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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 9 janvier 2018 16 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiSolidarités & familleInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Alexis Corbière : "Emmanuel Macron met en place des choses qui brutalisent le pays"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Comme hier, on vous souhaite quoi pour vous, pour la France Insoumise en 2018 ?

  • 1:32OuverteRéponse directe

    Et hors année électorale, donc 2018, que ça continue, ça veut dire quoi ?

  • 2:51RelanceRéponse partielle

    Vous dénoncez fort Alexis Corbière, que ce soit à l'Assemblée nationale, que ce soit à ce micro ce matin. Est-ce que vous pensez, vous n'êtes pas un syndicat, mais comme force politique, avoir malgré tout un effet d'entraînement sur la société française ?

  • 4:37OuverteRéponse directe

    Ma question, y a-t-il des formes nouvelles d'opposition ?

  • 6:23RelanceRéponse directe

    Alors, parlons-en donc de ces ruptures conventionnelles collectives. Pimki hier, PSA aujourd'hui, Peugeot Citroën, peut-être Carrefour, disait Marc Fauvel dans le journal de 8 heures. Est-ce que cette nouvelle modalité de rupture est pour vous du licenciement rebaptisé et qui ne dit pas son nom ?

  • 9:17RelanceÉludée

    Je vous repose la question, parce que vous l'avez dit à deux reprises. Il y a eu 2017, une année très importante qui a vu un certain nombre de partis historiques disparaître, de formes classiques de la démocratie, être affaibli et muté. C'est ce qui attend les syndicats aujourd'hui. Vous avez dit à deux reprises qu'ils étaient très faibles, et qu'il fallait...

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46Locuteur 1Chiffre
    « 7 millions de voix, 19,5%, un groupe parlementaire qui aurait cru que nous en soyons capables. »
  • 1:50Locuteur 1Fait
    « qu'il a la capacité, avec une large majorité à l'Assemblée nationale, de mettre en place des choses qui, selon moi, brutalisent la réalité, l'aspiration profonde du pays. »
  • 2:18Locuteur 1Fait
    « Depuis le 1er janvier, les ruptures de conventions collectives, c'est là. »
  • 2:24Locuteur 1Fait
    « Et les soi-disant ordonnances qui vont créer des emplois commencent par des plans de licenciement. »
  • 2:28Locuteur 1Fait
    « Est-ce que c'est ça que veulent les Français ? Est-ce qu'on veut être licenciés plus facilement, précarisés plus facilement ? »
  • 2:42Locuteur 1Fait
    « C'est des licenciements, l'ubérisation de la société, et c'est le retour au 19e siècle. »
  • 7:01Locuteur 1Fait
    « Mais il n'y avait pas minimum, il fallait que l'inspection du travail soit d'accord. »
  • 7:41Locuteur 1Chiffre
    « Mais enfin, des gens qui sont en difficulté, ça peut foutre la trouille. Si on vous dit, soit, je prends l'exemple de Pinky, on va voir ce qui va se passer dans la discussion, mais soit c'est 200 emplois qui s'en vont, et je ne sais plus combien de magasins qui ferment. »
  • 9:02Locuteur 1Fait
    « dans lequel les dividendes reversés aux actionnaires n'ont jamais été aussi importants »
  • 12:47Locuteur 1Fait
    « moi, je suis inquiet de ce qu'a annoncé le président de la République sur ces histoires de loi anti-fake news »
  • 13:43Locuteur 1Fait
    « Vous savez, le 17 février 1852 dans le décret organique signé par Louis-Napoléon Bonaparte il y avait déjà le fait que ça s'appelait les fausses nouvelles vous voyez, on ne parlait pas en anglais et devait être sanctionné. »

Temps de parole

  • Locuteur 181 %
  • Locuteur 219 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

8h21, France Inter, le 7-9, Nicolas Demorand. L'invité de France Inter jusqu'à 9h et député de la France Insoumise de la Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière, bonjour. Bonjour. Et merci d'être au micro de France Inter.

0:16
Alexis Corbière

Merci à vous, bonne année à tous.

0:17
Présentateur

Mais oui, bonne année. Comme hier, on vous souhaite quoi pour vous, pour la France Insoumise en 2018 ?

0:22
Alexis Corbière

Que ça continue. Je crois qu'on a quand même été... L'année 2017 a été une année incroyable. Pour ceux qui... Je parle sur le plan politique, il y a eu après beaucoup d'événements, mais il y a des forces politiques qui ont structuré la vie pendant des années. Je pense aux partis socialistes, la droite traditionnelle, qui ont été fortement impactées par ce qui est sorti des urnes. Et des choses nouvelles ont émergé. En marche, notamment, le mouvement de M. Macron, mais aussi la France Insoumise. 7 millions de voix, 19,5%, un groupe parlementaire qui aurait cru que nous en soyons capables. Même nous, je veux dire qu'on se battait, on avait beau...

