Pour Louis Aliot, à gauche comme à droite, les lois sur l'immigration "sont un affichage politique"
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Questions et réponses
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- 1:03OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on a besoin d'une nouvelle loi sur l'immigration ?
- 1:54OuverteRéponse directe
Les lois actuelles suffisent et si le RN avait le pouvoir, le RN ne ferait pas voter de nouvelles lois sur l'immigration ?
- 2:34OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes sensible à ce discours de fermeté sur les OQTF ?
- 4:09RelanceRéponse partielle
Les mesures telles qu'inscrire les OQTF au fichier des personnes recherchées ne vont servir à rien selon vous ?
- 5:14OuverteRéponse directe
Ce que vous dites au patronat ce matin, c'est arrêter de demander la régularisation de ces sans-papiers dans les métiers en tension, mais augmenter les salaires dans le bâtiment et dans la restauration.
- 6:52OuverteRéponse directe
Le RN au pouvoir, qu'est-ce que vous faites, Louis Alliot ? Vous interdisez aux entreprises d'employer cette main-d'œuvre ? Vous augmentez mécaniquement les salaires ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44PrésentateurChiffre
« Le but c'est d'arriver à 100% d'exécution pour ces expulsions à la fin du quinquennat, c'est un peu plus de 5% aujourd'hui nous dit le Sénat. »
- 0:59PrésentateurChiffre
« Ça concernera quelques milliers de personnes, précise le ministre de l'Intérieur. »
- 1:11Invité politiqueFait
« Je pense que si on avait appliqué les mesures il y a déjà longtemps, on n'en serait pas là et on aurait dû poser le problème depuis déjà longtemps. »
- 1:30Invité politiqueFait
« dont on peut dire aujourd'hui qu'il est appliqué d'une manière anarchique ou pas appliqué du tout. »
- 1:43Invité politiqueFait
« Donc je pense qu'effectivement depuis 40 ans, tous les gouvernements de gauche et de droite en ont fait aussi un affichage politique, mais ça n'a jamais été suivi d'effet sur le terrain. »
- 2:58Invité politiqueFait
« Et on sait très bien que de toute façon, les OQTF aujourd'hui, sur certains pays, personne n'est renvoyé parce qu'on ne négocie pas avec les pays d'origine l'accueil des retours qu'il pourrait y avoir. »
- 3:26Invité politiqueChiffre
« Parce que ce sont des millions de personnes qui ne rêvent que d'une chose, c'est de venir en France. »
- 3:40Invité politiqueFait
« Non, il n'a pas essayé parce que chaque fois qu'il va à Alger, c'est pour s'aplatir sur des questions de mémoire. »
- 4:00Invité politiqueFait
« Si vous regardez la nomenclatura du FLN algérien et tous les biens qu'elle a chez nous, je pense qu'il y a matière à leur dire un certain nombre de choses et ils y seraient, croyez-moi, très attentifs. »
- 4:39Invité politiqueFait
« Mais non, ça ne va pas assez loin, parce qu'on est systématiquement en cours après les problèmes que ça pose, comme pour les clandestins que l'on s'apprête à régulariser et qui travaillent. »
- 5:23Invité politiqueFait
« Parce que sinon, ça fait penser furieusement à la politique qu'il y a eu, je crois que c'était sous Pompidou et sous Giscard après, d'un appel à l'immigration supplémentaire pour peser sur les salaires à la baisse. »
- 9:03Invité politiqueFait
« Je crois que c'était la circulaire Valls qui s'occupait, à la demande des employeurs d'ailleurs, parce qu'il y a des employeurs qui sont des gens responsables. »
- 10:04Invité politiqueFait
« et qui a conduit, d'ailleurs, qui l'a conduit à un échec cinglant, à la fois la présidentielle et aux élections législatives. »
- 11:46Invité politiqueFait
« Il peut y avoir demain une guerre civile. »
- 18:31Invité politiqueFait
« la tâche de l'abandon, de la tragédie et de crime que constituent les harkis, l'abandon des harkis. »
Temps de parole
- Louis Aliot66 %
- Présentateur18 %
- Locuteur non identifié12 %
- Auditeur2 %
- Auditeur 22 %
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France Inter, Alexandra Ben Saïd, Jérôme Cadet, le 7930. Bonjour Louis Alliot, vous êtes le maire de Perpignan, candidat à la présidence du Rassemblement National, merci d'être avec nous ce matin. Les auditeurs de France Inter peuvent vous interroger, 01 45 24 7000, ou le faire via franceinter.fr. Louis Alliot, avant de parler de la bataille pour la présidence du RN qui vous oppose à Jordan Bardella, je voudrais qu'on aborde le projet de loi Immigration qui a été dévoilé hier par les ministres Gérald Darmanin et Olivier Dussopt, qu'il sera examiné en début d'année prochaine avec deux objectifs selon eux.
