"Jour du dépassement", arrivée de Geoffroy Lejeune à la tête du "JDD"... Le "8h30 franceinfo" de Julien Bayou
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:17FerméeRéponse directe
Ce moment intervient 5 jours plus tard que l'année dernière, est-ce que vous saluez ce petit progrès ?
- 1:30ComplaisanteRéponse directe
Vous vous êtes battu pour ça d'ailleurs.
- 2:09OuverteRéponse directe
Donc Julien Bayou, vous êtes plutôt d'accord avec le nouveau patron du GIEC, un spécialiste des énergies durables, qui dit qu'il faut proposer à l'humanité, pas seulement des discours un peu catastrophiques et qui font peur, mais aussi des solutions positives.
- 3:37RelanceRéponse directe
C'est plus difficile de porter votre message quand l'été n'est pas caniculaire ?
- 5:46OuverteRéponse directe
Quelle leçon vous tirez, vous, de ce coup d'État au Niger ?
- 7:34OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'à vos yeux, ils doivent rester sur place pour l'instant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Non, ce n'est pas un progrès du tout, il y a 5 ans on était à peu près au même niveau au 1er août et pour la France c'est le 5 mai. »
- 1:57Invité politiqueChiffre
« On a autant de morts liées à la chaleur que liées à la route. »
- 6:41Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui, on dépend massivement de la Russie pour l'uranium enrichi, je crois que c'est deux tiers des livraisons, pour l'uranium naturel de l'Ouzbékistan et du Kazakhstan. »
- 10:05Invité politiqueFait
« ils ont servi de sursaut. Alors peut-être qu'ils ont perdu face à l'extrême droite et Geoffroy Lejeune sur ce coup-ci. »
- 10:17Invité politiquePromesse
« nous portons une proposition de loi avec Sophie Taépoliant pour garantir un droit de veto des journalistes et de l'équipe de rédaction vis-à-vis d'un nouveau directeur de la rédaction. »
- 11:30Invité politiqueFait
« Il faut mettre des verrous, des barrières à la liberté d'entreprendre. »
- 11:52Invité politiqueFait
« Dans une société démocratique, le philosophe Karl Popper nous dit que s'il n'y a pas de barrière, le paradoxe de la tolérance, si la société démocratique est trop tolérante à l'intolérance, elle se fait bouffer, elle disparaît. »
- 13:24Invité politiqueFait
« Je pense que les empires industriels doivent choisir entre des médias et les marchés publics. »
- 14:06Invité politiquePromesse
« Déjà, on commence par remettre la redevance pour le service public. »
Temps de parole
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Bonjour Julien Bayou, les ressources de la planète s'épuisent, nous sommes le 2 août et c'est ce qu'on appelle le jour du dépassement, c'est-à-dire que nous allons consommer jusqu'à la fin de l'année ce que nous allons consommer, la planète ne peut le générer à nouveau. Ce moment intervient 5 jours plus tard que l'année dernière, est-ce que vous saluez ce petit progrès ?
Non, ce n'est pas un progrès du tout, il y a 5 ans on était à peu près au même niveau au 1er août et pour la France c'est le 5 mai. Cet indicateur il est pédagogique, vous l'avez dit, la nature ne peut pas régénérer tout ce qu'on consomme et ça permet d'indiquer qu'il nous faudrait plusieurs planètes que nous n'avons pas si on ne change pas de mode de vie. Mais aujourd'hui cet indicateur quelque part il a servi longtemps pour lancer l'alerte, il a servi longtemps pour être pédagogique.
Moi vraiment j'aimerais insister sur les solutions parce que j'ai l'impression que c'est maintenant massif, les scientifiques ou le kidam comme moi qui regardent un petit peu, on voit que le dérèglement climatique est engagé. Les effets les plus spectaculaires se déroulent sous nos yeux, les chaleurs extrêmes, des inondations, les rivières de glace en Italie, les incendies fous en Grèce. Et donc vraiment l'enjeu n'est plus tellement d'alerter, d'interpeller, même si l'indicateur il est utile, mais de passer aux solutions. Et il y en a, c'est ça la bonne nouvelle, qui consomment moins.
Je pense par exemple au fait de peindre les toits en blanc, ça s'appelle l'effet albédo, ça peut paraître étonnant.
Vous vous êtes battu pour ça d'ailleurs.
