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InterviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 9 janvier 2017 54 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesImmigration & asileRetraites

MÉLENCHON : «JE PROPOSE L'IMPÔT UNIVERSEL»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00ComplaisanteRéponse directe

    Vous avez le sourire ce matin, Jean-Luc Mélenchon !

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Et vous allez tout à l'heure répondre aux questions des auditeurs de RMC entre 9h et 9h30.

  • 4:00FerméeRéponse partielle

    500 signatures, vous y êtes ou pas ? Ça y est ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Mais avec le parti communiste, vous les avez !

  • 8:00FerméeRéponse directe

    Vous cherchez 5 à 7 millions d'euros, je crois ?

  • 10:00FerméeRéponse directe

    Une banque vous prêtera. Ça y est, c'est fait. Une banque française ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 18:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Il faut produire avant de distribuer. »
  • 20:00Jean-Jacques BourdinChiffre
    « 92% des salariés étaient volontaires pour travailler le dimanche aux Galeries Lafayette. »
  • 26:00Jean-Luc MélenchonPromesse
    « Moi je suis pour rétablir les 35 heures, et je suis d'accord pour qu'on discute des 32 heures. »
  • 30:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Ça s'appelle l'employeur ultime. »
  • 52:00NicolasChiffre
    « La France a 2 milliards de dettes, 96 % du PIB en dette. »
  • 54:00Jean-Luc MélenchonFait
    « La retraite par répartition c'est la seule retraite juste, parce qu'elle repose sur le travail réel à l'instant T de ceux qui travaillent. »
  • 56:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Le "problème" entre guillemets de l'immigration, la question de l'immigration se pose aujourd'hui dans des termes complètement différents de ce que c'était dans les années 70. »
  • 2:00JLMFait
    « Dans les années 60-70, le patronat est allé chercher la main-d'œuvre au village pour les amener les payer moins que les travailleurs qu'il y avait ici. »
  • 3:00JLMChiffre
    « Il y a 60 millions de personnes qui se déplacent dans le monde. 40 millions, c'est de l'immigration liée à la guerre, et 20 millions c'est lié au dérèglement climatique. »
  • 4:00JLMFait
    « On ne peut pas demander aux autres de s'en occuper alors il faut prendre le problème à la racine. »
  • 6:00JLMPromesse
    « Demain si je suis président de la république il n'y aura plus de travailleurs détachés en France. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Jean-Jacques Bourdin : Jean-Luc Mélenchon, notre invité ce matin, bonjour ! Jean-Luc Mélenchon : Bonjour JJB : Vous avez le sourire ce matin, Jean-Luc Mélenchon ! Jean-Luc Mélenchon : Oui.

JJB : Et vous allez tout à l'heure répondre aux questions des auditeurs de RMC entre 9h et 9h30. Ça, ça m'intéresse beaucoup. JLM : Oui, merci de m'avoir invité à tout ça.

D'ailleurs, je vais en profiter pour dire que j'ai été impressionné hier par le fait que la chaîne BFM a retransmis la totalité de mon discours, ce qui est quand même une prise de risque parce que c'est long, et ça faisait un contraste terrible entre ce qu'a fait hier BFM et par exemple France 2, qui a réussi à pas dire un mot de l'existence de ce rassemblement qui était nombreux, d'autant plus visible que, quelques km plus loin, M. Valls réunissait bien moins de monde. Enfin bon, j'ai trouvé que la journée d'hier était ...

JJB : C'était une bonne journée ? Je vais revenir sur ce que vous avez dit hier, mais ce qui m'intéresse aussi, c'est ce que vous dites hein, Jean-Luc Mélenchon. Vous aussi d'ailleurs, j'imagine.

JLM : Hier c'était le travail, la souffrance au travail. JJB : On va parler du travail mais 500 signatures, vous y êtes ou pas ? Ça y est ?

Ça y est ? JLM : Moi, vous me connaissez, M. Bourdin, moi je n'aime pas me vanter.

Alors hier soir c'était pas fait, c'était 496. Moi tant que j'ai pas 500...

JJB : Il vous en manquait 4 hier soir. JLM : Oui, mais tant que je n'ai pas mes 550, je n'y crois pas - ou 600. Pourquoi ? parce que en plus y'en a d'autres qui cherchent des signatures, je les comprends.

JJB : Oui. JLM : Alors ils viennent voir les maires, déjà avec tout le mal que j'ai eu, puis ils passent et ils disent : "Ha ben vous savez Mélenchon, c'est bon ça y est, il les a ses signatures !" JJB : Mais avec le parti communiste, vous les avez !

JLM : Mais ça c'est autre chose, le parti communiste fait une campagne autonome sur ses propres lignes. JJB : Autonome, mais derrière vous quand même ! JLM : Oui, oui, je crois bien, oui.

Des fois je vois qu'il y a des débordements d'enthousiasme après qu'il y ait eu des débordements de froideur, mais bon c'est une campagne, c'est bien ! Moi je respecte beaucoup la parole de mes partenaires. Les communistes ont fait un choix.

Une campagne à eux, autonome, de leur côté, dont ils sont totalement maîtres. Eh ben je respecte ce choix. Vous savez, il y a des gens qui me soutiennent - c'est le plus grand nombre - [qui] n'ont aucune carte de parti ni aucune allégeance !

Donc, faut prendre les gens comme ils sont, chacun, et respecter leur démarche. À la fin, on se retrouve sur un programme. JJB : Vous cherchez 5 à 7 millions d'euros, je crois ?

JLM : Oui. JJB : Une banque vous prêtera. Ça y est, c'est fait.

Une banque française ? JLM : Oui. JJB : Ou étrangère, non ?

JLM : Ah ben étrangère je tiendrais pas deux secondes, vous m'assassineriez séance tenante ! JJB : Non, je vous dis ça parce qu'il y a allusion au Front National, qui cherche de l'argent aussi, personne ne veut lui prêter. Est-ce injuste d'ailleurs ?

JLM : Ah oui, c'est injuste, parce que ou bien le Front National était interdit comme un parti dangereux pour la démocratie, ou bien c'est un parti qui a des élus - c'est le cas - comme les autres, et dans ce cas y a pas de raison pour un banquier de faire de l'ostracisme. D'ailleurs, les banquiers en général n'ont pas de morale, donc pourquoi tout d'un coup ça leur prend de faire des tris politiques ? Alors je plaide pas pour qu'ils aient de l'argent, mais je suis d'accord pour leur donner ce coup de pied de l'âne et dire aux banquiers : "Ayez pitié du Front National, parce que d'habitude vous n'avez pas de morale, alors ne faites pas semblant d'en avoir une cette fois-ci !" Sauf ceux qui me prêtent à moi, parce que ce sont des banques coopératives !

JJB : Ah, c'est une banque coopérative? JLM : Oui, oui oui. On a eu une bonne discussion, alors grâce à quoi d'ailleurs moi je dis merci aux banquiers au moins pour une chose JJB : Ah bon !

Ca c'est....

JLM : Mais oui ! Parce que à chaque fois pour me prêter on m'examine des pieds à la tête. Et comme j'ai mon âge, évidemment, on va regarder la taille de mes artères,... ... tout va bien !

Donc je suis un homme flambant de santé...

JJB : Vous avez la bonne santé. JLM : La preuve, on me prête 8 millions que je n'ai pas. JJB : 8 millions que vous n'avez pas.

JLM : Non. Par contre, on a déjà collecté un million d'euros, comme ça, par petits dons. Bon, c'est moins que M.

Macron, mais mes copains sont moins fortunés ! Et puis là, on continue à en rentrer. Les gens donnent des sous parfois pour quelques mois, vous voyez...

JJB : On va parler d'Emmanuel Macron. JLM : C'est important, vous êtes le premier à parler de choses concrètes, parce que les gens savent pas sinon qu'une campagne électorale c'est tout ça. JJB : Bah bien sûr !

JLM : Les 8 millions c'est moi, Mélenchon, qui signe. Si j'ai pas 5 %, c'est moi qui paye. JJB : Mais Jean-Luc Mélenchon, on va parler d'Emmanuel Macron, ça nous permettra de parler travail, puisque c'était le sujet que vous avez abordé à Tourcoing hier : le travail.

JLM : Et qu'est-ce que ça a à voir avec Macron? JJB : Vous allez voir le cheminement. Vous dites : "Emmanuel Macron et moi, nous sommes les 2 seuls candidats finalement... enfin... de la gauche, ou pas de la gauche, mais bon : le candidat venu, issu de la primaire, oui, enfin, bon...

JLM : C'est-à-dire que M. Bourdin, voilà comment je présente les choses. JJB : "À quoi bon un candidat du PS ?", vous dites.

JLM : Ah ben, c'est un autre sujet, c'est pas Macron. Le sujet était le suivant : je dis voilà, jusqu'à présent...

JJB : Macron il réunit aussi des sympathisants socialistes hein, derrière lui. JLM : Bien sûr, aussi, oui, oui, et puis des gens de droite désorientés, y en a plein ! JJB : Oui, bien sûr !

JLM : Bon ben ça veut dire que les anciens pâturages n'ont plus leurs barrières quoi, voilà. Alors, ce que je voulais dire sur cette affaire, c'est que les socialistes, jusqu'à présent, ils étaient candidats parce qu'ils avaient un programme. Là, le Parti Socialiste a décidé, décidé qu'il n'aurait pas de programme, puisqu'il s'en remettait à son candidat.

Ensuite, les candidats, entre eux, ils sont extrêmement éloignés. Je crois pas leur faire injure en disant qu'entre Valls et Montebourg, c'est la nuit et le jour, sur bien des sujets. Alors, donc ils n'ont même pas ça en commun.

