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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 1 avril 2020 17 min

Agnès Pannier-Runacher: "Fabriquer en France peut être plus efficace et pas forcément plus coûteux"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] bonjour agnès magnien ménagers bonjour merci beaucoup de travail tenue secrétaire d'état auprès du ministre de l'économie et des finances année c'est à dire une hache et la cour s'est exprimé il ya sur la mobilisation de l'industrie française pour fabriquer des masques et respirateurs est-ce que ça y est c'est le grand retour du fabriqué en france tout à fait en tout cas on peut saluer cette mobilisation sans faille des industriels français air liquide a réussi à réunir autour de lui quatre grands industriels valeo psa schneider celle aussi à participer un peu au projet et en 50 jours va produire autant de respirateurs quant à moi et commencer ses livraisons dès la semaine prochaine donc c'est l'exemple emblématique de la force de notre industrie de la force de nos grands groupes et aussi de cette mobilisation incroyable des industriels pour lutter contre le virus on va revenir sur la façon dont s'est monté cette opération ce consortium notamment mais sur la philosophie du disco d'emmanuel mâcon il a beaucoup parlé de souveraineté nationale est-ce que lorsqu'il ya quelques semaines il parler de rupture ça faisait partie de ce qu'il voulait dire plus de souveraineté nationale moins de mondialisation on avait déjà entamé ce virage depuis trois ans de dire qu'il fallait relooke alizés des industries en france et si vous souvenez bien dès le mois de novembre dernier on parlait de relocaliser des productions de médicaments en france parce qu'on avait des vulnérabilités des vulnérabilités en europe et des vulnérabilités en france et au fond cette crise et l'accélération de cette approche elle va nous permettre de nourrir un pacte productif encore plus ambitieux un pacte productif qui je pense sur lequel il y aura plus de doute sur le fait qu'il faut revoir nos bases industrielles les renforcer et ça ne veut pas dire se fermer ça ne veut pas dire ne pas avoir une vision globale de la production mais ça veut dire diminuer nos vulnérabilités et être capable agilement de réimplanter des production en france est de savoir plus rapidement progresser sur certains des industries c'est tout le levier du numérique qu'il faut utiliser et c'est également une mobilisation différente des industriels ça veut dire si on vous comprend bien que ça concernera d'autres secteurs sus de cette piste que là on est sur des secteurs prioritaires les masses les restaurateurs notamment concerner d'autres tout à fait puisque ce qu'on est en train de montrer c'est confus produire en france c'est parfois plus efficaces plus agile et pas tellement plus coûteux que produire à l'autre bout du monde et lorsqu'on prend ces éléments là et qu'on y ajoute les éléments de transition économique et énergétique c'est-à-dire le fait de limiter le déplacement des marchandises pour limiter leur empreinte environnementale on réalise qu'on a tout intérêt à reconsidérer nos chaînes de production mondiale encore une fois il ne s'agit pas de se fermer il s'agit simplement d'être plus intelligent dans la façon de produire et aussi de considérer qu' il ne faut pas être vulnérable sur un certain nombre de productions stratégique les médicaments en étant une bien entendu on parlait des médicaments est ce qu'il y en a d'autres où on sait que par exemple en france on est capable de produire un avion de a à z donc on n'a pas attendu encore une fois ce mouvement pour avoir de très grande force il faudrait avoir cette force de frappe dans d'autres secteurs je pense qu'on peut retravailler l'automobile par exemple où l'idée d'aller chercher des plateformes où les coûts du travail sont les plus faibles à moins d'intérêt aujourd'hui parce que l'industrie du futur l' usine du futur permet d'améliorer très fortement la compétitivité de pays comme l'europe et et de pays européens et de la france en particulier et surtout on voit que concentrée l'industrie en france ça nous donne plus de rapidité de développement plus d'efficacité on peut en quelques semaines changer de produit et ça ça peut avoir un intérêt même dans le monde d'après où on revient à un mode normal de fonctionnement mais ça veut dire aussi localiser des productions tout à fait ça a déjà été fait vous avez par exemple des bourgs des moteurs de camions qui ont été relocalisés à bourbon lancy mais là on voit qu'on peut accélérer sur ce sujet là alors on va revenir sur ce consortium a annoncé hier vous le disais les kits valeo psa qui vont donc fabriquer des respirateurs commence à monter cette opération en fait c'est parti d'un contact que j'ai eu avec brute benoît potier bernie kids on a commencé par anticipé la potentielle augmentation du nombre de lits de réanimation et qui dit lits de réanimation dit équipement avec des respirateurs vous savez que olivier ferrand a annoncé qu'il allait passer de 5000 à 10000 500 lits de réanimation et qui souhaitait monter à 14000 donc on multiplie quasiment par trois nuits de réanimation est évidemment le matériel qui va avec doit être accompagnée et sur cette base là on a discuté avec benoît petit à la manière dont il pouvait lui augmenté ses productions en france à anthony et à pau de respirateurs