Sébastien Lecornu : "Pas de proposition d'augmentation d'impôts"|LCI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Sébastien LecornuFait
« On est au moment où nous parlons pas dans une crise des volumes de pénurie mais bel et bien une crise de prix d'inflation portée. »
- 6:00Sébastien LecornuFait
« L'électrification, l'électricité, c'est notre liberté. »
- 9:00Sébastien LecornuPromesse
« Il n'y aura pas de proposition d'augmentation d'impôts. »
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Nous n'avons jamais pensé au regard des éléments notre diplomatie, les éléments de notre renseignement militaire, les nombreux échanges que le président de la République pouvait avoir avec ces différents homologues n'a jamais considéré que cette guerre pouvait être courte. On a eu la guerre des 12 jours euh et dès le début du conflit au regard parfois peut-être de l'irrationalité de certains acteurs, des effets finaux recherchés, le fait aussi que la question nucléaire du programme iranien plus les enjeux de circulation maritime laissait entrevoir que de toutes les évidences ça pouvait durer. C'est parce que ça pouvait durer que aussi les négociations telles qu'elles ont été menées depuis maintenant plusieurs semaines auraient pu aussi aboutir. force constater que d'une manière ou d'une autre, cette guerre sous une forme ou sous une autre, cette guerre va durer soit de manière froide comme on l'a actuellement, on peut le constater, soit malheureusement aussi avec une reprise des conflits et des frappes, ce qui est un scénario évidemment possible.
Et au fond, on le voit aussi, le temps devient une arme en tant que telle des béérants et singulièrement des gardiens de la révolution puisque ils le savent, la pression exercée sur Ormous est une pression sur l'ensemble de l'économie mondiale, y compris d'ailleurs en Asie. Et donc si ce temps devient une arme, il faut également pour nous en tirer des conclusions. Alors il est difficile de donner des scénarios auquel nous pourrions nous raccrocher sans effrayer personne et sans être trop optimiste.
Au fond, le scénario désormais le plus optimiste, c'est pas forcément celui que je retiens d'ailleurs, c'est au fond une forme de retour à la normale entre l'été et l'automne. Donc on parle déjà de plusieurs semaines et plusieurs mois potentiels. Sachant qu'une fois de plus la guerre peut prendre différentes formes et vous avez des scénarios noirs qui nous feraient plonger dans d'autres gestions de de crise, c'est-à-dire reprise non seulement des conflits, des frappes, destruction des sites de production d'hydrocarmure au Moyen-Orient, voire même non seulement la fermeture d'Ormous, mais aussi la fermeture de Babel Mandelle.
Ça c'est pas non plus le scénario qu'on retient de toute façon nul ne le sait mais entre un scénario très optimiste qui nous emmène quand même à plusieurs semaines, plusieurs mois et les scénarios les plus noirs et catastrophistes, on voit bien qu'on change de dimension dans la manière de gérer cette guerre. Pour autant, une fois que je vous ai dit ça en faisant une prospective peut-être malheureuse, j'espère être démenti puisque par définition, si tout allait mieux bientôt, c'est un problème plus facile à gérer que si les choses s'aggraf. Pour autant, au moment où nous nous parlons, nous n'avons pas du tout les mêmes effets à gérer que la guerre en Ukraine.
Je l'ai dit à de nombreuses reprises, mais c'est utile de le redire. La guerre en Ukraine nous avait tout de suite placé dans une guerre de en tout cas dans des effets de difficultés, d'accessibilité à l'approvisionnement notamment du gaz parce qu'il venait de Russie et avec évidemment une guerre qui au fond était assez lisible, assez rapide. Nous-même nos propres vulnérabilités étaient d'identifié notamment ce qu'on appelle les problèmes de corrosion sur nos centrales nucléaires qui faisaient que le parc nucléaire français était loin d'être à plein régime en 2022-2023.
