La grande interview : Robert Ménard
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:08OuverteRéponse partielle
Est-ce que pour vous il y a des gagnants ou il n'y a que des perdants dans ce cessez-le-feu décrété par les Américains ?
- 1:11OuverteRéponse directe
Cette guerre n'a pas été menée pour les bonnes raisons, Robert Ménard, selon vous ?
- 2:35OuverteRéponse partielle
Est-ce que ce cessez-le-feu est fragile ?
- 2:51OuverteRéponse directe
Est-ce que là encore, il faut dire à Israël de continuer de mener ses opérations ?
- 4:53OuverteRéponse directe
Il y a cette crise énergétique, Robert Ménard, qui impacte très très fort les Français, avec les prix des carburants, le prix du gaz, tout le prix de l'énergie. Est-ce que vous comprenez que le gouvernement dise, on ne peut pas aider plus que ça les Français ?
- 6:43OuverteRéponse directe
Vous saluez le rôle de la France dans cette exfiltration, d'abord libération, puis exfiltration de nos compatriotes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueFait
« je vous rappelle que le détroit d'Hormuz, on y passait, on ne payait pas. »
- 1:25Invité politiqueFait
« chaque fois qu'un responsable du Hezbollah au Liban, chaque fois qu'un responsable des gardiens de la révolution, chaque fois qu'un ayatollah est tué, j'applaudis. »
- 3:13Invité politiqueFait
« ils veulent se débarrasser d'un régime qui est une menace existentielle pour Israël. »
- 3:20Invité politiqueFait
« Il faut rappeler que ce régime iranien, il veut la destruction d'Israël. »
- 5:17Invité politiqueFait
« Madame, si on doit, et il faudra viser, on vise des aides personnalisées, ciblées, tout ça, ça va. »
- 5:36Invité politiqueFait
« Et la deuxième question, c'est, on va le payer avec quoi ? »
- 7:01Invité politiqueFait
« je ne cesse de dire qu'on ne sait pas ce qui se passe au niveau diplomatique, ni vous, ni moi. »
- 9:07Invité politiqueFait
« Je vous rappelle que c'est interdit en France, quand vous êtes entièrement couvert, pas le voile, quand vous êtes dans l'espace public, entièrement couvert. »
- 10:09Invité politiqueFait
« vous croyez que les Algériens, le peuple algérien, il aime le gouvernement algérien »
- 12:07Invité politiqueFait
« c'est l'antisionisme qui est de l'antisémitisme. »
- 13:38Invité politiqueFait
« Il faut que quelqu'un existe par les électeurs, mais pas par les intermajors politiques. »
- 17:30Invité politiqueFait
« Elle m'a dit, par exemple, on est catholique. Il y a longtemps qu'elle ne va plus à la baisse, si ce n'est pas pour faire plaisir à sa maman le jour de Noël. »
- 17:49Invité politiqueFait
« j'avais un regard terriblement critique sur l'islam. Et de temps en temps, peut-être qu'il m'était arrivé de confondre l'islam et l'islamisme. »
Temps de parole
- Robert Ménard79 %
- Présentateur21 %
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Et notre invité ce matin dans la grande interview CNews et Européens, c'est Robert Ménard. Bonjour Robert Ménard.
Bonjour Madame.
Vous êtes le maire de Béziers, on va parler évidemment de ce qui se passe dans notre pays. Mais d'abord, ce cessez-le-feu qui a été instauré avant-hier par Donald Trump, cessez-le-feu fragile, on n'arrête pas de le répéter. Est-ce que pour vous il y a des gagnants ou il n'y a que des perdants dans cette affaire, ce cessez-le-feu décrété par les Américains ?
En tout cas, je ne suis pas sûr que M. Trump soit le gagnant. Écoutez, enfin, jusqu'à présent, avant toutes ces histoires, je vous rappelle que le détroit d'Hormuz, on y passait, on ne payait pas. Maintenant, on a l'impression que ce serait une victoire de pouvoir le réouvrir, le passé. Et il passait gratuitement sur les stocks d'uranium enrichis. Jusqu'à présent, ils sont toujours en Iran. Sur toutes les armes balistiques et le programme nucléaire civil, quel contrôle il y a ? Quand j'entends cette espèce de cocorico de M. Trump qu'il aborde une chose et le contraire en cinq minutes...