donc on a monté un programme où il multipliait par deux sa production en mars par 3 en avril et par 4 en mai et je suis revenu vers lui quelques jours plus tard et je lui dis mais en fait il qu'on change de braquet parce que ce que la santé attend c'est une arrivée massive de respirateurs et une arrivée massive dans le mois d'avril comment on sait faire ça et sur cette base là on a dream sera remis à un moment avec les équipes on à aller chercher psa on est allé chercher valeo est allé chercher schneider et ensuite la magie à des industriels c'est à dire que ils ont monté une visite d'anthony le mardi suivant ils ont démonté un respirateur deux respirateurs même complet ils ont regardé pièce par pièce qu'ils pouvaient faire quoi ils sont répartis le travail et quatre jours plus tard ils sont venus vers nous en disant tope là voilà le scénario qu'on vous propose donc aucune difficulté pour convaincre ces entreprises je crois qu'aujourd'hui lorsque j'envoie un texto ou j'appelle à n'importe quel patron d'entreprise du cac 40 ou du sbf-120 j'ai une très grand écoute chacun se sent un peu contributeurs mais a envie de participer à cette guerre contre le virus et je sais c'est un peu la même chose pour la filière mode et luxe qui n'a pas hésité à se lancer dans des développements pour inventer de nouveaux masques des masques filtrants qu'on puisse distribuer dans les milieux professionnels pour les équipes et sans concurrencer les masques qui vont aux soignants qui soient des masques lavables donc pratiquer réutilisables et vous voyez en tête deux semaines trois semaines on a mis au point 80 prototype de masse qui ont des vrais propriété filtrante sur des particules de trois micros donc des masques utile et qui pour haïti et être utilisé après on va on va revenir sur ces masques analystes mais sur ces restaurateurs le président a parlé de 10 villes respirateur minet mais quelles vont être les échéances de livraison en fait c'est respirateur sont livrés régulièrement tout au long du mois d'avril jusqu'au mois de mai l'objectif était et d'accompagner la montée des du nombre de guides réanimation et d'être en rendez vous dans les temps d attente du ministère de la santé et comment se sont ils répartis ça c'est le ministère de la santé qui cadencent les besoins et les affectations c'est en fonction évidemment des besoins de santé nous notre rôle c'est d'être en appui de toutes les équipes de santé c'est eux qui précise le besoin qui valide techniquement ce dont ils ont besoin qui fixe le nombre alors là on est allé volontairement plus loin qu'ils aient besoin pour avoir une plus grande marge de manoeuvre et c'est vrai que en en discutant on s'est dit de toute façon des respirateurs le monde va en avoir besoin donc si on double le nombre nécessaire pour la france c'est pas si grave et mais en revanche c'est à dire 3 cassions répartition c'est la santé qu'il fait ça veut dire qu'après ils sont revendus passer l'aspirateur ça veut dire qu'on voit bien contrat preuve de solidarité aujourd'hui l'allemagne qui a un temps de retard par rapport au développement de l'épidémie envoi des respirateurs au grand test ce qui évite pour les autres hôpitaux français de se dégarnir puisque on suit attentivement le développement de l'épidémie ça veut dire que si nous nous n'avons plus besoin on sera en situation évidemment d'aider d'autres pays je pense que ça n'est pas questionnable on voit la coopération européenne qui est très forte en ce moment avec ceux qui sont plus en avant de l'épidémie l'italie au premier chef qui est supporté par beaucoup d'autres pays même si chacun doit gérer sa propre pelouse à moins sur les masques puisque vous en parlez là c'est pour mobiliser la filière textile française combien d'entreprises sont concernées il ya plus de 80 entreprises aujourd'hui y compris des entreprises qui s'appuient dans le monde de l'insertion dans le monde du désastre de travail adapté donc on voit que chacun chaque citoyen a la capacité d'apporter sa pierre à l'édifice de la lutte contre le virus et c'est extrêmement motivant et et ça franchement ça fait chaud au coeur de voir tous ces industriels mais également tous ses salariés qui sont mobilisés qui ont pas hésité une minute à reprendre leurs machines à coudre et à démontrer leur savoir faire du coup nous avons beaucoup de prototypes qui sont validées aujourd'hui il faut accompagner la montée en charge peut-être dirigé certaines entreprises sur les modèles qui ont l'air le plus efficace et qui peuvent être réutilisés de plus grand nombre de fois puisque si vous produisez un million d'exemplaires réutilisables 20 fois c'est l'équivalent de 20 millions de masques donc il ya un vrai enjeu d'aller chercher les modèles les plus efficaces et de les produire à grande vitesse de façon à pouvoir équiper ceux qui le souhaitent dans des situations de travail l'installation va parler des entreprises notamment des petites entreprises se retrouve parfois en difficulté face à cette crise gérald darmanin a lancé hier un appel à la solidarité pour aider ces petites entreprises via le fonds de soutien comment ça va se passer en réalité un certain nombre d'entreprises nous ont signalé qu'elle souhaitait être partie prenante de ce fonds de solidarité c'est un petit peu ce mouvement où chacun veut essayer de faire quelque chose pour lutter contre le virus donc il ya ceux qui ont des