Donc on est au moment où nous parlons pas dans une crise des volumes de pénurie mais bel et bien une crise de prix d'inflation portée. Pour quelle raison aussi ? C'est pas toujours intuitif, mais il trouve que assez historiquement, en tout cas depuis maintenant plusieurs moments, l'approvisionnement en hydrocarbure en France est un approvisionnement sur la façade atlantique, Afrique du Nord, Amérique du Nord, Amérique du Sud et qui au fond ne crée pas effectivement d'entrave à la liberté de circulation pour ce qui nous concerne.
Évidemment, le sujet c'est la spéculation, évidemment le sujet ce sont les marchés et évidemment ce sont la répercussion. Pardon de le dire, mais si on se trompe, comme malheureusement parfois dans le débat politique français, si on se trompe sur le diagnostic de cette guerre, par définition, on finit par se tromper aussi sur les mesures qu'il faut prendre. Deuxième élément de la stratégie du gouvernement que j'arbitrais dès le début, hein, avec l'ensemble des collègues ici présents, c'est évidemment le soutien à l'activité et au travail.
Alors pour une raison simple, c'est que à la différence du Covid pour le coup pays était à l'arrêt et fallait le soutenir par des transferts financiers important. Là on a une économie qui fonctionne et qui tourne. Pas pour autant qu'elle est pas impactée.
Le ministre va y revenir. Et donc au fond notre obsession pour ne pas dire plus d'ailleurs depuis le début c'est que le pays doit tourner et pour certains secteurs mise de la pêche est ici c'est assez référendaire et binaire. Soit il y a un intérêt à prendre la mer pour nos pêcheurs et à sortir et à pêcher et ça calcule coût avantage.
Soit bah ça vaut pas le coup de sortir pêcher. Par définition les bateaux restent àqués. Ce raisonnement-là, c'est facile à expliquer pour la pêche.
On a essayé de le déplier sur beaucoup de filières sur lequel on va revenir dans un instant et on va les compléter parce que bah au fond, il y a des filières économiques qui tiennent notre croissance, qui tiennent notre activité, qui parfois ont des adhérences avec nos services publics et sur lequel il faut évidemment qu'elle puisse tenir dans la durée sur cette crise. C'est vrai de filière économique, agriculture, BTP, transporteurs, le ministre de transport, le ministre de la santé, mise du travail sont ici aussi au premier rang. C'est vrai aussi des particuliers travailleurs parce que par définition euh aussi on connaît aussi l'organisation de notre pays.
La voiture occupe une place importante. Je suis moyen élu d'un département rural et donc il est évident qu'il faut faire attention à ça. On va pas changer de stratégie.
C'est un choix que nous faisons qui est de de de garder un ciblage important sur celles et ceux qui travaillent, celles et ceux qui tiennent l'activité du pays et d'ailleurs celles et ceux qui ne travaillent pas en profit parce que en tenant l'activité du pays, par définition, on essaie de s'accrocher à notre croissance, on essaie de s'accrocher à la production de richesse, laquelle finance le modèle social et finance les retraites. Donc tout ça se tient, c'est aussi une réalité aussi simple, mais enfin encore faut-il le réexplique. Ensuite, si on ne change pas de philosophie, on va changer d'échelle.
Et vous allez l'entendre dans un instant, soit dans ce que nous mettons sur la table quantitativement, soit aussi parce que nous étions plutôt partis pour annoncer des aides pour le mois de juin. Mais c'est pas ce que nous allons faire. Je peux pas vous dire que sur le terrain géopolitique, les perspectives de voir le conflit durer sont en train de s'installer et vous expliquer qu'on va continuer d'avoir une stratégie mois par mois.
C'était bon au début de gestion de crise. Là, désormais, il faut commencer à donner des perspectives à des pas entiers de l'économie, des perspectives aux Françaises, aux Français qui travaillent. Et donc, c'est non seulement une réflexion pour juin, pour juillet, pour août et pour certains secteurs jusqu'à l'automne.
