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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 10 juin 2026 63 minContradictoireActualité / polémiqueSantéEnvironnement & énergie

Hantavirus : 1er cas en France… doit-on s'inquiéter ? - C dans l’air - 11.05.2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 10 %Défensif 90 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Que sait-on du cas de cette Française dont l'état s'est aggravé rapidement cette nuit?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Jusque-là, on ne dit pas que c'est une épidémie. On dit quoi? Des cas de contagion?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce virus a encore des zones d'ombre? Sur la contamination, sur comment des cas contacts peuvent développer une forme grave de la maladie...

  • 8:00OuverteRéponse directe

    On peut refaire un point. Depuis le début, on fait des comparaisons qui ne sont pas adaptées avec la façon dont on se contaminait avec le covid.

  • 12:00RelanceRéponse directe

    Dans ce cas de figure, on voit bien que plusieurs pays sont en train de gérer les cas primaires, secondaires... Est-ce qu'un pays peut mettre en risque le reste de la planète parce qu'il ne se comporterait pas convenablement avec l'isolement des cas suspects?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Ce qui est inquiétant, c'est la façon dont s'expriment les autorités américaines. "Ce n'est pas le covid", "ça ne va pas entraîner une pandémie comme on l'a connue".

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30C.RouxFait
    « Casser les chaînes de transmission De l'hantavirus, voilà l'urgence en France. »
  • 1:00C.RouxChiffre
    « 1 patiente sur les 5 rapatriés ce week-end a vu son état de santé se dégrader rapidement. »
  • 1:30C.RouxFait
    « Les 24 cas contacts identifiés ont été priés de s'isoler en attendant une évaluation. »
  • 3:00G.KierzekFait
    « C'est une femme plutôt jeune, une vingtaine d'années. Elle a déclaré des symptômes assez tardivement. Depuis le début, on est à plusieurs jours, voire quasiment 2 semaines. »
  • 3:30G.KierzekFait
    « Son état s'est dégradé rapidement. La ministre parle de réanimation. »
  • 5:30A.FlahaultFait
    « Ce virus n'est pas d'une très grande gravité. »
  • 7:00J.-D.LelièvreFait
    « On doit être inquiets, mais raisonnablement. On doit être inquiets à chaque fois qu'il y a une transmission interhumaine d'un virus. »
  • 8:30A.FlahaultFait
    « On voit à quel point la gravité fulgurante de ces détresses respiratoires nécessite d'être à une très grande proximité d'un système hospitalier performant. »
  • 10:00A.FlahaultFait
    « En quelques heures, la détresse respiratoire aiguë s'est formée. Certains patients n'ont pas une détresse respiratoire aussi forte. »
  • 11:30A.GoutardFait
    « Pourquoi ne pas les avoir isolés sur un bateau, sur une île? Les avoir sanctuarisés au point où ils étaient, sur les côtes espagnoles... »
  • 13:30G.KierzekFait
    « Pour des raisons médicales et humanitaires, on ne peut pas médicaliser. Et il y a un côté inhumain. »
  • 15:00J.-D.LelièvreFait
    « On n'est pas dans un virus qui va se répandre d'un seul coup partout dans le monde. »
  • 17:30A.FlahaultFait
    « Il y a des zones d'ombre sur ces questions. Avant ce matin, ils vont se préciser. Le 10e cas, le cas américain qui a été identifié comme positif parmi les passagers rapatriés, était un cas totalement asymptomatique. »
  • 19:30G.KierzekFait
    « Il ne faut pas que cette hyper transparence devienne comme la covid avec le décompte des morts. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue. Casser les chaînes de transmission De l'hantavirus, voilà l'urgence en France. 1 patiente sur les 5 rapatriés ce week-end a vu son état de santé se dégrader rapidement.

Les 4 autres passagers sont en quarantaine à l'isolement, à l'hôpital Bichat à Paris. Les 24 cas contacts identifiés ont été priés de s'isoler en attendant une évaluation. Le Premier ministre organise une réunion d'urgence et rencontrera ce soir des épidémiologistes.

Dans chaque pays, chacun choisit ses protocoles d'isolement. Aux Etats-Unis, les 17 passagers rapatriés ne seront pas placés en quarantaine. Au total, 23 pays doivent enrayer la propagation du virus.

L'OMS campe sur un discours rassurant et estime que le risque d'épidémie est faible. Mais de nombreuses zones d'ombre demeurent, notamment sur les conditions de contamination d'un virus pourtant bien connu des scientifiques, dont le taux de létalité est aux alentours de 40 %. Pour en parler, P.Amouyel, épidémiologiste, professeur de santé publique au CHU de Lille.

Vous êtes l'ancien directeur de l'Institut Pasteur de Lille. G.Kierzek, vous êtes médecin urgentiste, directeur médical de Doctissimo.

A.Goutard, grand reporter à France Télévisions, spécialiste des faits de société. J.-D.Lelièvre, vous êtes professeur en immunologie.

Nous sommes en direct avec A.Flahault, professeur d'épidémiologie à l'hôpital Bichat. Bonsoir.

Merci de participer à ce "C dans l'air". Que sait-on du cas de cette Française dont on sait que l'état de santé s'est aggravé rapidement cette nuit? - G.Kierzek: Pas grand-chose.

C'est une femme plutôt jeune, une vingtaine d'années. Elle a déclaré des symptômes assez tardivement. Depuis le début, on est à plusieurs jours, voire quasiment 2 semaines.

Ca correspond à la période d'incubation de ce virus. Son état s'est dégradé rapidement. La ministre parle de réanimation.

C'est la spécificité de l'hantavirus. Il y a une phase d'incubation et, à un moment donné, les symptômes arrivent et se dégradent très vite. Le patient va avoir une détresse respiratoire.

On le connaît bien sur d'autres types de virus. On le connaît avec la grippe, on l'a connu avec le coronavirus. - C.Roux: Une accélération rapide? - G.Kierzek: Oui.

Soit ça vous fait des symptômes grippaux et les choses rentrent dans l'ordre, soit, malheureusement, pour des gens plus âgés, plus fragiles...

Là, elle est jeune. On ne comprend pas pourquoi il y a une défaillance vasculaire et cardiopulmonaire qui va rapidement arriver avec une désaturation. C'est quand vous mettez au bout du doigt la pince pour calculer le taux d'oxygène.

On peut l'acheter. C'est un bon outil à avoir dans la trousse d'urgence. C'est 98 % de taux de saturation d'oxygène.

Quand on reçoit ces patients, on fait un scanner pulmonaire. Il y a un syndrome de détresse respiratoire. - C.Roux: C'est ce que disait la ministre de la Santé. "Quand on se dégrade avec ce virus, on peut avoir un pronostic vital engagé." - P.Amouyel: C'est lié aux fièvres hémorragiques.

Il y a une diminution de ces cellules qui permettent de coaguler. Il y a une libération de liquide dans les poumons. C'est cet effet qui peut être très brutal et fatiguer le coeur.

