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InterviewRMC (sur YouTube)· 14 décembre 2023 20 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesImmigration & asileTravail & emploiSanté

L'interview politique intégrale de Bruno Le Maire sur RMC

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 10 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteÉludée

    Qui galère ? Est-ce qu'il n'y a pas un problème en France ?

  • 1:03RelanceRéponse partielle

    Vous nous en avez souvent parlé, est-ce que ça a vraiment changé ?

  • 2:29OuverteRéponse directe

    Les Français galèrent, les profits des assureurs montent, pourquoi les tarifs augmentent ?

  • 4:49OuverteRéponse partielle

    Le chèque carburant, c'est un échec ?

  • 5:48RelanceRéponse directe

    Vous dites que le dispositif n'est pas automatique, mais Olivier Véran a dit l'inverse ?

  • 7:26FerméeRéponse directe

    À partir de combien le litre enclenche le système ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:17PrésentateurFait
    « l'inflation, depuis deux ans, elle tire sur tout le monde »
  • 0:41PrésentateurPromesse
    « Un des objectifs décisifs pour moi du début de l'année, c'est le projet de loi sur la simplification »
  • 1:12PrésentateurFait
    « On a fait une loi qui a bien fonctionné, la loi Pacte »
  • 1:27PrésentateurChiffre
    « La prime Macron, c'est un plébiscite »
  • 2:49AuditeurChiffre
    « AXA annonce plus 5 à 6 % des tarifs »
  • 3:07AuditeurChiffre
    « ils ont fait des bénéfices nets de 6,7 milliards l'an dernier »
  • 3:47PrésentateurFait
    « les assureurs ont tenu la parole qu'ils m'avaient donnée. C'est-à-dire que les tarifs n'ont pas augmenté de plus que l'inflation »
  • 4:58PrésentateurPromesse
    « Nous mettons en place à partir du 1er janvier 2024 une indemnité »
  • 7:31PrésentateurFait
    « La dernière fois, on a enclenché le système lorsque le prix du litre approchait les 2 euros »
  • 10:28PrésentateurFait
    « C'est un échec parlementaire, c'est un échec collectif »
  • 10:58PrésentateurFait
    « L'immigration déstabilise tous les gouvernements en Europe »
  • 12:15PrésentateurFait
    « Il y a un seul texte qui a été adopté par les représentants du peuple français, c'est le texte du Sénat »
  • 13:54PrésentateurFait
    « ma position est une position de fermeté »
  • 16:58PrésentateurPromesse
    « J'ai proposé qu'on abonde ce compte personnel de formation pour tous les jeunes qui accepteraient d'aller travailler dans les métiers en tension »
  • 18:38PrésentateurPromesse
    « Je souhaite que par sens des responsabilités, cette franchise puisse passer de 50 centimes à un euro »

Temps de parole

  • Présentateur77 %
  • Auditeur23 %

4,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Auditeur

qui galère ? Est-ce qu'il n'y a pas un problème en France ?

0:03
Présentateur

Vous avez des entreprises qui réussissent, tant mieux, parce que derrière, vous avez des centaines de milliers de salariés qui travaillent dans ces entreprises du CAC 40. Et puis, vous avez une situation économique qui, effectivement, est difficile, reste difficile pour beaucoup de nos compatriotes, parce que l'inflation, depuis deux ans, elle tire sur tout le monde, elle tire sur les ménages, elle tire sur les familles, en particulier l'inflation alimentaire.

Tout notre objectif, maintenant que nous sortons de cette crise inflationniste, va être justement de relancer l'activité des entreprises pour qu'elles puissent avoir toutes, pas simplement les entreprises du CAC 40, mais les PME, les TPE, une meilleure situation et donc de meilleurs salaires pour ceux qui y travaillent.

Un des objectifs décisifs pour moi du début de l'année, c'est le projet de loi sur la simplification, pour que ce ne soit pas que les entreprises du CAC 40 qui tirent leur épingle du jeu, mais toutes les entreprises, les TPE, les PME, les indépendants, tous ceux qui n'en peuvent plus de la paperasse, des complications administratives, qui disent « Je ne peux pas bosser tranquille, simplifiez-moi la vie, et je créerai des emplois. » C'est à elle que je vais m'adresser en priorité début 2024.