Il leur restera, M. Bourdin, 92 jours pour se mettre d'accord entre eux, pour avoir un programme, pour diriger la France. Est-ce que vous croyez que c'est sérieux? 92 jours entre le deuxième tour de la primaire et le premier tour de la présidentielle pour mettre au point un programme et en convaincre les Français.

Ils savent bien eux-mêmes que ce n'est pas possible, parce qu'ils n'ont pas travaillé. Ils n'avaient qu'une logique, c'était le gouvernement Hollande. Le gouvernement Hollande ça a donné ce que vous avez vu.

Et puis, troisième raison : jusque-là, ils disaient : "Bon, allez, tout ça c'est des histoires, nous sommes les moins pires. Et d'ailleurs, il faut voter pour nous parce que nous sommes devant." Ben maintenant c'est pas vrai.

Ils ne sont pas devant. Ils sont déjà au moins en cinquième position, c'est-à-dire derrière M. Macron et moi.

Alors dites-moi, cette fois-ci il n'y a plus de vote utile, il y a juste un vote inutile : c'est le leur, et ils vont le comprendre, parce que la vie est comme ça ! Vous allez voir ça se mettre en place, les gens vont se dire "ça sert à rien", donc qu'est-ce qui reste ? Il reste à trancher sur le fond.

Sur le fond, il y a l'orientation de M. Macron, qui est une orientation libérale -- social-libérale on va dire pour être sympathique, parce que c'est lundi matin -- et puis il y a une orientation, on va dire progressiste, humaniste que je porte, bon, voilà. JJB : Alors justement Emmanuel Macron parlant de travail, lui, dit : "Il faut d'abord produire pour pouvoir distribuer." "Je ne vais pas taxer davantage les riches, ils iront s'enrichir ailleurs.

Le droit du travail doit être simplifié," "l'Etat fixe un cadre, ensuite négociation dans les branches ou les entreprises." JLM : Voilà, ça c'est la pensée libérale. Pourquoi?

Parce que ça commence par une affirmation ridicule : "Il faut produire avant de distribuer." Mais quand est-ce qu'on a arrêté de produire, M. Bourdin ?

Dites-moi quel jour c'était ? Le jour où, quand on a donné des avantages aux travailleurs, le lendemain on arrêtait de produire ? C'est absurde.

Ce pays produit plus que jamais, d'accord ? Plus que jamais de son histoire. Deuxièmement, avec moins de travail nécessaire que jamais, c'est-à-dire qu'on a divisé la quantité de travail depuis 1870 par 2, et on a multiplié par 30 la quantité de richesses produites.

Donc c'est pas le problème la production, ni même la peine humaine si on répartissait le travail sur tous - première chose. Deuxième chose, il dit : "Je ne vais pas taxer les riches, parce que sinon ils s'en iront ailleurs." Grosse bêtise !

Les riches, le capital, investit là où il y a une bonne base productive, et nous sommes une bonne base, le site France est très bon, à cause de ses équipements publics, de sa santé garantie aux travailleurs, etc, etc...

Et puis trois, il renonce alors ? Alors les riches font ce qu'ils veulent ? Comme ils peuvent s'en aller !

Eh ben moi j'ai trouvé la solution, cette solution ça s'appelle...

Avant j'appelais ça l'impôt différentiel, personne comprenait rien. Donc j'ai dit : "C'est l'impôt universel." Vous êtes français ?

Très bien. Vous payez vos impôts où que vous soyez sur la planète. Comment vous faites ?

Dans le pays où vous êtes, vous payez ce que vous devez au pays, c'est bien normal ; et puis vous le dites au fisc français. Et le fisc dit : "Ben ça tombe bien, vous nous devez rien." Ou bien il dit : "Si vous aviez été en France vous auriez payé plus, donc vous payez plus." Ou moins - ou moins, et vous payez votre part.

Je suis député européen, c'est mon régime fiscal. C'est-à-dire : je commence par payer l'impôt à la Commission Européenne, c'est comme ça pour nous les députés, on déclare au fisc, et le fisc passe derrière en disant : "Attendez M. Mélenchon, la dernière fois, en plus vous avez eu des droits d'auteur ? donc pouf, ça fait tant." Voilà ce que je propose.

Donc je ne renonce pas à l'idée...

JJB : Impôt basé sur la nationalité, quoi. JLM : Voilà. Donc les riches ne s'en iront pas.

Deuxièmement, je ne suis pas d'accord pour qu'on dise : "Tout se discute dans l'entreprise." Non ! Il y a des lois et M.

Macron a dit justement qu'il fallait faire de la prévention dans la santé. Expliquez-moi comment vous faites de la prévention dans la santé si vous négociez ça dans l'entreprise ! Mais cet homme-là a déjà vu une fois une entreprise, comment ça se passe dedans ?

Vous êtes pas avec votre patron à vous taper sur l'épaule en disant : "Tiens, j'ai un p'tit rhume, je rentre à la maison !" Ca tient pas debout. JJB : Jean-Luc Mélenchon, Macron va vous répliquer et vous dire : "Mais je réussis !" "Regardez le travail, l'ouverture des magasins le dimanche, ça marche !" "Regardez les cars Macron, ça a permis à 300 000 jeunes de pouvoir partir pendant les fêtes !" Ca vous fait sourire ?

JLM : Ah oui c'est clair, mais c'est trop beau là, M. Bourdin, à la fin ils vont dire que vous êtes mon complice ! JJB : Mais non, mais je ne suis pas du tout votre complice !

JLM : Mais je le sais bien que vous n'êtes pas mon complice. JJB : Je vous dis la réalité. JLM : Mais vous vous trompez lourdement, encore une fois.

Ça m'étonne d'un homme aussi intelligent que vous. JJB : Je ne me trompe pas, moi, je vous dis ce qu'avance Macron comme arguments, c'est pas les miens ! JLM : Mais vous avez raison de le dire en plus !

Tout à l'heure, en arrivant, j'écoutais sur une radio, quelqu'un disait : "Ah, c'est un plébiscite ! les gens aux Galeries Lafayette, tout le monde doit travailler le dimanche !" JJB : Oui, c'est vrai.

JLM : C'est pas comme ça qu'il faut prendre le problème, c'est pourquoi des gens normaux veulent-ils travailler le dimanche, c'est-à-dire bousiller leur vie de famille ? JJB : 92% des salariés étaient volontaires pour travailler le dimanche aux Galeries Lafayette. JLM : Il faut dire, avant ça y a eu un sacré bras de fer syndical avec le patronat !

JJB : Oui, mais il y a un accord qui a été trouvé et signé. JLM : Peut-être bien, mais au début le projet de la direction c'était de tondre les gens gratos ! JJB : Au début, mais ce n'est plus le cas.

JLM : Bien, y a eu une négociation. Ecoutez-moi, M. Bourdin.

JJB : Oui, je vous écoute, Jean-Luc Mélenchon. JLM : Après ça, demandez-vous pourquoi un père, une mère de famille, un jeune homme ou une jeune femme qui est en train de construire sa vie de couple, pourquoi ils décident de se pourrir le dimanche en allant travailler, pourquoi M. Bourdin ?

JJB : Bon, alors je vous explique. JLM : Non, répondez. JJB : Vous avez vu les témoignages.

Mais pourquoi ? Mais moi j'écoute les gens, comme vous ! JLM : Mais oui !

JJB : Bon, alors, Alix, 29 ans, sans enfant, qui dit : "Moi je suis heureux, j'arrondis mes fins de mois, je pourrai épargner..." JLM : Stop !

Stop ! JJB : "Qu'est-ce que j'ai ? Aux Galeries Lafayette c'est journée payée double, plus des jours de repos supplémentaires." "On peut aussi être payé normalement et avoir deux jours de repos supplémentaires." JLM : Attendez, vous allez pas me réciter tout l'accord ?

Laissez-moi vous répondre ! JJB : Aurélie, qui dit...

JLM : C'est bon Bourdin, on a compris ! Laissez-moi parler ! JJB : Véronica, qui dit : "J'aurai plus de temps avec ma famille" JLM : Ah oui, plus de temps, d'accord.

JJB : Eh oui "parce que ça me permettra de prendre des jours supplémentaires et de ne pas envoyer mon enfant à la crèche." JLM : Et voilà ! JJB : Ben oui !

JLM : Eh ben voilà ! JJB : C'est un accord gagnant, pourquoi vous le refusez ? JLM : Ecoutez-moi M.

Bourdin, je le refuse pour deux raisons. JJB : Allez-y. JLM : Je laisse la raison philosophique de côté ça serait trop long : nous devons tous avoir la même semaine si nous voulons avoir une chance de nous rencontrer, de faire autre chose que de travailler, de faire autre chose ensemble mais c'est pas seulement ça.

Toutes les raisons que vous venez d'évoquer, pourquoi faut-il que ça passe par le travail du dimanche ? Etre mieux payé. Pourquoi il faut aller travailler le dimanche pour être mieux payé ? il faudrait être mieux payé le reste de la semaine !

Il faut donc augmenter le SMIC, augmenter les salaires ! JJB : 1700€, vous proposez. JLM : Ecoutez-moi, s'ils ont besoin de temps supplémentaire, alors ça veut dire que ça vaut la peine de réduire le temps de travail.

Parce que quand on a fait les 35 heures, on a créé 350 000 postes de travail qui ont coûté moins cher que un seul des postes créés soi-disant par M. Gattaz avec le crédit d'impôt. Donc les gens veulent travailler le dimanche, pas parce qu'ils aiment travailler le dimanche !

