Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 21 mars 2023 9 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesTravail & emploiÉconomie & entreprisesSécurité

Réforme des retraites : "Le gouvernement a engagé des réquisitions ciblées" affirme Clément Beaune

Au micro : Yael GauzeSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 25 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    On va interroger la santé du gouvernement.

  • 0:29OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous êtes en survie ?

  • 1:31OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est à droit de la part de la première ministre de dire qu'elle a le sentiment du devoir accompli ?

  • 2:12OuverteRéponse directe

    Donc rien ne change, elle reste à Matignon.

  • 2:44OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on est reparti comme à l'automne pour un nouveau cycle de réquisitions ?

  • 3:03RelanceRéponse directe

    Parce que vous tirez les leçons de l'automne quand vous aviez tardé à le faire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:26Invité politiqueChiffre
    « La moitié des stations-services, à l'heure on parle, qui dans les Bouches-du-Rhône sont en difficulté. »
  • 3:29Invité politiqueFait
    « des réquisitions sont en cours à fosse sur mer spécifiquement. »
  • 3:40Invité politiqueFait
    « Le gouvernement a engagé ce matin, par arrêté préfectoral, des réquisitions très ciblées à fosse sur mer, parce que là, on est une situation extrêmement difficile. »
  • 4:12Invité politiqueFait
    « On a réquisitionné à l'automne de manière précise, encadrée, confirmée par la justice. »
  • 6:07Invité politiqueFait
    « Elle a suscité des incompréhensions des oppositions. »
  • 6:14Invité politiqueFait
    « Des oppositions, je le crois profondément, pas seulement à ce sujet de l'âge, comme on l'a entendu aussi, mais à la question du manque de services publics, à la question des salaires, à la question de l'inflation. »
  • 6:43Invité politiqueFait
    « Je crois que le sujet fondamental, c'est d'ouvrir un nouveau chapitre, notamment sur le champ social. »
  • 6:56Invité politiqueFait
    « A chaque fois, le sujet premier, c'était, est-ce que le service public est à la hauteur ? »
  • 7:12Invité politiquePromesse
    « je pense à la loi sur le travail, qui sera une des lois importantes sociales de ce mandat. »
  • 8:39Invité politiqueFait
    « Quand on parle de risques budgétaires ou financiers, ce n'est pas sale, ce n'est pas un vain mot. »
  • 8:41Invité politiqueFait
    « C'est parce que si vous ne financez pas votre modèle social, notamment les retraites, qui sont la première dépense sociale dans la durée, vous avez un problème. »

Temps de parole

  • Invité politique73 %
  • Présentateur27 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 7h48 et en l'absence de Léa Salamé qui présente ce soir avec Michel Cymes sur France 2, une grande soirée spéciale Santé en France, l'état d'urgence. C'est vous Yael Gauze qui recevez ce matin le ministre des Transports. Bonjour Clément Beaune. Bonjour Yael Gauze. On va interroger la santé du gouvernement. A neuf voix près, vous êtes toujours ministre. A neuf voix près, il n'y avait plus de gouvernement et plus de réforme. Je lisais une des pages Reuters tout à l'heure qui titrait « Le gouvernement survit à la motion de censure. Pas en vie, en survie. »

0:29
Invité politique

Est-ce que vous êtes en survie ? Non, écoutez, et puis le sort personnel n'est pas très important. Le sujet, c'est la situation politique, la situation sociale. Il y a, avec des procédures démocratiques, j'y insiste parce qu'il y a beaucoup de confusion dans les propos des uns et des autres, des responsables politiques ces derniers jours, une réforme des retraites qui a été hier adoptée au Parlement à l'issue de ce vote parce que la motion de censure étant rejetée, la réforme est adoptée. Je crois qu'il y aurait deux erreurs qu'il ne faut pas commettre. D'abord justifier, parce qu'on l'a vu encore cette nuit, des violences.