D'un côté simplifier les procédures d'expulsion du territoire pour les étrangers qui sont visés par ce qu'on appelle les obligations de quitter le territoire. Le but c'est d'arriver à 100% d'exécution pour ces expulsions à la fin du quinquennat, c'est un peu plus de 5% aujourd'hui nous dit le Sénat. Et puis l'autre objectif c'est faciliter la régularisation des sans-papiers qui travaillent dans des secteurs en tension, hôtellerie-restauration, BTP, entretien par exemple. Ça concernera quelques milliers de personnes, précise le ministre de l'Intérieur. Louis Alliot, est-ce qu'on a besoin d'une nouvelle loi sur l'immigration ? Ça serait la 29ème depuis 1980.
Je pense que si on avait appliqué les mesures il y a déjà longtemps, on n'en serait pas là et on aurait dû poser le problème depuis déjà longtemps. Si on regarde un peu dans l'histoire des lois sur l'immigration, par exemple vous avez l'accord de 68 sur l'Algérie qui était censé par exemple réguler cette immigration de travail avec l'Algérie, dont on peut dire aujourd'hui qu'il est appliqué d'une manière anarchique ou pas appliqué du tout. Et c'est vrai que chaque gouvernement a voulu faire sa loi sur l'immigration, mais on se rend compte que finalement les résultats sont là et on est obligé systématiquement de courir après le problème.
Donc je pense qu'effectivement depuis 40 ans, tous les gouvernements de gauche et de droite en ont fait aussi un affichage politique, mais ça n'a jamais été suivi d'effet sur le terrain.
Donc les lois actuelles suffisent et si le RN avait le pouvoir, le RN ne ferait pas voter de nouvelles lois sur l'immigration ?
Il y a des contextes changeants et il y a des choses à reprendre. Oui, il la ferait voter, mais dans un sens beaucoup plus restrictif et j'allais dire d'une manière beaucoup plus logique, cohérente et explicite qu'elle ne l'est aujourd'hui.
Sur les obligations de quitter le territoire français, si on entre dans les détails et on a...
C'est le plus difficile ça.
C'est le plus difficile en effet, pour tous les gouvernements ça a été très difficile. Les OQTF, donc qui sont dans le débat depuis le meurtre sauvage de Lola, seraient inscrites au fichier des personnes recherchées. Le préfet d'une ministre de l'Intérieur veillera à rendre la vie impossible à ces personnes. Est-ce que vous êtes sensible à ce discours de fermeté ?
Oui, évidemment, mais ça va se matérialiser comment ? On sait très bien que dans la procédure, il y a, j'allais dire, l'intervention de deux juges pratiquement, le juge judiciaire et le juge administratif, entre les expulsions et les OQTF. Et on sait très bien que de toute façon, les OQTF aujourd'hui, sur certains pays, personne n'est renvoyé parce qu'on ne négocie pas avec les pays d'origine l'accueil des retours qu'il pourrait y avoir. C'est une politique...
On essaye de négocier, mais manifestement on n'y parvient pas. Par exemple avec l'Algérie.
Oui, parce qu'avec l'Algérie, on ne s'y prend pas bien. Il y a aussi un certain nombre de mesures à prendre. Moi, j'ai lu attentivement un bouquin que tout le monde devrait lire et qui s'appelle l'énigme algérienne d'un ancien ambassadeur qui s'appelle M. Driancourt, qui n'est pas du tout de ma paroisse et qui explicite le problème avec l'Algérie et qui dit finalement qu'aucun gouvernement n'a pris la mesure du problème et que les problèmes sont devant nous. Parce que ce sont des millions de personnes qui ne rêvent que d'une chose, c'est de venir en France. Et donc il y a la politique des visas qu'il faut rendre restrictive, qu'il faut donner comme monnaie d'échange.
Le gouvernement a essayé il y a quelques mois.
Non, il n'a pas essayé parce que chaque fois qu'il va à Alger, c'est pour s'aplatir sur des questions de mémoire. Mais il y a une réduction de visa pour les étudiants. Là, on n'est pas sur une question de mémoire, on est sur une question d'immigration clandestine.