Ce n'est pas exactement un cocorico, ce serait la version américaine du cocorico.
C'est la version américaine du cocorico, mais vous voyez ce que je veux dire. Tu te dis, mais enfin, moi j'hésite entre il se fout de nous ou il est cinglé de temps en temps. Honnêtement, j'en suis à ce point-là, tant je trouve ça sidérant, sidérant.
Cette guerre n'a pas été menée pour les bonnes raisons, Robert Ménard, selon vous ?
Non, non, attendez. Chaque fois qu'un responsable du Hezbollah au Liban, chaque fois qu'un responsable des gardiens de la révolution, chaque fois qu'un ayatollah est tué, j'applaudis. Alors je vais vous dire, ce n'est pas très bien pour le chrétien que je suis, mais j'applaudis. Ne me racontez pas que vous pleurez en vous disant qu'ils ont tué... On ne pleure pas les mollas. On ne pleure pas les mollas. Et pas plus les gardiens...
On pleure pour le peuple iranien, vous avez l'impression.
Voilà, chaque fois qu'il y a ça, j'applaudis de deux mains. Et je dis bravo Trump. La seule chose, c'est où il en est, où on en est par rapport au peuple iranien que moi, je connais, parce que ça a été mon boulot à un moment donné de m'occuper des gens qui étaient dans des régimes comme ça. Vous êtes sûr qu'ils en sortiront bien ? Vous êtes sûr qu'aujourd'hui, on n'a pas renforcé le pouvoir des dictateurs, des fous furieux qui dirigent ce pays ? Je ne suis pas sûr. Aujourd'hui, le bilan, il reste à prouver qu'il est positif.
Et quand j'entends, vous savez, les rotondonnades, je fais le malin, oui, je vais y arriver, où on fait le malin et tout ça, vous avez vu comment il est, enfin, vous arrivez à le prendre au sérieux, vous, moi non.
C'est le président des Etats-Unis et il est démocratiquement.
Sauf qu'il est le président des Etats-Unis, il est président de la plus grande puissance du monde et il est un type aussi dangereux, pardon.
Écoutez, est-ce que ce cessez-le-feu est le fragile ? On a parlé du peuple iranien qu'il est grand oublié de ce cessez-le-feu. Et puis il y a ce qui se passe aussi au Liban. Israël poursuit ses objectifs de guerre parce qu'ils ne sont pas atteints. Il veut l'éradication du Hezbollah. Est-ce que là encore, il faut dire à Israël de continuer de mener ses opérations ?
Attendez, d'abord, quand j'entends des gouvernements comme le gouvernement espagnol, les pires en Europe, c'est le gouvernement espagnol, faire une leçon à Israël, coco, tu t'occupes de Madrid et de Barcelone et tu nous lâches les baskets. Attendez, vous pouvez reprocher tout un tas de choses à Israël, pas eux de ne pas avoir de la suite dans les idées. Eux, vous savez pourquoi ils font la guerre, ils l'ont dit dès le début, ils veulent se débarrasser d'un régime qui est une menace existentielle pour Israël. Il faut rappeler que ce régime iranien, il veut la destruction d'Israël.
Attendez, vous auriez en face de vous des gens qui voudraient la destruction de la France, vous iriez discuter peut-être avec eux, vous essaieriez de trouver un accord ? Bien sûr que non. Et oui, ils ont raison de vouloir réduire à rien le Hezbollah qui est un danger pour leur propre population. Ils sont dans une vraie logique. Moi, je ne suis pas un fanatique de M. Netanyahou, c'est une chose, mais je comprends absolument la logique d'Israël. Je ne comprends pas la logique américaine dans cette histoire-là. Ce que je trouve bien, c'est que les Américains aident Israël, et donc du coup, ça me les rend sympathiques.