Ca entraîne le décès, et assez rapidement. Sauf si on est dans un environnement ultra spécialisé de réanimation où on peut récupérer le patient. - C.Roux: A.Flahault, jusque-là, on ne dit pas que c'est une épidémie.

On dit quoi? Des cas de contagion? On n'est pas surpris par le comportement de ce virus? - A.Flahault: On n'est pas surpris.

Ce virus n'est pas d'une très grande gravité. - C.Roux: On ne vous entend pas très bien.

Je vais vous demander de vous reconnecter. On n'est pas surpris sur le comportement de ce virus? Un hantavirus version des Andes, il y a une dégradation rapide? - J.-D.Lelièvre: On n'est pas surpris et surpris.

On doit être inquiets, mais raisonnablement. On doit être inquiets à chaque fois qu'il y a une transmission interhumaine d'un virus. Des hantavirus, il y en a énormément.

Celui-ci a la particularité qu'il y a déjà eu des transmissions interhumaines. Il y a déjà eu 30 cas et un taux de mortalité aux alentours de 30 %. Ca existe.

A chaque fois qu'on a de nouveau une transmission interhumaine, ça pose un questionnement. Ce sont des virus à ARN, qui ressemblent grosso modo à la grippe. Ils peuvent muter.

Ils sont capables de s'échanger des petits bouts de matériel génétique les uns avec les autres. On est toujours un peu inquiets de savoir s'il n'y a pas de nouvelles mutations qui le rendent plus transmissible. Ce n'est pas forcément le cas.

On est sur un bateau. C'est un bouillon de culture. On a vu des épidémies de covid, de varicelle.

Pour les plus anciens, souvenez-vous, dans les 70, on a vu apparaître les légionellose. Il y a une préoccupation scientifique naturelle. Est-ce qu'il doit y avoir une inquiétude de santé publique?

Je ne pense pas, à ce stade...

Il faut rappeler...

On a beaucoup cité la covid et la grippe. Quand on regarde le passé, les taux de transmission à l'intérieur d'un foyer, c'est 3 %. Il faut être... - C.Roux: Peut-être qu'A.Flahault est revenu avec nous.

Je vais faire une tentative...

On va surveiller les cas contacts. Il y a eu 22 cas contacts si on parle des Français, 8 sur le vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesburg et 14 entre Johannesburg et Amsterdam. C'est là qu'on va voir si le virus se comporte différemment de ce qu'on a vu par le passé? - A.Flahault: Oui.

Si vous m'entendez mieux...

Ce que je voulais dire, c'est qu'on était...

Il y avait un peu de débat...

Pourquoi on n'avait pas laissé les gens à bord pour leur quarantaine? Il faut rapidement aller en milieu hospitalier très bien structuré avec une grosse infrastructure pour prendre en charge ce type de patients. On voit à quel point la gravité fulgurante de ces détresses respiratoires nécessite d'être à une très grande proximité d'un système hospitalier performant rompu à ce type d'exercice.

On comprend pourquoi c'était bien à Bichat ou à l'hôpital des armées à Madrid qu'il fallait rapatrier ces cas contacts. Le problème, c'est les cas contacts d'aujourd'hui. On n'aimerait pas qu'ils restent dans la nature.

Pas que pour le risque de diffusion du virus, mais aussi pour eux-mêmes. Plus près ils sont d'une structure prête à les accueillir en assez grande urgence...

Quand les symptômes se déclarent, ils sont presque toujours d'une extrême gravité. - C.Roux: En combien de temps ça dégénère? - A.Flahault: On a vu en quelques jours, voire quelques heures, pour la patiente de Bichat, mais pour le patient de Zurich aussi en Suisse.

En quelques heures, la détresse respiratoire aiguë s'est formée. Certains patients n'ont pas une détresse respiratoire aussi forte. Ils nécessitent juste d'être accueillis rapidement.

Les patients les plus graves, ça peut être 60 % des patients affectés dans cet état très grave nécessitant une réanimation très lourde. - C.Roux: On avait cette question à laquelle vous avez répondue. ... - A.Goutard: C'est la question qu'on nous pose.

Pourquoi ne pas les avoir isolés sur un bateau, sur une île? Les avoir sanctuarisés au point où ils étaient, sur les côtes espagnoles...

On est en pleine saison touristique. Il y a des contraintes économiques et politiques qui rentrent en ligne de compte pour tous ces pays. Vous avez vu à quel point personne ne voulait de ces passagers et à quel point ça a été compliqué de trouver une issue de la part des Espagnols.

J'aimerais ajouter un point. La semaine dernière, l'OMS disait que ce n'était pas une épidémie, pas une pandémie, même pas le covid. Ce matin, nous avons interviewé une des responsables de l'OMS, Anaïs Legrand.

Elle évoque une épidémie. C'est rentré dans son vocabulaire. Il y a quand même un point qui a évolué par rapport à la semaine dernière.

C'est clair. Ce point est lié aux cas contacts dont vous parlez, ces 21 cas contacts, notamment 14 qui n'ont toujours pas été identifiés sur ce vol Johannesburg-Amsterdam, des cas français. Il faut les retrouver.

Eux ont une famille, des amis. Ils ont des collègues. C'est ainsi que se dissémine une épidémie. - G.Kierzek: La question de les laisser sur le bateau, tout le monde a la réponse.

Pour des raisons médicales et humanitaires, on ne peut pas médicaliser. Et il y a un côté inhumain. Imaginez-vous sur le bateau avec cette épée de Damoclès... "On va me laisser mourir sur ce bateau..." Ce n'est pas envisageable.

La question qui a dû se poser, c'est de se dire si on ne peut pas, à Tenerife, débarquer les passagers et faire des hôpitaux de campagne. On peut mettre de la réanimation à proximité, y compris de la réanimation de haut vol. Il y a des hôpitaux déportés, de campagne.

Ca aurait pu être une option. Mais sur le bateau, personne ne s'est posé la question. - P.Amouyel: On aurait pu imaginer un hôpital de campagne, mais qui va le mettre en oeuvre?

Une coalition de pays? Chacun va gérer ses ressortissants? Les Canaries, ce n'est pas loin de l'Espagne...

Il y avait aussi Une décision humaine et politique à prendre. L'Espagne a bien joué. - C.Roux: Sur ces questions, chacun est souverain dans la manière qu'il a de gérer l'épidémie. - J.-D.Lelièvre: Il ne faut pas oublier que dans la gestion, vous avez la gestion du malade et la gestion des prélèvements.

Les prélèvements devaient être acheminés de manière protégée. On sait faire. Cette situation est particulière.

Elle aurait pu être beaucoup plus compliquée si on était dans des pays sans infrastructure hospitalière. Tous les pays qui vont accueillir ces gens ont des infrastructures hospitalières qui savent bien faire. On a parlé de Bichat, des hôpitaux militaires en France.