Des violences dans les actes, des violences parfois dans les mots politiques. Quand j'entends parler d'insurrection, quand j'entends Mathilde Panot comparer le président de la République à Caligula, un des spots sanguinaires, franchement, je crois qu'on perd la boussole et qu'on perd les repères. Et puis, il ne faudrait aussi pas commettre l'erreur de faire comme si de rien n'était. Il y a eu des mobilisations importantes, responsables, respectueuses, menées par Laurent Berger et par d'autres responsables syndicaux notamment. Et ça, je crois qu'il faut les entendre aussi sur beaucoup de sujets sociaux.

1:31
Présentateur

Est-ce que c'est à droit de la part de la première ministre de dire, comme elle l'a fait hier soir, qu'elle a le sentiment du devoir accompli ?

1:36
Invité politique

Mais la première ministre, elle a mené une réforme qui était proposée par le président de la République à ciel ouvert au moment de l'élection présidentielle, qui a été ensuite proposée par elle-même et tous ceux qui, comme moi, sont présentés aux élections législatives dans la majorité, qui est aujourd'hui la première force politique de l'Assemblée nationale. Et elle l'a conduite, comme chef de gouvernement, avec beaucoup de courage. On aime, on n'aime pas cette réforme, ça c'est la démocratie. Mais je pense, et moi je le dis, que la première ministre a fait preuve à la fois d'ouverture et de courage dans ce moment. Donc oui, je pense que ce sont les bons mots.

Elle a fait cette réforme avec un sentiment de devoir et la volonté d'avancer.

2:12
Présentateur

Et elle veut continuer, elle l'a dit, à porter avec son gouvernement les transformations nécessaires au pays. Donc rien ne change, elle reste à Matignon.

2:18
Invité politique

Écoutez, ça c'est le président de la République et la première ministre qui en discute et qui décide dans nos institutions. Mais pour répondre très clairement, mon avis, c'est que je souhaite que la première ministre puisse, comme elle l'a dit, continuer à porter d'autres réformes. Parce que notre agenda politique, c'est la réforme des retraites. Certes, ce n'est pas que la réforme des retraites. Il y a beaucoup de choses à faire dans les mois qui viennent.

2:38
Présentateur

La fin du cheminement démocratique, c'est les mots de l'Elysée, mais pas de la contestation de la réforme. Encore des dizaines de manifestations spontanées hier soir, cette nuit, un peu partout en France. 234 interpellations à Paris. Et puis une grève dure dans les raffineries, avec des affrontements cette nuit à donge entre forces de l'ordre et grévistes. Des blocages en cours à fosse sur mer. Est-ce qu'on est reparti comme à l'automne pour un nouveau cycle de réquisitions ?

3:03
Invité politique

Alors, je ne confonds pas la grève et le blocage. La grève s'est autorisée. Le blocage durable, parfois violent, ça ne l'est pas. Et on a, à certains endroits dans le pays, je pense aux Bouches-du-Rhône en particulier, des situations sur les carburants qui deviennent extrêmement risquées, extrêmement difficiles. La moitié des stations-services, à l'heure on parle, qui dans les Bouches-du-Rhône sont en difficulté. Pas forcément à sec, mais en difficulté. Et donc, oui, ce matin, de manière ciblée, des réquisitions sont en cours à fosse sur mer spécifiquement. Les réquisitions, c'est toujours un dernier recours.

C'est encadré par la loi et tant mieux, parce que c'est évidemment un équilibre avec le droit de grève. Et donc, le gouvernement a engagé ce matin, par arrêté préfectoral, des réquisitions très ciblées à fosse sur mer, parce que là, on est une situation extrêmement difficile. Parce que vous tirez les leçons de l'automne quand vous aviez tardé à le faire ? Les leçons de l'automne, il y avait eu un peu de surprise face à ce mouvement qui avait été dur. Effectivement, je rappelle qu'à l'automne, on peut refaire le film, peut-être que ça avait été trop tard, mais il y avait eu des interventions, là aussi, très ciblées.