C'est quelque chose qui est très impressionnant, une école où on a peint les toits en blanc, l'école Louis Blanc dans le dixième, ça ne s'invente pas. La température c'est 5 degrés en moins pour les élèves au plus chaud. Et donc pas besoin de clim, un meilleur confort. Éric Piolle à Grenoble le fait sur sa ville. Il faut pouvoir massifier ce type de solutions qui coûtent très peu, qui sont économes en énergie et qui permettent de lutter contre les morts de la chaleur. On a autant de morts liées à la chaleur que liées à la route. Et donc on a des flashs sur le nombre de morts sur les routes, mais on n'a pas les flashs sur le nombre de morts de sécheresse ou de forte chaleur.
Donc Julien Bayou, vous êtes plutôt d'accord avec le nouveau patron du GIEC, un spécialiste des énergies durables, qui dit qu'il faut proposer à l'humanité, pas seulement des discours un peu catastrophiques et qui font peur, mais aussi des solutions positives.
Oui, ça a été longtemps le dilemme des écologistes. Moi, j'ai été longtemps porte-parole de ce parti Europe Écologie Les Verts. On est arrivé en se disant, le jour du dépassement, on aura une toute petite fenêtre d'attention dans la population pour alerter. Je pense vraiment que maintenant, c'est l'âge de fer maintenant pour les écologistes. Les maires écologistes, partout où ils peuvent, ils agissent. C'est à Strasbourg, à Jeanne-Barsillian, les cours d'école, vous voyez, on les transforme, on débitume, on met de la pleine terre, on met des arbres pour de la fraîcheur pour les élèves, puis parce que ça permet d'éviter des îlots de chaleur dans toute la ville.
C'est à Bordeaux, la métropole rafraîchissante. Vous avez ce type de solution à massifier. Et moi, ce qui me navre, c'est que maintenant qu'il y a un consensus scientifique, maintenant que la population est prête, quand la population, elle a vécu dans sa chair la canicule, elle est prête. Quand on a vécu l'été dernier les incendies en Gironde ou même dans les monts d'arrêt en Bretagne, bon, maintenant, comment est-ce qu'on bascule sur les solutions et on a un gouvernement à l'arrêt ?
Justement, vous avez remarqué que la météo, ces temps-ci, était un petit peu automnale en France, assez différente de celle de l'été dernier que vous venez d'évoquer. C'est plus difficile de porter votre message quand l'été n'est pas caniculaire ?
Non, écoutez, non, parce qu'en fait, déjà, il ne faut pas confondre météo et climat.
Mais dans l'esprit des gens, vous ressentez peut-être un peu plus de scepticisme sur le réchauffement climatique ?
Non, vous savez, moi, j'ai vu des personnes extrêmement marquées par les incendies en Grèce, par exemple. Des personnes qui pensaient y partir, pour prendre leurs vacances en Grèce, et qui ont annulé en se disant, mais qu'est-ce que c'est que cet endroit à Rode, où on est obligé de faire appel quasiment à l'armée pour évacuer ? Non, je pense que les images de partout nous ont marquées. Vous voyez, chacun est interpellé à sa manière et selon sa façon. Des amis aux Pays-Bas qui ont vu des inondations monstres il y a quelques années, évidemment, en restent encore marquées. Donc, moi, je ne compte pas sur un épisode de plus ou de moins. Il y a un effet de cliquet.
Vraiment, je crois qu'on comprend maintenant. Vous voyez, quand on disait la ville à 50 degrés, il faut pouvoir s'y préparer, ça pouvait sembler un peu abstrait. Bon, ben, Paris est une, malheureusement, par exemple, pour parler de Paris, est une des villes où les canicules peuvent être les plus mortelles. Eh bien, nous demandons au gouvernement un plan pour rénover massivement. Ce n'est pas du confort en été, c'est de la survie. En tout cas, c'est comme ça que le présente la Fondation Abbé Pierre. Et donc, voilà ce que nous proposons de nos députés écologistes.
Agir massivement, rénover des îlots de fraîcheur, pouvoir s'équiper en persienne, en volée, peindre en blanc là où c'est possible, des bitumés. Ça pouvait sembler complètement fantasque il y a 10 ans. Je crois qu'aujourd'hui, on doit prendre ça au sérieux. Et nous reviendrons à la charge du projet de loi de finances parce que, vous l'avez dit, j'avais proposé ce plan pour peindre en blanc partout où c'était possible. Techniquement, il ne s'agit pas de peindre des cathédrales en blanc, mais les toits plats, les toits des EHPAD, par exemple. Aujourd'hui, c'est concret, c'est urgent.
