Violences, inceste : les enfants oubliés ? - C dans l’air - l’invité - 20.11.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 20 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris que l'ONU pointait du doigt la France sur ces manquements graves?
- 2:00RelanceRéponse directe
Pourquoi la justice n'applique pas le principe de précaution?
- 5:00OuverteRéponse directe
Quelles leçons vous avez tirées des dysfonctionnements de l'Aide sociale à l'enfance?
- 8:00OuverteRéponse directe
Quelles leçons avez-vous tirées de l'enquête sur les crèches privées?
- 10:00OuverteRéponse directe
Est-ce que les droits de l'enfant reculent?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00C.RouxChiffre
« 2 à 3 enfants par classe sont victimes d'inceste, 96 % des agresseurs sont des hommes. »
- 5:00A.CanayerChiffre
« 180 000 enfants sont victimes de violences intrafamiliales. »
- 8:00A.CanayerChiffre
« 1 SDF sur 2 provient de l'Aide sociale à l'enfance. »
Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
france.tv access ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue. Je reçois A.Canayer.
Vous êtes ministre déléguée chargée de la Famille et de la Petite Enfance. C'est aujourd'hui la Journée internationale des droits de l'enfant. Vous avez plusieurs dossiers urgents sur votre bureau.
L'ONU pointe du doigt la France. Elle est mise en cause car elle ne protège pas suffisamment les enfants des abus sexuels au sein de la famille et les mères qui tentent de protéger leurs enfants de la prédation sexuelle. Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris que l'ONU pointait du doigt la France sur ces manquements graves? - A.Canayer: J'ai été réaffirmer à Bogota les engagements de la France en matière de lutte contre les violences sexuelles à l'égard des enfants.
Il y a toujours possibilité de faire mieux. On doit aller plus loin sur les lieux de libération de la parole des enfants et d'écoute des enfants. On a encore des choses à faire.
Il y a des mesures en cours. - C.Roux: 2 à 3 enfants par classe sont victimes d'inceste, 96 % des agresseurs sont des hommes.
Je voudrais vous faire écouter cet extrait d'une enquête de franceinfo. Un professeur des écoles condamné pour des images pédopornographiques. Il a interdiction de travailler auprès des mineurs à vie.
Son fils affirme avoir subi des caresses de la part de son père. La mère porte plainte. Le père se bat pour garder le droit de garde.
La voix de la mère a été modifiée. Elle témoignait ce matin. *-Mon ex-mari a été condamné à un an de prison avec sursis avec une interdiction de travailler avec les mineurs à vie.
Cette condamnation protégeait les enfants des autres mais pas les miens. Il a dit spontanément: "Papa est méchant. Il me caresse là où je ne veux pas." J'ai refusé de lui laisser les enfants. - C.Roux: Pourtant, le père, qui a aussi porté plainte, avait obtenu le droit de visite et de garde.
Comment cette situation est possible? - A.Canayer: Ce témoignage est glaçant.
Il ne peut pas nous laisser sans voix et sans réponse. Aujourd'hui, il faut libérer la parole. Cette mère parle pour ses enfants. - C.Roux: Le petit parle. - A.Canayer: En lien avec la Ciivise, nous avons mis en place des actions pour écouter, reconnaître... 180 000 enfants sont victimes de violences intrafamiliales.
Ils parlent, c'est une bonne chose, mais il faut aller plus loin. On a un travail à mener avec la justice. On a eu ce débat au Sénat avec l'ordonnance de sûreté. - C.Roux: Ce que je ne comprends pas...
Pourquoi la justice n'applique pas le principe de précaution? "On protège les autres enfants et pas les miens. " Qu'est-ce qui prévaut dans ce cas? - A.Canayer: Normalement, c'est l'intérêt supérieur de l'enfant.
C'est ce qui doit guider la décision du magistrat. Chaque magistrat prend les décisions dans son cabinet. Nous devons travailler pour faire en sorte qu'il y ait plus de prévention collective et de prise en charge collective, que les magistrats ne soient pas seuls et travaillent avec les départements. - C.Roux: Ca vous met en colère, quand vous voyez que des mères sont sanctionnées pour enlèvement d'enfant pour avoir essayé de protéger leur enfant? - A.Canayer: Je comprends les mères.
Je suis une mère. On est prêtes à tout faire pour protéger nos enfants. Néanmoins, à chaque situation correspond des décisions judiciaires.
C'est toujours très compliqué de globaliser. Mais on doit aller plus loin. Tout le monde travaille en silo.
La justice d'un côté, les départements de l'autre, les travailleurs sociaux...
Nous devons faire en sorte qu'on travaille mieux collectivement, qu'on écoute mieux la parole des victimes et qu'on prenne mieux en charge ce qui se passe. - C.Roux: Que peut faire la ministre?
Le problème, c'est la coordination? On privilégie toujours le fait qu'un père ou une mère conserve un lien avec l'enfant? - A.Canayer: Il y a sûrement un travail à faire et un changement de mentalité, notamment chez les travailleurs sociaux, les magistrats, sur le lien indéfectible biologique et le retour dans la famille.
