François Patriat : "Pas d'interdiction de pesticides sans remplacement" - Vidéo
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 20 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:56OuverteRéponse directe
Le vote de réintroduction des pesticides interdits fait-il fi de toute considération écologique ?
- 1:42RelanceRéponse directe
Pourquoi avoir voté la réintroduction des pesticides ? N'est-ce pas à rebours de l'avenir ?
- 2:57RelanceRéponse partielle
Une pétition a réuni plus de 2 millions de signatures contre la loi Duplomb : n'en tenez-vous pas compte ?
- 3:11FerméeRéponse directe
Pour vous, l'opposition à la loi est-elle un clivage urbain-rural ?
- 4:07OuverteRéponse partielle
Craignez-vous que cette réintroduction des pesticides bloque l'adoption du projet de loi d'urgence agricole ?
- 5:53RelanceÉludée
Les méga-bassines suscitent l'opposition jusqu'au MEDEF : ne faudrait-il pas un grand débat national sur l'eau ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:55Invité politiquePromesse
« Pas d'interdiction sans remplacement. »
- 2:49Invité politiqueFait
« Toutes les cerises viennent d'Europe de l'Est, toutes traitées. »
- 3:00InvitéChiffre
« qui a réuni plus de 2 millions de signatures. »
- 8:07Invité politiqueChiffre
« La Russie va produire 100 millions de tonnes, »
- 9:03Invité politiquePromesse
« le gouvernement les prendra. »
- 16:34Invité politiqueChiffre
« 1 million, le fauteuil gratuit. »
- 18:41Invité politiqueFait
« j'ai plus de 83 ans. »
- 19:19Invité politiqueFait
« 16 ans au président de région, »
- 19:39Invité politiqueChiffre
« Mais j'ai gagné 23 élections. »
- 5:16Invité politiqueFait
« Les méga-bassines ne vont rien chercher dans les nappes. »
- 5:08InvitéFait
« on les pompe dans les nappes phréatiques, les vider. »
Temps de parole
- François Patriat78 %
- Présentateur14 %
- Invité7 %
≈ 4,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
– Bonjour François Patria, merci beaucoup d'être notre invité, sénateur de la Côte d'Or, président du groupe RDPI Renaissance au Sénat. Vous allez quitter le Sénat dans quelques semaines après près de 20 ans. Ici dans la Chambre haute, on va revenir sur vos 20 ans. Vous avez choisi de ne pas vous présenter aux prochaines sénatoriales et s'il ne devait rester qu'un macroniste, ce serait sûrement vous François Patria. – Non, il y a un groupe encore. – Oui, toujours en marche, après deux quinquennats, on va en parler. Intervient en partenariat avec la presse régionale, représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. – Bonjour Christelle, bonjour François Patria. – Bonjour, bonjour.
– D'abord on va revenir sur l'actualité de cette nuit au Sénat, François Patria et le retour de la loi Duplomb. Les sénateurs qui ont voté la réintroduction des pesticides interdits en France depuis plusieurs années mais autorisés ailleurs en Europe, je dis retour de la loi Duplomb parce qu'elles étaient contenues dans cette loi et le Sénat les a réintroduits dans le projet de loi d'urgence agricole qui est examiné en ce moment au Sénat. Est-ce que c'est un vote qui fait fi de toute considération écologique ?
– Pas du tout, je pense que d'abord ce texte aujourd'hui va porter, on ne va bien parler que de cet article-là, j'entends. Il n'y a pas que ça dans ce texte, il y a beaucoup de choses que défend, je crois, avec beaucoup de talent Madame la ministre de l'Agriculture. Je pense que les agriculteurs, moi je les vois tous les jours, je les connais, j'habite parmi eux. Il y a non pas seulement un principe de ras-le-bol face aux normes, mais aussi face à toutes les déclarations qu'ils ont à faire. Et c'est vraiment, pour eux, la complexité est une réalité quotidienne.
