Européennes : Bardella lance la campagne du RN - C à vous - 04/03/2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 64 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:06FerméeRéponse directe
Donc ça veut dire des contrôles aux frontières nationales ?
- 1:43RelanceRéponse partielle
Donc vous proposez un programme qui peut-être sera inapplicable en fonction de qui sera d'accord avec vous.
- 2:59OuverteRéponse partielle
Oui, mais un Frexit caché, c'est lui qui dévitalise l'Europe.
- 3:09RelanceÉludée
Vous ne voulez pas répondre à ma question ?
- 4:16RelanceRéponse partielle
Mais alors pourquoi dire qu'on est pour le Frexit ?
- 4:28RelanceRéponse partielle
Dans le même temps, vous reprochez à Emmanuel Macron de tout le temps changer d'avis, le RN sur l'Europe, ça a été quand même...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Invité politiqueFait
« Il y a des domaines dans lesquels l'Union Européenne fonctionne et c'est plutôt pas mal, ce sont des accords entre les pays. »
- 0:23Invité politiqueFait
« C'est par exemple, effectivement, Schengen. Nous, nous considérons que Schengen, qui est la liberté de circulation des Européens... »
- 0:30Invité politiqueFait
« Vous avez changé quatre fois l'avis sur Schengen. »
- 2:40Invité politiqueFait
« la France va céder son siège aux Nations unies ? »
- 2:45Invité politiqueFait
« Bardella a dit, la réforme des retraites, elle a été imposée par l'Europe. »
- 4:02Invité politiqueFait
« Séguin, Pasqua, Villiers et même à gauche, Chevènement, ont porté des discours qui n'étaient pas fédéralistes, qui étaient souverainistes. »
- 4:10Invité politiquePromesse
« nous, on est contre un élargissement de l'Union européenne. »
- 5:09Invité politiqueChiffre
« c'est une contribution de 12 000 euros par migrant qui ne serait pas pris sur le sol français. »
- 8:08Invité politiqueChiffre
« on était près de 8000 à Marseille, en début de campagne européenne, à trois mois »
- 9:34Invité politiqueFait
« les prix planchers pouvaient être des trappes à pauvreté »
- 9:40Invité politiqueFait
« on était pour des prix garantis, c'est-à-dire lorsque les producteurs et les industriels ne se mettaient pas d'accord entre eux »
Temps de parole
- Jordan Bardella75 %
- Invité8 %
- Invité 25 %
- Invité 35 %
- Présentateur4 %
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Nous ce que nous disons, c'est qu'il n'y a pas besoin d'affaiblir la France pour que l'Union Européenne fonctionne. Il y a des domaines dans lesquels l'Union Européenne fonctionne et c'est plutôt pas mal, ce sont des accords entre les pays. Je pense par exemple à Erasmus. On ne va pas démonter Erasmus, ça marche bien ce sont des accords entre les pays. Il y a des domaines dans lesquels il faut faire attention à ne pas déshabiller les pays de leur pouvoir. C'est par exemple, effectivement, Schengen. Nous, nous considérons que Schengen, qui est la liberté de circulation des Européens... Vous avez changé quatre fois l'avis sur Schengen. C'est intéressant. Non, non, mais écoutez-moi.
On sort, on ne sort pas. Écoutez-moi, écoutez-moi, le plus simple. Schengen, c'est la liberté de circulation pour les Européens. Eh bien, nous considérons que c'est intéressant si ce n'est que pour les Européens. Donc, ça veut dire des contrôles aux frontières nationales. Absolument, mais les frontières, ce n'est pas un gros mot. Non, mais avec... Donc, on remet des douaniers... Non, ne soyez pas caricaturales. Regardez. Mais comment on contrôle ? Est-ce que vous vous souvenez de la période Covid ? Le soir où Emmanuel Macron nous annonce « Nous fermons les frontières ». Vous avez vu arriver des douaniers ? Vous avez vu arriver des douaniers ? Non, non.
Il n'y avait ni train ni avion qui circulaient. Les frontières ont donc été fermées. Ça veut dire qu'on contrôle... Donc, c'est ça que vous voudriez faire ? Oui, ça veut dire qu'on contrôle des frontières. Elles existent par nature, sauf qu'elles ne sont pas contrôlées aujourd'hui. Mais ce n'est pas un gros mot d'avoir une frontière. C'est ce qui vous protège, c'est ce qui permet de savoir qui entre, qui sort, qui se maintient dans votre... Nous ferions sans consultation de nos alliés et partenaires européens ? Je crois qu'il y a une idée qui progresse et une idée qui régresse. C'est que le fédéralisme semble régresser dans l'Union européenne.