Et s'ils peuvent nous débarrasser encore une fois de plus d'un certain nombre de salopards qui dirigent l'Iran, bonne nouvelle. Sur le reste, enfin attendez, où on en est aujourd'hui ? Il ment comme il respire, M. Trump, il ment comme il respire. Pas seulement il change d'avis, il ment. Aujourd'hui, il vous dit un truc et vous vous apercevez quatre heures après que ce n'est pas vrai. Il vous explique, ça y est, on est presque d'accord avec le pouvoir iranien. Vous avez vu ce qu'ils leur disent aujourd'hui ? Non, on n'est d'accord sur rien. Vous arrivez à le croire, c'est un danger. Attendez, pas un danger pour les États-Unis, encore que sur l'image des États-Unis, c'est terrible.
C'est un danger parce que je pense qu'il a fait croire au peuple iranien un certain nombre de choses. Rappelez-vous, il y a encore quelques semaines, il leur disait, allez, vous n'avez qu'à vous révolter. Et aujourd'hui, il dirait, oui, le pouvoir a changé, vous avez vu. Selon lui, ce ne sont plus les mêmes qui sont au pouvoir en Iran et on va pouvoir trouver un accord. Bonjour pour les Iraniens. Bonjour pour les Iraniens.
Il y a cette crise énergétique, Robert Ménard, qui impacte très très fort les Français, avec les prix des carburants, le prix du gaz, tout le prix de l'énergie. Est-ce que vous comprenez que le gouvernement dise, on ne peut pas aider plus que ça les Français ? Il faut arrêter les aides à Thiers-la-Régo ?
Je dis, quand j'entends un certain nombre d'opposants au gouvernement, et encore une fois, moi je ne le défends pas le gouvernement, j'essaye juste de ne pas raconter des craques et des salades aux gens. Madame, si on doit, et il faudra viser, on vise des aides personnalisées, ciblées, tout ça, ça va. Généraliser, ça va coûter des milliards. Moi, je dis, très bien, vous me dites, vous, on va le faire. Et je vous dis, vous avez raison, Madame Ferrari, vous avez absolument raison. Et la deuxième question, c'est, on va le payer avec quoi ?
Avec quel argent ?
Ça veut dire que les gens, mais regardez, du Rassemblement national à LFI, ils ont en commun ça, ils ont en commun ça, Madame Ferrari, de demander des choses que tout le monde a envie d'avoir. Vous n'avez pas envie de payer moins cher l'essence, comme tout le monde, vous avez envie de payer.
Oui, on a envie de la payer moins cher.
On a de la payer moins cher. Mais la deuxième partie de l'affirmation, c'est de dire, où on va faire les économies ? Parce que c'est les mêmes qui vous disent, il ne faut pas creuser le déficit. Si tu ne veux pas creuser le déficit, il faut faire des économies.
Oui, mais les Italiens réussissent à le faire, parce qu'évidemment, ils ont une situation financière qui est moins catastrophique que la nôtre.
Mais parce qu'ils ont arrêté, ils ont arrêté de dire, on peut donner de l'argent comme ça à tire-larigot. Mais aujourd'hui, vous ne pouvez pas reprocher au gouvernement à la fois d'avoir donné à un moment donné de l'argent à tire-larigot, vous savez, on n'arrêtait pas, et maintenant de vouloir recommencer. Attendez, il faut avoir un peu de sud dans l'esprit. Donc oui, on fait des économies sur les sens. Moi, je crois qu'il faut le faire avec des gens ciblés, parce qu'on ne peut pas le faire pour tout le monde. Et si tu veux le faire pour tout le monde, tu nous expliques où tu vas faire les économies. Et là, ils sont nettement moins bons pour eux.
Robert Ménard, on a eu la joie hier de voir revenir nos compatriotes, Cécile Collère et Jacques Paris. Ils ont vécu près de 4 ans de Calais dans les geôles iraniennes. Vous saluez le rôle de la France dans cette exfiltration, d'abord libération, puis exfiltration de nos compatriotes ?
Oui. Pour en avoir vécu beaucoup à la tête de Reporters Frontières, je ne cesse de dire qu'on ne sait pas ce qui se passe au niveau diplomatique, ni vous, ni moi. Donc on va être prudent, on va juste être heureux pour eux, pour leur famille. Les images qu'on a vues, y compris quand M. Macron l'embrasse à elle, je trouvais que c'était un beau moment. Je suis heureux pour eux. Ils sont là, 4 ans ça a dû être l'enfer, parce que la prison, les prisons, oui, parce que tu le dis, maintenant et tout. C'est une bonne nouvelle.
