félicite le préfet, de ne pas avoir envoyé des hommes armés, pour affronter de manière armée 100 personnes dont on nous dit qu'elles étaient équipées d'armes de guerre, je ne sais pas si c'est vrai… – Pourquoi vous félicitez le préfet ? – Mais parce que le policier-cowboy, Mme.
Carrouër, ça n'existe pas. C'est une absurdité il y a des unités de police et de gendarmerie, spécialisées dans ce type de violence c'est le Raid et le GIGN, les tâches de police sont différentes, je n'ai jamais proposé de désarmer le GIGN ou le Raid, bon ! Par contre, oui, désarmer la police qui fait la circulation, désarmer la police qui vient dans les manifestations ou qui est au commissariat, oui.
Vous avez entendu parler une seule fois, de quelqu'un qui sort son revolver pour procéder à une arrestation ? Les policiers sont conscients, ils savent très bien que leur revolver est surtout là pour dissuader. Mme.
Carrouër c'est quand même un monde, il y a des milliers de chansons ouvrières que je pourrais vous chanter le cas échéant, où vous entendez parler des policiers qui réprimaient les manifestations avec quoi ? Des pèlerines et des bâtons, ils n'avaient pas ses équipements de Robocop. Et il y à de très nombreux pays, où la police avec laquelle vous êtes en contact, dans la rue, est désarmée, c'est le cas des Anglais, je crois que c'est le cas des Danois, des Suédois, bon, ce ne sont pas des peuples qui sont spécialement plus calmes que nous, mais la vue d'un homme ou d'une femme, désarmé, porteur de l'autorité, vous conduit vous même à une certaine retenue quand le ton monte.
Il y a des avantages au désarmement de cette police de contact, il y a des inconvénients évidemment, si l'on désarme le Raid et le GIGN ce que je ne propose pas. Vous voyez c'est une affaire de répartition des tâches, l'État, comprenez ça, l'autorité de l'État ne dépend pas des révolvers, elle dépend du consentement à l'autorité, il faut comprendre ce qu'est l'État et comprendre ce qu'est la police. D'ailleurs je remarque qu'il se produit en ce moment indépendamment des syndicats, il se produit quelques beaux mouvements, mais il y a au moins un syndicat qui a vraiment des comptes à régler avec moi, et qui ne m'aime pas, mais qu'a fait une belle déclaration pour dire que c'est une honte si on frappe un homme menotté etc.
Je trouve qu'il y a une prise de conscience qui est en train de s'opérer parce que les policiers on en ras-le-bol de servir d'armée privée pour le gouvernement. Ils sont pas-là pour protéger des gens, mais pour protéger le gouvernement. – Si c'est une question d'équilibre sur les moyens d'intervention, le fait d'être revenu sur la "clé d'étranglement" avec l'expression bon, voilà, qu'elle est !
Revenir sur la clé d'étranglement c'était la bonne chose à faire ? c'est le ministre de l'Intérieur qui l'a voulu. – Alors bon, je vais pas vous dire le contraire, on a nous même déposé une proposition de loi contre, non seulement les gestes : l'étouffement, l'étranglement, et aussi l'utilisation de certaines armes qui sont beaucoup trop violentes.
Mais enfin, quel spectacle donne la France ! Alors vous avez des syndicats de police qui réclament le droit d'étrangler les gens. Le ministre qui dit "ah ben on n'étranglera plus", et puis après il dit si, on étranglera jusqu'à ce qu'on trouve autre chose. – Ils ne réclament pas le droit d'étrangler les gens, c'est une technique, une expression, mais ils ne disent pas "on veut étrangler les gens". – Ben si, ils le disent justement, c'est ce qu'a dit le responsable syndical, "on doit pouvoir étrangler".
Et vous savez pourquoi ça fait peur ? Ben parce qu'il y a déjà eu des morts dans ce pays, et aujourd'hui nous sommes le jour de la fête de la musique, il y a un an ce malheureux Steve Caniço mourait noyé dans la Loire, après une charge de police, irresponsablement violente, et quand je dis qu'elle était excessive, ce sont les collègues policiers qui ont dit que ce n'était pas sérieux d'avoir fait une charge pareille. – Pour Steve Caniço, des manifestations ont eu lieu cet après-midi en sa mémoire, mais par ailleurs, l'enquête est toujours en cours, le lien n'est pas encore établi. – Voilà, c'est ça, il a fallu pendant un an qu'on se pose des questions pour savoir, si le fait de tirer dans une foule avec des grenades lacrymogènes, la nuit, au bord de la Loire, si le garçon a sauté dans l'eau, alors qu'il ne savait pas nager, par plaisir, enfin bon !
Il y a une enquête, alors elle continue, peut-être que dans quelques années nous finirons par apprendre que finalement tout est bien dans le meilleur des mondes, comme ce fut le cas à propos de la mort de Rémi Fraisse, et moi je le déplore. Dans le cas de Rémi Fraisse je crois qu'on a dit que c'était un homicide involontaire, de ce point de vue ça n'était pas un non-lieu. Je pense que au moins la vérité est reconnue dans le fait que ce garçon est bien mort dans des conditions qui appellent interrogations.
L'affaire maintenant est jugée, bon chacun appréciera mais je reconnais, il a été dit que c'était un homicide involontaire. – On poursuit un peu sur ce sujet, bon vous ne contestez pas la police Jean Luc Mélenchon, je vous repose la question parce que c'est Christophe Castaner dans "le Parisien" qui dit : "seule une minorité conteste la police, ne nous trompons pas, une minorité rêve de chaos et instrumentalise des débats légitimes, ceux-là veulent faire tomber la République, quand on jette un pavé sur un policier on le jette sur un morceau de la République." Est-ce que vous vous sentez visé, et qu'est ce que vous lui répondez ? – Bon, M.
Castaner est assez malfaisant pour éventuellement me viser je sais… …Et puis en plus il y a toute la fachosphère tous les réseaux vous savez maintenant, si vous faites une critique c'est que vous êtes contre tout hein ! Vous critiquez le mode d'emploi de la police, donc vous êtes contre la police ! Mais moi je sais très bien que des polices il y en a dans toutes les sociétés, la question qui est posée c'est pas l'existence ou non de la police, c'est l'usage qu'on en fait, quelle est sa doctrine d'emploi ?
Comment les hommes et les femmes, le matériel, tout ça est mis en mouvement ? J'ai connu un ministre de la police dont je n'ai jamais cessé de respecter la personne et l'action, qui est Mr. Pierre Joxe, qui avait fait adopter un code de déontologie, qui avait réorganisé l'enseignement des policiers.
Est-ce que c'est être anti policiers de dire que autrefois, ils étaient formés pendant un an, maintenant ils ne le sont plus que pendant 9 mois ? Est-ce que c'est être anti policiers que de dire qu'on refuse qu'ils soient utilisés systématiquement pour affronter des manifestations ? Est ce que vous vous rendez tous compte du fait que dans ce pays dorénavant, chaque fois qu'il y a une manifestation, il y a une armée mobilisée qui tire dans le tas, sans être capable une seule fois, d'arrêter un seul des personnages qui vandalisent des vitrines, des magasins et autres, vous ne trouvez pas ça suspect ?