On a tout le circuit qui fait qu'on sait acheminer les prélèvements. Le risque existe... - C.Roux: De contamination. - J.-D.Lelièvre: La manière dont ça a été fait a été très importante.

On n'est pas dans la covid, on n'est pas dans des grippes, le risque de transmission secondaire, avec ce qu'on connaît des autres infections hantavirus, est très faible. On est dans une structure très particulière, qui est un bateau, où c'est différent. Mais ça ne va pas diffuser de partout.

Ce n'est pas la rougeole avec une transmission où vous transmettez à 15 personnes si vous êtes aux alentours. Il faut être prudents. Il faut faire ce contact tracing, qui est important. - C.Roux: En discutant avec certains de vos confrères, on voit que ce virus a peut-être des zones d'ombre, notamment sur la contamination et le fait que des asymptomatiques puissent ou non contaminer.

Ce qui est sûr, c'est que l'exécutif a saisi le dossier. Le Premier ministre a réuni les membres du gouvernement en charge cet après-midi, recevra ce soir des épidémiologistes. Depuis la dégradation de l'état de santé assez rapide d'une patiente française, la priorité est de casser au plus vite la chaîne de contamination.

Les autorités ont identifié 22 cas contacts. - Depuis hier, les débarquements ont lieu groupe après groupe, sous haute surveillance. Les rapatriements sont en cours.

A chaque pays son protocole. - Dans cet hôpital militaire, tout est prêt pour recevoir les 14 Espagnols. Ils vont être à l'isolement. - Ces passagers sortis du bateau ont tous des tenues de protection. - Les passagers britanniques en route pour l'aéroport vont rester 72 heures en observation.

Puis les autorités décideront de la suite. - Les passagers de la croisière, venus de 23 pays différents, sont presque tous de retour dans leur pays d'origine, à l'exception des passagers venus d'Amérique latine ou d'Asie, évacués vers un pays européen. Avant même la fin des opérations, l'Espagne s'en félicite. - Je crois que nous pouvons être fiers de la réussite de l'opération et du fait qu'un pays comme le nôtre en ait pris la responsabilité. - Mais au cours des rapatriements, des nouveaux cas positifs à l'hantavirus se déclarent, notamment chez un Américain et une Française.

Comme les 4 autres passagers français rapatriés, elle est placée à l'isolement strict à l'hôpital Bichat jusqu'à nouvel ordre, mais dans la nuit, son état de santé s'est aggravé. - Cette évolution plus rapide que ce qu'on observe habituellement, il y a généralement des prodromes sur 3 jours où les patients vont se plaindre de fièvres, de douleurs musculaires, de troubles digestifs. C'est après 3 jours que les symptômes pulmonaires apparaissent.

Ca signale l'aggravation. On est sur une évolution plutôt rapide. - En France, 22 cas contacts qui n'étaient pas sur le bateau ont été identifiés. 8 se trouvaient à bord du vol entre Sainte-Hélène et Johannesburg avec la Néerlandaise décédée de l'hantavirus quelques heures plus tard. 14 autres Français avaient pris le vol Johannesburg-Amsterdam dans lequel la Néerlandaise avait brièvement embarqué.

Mais tous ne sont pas encore en contact avec les autorités. - S.Rist: Le premier vol, ils ont été mis en isolement, il y a une semaine.

Le 2e vol, nous avons envoyé des informations. Nous demandons à ce qu'ils nous contactent. Il faut qu'on puisse renforcer l'isolement. - Pendant ce temps, dans le monde, les autorités sanitaires tentent de rassurer leur population, de l'Australie au Royaume-Uni. - Le risque est vraiment faible.

Il faut avoir un contact très étroit. Ce n'est pas comme le covid, la grippe ou ce genre de virus. - Nous avons pris les mesures sans doute les plus strictes du monde entier.

De nombreux pays imposent une quarantaine à l'hôpital pour seulement 2 ou 3 jours, et non 3 semaines comme nous. - Pour briser la chaîne de transmission du virus, il faut parfois faire preuve d'imagination. Au milieu de l'Atlantique sud, des parachutistes anglais ont été largués sur l'île britannique Tristan da Cunha avec des médecins et du matériel médical.

L'un de ses habitants est un cas suspect. Il avait participé à la croisière qui avait fait escale sur l'île mi-avril. Habitant sur place, il a décidé d'y rester. - Les habitants de l'île étaient contents de nous voir.

Ils nous ont chaleureusement accueilli. On n'a pas vu le patient. Nous confions cela à l'équipe soignante. - Ce soir, le Premier ministre recevra des épidémiologistes à Matignon. - C.Roux: Nous reprenons sur la discussion qu'on avait avant le reportage.

Est-ce que ce virus a encore des zones d'ombre? Sur la contamination, sur comment des cas contacts peuvent développer une forme grave de la maladie...

Est-ce qu'on sait tout de cet hantavirus? - J.-D.Lelièvre: Non.

On ne sait forcément pas tout. Ce sont des virus susceptibles de muter. C'est ce qu'on regarde.

On est en train de séquencer le virus pour voir les zones où il serait différent des précédents. Si on se réfère à ce qu'on connaît de cet hantavirus, celui-ci, car il y a d'autres hantavirus, celui des Andes, c'est 200 cas par an en Amérique. C'est 30 à 40 décès.

C'est une contamination exceptionnelle de 30 cas il y a une dizaine d'années. Quand on regarde les cas familiaux, on va regarder quelqu'un qui a été infecté s'il y a des gens qui auraient des signes indirects, de la sérologie, qui auraient fait une infection...

On est aux alentours de 3 %. Ce qu'on sait des données qu'on a sur les épidémies anciennes, c'est un virus très peu transmissible par contact humain. Le contexte est particulier avec le bateau. - C.Roux: Ou l'avion. - J.-D.Lelièvre: Il y a plus de cas.

Il faut qu'on aille plus en détail voir ce qui se passe. Mais on n'est pas dans un virus qui va se répandre d'un seul coup partout dans le monde. - C.Roux: Pourtant, on sent cette inquiétude.

C'est peut-être le traumatisme de ce qu'on a vécu. On reparle de nouveau des cas contacts. Il y a 22 personnes considérées comme des cas contacts en France.

Personne n'est exposé de manière suffisamment importante pour justifier une urgence sanitaire. Ca veut dire quoi? On se souvenait de ce que c'était avec le covid.

Là, c'est quoi? Se trouver dans le même avion qu'une personne contaminée et qui a déclenché la maladie? - A.Flahault: Vous posez les bonnes questions.

On ne sait pas bien encore. Ce virus est connu depuis 30 ans. Mais il est connu dans des zones très reculées de la Cordillère des Andes.

L'épidémie à laquelle J.-D.Lelièvre fait référence, c'est un village de 8000 habitants.