On peut tordre le bras à ces pays pour qu'ils délivrent davantage ce qu'on appelle les laissés-passés consulaires ?
Je pense qu'on peut effectivement leur tordre le bras. Je n'en sais rien. Vous savez, on a embêté des chefs d'État africains sur les biens mal acquis à Paris. Si vous regardez la nomenclatura du FLN algérien et tous les biens qu'elle a chez nous, je pense qu'il y a matière à leur dire un certain nombre de choses et ils y seraient, croyez-moi, très attentifs.
Donc les mesures telles qu'inscrire les OQTF au fichier des personnes recherchées comme limiter les recours en passant de 12 à 4 catégories, ça ne va servir à rien selon vous ?
On verra dans la loi, parce que là, pour l'instant, on a vu un effet d'annonce. On verra bien la compatibilité d'abord avec un certain nombre d'environnements jurisprudentiels. Et voilà. Et moi, c'est une question typiquement sur l'immigration qui mériterait un grand débat national et qui soit tranchée par voie de référendum. Ça ne va pas assez loin. Mais non, ça ne va pas assez loin, parce qu'on est systématiquement en cours après les problèmes que ça pose, comme pour les clandestins que l'on s'apprête à régulariser et qui travaillent. C'est un appel supplémentaire, si vous voulez, un appel d'air à une immigration supplémentaire. Bien sûr qu'il y a des métiers en tension.
Moi, je discute avec la Chambre des métiers, la Chambre de commerce et les fédérations du bâtiment, etc. Mais quelles sont les incitations aussi du gouvernement ? Quelles sont les formations qu'il propose ? Quel niveau de salaire on donne à un jeune qui, aujourd'hui, va travailler sur un chantier ou rentre en cuisine ? Ça, c'est des sujets qu'on n'entend jamais parler. Peut-être que ce serait l'occasion de les mettre sur la table.
Ce que vous dites au patronat ce matin, c'est arrêter de demander la régularisation de ces sans-papiers dans les métiers en tension, mais augmenter les salaires dans le bâtiment et dans la restauration.
Parce que sinon, ça fait penser furieusement à la politique qu'il y a eu, je crois que c'était sous Pompidou et sous Giscard après, d'un appel à l'immigration supplémentaire pour peser sur les salaires à la baisse. Et aujourd'hui, c'est régulariser quelqu'un dans une cuisine, je ne sais pas, dans un restaurant ou sur un chantier pour le payer, j'allais dire, un SMIC ou à peu près un SMIC, c'est quelque chose quand même qui se discute. Alors que moi, je connais beaucoup de jeunes qui sont sur le marché du travail et qui demanderait peut-être à être mieux payés, à être mieux formés, et qui sont, j'allais dire, qui attendent que leur offre une possibilité de travailler.
Mais le patronat dit qu'il fait ses efforts en ce moment pour rendre plus attractifs ses métiers et qu'il ne trouve pas de main-d'oeuvre. Et par exemple, vous avez des vignes, beaucoup de vignes près de Perpignan. J'imagine que vous voyez de la main-d'oeuvre qui vient d'ailleurs, alors qu'il y a du chômage à Perpignan.
Oui, il y a du chômage et effectivement, l'adéquation entre le marché du travail, si vous voulez, entre l'offre et la demande, on semble ne pas être la préoccupation des pouvoirs publics. Et c'est vrai que moi, je me rends compte que beaucoup d'employeurs se retrouvent un peu démunis, ne savent pas à qui s'adresser, et sur ces choses-là, je pense qu'on manque encore, honnêtement, d'avoir travaillé le problème et d'avoir incité les jeunes à aller sur le marché du travail. Et toute cette chaîne-là, elle doit se développer et on doit la regarder de près.
D'ailleurs, en tant que maire, je suis en train de travailler le sujet pour qu'il n'y ait sur le territoire de Perpignan, je vais dire, qu'un organisme qui gère ces offres-là, parce qu'on voit bien que les jeunes sont perdus et que les employeurs aussi. Et la facilité, c'est finalement de faire venir des gens d'ailleurs.
Le RN au pouvoir, qu'est-ce que vous faites, Louis Alliot ? Vous interdisez aux entreprises d'employer cette main-d'œuvre ? Vous augmentez mécaniquement les salaires ?