1:03
Auditeur

Mais ça, pour le coup, j'ai l'impression que vous nous en avez déjà souvent parlé. Et j'ai même l'impression qu'Emmanuel Macron, un des premiers, avait dit « Il faut arrêter d'emmerder les Français pour paraphraser Georges Pompidou. » Ça fait un bout de temps que vous le savez.

1:12
Présentateur

On a fait des choses. On a fait une loi qui a bien fonctionné, la loi Pacte, avec un certain nombre de dispositions de simplification. On a simplifié, par exemple, les seuils pour les petites entreprises. C'était trop compliqué. On a pris des dispositions sur l'intéressement, la participation, les primes défiscalisées. La prime Macron, c'est un plébiscite. Ça marche remarquablement bien. C'est une incitation pour se dire « Maintenant, 5 ans plus tard, on va redonner… » On fait le deuxième étage de la fusée ? On fait un deuxième étage et croyez-moi, cet étage de la fusée, on va mettre des boosters très puissants.

1:40
Auditeur

Lesquels ?

1:40
Présentateur

Je ne veux pas qu'il y ait des explications comme « Ça a déjà été fait » ou « Ça va être trop difficile ». Tous les obstacles qui sont déjà en train de se multiplier pour me dire « C'est trop compliqué, vous allez heurter telle profession, vous allez heurter tel intérêt particulier », je souhaite que nous puissions les écarter pour qu'un patron de PME, un patron de TPE, un indépendant se dise « Enfin, je respire ». C'est ça l'objectif. Enfin, je respire.

2:04
Auditeur

Ce sera clair, ce sera net, ce sera puissant.

2:05
Présentateur

En tout cas, je mettrai de la clarté, de la puissance et une détermination totale parce que, étant engagé en politique depuis maintenant de nombreuses années, je vois à quel point cette accumulation de normes, de paperasses et de règles désespère ceux qui veulent créer de l'activité dans notre pays.

2:21
Auditeur

Alors ça, en tout cas, ça ne coûte pas cher. C'est-à-dire, justement, s'impliquer...

2:24
Présentateur

C'est un des mérites aussi, ça ne coûte rien. Ça ne vous coûterait rien. Et ça rapporte beaucoup en termes d'activité.

2:29
Auditeur

Mais Bruno Le Maire, pendant ce temps-là, je le disais, les Français galèrent et il y a un problème aussi entre les profits d'un côté et les augmentations de tarifs de l'autre. Avant de rentrer dans la question des négociations aussi industrielles, mais aussi de la loi immigration, un mot sur les assurances. Elles ont annoncé qu'elles allaient augmenter leurs tarifs et pourtant, elles ont des profits records. Elles préviennent notamment d'une augmentation de 5 à 6 % en moyenne sur les tarifs de l'assurance habitation. Ici même, début novembre, vous aviez dit « je ne laisserai pas faire, je serai extrêmement vigilant ».

AXA annonce plus 5 à 6 % des tarifs et dans le même temps, ils ont fait des bénéfices nets de 6,7 milliards l'an dernier. Et au premier semestre, le seul premier semestre 2023, ils ont fait 3,8 milliards d'euros de bénéfices. Est-ce normal de demander plus 6 % aux Français ?

3:18
Présentateur

Je pense qu'il n'a échappé à personne, que l'année 2023 a été marquée par une succession de calamités, d'épisodes de sécheresse. Vous avez 11 millions d'habitations qui sont victimes du phénomène de retrait, gonflement, argile, donc qui perdent de leur valeur. Vous avez des difficultés sur le trait de côte. Vous avez des phénomènes de sécheresse qui sont absolument calamiteux partout désormais en France. Ça renchérit de coûts de l'assurance. Ce que je constate, c'est qu'en 2023, les assureurs ont tenu la parole qu'ils m'avaient donnée. C'est-à-dire que les tarifs n'ont pas augmenté de plus que l'inflation. Et j'ai veillé à ce que leur parole soit respectée.