C'est pour ça qu'il faut qu'on travaille de manière plus coordonnée, qu'on travaille avec les familles et que quand c'est bon pour l'enfant, il y ait une rupture des liens avec sa famille. - C.Roux: Un autre dossier que vous avez eu sur votre bureau.
Des dizaines d'enfants ont été envoyés dans des foyers dans l'Indre par une association qui ne bénéficiait pas d'agrément. Des jeunes ont témoigné de violences très graves, répétées pendant des années. 19 personnes ont été jugées il y a un mois.
Cette affaire a révélé les dysfonctionnements de l'Aide sociale à l'enfance. Quelles leçons vous avez tirées? - A.Canayer: Les témoignages étaient poignants.
Nous connaissons les raisons que l'Aide sociale à l'enfance dysfonctionne. Il y a une hausse des placements. Il y a un manque d'attractivité des métiers.
Il y a un manque de coordination des acteurs. M.Barnier a lancé jeudi dernier la refonte de la protection sociale de l'enfance.
Il faut travailler avec les départements, les associations, l'Education nationale, l'ensemble des acteurs qui portent cette politique. - C.Roux: Mais vous repartez à zéro?
Vous avez ce sentiment sur l'Aide sociale à l'enfance? On a l'impression que ce sont des dossiers qu'on traîne depuis des années. Vous connaissez la proportion de gamins qui sont passés par l'Ase, qui terminent toxicos, prostitués ou dans la rue? - A.Canayer: 1 SDF sur 2 provient de l'Aide sociale à l'enfance.
Ce matin, j'étais avec Céline Greco, qui porte l'action Im'pactes pour mieux accompagner les enfants. On a mis beaucoup de rustines aujourd'hui. On a mis des moyens supplémentaires.
Malgré ça, malgré ces rustines, on n'arrive pas à de meilleurs résultats. - C.Roux: Le dossier des crèches...
Une plainte a été déposée hier par l'Association de lutte contre la corruption Anticor. Elle dénonce des faits d'escroquerie, de détournement de fonds dans le groupe. Le réseau avait été épinglé.
V.Castanet dénonçait le fonctionnement de ces crèches privées. Quelles leçons avez-vous tirées de son enquête? - A.Canayer: Une plainte a été déposée.
Il y a une enquête judiciaire sur le dossier. Nous avons mis en place des contrôles de l'Igas sur les structures. - C.Roux: Il y en avait déjà eu en 2023. - A.Canayer: On va cibler les entreprises privées.
La Maison Bleue fait l'objet d'un rapport. On vérifie que l'argent public mis dans les crèches est bien au bénéfice de la qualité de l'accueil des enfants. On a lancé le chantier de la refonte des financements des établissements d'accueil des jeunes enfants pour éviter ces dérives et pour faire en sorte qu'il y ait un plus grand financement pour la qualité et pas pour des profits personnels. - C.Roux: Un collectif d'une cinquantaine d'associations demande d'ici à la fin de l'année un décret portant le taux d'encadrement dans les crèches de 1 professionnel pour 5 enfants en 2027 contre 6 actuellement. 1 pour 4 en 2030, ça vous paraît faisable?
Crédible? - A.Canayer: Ce sont des choses qui sont en discussion.
Ca va être lié au référentiel sur la qualité de l'accueil des jeunes enfants. Le problème majeur, c'est le taux d'encadrement, mais surtout d'avoir des professionnels. Il y a des structures dans lesquelles le taux d'encadrement n'est pas respecté, faute de professionnels. - C.Roux: Quelles leçons vous tirez?
Rendre le métier attractif? - A.Canayer: Il faut rendre les métiers plus attractifs.
Ca passe par la revalorisation financière, mais pas seulement, par une campagne de communication que nous allons lancer sur les métiers de l'humain, une meilleure sensibilisation auprès des jeunes...
Je rencontre beaucoup de jeunes filles qui ont envie de travailler avec des bébés mais qui ne suivent pas cette voie parce que c'est compliqué, parce que les formations ne sont pas accessibles, parce qu'elles ne trouvent pas les bons lieux de stage. Des mesures que nous devons prendre pour rendre ces métiers plus attractifs, qui sont des métiers de l'engagement et de l'humain. - C.Roux: C'est la Journée internationale des droits de l'enfant. 100 ans après la première déclaration des droits de l'enfant.
Est-ce que les droits de l'enfant reculent? - A.Canayer: Je ne pense pas.
J'ai rencontré pas mal de structures. Un comité a mis en place un collège des enfants de l'Aide sociale à l'enfance. Des présidents de département ont mis des instances d'écoute de la parole des enfants. - C.Roux: Est-ce qu'on sait s'en occuper quand ils parlent? - A.Canayer: Ils ont un avis sur les politiques qui les concernent.
Nous avançons sur cette question. Il reste des choses à faire. Je ne vais pas vous dire que...
Tous les clignotants ne sont pas au vert. On a l'engagement. On espère aller plus loin. - C.Roux: Et du budget, peut-être? - A.Canayer: C'est en cours de discussion.
Agnès Canayer