Il y a des contreparties, c'est pas grave.
Mais il y en a toujours. Vous avez, vous, attendez, vous êtes journaliste depuis des années. Vous avez vu une, voilà, vous avez vu une libération sans un échange, ça n'existe pas. Absolument. C'est un choix. La France, elle fait ce choix-là. Il y a des pays, moi je me rappelle, je m'étais engolé avec les Anglais, les Anglais ils ne donnent rien en échange et ils ne le font pas. Et du coup, ils n'arrivent pas de temps en temps à faire libérer leurs otages. On a dû donner quelque chose. Écoutez, regardez-les, on les voit sur vos images, je suis content pour vous.
Vous avez raison.
Alors on peut donner.
On a ces deux otages qui ont été libérés, on en a toujours un qui s'appelle Christo Glez, qui est en Algérie, on ne l'oublie pas. Chaque jour, on demande sa libération sur CNews et Europe 1. Parlons un peu justement de nos relations avec l'Algérie. Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, a affirmé que la coopération, notamment migratoire avec le régime algérien, repartait. Vous avez l'impression qu'il est en train de détricoter tout ce qu'avait tenté de mettre en place Bruno Retailleau ?
Je suis sidéré de ces déclarations. Vous vous rappelez, sur l'islam, comme s'il fallait… Attendez, moi je ne suis pas…
Alors, lesquels propos ? Sur « il faut faire la promotion de l'islam », il l'a dit à la grande mosquée, et il a dit « le voilement des enfants ne menace pas le vivre ensemble ».
Pourquoi vous ne mettez pas à faire le… je ne sais pas, vous devriez promouvoir l'islam tous les jours à l'antenne ? Enfin, où il a trouvé ça ?
Il a rétropédalé depuis, il a dit que c'était maladroit.
Oui, mais sauf qu'il l'a dit, et ça dit quelque chose dans la tête des gens. Oui, moi je suis bouleversé de voir, et j'envoie chez moi des gamines. Ça ne vous fait pas quelque chose, une gamine de 8 ans entièrement voilée ?
Avec qui vous envoyez ?
Bien sûr que j'envoie. Et qu'est-ce que vous faites dans ce cas ? Comment ? On envoie ? Attendez, moi j'ai arrêté des gamines dans la rue, en leur demandant, je me rappelle, à une gamine, en lui demandant d'enlever son foulard. Je vous rappelle que c'est interdit en France, quand vous êtes entièrement couvert, pas le voile, quand vous êtes dans l'espace public, entièrement couvert. Bien sûr, mais ce n'est pas facile à dire quelqu'un.
Et vous attendez du ministre qui soit le premier à dire « ce n'est pas acceptable, il a des enfants, il a envie que ça arrive à ses gosses, il a envie que dans les piscines, à côté de ses enfants, il y ait des femmes entièrement vêtues, mais enfin ça ne va pas bien.
Donc ce n'est pas des propos maladroits pour vous ?
Mais non, je pense tout le temps qu'il y a une partie de la classe politique de gauche, mais aussi une partie de droite ou du centre, comme vous voulez, qui continuellement se sent obligée de montrer patte blanche au gouvernement algérien. Comme si on allait pendant un siècle rappeler qu'on a colonisé l'Algérie. Colonisation qui d'ailleurs n'est pas forcément un crime contre l'humanité, et a apporté un certain nombre de choses, même s'il y a eu des aspects terribles. Et moi je suis pied noir.
Et vous en parlez dans votre livre, Letra Clara, qu'on va évoquer dans un instant.
Voilà, donc, vous ne faites pas ça, mais qu'est-ce qu'il a mauvaise conscience ? De quoi il a mauvaise conscience ? Attendez, moi je connais bien les Algériens, et vous croyez que les Algériens, le peuple algérien, il aime le gouvernement algérien, mais il faut être jobard pour dire des choses comme ça. Chaque fois que vous tapez sur le gouvernement algérien, les Algériens eux-mêmes, oui, il y en a un certain nombre qui vont vous dire, ah oui, il ne faut pas toucher à mon gouvernement, et puis une bonne partie, en catimini, derrière vous dit, mais encore c'est de beaux salauds, dans le gouvernement ils ont pillé ce pays, ils l'ont pillé, leur propre pays. Et M.
