L'économiste Michaël Zemmour analyse les pistes du budget de Sébastien Lecornu
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Un retour de l'impôt sur la fortune et sur la taxe Zukman, c'est la bonne réponse ?
- 0:45OuverteRéponse partielle
Quels impôts augmenter ou baisser selon les orientations de Sébastien Lecornu ?
- 2:15OuverteRéponse directe
La taxe Zukman : comment fonctionne-t-elle et pourquoi est-elle intéressante ?
- 4:15OuverteRéponse directe
6 milliards d'euros de réduction du train de vie de l'État : est-ce beaucoup ?
- 6:15OuverteRéponse directe
Le prochain budget sera-t-il d'austérité ? Que signifie ce terme ?
- 8:15OuverteRéponse directe
Les moyens pour les retraites augmenteront de 6 milliards et pour la santé de 5 milliards : détails ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:30Michaël ZemmourFait
« Il ne faut il faut être sourd pour ne pas entendre que les Français nous demandent plus de justice fiscale. »
- 6:30Michaël ZemmourChiffre
« 6 milliards, je pense que c'est beaucoup. Il faudra voir d'abord comment 6 milliards sont comptés. »
- 8:30Michaël ZemmourFait
« On peut dire l'austérité c'est quand les dépenses baissent par exemple quand on réduit le déficit. »
- 11:30Michaël ZemmourChiffre
« La dette publique a encore gonflé à 115 % du PIB au 2e trimestre. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Un retour de l'impôt sur la fortune et sur la taxe Zukman, c'est la bonne c'est pas la bonne réponse estime le Premier ministre. Vous considérez le contraire ? Bah, on se demande quelle est la bonne réponse.
On a une série d'études économiques depuis plusieurs années. Il y en a encore une qui est par cette semaine qui nous montre qu'il y a des trous importants dans la resquête fiscale. Deux types de trous.
L'impôt sur les sociétés. Il y a des grandes entreprises qui arrivent à faire taxer ailleurs les profits qu'elles réalisent en France pour les faire taxer moins cher. Ça c'est du côté des sociétés.
Et du côté des contribuables, les contribuables extrêmement riches, les milliardaires arrivent à ne déclarer des des revenus que très faibles et du coup à contourner l'impôt sur le revenu. Et la tax Zukman c'est une réponse à ça, c'est de dire pour des gens qui ont des patrimoines de plusieurs milliards et dont les entreprises ont des revenus de plusieurs centaines de millions d'euros, on peut pas croire qu'ils aient des revenus très faibles. Et donc on va aller vérifier et on va vérifier qu'il payent un impôt qui est au moins égal à 2 % de leur patrimoine.
Donc Gabriel Zukman propose une solution et ce qui me paraît particulièrement intéressant dans cette solution, c'est de faire rentrer dans l'assiette fiscale, dans les dans les ordinateurs de Bercy la connaissance du patrimoine de tout le monde. Aujourd'hui Bercy connaît mon revenu pour un peu sur le revenu, le vôtre. Il connaît le patrimoine immobilier de chacune et chacun des Français.
Mais Bercy ne connaît pas, à ma connaissance le patrimoine des milliardaires. La taxman c'est une forme de réponse à ça. Il ne faut il faut être sourd pour ne pas entendre que les Français nous demandent plus de justice fiscale.
Certains impôts augmenteront, d'autres diminueront sur le chef de l'État, le chef du gouvernement dans dans le Parisien. Lesquels à votre avis en se basant sur les orientations du socle commun auquel renvoie Sébastien Lecorn ? Donc imaginer quoi comme augmentation et baisse d'impôt ?
J'ai j'ai pas d'inf raisonnablement, je dirais j'ai pas d'information là-dessus. Je pense il y avait une piste qui était le gel du barê de l'impôt sur le revenu. Ça me paraissait plutôt une bonne piste, une façon progressive de faire augmenter un petit peu l'impôt et plutôt davantage pour les ménages qui ont des revenus élevés.