Je me souviens, quand il y a deux ans, avec Jean-Luc Mélenchon, on avait commencé à réfléchir à la campagne présidentielle. Il m'avait dit que ça allait se jouer autour de 20%. Et je n'ose pas répéter que ça s'est passé à peu de voix près, parce qu'on se moque de nous à l'arrivée. Mais il est vrai qu'il y a quatre candidats... Ça, il faut que ça s'assassent en 2018. Non, non, mais moi, je veux bien... Non, mais quand je dis ça, je ne sais pas pour refaire le match. Mais c'est pour dire à tout le monde qu'il y a quatre candidats, franchement, qui étaient... Où ça aurait pu... Voilà, le scénario que nous soyons au second tour, etc., n'est pas un scénario fou.

Et moi, je me bats, et ce que nous a appris Jean-Luc Mélenchon, je dis parce que, pour moi, qui milite depuis longtemps avec lui, c'est que nous sommes une force en capacité, du moins à vocation majoritaire. Voilà, et là, le fait qu'on soit député, qu'on fasse ce boulot, nous permet de continuer à démontrer ça.

1:32
Présentateur

Et hors année électorale, donc 2018, que ça continue, ça veut dire quoi ? Ça peut vouloir dire quoi ? Mais jouer notre rôle... Parce que vous n'avez pas trouvé la prise encore... Oui, bah écoutez, d'accord. ...par rapport au gouvernement et à la présidence.

1:45
Alexis Corbière

C'est la Vème République. La Vème République fait que le Président de la République, actuellement, s'appelle Emmanuel Macron, qu'il a la capacité, avec une large majorité à l'Assemblée nationale, de mettre en place des choses qui, selon moi, brutalisent la réalité, l'aspiration profonde du pays. Moi, le pays que j'ai vu pendant deux ans de campagne électorale est un pays qui garde la passion de l'égalité, de la justice sociale et qui ne se retrouve pas rassasié par ce qui a été mis en place. Alors, c'est vrai qu'il y a un caractère un peu rapide qui fait que peut-être beaucoup de gens, à un moment donné, se sont dit, on va voir, on va peut-être laisser sa chance au produit.

Mais désormais, on rentre dans le dur, si je peux me permettre l'expression. Depuis le 1er janvier, les ruptures de conventions collectives, c'est là. Et les soi-disant ordonnances qui vont créer des emplois commencent par des plans de licenciement. Je pense à Pinky, je pense à PSA qui va arriver. Est-ce que c'est ça que veulent les Français ? Est-ce qu'on veut être licenciés plus facilement, précarisés plus facilement ? On va y venir. Bon, est-ce que c'est ça qu'on veut ? Je ne crois pas. Vous savez, M. Macron a beau sourire et être un jeune visage, mais derrière ce sourire et cette jeunesse, en vérité, c'est un monde vieux et assez peu souriant.

C'est des licenciements, l'ubérisation de la société, et c'est le retour au 19e siècle. Moi, je ne suis pas d'accord, je continuerai à le dire, vous m'inviterez, je le dirai, et les Français jugeront

2:50
Présentateur

quand on leur donnera la possibilité de le faire. Vous dénoncez fort Alexis Corbière, que ce soit à l'Assemblée nationale, que ce soit à ce micro ce matin. Est-ce que vous pensez, vous n'êtes pas un syndicat, mais comme force politique, avoir malgré tout un effet d'entraînement sur la société française ? C'est le moins qu'on puisse dire. Non mais, pour contester la politique que vous venez de critiquer, Jean-Luc Mélenchon disait il y a quelques semaines, quelques mois, nous attendons les jeunes, il faut que les jeunes se mobilisent pour que le pays se mette en mouvement, ça n'est toujours pas le cas.

3:19
Alexis Corbière

Oui, mais écoutez, vous, vous vous battez pour faire plus d'audience, et il y a des moments, il y a des jours, vous vous dites, on pourrait faire mieux. Voilà, pardon, vous en faites beaucoup, vous êtes les premiers ? Bon, mais voilà, donc je vais prendre l'exemple sur vous. Non mais je veux dire, dans la vie... Les enjeux sont plus importants là. Non, non, mais ce que je veux dire par là, c'est que vous ne pouvez pas, Nicolas Demont, j'entends votre question, mais en permanence dire, on n'a pas encore vu le résultat d'observer quand même. D'abord, vous savez, ce qu'il faut, c'est la question politique, et d'abord une question idéologique et culturelle. Continuer à diffuser nos idées.

