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DébatPublic Sénat (sur YouTube)· 20 février 2026 27 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsImmigration & asileEurope & international

Y a-t-il une recrudescence de la violence politique ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que chacun est dans son rôle entre le procureur et la classe politique ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette affaire marque un bascule dans l'histoire politique récente ?

  • 5:00OuverteRéponse partielle

    Faut-il interdire la marche prévue à Lyon par crainte de débordements ?

  • 7:00RelanceRéponse directe

    Le président Macron établit une équivalence entre RN et LFI sur la violence. Est-ce justifié ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    La méthode de Laurent Nunes est-elle meilleure que celle de Bruno Rota pour l'Algérie ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Arnaud BenettiFait
    « On voit qu'il y a un débat qui s'est installé à gauche, qui existait déjà avant cette affaire malheureusement. »
  • 6:00Arnaud BenettiChiffre
    « 57 % des Français jugent que LFI est trop complaisante à l'égard des militants antifascistes. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Ils sont âgés de 20 à 26 ans. Seppects ont été mis en examen dans l'affaire sur la mort du jeune militant nationaliste identitaire Quentin de Ranck. Le parquet a requis leur placement en détention provisoire.

Hier, le procureur de la République de Lyon a détaillé leur profil. Son point essentiel des étudiants, des employés dans le privé, un et sans emploi et un, comme vous le savez assistant parlementaire. Certains appartiennent à des associations et trois déclarent avoir fait partie ou être proche de la mouvance d'ultragauche.

Au regard du nombre de coups portés directement sur le crâne de Quentin de Ran. Les auditions des témoins et les interrogatoires des mises en cause, le parquet a retenu pour six d'entre eux le chef d'accusation d'homicide volontaire. Le 7e, Jacquellie Favre est mis en examen pour complicité.

Le nom de l'assistant parlementaire de Raphaël Arnaud, le député insoumis cfondateur du groupe antifasciste la jeun garde circulait depuis plusieurs jours. Monsieur Favot n'a pas donné de coup direct susceptible d'avoir causé le décès de monsieur Derm rapidement les explications qu'il avait pu donner à savoir en indiquant notamment que il s'agissait absolument pas d'un gatapan mais bien d'un affrontement. Je crois que c'est les termes qu'il faut retenir.

Parmi les suspects mis en examen pour homicide volontaire et également écroués figure un autre proche de Raphaël Arnaud Adrian B. 25 ans. Il travaillait dans l'équipe du député jusqu'à quelques jours avant les faits.

En déplacement à New Delhi, Emmanuel Macron a exhorté tout les partis à faire le ménage. Qu'à chaque fois qu'il y a des gens qui vous expliquent qu'ils ont mis en place des des milices pour faire de l'autoprotection, qu' a telle ou telle chose parce qu'il y aurait de l'autre côté un discours de de violence et qu'il la légitime, ils ne commettent pas simplement une faute politique, il commettent une faute morale et il crée les conditions de ce qui arrive. Donc tout le monde partout doit faire en effet le ménage.

Tous les mises en cause contestent leur intention de tuer. La violence en politique, pas une nouveauté, mais quelque chose est-il en train de basculer dans notre société ? Pour en débattre, pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir sur ce plateau Bruno Fuini.

Bonjour, vous êtes historien. Vous êtes à l'initiative d'un dossier qu'on peut lire dans le mensuel historia du mois de mars, maire ferance de la République. Je précise que Public Sénat est partenaire de ce dossier, qu'on en est très fier.

On parlera bien évidemment des municipales dans dans quelques instants. Bonjour Arnaud. Arnaud Benetti, politologue, directeur de la nouvelle revue euh politique.

Bon, on va parler quand même de cette de des suites de cette enquête de des dernières informations. On voit quand même qu'il y a une certaine prudence Arnaud du côté du procureur et un emballement chez certains politiques. Est-ce que chacun finalement est dans son rôle ?