Parmi les énergies qui permettent de produire moins de CO2, il y a l'uranium. Orano, ex-Arevar, exploite encore une mine au Niger et explique que l'approvisionnement n'est pas menacé. Quelle leçon vous tirez, vous, de ce coup d'État au Niger ?
Déjà, mon premier réflexe, ce n'est pas de penser au stock d'uranium. Le premier réflexe, c'est de l'empathie et de la crainte pour la région. C'est-à-dire que pour les Nigériens et Nigériennes, les ressortissants, il semble que les évacuations se passent plutôt bien, tant mieux, même si c'est un déchirement de devoir quitter le Niger, j'imagine. Crainte d'embrasement, on a entendu le sujet sur le Burkina Faso. Et puis, il y a un État qui peut basculer, alors qu'il y avait une transition qui semblait fonctionner depuis la dernière élection. Maintenant, sur les questions de stock d'uranium, je crois qu'il faut tordre le coup à l'idée que le nucléaire, c'est l'indépendance énergétique.
Il ne s'agit pas de dire que dès demain, il n'y a plus d'approvisionnement. Ce n'est pas vrai. Mais simplement, concéder moins ou concéder aux écologistes que le nucléaire, ce n'est pas l'indépendance énergétique. Aujourd'hui, on dépend massivement de la Russie pour l'uranium enrichi, je crois que c'est deux tiers des livraisons, pour l'uranium naturel de l'Ouzbékistan et du Kazakhstan. Mais ça passe, ça transite par la Russie et par Rosatom. Si demain, on ne considère pas la Russie comme un État criminel, on restera très dépendant. On nous dit qu'il y a des sources en Mongolie. que le président de la République, Emmanuel Macron, s'est déplacé quasiment uniquement pour ça.
Mais enfin, il ne faut pas être fin stratège géopolitique. Si demain, la Chine et la Russie, disaient à la Mongolie d'arrêter d'exporter l'uranium vers la France, elle s'y pliera. Donc, en fait, on peut trouver d'autres sources. Mais ne disons pas que le nucléaire, c'est une source d'indépendance énergétique. Et ça interroge. Quand le président décide tout seul qu'il va faire tant de réacteurs, on ne sait pas pourquoi 6 ou 8, et c'est lui qui décide à quel site, on n'a pas de plan sur le combustible. Voilà la réalité.
Et sur la question de la lutte contre les djihadistes au Sahel, les 1 500 militaires français présents au Niger pour l'instant ne sont pas évacués. Est-ce qu'à vos yeux, ils doivent rester sur place pour l'instant ?
On rentre dans l'instabilité. On avait un président démocratiquement élu et qui est retenu par les poutchistes. Aujourd'hui, pour moi, c'est trop tôt de vous dire quelle est la situation. Je pense que la France doit s'engager vraiment dans la résolution et en soutien aux initiatives en cours de négociation de la CDAO et autres. Je ne peux pas aujourd'hui trop développer sinon.
Julien Bayou, député écologiste, vous restez avec nous. On vous retrouve juste après le Fil Info à 8h40 avec Elia Bergel.
262 personnes déjà évacuées du Niger par Paris cette nuit. En grande majorité des Français, leur avion affrété par le Quai d'Orsay atterrit vers 2h du matin. Voici Charles de Gaulle. Paris appelle ses ressortissants à quitter le pays après les déclarations hostiles à la France des poutchistes au pouvoir. Quatre avions de rapatriement sont prévus au total pour le moment. Une nouvelle attaque russe dans la région d'Odessa, le sud de l'Ukraine, touchée par des drones explosifs. Cette nuit, des infrastructures d'un port ont été endommagées. La capitale Kiev a aussi été visée par des drones ces dernières heures, mais sans faire de victimes. Météo France place à partir de 16h.
La Manche, l'île Évilaine, le Finistère et les côtes d'Armor en vigilance orange. Vagues, submersions, des rafales de vent jusqu'à 100 km par heure sont attendues sur la côte ouest. Aujourd'hui, 80 km par heure dans les terres. Vous avez finalement jusqu'au 10 août pour déclarer votre bien immobilier au fisc. Si vous en possédez un, la dette butoir est repoussée une troisième fois pour les 34 millions de propriétaires concernés.
France Info.
Le 8.30 France Info. Julie Marie Lecomte. Agathe Mahuet.
Et nous sommes toujours en compagnie de Julien Bayou, député écologiste de Paris. Julien Bayou, vous étiez, vous, le 28 juillet, au rassemblement en soutien au journal du dimanche. Hier, les journalistes ont acté l'échec de leur mobilisation. C'était un combat perdu d'avance ou pas ?