– Mais là sur les pesticides… – Chaque agriculteur passe une semaine dans son bureau. – Sur les pesticides, François, on sort d'une canicule
qui a remis les questions écologiques sur le devant de la scène. Et durement, il y a des morts, il y a des hôpitaux saturés. Pourquoi avoir voté la réintroduction des pesticides ? Est-ce que vous n'êtes pas un peu à rebours de ce que doit être l'avenir ?
– Je crois que c'est pour marquer un coup d'arrêt à des interdictions sans remplacement. Je crois que le chef de l'État l'avait dit. Pas d'interdiction sans remplacement. Or, il y avait que… – Sauf que les solutions, on ne les voit pas. – Oui, d'accord. Mais tant qu'il n'y en a pas, les autres le feront. – Et peut-être que tant qu'il n'y a pas d'interdiction, il n'y a pas de solution de remplacement. C'est peut-être aussi cette logique-là qui est en œuvre. – S'il n'y a pas de solution de remplacement, faisons disparaître le colza des zones intermédiaires, il n'y en aura plus. Et on apportera du colza d'Europe de l'Est totalement traité. Voilà, il y en aura plus.
Aujourd'hui, il faut un minima, ce sera comme ça. Pour beaucoup de productions, j'ai vu des agriculteurs, des céréaliers me dire, je ne vais plus pouvoir cultiver. Je ne vais plus pouvoir cultiver. On va arrêter. Et bientôt, on retrouvera de la jachère sur ces terres-là. Donc, je pense que dans l'Omaine, je crois qu'ils sont utilisés avec beaucoup de précaution et qu'ils ne s'utilisent pas quand ils n'en ont pas besoin. Si aujourd'hui, le besoin se fait sentir parce qu'il y a une attaque d'altise sur le colza, je pense ça, mais c'est vrai pour les noistiers, c'est vrai pour les cerisiers. Regardez, pour les cerisiers, on l'a interdit.
Qu'est-ce qu'on fabrique comme cerises en France aujourd'hui ? Toutes les cerises viennent d'Europe de l'Est, toutes traitées. Avec le produit interdit en France. Est-ce que c'est plus intelligent ? Est-ce que c'est mieux à même pour le territoire que ça ?
– Excusez-moi, mais là, c'est Amiprine a réuni une pétition qui a réuni plus de 2 millions de signatures. Ça veut dire qu'on s'assoit dessus, on fait comme si cette pétition n'avait pas existé.
– Les 2 millions qui ont cité, sont-ils des ruraux ? Sont-ils des agriculteurs ? – Mais c'est quoi, c'est un clivage urbain-ruraux pour vous ? – Comment ? – Pour vous, c'est un clivage urbain-ruraux ? – Non, mais bien sûr, en l'occurrence, beaucoup. Je pense que, allez regarder où est le vote écologiste aujourd'hui, il est en ville. Je ne suis pas anti-écologie, il a défendu bien des mesures. Je l'ai fait avec responsabilité, je suis scientifique de formation, je l'entends bien. Mais regardez, oui, c'est un vote…
– Mais en admettant que ce soit un vote urbain, ce qui n'est pas du tout prouvé, ce n'est pas pour ça que les gens ne sont pas intéressés par ce qu'ils mangent et la manière dont c'est cultivé. Ils ont aussi le droit de donner…
– Alors, ils ne sont pas une contradiction près. Les gens, ils voudraient manger le plus sain possible, le plus noble possible, ils ne mangeaient pas cher. Ils ne mangeaient pas cher, c'était trop cher. Bon, alors on fait comment ? – Donc il y a une responsabilité du consommateur, en fait. Il y a une responsabilité du consommateur pour vous ? – Bien sûr qu'il y a une responsabilité de tous. Je crois qu'on a supprimé beaucoup de molécules aujourd'hui. Il y a un sujet sur lequel je suis très inquiet aujourd'hui, c'est le cadmium. – Oui, sur le cadmium, il faudra intervenir dessus. Parce que je pense qu'il y a dedans des arguments qui plaident en faveur vraiment d'un traitement des solutions.