Bien sûr qu'il y a quelques personnes M. Bourdin, je vais pas vous dire le contraire, celui-ci, celle-là, mais c'est une ultra-minorité. La majorité qu'est-ce qu'elle veut ?

Une meilleure paye et du temps pour s'occuper de la famille. Donc faut pas aller travailler le dimanche. Maintenant, si c'est le seul moyen pour eux, je ne leur fais pas le reproche, mais je dis que ceux qui ont inventé ça ce sont des gens vraiment tordus, parce qu'à la fin, en plus, faudrait que les gens applaudissent et disent : "Ah qu'est-ce que je suis content de plus avoir de vie de famille !" "Ah je vais pouvoir m'occuper de mes gamins, parce que sinon je ne peux pas m'en occuper !" Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas aller chercher ses gosses le mercredi et s'en occuper?

Si il y avait la réduction du temps de travail, ça serait possible. JJB : 32 heures, vous proposez. JLM : Non, non, non.

JJB : Ah non ? Alors, allez-y. JLM : Moi je suis pour rétablir les 35 heures, et je suis d'accord pour qu'on discute des 32 heures.

On m'explique comment ça marche, comment on peut le faire fonctionner, comment on le finance, on peut me convaincre. JJB : 35 heures, et les heures supplémentaires...

Qui sont payées ? JLM : Eh ben évidemment ! JJB : Évidemment, payées ; mais valorisées ?

À combien ? JLM : Évidemment, il faut les remonter. JJB : 10 % ?

JLM : Non, non, non, non 10 %, je connais mes chiffres. JJB : Alors, allez-y. JLM : 10 %, c'est la trouvaille à El Khomri, d'accord ?

C'était 25 %. il faut que les gens comprennent bien ce qu'on s'explique. 35 heures, ça n'a de sens que s'il y a des heures supplémentaires après : parce que si l'heure supplémentaire coûte cher, il y a un arbitrage : on va essayer de voir, soit on améliore les machines pour produire davantage dans les 35 heures, soit on va créer un poste de travail supplémentaire.

C'est ça l'arbitrage, M. Bourdin. Tout ça c'est que bon pour moi.

Si vous décidez l'investissement, une autre machine, c'est de l'investissement, donc c'est du travail ailleurs, là où on produit la machine ; si vous décidez de faire un poste de plus, j'ai encore gagné ça fait un poste de plus. Mais pour ça il faut que l'heure supplémentaire coûte cher. Or, qu'on fait tous ces gens ?

Ils ont baissé le prix. Et ils continuent à aller à la télé ! Vous avez vu, M.

Fillon, cet hypocrite, dire : "Ah ben les 35 heures faut en finir !" Mais mon bonhomme, c'est déjà fini, puisque l'heure supplémentaire ne coûte pratiquement plus rien. Alors il en profite pour dire : "Ça coûte encore trop !" 10 % de sur-salaire !

Vous savez ce qu'on a volé aux gens, là ? C'est mesquin, c'est minable. On leur a pris...

Une heure supplémentaire, c'était 10 %, ou 25 % de plus qu'une heure travaillée. JJB : Alors y a des propositions : la défiscalisation des heures supplémentaires, qui est une façon d'offrir du pouvoir d'achat. JLM : Eh ben voyons, c'est trop bon.

JJB : Vous savez qu'il y a beaucoup de salariés qui étaient pour ! JLM : Oui, oui, bien sûr ! JJB : Ben oui, oui, Jean-Luc Mélenchon, vous l'avez entendu d'ailleurs.

JLM : C'est normal, que les gens veuillent défendre leur argent ça me paraît normal ! JJB ; Ben oui, oui ! JLM : Ce qui n'est pas normal c'est qu'on demande aux impôts de payer ce que le patron payera pas !

Parce que sinon, si on va par là, M. Bourdin, on nationalise toute la main-d’œuvre, hein. Parce que à la fin, si c'est les impôts qui payent les cotisations sociales, puis une part du salaire, puis j'sais pas quoi, alors on nationalise la main d’œuvre.

Et si on nationalise la main d’œuvre, on décide le prix horaire. Et OU vous avez un ouvrier au prix que je vous dis, OU vous n'en avez plus du tout. Donc on laisse tomber les grosses bêtises.

Mais je veux rester sur le réel, le concret. M. Fillon nous a dit qu'il allait supprimer les 35 heures.

C'est pas à cause des 10 % que ça coûte de plus, c'est pour annoncer une autre horreur qui est de dire : "Dorénavant, il n'y a plus de durée légale du travail." "Donc jusqu'à 48h" - qui est la durée maximum en Europe...

JJB : Européenne, oui. JLM : "...y a plus d'heures supplémentaires", M.

Bourdin ! Et y a plus de durée hebdomadaire de la semaine. Vous pouvez dire : "Attendez, la loi c'est pas ça !" "C'est pas que je travaille 48 heures !" On vous dira : "Eh bien monsieur," "Cette semaine c'est comme ça ; et si vous n'êtes pas content vous pouvez vous en aller." J'ajoute que comme tous ces braves gens ont inventé le forfait qui autrefois était le forfait jours, juste pour les cadres - parce que bon ils faisaient leurs trucs, leurs machins, ils avaient leur ordinateur, on pensait qu'on pouvait les tondre.

Donc on a inventé le forfait jours, moi à l'époque j'ai voté contre, j'ai présenté un amendement contre en disant : "Vous finirez par faire ça à tous les ouvriers." C'est ce qui se produit. Autrement dit, les pauvres gens auront un horaire annualisé, d'accord ?

Ca c'est la loi El Khomri, sur 3 ans. Ils négocieront dans l'entreprise la durée du travail hebdomadaire et quoi encore ? C'est quoi la différence ?

Après c'est quoi l'étape suivante ? Esclave ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

On va pas passer la vie au travail, à dépendre de quelqu'un que vous ne connaissez pas ! Ils ont même changé le délai pour prévenir. Par exemple avant, vous, votre patron, M.

Bourdin, eh ben il devait vous annoncer votre changement d'horaire une semaine avant. Vous aviez le temps pour vos enfants ou vos petits-enfants de vous occuper de tout ça, d'organiser votre semaine. Encore que...

Là maintenant c'est 3 jours. Quel est l'homme ou la femme qui est capable de réorganiser tout son emploi du temps, pour les gamins et pour la vie de famille, en 3 jours ? Tous ces gens ont en commun de ne rien comprendre à la vie quotidienne des salariés.

Voilà. Et après ils disent : "C'est bien, ils viennent le dimanche !" Maintenant ils les feront venir la nuit, bientôt.

JJB : On va revenir sur RMC à la retraite à 60 ans, c'est votre proposition avec 40 annuités. JLM : Oui, je sais comment payer ça, vous allez voir, parce que d'habitude on commence par me dire ça. JJB : Non, non, non, moi j'ai plein de questions.

On va revenir aussi sur les chômeurs de longue durée. Vous voulez qu'ils deviennent fonctionnaires, qu'ils soient rémunérés par l’État ? JLM : Non, non, non.

Bon, on va voir. Bon, d'accord. JJB : On verra ça, bon.

JLM : Ça s'appelle l'employeur ultime. JJB : Moi j'ai une autre question, et on va passer un peu vite fait à l'étranger, à travers la défense française. Est-ce que, président de la République, vous augmenterez le budget de la Défense ?

JLM : Ça dépend pour quoi faire. C'est quand même curieux hein, on parle de budget, on parle pas de pour quoi faire ! Moi je suis contre les expéditions, l'état de quasiment expédition permanente.

Vous savez, y avait un moment, quand ils parlaient de moi, au PS, ils disaient : "Ah, il va nous déclencher une guerre." Eux, ils en ont fait quatre. D'accord ?

Dont une où ils ont failli nous mettre dans une guerre épouvantable dont on serait pas ressortis puisqu'il se proposaient d'aller bombarder nous-mêmes directement en Syrie pour régler les comptes. Une folie, une folie. Plus, on est un monde dans un état de guerre généralisée.

M. Bourdin, écoutez-moi. JJB : Oui, je vous écoute.

JLM : Y a plus la guerre froide, y a toujours l'OTAN, qui était l'organisation des Américains pour faire face à l'Union Soviétique, y a plus la guerre froide. Et les budgets de défense du monde ont augmenté de 30 %. Donc vous voyez bien qu'il y a un lobby militaro-industriel qui pousse à la consommation et qui rencontre des alliés.

JJB : Que fait la France si vous êtes élu président de la république, que faites-vous ? Est-ce que vous augmentez le budget de la Défense comme partout ailleurs dans le monde, ou pas ? JLM : Qui, partout ailleurs ?

JJB : Dans beaucoup de pays. JLM : Ouais ouais. Nan mais mettons les choses au point, comme ça les gens apprennent quelque chose au passage. 50 % des dépenses du monde - militaires - sont faites par les États-Unis d'Amérique.

JJB : Qui augmente ? Les Etats-Unis, la Russie ? Quels sont les pays qui augmentent leurs budgets militaires ?

Les États-Unis, la Russie, la Chine ! Les trois pays les plus importants du monde ! JLM : D'accord.

Alors vous avez bien dit, redites, s'il vous plaît, la liste. JJB : États-Unis, Russie, Chine. JLM : Parfait.

Les États-Unis : 80 % des dépenses mondiales. La Russie a un budget militaire inférieur à celui de l'Arabie Saoudite. D'accord ?

JJB : Oui. Mais vous avez vu l'augmentation ? JLM : Pop-pop !

Au total, c'est inférieur. 600 milliards là -- 600 milliards, les États-Unis d'Amérique --, 60 milliards : la Russie ; 120 : la Chine. Pourquoi la Chine augmente son budget militaire, à votre avis ?