3:53
Auditeur

Et le fait qu'ils se rattrapent cette année ? Je ne vais pas vous dire ce matin,

3:56
Présentateur

nous veillerons là aussi à ce que les augmentations soient raisonnables, mais je ne vais pas vous dire ce matin qu'il y a une multiplication des catastrophes climatiques qui ont un coût vertigineux. Mais je vais vous garantir, moi, que je vais stopper les primes d'assurance. Parce que ce serait un mensonge et que je préfère dire la vérité. Le vrai sujet maintenant, c'est, un, faire jouer la concurrence. C'est-à-dire que si on n'est pas satisfait de sa prime d'assurance, on peut désormais en changer très rapidement. Ça fait partie des mesures de simplification que nous avons mises en place. Et j'invite tout le monde à faire jouer la concurrence en matière de primes d'assurance.

Et ensuite, il faut qu'on regarde sur le long terme comment est-ce qu'on peut assurer des risques qui ne sont plus des risques probables, mais des risques certains. C'est la mission que nous avons lancée avec Christophe Béchut, dont nous attendons les réponses d'ici quelques jours, que je présenterai début janvier. Il faut qu'on réfléchisse à l'avenir de l'assurance dans un monde où le changement climatique crée tant de dégâts, maintenant, toutes les semaines et tous les jours.

4:49
Auditeur

Carburant, vous aviez dit l'échec, c'est fini. Puis finalement, non ?

4:52
Présentateur

L'échec, c'est fini, je le confirme. Je n'ai qu'une parole. Donc quand je dis que l'échec, c'est fini, l'échec, c'est fini. Nous mettons en place à partir du 1er janvier 2024 une indemnité. Ce n'est pas exactement la même chose. C'est-à-dire un dispositif... Ça, ça va quand même le chèque carburant, non ? Non, ce n'est pas un chèque carburant.

5:05
Auditeur

Olivier Véran, il a dit le chèque carburant va être élargi à 1,6 million de français supplémentaires.

5:10
Présentateur

Il n'y a pas de chèque carburant. Il y a depuis des années un chèque sur l'énergie qui aide les plus modestes à payer leur facture énergétique. C'est juste, c'est nécessaire. Et ça, on continue. Il n'y a pas de raison qu'on n'aide pas les plus modestes à se chauffer et à s'éclairer. Ça fait partie des biens de première nécessité. Et par ailleurs, nous mettons en place au 1er janvier 2024, comme ça a été le cas l'année dernière, une indemnité carburant pour les travailleurs. C'est-à-dire pour tous ceux qui, si jamais les prix du carburant devaient exploser, ne pourraient plus se rendre sur le travail parce que le plein serait trop cher.

J'ai été élu 15 ans d'une circonscription rurale dans l'heure. Je peux vous garantir que j'en ai vu des travailleurs qui me disaient je ne peux pas aller bosser, le plein coûte trop cher.

5:47
Auditeur

On est d'accord, mais je voudrais être très précise là-dessus. Vous dites si le carburant venait à augmenter, il se trouve qu'il baisse. Au moment où on se parle, le 100.95 est à 1,76 euros le litre en moyenne en France. Et par ailleurs, vous dites les chèques c'est fini. Mais si j'ai bien écouté Olivier Véran, lui il dit l'inverse, il dit que ça va être élargi à 1,6 million de Français supplémentaires.

6:08
Présentateur

Nous nous disons la même chose. Nous mettons en place un dispositif. Mais on ne va pas déclencher le dispositif au moment où le prix du carburant... Vous ne voulez pas l'appeler chèque ? Non, pas du tout. Parce qu'un chèque c'est automatique. Ça voudrait dire qu'au 1er janvier, le trésor public envoie un chèque à des millions de Français. Ce ne sera pas le cas. Je préfère là aussi être très honnête. Non. Parce que tant que les prix du carburant restent à des niveaux qui sont raisonnables, aujourd'hui on a 1,76 euros, 1,78 euros.

6:33
Auditeur

Ah donc ce ne sera envoyé que si le carburant monte ?

6:36
Présentateur

Ce ne sera pas envoyé. Il faut en faire la demande. Et c'est un dispositif de protection quand les prix du carburant explosent. Ce n'est pas un dispositif qu'on met en place à n'importe quel moment. Ah non, mais c'est très intéressant ce que vous dites.

6:48
Auditeur

Mais je n'avais pas du tout compris ça comme ça. Parce qu'Olivier Véran n'avait pas parlé des conditions éventuellement de travail. Mais Olivier Véran a précisé qu'elles étaient... Mais il n'avait pas parlé des conditions de tarifs. Bien sûr.