capacités industrielles il ya ceux aussi qui sont pas forcément sur des activités qui peuvent directement contribuer à la lutte contre le virus et qui vont dire tout simplement je ne mets de l'argent à disposition donc c'est assez simple le fonds de solidarité il va réunir des financements de l'état des financements des régions des financements d'autres collectivités locales et on va structurer pour les entreprises qu'ils le souhaitent des financements venant du privé qui pourrait abonder ce fonds de solidarité est ce que des entreprises seront contraintes de mettre la clé sous la porte à cause de cette crise est ce que vous avez déjà un premier temps d'entreprises en difficulté à date ça fait que quelques jours qu'on a du recul lorsque vous fermez quinze jours votre entreprise c'est évidemment pas une bonne nouvelle mais ce n'est que 5% du chiffre d'affaires de l'année je pense que on aura une bonne un bon aperçu de la situation dans deux trois mois c'est à dire au moment où on aura la cinétique de l'épidémie la cinétique aussi de la consommation et la cinétique de la reprise je l'espère d'un retour à la sortie du confinement et c'est là on pourra un peu mesuré la dynamique de ces entreprises mais on n'a pas d'indication particulière de faillite ou de dépôt de bilan c'est beaucoup trop tôt pour le dire et puis les mesures prises par l'état sont c'est un plan absolument massif c'est un plan qui a vocation à permettre au maximum d'entreprises de passer le cap non seulement le chômage partiel qui permet de ne pas couper le lien avec ses salariés donc de redémarrer très vite lorsqu'on sortira de la crise mais également toutes les dispositions qu'on a clés en matière de trésorerie de possibilités entreprises de tirer de nouvelles lignes de trésorerie au crible bord de leurs banques qui soient garantis par l'état 300 milliards de voix on a également pensé aux assureurs crédits donc au crédit aux entreprises 10 milliards d'euros on a pensé aux crédits d'exportation 2 milliards d'euros et puis c'est tout le bénéfice aussi du report des charges sociales et fiscales qui allège considérablement aujourd'hui la trésorerie des entreprises donc je crois qu'il ya pas de doute sur le fait que les mesures de prise par l'état sont à la dimension du problème et notre rang juste derrière c'est d'accompagner au mieux les entreprises de les préparer aussi à rebondir parce que c'est important c'est normal une forme de tétanisation à un moment de sidération par rapport à la situation mais si on veut que l'ensemble du tissu productif rebondi ce qu'il faut préparer l'après d'ores et déjà les petits commerçants doivent préparer doivent se projeter dans l'après peut être préparé leur numérisation profiter sais pas s'il terme et approprié mais utiliser ce temps pour progresser sur certains éléments on pousse aussi beaucoup d'entreprises à faire de la formation en ligne pour monter les compétences de leurs salariés qui seraient plus en capacité de travailler voilà des éléments qui permet aussi de sortir plus fort après la cuisse mais juste un mot vous parlez de rock de ces reports de charges d'ores et déjà il est possible pour une entreprise qui serait sous forte pression de trésorerie de demander avant tuellement des dégrèvements de ses impôts directs donc c'est quelque chose que nous utilisons et nous avons tout à nahr semaine d'accompagnement des entreprises en difficulté qui nous permet effectivement pour des entreprises qui ont un potentiel de robots de traiter leur échéancier de créances et de faire en sorte que cet échéancier de créance soit compatible avec un retour à meilleure fortune c'est des choses que le syrie et la direction interne ministérielle des restructurations d'entreprises pratique très couramment il va falloir qu'on change de monde en termes de nombre de dossiers traités mais vous savez qu'aujourd'hui merci sauve 9 entreprises sur 10 je parle d'entreprises qui sont en grande difficulté c'est à dire dans modèle économique est fragilisé on a beaucoup d'entreprises qui vont être avoir des problèmes de trésorerie mais dont modèle économique était bon avant l'entrée de la crise et donc ya pas de raison qu'il ne soit pas toujours positifs à la sortie de la crise un dernier mot rapidement sinon reste très peu de temps est ce que à l'issue de cette crise un grand plan de relance sera mis en place et de quelle nature nous avons beaucoup travaillé sur le pacte productif ces derniers mois je crois que ce sera probablement un des livrables de sortie de crise parce que précisément on voit à la fois que que ses intentions et ses orientations sont parfaitement adaptés je parlais de relocalisation je parlais transition écologique et énergétique de d'utilisation des techniques numériques pour améliorer la compétitivité de notre économie française et puis on voit qu'on a besoin justement effectivement d'accompagner le redémarrage des entreprises donc il ya cette vision stratégique d'un côté il ya tout le travail que fait des pays qui a d'ores et déjà prévu des lignes de trésorerie mobilisables pour les entreprises qui auront besoin de financer leur des barrages leur besoin en fonds de roulement je pense notamment à des lignes de trésorerie qui permet des prêts plus tôt qui permet à 3 5 ans de tirer de l'argent sans avoir à rembourser la première merci beaucoup merci à un stade rennais c'est d'avoir été avec nous merci infiniment