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InterviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 13 mars 2026 88 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsDéfenseEurope & international

Bonjour chez vous ! du 13 mars 2026

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 31 %Attaque 26 %Défensif 16 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Quelle est votre réaction à la mort d'un premier soldat français dans ce conflit ?

  • 6:07OuverteRéponse directe

    Est-ce que la France doit s'impliquer davantage dans cette guerre au Moyen-Orient ?

  • 7:47OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous craignez une guerre qui s'enlise sans fin ?

  • 14:09RelanceRéponse directe

    Le gouvernement qui ne veut pas baisser les taxes, est-ce qu'il ne faudrait pas bloquer les prix ?

  • 18:13OuverteRéponse directe

    Est-ce que donner des aides aux foyers modestes serait une bonne solution ?

  • 23:29OuverteRéponse directe

    Ce rapatriement est-il bien géré depuis une dizaine de jours ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:11Vincent Capot-CanelaFait
    « D'abord, je veux m'accliner devant la mémoire de l'adjudant-chef Frillon, avoir une pensée pour ses proches, pour ses camarades de combat aussi, et en particulier ceux qui sont blessés. »
  • 5:22Vincent Capot-CanelaFait
    « La France, comme beaucoup de nations, va payer un tribut pendant cette guerre, qui est une guerre qui menace l'ensemble de la région, mais qui également peut impacter beaucoup de pays. »
  • 6:00Vincent Capot-CanelaFait
    « En tout cas, une milice irakienne pro-iranienne a estimé, a en tout cas affirmé, a ciblé les intérêts français dans la région. »
  • 6:10Vincent Capot-CanelaFait
    « Il faut rappeler que nos forces qui sont en Irak sont là pour lutter contre le terrorisme, et que c'est dans le cas d'une coalition. »
  • 6:20Vincent Capot-CanelaFait
    « Et la France n'est pas aujourd'hui partie au conflit contre l'Iran. »
  • 6:57Vincent Capot-CanelaFait
    « Aujourd'hui, nous ne sommes pas belligérants. »
  • 7:05Vincent Capot-CanelaFait
    « Mais évidemment, il y a un engrenage dans lequel nous pousse l'Iran. »
  • 7:30Vincent Capot-CanelaFait
    « Bien évidemment, dans ces cas-là, il faut regarder la situation clairement et s'interroger sur quel est le niveau de riposte. »
  • 9:20Vincent Capot-CanelaFait
    « Les États-Unis ont choisi de frapper. »
  • 9:30Vincent Capot-CanelaFait
    « le président de la République, le ministre des Affaires étrangères, le chef du gouvernement, ont annoncé une position défensive, mais en même temps de présence et de défense de nos intérêts. »
  • 13:59Locuteur non identifiéFait
    « Le problème, c'est que c'est interdit par le droit européen. »
  • 14:01Locuteur non identifiéChiffre
    « 17 milliards d'euros, selon lui, l'exécutif qui ne peut pas vraiment se passer de cette somme dans le contexte d'économie budgétaire. »
  • 31:11Stéphane TrousselFait
    « D'abord d'exprimer du soutien, de la solidarité à la fois à sa famille, à ses proches, mais aussi à ses frères d'armes et il y a quelque chose bien évidemment d'insupportable pour notre pays et c'est toute la nation qui doit exprimer cette solidarité, cette tristesse quand nos soldats sont engagés. »
  • 31:31Stéphane TrousselFait
    « c'est pour moi la preuve, l'illustration que la priorité de la France aujourd'hui, c'est de protéger ses ressortissants, de protéger ses soldats, de protéger ses intérêts stratégiques et de ne pas entrer dans cette logique de guerre voulue par Trump et Netanyahou. »
  • 32:12Stéphane TrousselFait
    « Il faut rappeler que la présence de nos soldats dans cette région se fait dans le cadre d'une coalition internationale pour lutter contre le terrorisme dans la région. »
  • 35:30Locuteur non identifiéChiffre
    « Il y a parmi eux 200 enfants. »
  • 39:06Locuteur non identifiéChiffre
    « Ça représente à peu près 4 mois de consommation. »
  • 38:49Locuteur non identifiéChiffre
    « je crois que c'est 5% des stations, 5 ou 6% des stations qui ont été sanctionnées. »
  • 39:32Locuteur non identifiéFait
    « l'utilisateur fortuné de son SUV dans l'Ouest parisien, je considère qu'il ne doit pas être traité de la même manière que l'aide à domicile qui utilise son véhicule pour aller parcourir les routes de la Seine-et-Marne en Ile-de-France. »
  • 40:02Locuteur non identifiéFait
    « Quatre mois de consommation, ça a été possible entre 2016 et en 2022. »
  • 40:36Locuteur non identifiéFait
    « c'est une mesure que nous avons utilisée précédemment en 2016 et en 2022 »
  • 43:26Locuteur non identifiéFait
    « je suis très préoccupé, très préoccupé par le fait qu'on a aujourd'hui de plus en plus de porosité entre la droite et l'extrême droite dans de très nombreuses villes, dans de très nombreuses communes, y compris dans un département jeune et populaire comme la Seine-Saint-Denis »
  • 43:39Locuteur non identifiéFait
    « où là, on a une alliance de fait réelle entre la droite et l'extrême droite »
  • 44:26Locuteur non identifiéFait
    « C'est cette extrême droite qui a conquis le pouvoir aux Etats-Unis, qui a conquis le pouvoir en Argentine, qui a conquis le pouvoir en Hongrie et en Italie »
  • 44:45Locuteur non identifiéPromesse
    « C'est d'empêcher la droite et l'extrême droite de fusionner comme elle le fait aujourd'hui dans 70 communes avec 700 candidats concernés. »
  • 45:05Locuteur non identifiéFait
    « Je distingue les provocations, les dérapages, les invectives, les outrances de Jean-Luc Mélenchon d'un certain nombre de dirigeants insoumis qui mènent la gauche à l'impasse. »
  • 45:45Locuteur non identifiéFait
    « Se rendre infréquentable, se rendre infréquentable justement pour empêcher le rassemblement de la gauche permettant de battre la droite et l'extrême droite. »
  • 45:57Locuteur non identifiéFait
    « Il veut régner sur un champ de ruines pour être seul face au chaos. »
  • 56:39Locuteur non identifiéChiffre
    « un véritable bouclier social en matière de pouvoir d'achat qui pourrait augmenter encore de 1 000 euros en moyenne. »
  • 1:04:26Locuteur non identifiéFait
    « Face à lui, il y a donc le maire sortant, Olivier Bianchi, du PS, qui brigue un troisième mandat avec le soutien de la gauche, sauf des Insoumis. »
  • 1:04:35Locuteur non identifiéFait
    « La gauche est donc divisée, mais la droite aussi, puisque le Rassemblement National a investi son candidat, Antoine Darbois, un ancien du parti Les Républicains. »
  • 1:05:13Locuteur non identifiéFait
    « À côté, il y a la ville chic, j'ai désir d'ailleurs où habité Giscard d'Essin parce qu'il y a Clermont-Ferrand, c'est un peu comme Lyon. »
  • 1:05:27Locuteur non identifiéFait
    « Il y a Aki Michelin qui est le grand opérateur. Michelin qui a des difficultés, donc ça joue aussi dans toutes ces questions. »
  • 1:08:21Locuteur non identifiéFait
    « Ce soutien est d'autant plus surpris dans ce département qui est habituellement acquis à la droite républicaine que le RN ne s'est pas engagé à Aurillac ni à Saint-Flore, mais à Saint-Georges dans un village d'un peu plus de 1000 habitants. »
  • 1:08:34Locuteur non identifiéFait
    « Cette liste est en plus emmenée par une jeune étudiante de 22 ans, Cindy Rodier, qui a grandi à Saint-Georges. »
  • 1:08:40Locuteur non identifiéFait
    « Le RN lui a apporté un soutien assez important dans cette campagne et notamment à travers le déplacement de sa vice-présidente Edwige Diaz. »
  • 1:08:43Locuteur non identifiéChiffre
    « Preuve qu'il veut y croire dans cette commune qui avait voté à 57% pour Marine Le Pen lors de la dernière présidentielle. »
  • 1:08:55Locuteur non identifiéFait
    « Il a décidé de repartir justement pour contrer ce qu'il considère comme une démarche symbolique du RN. »
  • 1:09:08Locuteur non identifiéFait
    « Ici, clairement, le RN mise sur le profond sentiment de relégation qu'on retrouve dans de nombreux territoires ruraux. »
  • 1:10:49Locuteur non identifiéFait
    « Aujourd'hui, on est facilement élu député du RN quand on se présente dans une zone rurale enclavée. »
  • 1:11:40Locuteur non identifiéChiffre
    « 63% des Français habitent dans des maisons avec jardins, des pavillons. »
  • 1:13:12Locuteur non identifiéChiffre
    « 67% des Français partent travailler en voiture. »
  • 1:15:18Locuteur non identifiéChiffre
    « En quoi les gens ont confiance aujourd'hui ? Ils ont confiance en la famille-tribu parce que 63% des bénisseurs-mariages, donc je veux dire, la famille, ce n'est plus forcément le mariage. »
  • 1:16:40Locuteur non identifiéFait
    « La fin du patriarcat, ça fait des dizaines de milliers d'années. »
  • 1:18:28Locuteur non identifiéFait
    « Plus la taille de la commune augmente, plus les listes sont étiquetées politiquement, donc sont politisées, plus votre vote devient politique. »
  • 1:20:47Locuteur non identifiéFait
    « Les clivages qui pouvaient exister encore il y a dix ans entre la gauche et la droite et par exemple sur le climat se sont beaucoup estompés. »
  • 1:21:25Locuteur non identifiéFait
    « Chez Rachida Dati, on commence à chaque fois par rappeler les faits divers avec beaucoup de gravité, la violence supposée ou réelle. »
  • 1:22:20Locuteur non identifiéFait
    « Il y a eu une réforme de la loi PLM qui organise l'élection et je pense qu'il est utile de le dire à cette antenne puisque beaucoup de Parisiens ne le savent toujours pas. »
  • 1:22:31Locuteur non identifiéFait
    « Ils vont voter dimanche et dimanche prochain dans deux urnes différentes. »
  • 1:22:52Locuteur non identifiéFait
    « Ce qui donne, en théorie, certains disent que c'est le principal objectif de cette loi, une chance supplémentaire à la droite de l'emporter. »
  • 1:23:39Locuteur non identifiéFait
    « Le nombre de candidats qui sont susceptibles de pouvoir se maintenir au second tour est très important. »
  • 1:23:50Locuteur non identifiéFait
    « À droite, c'est le cas de Pierre-Yves Bournazel, dont on ne sait pas forcément s'il arrivera à se maintenir et dont on ne sait pas ce qu'il donnera comme consigne de vote s'il se maintient. »
  • 1:24:00Locuteur non identifiéFait
    « À gauche, c'est le cas pour Sofia Chikirou, qui elle aussi n'est pas très au-dessus de 10%, et donc avec une incertitude totale. »

Temps de parole

  • Présentateur52 %
  • Locuteur non identifié20 %
  • Locuteur non identifié 211 %
  • Locuteur non identifié 39 %
  • Locuteur non identifié 43 %
  • Locuteur non identifié 52 %

0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver ensemble pendant une heure et demie pour faire le tour de l'actualité politique et de l'information dans vos régions. Au sommaire de cette émission, la guerre au Moyen-Orient est la mort d'un premier soldat français lors d'une attaque dans le Kurdistan irakien. L'annonce a été faite cette nuit par le président de la République.

Plusieurs autres militaires ont été blessés par cette frappe sur une basse kurde alors qu'ils participaient à une action de formation de soldats irakiens dans la lutte contre le terrorisme. Quelle doit être la réponse de la France dans cette guerre contre l'Iran ? On en parlera avec le porte-parole du Parti socialiste Stéphane Troussel, président du département de la Seine-Saint-Denis. Cette guerre au Moyen-Orient fait grimper les prix à la pompe. Quelles mesures de soutien doit mettre en œuvre le gouvernement français sans trop aggraver le déficit public ? On posera la question au sénateur centriste de Seine-Saint-Denis, Vincent Capot-Canela.

Et puis nous sommes à deux jours du premier tour des élections municipales. On verra que c'est un scrutin qui intéresse beaucoup les Français. On en parle dans une heure avec le sociologue Jean Viard et Stéphane Zumstek de l'Institut Ipsos BVA. On continuera notre tour de France des municipales avec un reportage à Nice où l'élection donne lieu à un duel très tendu entre le maire sortant Christian Estrosi et Éric Ciotti. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Johan Delera. Bonjour Alexandre. À la une de ce vendredi 13 mars, la guerre au Moyen-Orient et la mort d'un premier soldat français.

Effectivement, le militaire a été tué cette nuit dans une attaque de drones sur la base de Malakara près d'Herbil dans le Kurdistan irakien. Il était sur place pour former les forces irakiennes à la lutte contre le terrorisme. Au moins cinq autres soldats français ont été blessés. On fait le point avec Flora Sauvage.

1:58
Invité

Alors que le conflit au Moyen-Orient entre demain dans sa troisième semaine, un soldat français a été tué dans une attaque de drone à une quarantaine de kilomètres d'Herbil au Kurdistan irakien. Six soldats ont été blessés dans cette attaque. Ces militaires français étaient engagés dans la formation des forces de sécurité kurde dans le cadre de la coalition internationale anti-djihadiste. Tôt vendredi, le groupe armé pro-iranien à Shab al-Khaf a annoncé prendre pour cible tous les intérêts français en Irak et dans la région après le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle dans le Golfe.

Sans revendiquer directement l'attaque sur Telegram, ce groupe pro-iranien a exhorté les habitants à rester au moins à 500 mètres de la base au Kurdistan irakien où se trouvent les militaires français. Dans un message sur X, Emmanuel Macron a adressé ses condoléances à la famille de l'adjudant-chef Arnaud Frion du 7e bataillon de chasseurs alpins de Vars. Jeudi, le ministre de la Défense italien a annoncé retirer temporairement tout son personnel d'une base militaire à Erbil à la suite d'une attaque de drone.