6:58
Présentateur

Mais nous disons la même chose. Olivier Véran a précisé le nombre de personnes qui sont éligibles. On a effectivement décidé que les classes moyennes, c'est le choix que nous avons fait avec la Première Ministre, que les classes moyennes seraient éligibles. Donc on passe de D5 à D6. Ça veut dire concrètement 1380 euros de net mensuel. Ça, c'est le cinquième décile. Ils avaient droit déjà à réclamer cette indemnité si les prix du carburant explosaient. Ça valait désormais jusqu'à près de 1600 euros de net mensuel pour une personne seule.

7:24
Auditeur

Et à partir de combien le litre ? Est-ce que vous enclenchez ce système ?

7:27
Présentateur

La dernière fois, on a enclenché le système lorsque le prix du litre approchait les 2 euros. Pour moi, c'est la cote d'alerte pour que les personnes puissent payer leur plein d'essence et se rendent sur le travail. Je rappelle que quasiment 90% des bénéficiaires venaient des zones rurales, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture pour aller travailler. Donc si demain, au mois de février, au mois de mars, il y a une crise...

7:46
Auditeur

Donc ça veut dire qu'au 1er janvier, si le carburant est toujours... Non mais attendez, il faut comprendre les choses.

7:52
Présentateur

Si au 1er janvier, le carburant est toujours à 1,7 euros, eh bien il n'y aura pas de dispositif.

7:56
Auditeur

Il n'y aura pas de dispositif de chèque carburant.

7:58
Présentateur

C'est toute la différence. Je le redis, ça n'est pas un chèque. C'est une indemnité, c'est une protection. Une protection de l'État pour que ceux qui vont travailler, si jamais les prix du carburant explosent, puissent continuer à y travailler.

Si demain, ce que je ne souhaite pas, bien entendu, vous avez une crise qui s'aggrave au Proche-Orient, que les prix du pétrole explosent, et que par conséquent, vous avez des prix à la pompe qui approchent les 2 euros, je déclencherai le dispositif d'indemnité carburant travailleur et chacune des personnes éligibles avec les normes que j'ai fixées, que je viens de présenter ce matin, pourra aller demander à la direction des finances publiques d'avoir cette indemnité de 100 euros par véhicule assurée. Voilà exactement ce que nous mettons en place.

8:41
Auditeur

Brûle le maire, ça veut dire quoi ? 1,95 euros ? Quand vous dites approcher les 2 euros.

8:44
Présentateur

Approcher les 2 euros, ça peut être 1,95 euros, 1,96 euros. Vous savez, on voit très bien quand le prix du carburant atteint une cote d'alerte et que les gens vous disent, les travailleurs vous disent, désolé, on ne peut plus aller travailler. La dernière fois, nous l'avons mis en place lorsque les carburants ont atteint 1,95 euros. Ça me paraît un seuil raisonnable.

Si en février, en mars ou même plus tard, vous avez des prix du carburant qui atteignent ces niveaux-là, qui sont insupportables pour les gens, insupportables pour ceux qui vont travailler et insupportables en particulier pour les gens qui sont dans les zones rurales, dans ce cas-là, immédiatement, nous mettrons en place ce dispositif de protection et ceux qui travaillent pourront aller continuer à travailler sans avoir la boule au ventre parce qu'ils vont faire des plaints qui sont trop chers.

9:25
Auditeur

Il y en a un qui vous a bien eu quand même, c'est total.

9:26
Présentateur

Mais au total, à maintenir son...

9:28
Auditeur

Oui, ils ont dit, non, non, mais nous, on va s'engager si ça dépasse 2 euros. Ça ne leur a pas coûté très cher.

9:34
Présentateur

Mais on verra. Qu'est-ce qui compte ? Ce n'est pas d'inciter les gens à continuer à utiliser des énergies fossiles, à continuer à utiliser du pétrole. Ce qui compte, c'est de protéger ceux qui travaillent pour qu'il n'ait pas l'impossibilité de prendre leur véhicule parce que le prix du litre d'essence est trop cher. C'est un dispositif de protection, il est responsable pour les finances publiques et il est efficace pour ceux qui travaillent, en particulier dans les zones ouvrages.

9:59
Auditeur

La loi immigration a donc été rejetée par une majorité des députés et on peut continuer comme si de rien n'était ?