Oui, je pense que tout le monde est dans ce rôle, le procureur et la classe politique. Il est clair que ça peut constituer, il faut être toujours très prudent un moment de bascule parce que l'importance c'est de savoir euh quel est l'impact politique que euh ce drame va avoir, d'abord sur les élections municipales qui se dérouleront dans maintenant 3 semaines et ensuite sur les éventuelles recompositions politiques. On voit qu'il y a un débat qui s'est installé à gauche, qui existait déjà avant cette affaire malheureusement. euh mais euh qui s'installe.

On voit que il y a malgré tout aujourd'hui des positions qui divergent au même du Parti socialiste entre par exemple François Hollande qui dit plus question d'avoir des alliances avec LFI et monsieur Gedge qui d'ailleurs très étonnamment a répondu que si dans un second tour il devait choisir entre un candidat LI et un candidat du Rassemblement national il choisirait un candidat de LFI ce qui ne manque pas de brouiller si vous voulez le message du Parti socialiste. que on est véritablement, j'allais dire dans un moment d'extrême tension, on le voit et on va le voir récemment peut-être demain sur le terrain à Lyon, mais aussi un moment de grande interrogation politique. On va parler de de Lyon.

De Lyon effectivement, mais on on a intitulé première partie de ce débat, il y a-t-il une recrudissance de la violence politique ? Quel regard vous portez sur tout ça vous vous l'historien Bruno ? Est-ce que bon, on a connu des violences par le passé, que ce soit à l'extrême droite ou à l'extrême gauche, mais là, est-ce que on est dans un moment de bascule ?

En tout cas, la violence n'est pas évidemment nouvelle et y compris dans les milieux étudiants. Si si on voulait remonter, je pense à partir de 1908 par exemple, les royalistes créent les Camelot du roi hein, qui sont des jeunes militants nationalistes qui vont en découdre avec je dirais leurs homologues de gauche. Euh bon, dans le contexte de l'affaire de réfuge par exemple, il y a eu des violences très fortes.

Il y a eu un professeur en Sorbonne qui avait un peu ironisé sur Jean Dark, qui a été faessé publiquement par ses militants. Il y a eu des bagarres assez quand même assez assez rudes. En 1902, il y a même un candidat aux législatives, figurez-vous, qui qui est mort des suites de ses blessures.

C'était à Lille dans le Nord, il y a eu des affrontements tellement violents que Pierre Lortiwa qui avait 29 ans euh sur son lit d'hôpital quand il apprend qu'il a été élu député et il ne siègera jamais, il meurt le lendemain. Donc la violence, elle est elle fait partie de la politique. Vous dites non mais je je par contre je n'excuse pas il a pas de nouveauté, il y a pas de pas il y a pas un caractère inédit à cette affaire.

Non. En revanche, ce qui est vrai, c'est que c'est toujours très inquiétant quand la violence prend le pas sur l'action politique. Normal, la force d'une démocratie, c'est justement de régler les différents politiques par des débats et par le scrutin, par l'urne.

Et donc, lorsque la violence s'empare de la rue, c'est très préoccupant et il faut réagir. Euh, vous êtes d'accord avec ça ? Rien de nouveau sous le soleil.

Euh oui, rien de nouveau sous le soleil, vous avez raison de le dire. Euh il en demeure pas moins que ce qui s'est passé à Lillon reste absolument inacceptable et il faut le dire et le répéter en l'occurrence. Non, il y a quand même quelque chose qui est, je veux dire dans l'histoire politique très récente, j'allais dire c'est que vous avez un parti politique, on le veuille ou non, LFI, qui assume ses liens avec la jeune garde qui est un mouvement qui, qu'on le veuille ou non, procédait.