Ce sont des conditions avec des infrastructures sanitaires qui ne sont pas les nôtres. Ce sont des conditions très particulières. Il est difficile d'opposer ça à une croisière et à un risque de contamination interhumaine dans une communauté.

Il y a la contamination interhumaine. Au début, on pensait que c'était peut-être un des rats à bord. Il n'y a pas de rat dans le navire.

C'est une contamination interhumaine et elle a été efficace car il y a déjà 10 cas. Si ça se trouve, il y en aura d'autres car la période d'incubation est assez longue. Puis il y a une forte mortalité, la même que celle du village des Andes.

A peu près 30 % de mortalité. Une mortalité élevée. Tout cela fait qu'on a envie d'appliquer le principe de précaution.

Il est accessible. On peut décompter le nombre de cas contacts, le nombre de passagers, de membres d'équipage. Ce n'est pas inaccessible comme si c'était une très grande métropole.

C'est quelque chose de relativement contrôlable. - C.Roux: 94 personnes ont été évacuées, 19 nationalités différentes.

Tout le monde ne gère pas les cas de la même manière. Il y avait eu cette escale où la 1re personne contaminée, qui est décédée, n'avait pas été la seule à quitter le bateau. Il y a des personnes qui ont fait escale, qui ont pris l'avion et qui ont peut-être contaminé d'autres personnes. - A.Goutard: Quand vous parliez de 3 %, c'est plus que le covid, non? 3 %, c'est beaucoup. - C.Roux: On a appris à être humbles... - J.-D.Lelièvre: 3 % dans un endroit complètement clos.

Le covid, vous dépassez largement les 3 % dans un endroit complètement clos. - A.Goutard: Les scientifiques sont humbles.

Ils ne veulent pas s'engager, mais on voit aussi que les chiffres circulent...

J'ai entendu une multitude de pourcentages. Ca va de 30-40 % sur la létalité. - J.-D.Lelièvre: Là, c'est la létalité. - A.Goutard: Selon les endroits, selon le taux de contamination, la létalité de l'autre... - C.Roux: On va essayer de tout remettre en place.

La létalité, c'est la mortalité du virus une fois qu'on est malade. - P.Amouyel: Elle est de 30 % en moyenne. - C.Roux: C'est beaucoup plus que le covid. - P.Amouyel: En ce qui concerne la contagiosité, on parlait de taux de reproduction lors du covid.

C'était 1,5 à 2. Dans l'épisode qu'on connaît, sur lequel tout le monde travaille, le 1er cas en Argentine, il y avait des sujets qui contaminaient de manière extrêmement importante, qui pouvaient en contaminer 5 à 6. C'est bien plus que ce qu'on a.

Mais en moyenne, quand on regarde quelqu'un qui se recontamine, ça s'effondre. Le taux est à peu près de 2. Dernier point, l'intérêt de ce taux de reproduction est de l'amener en dessous de 1.

Quand on utilise des masques, des éléments d'isolement individuel, on fait chuter ce taux. Ce sont les faits qu'on a. - C.Roux: Quelles sont les zones d'ombre à vos yeux?

Quels sont les sujets, avec les prélèvements, avec l'évolution de la contamination, avec la population de ce bateau, les cas contacts, quels sont les points que vous surveillez? - P.Amouyel: C'est ce que dit Antoine.

On a une expérience dans des populations particulières, qui n'ont rien à voir avec les populations urbaines qu'on connaît. On ne sait pas comment ça va être transmis, d'où l'importance d'isoler. Malheureusement, il y a des gens qui ne s'isoleront pas. 2e chose, il y a une question de mutation.

Chez le rongeur, ce virus mute autant quasiment que le VIH. Il a trouvé un équilibre avec les rongeurs. Quand il est passé chez l'homme, les expériences de 96 et de 2018, il avait très peu changé.

En 22 ans, il n'a pas tellement évolué. Mais on n'est pas dans les mêmes conditions de dissémination, un village fermé et la population de la planète. - C.Roux: Question. - G.Kierzek: C'est complexe.

Il n'y a pas de symptômes et à un moment donné, ça bascule sur des symptômes. En revanche, il faut rester factuel. Il y a des zones d'ombre, bien sûr.

Globalement, on a 5 personnes qui sont des cas contacts, dont une qui est contaminée. Il faut les laisser à l'hôpital. La ministre disait qu'on les garderait 72 heures avant de les laisser rentrer chez eux.

Ce n'est pas ce qu'il fallait faire. - C.Roux: Quand on dit qu'ils sont dans un service spécialisé, c'est quoi?

Je pense aux patients dans la chambre d'à côté...

Je caricature. - G.Kierzek: C'est un service dédié avec des chambres dédiés à pression négative.

L'air ne peut pas sortir. Ce sont des circuits de ventilation particuliers. Ils sont en isolement contact.

Toutes les infirmières et les médecins qui rentrent, on va limiter le nombre. Il y a des mesures de désinfection. 72 heures, c'était insuffisant.

Si on doit les garder 6 semaines, on les gardera 6 semaines. C'est dramatique pour la patiente, mais la bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a que 5 personnes cas contacts primitifs. Si, dans les cas contacts secondaires, dans les 22, il y a des cas positifs ou des malades, ça change la donne.

Le visage de l'épidémie changerait. Pour l'instant, il faut prendre les précautions maximalistes. Ils sont à Bichat, hôpital qui sait bien faire. - J.-D.Lelièvre: Il y a un point à ne pas oublier.

On connaît très bien les formes symptomatiques avec leur gravité. C'est ce qu'on vient de décrire, 30 à 40 % de mortalité, parfois plus. On connaît beaucoup moins bien le nombre de cas secondaires complètement asymptomatiques.

Tous les gens qui ont été contacts ne vont pas les développer. - C.Roux: Ils peuvent être contaminants? - J.-D.Lelièvre: Il y a beaucoup de discussions.

La transmission se fait essentiellement en phase symptomatique. Les gens qui vont contaminer avant d'être infectieux vont être très rares. Vous avez raison, on connaît ça, en France.

On est capables d'isoler. On a connu ça avec Ebola. La France était prête.

A Bichat, il y a des lits dédiés. Tous les lits dans mon service sont des lits à pression négative. On sait isoler ces patients.

On va les garder le temps qu'il faut: 6 semaines, 8 semaines... - C.Roux: La difficulté, c'est la durée d'incubation.

C'était très bien résumé. On essaie de comprendre les zones d'ombre avec ce nouveau virus. Est-ce que les cas asymptomatiques peuvent contaminer?

Toutes ces choses-là, en l'état des connaissances, a priori, non. On va surveiller l'avancée de l'épidémie. Est-ce que le virus a pu se rendre plus contagieux de l'homme à l'homme, y compris dans des cas symptomatiques? - A.Flahault: Tout à fait.

Je pense qu'il y a des zones d'ombre sur ces questions. Avant ce matin, ils vont se préciser. Le 10e cas, le cas américain qui a été identifié comme positif parmi les passagers rapatriés, était un cas totalement asymptomatique.