Oui, je pense qu'il y a une augmentation des salaires à négocier avec un certain nombre de patrons, et peut-être sur leur charge, en diminuant leur charge, etc., qu'il faut mettre en place, parce que sinon, effectivement, c'est la facilité. Faire venir de l'immigration, c'est la facilité. Et d'ailleurs, sans se préoccuper de là où ils dorment, de ce qu'ils font, etc. Le problème, il est là, parce que si vous saviez le nombre d'immigrés qu'on fait venir pour travailler dans des cuisines ou ailleurs, et dont on ne se soucie pas du logement, et j'allais dire, c'est presque de l'exploitation de la misère humaine. Est-ce que là, ce n'est pas l'occasion de lever une sorte d'hypocrisie, en fait ?
Oui, c'est très hypocrite.
Mais est-ce que là, ce projet ne permet pas de lever une forme d'hypocrisie ?
Oui, d'accord, il va régulariser, je ne sais pas, les 30 000 personnes en France, et ça va donner des idées à des centaines de milliers d'autres, de se dire, finalement, en France, on arrive clandestinement, il suffit de trouver un employeur qui a besoin de main-d'oeuvre, parce que, paraît-il, il n'y en a pas, moi je vous dis qu'il y en a, et puis on les régularisera dans les mois qu'il y en a. C'est donc un appel d'air supplémentaire à une immigration supplémentaire, et ça, ça me paraît être de la mauvaise politique.
Donc, Louis Alliot, si on vous comprend bien, la bonne politique, ça serait d'inciter le patronat à augmenter les salaires, et pour ça, par exemple, en baissant ses charges, ça veut dire que c'est le contribuable qui aiderait le secteur privé à augmenter les salaires.
Oui et non, mais c'est, oui et non.
Si, baisser les charges, c'est quand même sur les données de l'État.
Oui, mais les jeunes qui travailleraient, consommeraient, paieraient des impôts, c'est un cercle vertueux, l'économie, ce n'est pas des données brutes et des calculs d'épiciers, c'est un cercle vertueux. Donc, moi, je prétends que, là, vous continuez à avoir des gens au chômage et des jeunes sans travail, et puis vous régularisez, finalement, une concurrence dans le travail de gens qui viennent d'ailleurs, et vous ne résolvez aucun des problèmes, et ça coûte toujours aussi cher aux contribuables.
Ce sont des gens qui, aujourd'hui, ces personnes sans papier, qui occupent, en effet, des milliers d'emplois, qui contribuent positivement à l'économie. Qu'est-ce qu'il faut en faire de ces gens ? Il faut leur dire de rentrer chez eux ? Ça fait peut-être des années qu'ils sont là ?
Mais c'est au cas par cas, si ça fait longtemps, évidemment, qu'il faut regarder ça de près. S'ils viennent d'arriver, il y a des raisons à cela, mais la plupart du temps...
Donc, il faudrait régulariser au cas par cas ?
Et c'est les problèmes. Il y a sûrement des cas où il faut régulariser, mais c'est déjà le cas. Je crois que c'était la circulaire Valls qui s'occupait, à la demande des employeurs d'ailleurs, parce qu'il y a des employeurs qui sont des gens responsables. Puis vous en avez qui utilisent une immigration, j'allais dire, clandestine, pour faciliter leur tâche sans se soucier, comme je le disais, ni des conditions de travail, ni des conditions d'accueil, ni des conditions de logement, qui, elles, sont souvent à la charge du contribuable, pour le coup.
Louis Alliot, cette question de l'immigration, elle divise aussi au sein même du Rassemblement National ? Vous êtes actuellement en campagne, je le disais, pour la présidence, tout comme votre rival Jordan Bardella, qui est le président par intérim. On connaîtra le résultat samedi, je crois que le vote pour les militants s'achève ce soir. Vous avez publié une tribune il y a deux semaines dans le journal L'Opinion, dans laquelle vous fustigez, je cite, la ligne inquiétante portée par les adeptes les plus déterminés du grand remplacement. Et le grand remplacement, ça pointe une réalité qui est juste. Voilà ce que disait l'an dernier Jordan Bardella.
Est-ce qu'il y a deux rassemblements nationaux sur l'immigration ?
Non, ça pointait tout simplement le discours, notamment d'Éric Zemmour pendant la présidentielle, et qui a conduit, d'ailleurs, qui l'a conduit à un échec cinglant, à la fois la présidentielle et aux élections législatives. Et j'ai fait cette tribune pour bien démontrer que nous sommes sur la bonne ligne. La bonne ligne, c'est celle de Marine, elle marche sur deux pieds. Un aspect, j'allais dire, économique, social, lié notamment au pouvoir d'achat et à toutes ces questions-là.