D'ailleurs, il est en cours de dissolution à des actions qui étaient des actions qu'il qualifiait lui-même d'autodéfense entre guillemets. Ce qui se pose problème d'ailleurs parce que je rappelle que la sécurité dans un état démocratique, elle est assurée par l'État et qu'il ne saurait y avoir de privatisation de l'usage de la violence quelle qu'elle soit à des fins politiques ou à des fins idéologiques. Et vous avez quand même un mouvement qui la Pignon surille LFI avec un groupe parlementaire avec un candidat à la présidentielle qui est susceptible peut-être d'être au second tour de l'élection présidentielle en 2027 qui assume ses liens avec un mouvement qui recourt à la violence.

Donc vous avez si vous voulez une force politique électorale qui d'une certaine manière ça c'est inédit c'est ce que vous dites. Je dis pas que c'est inédit mais dans l'histoire récente oui c'est inédit. Dans l'histoire politique récente c'est assez inédit.

Donc là, il y a quand même un sujet qui se pose. Alors, une marche sur la mémoire de Quentin Duran qui est envisagée, prévue demain euh à Lyon. Faut-il interdire euh cette marche notamment euh par crainte de débordement ?

Écoutez la réponse de Laurent Nunes, le ministre de l'intérieur. Il était sur RTL ce matin. Je ne demande pas l'interdiction de cette manifestation encadrée.

Elle sera encadrée pour éviter tout trouble à l'ordre publique à la fois autour du cortège puisque c'est d'un cortège dont il s'agit. C'est une marche he qui fera quoi ? 1 km à 4 1 km donc qui sera encadré par des forces de l'ordre et forces de l'ordre qui rayonneront évidemment la périphérie de ce cortège pour éviter toute trou à l'ordre publique et toute provocation.

J'ai des informations que ce sera une manifestation, il y aura des militants d'ultradroite hein que les choses soient claires. Combien de personnes sont attendu militants d'ultradroite ? On attend on attend entre 2 et 3000 personnes.

Il y aura des militants d'ultradroite, faut le rappeler peut-être Bruno Lyon c'est pas n'importe quoi. J'ai je lisais des titres capital de la violence politique en France. Alors, historiquement, c'est la capitale des Gaules.

Euh, oui, avant ça. Et puis [rires] ce qui est paradoxal, c'est que Lyon a eu très longtemps une tradition de modération. C'est pas la ville la plus agitée.

Euh si on cherche la figure politique emblématique, c'est Édouard Riot, hein, le le bon maire radical socialiste de gauche laïque mais d'une gauche très modérée et pas du tout collectiviste. Bon euh bon donc pendant longtemps, Lyon a eu cette réputation là mais on a vu l'émergence d'une forme de radicalité dans les milieux universitaires lyonnais et puis la la ville a changé, sa sociologie a changé. Par ailleurs, il faut distinguer peut-être entre le centre de Lyon et l'agglomération lyonnaise.

Euh donc il y a quelque chose qui est en train d'évoluer à Lyon. Après, il est évident que dans l'affaire qui nous occupe, la manifestation sera pas strictement lyonnaise. On va avoir des gens qui vont venir de toute la France.

H on va écouter Emmanuel Macron. Emmanuel Emmanuel Macron qui appelle les extrêmes de manière générale à faire à faire le ménage. On écoute le chef de l'État.

Je vous fais réagir Arnaud. Mais rien ne saurait justifié ni chez les uns ni chez les autres et ni même dans un face-face qui est mortifère pour la République. Donc tout le monde partout doit faire en effet le ménage.

En République, il n'y a pas de place pour les mouvements qui adoptent la violence, qui légitime la violence parce que la démocratie repose sur le respect et la paix. Alors le message est un peu différent par rapport à celui de Sébastien Lecornu. Lui, le chef de l'État vise aussi le Rassemblement national.

Il faut faire le ménage partout. Oui, sauf que si vous voulez, on voit bien quelle est la stratégie du président de la République. C'est une stratégie de surplomb.