Ça fait vingt ans que ça dure ! – Non mais allons au bout des choses, qu'est ce que vous sous-entendez ? Qu'ils n'agissent pas volontairement, que c'est orchestré ? – Ou alors bon il y a aussi le problème des chefs, des fois vous avez des chefs qui ne valent rien, qui prennent les mauvaises décisions au mauvais moment, donc on laisse passer des gens, et puis tout d'un coup on tape les manifestants.
Je ne sous-entend rien Mme. Carrouër, ce n'est pas mon genre, je dis les choses comme je les vois, et comme je les pense ! Je pense que c'est tout à fait incroyable qu'au bout de 20 ans du même type de comportement, on n'ait aucune espèce de résultat contre les casseurs voilà !
Je trouve ça curieux et certaines fois il ne se passe absolument rien. Quand vraiment ça devrait coûter trop cher, et puis après il y a le mensonge institutionnel qui refuse d'admettre la vérité, par exemple on dit : "il n'y a eu aucune violence policière contre cette infirmière". Bon elle a été tirée par les cheveux, est-ce que ça ça fait partie du code ?
Non ! On me dit "c'est difficile", je le sais bien que c'est difficile d'être policier ! Mais être infirmier c'est difficile !
Être instituteur c'est difficile ! Tous les métiers ont des difficultés. – Alors, prenons les choses les unes après les autres.
L'infirmière, on y vient, donc on rappelle à tout le monde cette image d'une infirmière en marge des manifestations, pendant les manifestations des personnels de santé, elle est interpellée. L'image interpelle tout le monde aussi par ailleurs. Et puis il y a aussi d'autres images champ et contre-champ qui arrivent, on voit cette infirmière lancer des pavés, lancer des pierres en direction… – Alors, qu'est-ce qu'elle lance ? – Elle lance des pierres, elle regrette d'ailleurs auprès de Médiapart, elle dit regretter son geste, elle dit on asphyxie déjà dans les hôpitaux, et quand on manifeste on nous gaze, donc elle était très en colère.
Mais elle a dit regretter ce geste. Est-ce que vous regrettez vous aussi ce geste ? – Mais je ne suis ni son confesseur, ni son papa, ni quoi que ce soit, cette femme est assez grande pour dire ce qu'elle a à dire, moi j'ai à dire ce que j'ai à dire dans le champ politique.
Vous dites : "oui d'abord il y avait une scène qui nous choquait" vous en êtes d'accord Mme. Carrouër ? – Elle a interpellé tout le monde, elle est forte. – Bien sûr, ben j'espère que ça choque tout le monde.
Moi j'ai quelques vieux principes qui doivent dater d'une autre époque, et qu'on ne frappe pas une femme, qu'on ne la tire par les cheveux etc. Bon, ça vous a choquée, mais après on voit d'autres images : "Ah, elle lançait des pavés". Non finalement c'était pas des pavés, c'était des pierres, bon quel genre de pierres ?
Alors posons nous la question, on pourrait montrer une autre image puisque la première à appelé la seconde image, appelons une troisième image. Qu'est ce qui s'est passé pour que cette femme responsable, elle a une cinquantaine d'années, qui n'est pas un gabarit de catcheur, clairement, 1.55m !
Pourquoi cette femme tout d'un coup a-t-elle pu craquer comme ça ? Au point de faire un acte qu'elle-même regrette ? Eh bien c'est parce qu'auparavant, il y avait des gens qui ont gazés tout le monde, et qui ont tiré dans le tas.
Et alors cette femme qui venait de passer des mois et des mois de travail au service des autres, dans un dévouement absolu comme infirmière, qui elle-même a attrapé le covid19, elle a craqué ! L'art de faire de la bonne police et de la bonne justice, c'est toujours de comprendre les contextes dans lesquels les personnes interviennent. S'il y avait eu des chefs valables, eh bien ils auraient dit : "allons-y doucement avec les personnels de santé parce qu'ils sont à bout de nerfs" comme d'ailleurs le sont les policiers eux mêmes.
Ils sont à bout de nerfs donc : pas de gazages, pas de nassages ! Or le préfet Lallement, a une méthode qui consiste à provoquer à chaque manifestation des incidents pour pouvoir dire "voyez, heureusement qu'on était là ça se passe mal". Non c'est l'inverse. – Donc ils n'auraient pas dû intervenir ? – Ils n'auraient pas dû gazer les gens comme ils l'ont fait, ils n'auraient pas dû nasser, ils n'auraient pas dû matraquer comme ils l'ont fait.
Parce que Mme. Carrouër, pourquoi ont-ils fait tout ça ? Avez-vous entendu parler d'une personne qui ait commis un acte inadmissible qui ait été arrêtée ?
Non, juste cette infirmière, c'est curieux non ? – Mais on pourrait aussi s'arrêter sur ceux qui infiltrent les manifestations, qui viennent et qui font en sorte que ça dégénère au delà des forces de l'ordre, ils sont là et vous, vous proposez quoi ? – Mais moi j'ai jamais été d'accord avec ça. – Non mais, ce n'est pas ce que sous-entend, je vous demande ce qu'on fait, puisque effectivement ils sont là, j'estime, vous estimez peut-être, qu'ils volent des manifestations, à des manifestants – Ils les invisibilisent, c'est fait pour ça.
On fait quoi avec ces groupes, avec ces gens, on en fait quoi ? – Alors d'abord commençons par une chose : nous n'avons jamais approuvé la violence, quel que soit son contexte, je le redis, parce que stratégiquement c'est une erreur. La violence nous marginalise, nous isole et donne à nos adversaires le spectacle merveilleux de flammes qui brûlent sur des cageots, je me rappelle pendant les Gilets jaunes il y avait eu une caméra qui avait fixé en gros plan une trottinette qui brûlait, bref, donc c'est contre nous.
Deuxième élément : les éléments qui viennent pour casser, et nous invisibiliser, remarquez que par exemple, le soir même on ne parlait que de ça, on ne parlait plus des revendications et, bon quelques télés ont fait l'effort de dire non, on va quand même en parler, se rendant compte eux-mêmes, les professionnels de l'info, que les manipulateurs avaient réussi leur opération, c'est à dire faire parler d'autre chose que des revendications des personnels de santé. – Donc on fait quoi ? – On fait quoi, vous êtes extraordinaire ! – Ben oui. – Alors me voilà repeint en policier, mais je ne sais pas moi, je ne suis pas un technicien de la répression, je ne sais pas comment on fait, mais c'est un métier non ?
C'est un métier on est d'accord ? – Dissoudre les groupes… – Mais dans tous les métiers il y a… …vous voulez dissoudre quoi ? Tout ce qui devait être dissous a déjà été dissous, sauf les organisations d'extrême-droite.