Il n'a pas de symptômes. Et il était positif. Ca veut dire que ce cas est probablement contagieux, alors qu'il est asymptomatique. - J.-D.Lelièvre: La contagiosité dépend...

On peut être asymptomatique et avoir une faible charge en virus et ne pas le transmettre. - C.Roux: On n'est pas là pour affoler les gens.

On essaye de voir...

On a un peu d'expérience en la matière. Les choses qui étaient dites avec beaucoup de péremptoire, se sont révélées être... - J.-D.Lelièvre: Ce n'est pas être péremptoire.

Le Mers, c'est plus grave que la Covid-19, mais il ne se transmet que quand les gens sont très malades. On est peut-être aussi dans ce cadre. La Covid-19 a été un traumatisme pour l'ensemble de la population.

Mais il ne faut pas croire que toute nouvelle infection, ça va être la covid. - C.Roux: On fait bien la part des choses.

Il est intéressant de voir comment le gouvernement a réagi. Au début, on disait que ce n'était pas grave, qu'on les mettrait à l'isolement. Il y a eu une accélération dans la prise en charge de la part du gouvernement, avec des mesures fermes.

Ce soir, le Premier ministre reçoit des épidémiologistes. - G.Kierzek: Il y a une part de transparence.

Il ne faut pas que cette hyper transparence devienne comme la covid avec le décompte des morts. Il faut trouver le bon dosage, ni être alarmiste ni être rassuriste. Les spécialistes sont là pour conseiller le gouvernement.

Après, le gouvernement est là pour arbitrer. Ce qui affole les gens, c'est 30 à 40 % de mortalité. Attention, c'est chez les gens dans des conditions particulières.

L'étude que tout le monde cite, en Argentine, dans ce village, il y a eu 11 morts. Ca fait 30 % de mortalité. Mais il y a peut-être aussi des gens porteurs du virus qui ne développent pas la maladie.

Ca effondrerait le taux de mortalité. C'est ce spectre de mortalité important de quasiment 1 personne sur 2...

Il y a peut-être des gens qui sont positifs, qui n'ont jamais développé les symptômes et qui sont dans la nature. - C.Roux: Le sujet est un brin sensible.

Question. On a déjà vu des masques, de nouveau, dans la rue. - A.Goutard: En venant, je croisais un collègue qui me disait qu'il allait acheter des masques car on ne sait jamais. - C.Roux: La ministre a dit qu'elle avait fait un état des lieux. - G.Kierzek: Comme les anciens ministres. - A.Goutard: Il y a plus d'un milliard dans les stocks de masques. 700 000 arrivent en bout de péremption.

C'est un peu comme les paquets de pâtes. On peut les utiliser après la date limite. Mais c'est un sujet.

Vous avez très bien parlé de l'évolution du discours public. Les mesures prises sont des mesures coercitives, même si on enrobe le discours. Un préfet va pouvoir obliger quelqu'un à aller s'isoler.

Ca montre aussi l'inquiétude des pouvoirs publics, qui ne cherchent pas juste à se protéger. Ils parlent avec vous, tous. Ils voient bien qu'on est peut-être à la veille d'un vrai sujet.

Comme vous le disiez, avec tous les virologues qu'on interviewe, on voit qu'il y a une méconnaissance de ce virus. Je ne pense pas au covid plus que ça. Je pense au sida.

Il a fait tant de millions de morts. Ce n'est pas le même virus, mais ça avait démarré...

Les scientifiques ont vraiment bossé dessus pour essayer de trouver des solutions. Faute de vaccin, on a mis 20 ans à arriver à trouver un petit remède. Là... - C.Roux: Plus qu'un petit remède... - A.Goutard: Bien sûr.

Il y a beaucoup d'inconnues, même si le séquençage vient d'être fait. Si on se sent moins bien, il faudra mettre les bouchées doubles. - C.Roux: On n'est pas un village gaulois.

Il n'y a pas juste 5 cas. Il y a des pays qui sont en train de gérer ce qui n'est pas encore une épidémie. Je ne sais pas quels mots il faut utiliser.

Les Etats-Unis, qui sont sortis de l'OMS, ont choisi une ligne beaucoup plus souple que la France. Les 17 passagers américains ont été rapatriés au Nebraska. Pour eux, il n'y aura ni quarantaine hospitalière ni tests pour les cas contacts.

Une ligne que suit le département de santé américain qui rappelle celle, plutôt laxiste, des années covid. - Chaque nouvelle information est diffusée en direct par les chaînes de télévision américaine. - Nous sommes en direct du Nebraska où les passagers américains du bateau de croisière ont atterri il y a quelques heures. - Les autorités sanitaires indiquent qu'un Américain a été testé positif à l'hantavirus et qu'un autre présente des symptômes légers. - Les 17 passagers américains de retour sur le sol des Etats-Unis. 7000 km depuis les Canaries et déjà, des mesures de confinement dans l'avion pour 2 des passagers.

Tous vont être pris en charge dans ce centre spécialisé du Nebraska. Les autorités sanitaires assurent que chacun sera évalué et soigné si besoin. Il n'y aura en revanche pas de quarantaine systématique. - Nous allons les interroger et évaluer leur niveau de risque.

Ces voyageurs auront ensuite la possibilité de rester dans le Nebraska s'ils le souhaitent ou de rentrer chez eux, si leur situation leur permet de voyager en toute sécurité. - Un protocole qui peut paraître un peu léger, mais le directeur de la principale agence sanitaire du pays assume, même si la souche est annoncée mortelle dans 20 à 40 % des cas. En 2020, déjà, J.Bhattacharya s'était illustré pour ses positions covidosceptiques, critiquant le port du masque, prônant l'immunité collective. ...

Des propos controversés qui fleurissent au sein de l'administration Trump depuis son retour à la Maison-Blanche. A la tête du ministère de la Santé, R.Kennedy Jr, complotiste notoire, farouche antivax.

En août, il annonce que les Etats-Unis vont cesser de financer le développement de plusieurs vaccins à ARN messager, technologie qui a pourtant sauvé des millions de vies pendant le covid. - La plupart de ces vaccins concernent la grippe ou le covid, mais comme l'a montré la pandémie, les vaccins à ARN messager ne sont pas très efficace contre les virus qui affectent les voies respiratoires supérieures. - 3 mois plus tard, l'Agence du médicament enflamme le débat. - L'agence prévoit de durcir les critères d'autorisation du vaccin contre le covid.

Une analyse des dossiers établirait un lien entre 10 décès d'enfants et le vaccin contre le virus. - Une affirmation douteuse qui fait bondir la communauté scientifique dans un pays où la défiance est déjà très élevée. Les Etats-Unis de plus en plus isolés en termes de santé publique.

D.Trump avait d'ailleurs donné le ton en claquant la porte de l'OMS dès son retour au pouvoir. - Le décret sur le retrait de l'OMS. - D.Trump: Gros dossier.