Et puis un aspect de défense, j'allais dire, de l'identité française, au travers, pardon, d'une ligne qui a toujours été la nôtre, et qui tient compte du principe de réalité, tout simplement, et qui, j'allais dire, ne part pas dans des grands débats théoriques ou idéologiques, qui aujourd'hui, sur le terrain, n'ont aucune application. Moi, en tant que maire de Perpignan, tous ces débats-là qu'Éric Zemmour a mis, par exemple, pendant la présidentielle, je les entends que très peu. En revanche, effectivement, sur le fait qu'il y ait un lien entre insécurité et immigration, etc., tout ça, il faut le traiter.
Mais il ne faut pas en tirer, j'allais dire, des conclusions trop simples et trop simplistes.
Mais concrètement, si on veut être clair, le grand emplacement, Jordan Bardella, il dit que ça pointe une réalité qui est juste.
Vous reprendriez ces mots-là ? Dans certains quartiers, vous avez des quartiers qui, aujourd'hui, sont sous la domination, par exemple, d'une communauté religieuse, de radicalisme religieux, etc. Ça, ça existe. Il y a 40 ans, ça n'existait pas. On peut le pointer dans certaines zones de notre territoire, mais ce n'est pas le cas partout.
Donc ça ne s'appelle pas un grand emplacement ?
Moi, je ne l'appelle pas comme ça, pour X raisons, d'ailleurs. Mais en tout cas, moi, je ne l'appelle pas comme ça.
Vous dites même dans votre tribune, employer cette expression, ça peut amener à des formes de violence.
Mais je pense que si on continue à exacerber ce sujet-là par rapport à un certain nombre de problèmes, ça pourra conduire, effectivement, à des affrontements. Ce que je ne souhaite pas pour mon pays. Moi, je pense qu'on peut...
C'est-à-dire des affrontements ?
Il peut y avoir demain une guerre civile. Vous savez, des affrontements, ça peut vite arriver. Il y a des quartiers qui ont échappé déjà au pouvoir de police.
Donc ceux qui portent cette expression de grand emplacement portent la responsabilité de ces violences possibles ?
Ceux qui sont dans les quartiers et qui empêchent la police de rentrer, qui vivent de leur trafic, qui imposent une mafia locale, ceux-là, aujourd'hui, constituent des enclaves dans nos quartiers qui, demain, pourront conduire à des actes de guerre civile. Et ça, moi, je n'en veux pas. Ça peut se régler...
C'est pas précisément ce que vous écriviez dans votre tribune. Si, si, si, c'est exactement ça.
Ça peut se régler encore aujourd'hui par les urnes, par la démocratie et par les lois qui sont les nôtres, mais il ne faut pas que ça aille, j'allais dire, trop loin, parce qu'effectivement, il y aura des situations qui seront irréversibles.
Dans cette tribune, Louis Alliot, vous écrivez « Il faut sortir de la nostalgie radicale pour entrer dans l'espérance nationale ». Jean-Marie Le Pen, dont vous avez été le directeur de cabinet, n'est-ce pas, a réagi assez vivement à cette tribune sur Twitter. Il écrit « Louis Alliot dénonce une soi-disant nostalgie radicale avec les mots des adversaires. Il oppose le RN au militant FN d'hier, auquel il doit le temps. C'est méprisable. » Est-ce qu'il a raison ?
Je pense qu'il n'a pas lu la tribune et je pense qu'aujourd'hui, son entourage, qui d'ailleurs, à l'époque, s'était battu contre le radicalisme en son temps, qui avait fait railler contre l'extrémisme de M. Maigret, est très certainement l'auteur de ce tweet-là. Je l'incite à relire cette tribune-là et il verra d'ailleurs qu'il est cité dedans parce que, quand j'étais au Front National, puis au Rassemblement National, on a passé notre temps à virer un certain nombre de personnes infréquentables, donc qui ne viennent pas maintenant me raconter, que je vous pose les uns aux autres.
Vous avez peur que ceux qui vous ont quitté pendant la campagne présidentielle pour rejoindre M. Zemmour ne reviennent si Jordan Bardella est élu à la tête du Rassemblement National samedi ?
