Autoroutes : les barrières de péage de l'A13 vont disparaitre "dans la première quinzaine de décembre", annonce le directeur général de la Sanef
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France Info
Bonsoir à toutes et à tous et bonsoir à vous Arnaud Kemar.
Bonsoir.
Vous êtes le directeur général de la SANEF, société d'autoroutes concessionnaire des autoroutes autour de Paris et notamment l'A13 et l'A14. L'A14 qui depuis le mois de juin a opéré une petite révolution avec la suppression des barrières de péage. Est-ce que vous êtes en mesure aujourd'hui de nous dresser un premier bilan ?
Oui, alors on a ouvert l'A14, donc on a basculé l'A14 en péage en flux libre, ce qui est une petite, voire une grande révolution dans le monde des autoroutes. On a fait ça le 19 juin dernier et le bilan est plutôt très très positif. En fait, évidemment, c'est un changement qui est très important et c'est un changement très important pour des millions d'usagers puisque c'est plus d'un million, un million et demi de personnes qui ont déjà, au moment où on parle, emprunté l'A14, parfois quotidiennement.
En quoi est-il positif ce bilan ?
Il est positif parce que fondamentalement, on parle de courbe d'apprentissage, c'est un changement qui est très très important et la courbe d'apprentissage, elle est finalement meilleure que prévu.
Ça veut dire que les gens payent ?
Les gens, absolument, les gens payent.
Parce que les automobilistes payent, a posteriori, ils doivent se rendre sur le site internet de la SANEF et ils ont 72 heures pour le faire dans un premier temps.
Oui, alors il y a un peu plus de choses. Si vous avez un badge de télépéage et qu'il est bien fixé sur votre pare-brise, il n'y a rien de change, sauf qu'évidemment, vous ne vous arrêtez plus. Si vous aviez l'habitude de payer en carte bancaire, là, vous pouvez vous payer, vous connecter sur notre site sanef.com et vous avez 72 heures pour payer avec un site qui est relativement fluide et qui se passe très bien. Et si vous souhaitez payer en espèces ou avoir un point de paiement physique, on a fait un partenariat, et ça c'est une innovation, c'est une innovation, on a fait un partenariat avec la France Est des Jeux et donc on peut payer chez les buralistes du réseau NIRIO.
Mais sauf que si vous ne payez pas en temps et en heure, vous risquez quand même une amende et elle est de plus en plus lourde au fur et à mesure que vous attendez pour payer votre amende. Vous dites que les automobilistes ont appris finalement assez vite, ça veut dire que vous avez un qu'ils payent et que deux, ils n'ont pas d'amende, c'est ça ?
Alors, une grande majorité paye, paye spontanément. Alors, on le voit, c'est quelque chose qu'évidemment qu'on suit comme le lait sur le feu. Donc, on voit le paiement progresser très très rapidement. On voit aussi quelque chose qui est très très utile, qui progresse bien, c'est le fait d'associer sa plaque avec sa carte. Puisqu'en fait, lorsque vous payez la première fois sur notre site, on a la possibilité d'associer sa carte bancaire avec sa plaque et finalement, après, tout est parfaitement fluide. Donc là, c'est aussi un mode de paiement qui progresse très bien.
Quel est l'intérêt pour la SANEF d'enlever les barrières d'autoroute Arnaud-Kémar ?
Alors, l'intérêt, il est multiple. Le premier intérêt, c'est du gain de temps. En fait, l'autoroute A13 est A14, puisqu'on va généraliser ce dispositif à l'A13 début décembre.
Est-ce que vous avez une date précise ?
C'est dans la première quinzaine de décembre. Voilà, donc ça doit se fixer, on va fixer ça. Mais dans la première quinzaine de décembre, donc on va convertir tout l'autoroute A13. Et donc, c'est un avantage en termes de temps de parcours, puisqu'on va en gagner jusqu'à une demi-heure entre Paris et Caen. Donc, c'est tout à fait notable. Par ailleurs, il y a un avantage écologique, puisque le fait de s'arrêter et de redémarrer au péage, c'est de la consommation de carburant et c'est des émissions de CO2. Donc, on a calculé que sur une année, ça représenterait 30 000 tonnes de CO2 économisées. Donc, ce n'est pas du tout anecdotique.
Et puis, enfin, ce sont des hectares rendus à la nature, puisqu'on va libérer complètement les espaces qui étaient des emprises des barrières de péage. Et là, c'est 28 hectares qui vont être rendus à la nature dans une période où le zéro artificialisation net est sur le dessus de la table de beaucoup de collectivités. Eh bien, c'est un projet autoroutier qui rend des hectares à la nature.
Mais c'est quand même un coût. Ça représente un coût en termes d'investissement pour la SANEF d'enlever toutes ces barrières de péage.
