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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 10 mars 2026 9 min

Marc Ferracci, député EPR des Français à l'étranger est l'invité politique de la matinale

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Marcat. Hier, Emmanuel Macron a réaffirmé que la France ne participe pas au conflit en cours en Iran. Elle n'intervient que pour assurer la sécurité de ses alliés dans la région, celle de nos ressortissants.

Donc si je résume, c'est assurer la défense sans entrer dans le conflit. L'écueil est là. Est-ce que c'est tenable ?

Je pense la France n'est pas belligérant dans ce conflit. C'est très important de le rappeler, la France n'a pas vocation à intervenir de manière offensive, c'est-à-dire à bombarder, c'est-à-dire à s'associer d'une manière ou d'une autre à ce qui se passe sur le terrain et qui aujourd'hui fait énormément de dégâts. En revanche, la France à vocation, vous l'avez dit, a protéger ses ressortissants, à protéger nos alliés avec qui nous avons des accords de défense, en particulier le cas avec les Émirats arabes et également c'est l'initiative qui a été lancée par le président de la République à faire tout ce qu'il est possible de faire pour essayer de sécuriser le transit et le commerce international notamment dans le D3 d'Ormouse.

On va y venir mais imaginons si l'Iran vise une frégate française, est-ce qu'on est encore dans le défensif ? Est-ce que la France répliquerait ne répliquerait pas ? Quelle serait notre posture ?

Vous savez, il y a des règles d'engagement quand vous êtes militaire qui sont extrêmement précises. Aujourd'hui, nous ne sommes évidemment pas là. Aujourd'hui, encore une fois, nous sommes dans une approche qui est parfaitement défensive et je pense que c'est quelque chose d'important et d'attendu sur le terrain de la part de l'ensemble des pays du golf, de part de l'ensemble de nos alliés euh que d'apporter cette capacité à sécuriser la zone.

Pour le dire autrement, est-ce que la France pourrait être entraînée militairement dans une guerre qu'elle n'aurait pas décidé ? Est-ce que il y a quand même un risque ? Il y a toujours un risque mais aujourd'hui comme je vous le disais la vision et l'approche qui est choisie est très claire et elle ne changera pas.

Et encore une fois nous verrons en fonction des circonstances mais nos militaires savent réagir de manière proportionnée lorsqu'il y a un problème. Emmanuel Macron souhaite aussi donc préserver la liberté et la sécurité de navigation notamment dans le D3 d'Ormous qui est actuellement bloqué par les Iraniens. Ça va se passer une fois que les armes se seront tues.

Ça veut dire que quoi ? C'est pas pour demain. Ça se passera quand effectivement la situation sera un peu plus apaisée, c'est-à-dire au moment où les frappes seront moins intense de part et d'autre.

Parce que évidemment faire circuler des tankers, faire circuler des pétroliers ou des méthagniers dans le D3 d'Ormous, ça suppose un petit peu moins d'activité sur le plan militaire. Mais effectivement, le but c'est bien celui-là, c'est celui d'escorter un certain nombre de navires. Ça s'est passé il y a quelques temps, 2024, au moment où au Yémen euh les rebelles outils attaquaient un certain nombre de navires dans le détroit d'Ormouse.

Donc c'est quelque chose qui est possible mais qu'il faut adapter à la réalité de la situation et attendre effectivement que ça que les choses s'apaisent. Mais est-ce que c'est pas illusoire de se dire que des armateurs vont prendre le risque, celui de perdre un pétrolier, celui de perdre leur cargaison ? Oui, mais vous savez le risque économique euh d'arrêter la circulation et de ce fait d'arrêter la production parce que c'est la conséquence de l'arrêt de la circulation maritime, c'est que les pays comme les Émirats commencent déjà à réduire leur production de pétrole et bien ce risque il est réel et il est majeur.

Donc il faut bien peser et équilibrer les risques. Je pense qu'il y a ou il y aura un moment ou un autre la possibilité de sécuriser le trois d'ormose. Derrière cette guerre, il y a une autre guerre qui se dessine he celle du pétrole.