Non, je ne le crois pas parce que Jordan est sur la ligne de Marine et Marine a toujours dit que c'était un aller sans retour. Mais je sais très bien qu'il y a en périphérie du Rassemblement National des gens qui ne rêvent que de ça et à cela, je leur dis écoutez, montez votre parti, militez sur les marchés, distribuez des tracts et puis on verra ce que les électeurs décident. Nous, on a notre ligne. Je pense que cette ligne, elle est performante. Mairie, c'est celle qui nous a permis d'être au deuxième tour de la présidentielle et de faire plus de 13 millions de voix. C'est celle qui nous a permis d'avoir 89 députés à l'Assemblée Nationale.
Continuons avec la ligne qui a été portée par Marine et arrêtons de considérer que les autres ont toujours raison. C'est cette ligne-là qui est gagnante, pas celle de Zemmour et pas celle d'autres personnages.
C'est une candidature de témoignage que vous portez, Louis Alliot ? Vous pensez vraiment gagner samedi ? Pas du tout.
Ça fait 20 ans que je combats avec Marine sur cette ligne de dédiabolisation au sein du Rassemblement National et il n'y a aucune raison que je ne me présente pas à cette élection. Vous savez, je suis docteur en droit, avocat, j'ai eu tous les postes de responsabilité au sein du Rassemblement National. Il n'y a vraiment aucune raison que je ne me présente pas à cette élection interne.
Vous ne dites pas que je ne gagne pas, que je ne présente pas ?
Oui, mais voilà, on verra. Ça, après... Mais vous savez, moi j'ai fait aussi du sport jusqu'au coup de sifflet final, la bataille est encore engagée.
C'est ce soir ? Qu'est-ce qui transpire ? Est-ce que vous connaissez un peu la tendance du vote des adhérents ?
Non, on a juste une tendance sur la participation qui est au-delà des 60%, ce qui est pour une élection interne qui commence à être un bon chiffre. J'espère que ce dernier jour on va encore accentuer ce chiffre-là. Donc, moi je suis plutôt satisfait de la manière dont le Rassemblement National a démontré qu'on pouvait organiser des compétitions électorales internes sur les dirigeants sans tomber dans la caricature des batailles de clochers ou des batailles de personnes.
Alors, l'Assemblée Nationale, pour la quatrième fois hier, la Première ministre Elisabeth Borne a eu recours au 49-3 pour faire adopter sans vote un texte à l'Assemblée. C'était le volet dépenses du budget. Les députés LFI vont déposer une nouvelle motion de censure et Marine Le Pen dira aujourd'hui ce que feront les députés RN. Quel est votre avis ? Que devrait-il faire ? Soutenir les LFI ?
Écoutez, je crois qu'on se réunit tout à l'heure pour décider de ce que le groupe va faire. Non, je pense qu'aujourd'hui les LR ont décidé de préserver ce gouvernement et de ne pas voter, de voter aucune motion de censure. Donc, il faut aussi tenir contre là de ce paramètre. On en a déposé deux depuis le départ. On a voté celle de l'ANUPS. Aujourd'hui, je ne sais pas. Mon opinion personnelle serait que eh bien, Mme Borne prend la responsabilité de son 49-3. Dénonçons-le et puis laissons les institutions faire leur travail.
Mais ça veut dire quoi ? Dénonçons-le ? Clairement, ça veut dire voter.
Mais le 49-3, c'est la facilité pour un gouvernement.
Ça prouve qu'il n'est pas majoritaire tout simplement. Mais la motion de censure, il faudrait la voter ? Il faudrait que les députés RN soutiennent les LFI ?
Mais ça dépend sur... Non, ce n'est pas le LFI. Ça dépend d'une motion de censure, c'est-à-dire sanctionner un gouvernement sur un budget avec lequel nous ne sommes pas d'accord et qui porte en lui-même, j'allais dire, les termes d'une mauvaise politique. Donc, je ne peux pas parler... Donc, il faudrait voter. C'est ça, moi, j'essaie de comprendre ce que... Je ne peux pas parler à la place de Marine, mais c'est une motion. Si j'étais député, je serais plutôt favorable à voter cette motion de censure, quoi qu'il arrive.
Les auditeurs d'Inter Louis Alliot, 01-45-24-7000. C'est ce que fait Gilles qui nous appelle de Grenoble. Bonjour, Gilles.
Oui, bonjour. Voilà, je souhaiterais poser la question suivante à Louis Alliot. Il a rendu citoyen d'honneur de la ville de Perpignan les époux Clarsfeld, ce dont je me félicite. Mais récemment, il a donné le nom d'une place ou d'une rue, je ne me souviens plus très bien, de Pierre Fergent, capitaine, organisateur du putsch d'Algérie et du complot contre les générales de Gaulle. J'aimerais comprendre ce raisonnement que je considère un peu paradoxal.