– Est-ce que vous craignez que ce vote et cette réintroduction des pesticides cette nuit bloquent l'avenir du projet de loi d'urgence agricole ? Ça va retarder l'adoption du texte ?
– Il y aura une commission mixte paritaire. – Mais c'est une ligne rouge pour vous,
la réintroduction des pesticides ?
– Non, je pense que le Sénat…
– Parce que ça fait débarque, ça va peut-être recueillir la majorité.
– On va sortir des politiques bloquées et stériles. Le Sénat a une position autour de la loi du plan. Je ne suis pas d'accord avec l'ensemble de la loi du plan, du tout. Je pense qu'il a des coups de colère, parfois il est réactionnaire, mais il y a une forme de bon sens malgré tout dans ce que vivent aujourd'hui le monde agricole, ce que vivent les paysans face à leur complexité. Le problème des méga-bassines est le même. Regardez, aujourd'hui, on a du mal à faire des légumes en France. Qu'est-ce qu'a fait l'Espagne ? L'Espagne a fait des méga-bassines, elle en a fait. Sans les considérations qu'on a en France, sans les oppositions. Et qu'est-ce qu'il nous fournit aujourd'hui ?
L'Espagne, voilà.
– Christelle, sur les méga-bassines ? – Sur les méga-bassines, quand même, justement. Là, on sort d'une canicule, on en a dans une pour la semaine prochaine, les sols sont complètement asséchés. Or, les méga-bassines, tout l'hiver, on les pompe dans les nappes phréatiques, les vider.
– Les méga-bassines, elles sont remplies avec le surplus d'eau qui coule trop vite et par abondance. Elles sont remplies comme ça. Les méga-bassines ne vont rien chercher dans les nappes. Jamais, jamais, jamais. Et jusqu'à jamais, les méga-bassines, on récolte l'eau qui ruisselle, qui ruisselle maintenant, de façon anachronique, violemment, violemment, trop violemment, et elle est perdue. L'eau s'en va, elle ruisselle, elle va à la mer. Donc, aujourd'hui, on la stocke à ce moment-là. Les retenues collinaires, je suis favorable aussi, parce que je vois bien, vous savez, le monde de l'élevage, je vis dans le monde de l'élevage aujourd'hui.
Je vois les éleveurs qui, du matin au soir, vont porter de l'eau à leurs animaux dans les prés. Porter de l'eau à leurs animaux dans les prés. S'il n'y a pas de réserve en eau, parce qu'il y a des territoires où il n'y a pas de réserve d'eau, vous voyez bien, ils font des dizaines de kilomètres pour alimenter leurs bêtes, il faut demain avoir des retenues collinaires et des méga-bassines.
– Les méga-bassines suscitent aussi une opposition, même de la part du MEDEF, qui craint une appropriation de l'eau par les seuls agriculteurs. Est-ce qu'il ne faudrait pas un grand débat en France sur l'eau, comme la ministre de l'Environnement l'a proposé, pour savoir comment se répartit l'eau et puis surtout comment on préserve les réserves d'eau ? – Je ne vois pas vraiment l'idée des grands débats,
j'en ai connu beaucoup. – Mais est-ce qu'il est normal que l'eau, c'est que les agriculteurs… – Non mais je ne parle pas de celui-là. – Quel en est des grands débats ? – Celui-là, ce grand débat-là, c'était un débat de fond. – Mais il n'y en a pas eu qu'un. – Sur l'ensemble de la vie, mais je parle des débats thématiques qu'on organise comme ça aujourd'hui, même ce que j'ai siégé aussi au Conseil économique et social, je l'ai vu. Non, je pense qu'en l'occurrence, il y a besoin de stocker l'eau quand elle coule, parce que le problème des nappes cette année n'était pas un problème, pas un problème, de stocker l'eau pour pouvoir la réutiliser.
– Mais c'est normal que les agriculteurs s'approprient l'eau de cette manière, via les mégalacines ?
– Ils ne s'approprient pas l'eau, ils utilisent l'eau dont ils ont besoin. L'eau, elle ne va pas toute à l'agriculture quand même, il me semble que sur les milliards de mètres cubes… – Mais pourquoi le MEDEF s'inquiète alors dans ces cas-là ? – Je ne sais pas, je découvre que les MEDEF aujourd'hui s'inquiètent, c'est bien.