Est-ce que vous savez Mme. Carrouër, que le danger majeur en Europe aujourd'hui, considéré comme le premier par toutes les polices d'Europe, c'est l'extrême droite, ses crimes et ses provocations, quand ils vont, comme ce fut le cas, et vous vous en souvenez puisqu'il y a eu la manifestation du 10 novembre, attaquer une mosquée, ou provoquer des enchaînements qu'il voudraient violents. Donc moi je dis que la police est tenue en échec parce qu'elle est incapable depuis 20 ans d'arrêter des petites poignées de gens, et à la fois on finit par se demander si ça n'arrange pas tout le monde qu'ils ne soient jamais arrêtés. – Je reviens à Dijon, je l'avais promis on prend les choses par étapes, donc on a parlé de l'avant, de ce qu'il aurait fallu faire, on a parlé du moment de l'intervention et après on fait quoi ?
Des tchétchènes qui sont des réfugiés pour certains avec le statut. Adrien Quattenens a dit qu'effectivement, on pouvait les expulser, mais je vais relayer, une auditrice a été interrogée sur France-Inter, et lui a posé cette question : "ces demandeurs d'asile, ils sont demandeurs d'asile parce qu'ils sont partis d'un pays où ils étaient en danger on les envoie quand même à nouveau dans ce pays" ? – Alors d'abord, commençons par mettre de l'ordre dans tous ces concepts, lorsque nous sommes exprimés aussi bien Adrien Quattenens que moi, parce que je veux assumer ma propre responsabilité, on nous avait dit qu'il y avait une bande de Tchétchènes armés, et qu'ils étaient par ailleurs en demande d'asile politique, donc on m'a posé la question, moi je ne suis pas d'accord, pour qu'on donne l'asile politique à des gens qui viennent se battre chez nous, et qui sont en plus armés, la détention d'armes étant interdite en France, voilà !
Après on découvre que les armes n'étaient pas à l'endroit qu'on nous avait dit. Que les Tchétchènes avaient été repérés une journée avant par le renseignement territorial, mais que les consignes, semble-t-il, ou n'étaient pas arrivées, ou on n'était pas au courant. J'ai appelé le maire de Dijon, ce que peu de gens ont fait, je parle dans les dirigeants politiques, François Rebsamen et je lui dis "mais qu'est ce qui se passe chez toi ? " et il me répond : "mais nous c'est depuis le vendredi soir qu'on a réclamé une action de la police".
Les gens ont été abandonnés pendant trois jours. Je lis l'interview de Mr. Castaner et qu'est ce que je découvre ?
Qu'il dit : "ah ben moi je suis pas en campagne électorale, François Rebsamen oui ! " Alors en effet François Rebsamen est en campagne électorale, mais depuis quand un ministre de l'Intérieur, a comme seule réponse à un maire "vous êtes en campagne électorale donc vous ne m'intéressez pas" ? C'est insupportable de parler comme ça !
Et Rebsamen vient de faire, il vient de constater quel genre d'homme est M. Castaner, parce que je suis certain que le maire de Dijon, qui par ailleurs est Président de la Fédération des Élus Socialistes, avait appelé le ministre de l'Intérieur, donc vous voyez qu'il règne beaucoup d'embrouilles. Alors moi je ne vous dirai jamais que, quelqu'un qui a fait une demande d'asile doit être expulsé sans jugement, non je suis pour que les choses soient jugées, c'est un juge qui doit dire oui, non, on accepte, on n'accepte pas qu'il soit accueilli.
Mais vous voyez comment le roman a évolué, au départ c'était une bande de Tchétchènes qui affrontait une bande de maghrébins tout ça était tout du pareil au même, tout jeter dans la même baignoire. Et puis, à mesure que les jours ont passé, on a découvert des choses quand même extraordinaires. Trois jours d'abandon, qu'a fait le préfet ?
On découvre que le renseignement territorial était au courant, comment se fait-il que la hiérarchie policière n'ait pas pris des dispositions ? Les Tchétchènes dont on parle, n'étaient pas tous en France, certains ont passé la frontière, personne n'a rien vu, personne n'était au courant de rien, personne n'a rien fait, et à qui on demande des comptes ? À moi ! pauvre opposant qui m'efforce de tracer un chemin de… comment dire, de raison.
Et à monsieur Castaner, on ne demande rien, et il a le droit de dire au maire : "allez vous faire voir puisque vous êtes en campagne électorale". Madame Carrouër, là ça ne va plus du tout dans ce pays hein ! – Et je voudrais aborder un autre sujet, il y a eu des manifestations, on en a beaucoup parlé déjà contre les violences policières à l'appel de la famille Traoré notamment, au delà des questions, on reste sur les solutions, si vous le voulez bien.
Vous étiez à République samedi dernier, depuis le Président de la République s'est exprimé il dit : "le combat antiraciste est inacceptable quand il est récupéré par des séparatistes". Est-ce que la récupération par des séparatistes ça existe Jean-Luc Mélenchon ? Je vais plus loin, dans une émission qui a été diffusée sur internet cette semaine, ça s'appelle "Bifurcation", vous parlez des mots du Président de la République et vous dites ; "la force du post colonialisme", c'est avec les mots du Président de la République, "d'instaurer l'apartheid, même s'il n'existe pas et de dire : il y a le séparatisme, c'est montrer du doigt et pousser les populations concernées par réaction d'orgueil à se constituer en tant que telles." Est ce que vous estimez donc que le Président jette de l'huile sur le feu, est responsable d'une forme d'apartheid avec tout ce que ça comporte comme signification derrière, le mot est extrêmement fort. – Bien sûr mais quand on parle de séparatisme Mme.
Carrouër, vous ne direz pas que c'est une expression faible. "Séparatisme" : le Président a oublié de nous dire quel genre de séparation il met en cause. Alors prenons les choses dans l'ordre.
Le Président de la République a une technique, c'est-à-dire qu'il substitue à un problème un autre. Aujourd'hui nous sommes en train de parler du racisme, du racisme dans la police, pourquoi dans la police ? Parce que c'est un corps d'autorité et que, naturellement, on attend d'un corps d'autorité des comportements exemplaires.
Mais on pourrait parler du racisme dans l'attribution des logements, on pourrait parler du racisme dans d'innombrables domaines, dans les contrôles au faciès. Je voudrais vous dire que… prenons un exemple simple : à la gare du Nord chaque fois que le député européen Younous Omarjee, élu de La Réunion, Président de la Commission des Régions pour toute l'Europe, l'homme qui vient de faire adopter une motion au Parlement européen, qui dit que l'esclavage a été un crime contre l'humanité. Eh bien Younous Omarjee, du fait qu'il est noir, est contrôlé chaque fois qu'il passe à la gare du Nord, et vous pouvez demander à des personnes blanches, si elles sont contrôlées chaque fois qu'elles passent à la gare du Nord, je ne suis jamais contrôlé !
Donc on voit qu'il y a des comportements qui sont inadmissibles. Au lieu de les combattre le Président de la République essaye de substituer un autre débat, il y aurait "le risque du séparatisme" mais s'il y a un risque, dites qui, dites quoi Président de la République. Dites qui vous visez, au lieu d'accuser tout le monde et de mettre les gens, en quelque sorte à la fin, en demeure de s'identifier.