Merci, Gilles, pour cette question. Louis Alliot vous répond.
Écoutez, d'abord, on n'est pas sur les mêmes batailles. J'ai honoré la médaille de la ville et les Clarsfelds pour tout le travail qu'ils ont réalisé sur la mémoire et la Shoah lors d'une remise, d'ailleurs, de Légion d'honneur à un ami qui a une association de défense de la mémoire. pour Pierre Sergent, c'est Perpignan et sa ville. Il en a été le député, il en a été le conseiller municipal, il en a été le conseiller régional.
Et j'allais dire, Pierre Sergent, c'est aussi un parcours de la résistance, avoir porté les toiles juives en solidarité avec ses copains d'école, et puis la guerre d'Indochine, et puis la guerre d'Algérie avec ses fractures, pour être dans le camp de Giscard d'Estaing et pas du Front National au départ, puis la campagne de Simone Veil et enfin député du Front National en 1986.
Il est entre-temps l'un des chefs de l'OAS.
Oui, d'accord, mais à ce moment-là, vous savez, par exemple, tous les hommages qui sont radus à Élie Denoy de Saint-Marc, dont Nicolas Sarkozy avait fait quand même commandeur ou grand-croix de la Légion d'honneur, voilà, je pense qu'après 60 ans de cette période de trouble, on peut aussi, j'allais dire, apaiser les mémoires. Et je rappelle...
C'est une partie qui parfois se réclame du gaullisme, ça peut surprendre. Non, non, non,
moi je me réclame d'être gaullien dans la forme, pas du gaullisme. Parce qu'il y aura quand même toujours la tâche de l'abandon, de la tragédie et de crime que constituent les harkis, l'abandon des harkis. Ça, pour moi, ça ne passe pas et ça ne passera jamais. Là, il y a une tâche de sang qui est de la responsabilité des gouvernements de l'époque. Mais sur cette période-là, en plus, il y a bénéficié des amnisties de De Gaulle, de Pompidou et la dernière, la gauche l'oublie tout le temps, la dernière amnistie des gens de l'OAS et du Putsch, c'est François Mitterrand en 82. Alors que les socialistes se balaient devant leurs portes et après on verra s'ils pourront donner des leçons aux autres.
Donc c'est le en même temps, Louis Alliot ?
Une sorte d'en même temps mais qui permet, j'allais dire, en tout cas à Perpignan qui est le lieu aussi d'accueil des harkis et des pieds noirs, entre autres, d'apaiser les mémoires et de terminer le dernier chapitre de cette histoire des mémoires à Perpignan.
Question de Gérard qui nous appelle de Saint-Gracien. Bonjour Gérard.
Bonjour M. Alliot.
Bonjour.
Je suis un ancien, un ex-infirmier psychiatrique. Je vous entends évoquer l'affaire Lola pour défendre votre point de vue. Ne pensez-vous pas que cela relève de la malhonnêteté, d'une certaine malhonnêteté intellectuelle que de dire que c'est une question d'immigration ou d'OQTF alors que le vrai sujet c'est que cette personne, cette personne qui a tué Lola, sa place est dans un hôpital psychiatrique et qu'on a fermé les hôpitaux psychiatriques. Après avoir été le principal collaborateur de M. Le Pen, vous tentez de venir refaire ici une virginité ce qui est assez minable. Donc on ne veut pas.
Gérard, Louis Agieux vous répond.
Je ne sais pas. Peut-être que c'est peut-être à ce monsieur qui devrait avoir une consultation de psychiatre par rapport à ce qu'il a dit. Il ne m'a pas entendu parler de Lola parce que je n'en ai pas parlé dans l'émission. Donc déjà ça prouve que sa question était préparée. Pour le reste, il a raison. Il y a un gros problème d'accueil dans les hôpitaux psychiatriques qui a passé de place et il y a beaucoup de gens qui sont traités en dehors avec des conséquences dans la rue. Et moi, je ne m'avancerai pas autant que cette personne sur l'affaire en question du crime contre Lola et de la personne qui est aujourd'hui en prison.
On verra à l'issue de l'enquête si elle relève d'un hôpital psychiatrique ou de la prison. Moi, de ce que j'ai pu lire, elle relève quand même d'une prison et j'espère à vie.