Nunez, il est en train de faire des excuses, bon oui, les pauvres, et tout ça, non, mais ça va bien.
Robert Ménard, on est sur CNews et Europe 1, un mot de la France insoumise, le feuilleton judiciaire autour de Rima Hassan se poursuit, je rappelle que l'eurodéputée a été placée en garde à vue la semaine dernière, pour apologie du terrorisme, et des stupéfiants ont été retrouvés sur elle. Elle a décidé de porter plainte pour violation du secret de l'enquête, après des fuites qui ont entouré sa garde à vue. Le garde des Sceaux lui-même a saisi l'inspection générale de la justice, et puis elle porte parole du ministère de la justice, qui s'appelle Sacha Stroopkane, qui a été livré en pâture par Thomas Porte, de la France insoumise.
Voilà l'homme qui disait ce tweet, a révélé des secrets, et qui est visé par des menaces. Comment vous jugez ça ?
Qu'est-ce qui se passe à ce niveau-là ? Deux choses. Si vous me posez la question, est-ce qu'il y a des violations des secrets de l'instruction ? En France, il y en a tout le temps. Tout le temps. Vous le savez, et les journalistes sont les premiers qui en bénéficient de ces violations. Donc on ne va pas faire comme si on n'existait pas. Mais attendez, elle est une folle furieuse. C'est une folle furieuse.
Attention, c'est pas le coup de la loi.
Moi, la seule fois que je l'ai croisée, c'est chez d'autres confrères que vous, elle m'a agressée, parce que j'avais dit à peu près...
C'est pour ça qu'elle est une folle furieuse. Elle est peut-être agressive.
Vous vous rendez compte de ce qu'elle dit ? Vous vous rendez compte de ce qu'elle fait ? Vous vous rendez compte de ce qu'elle a dit ou de ce qu'elle n'a pas dit après le 7 octobre ? Vous vous rendez compte ? Oui, j'enlève le mot folle furieux.
Ce sont des propos disqualifiants, on les retire.
On les retire, bien sûr. Elle est un danger. Elle déteste ce pays. Elle sait... On en parlait, tiens, avec quelqu'un dans votre couloir, c'est l'antisionisme qui est de l'antisémitisme. Tout le monde le voit. C'est quelqu'un... Enfin, attendez, et ils vont nous donner une leçon de morale. Vous avez vu la bande de drogués qu'il y a dans ce parti ? Alors, pardon, vous allez trouver aussi que c'est un propos que je ne devrais pas tenir. Attendez, il y en a combien ?
Là, ce sont des faits.
Et c'est eux qui vont nous donner une leçon de morale. Mais le pire, c'est qu'ils continuent à avoir des gens qui votent pour eux. Chez moi, ils ont fait moins de 4%. Donc, je suis assez content. Je parle de la France insoumise.
Alors, parlons de la droite, parce qu'il y a une espèce de marigot à droite où chacun s'empoigne pour savoir qui sera candidat, si primaire ou pas. Est-ce que la droite est morte pour vous, Robert Ménard ?
Comme c'est parti, oui. Attendez, qu'est-ce qu'on veut ? Qu'il y ait un tête-à-tête entre M. Bardella ou Mme Le Pen et de l'autre côté, M. Mélenchon ?
Vous y croyez vraiment, à ce tête-à-tête RNFI ?
Si tout ce qu'il y a au milieu, du côté de la droite, n'est pas capable de s'entendre, bien sûr. Mais enfin, vous vous rendez compte, le spectacle que donne cette droite, moi, je les connais tous. Je parle avec tous. Mais enfin, attendez, il faut qu'ils oublient leurs partis. Les partis, c'est ce qui nous fera perdre, ce qui fera perdre ce pays. Il faut qu'ils s'oublient deux minutes, deux minutes les uns et les autres, parce qu'ils sont tous pour l'Union, mais c'est toujours derrière eux. Ils ne sont même pas foutus de se mettre d'accord sur comment on décide qui va les incarner. Alors, avant qu'ils décident sur la personne en question, les poules les rendent les dents.