3:03
Présentateur

Un avion militaire américain s'écraser en Irak. Oui, l'appareil servait à ravitailler du carburant. Il s'est écrasé dans l'ouest de l'Irak. C'est ce qu'annonçait hier l'armée américaine. Elle n'a pas donné de précision sur le nombre de personnes à bord ni sur leur état de santé. L'Iran affirme avoir touché l'avion avec un missile. Mais les États-Unis démentent. Ils assurent que le crash n'est pas dû à des tirs hostiles ou amis. Et puis on parle du pétrole russe, notamment des sanctions sur le pétrole russe malgré les sanctions de la guerre en Ukraine. Et Washington qui prend une décision étonnante. Exactement. Face à la flambée des prix du pétrole, Washington relâche la pression sur Moscou.

Jusqu'au 11 avril, le ministère américain des Finances autorise la vente de pétrole russe stockée à bord de navires avant le 12 mars. Un assouplissement temporaire des sanctions économiques contre la Russie. Mais les États-Unis assurent qu'ils vont limiter les retombées financières pour le Kremlin. La guerre en Ukraine, justement, elle passe un peu sous les radars médiatiques à cause du conflit au Moyen-Orient. Mais elle est toujours bien réelle. D'ailleurs, le président ukrainien est à Paris aujourd'hui. Il sera reçu par Emmanuel Macron, objectif de la visite. Montrer donc que la guerre en Ukraine est toujours à l'agenda.

Le président ukrainien veut éviter l'effet d'éclipse provoqué par la guerre au Moyen-Orient. Il souhaite aussi envoyer un message à Vladimir Poutine. Le chef du Kremlin se trompe s'il pense profiter du contexte géopolitique pour avancer ses pions en Ukraine. Santé publique, deux morts parmi les cas de l'hystériose en lien avec une entreprise de charcuterie dans la Drôme. Oui, les deux victimes sont des personnes de plus de 75 ans atteintes de comorbidités. Elles ont été contaminées après avoir consommé des produits de charcuterie fabriqués dans une entreprise de la Drôme. Dix autres cas non mortels ont été recensés entre septembre 2025 et janvier de cette année.

Les autorités appellent à ne pas consommer les produits concernés. Merci beaucoup, Johan, pour ces repères de l'actualité. On commence cette émission avec Vincent Capocanelas. Bonjour. Bonjour. Vous êtes sénateur centriste de Seine-Saint-Denis, membre de la Commission des finances du Sénat. On commence par la guerre au Moyen-Orient et forcément cette dramatique nouvelle. On a appris la mort d'un premier soldat français dans ce conflit lors d'une frappe au Kurdistan irakien, l'adjudant-chef Arnaud Frillon du 7e bataillon de chasseurs alpins de Vars. Quelle est votre réaction ?

D'abord, je veux m'accliner devant la mémoire de l'adjudant-chef Frillon, avoir une pensée pour ses proches, pour ses camarades de combat aussi, et en particulier ceux qui sont blessés. La France, comme beaucoup de nations, va payer un tribut. pendant cette guerre, qui est une guerre qui menace l'ensemble de la région, mais qui également peut impacter beaucoup de pays. Et c'est une guerre à répercussions mondiales. Donc, évidemment, pensée pour les troupes, les proches. Et puis, je crois qu'il faudra tirer les enseignements de ce bombardement par drone, semble-t-il, et analyser les choses.

Et je crois que le chef de l'État et le gouvernement vont nous donner des éléments particuliers là-dessus, de compréhension, voir quelles leçons on doit en tirer. En tout cas, une milice irakienne pro-iranienne a estimé, a en tout cas affirmé, a ciblé les intérêts français dans la région. Est-ce que la France doit s'impliquer davantage dans cette guerre au Moyen-Orient ? Il faut rappeler que nos forces qui sont en Irak sont là pour lutter contre le terrorisme, et que c'est dans le cas d'une coalition. Et la France n'est pas aujourd'hui partie au conflit contre l'Iran. Mais on voyait que l'Iran essaye d'embraser le monde.

Simplement, il le fait en attaquant tous les pays et toutes les forces armées, toutes les bases militaires qui sont proches. Il le fait aussi en essayant de manipuler les cours du pétrole, en affectant les installations pétrolières du secteur. Il y a une situation militaire qui est très évolutive. Je crois qu'il faut en tirer toutes les leçons posément. Regardez quelle est l'analyse que nous en faisons. En fait, est-ce qu'il y a une riposte à conduire ? A quel moment ? Aujourd'hui, nous ne sommes pas belligérants. Nous sommes là dans une logique de protection, de protection de nos intérêts, donc aux patriotes, et des pays avec lesquels nous avons des accords militaires.

Mais évidemment, il y a un engrenage dans lequel nous pousse l'Iran. Je crois que la France doit prendre la mesure de cet engrenage. Évidemment, nous pensons aujourd'hui à nos militaires, à ceux qui sont engagés, à ceux qui assurent notre protection, la protection de nos intérêts. Et voilà, je crois que l'exécutif doit regarder la situation. Il y a eu mercredi… Donc la question d'une éventuelle riposte doit se poser ? Bien évidemment. Dans ces cas-là, il faut regarder la situation clairement et s'interroger sur quel est le niveau de riposte. Il y a plusieurs types de riposte qu'on peut mener là-dessus. Mais je crois que c'est l'analyse militaire qui doit d'abord primer.

Est-ce que vous craignez, dans ce conflit au Moyen-Orient, qui a été lancé par les Américains, les Israéliens, finalement, une guerre qui s'enlise, une guerre sans fin ? On voit bien que le président Trump, lorsqu'il a engagé ce conflit, pensait sans doute que ça irait assez vite et qu'il y aurait un effondrement du régime. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. On voit que les Iraniens s'étaient préparés et qu'ils essayent effectivement de faire une déflagration plus que régionale pour conduire les États-Unis à « lâcher » ou à se déclarer vainqueur un peu vite, comme parfois le fait M. Trump. C'est ça l'idée. Donc tout le monde joue avec le temps.

Évidemment, on pense aussi au peuple iranien qui lutte aussi pour la démocratie, pour pouvoir se faire entendre et pouvoir s'exprimer un jour par la voix des urnes. Mais on pense à eux parce qu'ils souffrent aussi. Tous les pays de la région aussi, et un certain nombre de pays, je pense notamment au Liban, mais pas seulement, qui doivent avoir la solidarité. Finalement, la logique des Iraniens, c'est de tenir suffisamment de temps pour que les États-Unis finissent par se dire qu'il ne faut pas rester. On a l'impression que là encore, les Européens sont spectateurs de cette stratégie militaire de Donald Trump.

Alors, la France et les Européens n'étaient pas favorables à une intervention à ce stade-là et de cette manière-là. C'était une décision unilatérale des États-Unis et d'Israël. Donc, nous avons une position dans la région qui est traditionnellement plus équilibrée. Il y avait un sujet quand même avec le risque nucléaire que représentait l'Iran. Les États-Unis ont choisi de frapper. Voilà, donc, le président de la République, le ministre des Affaires étrangères, le chef du gouvernement, ont annoncé une position défensive, mais en même temps de présence et de défense de nos intérêts. Évidemment, ça évolue au jour le jour.

On voit bien, quand il s'agit malheureusement des événements militaires de cette nuit et de ce drame avec la mort d'un de nos soldats, eh bien, on voit bien aussi que sur le plan économique, avec le cours du pétrole, il y a beaucoup de variations. C'est une situation qui peut déraper encore plus à tout moment. Voilà, donc, il faudra ajuster notre position. Il y aura à un moment donné une phase parlementaire. Le Premier ministre a commencé à recevoir les prisons de groupe, mercredi. Je pense que, voilà, tout ça mérite une évaluation au quotidien. Le chef de l'État a pris une attitude responsable qu'il faut saluer.

Voilà, mais bien évidemment, les Français sont très concernés par tout ce qui se passe et en mesure les répercussions. Et oui, des Français qui sont touchés, notamment par la hausse du prix à la pompe, du prix de l'essence. Et justement, on va en parler avec vous. Johan Delera, puisqu'on a constaté depuis le début de cette guerre une flambée des prix à la pompe. Et on va essayer de comprendre comment se décompose le prix d'un litre de carburant en France. Exactement. Et pour comprendre, on va prendre l'exemple du sans-plomb 98. Selon les données du gouvernement, en moyenne en France, le litre coûtait hier 1,96 € à la pompe. Un prix qui dépend de trois facteurs.

Premier facteur, le coût des matières premières et du raffinage. Ça représente 30 % du prix total, soit 59 centimes. La matière première, c'est évidemment le pétrole brut. Le raffinage, c'est le traitement visant à transformer ce pétrole en carburant utilisable dans les moteurs de nos véhicules. Le deuxième facteur, c'est le stockage, le transport et la distribution de ces carburants dans les stations-services. Ça représente 15 à 20 % du prix total. On va arrondir à 30 centimes. Et puis, troisième et dernier facteur, les taxes. Elles pèsent énormément, 50 à 55 % du prix total. Ça fait donc 1,07 € le litre, plus de la moitié du prix.

Alors, comment expliquer cette flambée des prix à la pompe ? Eh bien, d'abord, ça dépend essentiellement des deux premiers facteurs que je viens de vous présenter. Sur le coût de la matière première, d'abord, pour déterminer le prix du pétrole brut, on utilise comme référence le baril de Brent. C'est le nom d'un gisement de pétrole en mer du Nord. Il sert de référence mondiale. Sa valeur est très sensible aux crises. Elle a fortement augmenté avec la guerre au Moyen-Orient. Le 26 février, le baril de Brent se vendait 71 dollars. Et aujourd'hui, on flirte avec les 100 dollars. Et ça, ça a une vraie conséquence pour l'économiste Philippe Chalmin, spécialiste des matières premières.

Il dit qu'à chaque fois que le baril augmente d'un dollar, c'est un centime le litre supplémentaire à la pompe. Et puis, deuxième facteur, ce carburant, il faut bien le transporter pour l'amener dans les stations-service. Et pour cela, les distributeurs utilisent du carburant qui est donc plus cher, qui répercute ensuite sur les prix à la pompe. Des distributeurs de carburant qui sont dans le viseur du gouvernement. Effectivement, ils étaient convoqués hier à Bercy. Certains sont accusés de profiter de la guerre au Moyen-Orient pour augmenter leurs prix de façon abusive. Et ça, ça ne passe pas pour Maude Bréjon, la porte-parole du gouvernement.

12:32
Locuteur non identifié

– Les augmentations qu'on a constatées en début de crise doivent aujourd'hui être atténuées par l'évolution du cours. Dit autrement, les baisses doivent être répercutées aussi vite que les hausses.

12:46
Présentateur

– Alors, depuis le début de la semaine, le gouvernement a contrôlé les prix dans plus de 600 stations-service. 5% ont fait l'objet de sanctions. Alors oui, les marges sont excessives dans certaines stations, mais c'est loin d'être la norme. Deux tiers des ventes de carburant sont réalisées par la grande distribution qui vend quasiment à prix coûtant. En moyenne, la marge des distributeurs se situe à 1 à 2 centimes le litre. – L'État a-t-il quand même des solutions pour agir sur le prix ? – Oui, et pour cela, il faut se tourner vers le troisième facteur. Les taxes, je vous l'ai dit, représentent 55% du prix de l'essence. Il y a d'abord la TVA, elle s'élève à 20%.

Si on reprend donc notre exemple du sans-plomb 98 à 1,96€ le litre, ça fait 39 centimes de TVA. À cela, il faut ajouter une autre taxe. L'axi sur les produits énergétiques, environ 35% du coût total, ça fait 68 centimes. Alors pour alléger les prix à la pompe, le Rassemblement national demande au gouvernement de baisser la TVA sur les carburants de 20 à 5,5%. Le problème, c'est que c'est interdit par le droit européen. Le REN propose alors une autre solution, baisser l'axi sur les produits énergétiques.

Cette fois, le gouvernement a les moyens légaux de le faire, mais il ne veut pas car baisser les deux taxes, ça serait un gros manque à gagner pour l'État, un manque à gagner beaucoup trop lourd. 17 milliards d'euros, selon lui, l'exécutif qui ne peut pas vraiment se passer de cette somme dans le contexte d'économie budgétaire, ce qui lui laisse donc une marge de manœuvre très limitée. Une question pour vous, monsieur le sénateur, le gouvernement qui ne veut pas baisser les taxes, est-ce qu'il ne faudrait donc pas plutôt bloquer les prix comme le propose la France insoumise ? Alors, ce n'est pas le gouvernement qui fixe les prix.

Si on revient au blocage des prix, on reviendra très longtemps en arrière. Ça a laissé d'assez mauvais souvenirs parce que dans ce cas-là, il n'y a pas de concurrence, il n'y a pas de volonté de produire plus, il n'y a pas d'intérêt finalement à alimenter le marché. Et ensuite, les solutions qui peuvent être présentées présentent deux difficultés. on a un problème budgétaire, c'est-à-dire que si on se met à baisser les taxes avec des marchés qui sont très volatiles, on risque, et ça a été le cas dans le passé, entre guillemets, pardon, de boire un bouillon financier et de se retrouver avec beaucoup moins de recettes et durablement et de creuser nos déficits.

Faire attention parce que le risque, c'est qu'on paye demain plus cher en impôts qu'on aura payé en prix de l'essence aujourd'hui. Donc, il y a un premier obstacle qui est financier qu'il faut bien regarder. Ensuite, il y a un sujet parlementaire quand même parce qu'il faudrait, selon ce qu'on fait, outiller des mesures et à l'Assemblée nationale, ça me paraîtra particulièrement difficile à faire aujourd'hui. Donc, le gouvernement est parti plutôt sur une logique d'autorégulation du marché avec d'un côté un plafonnement volontaire. Il faut regarder comment ça marche. Les grands centres de distribution et grandes centrales ont annoncé des baisses de 30 centimes.