Si on vous répète tous les jours, que vous êtes ceci ou cela, ben il y a un jour où vous dites bah d'accord, je le suis et et je te fais face. Comprenez bien ce mécanisme il est très pervers de sa part. – Le Président, dans le même discours dit : "chacun doit trouver sa place, il faut aller encore plus loin, intensifier le combat contre cette discrimination, en tout cas les inégalités, l'égalité des chances, il la met en avant etc.
Ensuite sur les solutions… – Alors que vient faire le séparatisme là dedans s'il vous plaît ? – Sur les solutions maintenant est ce qu'on enlève le mot "race" de la constitution ? – Le mot "race"… il n'est pas adapté puisqu'il n'y a pas de race, ça n'existe pas.
Alors peut-être faut-il mettre des guillemets ou bon… Mais clairement les races n'existent pas, et je voudrais d'ailleurs qu'on comprenne bien le sens d'un autre mot qui est souvent, pour des raisons que j'ignore, tout d'un coup maintenant la France entière est devenue le champ d'une bataille sémantique, nous marchons tous le Larousse à la main ou le Paul Robert bon ! Alors on parle du mot "racisé" mais le mot "racisé" n'a jamais voulu dire qu'on reconnaît les races. On dit seulement que certaines personnes sont assignées, font l'objet de préjugés racistes, et qu'est-ce qu'un préjugé raciste ?
C'est une somme de préjugés que l'on attribue comme caractéristiques, à ceux qui sont ou noirs ou gris, ou je ne sais quoi, ou jaunes, bon voilà. C'est ça que ça veut dire, alors les races n'existent pas, l'humanité est une et indivisible et nous autres eh bien on doit… Alors l'humanité est une et indivisible, l'universalisme est l'objectif. Pour atteindre à l'universalisme il faut donc vaincre les obstacles, le racisme en est un, la racialisation des groupes sociaux en est un autre. – Est-ce que vous êtes en faveur des statistiques ethniques, ça a été mis sur la table par la porte-paroles du gouvernement. – Non non, mais ça, celle là je la connais, on va commencer par faire des statistiques mais figurez vous que tous ceux qui débarquent et qui n'ont jamais rien vu dans le monde, ne se sont pas intéressés aux pays où il y a des statistiques ethniques et ce que disent les gens.
Vous savez qu'actuellement dans la révolte qui a lieu aux États-Unis d'Amérique, eh bien il y a beaucoup de gens qui disent : "maintenant nous ne voulons plus répondre aux statistiques ethniques, parce que vous nous enfermez dans une catégorie et vous excitez les compétitions entre les gens". Et j'ai connu des pays où c'était grotesque, c'est-à-dire en Bolivie on s'est mis, alors là, pour le coup il y avait un problème, les Indiens n'étaient jamais considérés, alors tout le monde devait déclarer à quelle tribu il appartenait, ou à quelle ethnie il appartenait. Alors il y avait des gens qui n'appartenaient à aucune, et qui choisissaient et j'ai connu une autre personne qui m'a dit "moi quand on me demande de remplir mon papier et ben je dois choisir entre mon père et ma mère, parce que mon père il est blanc, ma mère elle est noire, mon père il est musulman, ma mère elle est chrétienne, bon alors, qu'est ce que vous voulez que je coche ? " Non il n'en est pas question le Peuple français est un et indivisible et les couleurs de peau, ne doivent pas nous séparer.
Si vous faites des statistiques ethniques, demain vous aurez toutes sortes de comportements qui seront justifiés par ces statistiques, j'y suis absolument opposé. – Il y a les actes et puis les symboles, j'en viens bien sûr aux statues, aux déboulonnages, encore un rassemblement hier pour demander le déboulonnage de la statue Faidherbe, je crois que c'est pas très clair en interne entre vous, vous êtes toujours en train de réfléchir un peu à la question, c'est ce que vous déclarez, toujours dans cette même émission que j'ai regardée sur internet. Donc c'est quoi votre ligne Jean Luc Mélenchon, est ce que vous dites, comme le Premier Ministre : l'Histoire c'est un bloc, et on réécrit pas l'Histoire et on fait avec ces zones d'ombres. – C'est le Président qui a dit ça non ? – Et le Premier Ministre aussi devant le Sénat – Eh bien ils ne manquent pas d'air, parce qu'ils ont passé leur temps, je dis pas eux hein, à réécrire l'histoire, où est passée la statue dans Paris, de Félix Éboué, Guyanais, et qui a rallié à la France Libre une partie des territoires colonisés ?
Où est la statue de l'ancien Président du Sénat qui était, lui aussi un réunionnais ? Ils sont où ceux-là, le premier Maire noir de Paris, où est sa statue ? Il venait de Cuba le malheureux, il cumulait noir et Cubain, peut-être est-ce la raison pour laquelle il n'a jamais été mentionné.
Je me rappelle que Delanoë qui est un homme absolument exempt de racisme avait dit : "si seulement on me l'avait dit, si seulement j'avais su qu'il y avait eu ce maire, je lui aurais fait une statue". Ce qui veut dire que l'absence de référence à ces symboles les fait sombrer dans l'oubli. Où est la statue de Gracchus Babeuf ?
Par contre nous avons toutes les ganaches militaristes, qui ont fait fusiller des gens, martyrisés, qui sont là, alors, celui là parce qu'il a organisé les taxis de la Marne. – Donc on renomme des rues, on renomme des salles, et on enlève des statues Jean-Luc Mélenchon ? – Mais bien sûr, on renomme des rues, des rues on en a déjà renommées plein, quand on découvrait que c'était un nazi, ou que c'était un eugéniste qui avait son nom là dans Paris, on a changé plusieurs noms de rues, la vie est faite de ces symboles.
Personne n'a râlé quand est tombée la statue de Saddam Hussein, personne n'a dit "Ah l'histoire de l'Irak c'est un seul bloc", tout le monde a applaudi. Quand on a abattu les statuts de Karl Marx en Russie personne n'est venu dire : "comment", pourtant Karl Marx n'avait tué personne. C'est pour vous dire Mme.
Carrouër qu'il y a des indignations extrêmement sélectives, et qui sont à la fin agaçantes, l'Histoire est un bloc ? Oui ? Bah alors TOUTE l'Histoire !
Je viens de vous donner quelques exemples qui montrent que ce n'est pas vrai, la célébration des grands hommes, d'abord oublie beaucoup les grandes femmes, et deuxièmement est extrêmement cantonnée à un domaine. Les rues Adolphe Thiers, vous trouvez normal qu'il y ait des rues Adolphe Thiers partout vous ? Cet homme a fait fusiller 32 000 communards, il a sa statue, des noms de rue Thiers. – Visiblement la position est beaucoup plus tranchée… – C'est la mienne je n'ai pas… écoutez, on a autre chose à faire en ce moment, que de réunir tous les Insoumis pour dire est ce qu'on enlève les statues, et celle-ci oui et celle-ci non.