Moi, je suis absolument... Écoutez, ça fait, je ne sais pas combien, 10 ans, 15 ans que je défends l'Union des droits. C'est une connerie, ce que je dis là. Ça ne fonctionnera jamais. Ce sont les électeurs qui la feront, peut-être. Oui, voilà. Il faut que quelqu'un existe par les électeurs, mais pas par les intermajors politiques.
Donc, on oublie les primaires, on oublie tout ça.
Mais moi, je n'y crois pas. Un instant, ils ne se mettront jamais d'accord. Il faut juste que quelqu'un se mette à trouver les mots pour parler au français et pour faire en sorte que les gens les croient et se disent, tiens, celui-là, il ne raconte pas des craques. Celui-là, il va...
Il a un vrai programme.
Et il nous aime, madame, il nous aime. Les gens, ils n'ont pas seulement besoin qu'on leur dise tout va mal. Ils le savent. Ils le savent. Il faut leur dire comment on sort de ça. Comment on leur donne de l'espoir. Comment on les caline. Comment on fait en sorte qu'ils se disent, tiens, il y a quelque chose qui fera que demain, mes enfants, ce sera mieux que moi. Que demain, mes enfants, ce sera mieux que moi. Il n'y a pas une personne à droite qui parle comme ça.
Pas une seule pour vous. Il n'y a personne qui est maire de l'autre.
Moi, j'aime bien Bruno Rotaillot, par exemple. Je l'aime bien, mais il n'a pas trouvé aujourd'hui les mots pour parler au français. Sinon, et en plus, je ne parle pas de son parti, c'est ubuesque là, mais on ne va pas parler des républicains. On va pouffer de rire en deux minutes.
On parle des enfants. Votre livre Lettres à Clara est adressé à votre fille. Vous essayez de lui expliquer, parce qu'elle ne partage pas du tout vos idées politiques, elle est fille, c'est ce que vous racontez dans ce livre. Vous lui expliquez votre parcours, vos racines, vos combats, ce qui vous a façonné en réalité pour arriver là où vous êtes. C'est un cas de figure, encore une fois, que chacun peut vivre dans sa propre famille. Comment est-ce qu'on peut partager ça, en fait, cette vision-là qui vous a façonné ?
Vous savez, je suis comme plein de parents. Vous avez des enfants, j'en ai évidemment. Clara et d'autres. Moi, j'étais atterré, et je suis souvent atterré du fait, je suppose qu'on les aime comme nous deux. Enfin, qu'est-ce qui est plus important que nos enfants ? Rien. Qu'est-ce qui est plus important que ma fille ? Rien. Comment, à la fois, je l'aime à ce point, je sais qu'elle m'aime parce qu'elle m'envoie des SMS, je t'aime, enfin, ce que vous devez vivre comme moi. Et comment, aujourd'hui, on en est contraint à la maison d'éviter tout un tas de sujets ? Parce qu'on se voit moins souvent, évidemment, avec ses frères et tout, chacun à sa vie.
On se voit, par exemple, à Noël, et à Noël avec Emmanuel, ma femme, on se dit, tiens, on ne va pas parler de ça, pas parler de ça, pas parler de ça. Parce que comment il y a ça ? Est-ce que c'est simplement une affaire de génération ? Vous savez, moi, je me suis construit, vous savez, on dit tout le temps, on se construit contre ses parents. Ou est-ce que c'est plus profond que ça ? Et je ne veux pas lui faire l'insulte à ma fille de lui dire, oh, mais tu sais, c'est parce que tu as 20 ans ou 24 ans que tu dis des choses comme ça, tu verras. Donc, ce n'est pas ça ?
C'est que la jeunesse de notre pays a été infiltrée ? Oui.