Il faut qu'on les regarde et qu'on les constate. Ça, c'est un point. Ensuite, il y a une volonté de débloquer des stocks stratégiques et donc, en gros, d'alimenter le marché avec des prix qui soient de plus bas niveau. Et donc, il faut qu'on regarde comment tout ça évolue. Mais c'est vrai qu'on le disait tout à l'heure, tout ça change au jour le jour et tous les matins, on regarde les évolutions. Total a annoncé, par exemple, des fermetures qui représentent 15% de sa production, semble-t-il, dans la nuit ou hier soir. Voilà, donc tout ça va évoluer. Mais moi, je suis plutôt favorable à une autorégulation avec des prix consentis avec un plafond, autant qu'on pourra le faire.

Attention, si on le fait par voie législative. Il faut faire confiance aux acteurs du marché pétrolier, dont certains sont accusés de spéculation. La première démarche, c'est de leur imposer des contrôles et de veiller à ce qu'il y ait une autodiscipline là-dessus. Après, s'il nous faut baisser les taxes, j'appelle à la très grande prudence. Évidemment, on pense à tous ceux qui doivent prendre la voiture, parfois en zone rural, ou tous ceux qui sont en travail décalé et qui n'ont pas le choix. Mais attention, parce qu'on va le payer très cher demain et l'expérience a été plusieurs dizaines de milliards dans le passé. Souvenons-nous qu'en 73-74, on a eu un doublement à l'époque des prix.

Donc là, on est sur une hausse qui a été forte. On peut cesser quelques jours encore pour regarder la situation. Mais j'invite à la prudence parce que je voudrais pas qu'on paye demain plus cher encore. Mais quand on voit que... Si on déclenche trop de mesures budgétaires. Quand on voit que, tout de suite au lendemain du début de cette guerre au Moyen-Orient, on a vu les prix à la pompe augmenter. Il y a eu un effet vraiment très rapide alors qu'il y a des stocks de carburants moins chers, achetés moins chers sur le marché qui étaient présents. Mais on a vu les prix tout de suite augmenter. Donc, est-ce qu'il faut faire confiance au marché ? C'est un marché mondial. C'est très volatil.

On le voit tout particulièrement. Il y a à peu près 20% de production en moins en ce moment. Donc, ça ne peut pas ne pas avoir d'effet sur les prix. Il faut contenir cette augmentation tant qu'on pourra le faire. Les centrales ont pris des engagements. Regardons comment elles les tiennent. Mais le gouvernement contrôle les distributeurs. Mais est-ce que déjà, par commencer, il ne faudrait pas qu'ils soient un peu moins gourmands, notamment sur les taxes, plus de la moitié du prix ? Est-ce que c'est acceptable ? Il y a un mystère parce qu'aujourd'hui, tout le monde cherche qui est en train de spéculer.

Je crois que le gouvernement a demandé de faire une transparence là-dessus et de regarder comment ça fonctionne. Moi, je ne souhaite pas que ce soit le consommateur qui paye la facture pour les différentes chaînes de la production à la distribution. Bien évidemment, il faut que tout le monde soit transparent là-dessus. Ça, ça me paraît le point le plus clair. OK, voilà. Il y a une troisième voie aussi proposée par la gauche, c'est de donner des aides aux foyers les plus modestes. Est-ce que ce serait aussi une bonne solution compte tenu aussi du contexte économique qui est compliqué ?

On a une difficulté quand même de fond qu'il ne faut pas oublier, c'est-à-dire qu'on a 3 500 milliards de dettes. Nous sommes regardés par les marchés financiers et si on en vient à prendre des mesures, il faut qu'elles soient très circonscrites parce que si on nous vaut une loi d'eau financière, on va le payer plus cher et très très vite. Voilà, donc là-dessus, je l'appelle vraiment à une infinie prudence. Mais est-ce que les Français peuvent comprendre que quand même avec cette hausse des prix, il y a une hausse mécanique des rentrées fiscales pour l'État ? Est-ce que les Français peuvent comprendre que l'État s'enrichisse sur cette guerre ? Alors l'État n'est pas riche.

L'État est impécunieux. L'État est incapable d'assurer un certain nombre de besoins essentiels aujourd'hui malheureusement. Non mais il y aura des gains fiscaux avec cette guerre. Il n'y a pas de gains, on a que des déficits. Et on a que des déficits qui continuent à se creuser. Aujourd'hui, donc si l'État était riche, ça se saurait là-dessus. Voilà. Donc attention, l'État de notre monde n'existe plus. Nous n'en avons plus les moyens. Voilà. Donc il faut trouver une bonne régulation du marché pour essayer d'obtenir que les prix restent tels qu'ils ont été annoncés avec moins de 2 euros pour le sans-plomb, de 0,09 à 10 total pour le diesel. C'est déjà beaucoup.

Il y a des répercussions sur d'autres secteurs économiques. Il faut qu'on évalue tout ça. Voilà. Mais attention, je veux dire, si on donne aux Français des chèques, aujourd'hui, on va le payer très vite. Et pas seulement les générations futures. Assez vite, nos finances vont devenir ingérables. Et on a vu les difficultés qu'on a eues à boucler le budget. Aujourd'hui, on ne sait plus faire un chèque. Voilà. On va parler du rapatriement des Français bloqués au Moyen-Orient, en Asie. et notamment du secteur aérien sur lequel vous travaillez au Sénat beaucoup, Vincent Capocanelas.

Et nous sommes en duplex avec Gérard Feldzer, ancien pilote de ligne, commandant de bord instructeur spécialiste de ce secteur aérien, de ce secteur aéronautique et président d'Aviation Sans Frontières. Bonjour, Gérard Feldzer. Bonjour. On commence avec une question sur le rapatriement. On l'a vu, de ces milliers de Français bloqués au Moyen-Orient à cause de cette guerre, des vols de rapatriement organisés par le gouvernement, mais aussi des vols commerciaux comment on gère ce risque d'organiser ces vols alors qu'il y a des missiles qui pleuvent dans le ciel dans cette région.

20:43
Locuteur non identifié

Oui, d'abord, il y a énormément de pays qu'on ne peut pas survoler pour des risques évidents de tirs de missiles, etc. Ne serait-ce que par erreur, quelquefois, c'est déjà arrivé,

20:53
Présentateur

qu'un avion se fasse shooter alors que ce n'était pas prévu, parce que ça demande quand même beaucoup de compétences. Et puis, il y a une dissimulation de multiplication des missiles et des possibilités de missiles. Moi-même, dans le temps, quand j'ai fait quelques Beyrouths, par exemple, on a vu que l'atmosphère est très, très tendue. Donc, on fait appel à volontariat pour les pilotes et on a une préparation des vols extrêmement pointue pour une sécurité accrue. La principale préoccupation, c'est d'assurer la sécurité. On dépose avant le vol, à la préparation des vols, un plan de vol, un plan de vol qui est à la connaissance de toutes les aviations civiles des pays survolés.

Et là, vous avez l'autorisation ou pas de mettre en route et de partir. Et puis, vous devez être en contact permanent avec le PC opérationnel pour savoir si vous pouvez vous poser dans de bonnes conditions. Et si vous prenez la décision, le commandant de bord peut toujours prendre la décision de faire demi-tour, ça s'est déjà vu, ou de choisir un autre terrain de destination. Alors, des syndicats de pilotes, notamment Air France, demandent la suspension des vols de rapatriement de leur compagnie pour ces raisons de sécurité. Vous comprenez cette demande ?

Oui, enfin, on pourrait en discuter, mais les pilotes d'Air France, en l'occurrence, ce ne sont pas des guerriers, ce ne sont pas des militaires. Donc, il faut pouvoir trouver des volontaires pour le faire si c'était autorisé. Encore une fois, il faut assurer la sécurité des passagers, il ne faut pas les embarquer dans des problèmes à risque aujourd'hui. donc, c'est assez délicat. Il faut prévoir également du kérosène supplémentaire au cas où on serait détourné, au cas où on aurait à attendre un créneau. Tout ça, c'est complexe parce que tous les plannings des pilotes sont chamboulés. Il faut trouver des volontariats, des disponibilités, des gens qualifiés sur la machine.

Et puis, il y a les temps de vol qui sont limités par la réglementation. On ne peut pas faire d'aller-retour, par exemple, parce qu'on dépasse 9, 10 heures ou 12 heures de vol. Donc, tout ça, c'est assez compliqué. Il faut gérer en temps réel. C'est une grande responsabilité et une grande réactivité qui est demandée au personnel. Vincent Capocanella, sur ces vols de rapatriement des Français, notamment organisés par le gouvernement, mais aussi par les compagnies, c'est bien géré, ce rapatriement, depuis une dizaine de jours ?

Tout ça est géré par une cellule de crise qui réunit les différents ministères, la Direction générale et la Véchéance civile, notamment les compagnies, en particulier Air France. Et il y a une préoccupation de sécurité. C'est d'ailleurs la préoccupation majeure, la sécurité des vols, la sécurité des passagers, des personnels. C'est la préoccupation majeure de tout le secteur du transport aérien, bien évidemment. Et dans ce contexte-là, les vols, aujourd'hui, sont par principe interdits dans les pays qui sont touchés par le conflit. Et il y a des autorisations qui sont données, qui sont données cas par cas. Gérard Felser lui disait à l'instant, parfois, on peut autoriser un vol.

Et puis, au vu de la situation, demander au vol de se détourner, voire de revenir. Donc voilà, tout ça est gérant sur la base du volontariat. Et donc, il y a un principe d'analyse des risques, de décision collective par l'autorité, qui est l'État, en lien avec les compagnies. Là-dessus, je salue les personnels qui, sur la base du volontariat, choisissent d'opérer ces vols. Voilà, on a le devoir de solidarité vis-à-vis de nos compatriotes qui sont dans la région et d'essayer de les ramener en France. On voit aussi des compagnies locales qui reprennent à leur rythme aussi et des aéroports qui réouvrent des lignes. Donc, tout ceci va se faire progressivement, mais c'est très encadré.

Et je veux dire qu'à la Direction générale de l'Avasion civile, au ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, tout ceci est regardé de très près, bien évidemment. On parlait du prix du carburant tout à l'heure, Gérard Ferlzer, les compagnies Air France et KLM ont annoncé justement qu'elles allaient augmenter le prix de leurs billets d'avion pour les vols long-courrier à cause de la hausse du prix du kérosène. Cette guerre au Moyen-Orient, ça pourrait diminuer le trafic aérien ? Oui, il y a une facture au bout du compte pour les compagnies aériennes. Le coût du carburant, c'est à peu près 30 à 50 % du prix du billet.

Ça dépend si ce sont des compagnies low-cost ou des compagnies régulières ou du moyen ou du long-courrier. Donc, la facture risque d'être assez lourde pour les compagnies et c'est à elles seules et notamment Air France de le supporter. Donc, ça tombe assez mal alors que le transport aérien dans son ensemble avant la guerre était plutôt en tendance vers l'équilibre sinon les bénéfices. Vincent Capocanelas, le secteur aérien va être impacté par ce conflit au Moyen-Orient, d'autant que cette zone, notamment les Émirats, forme un hub de transit crucial dans le transport aérien international.

Alors, il y a un effet double aujourd'hui, c'est-à-dire moins de vols, un certain nombre de hubs dans cette région du Moyen-Orient qui sont très affectés par des fermetures d'aéroports ou des réductions de vols. et puis, on a cet effet sur le kérosène. Alors, sachant que le kérosène, lui, il a doublé parce que c'est particulier au niveau du pétrole, il y a un système de raffinage particulier pour le kérosène qui a des caractéristiques propres et donc ça ne peut pas ne pas avoir d'effet sur le prix. Jean-Raphael Zerr qui connaît très bien ce secteur-là le rappelait à l'instant, c'est au moins 30% du prix du billet. Donc, les compagnies doivent s'aligner.

C'est un secteur qui est à faible marge donc ça va affecter l'économie générale mais il faut avoir en tête que le pétrole est aussi dans beaucoup de composants de notre quotidien y compris dans ce que nous achetons et parfois dans des choses que nous n'avons pas à l'esprit et donc ça va affecter l'économie. Donc, ce conflit aura des répercussions globales sur le transport. On parlait ce matin aussi, j'écoutais à la radio du secteur maritime aussi, le transport maritime.

Voilà, donc ça va affecter l'économie générale et je veux saluer moi la résilience de tous les personnels qui sont dans les aéroports, dans les compagnies, dans les services de l'État qui gèrent cette crise du mieux possible mais le secteur va devoir s'adapter à une nouvelle donne et finalement, on vit un changement de monde, on le vit brutalement, on voit le retour des impérialismes et on voit un désordre économique mondial. Merci beaucoup, Jean-Raphaël Zerd, d'être intervenu dans notre émission. Je rappelle que vous êtes président d'Aviation Sans Frontières.

Vincent Capocanales, on finit par un mot sur les élections municipales, on est à deux jours du premier tour, qu'est-ce que vous retenez de cette campagne de premier tour ? Peut-être une forme de tension, de violence dans la campagne notamment dans certaines villes ?

Alors ce sont des campagnes locales et on revient sur des sujets qui sont d'intérêt local, les services publics, la sécurité, le vivre ensemble, voilà, des projets de territoire et c'est le cœur battant de la démocratie et c'est l'endroit, la commune, où on mène des projets concrets pour les gens quand on parle de médiathèque, quand on parle de crèche, quand on parle d'équipement public, de voirie, voilà, ça parle à nos concitoyens. Moi, ce que je souhaite c'est que tout le monde puisse s'exprimer et j'ai une pensée pour les candidats, pour les élus locaux aussi qui sont sur le front du quotidien dans ce monde si compliqué.

Voilà, alors malheureusement, il y a des dérits dans les campagnes et il faut évidemment les dénoncer. il y a un changement un peu de paradigme comme on dit aujourd'hui à savoir qu'avec les réseaux sociaux, il y a une forme parfois de libération, de pulsion. Ceux qui étaient avant dans le café du commerce, on le retrouve sur des réseaux sociaux, ça c'est particulièrement condamnable. Et pour autant, on a aussi des gens qui donnent de leur temps, qui se dévouent.