Je comprends ceux qui posent cette question, si vous êtes sensible, vous-même, si quand vous voyez la statue de quelqu'un vous dites "ce type a fait massacrer des milliers, de dizaines de milliers de personnes" et que vous êtes mal, c'est pas la peine de faire une statue pour célébrer un boucher. – On parle d'économie ? – Si vous voulez, bien sûr. – Allez, on parle d'économie, vous dites toujours dans cette même émission, vous dites "un peuple c'est d'abord une culture qui le constitue, un peuple avant d'être un bilan commercial de vente et d'achat, aussi décisifs" et vous dites avec un peu d'ironie "que des autos ou des castagnettes", et vous rajoutez : "la France a connu des moments plus graves".
Bon, donc vous nous dites il faut relativiser c'est pas si grave, ce qui nous arrive sur le front économique en ce moment Jean Luc Mélenchon ? – C'est grave mais pas au point qu'on en fasse une théorie, une fois de plus pour s'apitoyer, faussement d'ailleurs, sur le déclin de la France, non, la France est une grande nation. – Vous n'aimez pas le déclinisme, et d'ailleurs vous allez plus loin, vous dites qu'on organise le déclinisme et on le dit aux Français pour les pousser à travailler plus, c'est ce que vous dites. – Oui, bien sûr, le déclinisme est un bourrage de crâne, qui est destiné à faire que les gens se disent "Mon dieu nous ne pouvons plus rien faire et par conséquent soyons humbles, fermons-la, obéissons et travaillons davantage", qui est une addition de sottises économiques, parce que justement le problème n'est pas de faire travailler ceux qui travaillent, davantage, mais de faire travailler davantage de monde, pour que chacun puisse vivre dignement de son travail.
Vous avez vu que dans la Convention ils avaient mis la semaine de 28 heures, qui était pour moi une totale nouveauté, parce que je connaissais 35 heures et je passe mon temps à me battre, pour essayer de rétablir les 35 heures réelles. La CGT parle de 32 heures, là on découvrait les 28 heures. On pourrait en discuter, je ne dis pas que ce soit une mauvaise idée. – Ça n'a pas été voté en tout cas. – Non mais ça a été posé ce qui veut dire que cette Convention a eu le bon sens de comprendre que la réduction du temps de travail, est une nécessité.
Mais il n'y a pas que celle-là, la seconde c'est de planifier, d'organiser, ce qui est en train d'être fait est absurde, alors on donne des sous à l'automobile, alors évidemment il y a plein de monde qui vit dans l'automobile, de l'automobile, du travail de l'automobile, on dit ah voilà c'est comme ça. Donc on ne change rien, on continue comme avant, et au passage on ne se rend pas compte qu'on va distribuer des primes, pour acheter des automobiles, qui ne sont pas produites en France, parce que 17% des automobiles qui se vendent en France sont produites en France. – En ce moment l'inquiétude, urgente pour les français, c'est de savoir s'ils vont garder l eur emploi à la rentrée, – Bien sûr !
S'ils vont sauver leur pouvoir d'achat et donc ces salariés qui travaillent dans ces entreprises qui fabriquent des voitures on fait quoi pour eux ? Si à la fois on dit il faut les laisser au garage mais, en même temps on veut sauver notre emploi, il est où le juste milieu ? – Alors il n'y a pas de juste milieu Mme.
Carrouër, le milieu est une invention il n'y a pas de juste milieu, il faut faire tourner l'économie française ! Il faut qu'elle cesse d'être ce qu'elle est, une machine à absorber des subventions et des avantages pour les actionnaires. Mme.
Carrouër, il faut comprendre ça, sinon on n'en finira jamais, on va continuer à produire des pesticides parce qu'il y a des ouvriers qui font du pesticide. – Jean Luc Mélenchon j'insiste il y a un caractère d'urgence maintenant, on a les chiffres, les défaillances d'entreprises, ça va être pour maintenant et ça va être énorme, les destructions d'emplois donc effectivement peut-être, il faut remettre en question l'économie à moyen et long terme mais là, tout de suite, on fait comment pour dire aux Français… – Oui, eh bien si vous croyez que les gens vont courir acheter des voitures vous vous trompez, – Au delà des voitures. – Que peut-on faire tout de suite ?
C'est d'abord planifier et aller à l'urgence. L'urgence numéro un pour faire redémarrer l'économie, pour la faire redémarrer, c'est de stimuler la consommation populaire, 50% du résultat global de l'économie française, c'est la consommation populaire. Il faut que les gens puissent vivre dignement et ça fera tourner l'économie. – Alors qu'est-ce que la consommation populaire ? – Ah ben c'est ce que vous achetez tous les jours, c'est ce dont vous vous nourrissez, alors là vous pouvez commencer à intervenir, vous vous nourrissez de ceci, de cela allez !
Aidons l'agriculture bio, le gouvernement fait le contraire. Vous voulez produire des voitures, injectons de l'argent pour changer les types de modèles qu'on fait, le gouvernement fait le contraire. Il y a 700 000 jeunes qui arrivent sur le marché du travail à la rentrée, il n'y a pas un mot de prévu pour la jeunesse.
Si j'avais à décider d'une mesure d'urgence, je dis bien parce qu'on est dans l'urgence, je ne dis pas que ce soit une mesure à développer tout le temps, je reprendrais le plan des emplois-jeunes, qui donnait un emploi au niveau du SMIC pour cinq ans à tous ces jeunes gens, dont on a besoin qu'il puisse organiser leur vie pour préparer la suite, savez vous Mme. Carrouër que 80% des jeunes gens, que nous avions employés en emploi-jeune, ont trouvé ensuite un emploi définitif. Regardez ce qui va se passer à la rentrée.
Nous avons des milliers de gamins de tous âges, qui ont été en partie décrocheurs, ou qui ont accentué leur retard, à la rentrée il va falloir faire un énorme effort pour les aider à rattraper le peloton de tête. On a besoin de jeunes gens qui viennent nous aider à faire ça, voilà des milliers d'emploi-jeunes à mettre en place sous la direction des instituteurs, et sous la direction des professeurs, pour aider, compléter, on sait le faire. Aujourd'hui ça se fait dans certains quartiers, ce sont des élèves du supérieur qui viennent aider dans le quartier à faire des cours du soir.
J'ai connu moi même les élèves de polytechnique qui venaient à l'époque j'étais élu à la ville de Massy, venaient aider les gamins à faire des mathématiques et à rattraper. Donc on peut le faire des mesures comme celles-là qui partent du commun, des gens simples, qui veulent juste vivre normalement, eh bien elles nous permettent de relancer la machine mais il faut la faire bifurquer Mme. Carrouër. – Il y a relancer puis essayer de maintenir l'emploi, de maintenir l'activité.
Comme on parlait voiture, moi je vais rester sur PSA, il y a eu cette affaire de PSA qui va chercher des salariés, ses salariés hein, des salariés PSA mais de Pologne, arrêtant de travailler avec des intérimaires français, le gouvernement a dit "non vous arrêtez ça, vous faites travailler les intérimaires français". D'une part est-ce que vous estimez… (et finalement PSA l'a fait) , vous estimez que le gouvernement a bien fait d'intervenir et de dire : "on prend les intérimaires français", et d'autre part est ce que, dans la période, il faut une priorité à l'embauche française… à l'emploi – Non c'est pas comme ça… – Une préférence française à l'emploi ? – Je vois bien dans quoi on mettrait le doigt si on disait une chose pareille !
