Axelle Fanyo, un chant lyrique en dialogue avec le public
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Questions et réponses
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- 0:36OuverteRéponse directe
Comment vous définiriez le timbre de votre voix de soprano ?
- 2:32OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous avez d'ores et déjà prévu de jouer ?
- 3:19OuverteRéponse directe
Comment vous opérez dans ces cas-là ?
- 4:18OuverteRéponse directe
Comment l'opéra est-il venu à vous ?
- 5:49OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous bouleverse ce temps, Axel Fagno, dans ce timbre et ce chant de Jessie Norman ?
- 7:17OuverteRéponse directe
Chanter dans le répertoire allemand, ça va ?
Temps de parole
- Présentateur53 %
- Invité47 %
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France Culture Les matins d'été, Julie Gacon Il y a tant de mots possibles pour décrire la voix d'un chanteur ou en l'occurrence d'une chanteuse. Une voix peut être juvénile, plaintive, abîmée, flûtée. Une voix peut être provocante, acidulée, pneumatique. Elle peut être nasillarde, comme si la chanteuse avait des chaussures trop serrées. Ça, c'était la méchanceté d'Issol Waters quand elle parlait de Billie Holiday. L'écrivaine Danielle Robert l'évoquait, elle, comme d'une pluie d'étoiles, « Un cri retenu, un sanglot réprimé ». Bonjour Axel Fagnot. Bonjour. Merci d'être avec nous. Comment vous définiriez le timbre de votre voix de soprano ?
Alors, je ne vais pas être aussi poétique que ce que je viens d'entendre, mais je dirais que j'ai une voix assez... Oui, je dirais qu'elle est teintée d'un clair-obscur quand même. Il y a vraiment cette notion de lumière et en même temps de son. Elle est sombre. Je dirais qu'elle est ronde. Je dirais qu'elle est puissante. Et je dirais qu'elle interpelle. Souvent, elle interpelle, elle marque, elle questionne.
Les critiques en parlent de votre voix comme d'ondulation, d'une ligne flamboyante orientée vers le ciel ou salue encore une voix longue, puissante et consolante. Ça, c'est le sito lyrics consacré à l'actualité de l'opéra. Première loge parle de vos aigus, agiles et aériens. Axel Fagno, vous interprétez ici le chant de cabaret « Amor » du compositeur étatsunien William Bolcolm, accompagné que vous êtes du pianiste Kuna Lahiri qui part avec vous d'ailleurs après-demain à Chamonix pour le Chamonix Valley Classics, le festival Chamonix Valley Classics. Qu'est-ce que vous avez d'ores et déjà prévu de jouer ?
Eh bien, exactement ce que vous venez d'entendre, « Amor » entre autres et d'autres cabaret songs de William Bolcolm. Nous avons aussi beaucoup de courtes viales parce que le programme s'appelle « In the mood for viales ». Et donc, il y a au moins, je pense, quatre titres de courtes viales. Nous avons du Poulenc, nous avons du Debussy, c'est un beau melting pot entre la mélodie française, le lead allemand et les cabaret songs américains et allemands.
Si j'ai bien compris, vous allez de toute façon jouer courtes viales, donc ce compositeur d'origine allemande que les nazis qualifiaient de dégénéré, mais en alternance avec d'autres compositeurs. Et pour ça, vous allez demander l'approbation ou pas du public.
Comment vous opérez dans ces cas-là ? Alors, c'est un concept un peu particulier qu'on a tenté une seule fois jusque-là avec mon partenaire Kunal, où en fait, on joue à l'applaudimètre. Et donc, l'idée, c'est qu'on fait un premier test avec le public en leur disant, par exemple, choisissez entre vacances à la plage ou vacances à la montagne. Donc, à la plage, applaudissez. À la plage, et à l'applaudimètre, celui qui paraît le plus fort gagne. Et donc, on va faire pareil avec soit une mélodie de viales, soit une autre mélodie du programme à différents endroits du programme.
Donc, l'idée, c'est d'attiser la curiosité en proposant des interprètes moins connus ou moins joués, parler à un public qui mêlera nécessairement, comme dans tous les festivals, des fins connaisseurs et un public plus jeune et moins aguerri. Un opéra qui se joue dans toutes les oreilles. Ça fait écho à votre propre parcours. Axel Fagno, vous avez 38 ans. Comment l'opéra... 37 ! Oh, pardon ! Excusez-moi ! Grosse méprise ! Un an de trop !
Comment l'opéra est-il venu à vous ? Comment l'opéra est venu à moi ? C'est une très bonne question. Je pense que l'opéra est venu à moi déjà par ma mère, et je la remercierai toute ma vie, qui savait qu'il fallait que je m'exprime à travers la musique, parce qu'apparemment, quand j'étais enfant, j'étais une comédie musicale vivante. À vous dites ça ! Je ne m'exprimais qu'en chantant. Et donc, elle a su qu'il fallait que je fasse de la musique, et elle m'a inscrite au conservatoire. Pas en chant, mais au violon. Et donc, forcément, quand on fait des études musicales classiques, on entend parler de l'opéra. Et aussi, grâce à l'école, qui nous avait emmenés voir des ballets et des opéras.