L'idée qu'il faut sortir du système productiviste qui fout en l'air la planète. L'idée qu'on peut partager les richesses. L'idée qu'il faut défendre une certaine conception du service public contre ceux qui voudraient privatiser, etc. Toutes ces idées-là qui se... Elles infusent et vous continuez à défendre. Exactement, donc on va faire ce boulot. Moi, j'ai eu l'honneur de devenir parlementaire. Vous savez, j'ai des conditions matérielles qui se sont améliorées, etc. Donc, être à la hauteur de ça, de cette confiance qui m'a été donnée, c'est faire ce travail-là. Et je le ferai durant le temps de ce mandat. Voilà. À l'arrivée, on verra le résultat.

Mais j'ai été élu pour ça, je ne mentirai pas. Je n'ai pas été élu pour expliquer qu'alors que je me suis fait élire, comme un opposant à M. Macron, en disant non à la classe du travail, que demain, je vais dire finalement que c'est formidable. Donc, je fais ce travail et on verra le résultat. Nous avons fait... C'est pour ça que j'ai commencé par début. Nous avons fait émerger, à l'occasion de cette élection présidentielle, et je ne laisserai pas le banaliser. Ou alors, c'est dommage. Une force politique nouvelle. 7 millions de voix. On nous avait dit, Mélenchon, il divise, il est tout seul, etc.

4:37
Présentateur

Ma question, y a-t-il des formes nouvelles d'opposition ? C'est ça ma question. Je le souhaite. Parce que là, elle est parlementaire pour l'instant.

4:44
Alexis Corbière

Mais évidemment qu'il y a des forces nouvelles d'opposition. La France insoumise est une forme nouvelle d'opposition. Quelque chose que vous, même comme moi, on n'a pas vraiment l'habitude. Un mouvement comme ça, Jean-Luc avait dit, un peu gazeux, qui utilise beaucoup des réseaux sociaux, dans lequel il y a une grande liberté d'initiative pour des groupes d'appui, qui fait d'abord et avant tout un travail à vocation idéologique, etc. Et qui se veut être quelque chose de rassemblement. Bon, c'est quelque chose qui est nouveau, qui se nourrit de choses qui ont eu lieu précédemment.

Je pense à l'expérience de nuit debout, tout en étant pas du tout la même chose, mais un petit peu, qui remplit le rôle dans beaucoup d'endroits. On parlait des organisations syndicales qu'il faut respecter, qu'il faut saluer, mais qui n'existent plus dans beaucoup d'endroits. Idem pour des organisations de jeunesse qui n'existent quasiment plus. Nous faisons ce travail-là. Ça ne veut pas dire qu'on se substitue, mais qu'on regarde la France de 2018 telle qu'elle est aujourd'hui.

Par exemple, nous prévoyons, là, à la rentrée, de la diffusion de tracts sur les lycées, nos jeunes militants, pour expliquer qu'aujourd'hui, quand même, il y a des mesures de sélection à l'entrée de l'université qui se mettent en œuvre, qui ne vont pas dans le bon sens. Moi, je suis d'une génération, j'ai 49 ans, peut-être qu'on a à peu près le même âge, qui a connu et qui a été brûlé par la politique dans un mouvement contre le projet de loi de Vaquet, qui mettait en place la sélection à l'université. Plus d'un million de jeunes dans la rue. Ça m'a marqué à vie, ça a fait de moi le militant que je suis.

Bon, je crois que les mêmes raisons, la jeunesse de 1986, de novembre et décembre 1986, qui ne voulait pas de la sélection à l'université, elle résonne avec cette jeunesse d'aujourd'hui. Mais il faut aider à ce que, parce qu'il y a eu sans doute moins d'organisations syndicales, politiques, etc., à ce que ce travail-là, d'abord de pédagogie, soit fait. Nous le ferons et puis on analysera ensemble. Vous savez, il faut garder toujours... Il faut être positif. Moi, je suis positif. La vie est belle. On peut faire mieux. Et je dis à tout le monde, écoutez, faites-vous une opinion

6:21
Présentateur

et puis vous verrez, vous jugerez. Alors, parlons-en donc de ces ruptures conventionnelles collectives. Pimki hier, PSA Peugeot Citroën aujourd'hui, peut-être Carrefour, disait Marc Fauvel dans le journal de 8 heures. Est-ce que cette nouvelle modalité de rupture est pour vous du licenciement rebaptisé et qui ne dit pas son nom ?