Certains disaient, il faut tout réquisitionner, je pense que c'est jamais la bonne méthode. D'autres disaient, il ne faut rien faire. On a réquisitionné à l'automne de manière précise, encadrée, confirmée par la justice. À chaque fois, on applique la même méthode, c'est-à-dire l'application stricte de la loi qui permet la réquisition dans ces cas très tendus et dans les bouches du Rhône, c'est très tendu. Chacun l'a constaté hier.

4:24
Présentateur

Alors, on attendait la parole du président de la République. Ce sera le cas demain sur TF1 et France 2 à 13h. En attendant, c'est réunionnite à tous les étages du pouvoir. Le président consulte les chefs de la majorité ce matin à l'Elysée. Il déjeune avec Gérard Larcher et Elbron Pivet. Il reçoit ce soir tous les parlementaires Renaissance Horizons Modem. Qu'est-ce qui se joue ? Qu'est-ce qu'il cherche ?

4:43
Invité politique

Mais c'est un moment politique important et difficile. Après ce qui s'est passé, il ne faut pas non plus être sourd et aveugle. Il y a eu des contestations, bien sûr, un processus parlementaire compliqué. Il a été mené dans le cadre de notre Constitution, mais il a été compliqué. Quand on voit qu'un tiers du groupe Les Républicains, d'une droite qui se veut réformatrice, n'a pas voulu soutenir la réforme et a voté même la motion de censure, c'est qu'il y a un moment politique compliqué. Donc je pense que le président de la République réunisse des chefs de partis de la majorité, les ministres comportaient la réforme, le président du Sénat, la présidente de l'Assemblée, c'est normal.

On lui reprocherait sinon de ne pas consulter, de ne pas écouter. Et je pense qu'il faut le faire dans un cadre institutionnel, c'est-à-dire ceux qui ont porté la réforme et ceux et ceux qui, au Parlement, doivent aussi dire quelle solution il voit. Pour le président, il ne va pas décider tout seul. Et donc il s'exprimera ensuite à l'issue de ce moment de consultation.

5:34
Présentateur

La boîte à idées est grande ouverte. Votre collègue Gilles Legendre, ancien patron du groupe En Marche à l'Assemblée, dans le premier quinquennat, compare la situation à 1958 et à 1968, les deux dates. Gravité du moment, il dit, il faut que le président prenne une hauteur maximale. Il faudrait une nouvelle feuille de route avec référendum derrière des Français. Est-ce que vous y est-il ?

5:52
Invité politique

Je me méfie toujours des grandes comparaisons historiques. Ce que je crois profondément, c'est qu'une nouvelle phase s'ouvre et c'est que le président, en effet, doit prendre la parole pour indiquer ce que je disais à l'instant, c'est-à-dire, oui, la réforme des retraites, c'était difficile, c'est une réforme de responsabilité pour l'avenir. Elle a suscité des incompréhensions des oppositions. Des oppositions, je le crois profondément, pas seulement à ce sujet de l'âge, comme on l'a entendu aussi, mais à la question du manque de services publics, à la question des salaires, à la question de l'inflation. Si on vous suit, il est exclu de la retirer, si on vous suit, si on vous écoute.

Le Parlement l'a voté, ce serait quand même étonnant.

6:24
Présentateur

Vous avez plein de précédents, vous savez, de mouvements sociaux, 1984, 2004, 2006, CPE, où le 49.3 est utilisé, la motion de censure rejetée, le mouvement social, à la fin, fait que le président...

6:33
Invité politique

Oui, vous avez aussi un certain nombre, je pense à la réforme Rocard de la CSG, de 49.3 qui ont été utilisées pour des réformes très importantes, avec des majorités plus étroites encore, et qui ont avancé. Je crois que le sujet fondamental, c'est d'ouvrir un nouveau chapitre, notamment sur le champ social. On a beaucoup entendu dans les manifestations, les sujets de pouvoir d'achat, les sujets d'inflation, les sujets de services publics. Je l'ai vu dans le secteur des transports, moi j'ai fait beaucoup de rencontres avec des usagers, des agents publics. A chaque fois, le sujet premier, c'était, est-ce que le service public est à la hauteur ?