Je le dis parce que dans les cas les plus difficiles, il faudra continuer à être adaptable, à s'adapter, à être évolutif, à ne pas être têtu en quelque sorte. Il y a pas de baguette magique. Enfin, il est clair que ça reste de la gestion de crise et donc par définition, il faut être mobile euh créatif en tout cas et le plus le plus à l'écoute possible.
Le troisème élément de la stratégie, je l'assume même si parfois on me l'a reproché, c'est il faut qu'on marche sur nos deux jambes entre le court terme et le long terme. Euh si j'étais un peu taquin, je dirais c'est le moment d'être gauliste. Alors, il se trouve que le choc pétrolier 1974, le gouvernement Mesmer avait eu une réponse de long terme, le parc électronucléaire français.
Autreetemps, autre période, il y avait pas eu d'aide de court terme. C'est pas ce que nous faisons, c'est pas ce que nous allons vous dire, mais enfin on voit bien que on n pas fini de subir et et donc à la fois on va déployer des moyens pour le soutien de court terme, mais on n pas d'autre choix que d'accélérer l'électrification du pays. Les hydrocarbures c'est une laisse.
C'est une laisse. C'est une laisse étrangle, on peut pas dire autre chose. L'électrification, l'électricité, c'est notre liberté.
Et ça, on le doit aux grands anciens. On le doit aussi aux décisions qu'on a pris récemment. Heureusement qu'on a signé ce décret sur la programmation pluriannelle pour l'énergie parce que c'est ce qui va venir rénover notre parc nucléaire français et donner des perspectives sur les énergies renouvelables.
Mais c'est pas pour faire bien. C'est pas parce que c'est bon pour la planète, même si c'est bon pour la planète. C'est pas parce que c'est bon pour le climat même si c'est bon pour le climat.
Il y a une réalité, c'est qu'on vit désormais dans un modèle dans lequel nous sommes capables de produire beaucoup beaucoup d'énergie chez nous de manière souveraine, décarboné et au fond, c'est pas forcément cette consommation là qui est le plus stimulée. Au fond, le plan Mesmè un peu nouvelle version, c'est aussi d'aller sur les différents usages d'électrification. On pourra y revenir et c'est aussi pour cela sans esprit polémique parce que c'est pas l'esprit l'état d'esprit du gouvernement.
C'est pour cela que nous refusons toute baisse générale indiscriminée de la fiscalité sur le carburant parce que déjà, pardon, j'ai appartenu à un gouvernement qui l'a fait en 2022 [raclement de gorge] 2023 euh ça coûte très cher pour les finances publiques. Peut pas faire semblant de dire il y a un déficit, d'où est-ce qu'il vient ? Bah il vient de là.
Bouclier énergétique en grande partie. Il avait un impact très très lourd sur les finances publiques. On en finit pas de le rembourser.
Et puis surtout c'est un contresens. baisser de la fiscalité sur de l'énergie produite en Algérie, aux États-Unis, au Brésil ou ailleurs, c'est franchement circulé sur l'autoroute à contesens. Là où d'ailleurs et les ministres ont reçu le mandat d'y réfléchir, de travailler, de faire des propositions, si une si une fiscalité devait diminuer dans les temps à venir, compris les années à venir, ça serait la fiscalité sur les énergies produites en France, électricité en tête.
Donc prenons le sujet de la fiscalité par le bon sens et c'est une ouverture aussi que je fais évidemment sur la question de la fiscalité sur l'électricité dans le respect aussi de nos déficits, nos finances publiques. Enfin, s'il faut raisonner fiscalité par les fiscalités, ne le faisons pas à contresens. Le dernier élément de la stratégie et pour bien connaître aussi un peu la la vie du pays et le caractère aussi des des Françaises et des Français, c'est la transparence totale sur ce qui se passe.
Euh les marges des distributeurs de carburant, ça occupé pas mal la vie médiatique. Les ministres vont y revenir. Transparence, résultat. les fameuses cagnottes fiscales.