C'est-à-dire transmettre à une puissance supranationale un maximum de pouvoir, c'est en train de régresser. On le mesurera au moment des élections européennes. Non, mais l'Allemagne est d'accord avec vous. Si l'Allemagne dit non à votre alliance européenne des nations... On va mesurer au moment des élections européennes qui est d'accord avec quoi et qui propose quoi. Et c'est là où on va voir...
Donc vous proposez un programme qui peut-être sera inapplicable en fonction de qui sera d'accord avec vous.
On peut effectivement être dans l'opposition. Nous étions dans l'opposition et nous n'avons pas pu faire avancer nos idées majoritairement puisque nous étions dans l'opposition. Et donc on a eu une Union européenne et Mme Van der Leyen, elle a desservi l'Union européenne qui a voulu se mêler de tout. Se mêler de diplomatie, qui concocte peut-être demain un impôt européen, se mêler d'immigration. Bref, on a une Union européenne qui en se mêlant de tout déstabilise, déshabille, affaiblit les nations. Or nous, nous pensons qu'une Union européenne qui tient debout, ce n'est pas une Union européenne avec des nations affaiblies. Juste un mot sur les discours qu'on a entendus.
J'aurais pu faire une chronique de 10 ou 15 minutes sur les fake news simplement, sur les bobards en campagne. Est-ce qu'on est obligé aujourd'hui, est-ce que vous êtes obligé de raconter n'importe quoi sur l'action qui a été menée, sur les projets en cours, etc. Sur le fait, par exemple, de dire la France va céder son siège aux Nations unies ? Ou des choses comme ça. Vous avez dit aussi, Bardella a dit, la réforme des retraites, elle a été imposée par l'Europe. – Monsieur Cohen, le pire des bobards, c'est celui que véhicule le président de la République en disant que nous sommes favorables au Frexit.
Ça, c'est un bobard et j'aimerais que vous le dénonciez avec autant de bien, car vous savez que c'est faux. – Oui, mais un Frexit caché, c'est lui qui dévitalise l'Europe. – Ah oui, il y a encore un complot derrière. Vous savez, c'est comme Mme Hayé qui ne parle pas, qui ne fera pas campagne, la tête de liste de Renaissance, parce qu'il y aura derrière le Premier ministre et le président de la République qui, cachés, vont parler à sa place. – Vous ne voulez pas répondre à ma question ? – Mais si, on vous dit les choses simplement. Arrêtez de voir des complots partout. Arrêtez d'imaginer qu'il y a derrière nous un coup de la Russie, un coup les Martiens, un coup on s'est trop quif.
– Je n'ai pas dit ça. Je dis, est-ce qu'il est besoin d'utiliser des mensonges dans votre argumentaire ? – Il n'y a pas de mensonges. Je vais vous dire une chose simple. – La France va se déconcier. – Mais il y a eu des débats là-dessus. Il y a eu des gens qui ont souhaité, qui ont proposé cela. Il y a eu des gens qui ont contribué à la réflexion dans le camp d'Emmanuel Macron sur cela. Est-ce que ça a été accepté aujourd'hui ? Non. Mais il y a des gens qui tirent en ce sens. Pourquoi ne pas vouloir le regarder en face ? Bien sûr qu'il y a des gens qui veulent… Mme Hayé, la tête de liste, elle est pour une Europe qui soit plus fédéraliste.
Elle souhaite qu'il y ait moins de France et plus d'Europe. Mais elle a le droit de le penser. Il y a toujours eu des courants de pensée dans notre pays qui étaient fédéralistes et d'autres qui ne l'étaient pas. Regardez, Séguin, Pasqua, Villiers et même à gauche, Chevènement, ont porté des discours qui n'étaient pas fédéralistes, qui étaient souverainistes. Donc nous, nous assumons le fait d'avoir plus de souveraineté pour notre pays, la France, face à des gens qui veulent moins de souveraineté et plus de fédéralisme. C'est deux choix qui ont des conséquences différentes. Par exemple, nous, on est contre un élargissement de l'Union européenne. – C'est un très bon débat.
On n'a pas besoin de mettre des bobards sur la table. – Mais alors pourquoi dire qu'on est pour le Frexit ? Vous avez raison, pourquoi leur dire qu'on est pour le Frexit ? Dénoncez-le avec autant de dix ans. – Non, Patrick a dit clairement que vous avez renoncé. – Oui, mais alors il faut dénoncer que ce soit un bobard véhiculé par le président de la République. – Dans le même temps, vous prochez à Emmanuel Macron, tout le temps changer d'avis, pardon, le RN sur l'Europe, ça a été quand même… – On a toujours été souverainiste, toujours. – Ah bon ? – Et ça là-dessus, oui, on a toujours été souverainiste. – Vous vouliez la sortie de l'Europe ?