Parce que vous avez des Américains qui ont décidé que c'est eux l'adversaire. Et ce que vous allez voir, Monsieur Bourdin, ce que je vous annonce : le gouvernement Trump c'est un gouvernement de changement de priorité pour les États-Unis d'Amérique. JJB : Alors vous êtes content que Trump soit au pouvoir ?

JLM : Non, moi je...

Non non non. JJB : Vous auriez voté Trump, vous ? JLM : Jamais de la vie !

C'est un raciste et un sexiste ! Bon, il le sont tous, mais enfin bon ! Celui-là particulièrement !

Mais jamais de la vie enfin ! Moi j'aurais voté Bernie Sanders, mais nous nous sommes fait voler l'investiture de Bernie Sanders par des tricheurs, dont Madame Clinton -- c'est le même style que le Parti Socialiste français. Non, mais laissez-moi terminer sur les réformes du monde et vous répondre.

Moi, je ferai une France indépendante. Nous sortirons de l'OTAN, et nous ne participerons pas à la guerre généralisée que les États-Unis d'Amérique veulent mettre en place. Nous ne nous battrons pas en Ukraine, nous ne nous battrons pas en Pologne, nous ne ferons rien de tout ça.

Nous ferons au contraire un monde ordonné et nous y contribuerons, parce que nous, Français, nous avons la capacité d'être entendus. Comprenez-moi bien : nous avons des moyens de défense qu'il faut amplement réorganiser par rapport à l'indépendance. JJB : Vous augmenterez les budgets ou pas ?

JLM : Monsieur Bourdin, on verra ! On commence par les buts, et après on voit. Je vais vous dire, y a une chose qui va p'têt nous coûter moins cher, hein.

Y a plus d'officiers français à l’État-major de l'OTAN qu'il y en a dans l’État-major des armées françaises ! Alors c'est bon, on n'est pas là pour former les troupes des Nord-Américains ! JJB : Et la dissuasion ?

Vous maintenez la force de dissuasion française, oui ? JLM : À moins que quelqu'un ait une autre idée sur la manière de se défendre ! Mais Monsieur Bourdin, ça a une conséquence : si la dissuasion fonctionne, pour qu'elle fonctionne faut pas qu'il y ait de batteries de fusées anti-missiles installées en Pologne, parce que ça, ça veut dire qu'on admet une guerre intermédiaire...

JMB : Vers l'Iran. JLM : Ca, l'Iran, c'est le prétexte, et aujourd'hui ils s'occupent plus de l'Iran. C'est un problème, soit dit par parenthèse.

Mais ça veut dire que, si on accepte les batteries anti-missiles, ça veut dire qu'on accepte que l'Europe soit un théâtre de guerre. C'est pour ça que nous, les Français, on a TOUJOURS refusé l'installation de missiles de petite portée - c'est-à-dire 450, 500 kilomètres - parce que ça veut dire qu'ils se basent chez nous ! Et ça, pas question.

Donc, voilà ma position militaire : c'est l'indépendantisme français. Y a d'autres alliances à faire, et moi je les ferai. Pas avec les Russes et les Chinois et je ne sais pas quoi !

Y a d'autres peuples du monde qui aspirent à une politique non-alignée, et je ferai de la France la tête de file de gens qui veulent pas se battre pour des causes confuses auxquelles ils n'ont rien à voir. JJB : Bien ! Jean-Luc Mélenchon est ce matin sur BFMTV ET sur RMC, vous allez répondre aux questions des auditeurs, sur tous ces sujets.

JLM : On va essayer hein, faut pas que ça soit le Grand Oral de l'ENA hein ! JJB : 8h56. Voix off : Tout de suite, c'est "Bureau de vote" au 32 16 avec vous bien sûr, sur RMC avec Jean-Jacques Bourdin et Jean-Luc Mélenchon.

JJB : Oui, Jean-Luc Mélenchon qui est monté avec nous, ici dans notre studio radio pour répondre à toutes les questions des auditrices et des auditeurs, et les questions sont extrêmement nombreuses. D'abord, nous allons poser une question, pendant la demi-heure...

Journaliste : Faut-il revenir sur l'autorisation du travail le dimanche ? On vous demande de voter "oui" ou "non" pas SMS au 6 10 71. JLM : Alors il faut voter "oui", il faut revenir sur l'autorisation de travailler le dimanche, parce que c'est pas du tout une bonne idée.

Et par contre la paie, les augmentations de paie, tout ça, oui, il faut les garder. JJB : Et vous abrogez aussi la loi El Khomri. JLM : Oui, c'est clair.

C'est la misère pour tous. Donc oui, elle sera abrogée, ça va de soi. JJB : Bien.

Alors, sur votre proposition d'impôt... comment vous l'appelez, universel ?

JLM : Ben, au début je disais "l'impôt différentiel", mais honnêtement on comprend rien. Donc, le mot est pas bon. JJB : Vous savez que vous avez provoqué des réactions de Français vivant à l'étranger.

Par exemple, Thomas qui est à Singapour. "Bonjour Monsieur Mélenchon, je suis Français, je vis à Singapour, ma question porte sur l'impôt universel : je ne travaille pas pour une société française, mes revenus ne sont en rien liés à une activité professionnelle en France ou même en Europe," "et de surcroît je ne bénéficie d'aucun service public français dans ma vie de tous les jours. Je suis très fier d'être Français, je ne changerais de nationalité pour rien au monde." "Alors, votre proposition d'impôt universel me fera simplement payer une redevance sur ma nationalité française !

Je trouve cela injustifié." JLM : Alors, bon, on va tâcher de bien le comprendre. Le raisonnement de ce monsieur est : "Comme je ne bénéficie d'aucun service public, je ne vois pas pourquoi je paierais d'impôt." Bon, on peut dire que c'est une thèse qui se discute.

Parce que le fait d'être Français, c'est participer au destin collectif de la France ! Et ce monsieur bénéficie des services publics français. Il bénéficie de la possibilité de se faire soigner s'il rentre en France, il a été lui-même à l'école publique laïque obligatoire et gratuite, et si demain il revient en France, ses enfants seront éduqués à l'école, ils bénéficieront de l'ensemble des services publics.

Et puis, il bénéficie aussi d'un service public qui s'appelle la Défense, car s'il est en paix là-bas à Singapour, c'est aussi parce que la France a une activité à l'ONU et ainsi de suite. Donc c'est pas juste de dire "moi j'ai rien". Par contre, ce qui est juste, ce qui est vrai ! ce qui est juste, c'est de dire que les Français de l'étranger sont maltraités, parce que le réseau éducatif qu'on devrait avoir partout présent à l'étranger pour s'occuper de nos enfants est un réseau qui coûte cher, parce que les bourses ne sont pas à la hauteur, parce que il n'y a pas d'issues qui soient proposées réellement sérieusement aux conjoints, donc ce monsieur a en partie raison de dire "bah écoutez, on est abandonnés, oubliés", mais il a tort, alors je termine en vous disant "Si, vous paierez quand même".

Et je veux vous expliquer que c'est le seul moyen, à moins que vous m'en suggériez un autre, que j'ai trouvé pour empêcher que des gens comme tel ou tel milliardaire, on va en nommer un, puisque je l'ai nommé hier, monsieur Mulliez. Il habite en Belgique, c'est bien son droit, hein, d'habiter en Belgique. Mais pas pour s'y cacher et pas payer d'impôt en France.

Donc quand...

Le système que je propose est juste, c'est-à-dire que vous payez ce que vous devez au pays dans lequel vous êtes. Et puis vous envoyez votre déclaration au fisc français, qui fait la différence avec ce que vous auriez à payer si vous étiez en France. Et si vous devez encore, vous auriez dû davantage, et bien vous paierez en France, parce que tous les Français doivent contribuer au destin commun de la patrie, c'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, moi je pense que tout le monde doit payer.

Je ne suis pas d'accord pour que la moitié des Français ne paie pas d'impôt. JJB : Bien. On va parler des impôts.

Tout le monde doit payer dès le premier euro, quel que soit le premier euro ? JLM : Bah pas le premier euro, parce que ça voudrait dire que c'est pas un impôt progressif, hein ? JJB : non JLM : Mais tout le monde doit payer, alors ça veut dire que, heu, les gens qui ont le plus ...

JJB : Même celui qui reçoit des aides sociales ? JLM : Mais tout le monde reçoit des aides sociales d'une manière ou d'une autre. JJB : Oui, d'une manière ou d'une autre.

JLM : Tout le monde paie des impôts quand il a un revenu, alors c'est pas un impôt...

Il est clair que la première tranche elle va pas être bien haute. Mais moi, ce que je veux faire, c'est qu'au total il y ait 14 tranches d'impôt, parce qu'aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ? 50 % des gens paient pas d'impôt, et tous les riches ont trouvé le moyen de se cacher et tout repose sur la classe moyenne, qui est au milieu, qui porte tout sur son dos, c'est pas normal, donc il faut étaler les tranches d'impôts, il en faut 14, aujourd'hui il y en a 5, donc clairement ce sont ceux qui sont au milieu qui paient tout ! y a pas besoin d'être un grand énarque pour comprendre ça, donc en rétablissant 14 tranches d'impôts, et bien je le rends beaucoup plus progressif est donc plus juste.

J'ajoute, monsieur Bourdin, que j'ai fait les comptes, pas moi hein, les camarades ont fait les comptes, et puis les experts qu'il y a autour de moi, mon système ça aboutit à ce résultat, que, jusqu'à 4000 euros, de...

JJB : Oui ? De revenu par mois ? JLM : De revenu mensuel...