Ce n'était pas perdu d'avance. Par contre, je ne m'attendais pas à une telle mobilisation. Vraiment, je dois dire que oui, j'étais vendredi dernier en soutien et je pensais que cette grève s'essoufflerait bien plus vite. Donc vraiment, je voulais saluer la mobilisation de tous ces journalistes. Ce n'est pas perdu d'avance parce que, justement, je crois qu'ils ont servi de sursaut. Alors peut-être qu'ils ont perdu face à l'extrême droite et Geoffroy Lejeune sur ce coup-ci. Mais j'espère que ça va servir de réveil.
C'est une défaite, mais la guerre n'est pas perdue.
Absolument. Nous portons une proposition de loi avec Sophie Taépoliant pour garantir un droit de veto des journalistes et de l'équipe de rédaction vis-à-vis d'un nouveau directeur de la rédaction. Non pas qu'ils choisissent leur dirigeant. On n'en est pas encore là. Mais en tout cas, qu'ils puissent s'opposer à un dirigeant avec qui ils ont...
Il n'y a qu'une trentaine de députés de la majorité qui ont signé pour l'instant, selon les informations de France Info, ce texte.
C'est ça qui est inquiétant. C'est-à-dire que la classe politique a réagi, je trouve. D'abord parce que nous avons été agréablement surpris, je dois le dire, quand le JDD, l'équipe du JDD a décidé de réagir. On aurait pu penser, vous savez un petit peu, la métaphore de la grenouille dans une casserole, que la température monte, que l'extrême droite progresse, que la concentration des médias s'impose dans le pays, que finalement, il n'y aurait pas de réaction. Il y a eu une réaction. Elle a été forte et on l'a soutenue. C'est le silence du gouvernement qui est inquiétant. Parce que c'est le gouvernement qui a la main.
Si demain, une indépendance doit être proclamée, renforcée, c'est le gouvernement véritablement qui peut l'activer.
Et l'argument peut se retourner, si le gouvernement avait son mot à dire sur les actionnaires des journaux ?
Oui, je crois qu'il faut un mot à dire sur les actionnaires des journaux. Moi, je ne confonds pas liberté de la presse et liberté d'entreprendre. Il faut mettre des verrous, des barrières à la liberté d'entreprendre. On le fait. Il y a des limites à la concentration.
Attaquer systématiquement des propos racistes, des propos homophobes, délictueux, pour vous, ne suffit pas ?
Je pense qu'il faut mettre des barrières. En fait, on a un double poison, la concentration des médias et la progression de l'extrême droite. Dans une société démocratique, le philosophe Karl Popper nous dit que s'il n'y a pas de barrière, le paradoxe de la tolérance, si la société démocratique est trop tolérante à l'intolérance, elle se fait bouffer, elle disparaît. Justement parce que ces propos, qui utilisent les fake news, qui utilisent le racisme, l'antisémitisme, le phobie, viennent submerger la démocratie. Et donc, le paradoxe de la tolérance, c'est qu'il faut mettre des vraies barrières à l'antisémitisme, aux propos racistes, et, je rajoute, à la concentration des médias.
C'est l'héritage du Conseil national de la résistance. Il y a tout un passage sur le poids terrible des empires industriels, sur la concentration des médias. Eh bien, on y est !
Vous continuerez, vous, d'acheter, de lire le JDD ?
Pour l'instant, la question se pose, je vous le dis, même de participer à des interviews.
La semaine dernière, vous étiez sur Europe 1, qui appartient aussi au groupe Bolloré, il me semble.
Voilà, j'ai choisi de ne pas aller sur CNews et sur Europe 1.
Vous allez sur Europe 1 ?
De temps en temps, oui. La question se pose, et nous verrons avec les écologistes quelle est la manière collective de répondre à la question. Je crois qu'il faut mettre des barrières. Vous voyez, il y a le choix personnel, d'acheter ou non le JDD, mais encore une fois, il faut des règles au niveau des pouvoirs publics.
Elle a une chance d'aboutir rapidement, cette loi transpartisane, ce texte, ce projet de loi ?