Il parle de l'Inde et il établit une sorte de principe d'équivalence aujourd'hui entre le Rassemblement national et LFI. Sauf que il faut euh, j'allais dire analyser les mouvements politiques en fonction de leur évolution et ce à quoi nous assistons finalement depuis maintenant plusieurs années, c'est que d'un côté, vous avez un Rassemblement national qui s'efforce de déradicaliser ses positions et de l'autre côté une France insoumise qui elle toujours un peu plus radicalise ses positions. Donc si vous voulez, le principe d'équivalence, on l'entend dans la bouche du président de la République.

Correspond-il fondamentalement à la réalité de ce que sont ces deux formations politiques aujourd'hui ? C'est une question que ne manqueront pas de se poser un certain nombre d'électrices et d'électeurs. Et l'affaire Quentin Dean aura peut-être sans doute, je sais pas ce qu'il faut dire, des conséquence au niveau électoral notamment pour les élections municipales.

Je voulais vous montrer ce sondage au doxa publié dans le le Figaro. 57 % des Français jugent que LFI est trop complaisante à l'égard des militants antifascistes. Et puis toujours dans ce même sondage, 61 % des Français envisagent de faire barrage aux insoumis. toujours selon ce sondage au doa euh le Figaro.

Donc il va y avoir des conséquences et on a l'impression aussi que ce barrage républicain, je sais pas comment il faut l'appeler, est en train de de changer de sens, se diriger vers les vers les insoumis. C'est c'est ce que demande d'ailleurs Jordan Bardella. Alors c'est quelque chose de nouveau parce que finalement la question des alliances se posait depuis pratiquement une trentaine d'années à droite essentiellement entre ce qu'on appelait la droite républicaine et le Front National devenu Rassemblement national.

C'est véritablement la première fois que cette question se pose à gauche. C'est-à-dire que en effet, il y a un problème qui se pose à gauche aujourd'hui et ce sondage d'une certaine manière en témoigne. On va regarder comment ça va se passer aux élections municipales dans quelques semaines.

Il y a des situations qui sur le plan local vont être extrêmement intéressantes à observer. qui s'agisse de Marseille, qu' s'agisse de Toulouse. Vous avez cité ce sondage à Toulouse quand même qui montre que la gauche serait unie en mesure de l'emporter face au maire sortant.

Donc on voit bien que la stratégie du Parti socialiste n'est pour l'instant pas définitive puisque on nous disait avant le drame de Lyon que ça serait du cas par cas. Est-ce que ça sera encore du cas par cas maintenant après le drame de Lyon ? On va on va regarder ça.

Alors, puisqu'on parle des municipales Bruno, vous signez donc ce dossier dans le mensuel historia du mois de mars, maire ferance de la République. Pourquoi cette élection municipale est si importante pour les Français ? Il y a il y a un lien presque intime, j'ai l'impression.

Oui, parce que finalement le maire, c'est une des institutions les plus anciennes du pays. Montagne était maire de Bordeaux en 1581. Euh le mot maire, ça vient directement du latin, hein.

Le maire, c'est le bailleur. Voilà. Voilà.

Alors, on pourrait dire le notable, mais en fait, c'est la personnalité dominante de la de la commune. Alors, bien sûr, sa désignation a beaucoup varié selon les régimes, selon les époques, de la nomination par l'exécutif à l'élection avec différents types d'élections. Ça ça a beaucoup évolué.

En revanche, ce qui n'a pas évolué, c'est cette figure euh un peu tutellaire du maire euh qui est vraiment le l'intermédiaire entre la population et euh je dirais la sphère du pouvoir. He c'est euh l'homme de pouvoir qui est le plus proche, le plus immédiatement euh visible. Euh et à partir de là, euh c'est une figure qui euh qu'on retrouve dans la littérature, qu'on retrouve dans notre mythologie nationale.