Est-ce que les gens ont assez de trains, assez présents, assez à l'heure ? Est-ce qu'il y a de la présence humaine dans nos gares ? Est-ce que c'est pareil dans nos hôpitaux ? Dans nos écoles, je crois que c'est sur ces sujets, sociaux notamment, qu'il faut entendre la mobilisation, et prendre des initiatives nouvelles, je pense à la loi sur le travail, qui sera une des lois importantes sociales de ce mandat.

7:16
Présentateur

Mais Laurent Berger qui vous demande une grande conférence sociale après retrait de la réforme, vous lui dites non. Conférence sociale peut-être, mais pas retrait de la réforme.

7:24
Invité politique

Le retrait de la réforme, je crois que ce n'est pas le sujet qui a été exprimé hier au Parlement, quoi qu'on pense de la réforme. Conférence sociale ? Mais ça, c'est le président qui s'exprimera demain.

7:32
Présentateur

Vous le souhaitez ?

7:33
Invité politique

Moi, je souhaite qu'il y ait un chapitre social, que tout ce qu'on a exprimé dans cette réforme, sur le travail des seniors, sur les inégalités femmes-hommes, sur la pénibilité, sur les reconversions professionnelles, sur les carrières longues, il y a encore du boulot. Je pense qu'il y a encore des mesures à prendre, avec concertation des syndicats. Moi, j'ai été obsédé par une chose, dans mon secteur en particulier pendant cette période, mais comme d'autres ministres, c'est de garder le contact pour que le fil ne soit pas rompu dans le dialogue syndical pour l'après. Pour qu'on puisse reprendre une discussion, ça sera difficile.

Mais avec Laurent Berger, avec d'autres, c'est indispensable, en effet, je crois, d'avoir une discussion sur tous ces sujets de conditions de travail et de rémunération notamment.

8:08
Présentateur

Risques économiques et financiers trop grands, voilà pourquoi le 49-3 a été enclenché. C'est comme ça qu'Emmanuel Macron a justifié son recours jeudi dernier, pour pouvoir emprunter aussi sur les marchés. Or, dans son dernier rapport, l'agence de notation Moody's, agence américaine, estime que le 49-3 va rendre difficile l'adoption de futures réformes structurelles en France. Est-ce que c'est l'effet inverse de celui qui était recherché ?

8:28
Invité politique

Le sujet, ce n'est pas honnêtement le commentaire de telle ou telle agence de notation ou de marché financier. Le sujet, c'est d'être responsable. Quand on parle de risques budgétaires ou financiers, ce n'est pas sale, ce n'est pas un vain mot. C'est parce que si vous ne financez pas votre modèle social, notamment les retraites, qui sont la première dépense sociale dans la durée, vous avez un problème. Et je pense que même si c'est difficile aujourd'hui, dans 5 ans, dans 10 ans, dans 15 ans, peut-être des gens comme moi sont encore en politique, j'en sais rien, on nous dira « que n'avez-vous fait ?

» Et donc je pense qu'il fallait aussi assumer, mais entendre qu'il y a une colère, un message aussi d'attente sociale très forte dans ce pays.

9:02
Présentateur

Jeudi, journée de mobilisation, avez-vous des prévisions de trafic précises ?

9:05
Invité politique

Alors on les aura pour jeudi, un peu plus tard pour être précis. Je peux vous dire qu'aujourd'hui et demain, il y a quelques perturbations dans un certain nombre de secteurs, par exemple dans l'aérien, à l'aéroport d'Orly ou de Marseille, on doit annuler 20% de nos vols pour aujourd'hui et pour demain. Les prévisions pour jeudi seront sans doute un peu plus dégradées, et on les fera d'ici demain pour être très précis avec ceux qui attendent trains, bus et avions.

9:26
Présentateur

Merci Clément Bonin. Merci à vous. Et merci Yael Goz.