Avec ses 1,4 milliard d'habitants, la Chine verse 39 millions à l'OMS. Nous, nous versons 500 millions. Ca me semble injuste.

J'ai décidé de nous en retirer. - Un désengagement qui inquiète le directeur de l'organisation. - Le retrait des Etats-Unis de l'OMS constitue une perte pour les Etats-Unis et pour le reste du monde.

C'est perdant-perdant. Ca affaiblit la sécurité sanitaire mondiale et celle des Américains. - Ironie du sort, suite à ce retrait américain, la Chine, très critiquée pour sa gestion de l'épidémie de Covid-19, est devenue le 1er contributeur de l'OMS. - C.Roux: Il y a un débat sur la façon dont le virus se transmet.

On peut refaire un point. Depuis le début, on fait des comparaisons qui ne sont pas adaptées avec la façon dont on se contaminait avec le covid. C'était des masques, des aérosols...

Ce que vous m'expliquiez pendant ce reportage, c'est que le virus peut vivre longtemps sur une surface, plusieurs heures. - P.Amouyel: Ce qui était particulier dans le covid, c'est que le virus sortait quasiment directement des poumons et se diffusait dans la pièce, d'où l'importance d'aérer, de mettre des masques...

Là, c'est des contaminations par contact, qui peuvent également être inhalées, mais c'est des grosses gouttelettes. Par exemple, quelqu'un qui va éternuer ou des contacts...

Quand c'est des rongeurs, c'est les déjections...

C'est pas tout à fait le même mode de contamination. Ca explique que, quelqu'un dans une fête, là où le covid aurait contaminé tout le monde, ça ne contaminerait...

Il faut que les personnes soient au moins sur la même table. - A.Goutard: Je vais à la cantine avec mon plateau de repas.

La cuisinière après prend le plateau de repas que j'ai touché. Là, je risque de la contaminer. Dans l'univers familial, on risque d'être contaminés aussi.

C'est un peu difficile à comprendre. - J.-D.Lelièvre: C'est une maladie qui existe...

Les hantavirus sont décrits depuis la guerre de Corée et depuis un peu moins longtemps en Amérique du Sud. Il y a toujours eu des cas. Il y a très peu de cas secondaires.

C'est exceptionnel. Les seuls cas secondaires que l'on a vus sont dans des conditions très particulières, où vous êtes tous concentrés et où le virus est présent de manière très régulière. C'est là où le risque est important. - C.Roux: Ca veut dire que les Etats-Unis ont raison de dire "au fond, on va pas mettre des mesures de protection, d'isolement, de quarantaine"? - J.-D.Lelièvre: Je ne suis pas d'accord.

C'est toujours pareil. Il y a des transmissions entre des individus, pour un virus assez peu connu pour se transmettre d'un individu à un individu. On peut s'attendre à ça, mais ça ne veut pas dire qu'il faut mettre ça sur le tapis et se dire que c'est normal.

On a très peu de cas. On a résolument changé, depuis la découverte du VIH, sur les outils technologiques qu'on a pour diagnostiquer les maladies, la mise en place rapide de vaccins, les outils d'épidémiologie...

Dans tous les pays, on a les moyens d'isoler ces gens dans des services dédiés. - C.Roux: Vous dites que c'est dans tous les pays.

On voit qu'il n'y a pas la même stratégie dans tous les pays. Question. Dans ce cas de figure, on voit bien que plusieurs pays sont en train de gérer les cas primaires, secondaires...

Est-ce qu'un pays peut mettre en risque le reste de la planète parce qu'il ne se comporterait pas convenablement avec l'isolement des cas suspects? - A.Flahault: C'est une très bonne question.

Je dirais presque que c'est "la" question. On n'est pas tout seuls, en France, à gérer. Il faut que chacun des pays gère d'une façon qui permette d'éviter tout risque.

Les Etats-Unis ont-ils raison? Admettons que oui, peut-être. C'est possible.

Il y a beaucoup d'incertitude. La question est: "Si jamais ils ont tort?" Aujourd'hui, personne ne peut répondre à ça.

Il faut que les précautions qu'on prenne permettent que, de toute façon, on n'arrive jamais à une épidémie qui dépasse le cadre des passagers et des contacts. Si jamais on a un premier cas pour lequel on ne sait pas l'origine, ce sera une bascule dans cette aventure. On ne veut surtout pas cette bascule.

L'idée d'être précautionneux, c'est vraiment éviter qu'un jour, il puisse y avoir une propagation avec des cas secondaires. C'est ce à quoi on espère ne pas arriver. - C.Roux: La course contre la montre doit être menée par l'ensemble des pays.

On voit que l'ensemble des protocoles ne sont pas aussi rigoureux que ce qu'on a en France. - G.Kierzek: C'est une chance d'avoir cette épidémie cantonnée à un bateau.

Tout est traçable. Si on perd la trace à l'arrivée d'un pays, ce qui est en train de se passer dans certains pays, en particulier aux Etats-Unis, c'est dommage. Il faut un principe de précaution maximaliste.

C'est des cas très facilement, parce que ça se compte sur les doigts de la main...

Il faut garder les cas sous la main pour voir l'évolution. - C.Roux: En Suisse, un Suisse a débarqué du Hondius à Sainte-Hélène le 27 avril.

Il s'est envolé pour aller en Suisse. Tous les gens qu'il a croisés lors des vols lors de ses passages en Afrique du Sud et au Qatar...

Ce sont des cas secondaires? - P.Amouyel: Ce sont des cas contacts.

Aujourd'hui, ce qu'on ne sait pas bien, c'est qu'au-delà de la phase des 1ers symptômes, est-ce que le taux de virus est tel qu'il puisse contaminer? On ne sait pas bien. Il faut qu'on le connaisse.

On sait juste qu'il ne faut pas que ça s'étende. Il faut bloquer l'épidémie. On sait que c'est efficace avec les mesures d'isolement.

En ce sens, les Américains ont tort. - J.-D.Lelièvre: Quelle que soit l'évolution...

On n'est pas dans un risque majeur, mais c'est une forme de répétition générale. On sait que ça va arriver, que, demain, il y a la grippe aviaire, d'autres pathologies. On sait que ça va arriver.

Si, avec très peu de cas, on n'est pas capables, tous les pays, de faire la même chose et d'avoir le même protocole et de s'assurer qu'on a bien tracé tout le monde...

On a besoin de tracer, savoir lesquels ont été contaminés de manière asymptomatique. Si on n'est pas capables de le faire, le jour où ça va être problématique, ça va être une autre paire de manches. - C.Roux: Ce qui est inquiétant, c'est la façon dont s'expriment les autorités américaines. "Ce n'est pas le covid", "ça ne va pas entraîner une pandémie comme on l'a connue"...