Moi, je crois qu'il faut voter pour les candidats qui sont sur le terrain, qui pensent à la ville, qui pensent à l'intérêt de la ville, à l'intérêt général et on a vraiment besoin aujourd'hui dans un monde si bouleversé d'avoir des acteurs locaux qui soient responsables, dont la parole compte et est crédible et c'est pour cela qu'il faut voter. Un mot sur l'enjeu pour votre camp, le bloc central, finalement, il a quand même quelques villes à perdre avec des villes qui sont quand même dirigées par le bloc central, notamment pour le parti d'Edouard Philippe mais également pour le parti UDI, votre parti, vous craignez des pertes de villes ?

On a beaucoup des locaux qui sont sur le terrain, qui ont chevillé au corps le service de la population et je pense que leur travail va être reconnu et c'est une phase importante. On avait eu plutôt un bon cru la dernière fois donc on a à cœur de défendre le travail qui a été mené. Moi, j'ai confiance, ma préoccupation est plutôt sur le système d'alliance après au deuxième tour.

il faudra aussi être responsable dans certaines grandes villes pour que chacun crée les conditions du succès et c'est ça qui va être déterminant parce qu'après il y aura d'autres échéances derrière mais cette échéance municipale elle mérite qu'on soit tous unis et les extrêmes doivent être combattues et les filles d'un côté le RN de l'autre. Et cette soirée du premier tour d'élection municipale sera à suivre sur notre antenne sur le canal 8 de la TNT pour une soirée spéciale dimanche à partir de 19h30 et puis lundi matin avec une matinale spéciale et Oriane Mancini et tous nos partenaires de la presse locale pour analyser ces résultats.

Merci beaucoup Vincent Capocanelas d'avoir été notre invité. Johan, on se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse régionale. Tout à fait, exactement. Et maintenant, c'est l'heure de l'entretien avec notre invité politique. On reçoit Stéphane Troussel. J'ai le plaisir d'accueillir Stéphane Troussel. Bonjour. Bonjour. Vous êtes porte-parole du Parti Socialiste, président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis. On commence par des questions sur la guerre au Moyen-Orient et forcément sur la mort de ce premier soldat français, Arnaud Frillon, adjudant-chef du 7e bataillon de chasseurs alpins de Vars. Quelle est votre réaction à cette triste nouvelle ?

31:11
Locuteur non identifié

D'abord d'exprimer du soutien, de la solidarité à la fois à sa famille, à ses proches, mais aussi à ses frères d'armes et il y a quelque chose bien évidemment d'insupportable pour notre pays et c'est toute la nation qui doit exprimer cette solidarité, cette tristesse quand nos soldats sont engagés et c'est pour moi la preuve, l'illustration que la priorité de la France aujourd'hui, c'est de protéger ses ressortissants, de protéger ses soldats, de protéger ses intérêts stratégiques et de ne pas entrer dans cette logique de guerre voulue par Trump et Netanyahou.

31:46
Présentateur

Et pourtant, là on le voit, les intérêts français sont ciblés. On a entendu la déclaration d'une milice pro-iranienne en Irak qui a déclaré vouloir cibler les intérêts français. Quelle doit être la riposte de la France ?

32:01
Locuteur non identifié

D'abord, encore une fois, y compris il y a eu, en plus de ce soldat mort cette nuit, il y a eu d'autres soldats qui ont été blessés dans une attaque de groupuscule terroriste. Il faut rappeler que la présence de nos soldats dans cette région se fait dans le cadre d'une coalition internationale pour lutter contre le terrorisme dans la région.

Mais je crois, encore une fois, que c'est l'illustration, me semble-t-il, que la priorité de notre pays aujourd'hui, c'est de tout faire pour, à la fois, et j'entendais les échanges que vous aviez il y a quelques minutes, pour, à la fois, protéger, rapatrier nos ressortissants, de protéger nos intérêts stratégiques, de défendre nos positions, de protéger nos soldats qui sont engagés, mais que la France prenne, avec d'autres, des initiatives, en Europe et dans le monde, pour refuser la logique de guerre qui est à l'œuvre actuellement.

33:01
Présentateur

Donc, pour vous, quand on voit un tel épisode, cette mort d'un soldat français, eh bien, la France ne doit pas s'impliquer davantage dans le conflit.

33:09
Locuteur non identifié

Ah ben, en tout cas, elle doit porter une autre voie. Il n'y aura pas de solution politique durable dans cette région du monde avec des interventions militaires, sans cadre des Nations Unies, sans respect du droit international. Donc, oui, je crois que c'est aussi la priorité de la France.

33:26
Présentateur

Donc, vous croyez à la puissance du droit international sur cette question ? Je voudrais citer Hubert Védrine qui, récemment dans les médias, a dit qu'aucun conflit n'avait jamais été réglé par le droit international. C'est un ancien ministre des Affaires étrangères socialiste qui le dit.

33:38
Locuteur non identifié

Oui, enfin, ce que je sais aussi, c'est qu'aucune intervention militaire en dehors du cadre des Nations Unies et de l'histoire récente l'a montré, n'a apporté de solutions politiques, durables, dans ces pays. Quand on voit la déstabilisation de la Libye, quand on voit la déstabilisation de l'Irak ou de la Syrie, on voit bien à quel point la logique de guerre dans laquelle nous font entrer Trump et Netanyahou est porteuse de grands dangers pour à la fois cette région, pour le monde dans son ensemble, y compris pour d'autres conflits.

Parce que, bien évidemment, la tension internationale portée actuellement sur le Proche et le Moyen-Orient permet, y compris à d'autres, de sentir les mains libres. je pense bien évidemment à l'Ukraine et je pense également à Gaza ou à la Cisjordanie.

34:35
Présentateur

Effectivement, d'autres conflits et d'autres sujets passent sous les radars, mais quand même, quand on voit la répression dans le sang des manifestants en Iran, des dizaines de milliers de morts tués par le régime des Mollahs, est-ce que, selon vous, cette guerre américaine et israélienne est juste ?

34:52
Locuteur non identifié

Écoutez, que les choses soient très claires. Je n'ai, comme chacun de nos concitoyens dans ce pays, aucune sympathie pour la dictature téléocratique des Mollahs iraniens qui a servi son peuple, qui a mis les femmes sous le boisseau de leur dictature, qui, depuis des années, réprime dans le sang toute opposition, toute manifestation, toute velléité de libération. Mais aujourd'hui, il y a 1 500 civils iraniens qui ont une nouvelle fois été tués. Il y a parmi eux 200 enfants. Donc, encore une fois, la situation, la logique de guerre n'apportera pas la démocratie spontanément en Iran. Donc, il y aura forcément d'autres moyens pour y parvenir.

Et donc, je crois absolument que la France doit prendre des initiatives. Moi, j'aimerais que le président de la République française se place avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez dans cette logique qui dit non à la guerre pour prendre d'autres initiatives et pour faire en sorte que l'Union européenne demande par exemple la convocation du Conseil de sécurité des Nations Unies, qu'il y ait un débat, qu'il y ait une coalition internationale pour trouver d'autres solutions que cette logique de guerre sans mandat international. Il y a la Russie, donc impossible de prendre des mesures.

Écoutez, alors on peut se dire qu'il n'y a plus aucune logique, qu'il n'y a plus de logique de droit international, qu'il n'y a plus de cadre international et c'est donc la loi du plus fort qui l'emportera partout et qui permettra par exemple à Vladimir Poutine actuellement en Ukraine d'approfondir sa logique de guerre qui anéantit l'Ukraine, qui anéantit les civils. Ça permettra à Netanyahou de continuer sa logique génocidaire à Gaza. Ça lui permettra de poursuivre les affrontements en Cisjordanie contre les civils palestiniens, de poursuivre la colonisation.

Est-ce qu'on veut non seulement que cette région soit à feu et à sang mais que les conflits s'étendent parce qu'il n'y a plus aucun cadre international ? Donc oui, il faut absolument qu'il y ait d'autres voies en Europe et dans le monde pour dire qu'il faut faire autrement.

37:05
Présentateur

Quand vous voyez que les Américains ont levé partiellement les sanctions sur le pétrole russe dans le cadre des sanctions prises dans le cadre de la guerre en Ukraine, qu'est-ce que ça vous inspire ?

37:12
Locuteur non identifié

C'est l'illustration de ce que je vous dis. Pendant cette situation, pendant cette logique de guerre, il y a donc des facilités, des encouragements qui sont donnés à notamment Poutine pour approfondir la politique qu'il mène notamment en Ukraine.

37:29
Présentateur

Alors parlons justement de la question du carburant, de la hausse des prix à la pompe pour les Français. Qu'est-ce que proposent les socialistes concrètement pour essayer d'agir sur cette hausse des prix et de soutenir les Français qui sont les plus touchés ?

37:41
Locuteur non identifié

Bon, alors même si la France n'est pas la plus directement concernée par les importations du pétrole issue de cette région du monde puisque je crois que dans le volume de nos importations ça représente à peu près 13%, mais la réalité c'est que bien évidemment le prix mondial du pétrole, le prix du pétrole étant mondial, eh bien ça fait augmenter le prix du pétrole y compris de manière générale pour nos importations et donc ensuite le prix des carburants pratiqués par les distributeurs.

Et donc on voit bien là encore que quand bien même nous ne sommes pas les plus dépendants de cette région du monde en matière d'importation de pétrole, ça a des conséquences sur le pouvoir d'achat des Français. Donc oui, il faut que le gouvernement agisse. Moi, pour être très clair, bien sûr qu'il faut faire ce que fait le gouvernement actuel pour aller faire des contrôles et sanctionner, mais on voit bien que ça ne va pas être suffisant parce que la réalité de ces sanctions, c'est simplement l'écart entre le prix déclaré et le prix affiché. Mais la fixation du prix étant libre, on voit bien que je crois que c'est 5% des stations, 5 ou 6% des stations qui ont été sanctionnées.

Donc ça ne suffira pas. Donc les propositions que nous formulons, elles sont de deux natures. D'une part, nous pensons qu'il faut utiliser les réserves stratégiques de carburant de notre pays. Ça représente à peu près 4 mois de consommation. ça a déjà été utilisé en 2016 et en 2022 pour stabiliser les prix. Ça c'est la première des mesures. La deuxième des mesures, c'est par exemple de faire des chèques ciblés pour les populations les plus modestes qui n'en ont plus besoin parce que, bien évidemment, on ne peut pas traiter tous nos concitoyens de la même manière.

Excusez-moi, mais l'utilisateur fortuné de son SUV dans l'Ouest parisien, je considère qu'il ne doit pas être traité de la même manière que l'aide à domicile qui utilise son véhicule pour aller parcourir les routes de la Seine-et-Marne en Ile-de-France. Et donc, bien évidemment, qu'il faut avoir des mesures ciblées en fonction des situations de pouvoir d'achat et de revenus des Français concernés.

39:51
Présentateur

Est-ce qu'on a les moyens de ces chèques énergie, de ces mesures ciblées alors que nos finances publiques sont dans le rouge ?

39:56
Locuteur non identifié

Oui, mais la première des mesures que je vous ai indiquées, c'est d'abord l'utilisation de nos réserves stratégiques. Quatre mois de consommation, ça a été possible entre 2016 et en 2022. C'est une des premières mesures. Sinon, la première mesure...

40:07
Présentateur

Est-ce que ça a vraiment un impact sur les prix à la pompe ? On a vu que l'Agence internationale de l'énergie avait annoncé une libération de réserves stratégiques mondiales, mais ça n'a pas fait vraiment baisser le prix du pétrole.

40:20
Locuteur non identifié

Exactement, parce que je ne suis pas sûr qu'à l'échelle mondiale, d'abord, cette mesure soit totalement suffisante, mais en tout cas, à l'échelle de notre pays, quatre mois de consommation, oui, ça peut permettre à minima de stabiliser les prix. Et encore une fois, c'est une mesure que nous avons utilisée précédemment en 2016 et en 2022, et je crois que c'est une mesure importante qu'il faut prendre, parce que toute autre mesure ne me paraît pas adaptée, ni les sanctions, ni les systèmes de blocage des prix qui pourraient avoir des conséquences majeures soit sur nos finances publiques ou n'en avoir pas suffisamment et ou entraîner éventuellement une pénurie de carburant.

40:58
Présentateur

Donc la baisse des taxes qui est proposée par le Rassemblement National, le blocage des prix proposé par la France Insoumise, ce n'est pas...

41:03
Locuteur non identifié

Le blocage des taxes, sauf à mettre en danger encore plus nos finances publiques, je ne crois pas que ce soit la mesure adaptée. Et quant au, encore une fois, le blocage des prix, alors que la situation grave sur le plan international par rapport donc au pétrole, je crois que soit l'État le compense ce blocage des prix pour les distributeurs et donc ça coûtera beaucoup aux finances publiques, soit, encore une fois, il ne le compense pas et dans ces conditions, ça risque d'avoir pour conséquence une pénurie.

41:36
Présentateur

On va parler des élections municipales, Stéphane Troussel, puisque nous sommes à deux jours du premier tour, vous êtes porte-parole du Parti Socialiste. Est-ce que vous reconnaissez que le Parti Socialiste, dans ce scrutin finalement, le Parti Socialiste qui dirige plusieurs grandes villes, eh bien, finalement, le PS a tout à perdre ?

41:52
Locuteur non identifié

Je ne suis pas du tout dans cet état d'esprit, bien au contraire, ce que je ressens depuis plusieurs mois maintenant, comme vous le dites, parce que nous sommes en situation de gestion dans des majorités de gauche unies, y compris avec les écologistes dans de très nombreuses villes de notre pays, eh bien, je crois que les Français qui sont attachés à leur maire, qui sont attachés à cet échelon qu'est la Commune parce que c'est l'échelon de proximité, reconnaissent très souvent, très largement, eh bien, ces gestions qui sont à la fois de proximité, mais aussi avec cet ADN de solidarité, le choix de la culture, le choix d'intervention en matière de sport, d'un cadre de vie apaisé, de sécurité pour toutes et tous, qui ne fait pas de grandes déclarations, mais qui agissent au quotidien pour assurer une sécurité de proximité pour nos concitoyens.