C'est un personnage politique important euh et euh avec euh jusqu'à une date récente du coup un taux de participation assez élevé au municipal, en tout cas plus élevé qu'à d'autres élections. Intéressant, vous évoquez Montaigne et puis je je lisais Victor Hugo aussi dans votre dossier, vous parlez de Victor Hugo, maire du 8e arrondissement de de Paris. Euh bon, on a perdu un peu en qualité, non ?

Au niveau de nos maères, c'est quoi c'est qui aujourd'hui le Victor Hugo euh au niveau municipal ? Alors, soyons juste, hein, Victor Hugo a été très brièvement maire. Il a été nommé, il a dit qu'il avait accepté le poste pour les autographes parce que le décret était signé de la Martine.

Bon, là, ça a été un maire très épisodique. Euh dans les dans les maires écrivains, on a eu André Gid aussi qui un peu à son insue a été élu maire à l'âge de 27 ans et il a démissionné au bout de 4 ans en disant que bah c'était pas sa vocation qu'il avait. Voilà.

Non, on a eu des maires écrivains de grande qualité comme Jules Renard, l'auteur de poil de carotte qui est un des premiers par exemple à avoir l'idée que la commune finance la gratuité des fournitures scolaires. Donc là, c'est pas en tant qu'écrivain, c'est en tant que homme de conviction qui croit en l'école, qui croit en l'émancipation par l'école et qui va mettre en place des réformes. C'est là où le maire devient intéressant et je dirais qu'il soit grand écrivain ou paysan finalement ce qui est important c'est comment il habite sa fonction.

Et c'est ça que j'ai voulu un petit peu cerner à travers des personnages, certains très connus mais pas comme d'autres qui ne sont connus que parce que à un moment ils ont eu un coup de génie, ils ont été précurseurs de quelque chose dans leur commune. Oui. Et dans votre dossier, on voit il y a des écrivains, il y a des ouvriers.

Aujourd'hui, c'est quoi un peu le profil Arnaud ? C'est il est moins diversifié ce profil ? C'est un peu plus homogène ?

Ah non, c'est très difficile de le lire parce que d'abord en France, vous avez quand même un nombre de communes rurales qui est extrêmement important. Donc vous avez une diversité sociologique dans les communes rurales qui est quand même assez importante et qui est non négligeable. Ce qui est sûr c'est que il y a un sujet aujourd'hui, c'est le sujet de l'engagement.

On voit bien que est-ce que finalement je veux dire on est prêt notamment encore une fois dans les petites communes parce que c'est la charge la charge est lourde dans une petite commune et les pouvoirs sont érodés notamment parce que du fait de l'intercommunalité et vous voyez beaucoup de personnes qui hésitent par exemple à s'engager parce que elles considèrent que c'est une fonction qui est difficile parce que c'est une fonction qui prend sur la vie professionnelleouré et qui prend sur la vie aujourd'hui. Mais c'est peut-être plus dur aujourd'hui parce que finalement le niveau d'exigence vraisemblablement des administrés c'est peut-être quelque part rehaussé. Donc on voit bien que les maires quand vous discutez avec eux considèrent qu'aujourd'hui leur fonction les surexpose pour des tas de raisons.

Elle les surexpose pénalement, elle les surexpose politiquement, les surexpose dans leur vie privée. Donc on voit bien que il y a quand même une une difficulté. On peut pas parler, je crois de crise d'évocation, on en parle régulièrement mais enfin on trouve toujours des candidats d'une certaine manière pour se présenter au aux élections.

Par contre, ce qui est évident, tous les sondages le montrent, dans un moment de grande désaffection vis-à-vis de la classe électorale et de la classe dirigeante. figure du maire qui est un peu une figure mythique aussi d'une certaine manière, vous le rappelez très bien d'ailleurs dans votre dans votre dossier et dans votre papier qui est remarquable, c'est que il y a un attachement des Français par rapport à cette figure parce que c'est une et puis la réalité c'est que si vous voulez le le travail d'une municipalité ça se voit immédiatement. C'est cette visualisation cette visualisation dans un sens positif ou négatif de l'action publique, elle se voit ce qui n'est pas vracemment le cas au niveau national.