JJB : Oui. JLM : On paiera moins ! On commencera à payer plus après.

JLM : Bon honnêtement, heu, je pense que à partir de 4000 euros, payer un peu plus...

JJB : Vous-même vous paierez plus, quoi. JLM : Ah bah oui, moi je suis d'accord. Moi j'avais même demandé qu'on diminue ma paie, mais apparemment j'étais minoritaire, -- "ma paie"... mon indemnité !

JJB : Oui. JLM : Un parlementaire européen, comme un parlementaire français, gagne aux alentours de 6000 euros, ce qui veut dire que nous avons le devoir, nous, de nous occuper des autres, hein, c'est ce qu'on essaie de faire, enfin en tout cas moi c'est l'idée que je m'en fais. JJB : Bien, j'ai un autre appel, après nous allons prendre nos premiers appels, mais j'ai beaucoup de mails, donc je tiens aussi à répondre à des auditeurs, Damien qui lui habite à St-Pétersbourg.

Et qui vous dit : "Bonjour. Je vis en Russie. Les magasins sont ouverts le dimanche.

Ils ne désemplissent pas et cela arrange tout le monde, Russes comme touristes. Les vendeurs sont payés double et s'organisent pour ne pas avoir à travailler tous les dimanches. Il existe aussi dans tous les quartiers des mini supermarchés ouverts..." - C'est vrai.

J'étais en Russie récemment, c'est totalement vrai, vous le savez. - "... 24h/24 et les prix sont les mêmes de jour comme de nuit".

JLM : Bon ben...

Je ne suis pas d'accord. J'admets qu'il y ait une discussion mais on a le droit de dire qu'on n'est pas d'accord. JBB : Oui.

JLM : Il n'y a pas seulement les clients et les commerçants qui ont à voir. Il y a toute la société. Et moi, je me sens en charge de l'équilibre de toute la société.

Bon, ne me dites pas que le dimanche, vous avez le pouvoir d'achat que vous n'avez pas pendant la semaine. Arrêtez les histoires ! Ce dont vous avez besoin, c'est de temps pour aller faire vos courses.

Il y a deux manières de le faire : soit tout le monde y va pendant le temps libre qu'il reste, le samedi et le dimanche, mais il en restera bientôt plus, puisque : le principe des deux journées de repos consécutives est remis en cause par toute une série de gens, deuzio, qu'on peut négocier dans l'entreprise...

JJB : Quand on travaille le dimanche, on peut prendre des jours de repos supplémentaires...

JLM : Et bah oui, c'est la pagaille ! JJB : ...donc on a le temps d'aller faire ses courses, Jean-Luc Mélenchon !

JLM : M. Bourdin, j'espère que vous vous rendez compte de l'absurdité -- pardon de vous le dire -- de ce que vous décrivez ? JJB : Bon alors allez-y, allez-y !

JLM : Mais alors donc il faudra aller travailler le dimanche, pour avoir du temps pour aller faire ses courses le reste du temps, parce qu'on peut pas le dimanche. C'est ballot, c’est exactement ce qu’il se passe aujourd’hui. JJB : Mais on gagnera double !

On gagnera double. Au moins, on fera plus de courses s’il on veut. JLM : Alors M.

Bourdin JJB : Jean-Luc Mélenchon. JLM : Tirons-en la seule conclusion utile qui vaille dans cette histoire : il faut augmenter les salaires des gens pour qu'il n'y ai pas besoin d'aller travailler le dimanche. Pourquoi faut-il qu'il travaille le dimanche pour qu'on les paye double ?

Pourquoi ne pourrait-on pas les payer double le vendredi par exemple ? Le vendredi, bon bah il y a des gens qui vont travailler, ça leur coûte ! Il y a au moins une religion pour qu'il le vendredi c'est comme le dimanche pour les chrétiens.

Il faut arrêter avec ses bêtises. JJB : On y reviendra. JLM : Je comprends que des gens veulent vivre comme ça, pas moi.

Je ne suis pas d'accord pour que la société tout entière se résume à un rapport au commerce. Non, ce n'est pas vrai. Il y a autre chose à faire dans la vie.

Donc, diminuer le temps de travail des gens, ils pourront aller faire leurs courses dans la semaine et vous n'aurez pas besoin de les faire travailler le dimanche. Parce que le dimanche, c'est pour la famille toute entière. C'est pour la balade.

Et la maison c'est pas un hôtel-restaurant. Voilà. Ce n'est pas un endroit où l'on rentre, où l'on sort point parce qu'à la fin on sait qui est qui reste qui reste tout le temps pour faire le boulot pour les autres.

JJB : Julien, Pascal - Pascale - et Jamel sont là déjà avec nous. Je vais commencer avec Julien, qui est à Colomiers en Haute-Garonne. JLM : Ah oui.

JJB : 29 ans. Bonjour Julien ! Julien : Bonjour Jean-Jacques et Bonjour Monsieur Mélenchon.

JJB : Voilà. JLM : Bonjour. JJB : Est-ce que vous entendez Julien, Jean-Luc Mélenchon ?

JLM : Oui, oui. Montez un peu le son pour moi. JJB : Montez un peu le son en studio pour Jean-Luc Mélenchon.

Voilà. Merci. JLM : Excusez-nous Julien mais le temps qu'on règle.

Voilà c'est bon. Julien : Bon je n'ai pas trop de temps pour le contexte donc je vais directement à la question. Pourquoi dans votre programme - d'ailleurs ce n'est pas forcément un programme - pourquoi êtes-vous complètement contre un revenu de base universel, qui pourrait être à la fois redistributeur et émancipateur ?

JLM : Bon, alors je comprends la question. Ne vous inquiétez pas. Bon.

D'abord, commençons par dire que cette idée, au départ, c'était un revenu universel où l'on partageait toute la richesse. Vous avez quelqu'un qui a trouvé une très bonne manière d'organiser ça et Monsieur Bernard Friot. Il dit : "Non, on ne donnera pas à tout le monde pareil.

Parce qu'il y aura la qualification. Et les gens auront une qualification ascendante donc (?).

Ok. Mais en attendant pour faire ça il faut socialiser toute la richesse produite. Moi je ne le ferai pas.

Je ne suis pas d'accord pour dire je vais nationaliser 100 % de la production pour obtenir 100 % de répartition de la plus-value dans un revenu universel. Peut-être qu'à une autre étape de la vie de la société, c'est ce qu'on finira par faire. Je ne sais pas... une autre étape, où les machines remplaceront quasiment tout le travail humain.

Donc on pourra discuter. Les seuls frais qu'on aura c'est de produire les machines en question. Parce que je vous rappelle qu'elle ne tomberont pas du ciel, faudra quand même les produire.

Bon. Mais ce que l'on nous propose aujourd'hui, ce n'est pas ça du tout ! On nous propose un revenu - alors on l'appelle "universel", "garanti", tout ce qu'on veut blabla -... mais en attendant j'ai même regardé ce qui est écrit, parce que sinon ça ne vaut pas la peine.

De quoi on parle ? Par exemple, j'ai vu la proposition des types de droite, il y en a plusieurs de parlementaires qui disent on va faire un revenu universel. Déjà qu'ils le proposent je trouve ça suspect.

Et ça l'est ! Pourquoi ? Parce que ça remplace les autres prestations.

Donc on dit : "Bon allez ! Maintenant tout ça c'est fini : l'APL, le ceci, le cela. Hop, terminé !".

Voilà vous avez un revenu. Alors, hein ? On vous ferme la porte.

On dit, "Bon les pauvres vous avez plus à vous plaindre parce que maintenant vous avez des sous." Troisième conséquence c'est qu'à partir de là, tout le monde le touche cet universel. Réellement, vous vous imaginez un gouvernement que je dirigerai et qui commencerait le premier jour par dire : "Vous avez un revenu universel je le donne à tout le monde".

À qui s'il vous plaît ? Au type qui a le RSA, à la fille qui a le RSA socle et à M. Dassault.

Il va être content M. Dassault ! Et puis aussi monsieur Bolloré.

Ils vont apprendre qu'ils vont gagner 530 € de plus grâce à moi. Et les autres, ils vont apprendre qu'ils auront moins. Parce que c'est ça que ça va donner.

Quand on dit qu'on va faire un revenu garanti et qu'on le met à 530 €, comme le propose par exemple mon ami Benoît Hamon, ce qui est une belle bêtise. Je comprends qu'il veut faire avancer une idée. Mais enfin les amis !

Ça fait moins que le seuil de pauvreté. Ça fait moins que le minimum vieillesse. Ça fait moins que l'allocation adulte handicapé.

Ce n'est pas sérieux. Ce n'est pas sérieux. Vous allez pas dire aux gens : "Bah voilà c'est ça la paye pour vous.

C'est comme ça". Bon. Julien : C'est dommage, c'est un peu caricaturé.

Parce que vous pourriez très bien distribuer un revenu de base en euro-franc qui ne serait dépenser que sur le territoire français donc vous pouvez favoriser l'économie locale. Pouvez le financier - pas comme vous le dites en socialisant toute la production - mais, par exemple, en augmentant la transition au moment des héritages qui est un fait qui maintenant ne sert pas du tout à redistribuer mais au contraire à accentuer les inégalités. C'est dommage que ce soit caricaturé parce que sur un programme de gauche - et quand vous dites en plus, qu'on va faire la robotisation qui supprime des emplois - il faut anticiper ça.

Et je trouve ça dommage que vous le laissiez complètement [hors] de votre réflexion. JLM : Ça ne dépend pas de ma réflexion. Faites-moi l'honneur de penser que j'en suis capable.

J'y réfléchis, j'en parle. Mais jusqu'à présent les formules...