Je crois que cette action à la fois de nos maires et de nos candidats est largement reconnue et donc, moi, je suis très, très encourageant par rapport à l'action qui est menée dans les villes aujourd'hui que nous dirigeons.

42:54
Présentateur

C'est une première étape, ces élections municipales vers la présidentielle pour les socialistes ?

42:58
Locuteur non identifié

Je crois qu'il ne faut pas tout mélanger. Je crois que les Français, encore une fois, sont attachés à cet échelon.

Ils sont attachés aux élus locaux parce qu'ils savent qu'y compris dans un moment de grande tension, c'est aussi des élus sur lesquels on peut compter, qui protègent, qui agissent au quotidien et donc, je ne crois pas qu'il faille tout mélanger même si, bien évidemment, moi, je suis très préoccupé, très préoccupé par le fait qu'on a aujourd'hui de plus en plus de porosité entre la droite et l'extrême droite dans de très nombreuses villes, dans de très nombreuses communes, y compris dans un département jeune et populaire comme la Seine-Saint-Denis où l'extrême droite est quasi inexistante mais je pense en particulier à une commune ou Blanc-Ménil où là, on a une alliance de fait réelle entre la droite et l'extrême droite et donc, oui, je crois qu'il ne faut pas passer ça sous les radars parce que c'est annonciateur de la capacité que pourraient avoir les droites et l'extrême droite à se rassembler dans la perspective de l'élection présidentielle de l'année prochaine.

43:59
Présentateur

Alors, on a beaucoup parlé de la France insoumise dans cette campagne municipale de premier tour. Pas d'accord national entre les socialistes et les insoumis mais quand même une soixantaine d'alliances PS, LFI dès le premier tour. Est-ce que vous le regrettez ?

44:11
Locuteur non identifié

Écoutez, je crois que justement cette manière de faire a permis de passer sous les radars les alliances entre la droite et l'extrême droite. Ce qui menace notre pays en ce moment, ce qui menace l'Europe et le monde, c'est l'international réactionnaire. C'est cette extrême droite qui a conquis le pouvoir aux Etats-Unis, qui a conquis le pouvoir en Argentine, qui a conquis le pouvoir en Hongrie et en Italie et qui veut l'année prochaine faire de notre pays la France le domino qui permettra de faire tomber toute l'Europe. Donc voilà pour moi la priorité des priorités.

C'est d'empêcher la droite et l'extrême droite de fusionner comme elle le fait aujourd'hui dans 70 communes avec 700 candidats concernés. Sur cette priorité,

44:53
Présentateur

on a compris sur les alliances locales des premiers tours avec Alephi.

44:57
Locuteur non identifié

Que les choses soient claires pour moi. Moi je distingue les provocations, les dérapages, les invectives, les outrances de Jean-Luc Mélenchon d'un certain nombre de dirigeants insoumis qui mènent la gauche à l'impasse. Je distingue cela de la volonté à la fois de la base militante des électeurs insoumis qui veulent avec l'ensemble de la gauche justement le rassemblement y compris autour de projets de gauche qui les unissent. La solidarité, les politiques culturelles, un cadre de vie apaisé, des logements dignes, des logements abordables. Il ne faut pas tout mélanger. Donc la stratégie, les provocations répétées de Jean-Luc Mélenchon depuis quelques jours, elles n'ont qu'un objectif.

Se rendre infréquentable, se rendre infréquentable justement pour empêcher le rassemblement de la gauche permettant de battre la droite et l'extrême droite. C'est ça son objectif. Il veut régner sur un champ de ruines pour être seul face au chaos. Eh bien, il faut que les électeurs insoumis qui sont sincères, qui veulent le rassemblement de la gauche, qui veulent l'union de la gauche, eh bien, ils sanctionnent cette stratégie de la division permanente.

46:11
Présentateur

Et justement, pour éviter que le rassemblement national ne gagne certaines villes, est-ce que vous êtes favorable à des fusions de listes entre des listes socialistes et des listes insoumises au second tour ?

46:20
Locuteur non identifié

Mais, encore une fois, il y aura des situations différentes ici ou là. Moi, je ne fais pas, je ne tire pas un trait d'égalité entre les situations à Limoges, à Toulouse et d'une certaine manière à Roubaix et la situation à Paris ou ailleurs ou par exemple en Seine-Saint-Denis où il y a de l'agressivité militante, du harcèlement numérique, des provocations, des infectives, des accusations permanentes d'un certain nombre des dirigeants. quand je vois les provocations y compris de Sophia Shikiru à Paris, je ne mets pas des signes d'égalité entre l'ensemble de ces situations. Ça dépend du comportement des candidats insoumis avec les socialistes

47:02
Présentateur

sur le terrain.

47:03
Locuteur non identifié

Oui, et par ailleurs, encore une fois, des situations politiques où il faut affronter la droite et l'extrême droite qui doit être battue dans ces élections municipales pour que, justement, ça ne soit pas une marche supplémentaire pour permettre à l'extrême droite de penser qu'elle va obtenir des victoires de l'année prochaine. Et d'ailleurs, je le dis, au lendemain de cette séquence des élections municipales, il faudra être particulièrement mobilisé.

Et j'entends bien qu'un département jeune et populaire comme la Seine-Saint-Denis qui a tout à craindre d'une victoire de l'extrême droite parce que, finalement, l'extrême droite aborde, exècre ce que nous sommes en Seine-Saint-Denis et ce que nous faisons en Seine-Saint-Denis, eh bien, j'entends bien que nous serons à la pointe du combat pour l'empêcher de conquérir notre pays.

47:46
Présentateur

Et justement, au lendemain de cette séquence municipale, on parlera beaucoup de la campagne présidentielle. On va voir, les candidatures vont s'accélérer. Et du côté de la gauche, est-ce que vous êtes favorable à une primaire de la gauche hors LFI pour désigner un seul candidat ? François Refrain, Clémentine Autain, Marine Tondelier sont déjà participants.

48:03
Locuteur non identifié

Moi, ce que je souhaite, c'est effectivement que la gauche soit là plus largement rassemblée possible, la gauche et les écologistes, pour permettre qu'un candidat de gauche non seulement se qualifie au deuxième tour de l'élection présidentielle, mais soit en situation de battre les droites et l'extrême droite. Or, ce que je constate, c'est que Jean-Luc Mélenchon, qui a eu la capacité, la chance de pouvoir être en responsabilité pour rassembler toute la gauche, ce que je constate, c'est qu'il ne semble pas être en mesure d'être celui-là.

Donc oui, il faut, par ces provocations répétées, par ces outrances, par une ligne politique qui ne permet pas de rassembler la gauche, eh bien oui, je crois que ça doit être notre objectif de rassembler large.

Mais je le dis aussi, il faut élaborer un projet commun, oui, il faut vraisemblablement un système, notamment de primaire, pour permettre de faire émerger un candidat ou une candidate qui rassemble largement, mais je le dis, ça ne peut pas être une petite primaire de chef de parti, il faut une grande primaire qui rassemble largement, qui permette de mobiliser la société civile, qui permette de mobiliser la gauche politique, la gauche associative, la gauche syndicale, la gauche citoyenne, comme on a été capable de le faire pour battre l'extrême droite, pour empêcher M. Bardella d'être Premier ministre de la France en juin 24, et donc il faut un mouvement puissant.

Je ne veux pas d'une petite primaire entre chefs de parti, je veux une grande primaire avec la plus large possible et surtout avec la société civile.

49:27
Présentateur

Et dans cette grande primaire de la gauche que vous appelez de vos voeux, qui peut incarner le Parti Socialiste ?

49:32
Locuteur non identifié

Eh bien justement, mon problème aujourd'hui ce n'est pas de désigner, de faire une petite primaire de chefs de parti qui se réunissent entre eux, c'est au lendemain de ces élections municipales de lancer un mouvement puissant qui rassemble des centaines de milliers, des millions de concitoyens de gauche qui se disent ce n'est pas possible de laisser les choses se faire comme ça. Donc oui, ce que j'appelle de mes voeux, c'est qu'on élargisse ce mouvement qui a été enclenché parce qu'il ne suffira pas que Marine Tondelier, Olivier Faure, Clémentine Autain et François Ruydefin se réunissent régulièrement pour faire émerger un grand mouvement. Donc il faut un mouvement puissant et dynamique.

50:11
Présentateur

Merci beaucoup Stéphane Troussel, vous avez été notre invité politique aujourd'hui. Je rappelle que vous êtes porte-parole du Parti Socialiste et président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis. Allez, tout de suite, on passe à la séquence au cœur de nos régions. Et on va faire le tour des quotidiens régionaux aujourd'hui avec vous, Yohan Delera, et notamment, on va parler de la hausse du prix des carburants qui continuent de faire couler de l'encre dans nos journaux. Tout à fait, c'est à la une de l'Ardenay qui s'intéresse à l'impact sur les agriculteurs. Le journal parle d'un coup de massue pour la filière.

La guerre au Moyen-Orient fait s'envoler les prix du gazole non routier et plus surprenant, des engrais. Alors pourquoi les engrais ? Eh bien, un tiers de la production mondiale est transportée par des navires qui sont bloqués dans le détroit d'Hormuz et puis produire des engrais de synthèse à demande de l'énergie, du gaz fossile en l'occurrence. Mais le Qatar a suspendu sa production. Un malheur de plus pour les agriculteurs. Autre filière en souffrant, celle des pêcheurs. La voie du Nord explique qu'ils sont sous la menace du prix du gazole qui explose. Les chalutiers sont en effet très gourmands en carburant plusieurs milliers de litres par semaine.

Résultat, pour rester dans le verre, certains pêcheurs envisagent de limiter les sorties en mer, voire de carrément rester à quai. D'autres craignent de devoir répercuter la hausse des prix sur les étals des marchés et dans les poissonneries. Autre sujet, la guerre en Ukraine. Effectivement, on en parle moins en ce moment à cause de la guerre en Moyen-Orient, mais les combats continuent dans l'est de l'Ukraine. Ouest-France propose alors un grand entretien avec Volodymyr Zelensky.

Il est attendu à Paris aujourd'hui où il rencontrera Emmanuel Macron, le président ukrainien qui n'élude aucun sujet la situation militaire dans son pays, ses relations avec Donald Trump ou encore le projet d'adhésion à l'Union européenne. Et puis enfin, il est question de catastrophes naturelles et d'immobilier. Oui, et pour cela, direction la Charente où le dernier épisode de Cru a eu lieu il y a une quinzaine de jours. Le journal Charente-Lim parle de la douloureuse leçon apprise par les propriétaires. Impossible de se séparer d'un logement régulièrement inondé. Les maisons situées en zone inondable sont en effet invendables.

Des propriétaires désabusés comme pris en otage n'ont qu'une seule option, c'est de s'adapter à la menace. Merci beaucoup, Johan. Vous restez avec nous puisqu'on va ouvrir notre page consacrée aux élections municipales. Et justement, on en parle beaucoup de ce scrutin. On est à deux jours du premier tour dans la presse régionale, notamment à la une de La Provence. Tout à fait. Je vous emmène à Marseille, La Provence, le journal La Provence qui a organisé hier soir donc dans son siège un grand débat entre les quatre principaux candidats à la mairie. Les dernières joutes d'une campagne très intense pour le maire d'Hivergauche-Sorten, Benoît Payan.

Face à lui, la candidate de la droite, Martine Vassal, Franck Alizio du RN et Sébastien Delogu de la France Insoumise. Ils ont tous présenté leur vision de Marseille pour les 15 prochaines années. Et puis vous nous emmenez également à Nevers. Oui, Nevers qui fait partie des villes où les écologistes ont de réelles chances de l'emporter. Leur candidat, Wilfried Ségeau, donnait hier soir son dernier meeting avant le premier tour exactement en même temps que son principal rival, le maire sortant Denis Thuriot du parti Renaissance. Le journal du centre, on raconte, ce duel à distance entre les deux hommes. Et enfin, on va dans le département de l'Aube où il y a du rififi à Romy sur scène.

Oui, exactement. Et ça fait parler Libération Champagne pour qui la tension monte à la veille du scrutin. Les candidats de l'opposition dénoncent unanimement le soutien des chefs d'entreprise au maire sortant Éric Vignemin. L'un d'eux a par exemple envoyé un courrier à ses salariés pour les encourager à réélire le maire. Ce n'est pas banal. Celui-ci se dit serein face à la polémique mais clairement, ça bouscule la fin de la campagne. Merci beaucoup, Johan, pour ce tour de la presse quotidienne régionale. Allez, on va finir notre série de reportages consacrés à ces élections municipales.

Notre tour de France, on va le finir à Nice avec une campagne centrée sur un duel fratricide entre Christian Estrosi, le maire sortant, et Éric Ciotti, candidat soutenu par le Rassemblement national, une campagne émaillée de scandales. Céline Schmitt s'y est rendue pour nous.

54:21
Locuteur non identifié

À Nice, la météo est orageuse à l'image de cette fin de campagne. Les passes d'armes entre les camps de Christian Estrosi et d'Éric Ciotti sont incessantes, de quoi éclipser les projets politiques des différents candidats. Le favori des sondages, Éric Ciotti, soutenu par le RN, se dit victime de campagne de désinformation. Le candidat s'emploie donc à rassurer. Aujourd'hui, il est venu dissiper les doutes quant à sa future politique culturelle.

54:48
Présentateur

De façon extrêmement malhonnête, on nous a dit qu'on a sélectionné

54:53
Locuteur non identifié

les artistes, les formations culturelles en fonction de leurs convictions, de leurs origines, de leurs engagements. Jamais, jamais. Il y a beaucoup de fake news. On nous accuse de tous les maux. C'est le propre d'un système qui vacille, qui tremble, qui voit ses privilèges risquer de s'évaporer. Tous les regards se tournent forcément vers le maire sortant Christian Estrosi. Fin février, une sordide histoire de tête de cochon ornée d'une étoile de David retrouvée devant son domicile fait encore la une de la presse locale. Aujourd'hui, le maire sortant est venu chercher un peu de légèreté au bal des seigneurs de la ville.