– François Patrice…
– Les entreprises qu'il faisait, ils ne s'inquièteraient pas.
– Ça veut dire quoi ? Qu'eux, ils s'intéressent à l'économie et pas à l'écologie ?
– Non, pas du tout, mais ils s'intéressent… chaque syndicat s'intéresse à ses adhérents.
– Ce projet de voie, il est censé répondre à la colère du monde agricole qu'on voit et que le gouvernement, les gouvernements successifs n'arrivent pas à enrayer, d'où ce texte d'urgence agricole. Est-ce qu'il répond vraiment aux difficultés des agriculteurs
ou est-ce que c'est un texte de levée des contraintes ? – Non, c'est un texte supplémentaire, il y en a eu plusieurs, il y en a eu l'année dernière déjà. C'est un texte, à mon avis, qui apporte des solutions, quelques solutions, des choses intéressantes, pour voir autour du foncier encore ce qui pourrait être fait aujourd'hui. Je pense qu'il faut surtout… Alors là, ce n'est pas vraiment un grand débat, c'est une réflexion sur l'avenir de l'agriculture dans notre pays. Est-ce que le modèle d'agriculture familiale, tel qu'il était conçu dans les années 70, Pisanie, sans suite sous Jacques Chirac, est encore viable aujourd'hui ?
Est-ce que la mécanisation, est-ce qu'aujourd'hui les modes de production sont changés ? On parle du climat. Pourquoi aujourd'hui la difficulté existe sur les céréales ? La Russie va produire 100 millions de tonnes, 100 millions de tonnes de blé. Vous vous rendez compte ? C'est-à-dire qu'avant, elle en produisait, elle apportait du blé de l'Europe, maintenant, elle va en exporter partout, et elle fait baisser les prix. Eux, ils bénéficient du changement climatique. Parce qu'aujourd'hui, ils n'ont plus le gène, ils n'ont pas autre chose.
Donc aujourd'hui, nous, si eux bénéficient de ce lutte-là, et que nous, on n'est pas capables de lutter intelligemment contre, et contre les risques sanitaires, sur les risques sanitaires, alors l'agriculture est en danger.
François Patria, on sort d'une canicule terrible qui a affecté aussi les cultures, qui a affecté les agriculteurs. Est-ce que vous souhaitez que le gouvernement aide ces agriculteurs, ou on n'a pas les moyens de le faire ?
Je pense que le gouvernement, quel qu'il soit, a toujours aidé les agriculteurs.
– Mais là, est-ce qu'il faut des mesures spécifiques ? Post-canicule ?
– Écoutez, il y aura sans doute des mesures s'il faut par exemple donner de la nourriture au bétail. Beaucoup. Si aujourd'hui… Par contre, je pense que là, il faudra sans doute, pour les éleveurs, je le dis, s'il y a des mesures spécifiques à prendre, il faudra les prendre. Et elles seront prises, le gouvernement les prendra. Je suis plus inquiet pour le végétal. Pour le végétal aujourd'hui, où les contraintes ajoutées au changement climatique mettent en péril des céréales en France. C'est ça. Et là, ce n'est pas des êtres qu'il faut. C'est trouver aujourd'hui quelles sont les solutions de remplacement.
On voit bien que la vigne monte maintenant dans le territoire français à côté, qu'elle ne montera plus au demain, que l'Angleterre se pose, qu'elle va en faire demain. Donc, c'est plutôt sur l'avenir pérenne.
– Ça veut dire qu'il faut une réflexion globale sur les types de cultures
qui vont être plantées en France. – Et sur les structures, et sur les structures aujourd'hui. On ne peut pas installer un agriculteur demain sur une petite surface sur 30-40 hectares. Il n'aura jamais les moyens de la mécanisation, des investissements. – Il faut agrandir les structures. – Et on en fera un agrédit sa vie.