Je pense que si nous arrivons à trouver le créneau, parce que, vous savez, pour les parlementaires de l'opposition, le problème, c'est la mise à l'agenda. Nous avons une niche, mais on en a une fois par an, et c'est le 4 avril, de mémoire. Il y a peut-être un créneau en décembre. Tout l'enjeu, c'est que le gouvernement choisisse d'agir. Moi, je propose d'aller beaucoup plus loin. Je pense que les empires industriels doivent choisir entre des médias et les marchés publics. Bouygues doit choisir entre le BTP et TF1. Voilà ce que nous devons faire. Parce que sinon, on a un vrai problème de crédibilité de l'information, de main mise.
Je me souviens que pendant l'affaire Dassault, le Figaro n'avait pas une ligne, pas une ligne, pour mentionner le fait que son dirigeant était à l'époque poursuivi pour homicide. Rien que ça. Et à chaque voie, il a été finalement relaxé pour l'homicide et condamné pour le reste. Ça pose un vrai problème de crédibilité, de fiabilité, de main mise.
Mais comment on fait dans ce cas pour financer les journaux ?
Déjà, on commence par remettre la redevance pour le service public. Parce que quand je vous parle de concentration et de progression de l'extrême droite, je me félicite, je me réjouis de pouvoir le dire sur une chaîne publique qui finance de l'investigation, y compris des fois quand ça déplait au gouvernement. Et donc, le fait de ne pas sanctuariser, d'avoir basculé la redevance vers le budget commun est pour moi un problème fondamental pour l'indépendance du service public.
Vous attendez quelque chose des états généraux de l'information qu'Emmanuel Macron lance en septembre ?
On n'en peut plus, quoi. On n'en peut plus. Des états généraux, des machins, des grenelles, des trucs. Alors, à la rentrée, pas de notre sujet, si vous n'en attendez rien. Vous avez le problème du JDD. Vous avez l'opposition qui monte au créneau pour soutenir. Vous avez une partie de la majorité qui est timide, mais qui l'a fait quand même. Et s'il y a des états généraux, si ça ne débouche pas sur le fait de garantir l'indépendance des médias et cette proposition, alors, voilà, on sait que ça ne sert à rien. Donc, des états généraux, oui. Mais enfin, si c'est pour sabrer la redevance publique et fracasser l'indépendance du service public, vous voyez, à quel moment on rentre dans le concret ?
Ça fait dix ans que ce président est au pouvoir et qu'il nous balade de conventions, en grands débats, en états généraux. Enfin, ils ont fait tout le dictionnaire des synonymes. À quand ? À quand l'action pour la démocratie et pour l'écologie ? On n'en peut plus d'attendre.
Julien Bayou, il y a une phase d'élection qui arrive à partir de cet automne. On va avoir les sénatoriales, puis les européennes l'année prochaine. En attendant, cet été, la NUPES fait ses universités, universités d'été en ordre complètement dispersé. Un petit peu à chaque coin de la France, c'est fait exprès ?
Non, non, non, parce qu'on a nos journées d'été, chaque parti, chaque mouvement a ses journées d'été, c'est traditionnel. On aura d'ailleurs un bison futé.
Elle existe encore la NUPES ou pas ?
Ah oui, oui, oui, moi je crois, bien sûr.
Même si vous partez, même si vous avez conclu un accord partiel uniquement avec les socialistes et les communistes pour les sénatoriales, même si vous partez tout seul aux européennes ?
Ah, moi je crois très fortement à la NUPES et à cette aspiration très forte. C'est un espoir immense pour des millions de gens. Moi je suis un des artisans de la NUPES il y a un an, je peux vous dire ce que c'était. C'était une coalition défensive. C'était au départ qu'un seul accord électoral. Et je crois qu'aujourd'hui, après l'épisode, les immenses mobilisations sur les retraites, après le bon travail à l'Assemblée, de quatre groupes qui ne sont pas toujours d'accord, mais qui fonctionnent ensemble, on a des points d'appui pour construire quelque chose de beaucoup plus fort dans l'avenir. Alors on partira séparer aux européennes, semble-t-il. Moi je nourris l'espoir que...
Semble-t-il ?
Oui, ça semble acté.
C'est réversible, vous avez désigné une tête de liste.
Non, mais c'est ce que je dis, c'est acté. Nous avons Marie Toussaint, une excellente candidate qui va pouvoir mettre la question de l'écologie et des limites à la liberté d'entreprendre, d'ailleurs, au cœur de l'agenda. Mais je nourris l'espoir qu'on puisse continuer de construire la NUPES. Et un mouvement qui puisse nous amener vers une position de victoire en 2027. C'est ça l'enjeu.
Julien Bayou, député écologiste, merci d'avoir accepté l'invitation de France Info ce matin.