Mais globalement, je pense c'est pas une très bonne idée quand on veut faire de la consolidation budgétaire de diminuer les impôts. Euh il y a un raisonnement que tient le premier ministre, que tiennent beaucoup de gens qui me paraît pas bon, qui est de dire "On a un taux de prélèvement obligatoire très élevé, donc on peut pas l'augmenter et du coup on va réduire les dépenses." En fait, le taux de prélèvement obligatoire, il dit pas grand-chose sur la santé de notre économie.
Dit juste qu'on a fait des choix de socialisation, par exemple l'école est publique, par exemple, les retraites sont publiques. Mais il dit pas du tout qu'on a atteint un maximum et que c'est une bonne idée de le baisser. Euh dans les années qui ont précédé depuis 2017, en fait, on a beaucoup baissé les prélèvements obligatoires, la taxe d'habitation, l'impôt sur les société et aujourd'hui quand on veut réduire le déficit public, c'est probablement moins dommageable pour l'économie de réaugmenter certains prélèvements obligatoires plutôt que de couper dans des dépenses publiques qui sont déjà un peu à l'os.
Sébastien Lecnu propose une diminution de 6 milliards d'euros sur le train de vie de l'État. Ça veut dire quoi Michael Zmont ? train de vie de l'État et est-ce que 6 milliards c'est c'est beaucoup ?
Euh 6 milliards, je pense que c'est beaucoup. Il faudra voir d'abord comment 6 milliards sont comptés et ensuite ce qu'il y a derrière. Mais je pense c'est très inquiétant.
D'abord parce que dans les dépenses publiques, l'État est le secteur qui a fait beaucoup d'économie au cours des dernières années. Est-ce que quand on entend train de vie de train de vie de l'État, on entend Gabji quoi. En gros, c'est peut-être ce que l'expression veut dire mais en tout cas les dépenses sctuaires ça représente pas 6 milliards d'euros.
Au cours des dernières années, on a eu par exemple un gel de du point d'indice, c'est-à-dire de la rémunération des fonctionnaires. On constate il y a des rapports publics notamment de France. C'est ça le train de vie de l'État auquel fait référence Sébastien Lecnussi.
Je pense pas. Mais si on veut économiser 6 milliards, c'est pas simplement sur les petits fours. Si on veut économiser 6 milliards, c'est forcément sur la masse salariale ou sur des missions que remplit l'État.
Et donc moi ça m'inquiète de ce point de vue-là parce que on a des rapports qui montrent que l'État n'arrive plus à recruter et notamment dans les fonctions cruciales. La santé on le sait, l'éducation aussi et donc pour préparer l'avenir c'est inquiétant si on se met à serrer encore la vis alors même que probablement il faudrait investir dans ces services là. Le prochain budget ne sera pas d'austérité et de régression sociale promet le chef du gouvernement.
Ça veut dire quoi un budget d'austérité Michel Zemour ? Est-ce qu'il y a un chiffre palier ? que 44 milliards sous François Baoto, c'était un budget d'austérité par exemple.
Ça veut dire quoi ? Il y a plusieurs façons de le compter. On peut dire l'austérité c'est quand les dépenses baissent par exemple quand on réduit le déficit.
On peut dire aussi que quand on va réviser des droits sociaux à la baisse, ce qui était envisagé par exemple avec le gel des prestations sociales, c'est une forme d'austérité. Aujourd'hui, on sait qu'il y a des dépenses spontanées publiques qui augmentent et elles augmentent pour de bonnes raisons. La population vieillit par exemple, elle est davantage malade, elle a davantage besoin de se soigner. le nombre de retraités augmente et donc si on gèle le niveau des dépenses alors même que les besoins augmentent, ça peut être une forme d'austérité alors même qu'on affiche des dépenses en augmentation.
Et donc on peut tout à fait et parfois les gouvernements jouent sur cette ambiguïé avoir une réelle austérité des déremboursements de soins par exemple ou des déremboursements d'ALD et en même temps dire les dépenses augmentent. Le Premier ministre promet que les moyens consacrés aux retraites augmenteront de 6 milliards et ce pour la santé de 5 milliards. Ben, ça veut dire quoi ?