Non c'est plus simple en réalité, mais le gouvernement a été obligé d'en convenir, alors j'en suis bien content. Parce que chaque fois que je dépose avec mes amis des propositions de loi, contre le statut de travailleur détaché, qui est une honte, eh bien les députés de la République en marche votent contre. Alors bon, maintenant ils ont entendu le message, votre grand chef a fait le contraire, donc c'est Mélenchon qui avait raison.
Qu'est-ce que ça veut dire ? Les ouvriers polonais ont beau travailler dans les usines PSA, ils sont polonais, et il y a des frontières qui existent. Quand un travailleur d'un pays passe dans un autre, soit il vient avec sa valise et cherche du travail, soit il vient parce qu'il est embauché collectivement, c'est le cas de PSA, et donc il vient avec le statut de travailleur détaché.
Le travail détaché est une honte, parce que ça ruine la Sécurité Sociale française, vu que les travailleurs détachés ne paient pas de cotisations sociales en France ! Il a été décidé récemment qu'ils seraient payés comme les autres, ce n'est pas vrai ! Mais je mets ça de côté, donc moi je m'oppose à la venue de travailleurs polonais comme je m'oppose à la venue de travailleurs roumains, ou ce que vous voudrez, parce que je suis contre le travail détaché.
Et je suis contre le travail détaché parce que les travailleurs détachés souffrent, parce que la Sécurité sociale française souffre, et parce que ça occupe des postes de travail qui ne sont occupés par des travailleurs détachés que parce qu'ils coûtent moins cher, n'allez pas me dire qu'il n'y a pas de Français capables de monter des automobiles, non, on a fait ça pendant combien de génération. – Des voitures on passe aux avions, Air France, 8000 à 10000 suppressions de postes, ce n'est pas confirmé totalement par Bruno Le Maire, il le dit mais c'est énorme, bien sûr. On fait quoi ?
Vous dites "il faut arrêter les aides publiques à Air France s'il supprime des postes". Vous dites, Bruno Le Maire dit : "la ligne rouge c'est la souffrance, et c'est des licenciements secs ça n'arrivera pas", c'est quoi votre ligne rouge à vous ? Et je vais même aller plus loin Jean Luc Mélenchon, je vais tripler ma question si vous le voulez bien.
Vous vous êtes plutôt, dans votre parti, à dire "il va falloir remplacer les avions par des trains, dans la mesure du possible sur des trajets", ça veut dire potentiellement suppressions d'emploi dans ce secteur-là, à terme. Là encore c'est une question d'équilibre, qu'est-ce qu'on fait ? – Alors, la clé de cette affaire s'appelle la planification, il est clair que si on n'organise pas les choses, ce sera la pagaille et le chaos, donc si des gens vont cesser de travailler dans une activité il faut, si on ne veut pas les abandonner, qu'ils travaillent à une autre.
Avons-nous d'autres activités utiles nécessaires et urgentes ? Oui, plein, donc nous avons besoin des travailleurs de l'automobile, des travailleurs de l'aéronautique pour d'autres activités, qui le dit ? Eh bien les jeunes gens qui, eux-mêmes préparent leur métier dans l'aéronautique disent : "on peut, on doit, on sait faire d'autres choses", bien !
Mais commençons par le présent, puisque vous avez commencé par le présent, donc on va donner 7 milliards à l'aéronautique, et dans le même temps, dans le même temps, au même moment, Air France a passé une commande pour 4 milliards de construction aéronautique à la firme Bombardier, qui travaille au Canada, une très bonne firme, ce n'est pas ça qui est en cause, ce qui est en cause c'est qu'il n'est pas normal, une fois de plus, qu'on ait donné de l'argent sans aucune contrepartie demandée, ni sur les emplois, ni sur les productions, ni non plus sur l'usage qui sera fait de l'argent. Par conséquent, ce gouvernement est en train de gaspiller les possibilités d'interventions qu'a la France, et voyez vous c'est très grave, pourquoi, parce que tous les autres pays sont en concurrence, essayent de sortir plus vite et mieux de la période du confinement économique. Par exemple les allemands ont mis 9 milliards dans le passage aux voitures à hydrogène, pendant ce temps là notre Président de la République qui ne connaît rien à ces sujets, s'est dépêché d'aller obliger Renault à faire une entreprise commune avec les Allemands, pour faire des voitures à pile de lithium.
Le lithium si les gens ne savent pas ce que c'est, je leur dis c'est un matériau qui ne se trouve pas en France, qu'on extrait ailleurs, dans des conditions environnementales absolument catastrophiques. Il faut faire autre chose que des piles au lithium, les Français savent le faire, les Français sont une grande nation technique. Nous avons les ingénieurs, nous avons les cadres capables de faire ça, alors il faut que le Président de la République arrête de n'écouter que les conseillers financiers.
Ce n'est pas la finance qui fait la richesse, c'est le travail. – Et Air France dit : "on à des grandes difficultés économiques". Pour continuer à avancer, il va falloir qu'on règle la question, on fait comment pour maintenir la santé financière d'Air France, dans l'immédiat, encore une fois ? – À la fin avec un raisonnement pareil, on va obliger les gens à monter dans les avions, parce que figurez-vous que les commandes d'avions ont reculé, et elles ne reviendront plus au niveau prévu, avant on dit peut-être quatre où cinq ans.
Ce dont heureusement les gens ne se rendent pas trop compte, parce que voilà l'été, on pourrait peut-être un peu respirer, et pas patauger dans le malheur tout le temps, mais c'est que la catastrophe économique ne fait qu'arriver. Je disais tout à l'heure, c'est très grave, parce que je viens de vous donner un exemple pour l'Allemagne, mais le ministre Le Maire lui-même dit : "si nous sortons de la période du confinement avec un trop grand déséquilibre économique la zone euro va exploser", ça fera du bazar, en plus du bazar, sur le bazar. Donc pour ce qui concerne l'aéronautique, oui, nous avons toujours dit que pour les distances qui le justifiaient c'est-à-dire moins de quatre heures de transport, il vaut mieux monter dans le train que monter dans l'avion.
Eh bien je peux vous dire qu'il y a des milliers d'emplois à créer dans le train, dans la construction des wagons, dans l'installation des voies, dans l'installation des ports multimodaux, c'est à dire vous savez, on passe de la rivière ou du canal sur le rail ou à la voiture etc. etc. Il y a du travail, il n'en manque pas dans ce pays, ce qui manque c'est de décider où on met l'argent, et pour quoi faire. – Et où on met les entreprises potentiellement ?
Je vais parler de relocalisation, je précise qu'on a plus beaucoup de temps ensemble, on a 10 minutes ensemble, on doit parler de réforme des retraites également et des municipales bien sûr. Donc on va essayer d'avancer sur ces trois points Les relocalisation d'industries : discours du Président de la République la semaine dernière, dimanche, presque une dizaine de fois il dit indépendant, indépendance et souveraineté, il y a les mots et puis il y a les actes, cette semaine. Il y a la visite dans l'usine Sanofi, annonce d'Emmanuel Macron 200 millions pour la relocalisation, Sanofi va investir 600 millions en France.