– Vous ne pouvez pas dire qu'on n'a pas été souverainiste. Le Rassemblement national et avant lui a été toujours souverainiste et on n'est pas les seuls. Je pense que c'est quelque chose qui existe et à droite et à gauche. Mais c'est un beau débat, vous l'avez dit. Mais pourquoi on ne peut pas avoir ce débat sereinement ? Qu'est-ce qui est grave à vouloir dire qu'un pays, une nation a le droit d'avoir des prérogatives qui lui sont propres ? Qu'est-ce qui est grave de vouloir dire qu'on souhaite contrôler qui entre, qui sort, c'est-à-dire l'immigration dans son pays ? En quoi est-ce grave ? – Ce n'est pas grave, simplement il faut exposer toutes les conséquences de ce type de décide.
– Absolument, et dans les conséquences, tout à l'heure vous dites, ce n'est pas une amende, c'est une contribution de 12 000 euros par migrant qui ne serait pas pris sur le sol français. – Si, par migrant qui ne serait pas pris sur le sol français. – Oui, parce que c'est un dispositif communautaire. – Vous vous dites que c'est une contribution, nous on va dire que c'est une amende, vous voyez, ça veut dire qu'on ne se place pas de la façon, le résultat est le même, c'est 12 000 euros que les Français devront payer avec leur argent par migrant qui ne sera pas pris sur le territoire.
Mais vous vous dites que c'est une contribution parce que vous regardez ça avec un œil favorable à cette Union européenne, moi je considère que c'est une amende parce qu'on vient nous impacter, parce qu'on vient nous indexer.
– Hier, Jordan Bardella était à Marseille, certains étaient venus pour l'écouter, mais d'autres, clairement, étaient venus pour autre chose, pour voir celui qui est crédité de 30% d'attention de vote aux élections européennes et qui multiplie les messages sur les réseaux sociaux. Audrey Payas et Salomé Delattre étaient là. – Alors je vous aime bien, mais là, objectivement, ce n'est pas le moment. – Oui, c'est le candidat ou une rockstar là ?
– C'est moi. – C'est bon.
– Madame Le Pen, il y a une foule qui est deux fois plus grande chez Jordan Bardella, comment vous l'expliquez ? – Ah, vous êtes vraiment trop mignons, mais… – Là-bas, c'est rockstar. – C'est très bien, je trouve ça merveilleux. – C'est évident que voilà, l'avenir c'est lui. – Je les aime tous les deux, mais je préfère Jordan, par sa jeunesse déjà. – Il a un charisme, une prestance qui fait qu'on est toujours captivé par ce qu'il va dire. – Il y a très peu de… – Seulement, bon, je ne vais pas parler de son physique, il est merveilleux. Il a quand même tout ce qu'il faut. – Il dit ce qu'on peut.
– Aujourd'hui, regardez la Une de l'Opinion, il titre Bardella, la montée du populisme ultra bright. On parlait de la stratégie du selfie, Eric Dupond-Moretti, le ministre de la Justice, a parlé de monsieur selfie ce matin. Est-ce que c'est ça la stratégie, une nouvelle étape vers la dédiabolisation ?
– Je trouve que c'est aussi un peu méprisant, parce qu'en fait, qu'est-ce qui se passe ? C'est que ça marche bien pour Jordan Bardella, c'est que les gens, visiblement, accrochent avec qui il est, avec son discours, qu'il a apporté quelque chose de frais. Mais moi, je me souviens qu'à une époque, Emmanuel Macron, c'était pareil, on disait, c'est l'arrivée d'un jeune beau gosse sur la scène politique française, et qu'il y avait des gens qui disaient, moi, je le trouve bien, il est différent, etc. Quand quelqu'un amène quelque chose de nouveau, il faut savoir l'accueillir comme tel, et pas le mépriser.
Moi, je pense que Jordan Bardella, il nous ouvre, une dame l'a dit d'ailleurs, sur un électorat, qui n'était peut-être pas attentif, plus jeune, mais qui n'était peut-être pas attentif à ce que nous disions. Et c'est important, vous savez, pendant des années, on a dit, « Ah, mais chez, au Rassemblement National, il n'y a que Marine Le Pen, et quand ce n'est pas Marine Le Pen, c'est Marion Maréchal Le Pen, et quand ce n'est pas Marion Maréchal Le Pen, c'est encore un Le Pen. »
Là, vous pensez qu'ils étaient attentifs au discours ?