– François Patria, on est à 10 mois de la présidentielle. Qui vous soutenez ?
– Moi, je soutiens une stratégie. Je pense qu'aujourd'hui, ce que je soutiens, c'est que la prise de conscience doit se faire. Et je vois que certaines personnes politiques, la présidente de la famille aujourd'hui va le faire, voudraient faire prendre conscience en français, les Français sont-ils prêts à élire un président d'extrême-gauche ou d'extrême-droite ? Sont-ils prêts ? Se rendent-ils compte du danger aujourd'hui ? Du danger, j'allais dire, pour l'économie, du danger pour la vie quotidienne, du danger qui est sur le menu. Est-ce qu'ils sont prêts ? Je n'ai pas le sentiment qu'aujourd'hui, ils ont pris vraiment conscience. – Parce que dans votre corps, on en est conscients ?
Parce que vous parlez du président de votre famille politique, Gabriel Attal, à part ajouter un nom à la liste des candidats. Vous avez l'impression qu'il a pris conscience ?
– Il n'a pas posé la question suivante. Je reste sur ma question. Moi, je pense qu'il fallait, aujourd'hui, qu'il faudrait que les gens qui appartiennent au parti républicain classique, ici, dans cet hémicycle, je m'exprime depuis 10 ans, à faire en sorte qu'on sorte du vieux combat gauche-droite. Le combat n'est plus gauche-droite, aujourd'hui. Le combat, il est extrême-droite, extrême-gauche. Et dans cet hémicycle, et dans les partis politiques classiques, on fait comme s'il y avait un climat gauche-droite, socialiste, contre républicain. – Mais ce n'est pas le résultat du « en même temps » ? – Non, ce que je pense.
– Pardon, est-ce que ce n'est pas Emmanuel Macron qui est en même temps qui renforce les extrêmes ?
– Laissez-moi répondre. Non, pas du tout, pas du tout. Moi, j'étais toujours pour, vous savez, il y a longtemps que je suis pour le « en même temps ». Bon, pas « en même temps », que je suis pour le dépassement. J'ai voté dans ma vie, parce que je pensais que les hommes croyaient plus que d'autres, pour des gens qui n'étaient pas de mon camp politique, pour les faire élire. Le dépassement politique, pour moi, c'est une règle saine, aujourd'hui. Et même Gilles Tardestin avait raison, il disait « deux Français sur trois ». Je pense que vouloir rester dans son couloir clannique, en disant « allez, on va rétablir le combat gauche-droite », c'est fini. – Ça veut dire… – Allez-y, allez-y.
– Non mais, je voulais finir. Donc, je pensais que, pour faire ce débat, il faut déjà que les partis républicains puissent s'entendre sur une plateforme commune, je ne dis pas un programme, mais une plateforme commune. Et qu'à l'automne, on verra, septembre, octobre, c'est la bonne date à mon avis, on choisit celui qui serait le mieux à même de le porter. Ça n'est pas la méthode qui a été suivie. Chacun des candidats, aujourd'hui, est dans son couloir de l'œil.
– Pour qu'on comprenne bien ce que vous dites, quand vous dites une plateforme commune, ce serait DLR au Parti Socialiste,
inclus ces deux partis. – De la partie DLR qui n'est pas tentée par l'Union des droites, jusqu'à la gauche qui n'est pas tentée par l'Union des droites.
– C'est avec Bruno Retailleau ou c'est sans Bruno Retailleau ?
– Ça peut être Bruno Retailleau, mais ça peut être… – Ça s'appelle de Bruno Retailleau à Bernard Cazeneuve, voilà. – Donc, il faudrait un candidat unique pour tout ce socle-là. – Je pense que c'est… – Mais alors ? – Je pense que c'est la condition pour qu'on n'ait pas, demain, un président, et surtout un président… – Mais est-ce que vous regrettez
que Gabriel Attal se soit lancé dans la course ? Est-ce qu'il aurait dû attendre ?