Et vous même vous continuez. Vous me dites je caricature. Non.

Et pardon. Mon point de vue est un point de vue réaliste. Au sens où je part des réalités.

Vous dites qu'on va créer un euro-franc pour permettre ce revenu qui permettra d'acheter avec une monnaie nationale. Donc ça veut dire qu'il y aura deux monnaies qui circuleront dans le pays. L'une qui sera l'euro.

L'autre qui s'appellera le franc. Mais ça, ça existe à Cuba. C'est le peso convertible et le peso pas convertible.

Moi ce n'est pas le système qui m'intéresse, parce que je sais très bien qui c'est qui finit par avoir la monnaie forte et qui c'est- qu'il a la monnaie faible. Donc il y a un autre moyen d'organiser le des circuits courts de production et d'échanges. Sans passer par une construction comme celle-là.

Parce que vous n'arriverez pas...

Il faut aller au bout de votre affaire ! Si vous faites une monnaie double en France, un euro franc, cela veut dire que vous êtes sortis de l'euro. C'est une monnaie unique, l'euro.

Bon, moi je vous dis que ce n'est pas aussi simple non plus ce que vous dites. Quant à dire, et bien, "il n'y a pas besoin de tout socialiser pour trouver des ressources pour payer le minimum revenu universel", mais qu'est-ce que vous êtes en train de faire ? Vous êtes vous-même en train de me dire il faudra trouver de nouvelles ressources et vous parlez de l'héritage.

Donc s'il vous plaît, si vous voulez mettre tout le monde au niveau d'un revenu universel, ça vous représente quelque chose comme 320 milliards. Bah pour moi ce n'est pas l'urgent aujourd'hui de donner 1000 € par mois à toute cette partie de la population qui n'en a pas besoin. Aux autres je vais d'abord donner du travail et faire de l'investissement.

Mais je comprends qu'on discute. Je n'ai pas dit que c'était terminé que ma porte était fermée. J'ai écouté Bernard Friot, il est très impressionnant.

Mais la conclusion politique, - il vous la dira lui-même ! Il tourne pas autour du pot, lui -, c'est une forme de collectivisation que lui estime nécessaire et qui en effet mérite d'être réfléchi. Je termine juste en vous disant : D'accord, le travail va s'automatiser.

Maintenant. c'est les classes moyennes éduquées qui vont commencer à morfler. Parce que les robots viennent sur l'intelligence artificielle.

Ces questions nous allons les trouver - nous allons les traiter. Mais on ne le réglera pas à l'emporte-pièce. Moi je suis pour une discussion collective sur la question du temps de travail.

Parce que c'est par là d'abord que ça passe. Le progrès de la robotisation c'est la diminution de la peine du travail humain. JJB : Bien.

Nicolas est à Nanterre dans les Hauts-de-Seine, trader. Bonjour Nicolas. Nicolas : Bonjour Jean-Jacques.

Bonjour Monsieur Mélenchon. J'espère que vous allez bien. JLM : Merci monsieur.

Nicolas : Je vous en prie et puis bonne année aussi, bien sûr. Donc, première chose, moi j'ai écouté un peu la philosophie... et j'ai été voir, sur votre site, votre programme sur JLM2017.fr.

Donc c'est intéressant. Donc vous reprenez votre programme de 2012 et vous demandez au gens de contribuer donc vous ubérisez un peu la politique. C'est eux qui contribuent, c'est vous qui récoltez.

Mais si vous voulez moi j'ai un peu une question. JLM : On est d'accord sur un point : Uber est une escroquerie. Les uns sèment, les autres récoltent.

Mais ce n'est pas mon cas. Vous savez, dans l'intelligence il y a une chose qui est magique - et dans le savoir -, plus on le partage, plus y en a. Nicolas : C'est vrai.

Je suis d'accord. JLM : C'est le contraire de tout autre richesse. Nicolas : Alors, justement, on va prendre un truc intelligent...

J'ai vu votre programme : le SMIC à 1700 € - dans la mandature si vous êtes président- qui devient de brut à net, les différentes aides que vous donnez, pas de souci. Mais maintenant on va se dire un peu, comme Lénine disait “les faits sont têtus”, bah on va essayer de se mettre les faits en face : La France a 2 milliards de dettes, 96 % du PIB en dette. Comment mathématiquement - pas philosophiquement - comment mathématiquement vous résolvez le problème que l'État ne gagne absolument pas d'argent ?

C'est à dire que si vous prenez la dette de l'État, vous enlevez la charge de la dette du budget de l'argent de l'État, l’État perd de l'argent. Enfin, dépense plus qu'ils ne gagne ou ne gagne pas assez par rapport à ce qu'il dépense. Ça dépendra du point de vue.

Comment vous faites pour résoudre ce problème. Parce que, in fine, vous êtes quand même circonscrit - et qu'est-ce que soit que vous pouvez dire - par la réalité de l'économie. JJB : Bon alors, Nicolas, soyons direct.

JLM : On a compris. Vous dites ça coûte trop cher...

JJB : C'est à dire que Jean-Luc Mélenchon ne pas financer son programme....

JLM : je vous donne de bonnes nouvelles. JJB : ... sinon avec de la dette.

JLM : Voilà. Je vous donne de bonnes nouvelles. Il est marqué sur votre fiche que vous êtes trader donc vous en connaissez un rayon dans l'art d'utiliser de l'argent qui n'existe pas.

Hein ? Bon. Nicolas : Oh !

L'argent existe, je ne suis pas d'accord. JLM : Ah si, vous ne faites que ça. Je m'excuse : le circuit financier ne fait que ça.

Ils brasse de l'argent qui n'existe pas et il crée de l'argent à partir de là. Mais enfin bon ! Nicolas : Ils payent aussi les factures, là, le système financier.

JLM : Oui enfin bon, on va vous plaindre. Nicolas : Parce que le système financier, l’État il paye pas. C'est le système financier qui paye les factures.

JLM : D'accord. Bah pardon, je ne vous connais pas monsieur. Mais honnêtement, vous ne me ferez pas pleurer sur la sphère financière.

Nicolas : Ah non. Ah ça, non. JLM : C'est un paradis qui gangrène l'économie réelle du monde et celle de l'Europe.

Et, par conséquent, c'est clair que moi, je vais m'occuper de ça et sérieusement pour empêcher la finance de faire la loi dans l'économie. Mais c'est un autre sujet. D'abord, regardez bien ce que vous me dites.

Vous me dites : "Vous proposez d'augmenter le SMIC, vous proposez d'amener la retraite à 60 ans, mais la France a déjà 2000 milliards de dettes". Il y a un truc qui ne colle pas dans votre raisonnement. Le SMIC ce n'est pas l'état qui le paye.

Deuxièmement, les retraites non plus. C'est les cotisations sociales des salariés. Donc, parlant de ce dont il faut parler : Est-ce que les comptes peuvent s'équilibrer avec une augmentation, dans les entreprises, du SMIC ?

Et comment peut-on passer à la retraite à 60 ans avec le retour à 40 annuités ? Je commence par les entreprises, ça va aller vite. Les entreprises, si le carnet de commandes est plein, les gens sont en état de payer.

Parce que c'est une répartition de la richesse. C'est quand le carnet de commande n'est plus plein qu'il y a un problème. Maintenant c'est vrai qu'il y a une différence de nature entre la très petite entreprise et la très grande.

Entre une entreprise du CAC 40 et une entreprise où on est trois - quatre compagnons, c'est clair que ce n'est pas du tout la même situation. C'est la raison pour laquelle, comme dans l'augmentation du salaire, ce n'est pas seulement le salaire net qui peut poser problème à l'entreprise, c''est la cotisation sociale qui va avec. Nous avons imaginé...

Enfin Jacques Généreux et mes autres camarades, comme Vincent Drezet - qui était l'ancien responsable du syndicat Sud Solidaire des impôts - ont imaginé une caisse qui serait commune pour collecter l'ensemble des cotisations sociales qui sont dues dans le pays et qui serait payées différemment selon la taille de l'entreprise. car voyez-vous ce n'est pas normal que par exemple en matière d'impôts les entreprises du CAC 40 paient à peine du 8 % tandis que la petite entreprise elle paye 30 % donc c'est tout ça mais pour parler honnêtement de tout ça faut arrêter le système ou les gros se cachent derrière les petits c'est comme dans la paysannerie, hein ! Mr Beulin il met en avant les petits agriculteurs mais lui c'est un grand agrarien ben là c'est pareil, il faut donc répartir à l'intérieur de la sphère productive quand à la retraite je vais vous répondre.

Ça va aller vite ça va être simple ça va vous plaire vous savez quoi c'est la justice qui permet la justice, vous savez comment on paye la retraite à 60 ans pour tout le monde et à 40 annuités? Allez ! Essayez, réfléchissez vous êtes trader mince pas en plaçant tous nos sous, ça c'est votre rêve à vous qu'il n'y ai plus de retraite par répartition mais qu'il y en ait par capitalisation Nicolas : La retraite par répartition elle est injuste enfin arrêtez de dire ça, elle est injuste cette retraite...

Elle fait porter sur des gens qui ne sont même pas nés la vie des autres dans le futur enfin c'est injuste ! JLM : Très bien merci, non mais c'est bon on s'est situés l’un l'autre, on a compris vous êtes un libéral pas moi la retraite par répartition c'est la seule retraite juste, parce qu'elle repose sur le travail réel à l'instant T de ceux qui travaillent. La retraite par capitalisation c'est une arnaque qui s'est terminée par un vol collectif aux États-Unis d'Amérique et qui s'est terminée par la même chose en Grande-Bretagne.