Non. Elle a été quoi ? Elle ne réagit pas comme nous. Et sur des choses, elle a raison. Elle a raison. Moi, j'ai changé grâce à ma fille. Sur quoi ? Je ne sais pas. L'environnement ? L'environnement, sur le mariage homosexuel, sur l'immigration, sur la place de la religion. Elle n'a pas, vous voyez bien quelle sensibilité elle a. Je ne sais plus si elle votait les filles, je ne crois pas, mais elle vote très à gauche aujourd'hui. Sur tout ça, on a de vrais désaccords. Mais ce que j'essaye, c'est de ne pas renvoyer ça à sa jeunesse, d'essayer d'écouter ce qu'elle me dit. Et moi, ils ne font pas changer vos enfants.
Vous dites quand même, moi, j'ai envie de devenir un vieux con qui croit qu'il a raison sur tout. Ce n'est pas vrai. En plus, c'est une fille. Les pères et les filles, c'est encore plus compliqué. J'essaye d'écouter. Mais le problème, c'est que quand on parle, comme je vous parle, je n'arrivais pas à trouver les mots vite. Vous savez, ça montait dans le ton et tout ça. Et je n'ai pas envie de ça. Et je m'aperçois, mais c'est votre métier aussi, que l'écriture, elle te permet de faire passer des choses et de lui dire...
Elle vous a fait changer sur les religions, sur le respect des religions, sur l'islam, le catholicisme ?
Elle m'a dit, par exemple, on est catholique. Il y a longtemps qu'elle ne va plus à la baisse, si ce n'est pas pour faire plaisir à sa maman le jour de Noël. Vous voyez, le reste du temps, elle n'y va pas. Moi, je me suis aperçu, par exemple, que j'étais catholique, mais j'avais un regard terriblement critique sur l'islam. Et de temps en temps, peut-être qu'il m'était arrivé de confondre l'islam et l'islamisme. Et elle me rappelle à cette réalité. Elle me rappelle à ça. Or, elle a raison de ça. Elle a raison de ça parce que ses copains, certains sont musulmans et tout ça. Et elle me dit, mais ils sont pareils. Et quand je les vois, ses copains, je m'entends de la même façon.
Oui, elle m'a appris à faire attention à ça. À faire attention. C'est chaque fois que j'ai fait une connerie à la mairie, par exemple. Chaque fois. Vous savez, tout le temps, il y a le même point de commun.
Vous avez été réélu triomphalement.
Oui, mais je fais des conneries. Chaque fois, c'est quand j'ai plaqué mes idées sur la réalité. C'est-à-dire, au lieu de regarder comment les choses se passaient, j'avais des idées, il fallait que le monde corresponde à ça. Et elle m'apprend à faire ça.
Mais dans ce livre, il y a beaucoup de choses. Il y a quasiment une plateforme programmatique, Robert Ménard, sur les sujets de société, le courage en politique, la nécessité de revenir à nos fonds d'un manteau. Est-ce que vous y pensez en vous rasant le matin ou pas ?
Vous constatez que je ne me rase pas le matin.
Je le dis à nos auditeurs qui ne voient pas votre barre et qui vous connaissent.
Voilà. Moi, j'ai envie de trouver...
Vous n'êtes pas candidat, quoi.
J'ai envie de trouver quelqu'un... Mais ça pourrait être vous. Quelqu'un qui incarne ce que j'essaye de dire. C'est-à-dire une espèce de... Mais pourquoi pas vous ? C'est plus simple. Attendez, vous vous prenez pour le pape. Vous n'avez pas de parti.
C'est sûr que vous n'avez pas de parti.
Non. Il faut avoir une certitude de soi que je ne suis pas sûr d'avoir. Une folie ? Peut-être un petit peu. Peut-être il faut être persuadé d'incarner quelque chose. Des fois, j'essaye de me dire, mais pourquoi tu n'incarnerais pas ça ? Les gens me font confiance à Béziers. Ce que j'ai fait à Béziers, tu peux... Il n'y a pas de différence d'approche entre une ville et un pays. Je ne sais pas. On va voir. Écoutez, moi, je discute avec tout le monde.
Très bien. On va voir. Vous ne la portez pas fermée.
Je discute avec tout le monde.
Merci Robert Ménard d'être venu ce matin dans l'interview sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée à vous.
Robert Ménard