– Je ne regrette pas, je le comprends. Je veux dire par là qu'à partir du moment où d'autres candidats sont partis, partis de très loin, sans programme, mais uniquement sur leur image, dire que le parti auquel j'appartiens n'existe pas, qu'on allait laisser les autres débattre autour, c'est compliqué aujourd'hui. Ce que je crois, c'est qu'il ne faut pas s'enfermer aujourd'hui dans une démarche préconçue. Je ne vois pas très bien d'abord comment se fera l'alliance au bout, je ne vois pas comment elle se fera très bien. Imaginez que demain, ils soient 17-17 tous les deux. Comment on fait ? Comment on fait ? – On peut espérer qu'il n'y a pas égalité.
– Bon, qu'il soit à deux points, avec la marge d'erreur, qu'il soit à trois points, que quelqu'un qui serait à 18 et quelqu'un à 16, il dira, attendez, je n'ai aucune chance. Non, il faut considérer aujourd'hui que M. Mélenchon est capable de faire élire deux fois Mme Le Pen. Première fois en étant en tête, à gauche, puisqu'aujourd'hui il a un programme, un parti, des militants, etc. et puis il rassemble la gauche. Donc, au premier tour, il élimine les partis républicains traditionnels et au deuxième tour, il fait passer Mme Le Pen ou M. Bardella.
Donc, si les Français ne sont pas conscients de ça, si les Français ne sont pas, ils disent qu'ils n'en veulent pas, ils disent qu'on ne veut pas d'un combat Le Pen-Mélenchon, on n'en veut pas. Mais en même temps, ils ne se prononcent pas pour faire en sorte autrement. Donc moi, je crois que…
– Mais c'est quand vous dites un candidat commun des ALR OPS, ça veut dire qu'il y a des discussions qui existent aujourd'hui entre tous ces partis politiques pour qu'il n'y ait qu'un seul candidat. – Aujourd'hui, il n'y a qu'un comité de liaison
entre les partis de l'OF central. – Non, mais au-delà du comité de liaison… – Ça ne suffit pas. – Ça ne suffit pas. Aujourd'hui, on est là pour ne pas donner trop de coups et pour éviter les débordements. J'espère qu'on les évitera. Mais ça ne suffit pas. – Mais ça veut dire qu'il y a des discussions,
par exemple, entre un Laurent Wauquiez et un Bernard Cazeneuve pour essayer de dégager une candidature commune à tout ce monde-là.
– Je crois que Laurent Wauquiez avait m'envoqué plus large que ça. – Oui, ça allait plus à droite. – Non, je pense que, vu le danger, vu la pérennité des sondages, vu la menace qui pèse sur ce pays dans les conditions où nous sommes aujourd'hui, accroître la fragilité de la France sur les dramatiques. – Mais quand vous entendez
Maud Bréjon, par exemple, qui est dans votre camp et qui dit qu'elle soutient Édouard Philippe, comment vous réagissez ?
– Je pense que ce n'est pas un candidat qu'il faut soutenir aujourd'hui. C'est une démarche, je vous le dis. Voilà. – D'accord. – Voilà comment je démarche. – Ok, donc vous soutenez à l'heure actuelle
ni Gabriel Attal, ni Édouard Philippe.
– Je n'ai pas dit ça. Si demain, il faut voter Édouard Philippe ou Gabriel Attal, bien entendu d'abord, mais Édouard Philippe ensuite ou quelqu'un d'autre, pour éliminer l'extrême au deuxième tour, je voterai pour lui, bien entendu.
– Est-ce que pour vous, le macronisme va s'arrêter en mai 2027 ou est-ce qu'il peut y avoir un retour d'Emmanuel Macron ?
– Moi, je pense qu'il ne faudra pas deux ans pour que le retour en grâce d'Emmanuel soit réel. Emmanuel Macron, je le dis. Je le dis parce que, interrogez les Français autour de vous dans les difficultés extrêmes actuelles internationales, au G7 ou ailleurs, dans les problèmes avec l'Ukraine. Qui voyez-vous à la place d'Emmanuel Macron aujourd'hui ? – Ah ben oui, ah oui. Il ne voit pas grand-chose. – Donc pour lui, il va revenir ? – Vous ne voyez pas Édouard Philippe à la presse. – Je n'entends pas répondre Édouard Philippe, comme je dis ça aux gens. Et deux, je ne voulais pas apporter aujourd'hui.