C'est mieux avant monsieur l'historien. C'est ça ? Non.

Alors, c'est pas du tout la perspective d'un historien. Un historien, il doit interroger le passé en se mettant dans les coordonné du passé, pas avec les les critères moraux d'aujourd'hui. En revanche, il y a eu des changements par exemple et effectivement vous avez raison, la judiciarisation de la vie politique.

Les maires d'autrefois étaient habitués à des pugilas en matière électorale. Ils étaient habitués à des invectives mais on ne les traînait qu'exceptionnellement devant les tribunaux. Alors qu'aujourd'hui un panneau de basket qui tombe, le le maire peut se retrouver devant les tribunaux et lourdement condamné.

Donc ça effectivement ça peut avoir un effet sur l'engagement des candidats. En revanche euh si on regarde historiquement, vous avez eu des bons maires, des mauvais maire, des maires euh très prudents et des maires très innovants à à toutes les époques. Euh le le point commun hier comme aujourd'hui, c'est qu'effectivement sur le territoire communal, on peut prendre des initiatives qui parfois sont symboliques, qui parfois sont pionnières et qui sont une façon de tester.

Il y a une toute petite commune de La Nièvre qui s'appelle Sisli qui a mis en circulation la première monnaie européenne en 1923. Joseph [raclement de gorge] Archer. C'est c'est incroyable, c'est étonnant.

À la base, c'est presque ridicule tellement c'est petit. Mais avec le recul, on se dit voilà un maire, il avait fabriqué lui-même innover. Exctement.

Exactement. Exactement. Prenez Michel Crépau à la Rochelle pour prendre un exemple plus important.

Ce qui est considéré aujourd'hui comme le fin du fin de l'écologie municipale existe déjà il y a 50 ans, en 1976 à La Rochelle. Les vélos jaunes en libre service, les secteurs piétonniers, euh le recyclage des déchets et cetera, tout est en place. Et c'est c'est qui les les les grands maires aujourd'hui, les grandes figures locales ?

Oh, je ne me hasarderai pas parce que c'est un exercice risqué auquel vous m'appelez. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que les maires qui sont réélélu en général sont des maires qui sont considérés comme des maires qui ont rempli leur mission. On voit bien que queles que soient d'ailleurs les formations politiques, il y a des maires qui ont ces dernières années transformé leur ville.

Je pense par exemple à la Jupée à Bordeaux ou à Martine à Lille dans des styles différents sont des mères qui se sont installées dans la durée et qui ont profondément modifié le paysage de leur ville tout en s'appuyant évidemment sur le le patrimoine. Le maire c'est un continuateur, c'est-à-dire que c'est quelqu'un qui doit s'inscrire dans sa ville, dans sa commune, comme celui qui est quand même quelque part le garant d'une transmission notamment patrimoniale, mais qui doit être capable de la faire fructifier, de la féconder. Il y a un côté bâtisseur dans le maire qui existe.

C'est ça qui est c'est ça qui est intéressant et c'est ça qui est qui est important. Alors après, évidemment euh les résultats sont jugés euh de manière très diverse en fonction des électeurs. On en reparlera bien évidemment à l'occasion de de ces élections municipales.

Autre sujet, comment tourner la page. En début de semaine, le ministre de l'intérieur, Laurent Nunes, était en Algérie pour tenter de recoller les morceaux avec le régime au men au des discussions lutte contre le terrorisme, immigration illégale, trafic de drogue. Le ministre de l'intérieur qui a été reçu par le président Teboun.

Écoutez, on a aussi discuté de de de politique migratoire et de reconduite d'étrangers en situation irrégulière algérien. Donc voilà, on a discuté de tous ces sujets et les choses vont se réenclencher. Voilà.