Absolument. C'est environ 120 millions d'euros d'investissement.
Alors, les concessions arrivent à échéance à partir de 2031 et vous êtes la première société dont le contrat avec l'État arrive à échéance. Ces investissements, est-ce qu'ils sont un argument pour le renouvellement de votre concession ? Ça plaît dans votre faveur, en gros ?
Ça, je n'en sais rien. La fin des concessions, effectivement, on est les premiers à avoir notre concession qui se termine. Donc, c'est le 31 décembre 2031. Moi, je ne connais pas l'avenir des concessions après les concessions. Mais vous investissez. Et on continue à investir et on investira et on investit aussi lourdement dans le fameux bon état d'entretien en fin de concession puisqu'il va falloir rendre l'ensemble des infrastructures en bon état. Alors, elles sont déjà en excellent état. Je cite quelques chiffres. 80% des chaussées du groupe Sadef ont été renouvelées dans les cinq dernières années.
Mais vous espérez, vous, que votre concession soit renouvelée au-delà de 2031 ? Est-ce que vous espérez d'ailleurs obtenir d'autres sociétés, portions d'autoroutes ? J'ai vu que vous l'ordriez, en tout cas, vous le disiez il y a quelque temps, sur une partie de la 1, celle qui est proche de Paris et qui, aujourd'hui, est dans le domaine public.
Alors, oui. Ce que l'on espère surtout, c'est qu'aujourd'hui, on est dans un moment où l'État n'a pas choisi le modèle de gestion des infrastructures autoroutières après la fin des concessions actuelles. Je pense que le modèle concessif a démontré tout son intérêt puisque ça permet d'avoir une infrastructure qui est entièrement financée sur des fonds privés. Puisque je rappelle que les impôts n'ont jamais financé le moindre kilomètre d'autoroutes concédées, donc d'autoroutes à péage. Donc, c'est du financement entièrement privé.
Et d'ailleurs, il y a un rapport sénatorial qui ne plaide pas pour la gratuité qui est tombée il y a quelques jours. Donc, j'imagine que ça, vous êtes plutôt soulagé.
Absolument. Et donc, ce que l'on souhaite, c'est qu'après les concessions, il y ait une nouvelle concession.
Mais différentes ? Différentes ? Peut-être différentes, oui. Peut-être différentes, peut-être. Vous connaissez les critiques envers le système de concession.
Le système concessif, il a plus de 60 ans. Pour les plus vides de concession, il aura pratiquement 75 ans à la fin des concessions. Il a été conçu d'ailleurs avec des contrats où c'était à l'origine l'État avec l'État. L'État concessionnaire avec l'État concédant. Lors de la privatisation qui a eu lieu en 2006, finalement, les contrats ont été peu revus. Le choix qu'a fait l'État, c'est de peu revoir les contrats. Donc, ils sont ce qu'ils sont.
Est-ce qu'ils devraient être différents ? On voit dans ce rapport notamment qu'il devrait y avoir des concessions plus courtes de 15 à 20 ans et qui concernent moins de kilomètres. Est-ce que vous êtes d'accord avec ces préconisations ?
Je suis d'accord avec ça pour deux raisons. Une première raison, c'est qu'il faut avoir des concessions qui sont d'une taille disons raisonnable sans être géante. Donc, voilà, 1000, 1500 kilomètres, ça paraît des choses qui sont raisonnables. Ça fait 8, 9 concessions au total sur le territoire français. La deuxième raison, sur la durée des investissements. Il faut se rappeler qu'en fait, la durée des concessions est liée au montant d'investissement. Les concessions aujourd'hui sont très très longues parce qu'il a fallu construire l'ensemble du réseau autoroutier. Donc, c'est 10 000 kilomètres d'autoroutes.
Force est de constater qu'il n'y a pas 10 000 kilomètres d'autoroutes supplémentaires à réaliser. Néanmoins, il reste des investissements à faire. Je pense à deux choses. La décarbonation du transport de marchandises. Vous voyez, vous mettez sur le bord de la 1, c'est une de nos autoroutes, vous voyez le nombre de camions qui passent. S'il faut distribuer l'énergie pour l'équivalent d'énergie en camions électriques, vous imaginez la quantité.
Mais vous êtes d'accord pour avoir des concessions de durée plus courte ?
De durée plus courte, absolument.
Il faut que ce soit quand même intéressant pour vous, pour la SANEF, pour qu'elle puisse y retourner. On a compris que vous étiez quand même intéressé pour reprendre, continuer les concessions que vous avez et pour d'autres aussi. Merci beaucoup Arnaud Kemard, directeur général de la SANEF. Vous étiez l'invité éco de France Info ce soir.