Ce qui est plus inquiétant, c'est ce que peut dire le ministre de la Santé américain, qui dit: "Nous devons cesser de faire confiance aux experts, nous, citoyens." Ce qui se passe aux Etats-Unis est un brin inquiétant après ce qu'on a vécu. - A.Goutard: Vous avez très bien résumé ce que dit le ministère de la Santé américain avec, à sa tête, R.Kennedy Jr.

Il est antivax. Ce ministère, il y a quelques instants, a été mis en cause par le gouverneur du Nebraska, là où ont été accueillis les 17 cas contacts américains. Ce gouverneur dit: "Vous êtes gentil, mais il n'est pas question qu'on lâche dans la nature ces 17.

On veut qu'ils soient isolés, qu'ils restent dans leur centre à Omaha et qu'ils n'en sortent pas du tout." D'un côté, il y a l'idéologie d'un gouvernement américain et, de l'autre, le sens des responsabilités d'un gouverneur qui, lui, est impacté localement. - C.Roux: On voit bien qu'il n'y a pas de règles imposées par l'OMS.

Chacun fait ce qu'il veut. - A.Flahault: Je suis très intéressé qu'on parle de cela.

Pour l'accord pandémique, on a réussi à ne pas avoir les Américains ni les Argentins, qui ont quitté l'OMS l'un et l'autre. Ironie de l'histoire. Malgré cela, aucun Etat ne s'est mis d'accord pour proposer à l'OMS d'avoir des pouvoirs étendus de coordination.

Aujourd'hui, on ne peut pas reprocher à l'OMS de ne pas nous coordonner. Les Etats ne veulent pas donner leur souveraineté en termes sanitaires. Ils n'acceptent pas que l'OMS dise qu'il faudrait confiner, fermer des écoles ou les frontières.

C'est un peu le talon d'Achille de la lutte contre les épidémies émergentes: on n'a pas de possibilité de coordonner tous les pays et d'imposer le même type de rigueur vis-à-vis des quarantaines. - C.Roux: Parfois, on en paie ensuite les conséquences. - A.Goutard: Ca met en exergue la faiblesse de l'OMS, actuellement.

Les Etats-Unis sont sortis...

Pour l'instant, ils ne payent plus leur adhésion à l'OMS. C'était 16 % du budget qui ont disparu. Le budget de l'OMS a été revu à la baisse.

Ils sont dans une situation catastrophique dans la gestion des épidémies, alors qu'ils finançaient des laboratoires de recherche. - C.Roux: Un mot...

G.Kierzek, vous me disiez pendant le 2e reportage "attention à ne pas tomber dans une forme de névrose et de panique". Ca fait ressortir de très mauvais souvenirs pour tout un tas de personnes qui nous regardent.

Attention de ne pas, dès qu'on se sent pas bien, penser qu'il faut appeler le 15. - G.Kierzek: Ce qu'on appelle un message de la direction générale de la santé urgent, un message qui est envoyé à tous les professionnels de santé. 5 cas qui venaient du bateau...

Il faut consulter si on a été en lien avec ces 5 cas. Si vous avez un syndrome grippal, de la fièvre...

Ca va être autre chose en termes de virus. N'appelez pas le 15 en pensant que ça va être l'hantavirus. L'hantavirus ne circule pas sur le territoire.

Des symptômes grippaux, c'est tout à fait autre chose, sauf si vous avez été en lien direct ou indirect avec quelqu'un qui est revenu du bateau, qui a croisé quelqu'un dans l'avion. Il faut qu'il y ait ce lien. - C.Roux: Ensuite, ça ne sert à rien de se ruer dans sa pharmacie la plus proche pour acheter des masques? - G.Kierzek: Ca ne sert à rien.

J'ai aussi des gens qui me disent que dans le métro, on va retrouver des masques. Et qu'il faut se laver les mains. Mieux vaut se laver les mains et avoir cette hygiène pour éviter de transmettre plutôt que les masques. - C.Roux: Question. - P.Amouyel: Oui.

Un antiviral a été essayé, mais pas avec un effet exceptionnel. - C.Roux: On rappelle qu'il n'y a pas de vaccin à ce stade. - P.Amouyel: Des vaccins sont en développement.

Il y a des vaccins inactivés en Chine et en Corée. Il y a des grandes industries qui sont en train d'essayer de préparer des vaccins, dont certaines qui ont fait ceux du covid. - C.Roux: Je disais que le traumatisme était encore là.

Les mots font immédiatement ressurgir cette période du covid. 5 ans après, les conséquences pour la jeunesse sont mieux connues et mesurées et le résultat est édifiant. Selon une étude menée à Bordeaux, 41 % des jeunes souffrent de dépression modérée depuis le covid, contre 26 avant la pandémie.

Une cicatrice indélébile pour toute une génération. - Personne n'a oublié ces images de rues vides, de services de réanimation surchargés, de patients intubés. - Une situation de sidération pour toute notre société avec quelque chose qui n'avait jamais été vécu et qui était traumatique. - E.Macron: Nous sommes en guerre. -2020 et 2021, années d'angoisse pour toute la France et pour sa jeunesse, très vite responsabilisée. - E.Macron: Personne n'est invulnérable, y compris les plus jeunes.

Même si vous ne présentez aucun symptôme, vous risquez de contaminer vos amis, vos parents, vos grands-parents... - Dès les premiers mois de confinement, les admissions d'adolescents montent en flèche dans les unités de psychiatrie. - Ca a chamboulé ma vie. - Dans le service de l'hôpital de Rouen, nous avions rencontré ce jeune de 15 ans qui avait tenté de mettre fin à ses jours quelques semaines plus tôt. - Ma famille, maintenant, on les supprime à moitié.

Je dois faire très attention avec eux. C'est bête, mais ça implique plus de câlins, plus de bisous...

Rien qu'on peut partager ensemble. Si on termine sa vie à 15 ans, volontairement, ça fait bizarre, mais quand tu sais que la vie est pourrie, tu te dis que c'est mieux que de rester là et en avoir marre de la vie. - 6 ans après, les traces de cette période marquent toujours la santé mentale des jeunes Français.

La consommation d'antidépresseurs chez les 12-25 ans a bondi de 18 %. - Je pense qu'on a sous-estimé les conséquences dans la durée du covid sur la santé mentale des jeunes. On a été coupés de nos liens sociaux.

Les plus jeunes ont été coupés de leur scolarité et du lien avec leurs camarades. Certains se sont retrouvés dans des conditions familiales difficiles, avec des parents qui travaillaient ou des conditions de logement difficiles et avec une insécurité globale dans la société où les adultes n'étaient plus un repère de sécurité. Nous-mêmes étions complètement perdus. - Les confinements et couvre-feux à répétition ont aussi freiné la vie sociale des étudiants des années covid, limitée au strict minimum. - Ca va? - Il n'y a pas eu les soirées d'intégration.

On a eu une journée d'intégration très bien organisée avec les distances de sécurité, le port du masque obligatoire...