10:06
Présentateur

Mais elle n'a pas été rejetée. Ce qui a été rejeté, c'est l'examen. Et aujourd'hui, il faut poursuivre dans la voie de la discussion, de la négociation pour parvenir à un texte de loi. Je voudrais juste qu'on reprend un tout petit peu de distance et qu'on sort...

10:19
Auditeur

Politiquement, je veux dire, vous êtes un de ceux au gouvernement qui a le plus d'expérience politique. Vous avez même été candidat à la présidentielle. C'est une crise majeure ?

10:27
Présentateur

Absolument pas. Non, c'est un échec parlementaire, c'est un échec collectif. Et je pense qu'il faut que nous en prenions tous notre part. Mais c'est un échec parlementaire, c'est pas une crise politique. Gardons notre sang-froid. Oui, il y a eu, il y a quelques jours maintenant, un échec politique, collectif, à l'Assemblée nationale. Ça ne fait pas une crise politique. En revanche, si on prend un tout petit peu de distance par rapport à l'agitation de l'Assemblée nationale, regardons la réalité du problème. L'immigration déstabilise tous les gouvernements en Europe. C'est vrai en Grande-Bretagne, c'est vrai en Italie, c'est vrai également en France.

Tout simplement parce que les citoyens européens demandent légitimement de la fermeté en matière migratoire. La fermeté, ce n'est pas la stigmatisation de l'étranger. La fermeté, c'est le contrôle des frontières. Et c'est l'assurance que lorsqu'une personne est en situation irrégulière sur le territoire, elle quitte effectivement et rapidement le territoire national. Le projet de loi qui a été présenté par Gérald Darmanin est un bon projet de loi, qui permet justement de garantir cette fermeté qu'attendent tous nos compatriotes. Et nos compatriotes, je le remarque, plébiscitent les mesures du projet de loi.

11:39
Auditeur

Ce que reproche à ce projet de loi votre ancienne famille politique, les Républicains, c'est d'avoir à la fois cette fermeté, mais d'avoir aussi gardé une sorte de porte d'entrée dans l'immigration illégale, qui serait cette fameuse régularisation des travailleurs sans papier. Est-ce que vous, ministre de l'économie, vous estimez qu'il faut malgré tout maintenir cette disposition, au risque de ne pas obtenir les accords de la droite, ou est-ce que vous vous dites que l'économie peut fonctionner aujourd'hui sans cette immigration illégale ?

12:09
Présentateur

Ce que je constate, c'est qu'elle est maintenue dans le texte de loi qui va maintenant servir de base de négociation. Il y a un seul texte qui a été adopté par les représentants du peuple français, c'est le texte du Sénat. Donc nous allons partir, comme Gérald Darmanin et la Première Ministre le font, partir du texte du Sénat, qui me paraît une bonne base de négociation. Vous ne l'aviez pas gardée directe ? Parce qu'il y a des demandes qui sont légitimes de la part de la majorité, des demandes que j'appuie, qui sont portées par la Première Ministre, qui sont portées par Gérald Darmanin.

12:37
Auditeur

Mais c'est ça qui est en échec, c'est ce ayant en même temps qui est en échec, non ?

12:39
Présentateur

Ce n'est pas en même temps du tout. Les demandes qui sont portées, et j'espère que les Républicains sauront faire preuve d'ouverture d'esprit, de sens des responsabilités, pour comprendre que les demandes de la majorité sont des demandes raisonnables. Quand on dit qu'il faut garder une aide médicale d'État, oui, il faut garder une aide médicale d'État. Ça me paraît évident que dans l'intérêt national...

12:58
Auditeur

Je pense qu'il est important de garder une aide médicale d'État

13:04
Présentateur

qui soit évidemment circonscrite, mais qui permette d'éviter tout simplement la propagation de maladies dans notre territoire. C'est l'intérêt général. Je pense que sur les prestations sociales, il faut que le texte du Sénat puisse évoluer. Et je suis convaincu que les Républicains seront prêts à faire évoluer cela. Donc si on tient compte des demandes légitimes et responsables, qui ont été formulées par Gérald Darmanin, par la Première Ministre, au nom de la majorité tout entière, et j'appuie cette position-là, qui est une position de responsabilité sur la base du texte du Sénat qui a été adopté et qui comporte des mesures de régularisation, nous devons pouvoir trouver un accord.

