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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 18 septembre 2025 10 min

Sébastien Lecornu face à sa première mobilisation syndicale - reportage #cdanslair 17.09.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

avec les socialistes...

Une 1re épreuve pour le Premier ministre...

Il n'a pas encore de gouvernement et bataille pour trouver un compromis avec les oppositions. Il a notamment reçu les socialistes aujourd'hui. - Que va-t-il se passer demain?

Les syndicats appellent à la grève dans tous les secteurs contre les mesures d'austérité présentées cet été par l'ancien Premier ministre F.Bayrou. Le nouveau Premier ministre n'a pas encore écarté ces mesures. - Bonsoir.

C'est pour la manif de jeudi. - Entre 600 000 et 900 000 manifestants sont attendus. Déjà 250 manifestations sont prévues dans toute la France. - L'idée, c'est d'essayer de gagner les gens à la grève dans leur entreprise ou administration pour essayer d'avoir le plus de monde possible dans les rues. - A l'Education nationale, un tiers des enseignants sont annoncés grévistes pour les collèges et lycées.

Dans les transports, le mouvement sera très suivi, notamment en région parisienne, à la RATP. Très peu de RER et l'ensemble des lignes de métro seront perturbés. *-On est à plus de 110 grévistes. *-Sur la ligne 5, on est à 121 déclarés. - 91,3 % ce matin de déclarés grévistes.

C'est un énorme score. On a mobilisé en un temps record. Ca prouve le mécontentement de mes collègues et des Français. - La santé aussi se mobilise.

Les médecins, les pharmaciens, mais aussi tout le secteur de l'énergie. Bref, une France bloquée. 80 000 policiers et gendarmes sont prêts à être déployés.

Un ministre de l'Intérieur déjà bien tendu, 24 heures avant la grève. - B.Retailleau: On sait parfaitement qu'il y aura entre 5000 et 10 000 individus qui iront dans la bagarre, pour la casse, animés d'une haine antiflics.

C'est ce qui sera compliqué à gérer. - A Matignon, le Premier ministre consulte. D'abord, les partenaires sociaux, visiblement pas très enchantés de cette 1re rencontre. - S.Binet: A part les 2 jours fériées, il n'a renoncé à rien.

Nous sommes là pour dire que nous nous mobiliserons tant qu'il n'y aura pas de réponse à la hauteur. Le débat ne va pas se faire à l'Assemblée nationale. Le budget va se décider dans la rue. - Même le Medef menace d'une mobilisation patronale.

Ce matin, c'était au tour des socialistes, premiers convoqués de la journée. - B.Vallaud: Notre humeur peut changer entre l'avant et l'après. - Pas sûr que l'humeur ait changé.

Elle reste maussade. - O.Faure: Nous ne savons rien.

Je ne vais pas déclarer ici que nous avons trouvé un Premier ministre compréhensif prêt à avancer sur des sujets. - Viennent ensuite Les Ecologistes, puis le RN, qui voudrait bien discuter de son propre budget à Matignon, alors que LFI refuse la discussion... - M.Panot: Celui qui est responsable de ce chaos, de la situation politique s'appelle E.Macron.

Ce qui est en jeu, c'est le départ de S.Lecornu, mais aussi celui d'E.Macron. - S.Lecornu supprime les avantages à vie des anciens ministres avant même d'avoir nommé son propre gouvernement.

Pas sûr que cela suffise à calmer l'ensemble des contestations. - C.Roux: Rien ne sera annoncé d'ici demain sur les consultations et la rupture, sauf surprise.

Question. - G.Macke: Oui.

On a déjà constaté dans le passé qu'on n'a pas besoin de 2 millions de personnes pour bloquer le pays. Quand on a des positions chez les contrôleurs aériens, chez les aiguilleurs de train, on peut assez facilement bloquer le pays avec une mobilisation syndicale bien organisée. Demain, le pays sera largement bloqué.

Ce n'est pas si fréquent que l'intersyndicale soit réunie. Manifestement, il y a un momentum dans l'opinion. De manière rapide.