Euh pour l'instant, on a le sentiment que l'Iran est plutôt en train de la gagner parce que plus rien ne passe, on vient de le dire dans le D3 d'Ormouse. Est-ce qu'on risque l'asphyxie mondiale ? Non, je ne pense pas.

Et on voit bien que l'enjeu aujourd'hui, c'est de prendre toutes les initiatives possibles pour faire baisser les prix du pétrole. Ça s'est passé hier lorsque les pays du G7 dont la France fait partie ont annoncé que recourir à ce que l'on appelle les réserves stratégiques de pétrole était une option envisageable, c'est-à-dire mettre sur le marché des quantités de pétrole qui vont permettre de faire baisser les prix. Ça c'est une initiative qui a eu des effets de la même manière que des déclarations.

Vous nous confirmez que la France pourrait tenir 118 jours, c'est ça ? Près de 4 mois qu'on épuiser dans nos réserves. Oui, nous avons ces capacités comme d'ailleurs la plupart des autres pays parce que c'est une contrainte qui est posée par l'Agence internationale de l'énergie que d'avoir des réserves qui équivalent à peu près 90 jours d'importation.

Donc tout ça est bien cadré et il faut rassurer les Français sur le fait qu'il n'y a pas et il n'y aura pas de problème d'approvisionnement. Le sujet c'est les prix. Le sujet c'est l'impact de tout cela sur les prix à la pompe et sur ce que vivent nos concitoyens dans leur vie quotidienne.

Nous devons tout faire, prendre toutes les initiatives et avoir toutes les déclarations d'apaisement pour faire que les marchés atterrissent et que les prix baissent. Parce que à ce stade, le gouvernement se contente de contrôler 500 stations services pour lutter donc jusque justement contre cette hausse de prix abusif à la pompe. Est-ce que c'est pas cosmétique ?

Non, ça n'est pas cosmétique parce que d'abord ça rentre euh très concrètement dans le quotidien des Français. Quand vous avez euh 10 centimes de plus que euh nécessaire euh parce que certains euh décident que euh la hausse des prix de marché leur permet de faire des marches supplémentaires, et ben ça c'est un problème, c'est un problème auquel il faut apporter une réponse. C'est l'enjeu de ces contrôles qui ont été annoncés par le gouvernement et par le premier ministre.

Mais au-delà de ça, comme je vous le disais, il faut prendre des initiatives de manière plus globale, de manière concertée, de manière coordonnée au niveau international pour faire baisser les prix. Alors euh quelles pourrait être justement ces initiatives ? Parce que pour le coup, l'opposition en met quelques-unes sur la place, hein.

La France insoumise dit il faut faut bloquer les prix. Le Rassemblement national dit il faut baisser la TVA. Ça vous dites c'est des bonnes solutions ou c'est à côté de la plaque ?

D'abord, il est trop tôt pour penser à des mécanismes de type budgétaire. Encore une fois, on voit que d'heure à heure, de jour en jour, les prix de marché sur le sur le marché du pétrole peuvent évoluer. Donc, il faut d'abord agir sur les leviers qui nous permettent de faire baisser les prix.

Ensuite, il y a des mauvaises solutions. Il faut le dire très clairement. Le blocage des prix, ça amène dans tous les pays qui l'ont pratiqué à des pénuries.

Or, on le sait, ce qui peut créer la pénurie, c'est la peur de la pénurie. Si vous commencez à bloquer les prix de marché, et bien, il y aura une moindre incitation pour les distributeurs à vendre parce qu'ils vendront à perte. ou alors il faudra les compenser financièrement et ce sera extrêmement coûteux.

Et donc vous aurez ces situations de pénurie qui vont affoler les Français. Aujourd'hui, il y a pas de pénurie. Il faut rester dans cette situationlà.

S'agissant de la baisse de la TVA, on sait très bien ce qui se passe. D'abord, ça coûte très cher, c'est 17 milliards d'euros, le passage de 20 à 5,5 % sur les produits énergétiques. Et nous n'en avons malheureusement aujourd'hui pas les moyens.