Je me souviens, j'avais eu la chance d'avoir ce programme-là à l'école. Et j'avais tout de suite été fascinée par cet art total sur scène, de voir des gens exprimer toutes les émotions, et en chantant, je trouvais ça magnifique.
Et vous tombez un jour aussi sur la voix de Jessie Norman, grande soprano états-unienne. Jessie Norman, qui chante pour le bicentenaire de la Révolution, c'était en 1989, une Archivina. Qu'est-ce qui vous bouleverse ce temps, Axel Fagno, dans ce timbre et ce chant de Jessie Norman ?
Jessie Norman avait une réelle, une intensité dans son expressivité, dans son chant assez rare. Et oui, cette voix me bouleverse. Mais je pense qu'au-delà de la voix, c'était ce qu'elle représentait, c'est-à-dire une chanteuse noire. Et étant moi-même noire, je ne pensais pas que ça existait. Et je ne savais pas que c'était permis pour nous de pouvoir même imaginer être chanteuse d'opéra et de la voir.
Il y avait Barbara Hendrix, il y avait Jessie Norman, bien sûr.
Oui, mais moi, dans mon petit monde où je grandissais, je ne savais pas. À Saint-Denis, les chanteurs d'opéra, pour moi, étaient blancs. Et donc, quand j'ai vu cette vidéo, je me souviens très bien sur YouTube que je suis tombée dessus, je me suis dit, waouh, c'est incroyable. En plus, comme Byzantin de la Révolution, 89, l'année de ma naissance d'ailleurs. Et vraiment, je me suis dit, mais c'est incroyable, il y a un signe, il y a quelque chose, ça a été une épiphanie. Je me suis dit, ok, elle peut le faire, peut-être que moi aussi.
Donc, vous avez une vingtaine d'années quand vous commencez le chant. Vous faites vos études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Vous intégrez par la suite le Song Studio de la grande soprano américaine, René Fleming, dont vous êtes resté proche. Vous avez aussi joué dans de grandes salles européennes, le Wiener Volksopper à Vienne, pour les contes d'Hoffmann, l'opéra de Jacques Offenbach, où vous avez joué le rôle d'Antonia. L'opéra est en français, mais en langue allemande. Cette fois, vous avez joué Ariane, dans Ariane et Naxos de Richard Strauss, mis en scène par David Hermann, et je parlais de cet opéra-là.
On n'a pas trouvé de captation sonore pour vous faire entendre, mais chanter dans le répertoire allemand, ça va ?
Parce que Pavarotti disait qu'il en était à Capame, par exemple. Ça a été un travail immense. Mais en fait, l'allemand est une langue très, très confortable. Étrangement pour nous français, parce que bon, voilà. Mais vraiment très confortable. La seule difficulté, c'est que c'est une langue que vraiment je ne parlais pas et comprenais à peine. Donc ça a demandé énormément de travail pour la mémorisation, parce que nous, on chante par cœur, il faut mémoriser un opéra entier. Donc voilà, ça a été un vrai travail, mais ça a été passionnant et une vraie révélation pour ma voix.
Ça demande des compétences particulières, des locutions, des compétences vocales aussi, paraît-il, ce que j'ignorais totalement. Jesse Norman aussi a déjà chanté Strauss. Pas un opéra, je crois, mais une de ses filles. Oui, bien sûr.
Elle a chanté ce rôle d'ailleurs. Ariane d'Ariane Anaxos, oui, bien sûr, et d'autres de Wagner.
C'est-ci. Ariane qui a juré fidélité à un seul homme. Quels sont, Axel Fagnou, vos projets futurs à vous ?
Alors moi, à la rentrée, je vais démarrer une production de Tosca, l'English National Opera à Londres, où je vais chanter le rôle titre Tosca. Et ensuite, j'ai aussi le rôle d'Anna, donc le rôle principal dans l'Evili de Puccini à l'Opéra d'Avignon. Et aussi Iphigénie Antoride, où je vais chanter Iphigénie. Iphigénie Antoride de Gluck à l'Opéra de Rome.
Puccini, du bel canto, du beau chant, avec cette intention, le vérisme, je crois qu'on appelle ça, d'être au plus près de la réalité. Vous aimez incarner aussi vos rôles. Merci Axel Fagnou. Et bon voyage jusqu'à Chamonix, où vous chanterez après demain, mercredi, accompagné du pianiste Kunal Laheri au festival Chamonix Valley Classics. Merci d'avoir été avec nous.
Merci à vous.