L'argent ne voyage pas dans le temps cher monsieur, l'argent ne voyage pas dans le temps. Pardon? Nicolas : Les politiciens non plus heureusement !

JLM : Ah je ne sais pas je n'en connais pas, je m’occupe que de moi, je suis juste un militant politique pas un politicien. Nicolas : Monsieur Mélenchon, vous savez très bien que la retraite par répartition… JLM : Mais arrêtez de dire "Vous savez très bien". Vous savez très bien que votre activité de trader est une activité immorale et malhonnête et par conséquent je le dis moi - mais arrêtez vous de dire : "Les politiciens, les ceci, les cela." Les traders ont une activité immorale et malhonnête.

La seule économie qui vaille c'est l’économie réelle. Nicolas : C'est faux, c'est faux. JLM : Et l’économie réelle c'est celle qui produit des biens et des services parce que vous écoutez - la retraite… Vous parlez en même temps que moi.

Allez y racontez votre truc. Les gens vous m'écoutez, allez lui acheter des bons de retraite parce que ça c'est un bon placement ! Ce type ne sera plus là au moment où on vous arnaquera et vous découvrirez que votre retraite par capitalisation est morte.

Nicolas : Mais ça marche ! Vous avez le système des trois piliers qui marche très bien, les gens arrivent à la retraite, ils touchent un capital qu'ils ont mis leur vie de côté. JLM : C'est un mensonge éhonté pour avoir une retraite par capitalisation qui représente le 70 ou le 75% du dernier salaire qu’a eu un ouvrier il faut des taux de cotisations qui sont 3 à 4 fois ce que c'est dans la retraite par répartition.

Vous êtes un marchand de salade, voilà ce que vous êtes, vous vendez des choses qui n'existent pas, de la fumée...

Nicolas : Monsieur Mélenchon, vous êtes un menteur. JJB : Bon bon bon bon bon bon bon bon ! JLM: Je n'ai pas fini avec la retraite...

JJB : Terminons sur la retraite. JLM : Marchand de salade c'est un beau métier; vous savez mon oncle, il vendait des bananes alors je ne vais pas dire du mal des salades. Bon alors je viens à la retraite JJB : Finissez avec la retraite, 60 ans, 40 annuités.

JLM : Ah bah voilà, la réponse écoutez la, parce qu'il faut que vous l'entendiez, si vous mettez toutes les femmes qui sont aujourd'hui au travail au même niveau de salaire que les hommes pour le même poste de travail c'est à dire si vous prenez cette mesure de justice sociale évidente et que pour y arriver, au lieu de donner des bons conseils, vous punissez ceux qui ne le font pas, si vous mettez toutes les femmes qui aujourd'hui cotisent, au niveau du salaire des hommes, eh bien vous pouvez financer euro pour euro la retraite à 60 ans avec 40 annuités. Voilà la solution ! La solution, c'est la justice sociale et la reconnaissance de l'égalité hommes femmes.

JJB : donc, vous augmentez les salaires de toutes les femmes qui travaillent, vous augmentez le SMIC À 1700 €... ...mais moi je me mets à la place d'un chef d'entreprise qui a 10 salariés comment fait il pour payer tout ça ?... ...Comment fait il avec les charges qu'il a ?

JLM : Ah bah non il ne faut pas les compter deux fois. JJB :Comment fait il ? JLM : Vous appelez charges les cotisations.

J' ai répondu Mr Bourdin, mais je vais le refaire JJB : Mais comment fait il ce pauvre chef d’entreprise? JLM :Je peux retourner la question ? M Bourdin est-ce que vous trouvez normal qu'une femme soit payée moins qu’un homme ?

JJB : Non. JLM : Donc vous êtes d'accord pour qu'elle soit payée pareil ? JJB : Oui.

JLM : Parfait. Donc on est pas en train de parler de ça on est en train de parler du niveau du SMIC, ou des femmes...

C'est l’un ou l'autre ça ne peut pas être les deux en même temps. JJB : Non d'accord mais enfin. JLM : Bah oui ça peut pas être les deux en même temps quand même, faire 2 fois l'addition !

JJB : Non, pas 2 fois l'addition mais vous faites... vous prenez 2 mesures d'augmentation... des salaires JLM : On est bien d’accord.

Je vous réponds, je suis d'accord ,ça ne marche.. c’est pourquoi je ne vais pas à allumer le feu d’un coup j'ai bien dit je commence par une augmentation de 150 € du SMIC pourquoi je travaille comme ça ?

Parce qu'il faut voir le reste de mon programme si le carnet de commande reste vide alors là je comprends que tout le monde me dise : mais attendez où vous trouvez tout ça... ... parce que personne ne nous achète rien, alors donc on ne produit pas de richesse !

Mais si le carnet de commandes se remplit parce qu'on a réussi à mettre en mouvement l'économie réelle à un bout, ce que je propose de faire j'ai proposé même l'endroit où on allait faire ça : l'économie de la mer. J'ai dit là on peut mettre 100 milliards on est sûrs que 100 milliards c'est un coefficient multiplicateur sur l'emploi et sur la production du pays... on le sait !

C'est deux points de la production intérieure du pays par conséquent on voit bien quel effet d'entraînement, alors ça remplit les carnets de commande là dessus vous avez le droit de me dire Mr Bourdin : c'est vrai, Comment est ce que le gars fait... ou la fille.. qui dirigent leurs entreprises surtout si elle est petite, pour encaisser le choc ?

C'est la raison pour laquelle j'ai parlé de créer une caisse commune qui corresponde à l'ensemble des cotisations sociales qu'il y a à payer, pour faire davantage payer les grosses entreprises que les petites pourquoi je me sens autorisé à dire ça ? Parce que je sais une chose c'est que 80 % des très petites entreprises n’ont qu'un seul client, donc d'une certaine manière vous pouvez dire que dans bien des cas la petite entreprise (je ne parle pas de l'artisan), la petite entreprise est juste un démembrement de la grande; Alors il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles et la combine qui consiste à externaliser tous les coûts de la grosse entreprise sur des petits qu'on tond jusqu’à la moelle, c'est précisément le système UBER, c'est précisément ce système là J'espère qu'on m'a compris, je sais c'est un peu complexe...

Et puis l'économie...

Je vais vous dire une chose, c'est juste du chauffage central.. JJB : Merci Nicolas, merci.

JLM : Merci monsieur ! JJB : Jean Luc Mélenchon, on va parler d'autre chose, parce qu'Emmanuel m'a posé une question, puis je vais prendre Pascale... ...dans un instant qui est en direct avec nous : Bonjour Pascale vous êtes dans l'Ariège, hein Pascale ?

Pascale : Oui c'est ça. JJB : Pourquoi...

Emmanuel pose un peu une question parallèle a la votre... ...voilà la question d'Emmanuel : Pourquoi, Jean Luc Mélenchon ne vous entend t-on jamais sur le thème de la sécurité ?

N'est-il pas dangereux de laisser le thème de la sécurité à la droite et à l'extrème droite, et vous complétez, Pascale, même si ça n'a peut être pas de rapport direct, parfois cela a un rapport indirect...

Mais vous complétez comment Pascale ? Pascale : Bonjour M. Mélenchon, j'avais 2 questions sur le même sujet : quelle politique migratoire allez vous mettre en place ?

Et comment voulez vous lutter contre l'immigration illégale alors même que la pression migratoire est de plus en plus forte aux frontières de la France et de l'Europe et que la loi votée...

Adoptée en mars 2016, a affaibli l'état dans ses possibilités de lutter contre cette immigration. JLM : Alors bon, on fait l' immigration d'abord ? JJB : Oui, immigration et ensuite sécurité.

JLM : Oui mais ça n'a pas de rapport. JJB : Ça dépend. JLM : Ça dépend des fois mais la sécurité c'est toute sorte de problèmes en même temps on est bien d'accord mais il faut quand même le rappeler, hein.

Sur l'immigration donc là commençons par nous dire une chose...

Le "problème"...

Le "problème" entre guillemets de l'immigration, la question de l'immigration se pose aujourd'hui dans des termes complètement différents de ce que c'était dans les années 70 Je rappelle que dans les années 60, 70, le patronat est allé chercher la main-d'œuvre au village pour les amener les payer moins que les travailleurs qu'il y avait ici d'ailleurs, à l'époque le Parti Communiste protestait contre ça, je ne suis pas communiste mais je le rappelle parce qu' ils avaient quand même vu clair, que ça allait mal tourner. Ensuite, comme nous sommes dans les conventions internationales, heureusement ! On a dit : on ne peut pas laisser comme ça des milliers d'hommes avoir une vie de chien, tout seuls au foyer, donc il faut qu'ils puissent faire venir leur conjoint si ils en ont et s'occuper de leur gosses etc.. et tout ça, ça a donné un bon résultat, c'est-à-dire que la France a augmenté sa population, la population s’est brassée et on a un métissage qui donne des milliers de citoyens, tout ça est très beau et très sympa maintenant ce n'est plus du tout la même question, la question c'est que nous avons des flux [si] immenses de personnes qu'il faudrait...

Pour les accueillir, une organisation extraordinaire de l'ensemble des pays européens. Admettons déjà une chose pour commencer je sais que ce n'est pas très populaire, je sais que ça ne va pas vous plaire de l'entendre mais franchement, on pourrait faire mieux que ce que l'on fait, parce que quand le gouvernement annonce qu'il va donner 30 000 autorisations d'entrées avant qu'il y ait la crise des réfugiés il y en avait déjà 30 000, ça veut dire qu'il n'a rien fait ça veut dire qu'il n'a rien fait, donc ce n'est pas sérieux, on ne peut pas demander aux autres de s'en occuper alors il faut prendre le problème à la racine, c'est là que vous avez raison : la pression va augmenter. J'ai une mauvaise nouvelle pour vous, elle va augmenter dans des conditions dont vous n'avez pas idée, pourquoi ?