Le paracétamol, autre annonce : la France veut relocaliser toute la chaîne de production du paracétamol et on parle même de planification du système de santé. Alors je vois à votre mine, il y a de quoi vous réjouir, ça va dans votre sens ? – Alors oui, c'est midi dans ma cour, parce que quand je parlais du paracétamol sur un plateau de télé, il y a de ça 4 ou 5 ans, on me regardait en disant "Ah ce pauvre Mélenchon qui vient même vendre les aspirines sur les plateaux", je vous avais dit que ça serait grave, mais nous pourrions parler de Sanofi quand même, c'est une honte !
Cette entreprise française qui résulte du démembrement d'une entreprise nationalisée, d'accord, a désigné des patrons anglo-saxons, ce qui en général et le début de la fin, qui ont délocalisé six centres de recherche sur dix, et qui continuent à toucher tous les ans du crédit d'impôt recherche, et qui au mois de mai dernier a distribué encore 4 milliards de dividendes à ses actionnaires. Et ces gens-là, on va encore les arroser ? Non, c'est une honte.
La relocalisation n'a pas besoin de Sanofi, nous avons une industrie chimique, et nous pouvons parfaitement décider, qu'à partir d'une entreprise, plus petite ou autre qu'on rachète, on peut recommencer à produire autrement, ou sinon oui on pourrait réquisitionner ou nationaliser Sanofi. Mais réquisitionner Sanofi, on aurait dû le faire en pleine crise du covid-19, et je dis que je me garde cette proposition, parce que je la referai, si pour notre malheur, il y a un 2ème pic d'épidémie. Cela signifie que le moment venu, tout le monde doit se mettre au travail pour produire ce dont on a besoin dans ce pays.
Vous savez qu'on arrive en rupture de stock sur la plupart des médicaments, on n'en a pas beaucoup parlé, l'affaire du médicament du professeur Raoult a fasciné l'attention et à fait ignorer tout le reste, je ne dis pas que ce soit de sa faute d'ailleurs, Donc nous avons un problème de production pharmaceutique, nous étions autonome, comment sommes-nous devenus dépendants ? Eh bien parce qu'on a laissé faire, le marché, le marché, le marché, le marché, la finance ! Eh bien les gens ont acheté tout ce qui se trouvait en France, les Chinois ont pas perdu de vue tout ça, les anglo-saxons non plus, et les Français se sont fait dépouiller !
Voilà et le président Macron, qui était déjà à la tête de l'économie du pays, eh bien a participé personnellement au dépeçage, c'est lui qui a autorisé l'opération Alstom, qui fait que la France n'aura plus ce magnifique instrument, j'en passe et des meilleures. – Jean Luc Mélenchon, les retraites, il faut qu'on prenne le temps d'en parler. La réforme, elle va revenir, information LCI de cette semaine, ça va revenir, relancée avant 2022.
Le président visiblement reste très convaincu des avantages du texte, notamment pour "les premiers de corvée" désormais c'est l'expression. Son entourage le précise : la réforme en soi est juste, elle est de nature à pacifier, elle est faite pour les premiers de corvée, caissières, livreurs, ils en sont les grands gagnants… – Menteur ! … Potentiellement, l'âge pivot pourrait être pourrait-être revu… – Pourrait hein ! si "not'bon maît'" veut bien ! "Pourrait", donc l'âge pivot pourrait !
Non écoutez, cette mauvaise plaisanterie va sans doute avoir lieu, parce que le Président Macron est un obstiné et un idéologue absolument halluciné par son idéologie libérale, et il est persuadé que détruire le système de retraite est la bonne solution. Je vais vous dire, rappelez-vous bien leurs arguments. Ils nous avaient dit, pour ne prendre qu'un exemple parmi des dizaines d'autres, que les retraites ne devraient pas représenter plus de 14 % de la richesse du pays, et que 14%, c'était suffisant, vous vous rappelez ?
Alors on avait : dit pourquoi 14% ça pourrait être 15, "mais non mais non, vous êtes des rêveurs", 14%. Eh bien la richesse du pays vient de reculer de 11%, si on applique le système Macron ça veut dire que toutes les retraites devraient perdre mécaniquement jusqu'à 10 % de leur montant, avant même qu'on ait commencé à discuter de quoi que ce soit. La réforme des retraites, je vais vous dire, nous l'attendons, baïonnette au canon. – D'ailleurs vous vous préparez déjà, de quelle manière ?
Vous avez déjà avancé l'organisation d'un "comité parlementaire réuni pour organiser la résistance", je vous cite "commune des députés et des sénateurs". Vous en êtes où de l'organisation, est ce qu'il faut s'attendre à des manifestations, à des mobilisations, comment allez vous faire ? – Alors bon c'est toute notre difficulté à nous, d'abord nous organiser au parlement, les groupes qui se sont opposés, et puis maintenant il y a deux groupes qui sont issus de la République en marche, Peut-être qu'il y a des gens qui auraient envie de se battre avec nous, parce que on voyait bien qu'au moment là, du vote de la loi-retraites, il y en avait plusieurs qui n'étaient pas enchantés par cette histoire, donc on pourra voir.
Ensuite il faut qu'on ait une action politique de tous les partis qui veulent lutter, ensuite il y a la connexion avec le syndicalisme parce que c'est quand même le syndicalisme salariés qui porte, qui a porté la bataille la dernière fois, donc notre problème c'est la jonction. – Et qui n'a pas été optimale lors du mouvement qui a précédé le covid-19, la connexion avec les syndicats ça n'a pas été l'harmonie parfaite ? – Oh ça a bien marché écoutez, si on n'avait pas fait, nous, la bataille de retardement, la loi serait déjà votée, donc vous voyez qu'il n'y a aucune bataille qui sert à rien, celle-là a servi.
Ce que je veux vous dire c'est que le Président de la République prend la responsabilité, au moment où le pays va affronter une catastrophe économique, de provoquer un conflit de plus. Voilà la vérité de la situation et il va le faire comme d'habitude, avec les flashball, les escadrons de CRS, de gardes mobiles et du reste. Franchement c'est pas raisonnable, c'est pas responsable de sa part.
C'est vraiment un fauteur de trouble et je suis désolé qu'on en soit là parce que moi je préférais qu'on s'occupe d'autre chose. – Et les premiers de corvée qui pourraient bénéficier des avantages de cette réforme ? – Il n'y en a pas Mme.
Carrouër, nous n'avons plus le temps, mais il n'y a aucun avantage à cette loi. Les "premiers de corvée" est une invention de ces gens, qui fabrique des mots, qui essayent de souler, qui essaye d'endormir et d'enfumer, les gens savent : il n'y a aucun avantage à la réforme des retraites de Mr. Macron, AUCUN, tout le monde sera spolié. – Il pourrait y avoir un geste du côté de l'assurance chômage, qui pourrait être annoncé, le Président pourrait lâcher sur la durée.
Il pourrait annoncer, passer de six mois à quatre mois . – Merci "not'bon maître" mais enfin il n'était pas obligé de faire la réforme. Écoutez est-ce-que c'est le moment d'aller persécuter les gens ?