Et donc j'ai évidemment bon espoir que maintenant les choses aillent très vite et ça va aller très vite. Je n'ai pas senti chez mes interlocuteurs de de voilà c'était des relations de de confiance et plutôt optimiste. Tout est pardonné, tout est oublié.

Arnaud. Bah jusqu'à présent, je crois comprendre quand même que monsieur Glaise est encore en prison. Bon, je veux dire donc il y a quand même un problème, je veux dire clair vis-à-vis de la situation de Christophe Glaise et monsieur Nunis n'est pas revenu dans ses bagages avec monsieur Glaise, le régime algérien est un régime qui nous a habitué à des changements de pieds, donc il faut rester extrêmement prudent.

Ce qui est sûr, c'est que c'est un régime qui d'une certaine façon est assez isolé. Il faut le comprendre sur la question du Sahara occidental. Il a subi une déflète une défaite diplomatique qui est une défaite diplomatique singlante.

On sait que sur la question du SEL, il est quand même en grande difficulté sur le sur le Mali. Donc c'est vraisemblablement aussi du côté des hiérarques algériens la volonté d'essayer peut-être un peu de desserrer les taux dans lequel ils se sont mis eux-mêmes. Je crois qu'à ce stade, il faut rester extrêmement prudents.

C'est ces missions impossible cette réconciliation entre la France et l'Algérie au regard de l'histoire coloniale, au regard de tout ça. Donc il y a l'histoire, il y a la mémoire. Euh les relations entre la France et l'Afrique du Nord en général et l'Algérie en particulier sont encore très passionnelles.

Euh et il y a un élément qu'il faut prendre en considération. Euh on n'y pense pas forcément tous les jours mais nous commençons à approcher du bicentenaire de 1830, c'est-à-dire de la conquête d'Alger. Et ça ça va être un anniversaire extrêmement délicat.

Alors déjà pour les historiens bien sûr, mais euh pour tous les acteurs politiques qui de près ou de loin euh ont tré à l'Algérie, ça va être un véritable enjeu de mémoire parce que chacun a son récit. Et même je là, je vous parle pas de la garde d'Algérie, je vous parle de la conquête d'Alger en 1830. rien que sur les causes de la conquête, il y a des divergences majeures.

Donc je pense que il y a un travail historique qui est fait, qui continue d'être fait, qui est sérieux, mais en fait les historiens ne peuvent pas grand-chose quand vous avez euh des revendications mémorielles très conflictuelles et des gens qui utilisent l'histoire pour promouvoir un récit politique précis si vous voulez. Mission impossible donc Arnaud. Enfin voilà, on comprend queavec toutes ces tout ce passé, ce passif, ses mémoires, voilà, on peut avoir un réchauffement voilà qui sur le court terme, mais sur le long terme, ça changera pas grandchose dans les relation.

Question mémorielle est une question qui est au centre. C'est pas la seule hein, vous avez la question quand même des OQUTF qui est pas négligeable mais la question mémoriale est au centre des débats mais elle est essentiellement je le rappelle quand même utilisée par le pouvoir algérien. C'est euh pas du côté de la France qu'on se pose la question euh mémorielle même s'il y a des enjeux mémoriels, je pense notamment au pied noir ou au arquis qui ont aussi de ce point de vue-là je veux dire une transmission mémorielle je veux dire qui est qui est importante.

Et c'est quand même du côté algérien que l'on demande à la France de se repentir de manière assez systématique parce que tout simplement si vous voulez dans le récit national algérien et du régime algérien, c'est un moyen de se légitimer. Finalement l'ennemi reste la France d'une certaine façon. En tout cas, l'adversaire bah il suffit d'écouter les couplet de l'hyne algérien tout simplement.

Voilà, c'est c'est frappant de voir la différence par exemple avec le Vietnam. Au fond, il y a eu une paix qui a été conclue entre le Vietnam et la France et la mémoire de l'Indochine, elle est elle est digérée, si je puis dire, et dieu sait qu'elle a été douloureuse. On en est absolument pas là avec qu'est-ce qui change avec l'Algérie du coup ?