Parce que les guerres se répandent, première cause des migrations: il y a 60 millions de personnes qui se déplacent dans le monde. 40 millions, c'est de l'immigration liée à la guerre, et 20 millions c'est lié au dérèglement climatique Le dérèglement climatique ça veut dire la sécheresse ici, la désorganisation là-bas...

Donc que font les gens ? Un, ils ont des conditions économiques épouvantables parce que l'Europe vend à leur place des poulets, des chèvres, de la viande, du blé qu’ils ne mangent pas, du lait etc etc…. Et donc l'agriculture s'effondre, et quand elle résiste voilà le changement climatique.

JJB : Alors que faites-vous dans cette situation ? JLM : 20 millions attendez mais déjà il faut bien que tout se monde comprenne sinon on va dire que les bêtises. JJB : Oui.

JLM : la masse des gens qu'on a vu arriver en cohue l'été dernier et l’hiver dernier et encore maintenant, premièrement c'était des gens qui fuyaient la guerre donc la manière de répondre au problème de la pression c'est de soulager la pression. Pas de guerre. Arrêter les guerres.

Bon c'est compliqué mais c'est plus simple qu'il n'y paraît. Arrêter la guerre de Syrie on aurait gagné un temps fou si on avait fait depuis le début ce que je propose et pour finir on fait maintenant. Ça c'est le premier élément, les guerres.

Deuxièmement arrêter les traités inégaux. Vouloir à tout prix produire pour l'export, c’est tuer les gens qui, sur place, produisent. Avec ça vous avez deux coups.

Et puis après, vous aurez toujours des flux de personnes. Les immigrés climatiques: 20 millions, je vous ai dit, sur 60 millions, 20 millions ils vont d'un pays à l'autre ils ne font pas 200 km les malheureux, ils font ce qu'ils peuvent mais ça bouscule toutes les frontières ça désorganise tout. Eh bien il va falloir se préparer à s'organiser face au dérèglement climatique, et laissez moi vous dire une chose ça ne concerne pas que les autres le dérèglement climatique, ça va vous concerner, vous aussi et à ce moment-là peut-être que vous commencerez à vous dire, pas vous madame, ce n'est pas vous que je prends à parti, ça vaut la peine d'être solidaire entre être humain.

JJB : Alors, si vous étiez Président de la République, que décideriez-vous face à cette situation ? JLM : Alors voilà : premièrement une action politique pour arrêter la pression qui conduit à ce que des gens partent de chez eux. Et je veux qu'on m'entende bien, je suis pour le droit de vivre et travailler au pays pour tout le monde : en Zambèze comme en Corrèze.

Que ce soit bien clair. Ce n'est pas un luxe pour les riches. Donc les gens doivent pouvoir rester chez eux.

C'est la position constante de l’internationalisme ouvrier. JJB : Plus d'accueil de réfugiés d'où qu'ils viennent, quelque soient les réfugiés ? JLM : Quoi ?

JJB: Plus d'accueil de réfugiés ? Plus d’autorisations d'asile ? Mais je ne sais pas moi, dites moi.

JLM : Si vous ne savez pas...

JJB : Mais je vous pose la question ! JLM : Mais je comprend M. Bourdin que vous me posez une question.

JJB : Alors allez-y. JLM : Ce que je veux vous dire c'est que : Quand vous avez des gens qui sont là qu’est ce que voulez faire les remettre à la mer ? Ça ne tient pas debout.

Vous avez un homme qui a été condamné là il n'y a pas longtemps c'est quoi son crime ? Ce gars il était avec sa voiture, il travaille. Le matin il voit les gens passer ils sont morts de froid.

Il s'en occupe ; c'est lui qui est condamné ! Bon ce n'est pas juste ! JJB : Il n'est pas condamné pour l'instant, il y a un réquisitoire de 8 mois de prison avec sursis, c'est pas tout à fait pareil.

JLM : Bon c'est ça, il va falloir attendre le jugement. JJB : Faut-il le condamner d'ailleurs ? JLM : Mais non quoi bon, il faut aussi comprendre qu’à un moment donné, il y a un devoir humain.

M. Bourdin vous dites ce que vous voulez, mais je vous connais s’il y a un gosse dans la rue par terre là vous le ramasserez. JJB : Bah oui.

JLM : Vous n'allez pas demander à l'agent de police si vous avez le droit de le prendre ou pas le gosse, donc arrêtez de raconter des histoires qui ne tiennent pas debout. Qu'est-ce que vous voulez faire des gens, pas vous M. Bourdin, qu'est-ce que vous voulez faire des gens qui sont là ?

Les refoutre à la mer ? Ça ne tient pas debout. Si c'est des Syriens vous dites on les ramène.

Où, à qui ? Vous les donnez à qui ? À Daech ?

À Bachar El-Assad ? Aux russes ? Aux turcs ?

À qui ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire Vous n'avez pas les moyens de faire autrement que de vous en occuper. Arrêtez de vous raconter des histoires et si vous prenez des gens je vous garantis une chose moi, les gens, écoutez moi bien si on rétablit la paix en Syrie, qu’on leur organise des élections, il va bien falloir reconstruire ce pays, vous allez voir si les Syriens ne rentrent pas chez eux vous croyez quoi ?

Qu'ils vous trouvent sympas, vu la tête que vous leur faites ? Ben non, ils n'ont qu'une envie c'est rentrer chez eux. Et je vous prends cet exemple des Syriens je pourrais en vous prendre d'autres, par contre ce que je ferai Monsieur Bourdin qui ne sera peut-être pas dans l'air du temps, c'est que les gens qui critiquent l'immigration dont on est en train de parler, c'est à dire l'Immigration de la guerre ou de l'écologie, j'aimerais bien savoir pourquoi ils ne critiquent pas avec la même énergie le statut de travailleur détaché qui est une infamie.

Demain si je suis président de la république il n'y aura plus de travailleurs détachés en France qu'est-ce que c'est un travailleur détaché ? C'est quelqu'un qui permet une délocalisation à domicile. Un patron l'embauche dans son pays il paye les cotisations sociales là-bas, évidemment il n'a droit à rien donc ce n'est pas cher et puis on l'amène ici à travailler, il est en compétition avec les autres salariés.

Ça, ça organise la délocalisation à domicile parce que, vous savez quoi ? Le petit entrepreneur qui respecte la loi lui qui fait travailler des gens du village, lui, et bien il est confronté un autre qui l'arnaque parce qu' il embauche quelqu'un qui vient de je ne sais où et qui ne paye pas les mêmes charges sociales et bien ça ce n'est pas juste. Donc les travailleurs détachés je ne permettrai plus ce statut je termine en vous disant : je donnerai des papiers, écoutez moi bien, à tous, T.O.U.S. les travailleurs sans-papiers.

Tous ceux qui travaillent, qui payent des impôts, qui payent des cotisations sociales, ont le droit de pouvoir rentrer chez eux la tête haute et non pas en baissant les yeux parce qu'ils ont peur de se faire ramasser et de se faire jeter en dehors de la frontière ça c'est la vraie vie dont je vous parle pas les fantasmes. JJB : Bien Jean-Luc Mélenchon je n'ai pas le temps de prendre Jamel mais je vais poser sa question, il est enseignant. Le vote des étrangers aux élections locales vous y êtes favorable ou pas ?

C'est mon cas dit Jamel, j'ai un titre de séjour. Je réside en France depuis 14 ans et... il est enseignant.

JLM : Normalement je vois pas où serait - sur le plan de la philosophie, de la vie - je ne vois pas où est le problème de dire que quelqu'un qui est là depuis x années, par exemple on pourrait dire 14 ans vote aux élections locales parce que quelqu'un qui est là depuis six mois peut voter aux prud'hommes comme par hasard il y a des élections mais pour les autres élections professionnelles les travailleurs votent bon donc, mais là quel est le problème ? On le connaît tous il est constitutionnel : les élections locales désignent les conseils municipaux, qui eux-mêmes, désignent les grands électeurs qui désignent les parlementaires. Donc on dit bah alors c'est pas possible.

Avec moi le problème est réglé puisque dès que nous arrivons nous convoquons une Assemblée Constituante. Donc c'est elle qui va trancher et qu'on arrête cette comédie, ça fait 30 ans que ça dure que les uns et les autres se jettent à la figure le droit de vote. Ben tranchez !

Qu'on tranche, qu’on décide, et après l'affaire sera dite, moi je trouve que je serait intelligent je ne dis pas que ça nous servirait hein, parce que ceux qui se figurent que parce qu'on est étranger on est progressiste ils ne connaissent rien à l'humanité, les étrangers sont comme tout le monde ils sont de tous les avis politiques. JJB : Bien, Jean-Luc Mélenchon merci d'être venu nous voir, ça va vite. JLM : Oui, oui ça va vite merci beaucoup.

JJB : La réponse à notre question : faut-il revenir sur l'autorisation du travail le dimanche, réponse finale...

Y' a de l'attente...

Oui, à 51 %, c'est extrêmement serré ! JLM : Bon, c'est peut être serré mais c'est moi qui ai gagné ! Avec la majorité de ceux qui ont répondu.

Régie : C'est ce qu'on va voir avec le 2ème débat : Jean Luc Mélenchon vous a t-il convaincu ? Oui ou non par SMS au 6 10 71 ! JJB : Merci Jean-Luc Mélenchon d'être venu nous voir !

JLM : Merci !