55:43
Présentateur

Je partage dans ce temps de campagne des moments heureux, des moments un peu plus rudes, mais jusqu'au bout du bout, je partagerai ces instants avec eux dans une dernière ligne droite qui, j'en suis sûr, va avoir le vent qui va nous pousser dans le dos et qui va créer une véritable surprise.

56:04
Locuteur non identifié

Selon les derniers sondages, le vice-président du parti Horizon sait qu'il aurait 11 points de retard par rapport à Éric Ciotti. Alors, à quelques jours du scrutin, quand le candidat d'hiver droite réaffirme sa volonté de baisser les impôts et réduire la dette, le maire sortant, lui, penche plutôt sur sa gauche. Nous avons énormément fait en matière d'aide au pouvoir d'achat sur le coût des transports, sur le coût des cantines scolaires. Je veux encore renforcer cela en mettant en place, parce que nous voyons la fracture sociale qui ne cesse d'augmenter, un véritable bouclier social en matière de pouvoir d'achat qui pourrait augmenter encore de 1 000 euros en moyenne.

1 000 euros d'aide par an en plus pour les foyers niçoires. Bonjour madame, pour les élections municipales, liste front populaire. Mireille Damiano, dont la liste est soutenue par LFI, n'y croit pas. Monsieur Estrosi, tout d'un coup, nous parle de démocratie locale, première fois, et nous parle aussi de ce qu'il va mettre en place des mesures sociales en disant que c'est lui qui sera le barrage. Nous nous disons que que ce soit monsieur Estrosi, que ce soit monsieur Ciotti, ce sont les deux phases d'une même pièce avec des politiques qui sont extrêmement semblables, avec des équipes qui sont interchangeables d'ailleurs.

Priorité de la candidate, l'accès au logement dans une ville marquée par le surtourisme et où un niçois sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. Un objectif qu'elle partage avec Juliette Chesnel-Leroux, candidate de l'autre liste de gauche soutenue entre autres par les écologistes et les socialistes. Bonjour monsieur, ce dimanche 15 mars on vote pour changer le maire de Nice. Bonne chance. Ah bah ouais, on va faire ce qu'il faut. Les deux candidates sont au coude à coude dans les sondages avoisinant les 10%. Alors pour espérer peser face à la droite au second tour, la question d'une possible alliance devient cruciale. Mais pour Juliette Chesnel-Leroux, il est trop tôt pour l'envisager.

LFI s'est positionnée contre toutes les listes de gauche dans toutes les grandes villes de France et ne nous donne pas donc beaucoup de raisons de vouloir discuter avec eux. Nous sommes une liste d'union de la gauche et des écologistes. On a le parti socialiste, le parti communiste, les écologistes, on a l'après, ceux qui ont été purgés de LF. Donc je pense que ça, ça parle beaucoup aux Niçois et aux Niçoisais. La question est donc de savoir si la gauche va appeler à un vote barrage contre Eric Ciotti.

58:28
Présentateur

Voilà pour ce reportage de Céline Schmitt qui conclut notre tour de France des campagnes municipales dans les grandes villes pour ce premier tour. Allez, on va analyser les enjeux de ce scrutin à deux jours du premier tour. Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Jean Viard. Bonjour. Bonjour. Vous êtes sociologue et auteur du livre intitulé Une France bousculée aux éditions de l'Aube qui analyse un peu les secousses ces dernières années qui ont touché la France et notre monde. Ça va de la pandémie de Covid en passant par le retour au pouvoir de Donald Trump et également le développement de l'intelligence artificielle. J'accueille également Stéphane Zumsteg. Bonjour. Bonjour.

Vous êtes directeur du département politique et opinion de l'institut de sondage Ipsos BVA. Ipsos BVA qui est notre partenaire sur Public Sénat LCP. Dimanche pour la soirée électorale des municipales ce sera à suivre dès 19h30. Une grande soirée d'analyse des résultats et de réactions politiques à ce premier tour des municipales. Et d'ailleurs, dimanche, nous serons en direct de Nice. Stéphane, un mot sur cette campagne niceoise, ce duel fratricide entre Christian Estoisier et Exioti. C'est extrêmement tendu.

59:33
Locuteur non identifié

Oui, c'est extrêmement tendu parce que ce sont les deux meilleurs amis du monde qui sont devenus au fil du temps les deux pires ennemis sur Terre quelque part. Et je pense que les équations personnelles jouent beaucoup dans ce scrutin. On a raison de dire qu'il y a un candidat issu de la droite dite classique, Christian Estoisier et un candidat, Éric Ciotti, qui s'est rapproché du Rassemblement national. Certes, dans le cas d'une victoire d'Éric Ciotti éventuelle, est-ce que ça signifierait la droitisation de l'électorat ? Peut-être, et en partie seulement.

Je pense que les raisons personnelles, les questions d'image et de réputation des clients, des deux principaux candidats, pardon, joueront bien plus que les étiquettes. Là, ce qui se joue, c'est un maire qui achève son troisième mandat, qui a toujours été facilement élu ou facilement réélu, certes, mais qui en est à son troisième mandat et donc à son éventuel quatrième mandat face à Éric Ciotti qui représente l'alternance, l'alternance politique à cause de son glissement vers la droite radicale, mais aussi un changement d'homme.

Donc, il y aura une portée nationale dans ces résultats, mais pas tant que ça parce que je pense qu'avant tout, les Niçois se détermineront en fonction de ce qu'ils pensent de leur maire sortant et de la possibilité d'une alternance de passer à autre chose, en fait.

1:00:33
Présentateur

– Jean Viard, ce sont deux droites qui s'affrontent, une droite classique et puis un candidat qui est soutenu par la Rassemblea nationale, mais est-ce que localement, ce sont deux droites vraiment différentes ?

1:00:42
Locuteur non identifié

– Je suis d'accord avec ce qui vient d'être dit et puis il faut dire une autre chose, c'est que c'est une zone d'extrême droite forte. M. Perra a été pas tellement, plutôt d'extrême droite, je vous rappelle Toulon qui a été Front National, Orange, Marignane, etc. – En 1995 ? – Voilà, en 1995. Donc si vous voulez, ce qu'il faut dire, c'est qu'il y a une implantation de l'extrême droite le long, j'allais dire, de la frontière méditerranéenne, on trouve la même chose d'ailleurs en Alsace, qui est très ancienne et qui est très forte.

Alors, même si Toulon bascule, il ne faut pas faire comme si c'était une découverte, ils l'ont déjà eu Toulon, ils l'ont perdue, bon, donc il y a une extrême droite qui est puissante et là, effectivement, ce que vous dites est juste, c'est-à-dire que c'est en plus une question de personne qui se rajoute dans cette affaire, mais sur le fond, Nice est… Allez, M. Estrosi est presque à gauche pour une ville comme Nice, si je peux me permettre de dire des choses pareilles.

1:01:27
Présentateur

– Donc si Toulon, Marseille, Nice bascule dans les cas… – Je n'ai pas dit Marseille, je n'ai pas dit Marseille. – Je n'ai pas dit Marseille, parce qu'on peut parler aussi de Marseille.

1:01:33
Locuteur non identifié

– Je n'ai pas dit Marseille, parce que Marseille, il se peut que ça bascule, à Marseille, le parti protestataire est toujours en tête depuis la guerre, toujours. Sauf que le système électoral ancien faisait qu'on avait fait des découpages entre Charles Pascois et Gaston Defer, qui faisaient que dans le quartier nord où il y a 200 000 personnes, ils n'avaient pas beaucoup de représentants. Donc le premier parti en voix n'était jamais le premier parti en siège. Le système électoral a changé, donc ça peut changer la donne. Mais ça sera encore une fois le premier parti, c'est l'extrême droite aujourd'hui, c'était le PC avant, qui est protestataire. Après, qui va garder la ville ?

Ça, c'est encore une autre question qui dépend des alliances et qui dépend aussi, notamment, de la position d'un ambassade qui, bon, voilà, donc c'est une question qu'on verra plus tard. La ville n'est pas gagnée encore pour le Front National, donc ça serait un choc. Et il faut dire une chose, dans ces élections, il y a des élections locales, il y en a 35 000, et puis il y a le récit qu'on va construire derrière. Et le récit, si par exemple l'extrême droite prend Marseille, ça va effacer tout le reste. On va dire, ils ont un tremplin pour la présidentielle. Donc il faut bien faire attention, le récit ne correspond souvent pas à la réalité.

Rappelez-vous les élections précédentes, en fonction du fait que Paris change ou autre, une ou deux grandes villes qui changent, le récit, et on garde ça en mémoire. Et donc ça sert de tremplin. C'est le récit qui fait tremplin, ce n'est pas le résultat électoral.

1:02:44
Présentateur

Et dans ce récit politique, dans ce récit médiatique, si jamais le Rassemblement National a gagné des grandes villes qui n'ont jamais été dans son escarcelle comme Marseille et Nice, ce serait un tremplin pour la présidentielle ?

1:02:55
Locuteur non identifié

De toute façon, déjà, le Rassemblement National est dans une situation depuis plusieurs années maintenant de dynamique électorale. Il ne cesse de progresser, il est passé en quelques années de la zone des 20% de la ville de France. Ça donne évidemment une portée symbolique extrêmement importante et ça va de pair avec une sorte d'alignement. Ça irait de pair, en tout cas, si ça se produisait avec une sorte d'alignement des planètes pour le RN. C'est-à-dire que quand on voit bien notamment les préoccupations, les administrés n'ont qu'une attente, une attente prioritaire, c'est la sécurité, la sécurité à l'échelle locale.

Et c'est justement, ça tombe bien pour le Rassemblement National, le domaine où il est jugé le plus crédible pour régler la situation.

1:03:27
Présentateur

Allez, on va aller en Auvergne retrouver nos partenaires du journal La Montagne, direction Clermont-Ferrand. On va retrouver Arthur Cessebron, journaliste à La Montagne. Bonjour Arthur. Bonjour. On va parler d'abord des élections municipales à Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand qui est l'un des plus anciens bastions socialistes de France.

1:03:47
Locuteur non identifié

Oui, tout à fait. Clermont-Ferrand est presque finalement un cas assez unique en France. Depuis 1944, la ville n'a connu que quatre maires et tous étaient socialistes, dont le dernier, Olivier Bianchi, qui brigue un troisième mandat. Le PS à la main sur la capitale Auvergnat, depuis 80 ans et forcément à chaque élection une même question se pose. Clermont-Ferrand peut-elle basculer ? Certains jugent que le contexte est actuellement favorable, notamment parce que la droite et le centre partent rassemblés autour d'un même candidat, Julien Bonny, du parti Les Républicains. C'est une première ici depuis 1995 et la candidature à l'époque d'un certain Valéry Giscard d'Estaing.

Face à lui, il y a donc le maire sortant, Olivier Bianchi, du PS, qui brigue un troisième mandat avec le soutien de la gauche, sauf des Insoumis, puisque LFI a misé, comme en 2020, sur la députée Marianne Maximi, qui avait obtenu d'ailleurs lors des dernières législatives le soutien d'Olivier Bianchi. La gauche est donc divisée, mais la droite aussi, puisque le Rassemblement National a investi son candidat, Antoine Darbois, un ancien du parti Les Républicains. Enfin, et on peut aussi citer évidemment les deux autres candidatures, une liste citoyenne portée par Yannick Cartier et une liste lutte ouvrière qui est elle conduite par Marie Savard.

1:05:00
Présentateur

Merci beaucoup Arthur, vous restez avec nous parce que tout à l'heure on parlera du Cantal. Un mot sur Clermont-Ferrand, Jean Viard, ça incarne ce socialisme municipal qui est quand même très ancré

1:05:10
Locuteur non identifié

dans certaines grandes villes. Absolument. D'ailleurs, à côté, il y a la ville chic, j'ai désir d'ailleurs où habité Giscard d'Essin parce qu'il y a Clermont-Ferrand, c'est un peu comme Lyon, c'est-à-dire il y a une ville centrale, c'est Clermont-Ferrand, puis à côté, la Chamalière, Chamalière, qui est la commune chic, donc là, ça concentre à bourgeoisie locale liée d'ailleurs aux pneus. Il y a Aki Michelin qui est le grand opérateur. Michelin qui a des difficultés, donc ça joue aussi dans toutes ces questions.

Non mais c'est vrai que c'est une ville typique socialiste avec un maire qui s'est beaucoup intéressé à la culture puisqu'avant, il était chargé de la culture au Parti Socialiste, etc. Donc je ne sais pas du tout quel va être le résultat électoral mais c'est sûr que si ça tournait dans l'histoire du Parti Socialiste, ça serait une mauvaise nouvelle.

1:05:49
Présentateur

Oui, beaucoup d'enjeux pour le Parti Socialiste qui dirige plusieurs grandes villes en France et qui a donc du coup, de fait, beaucoup à perdre dans ce scrutin.

1:05:56
Locuteur non identifié

Il a beaucoup à perdre. Alors, le Parti Socialiste, il est surtout implanté dans les très grandes villes, dans les villes de plus de 100 000 habitants. La droite, elle, est plus implantée dans les villes de taille intermédiaire de grandes villes mais de plusieurs dizaines de milliers d'habitants. Mais le PS, est-ce que le PS a beaucoup à perdre ? Il dirige beaucoup de villes donc par définition, il pourrait en perdre mais là encore, rappelez-vous ce qui s'est passé il y a 6 ans, on a assisté à une vague verte contre toute attente. Les écologistes ont raflé presque une dizaine de grandes, voire de très grandes villes et personne ne l'avait vu venir.