Comment vous expliquez cette différence de traitement ? Le le pouvoir algérien euh peut aussi expliquer certains de ses manquements par l'héritage de de la colonisation, hein, ça c'est certain. Pardon.

Vraissemment, puis vous avez raison de faire cette comparaison avec le Vietnam. La différence fondamentale, c'est que sur le plan militaire, la France avait gagné en Algérie et euh la alors queon avait perdu on avait perdu en Indochine. Donc il y a aussi cette réalité qui pèse vraisemblablement dans j'allais dire le le mémoriel le mémoriel algérien et puis en effet essentiellement et exclusivement ce sont récemment les lacunes du pouvoir algérien qui expliquent aujourd'hui ces revendications mémoriales.

Petite dernière question politique Arnaud ça veut dire est-ce que vous considérez que la méthode [raclement de gorge] de Laurent c'est meilleure que la méthode Rota ? qui était la méthode de la force face au régime algérien. Vous savez, comme vous le savez, j'ai été très impliqué dans le comité de soutien de Bolem Sansal.

Bruno Rota avait des intentions clairement, mais il n'y a eu jamais de rapport de force qui a été imposé à l'Algérie durant en tout cas la période de détention de Boem Sansal. On était plus dans le verbal que dans que dans l'action. Hm.

Et peut-être un mot un dernier mot de de Christophe Glaise, journaliste toujours arrêté arbitrairement par le par le régime algérien. Bruno Arnaud là-dessus vous avez un mot à dire sur cette détention. On espère évidemment qu'il va qu'il va revenir très prochainement mais est-ce que le gouvernement le pouvoir public font assez suffisamment pour qu'il revienne ?

En tout cas, on peut espérer que après la visite de monsieur Newz à LG qu'une issue favorable et rapide puisse voir le jour pour Christophe Glaise qui est quand même en Algérie depuis presque 2 ans, je le rappelle hein, qui a été transféré d'ailleurs récemment à la suite de la visite euh de Ségolen Royale. Merci à tous les deux. On va passer à l'histoire du jour.

L'histoire du jour, vous savez, c'est toujours beaucoup d'amour. Savez-vous à quoi sert la moustache d'un éléphant ? Des chercheurs se sont penchés.

Vous savez pas Arnaud ? Non pas du tout voir des chercheurs se sont penchés sur les propriétés des poils qui couvrent les trombes des éléphant. C'est un sujet très sérieux he l'étude a été publiée par la prestigieuse revue Science.

On y apprend que ces poils sont en fait des antennes qui permettraient d'améliorer la dextérité de l'éléphant. Lui permettent notamment de soulever avec sa trompe un arbre ou de saisir une chipse sans la casser. Alors, on pourrait dire qu'on s'en fout, que ça change pas vraiment la vie à nous autres êtres humains.

Mais si, car ces moustaches pourraient inspirer la technologie et la robotique. Une meilleure compréhension de la structure de ces moustaches pourrait tout simplement améliorer les technologies de réparation et de chirurgie. Bon, c'est intéressant.

Je commence à comprendre pourquoi on a surnommé éléphant les hiérarques socialistes à une époque. [rires] C'est intéressant. Peut-être ce sera l'objet de de vot d'une prochaine d'un prochain numéro de la revue.

Je rappelle euh Bruno Fuligier que vous signez dans ce dans un dossier euh dans du dossier du mois de mars euh du mensuel Historia, maire Ferdelance de la République. Merci d'avoir été avec nous. Le public sénat est partenaire de de la revue.

Merci d'avoir participé à ce débat. Merci beaucoup cher Arnaud. Euh merci à vous devant votre écran.

Restez avec nous. L'information continue sur Public Sena. Excellente journée sur notre antenne.

Bye bye. [musique]