Oui, je crois beaucoup plus que vous ne le pensez, et surtout, vous savez, nous, on a été tout à fait surpris, on était près de 8000 à Marseille, en début de campagne européenne, à trois mois, qui réunit 8000 personnes sur une pré-campagne européenne ? Moi, je crois qu'effectivement, Jordan, il sait parler, comme un garçon de sa génération, à d'autres tranches de la population, et vous savez ce que disait Edouard Herriot, faire de la politique, c'est parler aux gens, savoir parler aux gens, savoir faire avancer ses idées, savoir se faire comprendre.
Eh bien, je crois qu'il sait le faire, et que les jeunes avec Bardella, on envoie des images, c'est quelque chose de réel, et moi, je me félicite de tout ça, mais je veux dire, nous, ça marche bien, mais on est humbles, il faut continuer à expliquer aux gens ce qu'on propose, puisque visiblement, tous ne comprennent pas, vous disiez, eh bien, on est là, on fait campagne, on prend ça au sérieux. Quand je pense qu'il y a des partis politiques, les républicains, qui disent, nous, on ne va pas faire de meetings, mais nous, on prend cette élection très au sérieux. On va faire des meetings pour aller expliquer, pour aller répondre aux questions. – Sébastien Chalut.
– Et pour parler économie, puisqu'il semble que, quelquefois, il y ait des notes pas tout à fait dans le même ton sur l'économie, au RN et de la part de Jardin Bardella, par exemple, sur les fameux prix planchers pour les agriculteurs, il les a qualifiés de trappe à pauvreté, alors que c'est une mesure, je crois, que Marine Le Pen avait défendue au cours des deux dernières campagnes présidentielles. Mercredi dernier, Marine Le Pen parlait de prix garantis. Est-ce que, de temps en temps, Jardin Bardella ne semble pas plus libéral que Marine Le Pen ?
– Non, non, il avait raison, moi, je l'accompagnais au sein de l'agriculture, j'accompagnais les deux, j'accompagnais Jordan et Marine. Et quand Jordan a dit que les prix planchers pouvaient être des trappes à pauvreté, c'est ce que nous ont dit beaucoup de syndicats agricoles. Et Marine a expliqué que nous, effectivement, on était pour des prix garantis, c'est-à-dire lorsque les producteurs et les industriels ne se mettaient pas d'accord entre eux, c'est l'État qui entrait dans le jeu pour garantir les prix. Ce n'était pas d'ailleurs suffisant.
On considère que cette histoire de prix garantis n'est pas suffisante pour pouvoir redonner de l'oxygène, d'ailleurs, à nos agriculteurs, mais c'est une partie des leviers qu'il faut activer. Donc voilà, moi, je crois qu'on a la chance d'avoir aujourd'hui dans notre parti politique des gens, des visages, des tonalités qui sont différentes. On nous a fait le reproche pendant des années d'être tout à fait monolithique.
– Est-ce qu'il est possible de les critiquer ? Est-ce qu'il est possible de critiquer, même de façon nuancée ? Jordan Bardella, vous avez lu Libération vendredi, qui raconte que les critiques à l'égard de Jean Bardella doivent être mesurées au Rassemblement national. Je cite Nicolas Massol, après quelques persiflages, Sébastien Chenu s'est fait coller contre un mur de l'Assemblée par la patronne en personne. Tu recommences, tu dégages la telle menacée selon un témoin.
– Alors, j'ai demandé un droit de réponse parce qu'évidemment, ça n'a jamais existé. Ce n'est ni d'ailleurs la tonalité, ni la façon dont, évidemment, Marine et moi avons des rapports. J'ai demandé un droit de réponse. Mais on peut avoir des désaccords. – Donc il y en a. – Moi, par exemple, je vous en donne un qui m'a arrivé à Jean-Philippe Tanguy aussi, la même chose. – Mais en fait, tout ça procède quand même de beaucoup d'exagérations et de fantasmes. C'est-à-dire, quand on n'est pas d'accord, et on peut avoir des désaccords, c'est même le principe même d'un mouvement politique, c'est de confronter à un moment des avis et de ne pas être d'accord.
Alors, quand Jordan Bardella dit, en voyant la tête de liste de Renaissance, « Rendez-nous Nathalie Loiseau », je ne suis pas du tout d'accord avec lui. Je pense qu'il ne faut pas que Nathalie Loiseau revienne, parce que je pense que ce n'était pas terrible. Non, mais je veux dire, on peut être en désaccord, ça existe. Et plus on va être un mouvement important, et plus on va agréger des gens, plus il y aura effectivement des sensibilités. L'important, c'est qu'on soit d'accord.
– Sans être collé au mur.
– Oui, ça n'existe pas, mais écoutez, je pense que Libération a beaucoup d'imagination, surtout lorsqu'il s'agit d'être déplaisant.
– Sous-titrage ST' 501
Jordan Bardella