Un jour, j'ai dit au Président de la République que ce ne sont pas les grandes lois qui changent l'épinion des Français, c'est le quotidien. Les Français sont exaspérés par leur quotidien, par la sécurité, par les difficultés, par la complexité, par l'humanité, etc. – Ça, c'est les conséquences des différents gouvernements d'Emmanuel Macron ? – Non, attendez, justement, j'ai relevé, je ne l'ai pas apporté aujourd'hui, mais je le ferai si vous m'invitez, les 100 mesures qui ont totalement changé la vie des Français. On n'a fait que du quotidien tout le temps.
Je parle du prélèvement à la SOUR, je parle des écoles de diminution des élèves, je parle du versement de la pension alimentaire, je parle du fauteuil rouleur. Tout ce qui est avalé est oublié. – Mais pour être clair. – Et 100 mesures qui ont vraiment changé la vie des Français. point dernier, le fauteuil, 1 million, le fauteuil gratuit. Ça ne change pas la vie d'un million de personnes en France ? – Mais vous dites
qu'il ne faudra pas deux ans
pour son retour en grâce. Est-ce que concrètement, vous souhaitez son retour en 2032 ? Est-ce que vous souhaitez qu'il soit de nouveau en 2032 ?
– Je l'ai dit en présentant, j'ai dit l'autre jour, sur un plateau, que sur mon écran, il y a marqué « hashtag Macron 2032 ». – Oui, voilà, je l'ai dit. Et je le souhaite d'ailleurs, je vous le dis franchement, comme tel. – Et vous en avez parlé avec lui ? Est-ce que lui le souhaite ? – Si on regarde les choses en face, est-ce que vous pensez que les difficultés de la santé, que les difficultés de la justice, que les difficultés de la sécurité, que les difficultés de l'environnement à la date d'Emmanuel Macron, or qui est-ce qu'il a le plus répondu fortement qu'Emmanuel Macron ces dernières années ?
Est-ce qu'on a doublé le budget des armées, quand on a mis plus de 30 milliards de la santé dans les hôpitaux, quand on a doublé le nombre de magistrats, quand on a trois plans climatiques, quand on a pris les mesures contre les gaz à effet de serre comme lui, est-ce qu'on n'a pas changé les choses ?
– Est-ce que lui se prépare à revenir en 2032 ? Vous êtes un de ses confidents, vous parlez beaucoup avec lui. Est-ce qu'il vous en a déjà parlé ? Est-ce que lui en veut revenir ?
– Un, le président ne se confie pas. – Mais il ne vous dit rien. – Non, il écoute, il essaie, mais il ne se confie pas. Et c'est très bien comme ça. Deux, qu'il y pense ou pas, je ne sais pas s'il y pense. En tout cas, j'ai vu que c'est la tentation de tous les présidents de revenir, une fois qu'ils ont été… Surtout, j'ai vu Sarkozy, je vois François Hollande aujourd'hui. Et puis, moi, je pense…
– Ils sont peu nombreux à avoir réussi.
– On est d'accord. Mais enfin, personne n'avait réussi à se faire élire deux fois hors cohabitation. Personne. Donc, c'est cela aussi à mettre à l'actif d'Emmanuel Macron qui, je pense, a voulu protéger les Français. Il a répondu aux crises. Il y a eu des crises. Et puis, en plus, avouez que le Covid, la guerre, l'inflation, la crise énergétique qui sont venues ici se succéder. Jamais un président, jamais un président en 10 ans n'a eu six crises successives.
– On va parler de vous. Pour terminer, François Patria, vous êtes sénateur depuis près de 20 ans. Vous ne vous représenterez pas. Pourquoi ?