13:36
Auditeur

Mais je vous repose la question, Bruno Le Maire. Vous êtes ministre de l'Économie. Est-ce que vous estimez que l'économie française peut se passer de cette main-d'œuvre étrangère ou est-ce qu'au contraire, il faut maintenir une forme de régularisation des métiers en tension ?

13:51
Présentateur

Vous avez deux choses qui sont très différentes. D'abord, moi, ma position est une position de fermeté. Je l'ai dit depuis un an. J'ai dit que le sens de ce texte de loi était très simple. Donc pas de régularisation ? C'était la fermeté et la fermeté.

14:03
Auditeur

Donc pas de régularisation ?

14:04
Présentateur

La fermeté, ce n'est pas manquer de bon sens ou d'humanité. Donc vous avez des gens...

14:09
Auditeur

En fait, vous vous retrouvez dans la même situation du même temps. C'est-à-dire que vous dites fermeté mais régularisation.

14:13
Présentateur

Mais la fermeté, ça n'est pas être totalement sourd au bon sens et ça n'est pas manquer de sens des responsabilités. Vous avez des gens qui travaillent dans des restaurants, dans des hôtels, qui ont leur famille qui est déjà installée en France, qui respectent nos valeurs, qui parlent parfaitement nos langues, qui respectent tous nos codes, qui respectent la société française et qui même aiment la France. À cela, il faut les régulariser. Il faut les régulariser en faisant attention à ce que ce soit bien au cas par cas, bien contrôlé. C'est le point d'équilibre que nous devons pouvoir trouver.

Et puis il y a une autre question mais qui est très différente, qui est de savoir si face à la pénurie de main-d'œuvre qu'il y a dans un certain nombre de secteurs, les services à la personne, l'hôtellerie, la restauration, nous faisons appel à une main-d'œuvre étrangère où nous essayons de former et de qualifier nos propres jeunes sur notre territoire. Pour moi, la réponse est très claire. Il ne faut pas faire appel à une main-d'œuvre étrangère. Je note au passage que c'est pourtant ce qu'a fait Mme Mélanie en Italie. Il faut former et qualifier les jeunes qui aujourd'hui n'ont pas d'emploi et qui doivent pouvoir...

15:10
Auditeur

Donc si je comprends bien, ceux qui sont déjà là, qui travaillent depuis un bon bout de temps, qui sont, comme le disent les chefs cuisiniers, dans nos cuisines, est-ce que ceux-là, on les régularise ? Mais en revanche, on ne prend pas de nouveaux travailleurs étrangers. Donc on régularise ceux qui sont déjà dans les jobs, mais les jobs qu'on ouvre à d'autres, on ne doit prendre en priorité que des gens qui sont déjà là et qui ont la nationalité française.

15:36
Présentateur

C'est un très bon résumé, mais je vais vous dire, c'est une question... C'est une question, mais c'est deux choses qui sont très différentes. Ceux qui sont là, oui, les prochains jobs, non. Je pense que c'est important de distinguer les choses et c'est important aussi d'être honnête avec soi-même.

Quand vous discutez avec un cuisinier dans un restaurant, un serveur ou une personne qui peut vous aider quotidiennement ou aider des personnes âgées, que vous entendez avec elle, que vous savez une fois encore qu'elle respecte nos valeurs, notre langue, notre histoire, qu'elle est parfaitement intégrée et que dans le secret des discussions, vous dites, dans le fond, vous auriez votre place en France. Je ne vais pas venir ensuite sur un plateau de télévision.

16:10
Auditeur

Oui, mais ça pourrait être le cas à nouveau d'autres qui arriveraient dans un an, Je ne vais pas venir ensuite sur un plateau de télévision

16:14
Présentateur

où vous dire que cette personne-là ne mérite pas ses papiers. Qui s'intègrerait aussi très bien. Elle doit être régularisée. C'est une affaire de justice et d'humanité. Pour autant, je le redis, nous avons aujourd'hui des centaines de milliers d'emplois qui ne sont pas pourvus. Là, il y a un vrai choix politique à faire. Est-ce que nous faisons comme Mme Mélanie, qui vient de décider en Italie d'ouvrir tout grand ses frontières parce qu'elle a un besoin impératif d'un certain nombre de personnes, notamment dans les aides à domicile et les soins à domicile, ou est-ce que nous formons et nous qualifions pour que ce soit nos propres jeunes qui occupent ces emplois ?