Et surtout ça n'a pas les effets qu'on peut espérer parce que vous savez quand vous baissez une taxe, bah une partie des distributeurs, une partie de la chaîne de valeur du pétrole et bien va en profiter pour augmenter ses revenus, augmenter ses marges de sorte que c'est pas forcément le consommateur et l'automobiliste qui vont en bénéficier. Donc tout ça, ce sont des mauvaises solutions. En tout état de cause, il est bien trop tôt aujourd'hui pour avoir des réponses budgétaires.

Il est bien trop tôt, mais est-ce qu'il ne faut pas une mesure plus ciblée pour les plus modestes ? Michel Barnier par exemple disait ça sur notre antenne dimanche, un chèque carburant pour ceux qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler pour les plus modeste. Je crois qu'il est trop tôt parce que encore une fois la crise est extrêmement intense et nous pouvons espérer qu'elle se qu'elle s'apaise et que les prix de marché baissent dans les prochains jours les prochaines semaines.

Ensuite, le gouvernement et bien prendra ses responsabilités. il réfléchit peut-être à à ce genre de chos. J'ajoute que un chèque carburant a déjà été mis en place au début de l'année 2024 précisément pour les ménages modestes.

Donc on sait faire mais aujourd'hui encore une fois ça n'est pas l'actualité parce que il faut d'abord agir sur les prix et sur le marché du pétrole. Est-ce que l'État est le grand gagnant de la hausse des prix à la pompe ? C'est ce que disait récemment Dominique Chelcher.

C'est le patron des supermarchés SuperU système U. Non, on peut pas dire que l'État est le grand gagnant. l'État prélève sur les carburants parce qu'il y a une fiscalité sur les carburants qui passe à la fois par la fiscalité spécifique et aussi par la TVA.

Euh donc il est normal que quand les prix montent, vous augmentez l'assiette sur laquelle s'applique les taxes et forcément vous faites plus de recettes. Mais on peut pas dire que l'État soit le grand gagnant. Euh encore une fois, l'État subit comme tout le monde les fluctuations du prix de marché et c'est certainement pas dans cette situation que il faut commencer à jeter le probre sur un acteur économique ou sur un autre.

On entendait aussi Donald Trump évoquer le pétrole russe, le gaz russe, le pétrole notamment en disant bah pourquoi pas lever l'embargo ? Est-ce que c'est quelque chose qui est envisageable du point de vue des Européens ? Non, je pense que ça c'est une réponse à courte vue et si vous voulez mon avis, cette situation que nous vivons, elle traduit la grande dépendance que nous avons vis-à-vis des énergies fossiles.

C'est à la fois le pétrole qui vient du Moyen-Orient, mais on l'a vécu au moment de la guerre en Ukraine, c'était le gaz russe. Notre stratégie collective, ça doit être de sortir de cette dépendance aux énergies fossiles. Ça doit être de décarboner notre économie.

Ça doit être d'électrifier. C'est la raison pour laquelle et bien nous construisons des nouvelles capacités nucléaires. Il y a aujourd'hui le lancement du sommet international sur le nucléaire qui va être ouvert par le président de la République.

Nous avons aujourd'hui des atouts pour décarboner notre économie et pour sortir de cette dépendance aux énergies fossiles. Le moment n'est pas à rouvrir les vannes à la fois du gaz et du pétrole. Ça ça va être un enjeu pour 2027 en 30 secondes.

Je pense. Je pense parce que on voit bien que l'énergie est au centre de la vie quotidienne des Français. Les Français prennent conscience, de nouveau, ils l'ont euh fait en en 2022 avec l'Ukraine, que ce qui se passe à l'autre bout du monde agit sur leur vie quotidienne et il faut une stratégie énergétique qui soit cohérente.

Je pense encore une fois que la décarbonation, sortir de cette dépendance aux énergies fossiles, c'est la bonne stratégie pour 2027. Merci.