Et là, dans ce cas-là, le PS a perdu des villes au profit des écologistes. Il pourrait en récupérer une partie cette année, je pense notamment à Strasbourg par exemple et il y a d'autres exemples qui lui permettraient de progresser. Je pense que le PS finalement, selon moi, ne perdra pas beaucoup de choses. Dans le cas bien précis de Clermont-Ferrand, tout est possible, ça me rappelle un peu le cas de Limoges, qui était socialiste depuis toujours et qui en 2014, là encore, contre toute attente, avait basculé à droite donc tout peut arriver.

Il y a un moment donné aussi où les électeurs se disent ou en tout cas, ça devient un levier de vote finalement, cette ville est dirigée par les mêmes quelle que soit leur étiquette politique depuis 50 ans, depuis 80 ans, peut-être que ce serait bien pour une fois de changer. Après, charge à celui qui réussit l'alternance d'être réélu, ça avait été le cas à Limoges. Donc les bascules sont toujours possibles y compris dans des fiefs. Oui Jean ?

Non, je voulais juste dire qu'il faut se rappeler que plus de 80% des maires sont réélus, c'est-à-dire l'élection municipale historiquement, alors que ça peut changer chaque fois, il y a une autre chose que je veux dire, 68% des communes n'ont qu'une liste. Il ne faut pas parler que de la France des grandes villes, 68% des communes, c'est-à-dire quand même le quart des Français en fait n'ont qu'une liste. Donc pour que l'on fait des pourcentages de participation, c'est sûr que dans les villes il n'y a qu'une liste, il n'y a moins de participation. Et souvent, ce sont des candidats que les gens ont envie de voir rester en place, point barre, parce que le maire c'est un chef de tribu.

Il ne faut pas tout politiser, quoi. Et au fond, on attend qu'il ait fini son travail, sauf si vraiment il met le feu au château, donc il y a une permanence et on peut très bien le soutenir si on n'est pas de sa ligne politique. D'ailleurs souvent, il se cache un peu parce que le Front National Rural, à mon avis, va beaucoup progresser. On le verra au Sénatorial, mais ils ne sont pas Front National. Mais on verra comment ils votent au Sénatorial.

1:07:53
Présentateur

– Et justement, vous me faites ma transition, Jean-Villard, on va parler de la ruralité et de cette campagne municipale également dans nos campagnes. On reste avec vous, Arthur. On va se diriger dans le Cantal, dans un petit village du Cantal où le Rassemblement National tente une percée au niveau local.

1:08:09
Locuteur non identifié

– Et oui, tout à fait. On propose aujourd'hui dans nos colonnes une étape dans le Cantal où pour la première fois le Rassemblement National est en liste au municipal. Ce soutien est d'autant plus surpris dans ce département qui est habituellement acquis à la droite républicaine que le RN ne s'est pas engagé à Aurillac ni à Saint-Flore, mais à Saint-Georges dans un village d'un peu plus de 1000 habitants. Cette liste est en plus emmenée par une jeune étudiante de 22 ans, Cindy Rodier, qui a grandi à Saint-Georges. Le RN lui a apporté un soutien assez important dans cette campagne et notamment à travers le déplacement de sa vice-présidente Edwige Diaz.

Preuve qu'il veut y croire dans cette commune qui avait voté à 57% pour Marine Le Pen lors de la dernière présidentielle. Dans cette campagne, Cindy Rodier fait face à Jean-Jacques Montloubou qui est maire depuis 1995 et lui ne pensait pas se présenter, mais comme il le raconte à notre journaliste Stéphane Barnoy, il a décidé de repartir justement pour contrer ce qu'il considère comme une démarche symbolique du RN. Car finalement, à Saint-Georges, on est loin des grandes villes, des enjeux de sécurité, d'immigration. Ici, clairement, le RN mise sur le profond sentiment de relégation qu'on retrouve dans de nombreux territoires ruraux.

1:09:16
Présentateur

Merci beaucoup, Arthur, pour vos explications. Je rappelle que vous êtes journaliste pour le journal La Montagne à Clermont-Ferrand. Stéphane Zumsteg, une réaction à cette campagne municipale dans ce petit village du Cantal où le Rationement National ose présenter une liste ? Ça veut dire l'implantation progressive dans les campagnes de ce parti ?

1:09:35
Locuteur non identifié

Oui, mais quand vous regardez finalement la physionomie des circonscriptions gagnées en 2024 par le Rationement National, les 126 circonscriptions, je ne parle pas en plus des circonscriptions sciotistes, mais elles sont dans la quasi-totalité des cas, ces circonscriptions, dans le monde rural ou semi-rural. Le RN, il ne gagne pas des sièges de députés dans les grandes villes, dans les grandes agglomérations, sauf exception, évidemment. C'est dans ces zones qui ont été très longtemps, et c'est ça le plus spectaculaire, sans doute, des zones rurales qui ont été très longtemps totalement hermétiques, et voire hostiles au discours du Front National puis du Rassemblement National.

Ce n'est plus la même chose. Votre confrère parlait de sentiment de relégation, c'est ça qui a été le moteur dans ces zones parfois enclavées, parfois qui souffrent d'une désertification de services publics, désertification de commerces. C'est ce sentiment quelque part de colère et de relégation qui a nourri ce discours. Ce n'est pas un discours qui est driveé, qui est mené par des questions d'immigration ou d'insécurité. Non, c'est la relégation, c'est la fracture sociale ou la fracture territoriale qui a alimenté auprès d'une partie de cette population rurale la progression du RN. Et on le voit bien géographiquement.

Certes, il y a des bastions historiques, on en parlait tout à l'heure, la Côte d'Azur, le nord de la France, mais autrement, c'est les confins du bassin parisien, c'est une partie des sud-ouest, c'est-à-dire des endroits où il y a encore 10 ou 15 ans, les candidats du Rassemblement National n'obtenaient que des scores de témoignages, des scores qui étaient sous les 10%. Aujourd'hui, on est facilement élu député du RN quand on se présente dans une zone rurale enclavée.

1:10:55
Présentateur

– Jean Vier, ce sentiment de relégation dans les campagnes, c'est ce qui explique le vote du RN ?

1:11:00
Locuteur non identifié

– Oui, mais en même temps, c'est vrai dans toutes nos grandes démocraties. Trump n'a pas été élu dans les grandes villes, Londres n'a pas voté pour le Brexit, Barcelone n'a pas voté pour la rupture, etc. C'est en fait l'immense périurbain et le rural. Le nouveau mouvement, c'est le rural, avec le syndicat agricole qui est quand même très proche de l'extrême droite. – La coordination rurale. – Tout à fait. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'au fond, national est entre 10-15%, alors que le reste de la France, ils sont autour de 38-40%. C'est pour dire qu'il y a un des cas, alors pas toute la France, parce que par exemple, c'est pas en Bretagne, donc il y a des territoires qui résistent.

Mais sur le fond, on assiste à une rupture entre les métropoles et tout ce qu'il y a à l'extérieur. Notamment parce que 63% des Français habitent dans des maisons avec jardins, des pavillons. Donc en réalité, la population française, même dans le massif central, moi je y vais souvent, vous allez autour de Saint-Flour, etc. Le cœur de petites villes, c'est vidé, et les gens sont tous autour dans des maisons individuelles. Et au fond, il y a une rupture extrêmement profonde entre ces populations qui sont des milieux populaires, qui ont accédé à la propriété souvent alors qu'ils ne l'étaient pas. Alors c'est pas vrai du rural-agricole évidemment, mais c'est vrai du grand phénomène périurbain.

Et moi je crois que la crise centrale, elle est dans cet immense périurbain où on n'a pas construit de cadre politique. Parce que les gens se disent je suis un Parisien qui habite à une demi-heure de Paris, mais ce qui l'intéresse, c'est ce qui se passe là où il travaille, là où il sort, etc. Et on lui dit on n'a pas réfléchi à tout ça, mais c'est vrai dans toutes nos démocraties, cette rupture, métropole, non métropole, avec le fait que la métropole construit les discours idéologiques, alors c'est le vélo, c'est contre le pavillon, etc. Et les milieux populaires, ils ont gagné la propriété, ils ont gagné des deux voitures, les deux emplois, le chien, le jardin, et ça on leur dit c'est nul.

Donc on a complètement rejeté la progression des milieux populaires vers la propriété, etc. qui est quand même l'événement des 50 dernières années.

1:12:48
Présentateur

– C'est la fracture des gilets jaunes.

1:12:49
Locuteur non identifié

– Les gilets jaunes étaient exactement dans cet axe. Et les gilets jaunes, il ne faut pas se rappeler que c'est aussi lié aux 80 km heure qui étaient perçus comme une décision arrogante de bobos parisiens qui viennent en week-end. Excusez-moi, moi qui suis un rural, c'est comme ça qu'on le racontait. J'ai beaucoup fait, j'avais écrit un livre sur les gilets jaunes, on le sentait très très bien. Le prix de l'essence n'était pas le cœur du débat, c'était le rejet symbolique d'une mesure, on se dit oui, ils partent en week-end, ils peuvent rouler à 80 km heure, mais nous on roule tous les jours. 67% des Français partent travailler en voiture. Ils ne peuvent pas faire autrement.

Donc il y a vraiment la France du discours bien séant, ville, en gros qui est écolo, centro, socialo, suivant les cas. Et puis le reste du pays, on dit mais et nous, pourquoi on n'arrête pas de nous critiquer ?

1:13:28
Présentateur

Alors parlons des attentes des Français à deux jours de ce premier tour des élections municipales, notamment avec cette enquête électorale de l'Institut Ipsos BVA et de l'École Ingénieur Saisie pour la Fondation Jean Jaurès, le journal Le Monde et le Cévi-Pof qui est le centre de recherche de Sciences Po. Stéphane, finalement, l'élection municipale, elle suscite un véritable intérêt de la part des Français.

1:13:47
Locuteur non identifié

Ah oui, quand on leur demande s'ils sont intéressés par ce qui se passe, ils nous répondent très massivement à plus de 80%. Oui, les élections municipales m'intéressent. Est-ce pour autant qu'ils iront se déplacer dimanche prochain et le dimanche suivant ? Ça, c'est une autre question. On a bien vu que l'intérêt et la participation sont deux éléments indépendants l'un de l'autre. Je ne suis pas persuadé, la mesure de référence n'étant pas 2020 à cause du Covid, évidemment, mais 2014, je ne suis pas persuadé qu'on vote autant ou qu'on vote plus qu'en 2014 cette année compte tenu de l'image profondément dégradée depuis 2014 justement du monde politique.

Mais en ce qui concerne les attentes, en tout cas, ce que l'on constate, c'est qu'une sorte de municipalisation des enjeux nationaux, ce n'est pas la première fois que la sécurité ou la lutte contre l'insécurité est la première préoccupation des Français et le premier sujet abordé dans une campagne électorale. Rappelez-vous de Lionel Jospin en 2002, on parlait déjà beaucoup d'insécurité. En revanche, là, ce qui est intéressant, c'est qu'au niveau municipal, quand on leur demande qu'est-ce que vous attendez de votre maire, de votre prochaine équipe en matière de programme et surtout d'action, les gens nous disent lutter contre l'insécurité.

Et il est là le paradoxe parce que les Français savent très bien, ils ne sont pas stupides, ils savent très bien que les pouvoirs d'un maire sont par essence, par définition, très limités en matière de lutte contre l'insécurité. C'est l'insécurité, c'est les pouvoirs publics, c'est l'État, c'est le préfet, c'est la police nationale. Et malgré ça, ils le savent, ce qu'ils veulent, c'est un maire qui leur parle d'insécurité et des moyens qu'ils comptent mettre en œuvre à l'échelle locale.

1:15:09
Présentateur

– Jean-Vierre, sur cet attachement des Français à la figure du maire, il est vraiment réel par rapport aux autres figures de responsables politiques au niveau national ? – Ça n'a rien à voir.

1:15:18
Locuteur non identifié

Il faut dire une chose, en quoi les gens ont confiance aujourd'hui ? Ils ont confiance en la famille-tribu parce que 63% des bénisseurs-mariages, donc je veux dire, la famille, ce n'est plus forcément le mariage. ils ont confiance dans le local et ils ont confiance dans les entreprises. Ce qui est difficile par exemple pour la gauche de comprendre que l'entreprise est devenue un lieu de confiance essentiel parce que j'allais dire pour aller vite que la déclasse est terminée et 80% des accords sont signés par tous les syndicats dans toutes les entreprises. Donc les conflits sont déplacés. Par contre, le discours idéologique, les gens ne le supportent plus.

Il faut le dire, ce qu'on voit à la Chambre, quand on voit ce qu'on voit à la Chambre, ça ne vous rend pas démocrate. Et donc on a une rupture entre l'idéologie qui est archaïque parce que les enjeux ont changé. L'enjeu n'est plus le capital. Même entre la droite et la gauche. J'ai été élu à Marseille il y a 20 ans. Tous les gens qui font de la politique, je les connais, on travaille ensemble puisqu'à l'époque, c'était une direction métropolitaine large dont j'étais vice-président. Donc il y a un discours idéologique qui est complètement décalé de notre société. Notre société, les conflits, c'est avec la nature, comment on répartit. C'est entre le masculin et le féminin.

Aux Etats-Unis, Donald Trump a fait 49% chez les garçons de moins de 25 ans, 26% chez les filles. Et donc, dans nos sociétés, c'est pareil. Le masculin et féminin deviennent enjeux central de rupture. Et puis, il y a l'IA qui arrive et qui crée des zones d'inquiétude, notamment dans la jeunesse parce qu'on n'arrête pas de leur dire oui, mais les boulots de démarrage, on va les remplacer chez les juristes, dans les comptabilités, etc. Donc il y a tout ça qui bouge. On vit des révolutions anthropologiques. La fin du patriarcat, ça fait des dizaines de milliers d'années. Et on vit tout ça et on ne parle que du petit bout saisissent des enjeux. Ceux dont je viens de parler.