Vous promettez des milliards, le ministre Amiel va vous donner le dernier chiffre dans quelques instants. Vous allez voir qu'on en est bien loin. La transparence sur l'approvisionnement.
Eu des moments en se disant "Mais est-ce qu'on aurait suffisamment de pétrole ?" Là aussi, on va vous documenter ça avec beaucoup de précision. Quels sont les appros sur lequels on est absolument pas inquiet et on est objectivement absolument pas inquiet ?
Quels sont les quelques éléments sur lequels on peut avoir de l'inquiétude ? Et puis le dernier élément de transparence, c'est évidemment sur l'économie de manière globale. Al, ça fait 2 mois qu'on s'égois avec les ministres à dire attention, cette guerre va avoir un impact sur l'économie.
Tu assez seul à le dire et puis visiblement depuis quelques jours tout le monde découvre qu'il peut y avoir un impact sur l'économie. Et là, pour le coup, en prenant un virage complètement inverse, certains nous parlent de 3 ou 4 % d'inflation, certains nous parlent de récession. Donc là aussi, on va faire ça très sérieusement en vous disant très clairement quels sont les scénarios que nous redoutons et quels sont les scénarios au fond que nous repoussons parce que nous considérons que ça ne correspond pas à la situation économique que nous constatons après que les ministres d'ailleurs aient eu des échanges importants avec Commission européenne, FMI, enfin un travail très important, le G7, un travail très important a été fait en amont et qui est autrement plus sérieux que certains faux experts qu'on peut voir ici ou là en train de vouloir faire peur inutilement aux gens.
Dernier point, se dire la vérité sur les finances publiques avec la part d'incertitude évidemment qui est la nôtre au moment où nous nous trouvons. Nous n'abandonnerons personne, je l'ai dit, dans le soutien à l'activité. Tout ça va avoir un coût.
On vous donnera les chiffres dans un instant. Faudra donc évidemment gager tout ça, faire un certain nombre d'économies et je le dis aussi peut-être pour donner un peu de perspective et dire aussi comment le gouvernement travaille à la construction d'un budget pour 2027, un projet de loi de financement pour la sécurité sociale pour 2027, c'est que la position du gouvernement et que les textes que nous proposerons au conseil des ministres de mi-octobre seront des textes dans lequels il n'y aura pas de proposition d'augmentation d'impôts. Et donc je le dis parce que tous les choix aussi que nous faisons en ce moment, y compris en faisant attention à nos finances publiques, en faisant attention à la juste proportion des aides.
Alors on aimerait en faire plus pour beaucoup de gens hein, une dimension aussi humaine et et empathique, hein, il faut pas nier. Je vois bien chez moi Vernon dans l'heure, mais en tout cas euh des cadeaux bizarres au mois de mai qui se transforment en augmentation d'impôts à l'automne, c'est pas ce que le gouvernement propose. Et donc je donne aussi cette perspective y compris au monde économique puisque certaines annonces peuvent les concerner dans un instant.
Pardon d'avoir été long, mais je voulais aussi refaire la mise en perspective de la stratégie du gouvernement, laquelle peut évoluer à n'importe quel moment en fonction évidemment de la situation géopolitique. C'est pas une crise domestique que l'on gère hein, c'est une crise mondiale, peut-être encore plus mondiale que la guerre en Ukraine. Et pour cause, les interdépendances sont nombreuses avec le Golf.
Les pays d'Asie souffrent énormément parce que eux ont une dépendance énergétique très forte avec les les approvisionnements et les productions dans la région. Et comme tout cela peut durer d'une manière ou d'une autre, sous une forme ou sous une autre, il faut désormais évidemment le le traiter avec beaucoup de calme, le calme des vieilles troupes en quelque sorte, mais enfin il faut le faire en disant la vérité aux françaises et aux français et ne rien leur cacher, y compris d'ailleurs parce que une grande échéance démocratique va intervenir l'année prochaine et que par définition tous ces éléments aussi concernent l'ensemble des acteurs. Ah.
Sébastien Lecornu