Ca nous laisse forcément, par rapport à notre vie étudiante, telle qu'on se l'imaginait... - Suivre les cours à distance a aussi accru le décrochage de manière durable. 3 ans après la pandémie, le taux de réinscription des étudiants pour l'année suivante à l'université a baissé de plus de 22 % par rapport à l'avant-covid.

Quand l'insertion professionnelle a dans le même temps été compliquée...

Les confinements ont entraîné annulations de stages ou de contrats, comme pour cet étudiant en fin de master, rencontré dans les Deux-Sèvres, contraint de revenir vivre chez ses parents. - "Notre établissement a pris la décision d'annuler le déroulement de ce stage pour cette année." C'était vraiment le stage de rêve pour moi.

Ca m'aurait permis de faire un vrai bon départ dans le monde du travail. - Déjà élevé, le chômage des jeunes a augmenté depuis la crise sanitaire. C'est une génération à qui on avait promis des lendemains meilleurs, mais qui a du mal à se projeter. - Ce qui est compliqué, c'est que la société vit un moment d'incertitude globale avec des phénomènes qui vont s'additionner, avec l'incertitude en Europe autour de la guerre, avec les questions autour de l'environnement, les problèmes écologiques...

Les jeunes sont bombardés par différents soucis, et des inquiétudes qui viennent s'accumuler. Probablement que le covid a laissé une cicatrice sur cette génération, quelque chose qui va faire date et sur lequel on puisse s'appuyer pour les aider à dépasser ça. - C.Roux: Une réaction à ce reportage?

On parlait du traumatisme collectif. Un mot sur cette jeunesse? 5 ans après, on sait qu'elle a été profondément heurtée.

On l'appelle même "génération covid". - A.Flahault: Je faisais partie du conseil scientifique en Suisse.

Le conseil scientifique français souffrait peut-être du même problème. Il n'y avait pas beaucoup de jeunes experts conviés aux discussions. Quand nous recommandions de fermer les écoles, j'ai des collègues qui me disaient que je n'avais pas d'enfants d'âge scolaire dans mes prises de parole et que ça se voyait.

Epidémiologiquement, nous avions raison, mais sur le plan de la santé mentale, sur le plan de la santé des enfants et de leurs parents...

Tout cela n'était pas mesuré à sa juste valeur dans le conseil scientifique. - C.Roux: On a au moins ce recul-là.

On rappelle que la durée d'incubation de l'hantavirus est de 6 semaines. C'est très long. - P.Amouyel: Oui.

En pratique... - C.Roux: Les personnes qui sont isolées, cas contacts ou cas directs qui étaient sur le MV Hondius vont rester 6 semaines à l'isolement. - P.Amouyel: En fonction du temps qu'ils avaient passé à bord.

On a remis les pendules à zéro avec le cas dans l'avion. - G.Kierzek: Mieux vaut 6 semaines à l'hôpital que de les laisser sortir et d'avoir un trou... - C.Roux: L'OMS fait une conférence de presse en fin d'après-midi et déclare que les personnes contagieuses le sont dès le tout début de la maladie, dès l'apparition des symptômes.

Nous revenons à vos questions. Question. - G.Kierzek: Non.

Ils n'ont pas tous été tracés. - A.Goutard: C'est sur 2 vols. 8 ont été identifiés sur un vol et sont à l'isolement.

Sur un autre vol, il y en a 14. C'est le vol Johannesburg-Amsterdam. Hier soir, la ministre de la Santé leur demandait de se manifester.

Ca crée un flou. Pourquoi on demande à ces personnes de se manifester? Quand on prend un billet d'avion, on donne son nom.

Je suis sûre que les autorités sanitaires font bien leur travail. Il y a des enquêteurs sanitaires dont c'est le boulot. Pour le moment, il y a un flou dans la communication.

On en sait, nous, journalistes, pas grand-chose. - C.Roux: Question. - P.Amouyel: Il faut qu'il y ait une pression pour qu'il se transforme et s'adapte.

Le problème de ce virus, c'est qu'on ne peut pas le comparer chez l'homme. Il n'a pas tellement évolué. C'est ce que montrent les 2 analyses génétiques qu'on a.

Mais il faut rester prudents. - C.Roux: Le Premier ministre s'explique en ce moment même à propos de cette patiente française dont l'état s'est dégradé rapidement cette nuit.

Son état est toujours stable. Elle est toujours en réanimation. Question. - J.-D.Lelièvre: C'est très compliqué.

Il faut pouvoir...

Si vous êtes en phase d'incubation du virus, il est indétectable. Ca ne sert à rien. A ce stade, il faut vraiment tracer tous les gens qui ont été contacts pour les isoler. - C.Roux: J'aime bien cette réaction qui résume notre discussion de ce soir.

Question. - G.Kierzek: C'est bien la question.

La vérité est probablement au milieu. On a une voie médiane...

Dire qu'il ne se passe rien, non. Avoir un hantavirus avec 3 morts sur un bateau de croisière n'est pas rien. Ne serait-ce que pour les individus touchés, les familles.

Epidémiologiquement, c'est connu. De là à dire que ça va se diffuser dans toute la population et qu'on va en mourir, on n'en est pas là. On est sur une épidémie modérée avec 5 cas traçables.

Le bon sens veut qu'on les garde à l'isolement. C'est même isolement à l'hôpital. C'est différent de l'isolement des 22 cas.

On les prie d'être chez eux et de limiter les contacts. Ce sont des cas contacts secondaires. Ils n'ont pas été sur le bateau. - C.Roux: Ce qu'on redoute, c'est la mauvaise nouvelle.

On a peur que les cas secondaires déclenchent des symptômes avec une forme de gravité. - G.Kierzek: Sorti de nulle part qui aurait connu la personne qui aurait connu...

Et qui développe. - C.Roux: Question. - G.Kierzek: Là, ils font l'inverse. - C.Roux: Chantal révèle ce qu'il y a dans une partie de la population: une forme de scepticisme sur la parole officielle. - P.Amouyel: C'est légitime.

Trump ne prend plus d'experts. La question peut se poser. Ce que je trouve le plus intéressant dans cette affaire, c'est qu'on est en train de se préparer à ce qui devrait nous arriver, l'apparition de nouveaux virus.

Là, on s'entraîne. On a un warm-up qui va nous permettre... - C.Roux: Ca arrivera de manière massive. - P.Amouyel: Peut-être pas, mais il faut s'y préparer. - C.Roux: Merci à tous les 5.

Il est l'heure de retrouver A.-E.Lemoine et l'équipe de "C à vous". - A.-E.Lemoine: Au programme, l'impasse au Moyen-Orient, un conflit qui s'enlise et des conséquences économiques qui inquiètent 91 % des Français.

La réponse du ministre de l'Economie dans un instant, notre invité. Le gouvernement a promis de changer d'ampleur et d'échelle pour aider les secteurs les plus touchés.