Ma réponse, elle est très claire. Ce qui se passe en Italie doit être un message d'alerte pour que nous formions, nous qualifions nos jeunes sur les métiers qui sont en tension. On n'arrive pas à trouver les personnes. J'ai même fait une proposition très concrète. J'ai dit que vous avez un compte personnel de formation. J'ai proposé qu'on abonde ce compte personnel de formation pour tous les jeunes qui accepteraient d'aller travailler dans les métiers en tension. Allons chercher ceux qui n'ont pas d'emploi dans notre pays. C'est ça la priorité absolue.

Et pour terminer sur ce sujet immigration, je tiens à dire que si nous sommes capables, sur la base de ce texte du Sénat, de faire preuve de sens des responsabilités, nous devons et nous pouvons trouver un accord et un compromis sur ce texte de loi immigration. Il n'y a pas un de nos compatriotes, pas un qui comprendrait qu'en raison de jeu politicien, nous ne soyons pas capables de nous mettre d'accord sur un texte de loi qui rétablit la fermeté en matière de contrôle des flux migratoires.

17:40
Auditeur

Vous le savez mieux que personne, vos anciens camarades d'LR ne veulent pas de cette régularisation.

17:47
Présentateur

Mais ils ont, j'ai un point de désaccord avec vous, le texte sorti du Sénat, où les Républicains sont majoritaires.

17:54
Auditeur

Ils ont transformé l'article 3 en article 4 bis.

17:56
Présentateur

Qui sont portés par le président du groupe, qui je pense c'est faire preuve de sens des responsabilités, Bruno Rotaillot. ont adopté un article dit 4 bis, qui prévoit justement des régularisations. La seule question c'est de savoir comment est-ce qu'on opère ces régularisations. Moi je ne suis pas chargé du sujet, je ne suis pas ministre de l'Intérieur. Charles Darmanin fait remarquablement son travail. C'est dans la négociation conduite par la Première Ministre et le ministre du Travail que nous devons pouvoir trouver un accord sur les modalités de cette régularisation.

18:24
Auditeur

Dernière question Bruno Le Maire sur la franchise médicale. Il a été évoqué l'idée que cette franchise soit augmentée. en gros qu'on commence à mettre de notre poche un peu plus à partir du 1er janvier quand on achète des médicaments. Est-ce que vous le confirmez ce matin ?

18:35
Présentateur

Chacun connaît ma position. Je souhaite que par sens des responsabilités, cette franchise puisse passer de 50 centimes à un euro. Elle n'a pas bougé depuis 2008. Ce qui est une incitation à être responsable sur notre consommation de médicaments. Mais je souhaite dans le même temps que le plafond à 50 euros pour tous ceux qui consomment beaucoup de médicaments parce qu'ils sont en infection longue durée, qu'ils n'ont absolument pas le choix, qu'ils ont besoin de ces médicaments, ce plafond à 50 euros soit maintenu.

18:59
Auditeur

Et puisqu'il me reste 30 secondes, le leasing de la voiture à 100 euros électrique avant Noël, vraiment ?

19:04
Présentateur

Oui, oui, avant Noël.

19:05
Auditeur

Avant Noël, avant Noël, il y en aura qui seront... Je souhaite qu'avant Noël, on puisse ouvrir... ...à remplir une feuille sur Internet.

19:10
Présentateur

Vous aurez des précisions dans les jours prochains. Les personnes sont au volant d'une voiture à 100 euros. Non, mais on pourra... Non, parce que c'est malheureusement entre la commande et l'arrivée du véhicule, le véhicule électrique ne sera pas sous le sapin. Mais en tout cas, nous faisons vraiment le maximum pour que le dispositif puisse être prêt d'ici la fin de l'année. C'est très attendu. Ça permet d'accélérer la décarbonation de nos véhicules et ça permet de donner à chacun accès à un véhicule électrique, un tarif raisonnable.

19:33
Auditeur

Donc il reste deux semaines, mais c'est bon, ce sera fait.

19:35
Présentateur

Oui, mais vu notre rythme de travail, deux semaines, c'est long.

19:37
Auditeur

Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, merci d'être...

L'interview politique intégrale de Bruno Le Maire sur RMC · Pourquijevote