Vous savez que ce qui se passe dans les… à Pôle emploi. Des gens sont radiés tous les mois en paquet, là tout le monde est mort de peur d'arriver en fin de droits, et d'avoir plus rien derrière. La réforme devait s'appliquer, qui rendait encore plus difficile le fait d'accéder à l'indemnisation du chômage.
Alors ça m'amène maintenant à une dernière chose que je voudrais dire avant qu'on parle d'autre chose. Avec le cynisme et le la ruse qu'on lui connaît, le Président de la République affecte aux comptes de la Sécurité sociale, une somme totale de 136 milliards de plus de dépenses. La sécurité sociale est censé prendre sur son dos toutes les conséquences de la dette qui résulte du covid-19.
Pourquoi cette dette sociale ne serait-elle pas intégrée aux dépenses de l'État ? Car si c'est l'État qui les prend en charge, il pourra négocier dans le cadre de sa dette globale, avec la banque centrale européenne. Qu'est ce qu'il est en train de faire ?
De déséquilibrer à fond les comptes sociaux, pour pouvoir venir nous dire la bouche en cœur : "Ah vous voyez, votre truc, ça marche pas, donc j'ai une invention géniale : les assurances privées, virez-moi tout ça parce que ça ne sert à rien", et ainsi les Français se feraient dépouiller une nouvelle fois. Je lance cette alerte, bon elle est technique, il faut arriver à le comprendre, mais les syndicalistes font leur boulot et ils vont l'expliquer. Mes camarades à l'Assemblée, se sont battus comme des chefs contre ce nouveau mauvais coup. – On parle des municipales, on vous voit énormément sur le terrain aux côtés… – Alors c'est trop, il ne faut pas qu'on me voit trop. – Ah ! je ne commente pas du tout dans ce sens mais on a vraiment l'impression qu'on est au-delà des municipales.
Qu'il se joue ou autre chose, que vous n'êtes pas-là que pour soutenir les candidats, qu'il y a 2022 et qu'il y a un combat national, plus que jamais nationalisé même. – Alors pas 2022, je vous en prie, arrêtons avec ça, parce que ça devient une comédie maintenant, 2022 c'est dans deux ans, c'est très loin, et c'est très proche. Mais où serons nous tous autant que nous sommes ?
Vous aviez prévu, vous, le covid-19 ? Non, personne, le fracas, le désordre qui s'annonce devant nous, fait que nous ne savons pas, de quoi seront faits les prochains mois, et qu'il faudra piloter à vue avec autant de sagesse et de sens des responsabilités que possible, comme on l'a fait pour le covid-19, donc oublions 2022. – Ce qui est sûr c'est qu'il y a un bras de fer politique avec les représentants, les candidats-maires que M.
Macron a investis, et en réalité c'est Mr. Macron qui est candidat dans toute une série de villes. N'allez pas me dire qu'au Havre, c'est quelqu'un d'autre que M.
Macron qui est candidat, le Premier Ministre est candidat-maire et il dit "je ne ferai pas le maire si M. Macron me demande de rester premier ministre", donc c'est bien M. Macron qui décide aussi pour le Havre et ainsi de suite.
Donc oui il y a une bataille politique, c'est normal les élections municipales sont politiques, les caisses, les finances des villes, dépendent des dotations de l'État, les dotations de l'État dépendent du budget donc de l'État, donc voilà comment tout se tient. Et moi je fais campagne à des endroits que je juge symboliques, qui ont un sens, une portée nationale, pas pour me substituer aux candidats locaux, ça n'a pas de sens, mais pour justement dire, par exemple au Havre, que les habitants du Havre dans leur bulletin de vote, ils choisissent leur maire mais aussi ils donnent un signal politique au pays, et j'espère que ce soit un signal négatif pour M. Macron, et le retour de la réforme des retraites.
Les gens peuvent dire : "même si on n'est pas d'accord avec Mélenchon et ses amis, avec les Insoumis, les Communistes, et tout, n'empêche qu'on vote contre le fait que le Président de la République relance une bataille sociale générale." Voilà, après, nous les Insoumis nous participons à des listes, nous n'essayons pas de nous donner la paternité de ces listes, on prend notre part, on fait pas les malins, et moi non plus je ne suis pas en train de vous chanter merveille pour telle ou telle liste, je dis à mes amis : partout vous avez des listes insoumises au 2e tour, ben votez pour elles, et puis partout où vous le pouvez, s'il vous plaît par sectarisme, n'allez pas vous détruire les uns les autres ! Donc aller du côté, s'il le faut, quelles que soient vos récriminations, de la gauche traditionnelle, quand vous même vous n'avez pas une liste en balance.
Alors, pardon auprès de ceux de mes amis que mes propos peuvent éventuellement contrarier. Je ne peux pas dans une seule phrase rendre compte de la diversité inouïe des situations dans le pays, vous le savez Mme. Carrouër, c'est un bazar comme de mémoire d'homme politique on n'a vu. – En tout cas, vous entendre dire qu'il faut se tourner éventuellement vers la gauche dite traditionnelle si nécessaire certains l'auront certainement bien remarqué. – Ben c'est le cas par exemple, hier, j'étais à Bobigny, la tête de liste… Pas à Bobigny pardon, à Bobigny aussi faut voter pour le communiste, j'étais, je me trouvais à Bagnolet bon bah j'ai dit, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, c'est un communiste qui est tête de liste et ben, très bien, mes camarades sont dans la liste et ailleurs comme ça.
J'espère qu'à Lyon on vote pour la liste dont la tête de liste et un vert, mes amis sont dedans, à Marseille etc. à Toulouse, mais je ne suis pas en train de vous dire : ce sont des listes insoumises, parce qu'ils s'en chargent localement, si j'en crois la propagande locale, je suis candidat dans je ne sais combien d'endroits, et c'est moi qui tire les ficelles, je suis désolé, je ne tire aucune ficelle. Cette élection n'est pas celle dans laquelle je suis le plus investi, il y en aura d'autres. – Oui on a bien compris le train duquel vous n'arrivez pas à descendre et j'espère qu'on aura le temps. – Non mais j'ai dit ça un jour, c'est chez vous peut-être même que j'ai dit ça, ce train dont j'arrive plus à descendre, ça veut dire qu'il y a des jours où les gens n'arrêtent pas de me dire : " mais c'est vous, c'est vous, c'est vous qui allez le faire", alors je ne peux plus descendre du train moi, je suis l'unique passager qui n'aurait plus le choix ?
Non je crois que la vie est un peu plus compliquée nous le verrons, peut-être que je serai candidat peut-être que non, je suis un homme calculateur et stratège, donc j'attends le bon moment pour prendre les bonnes décisions qui servent ma famille, pas simplement ma personne, ma personne j'ai autre chose à faire hein si c'est ça. Jean-Luc Mélenchon, merci d'avoir été l'invité de "En toute franchise" ce soir, – Merci de m'avoir reçu. – Merci à vous.
À très bientôt, bonne soirée ! – Sous-titrage : Le Crayon d'oreille -
Jean-Luc Mélenchon