Et ben, ça serait intéressant d'en avoir le détail. 6 milliards, on peut imaginer que c'est le fait de laisser indexer les pensions, c'est-à-dire de les laisser augmenter autant que l'inflation et donc de ce point de vue-là renoncer à une des mesures qui était envisagée. Je dire si c'est ça, c'est une annonce.
Enfin, on peut envisager en tout cas le l'ordre de grandeur correspond. Euh et donc ça veut dire ne pas jouer sur de ce côté-là. Du côté de la santé, c'est plus ambigu parce que les dépenses de santé augmentent spontanément chaque année parce que il y a des besoins de santé qui augmentent parce que les hôpitaux ont des coûts et cetera.
Et donc il faudrait regarder dans le détail mais on peut tout à fait se retrouver dans une situation où les dépenses de santé augmentent bien de 5 milliards mais où en réalité il y a quand même des mesures d'économie à la clé. Et c'est ça qu'il va falloir regarder dans les détails justement pour savoir si on a de l'austérité de ce côté-là. Il est question de fraude fiscale et sociale aussi dans cette interview du Premier ministre.
Elle est évaluée à combien aujourd'hui ? Ça ça dépend c'est un combat majeur, enfin c'est un combat difficile. Ça dépend de ce qu'on met derrière mais je pense que c'est un un chantier de long terme.
Et de manière plus générale, je pense que si on veut redresser les finances publiques, ça se fait pas sur un seul budget. Euh le gouvernement a l'air de vouloir resserrer le déficit très vite. Je pense que trop vite peut-être un peu trop vite pour deux raisons.
D'abord, ça risque de ralentir que la dette publique a encore gonflé à 115 % du PIB au 2e trimestre et Sébastien Lecnu dit vouloir viser désormais 4,7 % du déficit en français. Ça veut dire quoi ? C'est ce qui nous dit c'est que peu au prou comme François Bairou, il veut aller plutôt rapidement dans la réduction des déficits.
Ça ça pose deux questions. D'abord, ça risque de freiner un petit peu l'économie. Comme on sait, plus on sert la vis, plus l'économie ralentit.
Se pose une deuxième question de soutenabilité politique. La crise d'économie politique qu'on vit en France, elle est pas liée à la uniquement à la situation économique de la France. Elle est liée aussi au fait que il y a pas eu de changement de cap.
C'est que le cap de la politique de l'offre qui était su qui était tenue depuis 2017, depuis 2022, il n'a plus de majorité politique. Et c'est parce qu'il y a plus de majorité de politique que on a une dissolution, qu'on a voilà et donc le maintien de ce cap là, la politique de l'offre, la réduction du déficit à ce rythme rapide, ça peut être un facteur de fragilité aussi au final pour les finances publiques. Ce qu'on voit là, c'est l'augmentation en temps réel.
Ça vous fait sourire de de la dette française 3 milliards 3000 500 quasiment 3500 milliards. Euh oui, ça me fait sourire parce que vous moi, personne peut se représenter exactement ce que représente 3000 milliards. Mais par contre, on sait ce à quoi il faut faire attention.
Ce à quoi il faut faire attention pour aller vite, c'est le déficit public. Le déficit public, il est trop important depuis 2023-2024. Euh il a atteint presque 6 points de PIB.
Il faut le réduire. simplement le défi c'est que c'est pas le seul problème auquel la France est confrontée et donc il faut faire une remplir une équation où il faut à la fois répondre au défis économique que connaît la France une économie au ralenti, une transition écologique à réaliser, des services publics en difficulté et réduire le déficit public. Et pour bien le compter, c'est pas tellement en milliards qui défile comme ça, c'est plutôt en point de PIB.
Et donc effectivement, il faut dessiner une trajectoire et une trajectoire sur plusieurs années, pas simplement avoir le nez sur l'année 2026. D'autant plus que euh réduire le déficit en soi, ça fera pas que l'économie va mieux derrière, elle ira plutôt un peu moins
Sébastien Lecornu