Parce que vous savez, je finis, mais le discours des médias, c'est orange mécanique. Si je vais vite. Et j'ai rencontré une grande radio hier matin, il disait les gens de Saint-Eraspo, au municipal. Et ils se faisaient se montrer un micro-trottoir à Paris sur deux jeunes filles qui étaient là, qui passaient par là. C'est absurde. Je suis d'accord. Moi, dans ma commune, il y a un monde fou qui vient en réunion publique. Et donc, dans les campagnes, on a distribué des tracts, on a fait du boulot. Et donc, je pense qu'il faut faire très attention à cette rupture et comprendre que le monde a changé.

Alors, au niveau local, je vais dire une autre dernière chose, les programmes sont plus radicalement différents. Parce que tout le monde est pour le vélo. On peut être un peu plus, tout le monde est pour mettre des arbres. Tout le monde sait qu'il y a une crise du logement. Ils n'auront pas forcément un pouvoir énorme. Il y a des nuances. Il y a des nuances, mais c'est des nuances. Alors qu'à une époque, c'était des affrontements entre les mairies de gauche qui étaient pour la culture, etc. Et donc, il y avait des écarts énormes. Donc, c'est ça aussi. Donc, c'est beaucoup des questions de personnes, des questions de réseau, de solidarité locale, beaucoup plus que des questions de programme.

1:17:50
Présentateur

Et justement, ce qui est intéressant dans votre enquête, Stéphane, dans l'enquête Ipsos BVA, c'est que dans la perception des Français de cette élection municipale, eh bien, l'enjeu, il n'est pas du tout national, politisé.

1:18:02
Locuteur non identifié

Non. Alors, quand on leur pose la question, est-ce que vous déterminerez en fonction d'enjeux locaux ou d'enjeux nationaux ? Ils nous répondent enjeux locaux. À hauteur de trois quarts, je crois, il y a un cas pour les enjeux nationaux. En revanche, quand vous regardez dans les détails les réponses selon la taille de la commune, là, les choses évoluent. Et plus la taille de la commune augmente, plus les listes sont étiquetées politiquement, donc sont politisées, plus votre vote devient politique. Et plus votre vote devient politique, plus il prend en compte les enjeux nationaux.

Ce qui fait que dans les très grandes villes, les villes de plus de 100 000 habitants, c'est-à-dire les villes dont on parlera, dont parleront les médias lors des premiers et seconds tours, il y a la moitié des gens, en fait, qui se déterminent aussi donc les choses sont plus équilibrées à cette échelle-là.

Ce que je veux dire, attention à l'effet de loup, évidemment, les enjeux locaux comptent dans l'immense majorité, comptent majoritairement dans la très grande majorité des communes, des 35 000 communes, mais dans les villes dont vous parlerez, vous les médias, dont nous parlerons dimanche et lundi dans la presse et dans les médias, eh bien, les gens qui auront voté et qui auront fait la décision dans les grandes villes l'auront fait aussi en fonction du contexte national.

C'est pour ça qu'à chaque fois, il y a des vagues roses, il y a des vagues bleues, il y a même eu une vague verte la dernière fois, donc à l'échelle des très grandes villes, des très grandes agglomérations, les choses restent très politicisées et très nationalisées.

1:19:12
Présentateur

Donc on voit encore cette fracture entre les petites villes, les campagnes et les grandes villes. On n'a pas les mêmes liens sociaux.

1:19:17
Locuteur non identifié

L'ancien maire du Mans disait que tu as une commune de 500 habitants, tu as 10 conseillers municipaux, un maire, et parfois tu as même un conseiller général, tu as un immeuble de 500 habitants et une fois sur deux, tu as un concierge. Et c'est deux types de liens complètement différents. Alors je pense que 500 habitants, c'est vraiment pas beaucoup. Il y a énormément de petites communes, mais même de communes moyennes. Moi j'habite une commune de 4000 personnes, on se connaît. Et donc si vous voulez, c'est clair que ce n'est pas du tout les mêmes liens.

Donc les liens sont beaucoup plus abstraits dans les très grandes villes, évidemment, qui à Paris a rencontré Madame Hidalgo pendant un certain nombre de gens, je veux dire. Mais quand vous êtes 2 millions, forcément. Donc du coup, ce n'est pas les mêmes types de liens, ce n'est pas non plus les mêmes demandes, mais moi je pense quand même, c'est ce que j'appelle le double proche en sociologie, je pense que les gens, ils sont pris entre ce qu'ils voient à la télé et ce qu'ils vivent. Et plus c'est différent, plus ils ont peur. Si moi je suis marseillais, ce que je vois à la télé, dans la rue, je n'ai pas peur à Marseille.

D'ailleurs Marseille n'est que la dixième ville de France en matière de sécurité, ce qu'on oublie toujours de dire. Mais quand vous voyez ça, la télé, vous n'avez que les affaires de drogue, les viols, etc. J'ai l'impression, si vous habitez sur l'Aubrac, par exemple, vous avez peur. Donc plus les deux sont différents, plus vous avez peur. Et je pense que quand les gens votent pour l'extrême droite dans les zones rurales, en fait ils votent ce qu'ils voient au poste et pas ce qu'ils voient dans la rue.

1:20:25
Présentateur

On finit par parler d'une grande ville, par parler de la capitale, Paris. On va retrouver Jacques Paquier qui est directeur du journal du Grand Paris. Bonjour Jacques. Bonjour. Jacques, vous avez assisté au dernier meeting de campagne du candidat de la gauche, Emmanuel Grégoire, et de la candidate de droite, Rachida Dati. Oui absolument. Et moi j'écoutais ce que disait Jean Viard notamment, et il est vrai que les clivages

1:20:50
Locuteur non identifié

qui pouvaient exister encore il y a dix ans entre la gauche et la droite et par exemple sur le climat se sont beaucoup estompés. Plus personne,

1:20:58
Présentateur

je suis tout à fait d'accord avec ce qui a été dit, ne remet en cause carrément le vélo. C'est des questions de degrés. Même à Paris,

1:21:05
Locuteur non identifié

Sarah Knafo qui veut réintroduire la voiture sur la rive droite prévoit une couverture

1:21:14
Présentateur

pour que les vélos puissent continuer de passer. Mais cela dit, pour revenir à votre question et au meeting d'hier, on voit bien qu'il y a quand même deux visions du monde très différentes. Chez Rachida Dati, on commence à chaque fois par rappeler les faits divers avec beaucoup de gravité,

1:21:30
Locuteur non identifié

la violence supposée ou réelle, les cas de pédophilie dans les écoles qui occupent une place très importante. Et à gauche, au cirque d'hiver, puisqu'effectivement j'ai fait les deux meetings, on rend hommage aux femmes iraniennes et on célèbre Paris ville d'accueil. Je ne vous fais pas de dessin, c'est deux visions du monde qui s'opposent, avec un scrutin,

1:21:52
Présentateur

peut-être qu'il est intéressant de le rappeler, qui n'a jamais été aussi incertain pour différentes raisons dont on va peut-être parler. – Et vous vouliez intervenir sur un autre sujet de cette campagne ? – Absolument, sur le scrutin, sur ce qui allait se passer parce qu'à Paris, ce scrutin est très atypique pour plein de raisons. La première, c'est qu'il y a eu une réforme de la loi PLM qui organise l'élection et je pense qu'il est utile de le dire à cette antenne puisque beaucoup de Parisiens ne le savent toujours pas. Ils vont voter dimanche et dimanche prochain dans deux urnes différentes. L'une pourrait lire leur maire d'arrondissement et l'autre pourrait lire le maire de Paris.

Ce qui, en fait, a un impact inconnu puisque c'est nouveau mais ce qui est susceptible de favoriser la droite puisqu'il n'est plus nécessaire pour faire très court de faire basculer un arrondissement ou deux, comme c'était le cas avant, on parlait souvent du 12e ou du 14e, désormais il y a une liste par arrondissement, une liste pour Paris, ce qui donne, en théorie, certains disent que c'est le principal objectif de cette loi, une chance supplémentaire à la droite de l'emporter. Deuxième nouveauté, c'est que pour la première fois, les écologistes ont rejoint l'union de la gauche, or et les filles, vous en parliez aussi, dès le premier tour.

ce qui fait que ça peut donner un avantage à la gauche unie au premier tour, ça peut également la priver de réserve de voix au second tour. Pour finir, autres grandes incertitudes, le nombre de candidats qui sont susceptibles de pouvoir se maintenir au second tour est très important.

1:23:41
Locuteur non identifié

Ils seront peut-être cinq, avec beaucoup d'incertitudes, là encore, puisque certains sont proches de la barre des 10% qui est nécessaire

1:23:47
Présentateur

pour se maintenir au second tour. À droite, c'est le cas de Pierre-Yves Bournazel, dont on ne sait pas forcément s'il arrivera à se maintenir et dont on ne sait pas ce qu'il donnera comme consigne de vote s'il se maintient. Et à gauche, c'est le cas pour Sofia Chikirou, qui elle aussi n'est pas très au-dessus de 10%, et donc avec une incertitude totale, notamment si dans la configuration où Sofia Chikirou se maintenait, donc de LFI, et qu'aucun autre candidat de droite que Rachida Dati n'était présent au second tour, les chances de gagner de Rachida Dati seraient très grandes. – Merci beaucoup à Jacques Paquier pour vos explications.

Je rappelle que vous êtes directeur du journal du Grand Paris. Stéphane, cette réforme du mode de scrutin à Paris-Lyon-Marseille avec des électeurs qui vont voter directement pour le conseil municipal de la mairie centrale, ça peut avoir un impact ? – Alors,

1:24:40
Locuteur non identifié

ça peut avoir un impact, peut-être sur la participation, disons, autrefois, ça ne servait à rien quelque part, c'est ce que disaient les gens, si je suis de gauche et j'habite le 16e arrondissement, ça ne sert à rien de voter, si je suis de droite et j'habite le 20e arrondissement, ça ne sert à rien. Maintenant, les votes compteront de façon égale. Est-ce que, voilà pour l'impact peut-être sur la mobilisation, c'est possible, en tout cas dans les arrondissements qui autrefois étaient très typés, très typés à droite, très typés à gauche. Est-ce que cela va avoir une traduction en termes électoraux, une influence ?

Je n'en suis pas persuadé, je ne pense pas et même si c'était le cas, je serais bien incapable de vous dire dans quel sens. Ce qui est sûr, c'est qu'avec ce double scrutin, et d'ailleurs, c'était l'une des principales raisons pour lesquelles les maires d'arrondissement étaient opposés à cette réforme. Mettez-vous à la place d'un électeur parisien. Déjà, une majorité des électeurs parisiens sont incapables de citer le nom de leur maire d'arrondissement. Alors, quand c'est une personnalité nationale comme Rachida Dati, oui, on sait dans le septième qui est son maire. Mais dans les autres arrondissements, je suis plus dubitatif.

Le vrai risque, c'est que quelque part, cette double élection vienne quelque part dévitaliser la seconde élection, l'élection des maires d'arrondissement. Oui, les gens vont voter pour l'une ou l'autre des listes, évidemment, à l'échelle globale. Est-ce qu'en même temps, ils voteront ou ils prendront la peine de se prononcer pour des personnes qu'ils ne connaissent pas, ne serait-ce que de nom ? Je n'en suis pas persuadé.

1:25:49
Présentateur

C'est plus démocratique, ce nouveau système de vote à Paris-Lyon-Marseille ?

1:25:51
Locuteur non identifié

Ce qui n'est pas démocratique, c'est qu'on change tout le temps et que ce n'est pas partout pareil. Si vous voulez, on demande aux gens de participer aux élections. Là, les trois villes sont différentes des autres, mais allez savoir pourquoi. Le département, vous avez deux personnes par siège, la région, vous n'en avez qu'un. Je veux dire, on a monté une bureaucratie de la démocratie. Même moi, je ne sais pas quelle est la prime en fonction, on m'a dit hier. 25% ? Oui, mais dans les autres villes, si vous n'avez pas 50% des voix, vous avez quand même 50% des sièges si vous êtes en tête, par exemple, dans certaines communes, mais pas dans d'autres.

Excusez-moi, je veux dire, on a fait une bouillie de la démocratie qui explique aussi une partie de l'abstention parce que les gens, à un moment, ils n'y comprennent plus rien. Je pense franchement qu'un jour, il faut remettre des règles simples, qu'on ait les mêmes partout et que du coup, on puisse se raconter la même histoire.

1:26:35
Présentateur

Merci messieurs pour vos explications. On finit par l'histoire du jour. L'histoire du jour qui est consacrée à un maire, à un maire qui se raconte en bande dessinée. C'est une lecture la vie d'un maire rural en bande dessinée. Laurent Turpin, maire de Saudemont, village de 420 habitants dans le Pas-de-Calais à côté d'Arras. Il prend la plume et les bulles pour raconter son quotidien. Il est dans son élément. En plus d'être maire, il est journaliste spécialisé en BD. Alors, il raconte ses six années de mandat, les débuts mouvementés, en plus la crise du Covid. Le village est traversé par une coulée de boue. Il y a des conflits de voisinage. Bon, ça, on peut connaître.

Mais aussi, il y a des lourdeurs administratives et des relations qui ne sont pas toujours simples avec l'État. Des moments de doute pour ce maire, mais aussi quand même la satisfaction d'être utile. Le petit maire, c'est le maire avec peu de moyens, dit-il. Un hommage à tous nos élus dévoués. Un maire doit être disponible 24 heures sur 24, raconte-t-il. Le petit maire, Laurent Turpin, est dessiné par Olivier Berlioz aux éditions Les Arènes. Voilà pour cette édition consacrée aux élections municipales. Merci d'y avoir participé. Je rappelle votre livre « Janviard, une France bousculée » aux éditions de l'Aube.

Et puis, merci téléspectateurs d'avoir suivi cette émission et je vous donne rendez-vous dimanche à 19h30 pour la soirée électorale du premier tour des municipales sur le canal 8 de la TLNT, une soirée spéciale. Et puis, le lendemain matin à 7h30 dans cette émission avec Auriane Mancini, le décryptage de tous les résultats. Merci de nous avoir suivis. Très bonne journée et très bon week-end. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé « Bonjour chez vous ». Trouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. Sous-titrage Société Radio-Canada