Louis Alliot, je reviens au texte sur l'immigration et les obligations de quitter le territoire français. Est-ce que tout ce que vous avez dit signifie que ce texte qui durcit les expulsions, vous dites ça,
mais on ne l'a pas vu. Qui vise à durcir. On a vu une conférence de presse, mais je ne sais pas ce qu'il y a dedans.
On a les grandes lignes quand même. On les a détaillées tout à l'heure, on ne va pas revenir dessus. C'est un durcissement annoncé, un discours de fermeté. Ça veut dire que cela, vous ne le voterez pas.
On le verra. Encore une fois, je ne peux pas me prononcer sur un texte que vous n'avez pas vu. Moi, dans cette famille politique-là de M. Darmanet, j'ai vu des gens nous parler souvent de lutte contre l'immigration clandestine, de mettre fin aux racailles, etc. Et on a vu le résultat, ça a été l'inverse qui a été fait. Donc comme je ne leur fais aucune confiance, j'attends de voir le texte, de l'analyser et nos députés proposeront des amendements en conséquence.
Louis Alliot, le gouvernement veut accélérer sur les énergies renouvelables. Il y a un projet de loi qui est examiné en ce moment déposé par des députés Les Républicains, notamment pour donner davantage de poids aux maires. Vous êtes maire de Perpignan. Est-ce qu'il faut accorder en matière d'énergie renouvelable, d'éoliennes par exemple, un droit de veto aux maires qui sont directement concernés ou même aux maires qui ne sont pas directement concernés par un projet pour qu'ils ne se fassent pas ?
Moi, je pense que c'est... Oui, effectivement, il faut, même si déjà nous avons des moyens. Moi, il m'est arrivé déjà de refuser sur un certain nombre de terrains, notamment agricoles, la mise en place de panneaux photovoltaïques sur plusieurs hectares. Ça m'est déjà arrivé parce que le périmètre n'est pas le bon. En matière d'urbanisme, ce n'est pas le bon, etc. Mais si on pouvait donner effectivement d'autres pouvoirs aux maires pour faciliter soit ses acceptations, soit ses oppositions, ça me paraît être une bonne politique.
Mais vous êtes prêt à accepter sur votre territoire des éoliennes ?
Il y en a déjà partout. Ils ont défiguré le paysage. Je ne vois pas où c'est qu'ils pourraient nous emplanter autour de Perpignan. Après, sur Perpignan, il n'y en a pas. Nous sommes plutôt, nous, dans le photovoltaïque qui marche assez bien sur les grands bâtiments. Je pense notamment au marché Saint-Charles qui est un grand marché de producteurs de fruits et légumes et d'import-export qui est pratiquement, je crois, ou autosuffisant parce qu'il a mis des tuiles photovoltaïques sur l'ensemble de ces bâtiments logistiques. Nous et moi, je suis plutôt favorable à cela. D'ailleurs, à la mairie, on fait un certain nombre de préaux d'écoles en photovoltaïque. Mais notre climat le permet.
Sur les éoliennes, je suis beaucoup plus circonspect et critique.
Louis Alliot, est-ce que le RN en fait assez pour la préservation de l'environnement ? Je disais il y a quelques jours un classement du journal Le Parisien aujourd'hui qui a classé les 96 préfectures françaises selon savoir si la voiture peut être remplacée par des alternatives comme les transports en commun, trajet à pied, vélo. Perpignan est 71ème. C'est la plus mal classée des grandes villes françaises. C'est quoi comme... C'est un classement qui est fait par le journal Le Parisien aujourd'hui. Je regarde, il y a deux semaines.
D'abord les transports, on ne lève pas de la compétence du maire mais du président de l'agglomération. Donc je lui montrerai l'article en question et ensuite c'est vrai qu'on a sûrement du retard mais il ne faut pas non plus pénaliser tout le monde. Moi je vois, on est en train de discuter chez nous des ZFE. Les ZFE aujourd'hui ça porte à... Des zones à faible émission. Oui, des zones à faible émission. Le problème aujourd'hui c'est que nous à peu près une moitié de véhicules ne pourraient plus rentrer dans Perpignan parce qu'ils ne correspondent pas aux critères qui sont mis par la loi.
Ce qui pénaliserait aujourd'hui des classes sociales entières pour aller se soigner, pour aller travailler et ça demande quand même un débat de fond sur ce problème-là.
Merci à vous Louis Alliot d'avoir accepté l'invitation de France Inter ce matin, maire de Perpignan, candidat à la présidence du Rassemblement National. Bonne journée à vous.
Louis Aliot