C'est vrai. Les syndicats avaient à coeur de reprendre la main et de ne pas laisser ce mouvement "Bloquons tout". Ils ont pratiquement annoncé cette journée du 18 septembre quand la journée du 10 septembre a été annoncée.

La question était s'ils devaient participer au 10 septembre. Ils ont préféré avoir leur propre journée. Ils voulaient vraiment reprendre la main. "Bloquons tout" n'a pas été un énorme succès, mais eux ont à coeur de dire "on va faire 4 fois plus de mobilisation".

Ils ont un potentiel de bloquer le pays. Après, est-ce que c'est gênant pour la France, une mobilisation d'un jour? Les Français y sont habitués. - C.Roux: C'est si ça dure que ça va... - G.Macke: Ca va marquer, si ça dure, s'ils parviennent à rallonger le mouvement. - C.Roux: On entendait S.Binet, de la CGT, qui disait "ce budget va se faire et se voter dans la rue", laissant entendre qu'on était au début d'un rapport de force. - J.-L.Cassely: Oui.

Ce qui a échoué dans le mouvement "Bloquons tout", c'est bloquer le pays. C'est ce que les syndicats vont essayer de faire. On s'est tous préparés à ce que ce soit compliqué demain.

C'est plus routinier. Les gens vont rester chez eux, trouver des alternatives, notamment le télétravail. Le pouvoir de nuisance de ce genre de blocage est moindre, aujourd'hui.

Sur le fond, "Bloquons tout" était un fouillis idéologique. Il est né dans les franges de la droite souverainiste et il est passé à gauche. Quand ça vient de l'intersyndicale contre la brutalité de cette austérité budgétaire, c'est plus attendu, plus balisé.

On voit une France de gauche syndiquée qui s'exprime, qui a mal vécu l'absence de victoire à Matignon après la dissolution... - C.Roux: Elle est chauffée à blanc.

Est-ce qu'une revanche sur les mobilisations, ça reste un terreau qui peut permettre une forte mobilisation? On ne nous a pas entendus. - J.-L.Cassely: C'est paradoxal.

Les spécialistes disent depuis quelques années que la mobilisation ne paie pas. Descendre dans la rue, même en masse, même de manière répétée, ça ne paie pas. Ce qui pourrait permettre d'obtenir une victoire, ce serait une démission d'E.Macron.

C'est difficile...

On l'a vu lors du 10 septembre. C'est dur de juger si le mouvement a réussi ou pas. - C.Roux: Vous avez raison de séparer... 800 000, c'est un succès de mobilisation.

Il y avait de moins en moins de monde dans la rue, à part pour les retraites. - J.-L.Cassely: Dans ce contexte de violences, c'est un succès.

Les manifestants peuvent avoir peur aussi...

Dans ce contexte de flou sur la transition d'un gouvernement à un autre... - C.Roux: C'est les projections qui viennent du gouvernement.

Une question intéressante. - J.Jaffré: C'est tout le pari de S.Lecornu que ce ne soit pas le cas.

Ce qui est intéressant dans l'interview qu'il a donnée dimanche dernier, c'est de souligner que c'est le retour de la démocratie parlementaire. Il dit: "Les députés ont plus de pouvoir que jamais sous la Ve République." Est-ce que le pouvoir qu'il exerce est négatif?

C'est-à-dire s'opposer, renverser le gouvernement, refuser les compromis? Ou bien, et c'est tout l'enjeu de S.Lecornu, c'est que des compromis puissent être trouvés?

La pression de la rue est un des éléments pour bâtir un compromis qui intègre des demandes. Nous avons l'équité fiscale... "Taxer les riches", c'est comme ça que parlent les manifestants.

Les gouvernements parlent "d'équité fiscale", mais ça dit aussi quelque chose. Les retraites n'ont pas disparu. Ca reste dans les revendications.

Les socialistes demandent la suspension de la réforme en 2026. C'est ce qu'ils demandent. Ce sera débattu en 2027 dans la présidentielle.