– Je l'ai dit, par lucidité, par sagesse et par responsabilité. Par lucidité, tout le monde le sait, j'ai plus de 83 ans. Plus de 83 ans. Vous savez, j'ai trop vu d'hommes politiques vouloir faire le mandat de trop, s'accrocher, s'ouvrir aux critiques. Ils disaient, le mandat doit être bien, la place doit être bonne, ça doit bien payer, etc. Donc, je suis lucide sur mon âge, même si je suis en forme, même si les choses sont plutôt bien et ça peut ne pas durer, bien entendu. Quand on part pour un mandat de 7 ans, 84 ans, 91 ans. Non. Lucidement, ce n'est pas bien. Deux, la sagesse.
La sagesse, c'est de faire en sorte que je peux considérer aujourd'hui, je ne suis pas de ceux qui regardent dans le rétroviseur, jamais. Mais 15 ans à l'Assemblée, 4 ans au Conseil économique et social, 3 ans au gouvernement, 16 ans au président de région, 18 ans au Sénat. Je vois bien ce qu'on dit sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, il est temps qu'il dégage. Voilà ce que j'entends. Il va bientôt partir. Qu'est-ce qu'il fait encore là ? Donc, c'est plutôt sage de répondre et de dire, voilà, je pense avoir tenté de faire ce que j'ai pu. J'ai eu des échecs. J'ai été deux fois battu dans ma vie politique. Mais j'ai gagné 23 élections.
Et la responsabilité, c'est de faire en sorte que le groupe que je préside avec fierté depuis 9 ans puisse perdurer aujourd'hui. Il y aura toujours un groupe ? Vous en doutez ? Ça vous inquiète ? Est-ce que les macronistes auront encore un groupe au Sénat en octobre ? Aujourd'hui, il y a suffisamment de sénateurs non réligibles pour que le groupe persiste. Je pense qu'on en réalisera les 4-5ème. Donc voilà, le groupe persistera. En revanche, vous craignez
une constitution d'un groupe RN ?
Alors ça, je ne le crains pas, c'est sûr. Il y aura demain, je pense, entre 11 et 15 membres pour faire un groupe RN, comptant ou ne comptant pas, ceux de la droite du côté sociétique les rejoindront.
Ça peut changer les discussions et l'atmosphère au sein de l'initiative.
Ça changera totalement l'atmosphère au sein du groupe. Parce qu'il nous arrive d'avoir des réunions de présidents entre nous, avec Mme Kukerman, avec M. Rotaillou, avec Mathieu Darnot aujourd'hui, et d'autres. Communiste. Les choses se passent plutôt bien, même quand on n'est pas d'accord du tout sur certains points. Je pense que la présence demain va changer les choses. Et d'ailleurs, il y a une remarque que je voudrais faire sur vous, c'est que depuis 50 ans de vie politique, je vois le niveau des assemblées baisser terriblement. Que ce soit dans les communes, que ce soit dans les départements, que ce soit dans les régions, que ce soit ici au Sénat. Que ce soit au Sénat.
Pensez qu'il y a 200 ans, il y a 150 ans, c'est Victor Hugo qui siégeait. C'était Lamartine d'ailleurs. Aujourd'hui, vous voyez le niveau. Non pas au Sénat, parce que le Sénat, le niveau est plutôt encore bon, parce que le mode de dégénération… – On ne va pas laisser les députés apprécier ça.
– Mais l'Assemblée nationale,
je vous assure que le niveau de l'Assemblée nationale, regardez les débats, il y a 20 ans, même en 80, quand j'ai été élu, les débats à l'Assemblée nationale en 80 et aujourd'hui, il y a de quoi désespérer les Français.
– Merci François Patria. Du coup, vous aurez le temps de regarder le foot ce soir. C'est la une de la dépêche.
– Bien sûr, bien sûr. – Que la fête continue, le 16e de finale. – J'ai même remarqué la finale hier soir du match Allemagne contre Paraguay qui a été éliminé hier soir. Et les affrontes qui a fait un match formidable. – On sera tous dans les écrans.
– Et qui s'est fait rembourser par le Brésil ? – Par le Brésil. – Merci François Patria. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Bonne route pour la suite. – Merci.
François Patriat