6:45
Alexis Corbière

Oui, même ça dit son nom. Il ne faut pas s'étonner. Quand vous vendez des armes, il ne faut pas s'étonner qu'un jour les gens les utilisent. Quand vous mettez en place un dispositif qui facilite le licenciement, les licenciements sont plus faciles. Point final. C'est volontaire. Oui, mais attendez, c'est volontaire, on va voir. Mais ça permet, jusque-là, attendez, premièrement, vous le savez ici, on pouvait licencier. Avant, ce n'était pas interdit. Mais il n'y avait pas minimum, il fallait que l'inspection du travail soit d'accord. Vous aviez obligation dans des groupes qui font des profits. Parce que là, on parle de groupes qui font des profits. D'accord ?

Que vous avez comme obligation de reclasser, de faire sur la formation, y compris l'inspection du travail pour vous dire, attendez, vous êtes bénéficiaire en tel et tel secteur, vous ne pouvez pas. Là, on facilite encore plus. Vous avez moins de comptes à rendre. D'accord ? Alors, c'est vrai, on en parle peut-être en lien avec ce qu'on vient de dire. Il y a sans doute aussi des boîtes où, parfois, la faiblesse, où les rapports de force entre salariés et patronat sont un peu difficiles. Moi, j'invite d'ailleurs les représentants des salariés de ces boîtes à refuser ça. Mais on va voir.

Peut-être qu'il peut y avoir une menace, un chantage au chômage, dans un pays où il y a 6 millions, en vérité, de chômeurs, même si les chiffres officiels sont un peu moins, mais enfin, des gens qui sont en difficulté, ça peut foutre la trouille. Si on vous dit, soit, je prends l'exemple de Pinky, on va voir ce qui va se passer dans la discussion, mais soit c'est 200 emplois qui s'en vont, et je ne sais plus combien de magasins qui ferment, si vous n'êtes pas content, ça va être plus, on va délocaliser, etc. On verra le résultat.

7:57
Présentateur

Donc, le caractère volontaire, puisque c'est la collectivisation d'une procédure qui était individuelle avant, la rupture, la rupture conventionnelle.

8:05
Alexis Corbière

Oui, mais jusque-là, quand vous faisiez un licenciement collectif, un PSE, vous aviez obligation... Ce n'est pas le même dispositif. Oui, mais j'entends bien, c'est plus facile. Vous avez la possibilité, je vais licencier 200 personnes qui, jusque-là, étaient en contrat à durée indéterminée, et je peux demain en réembaucher 50 que je vais choisir là-dedans et les embaucher sous des statuts différents ?

Qu'est-ce que l'intérêt général, la collectivité, il gagne au fait qu'on licencie plus facilement, que ça va coûter moins cher, qu'il y a moins d'obligations de reclassement, que vous avez la possibilité de transformer, de réembaucher des gens qui avaient un certain type d'ancienneté et qui avaient obtenu un certain statut, de les réembaucher éventuellement sur des statuts plus précaires. Je dis à tous, à quoi ça sert qu'on soit, que de plus en plus de gens soient en situation de précarité ? Ça coûte cher, ça fait mal, c'est pas bien pour la société, c'est pas ça que moi je veux. Vous me disiez, qu'est-ce que je souhaite pour 2018 ? Je souhaite un monde moins brutal.

Je n'accepte pas cette injustice. Ça ne fait pas du bien, ça amène à ce que vous avez une société de plus en plus en tension, et avec tous les effets que ça peut produire. Dans un pays, par ailleurs, dans lequel les dividendes reversés aux actionnaires n'ont jamais été aussi importants, parce qu'on ne parle pas de TPE, PME, que des petits patrons et des problèmes, c'est une chose. Et là, on parle de Pinky, on parle de grandes boîtes qui reversent des parts importantes de dividendes à leurs actionnaires. Donc, vous voyez, cette logique du tout-profit, moi, m'insupporte surtout quand elle coûte cher socialement.

9:17
Présentateur

Je vous repose la question, parce que vous l'avez dit à deux reprises. Il y a eu 2017, une année très importante qui a vu un certain nombre de partis historiques disparaître, de formes classiques de la démocratie, être affaibli et muté. C'est ce qui attend les syndicats aujourd'hui. Vous avez dit à deux reprises qu'ils étaient très faibles, et qu'il fallait...

9:36
Alexis Corbière

Je n'ai pas dit qu'ils étaient... Non, non, non, ne me faites pas dire. Non, moi, premièrement... Que vous alliez peut-être mobiliser vous-même... Non, non, mais Nicolas Dome, on va... Là aussi, c'est un point... Intellectuellement, c'est un point intéressant, me semble-t-il. Bien sûr, il faut des syndicats forts. Et moi, vous savez... Mais est-ce qu'ils mutent, comme les partis ? Oui, mais comme tout le monde, évidemment. De toute façon, aujourd'hui, dans une... La précarité, la généralisation de la précarité dont je viens de parler, amène à ce que les syndicats doivent de plus en plus se porter, et ils le font pour certains, vers ces travailleurs ultra précaires, et être...

Bon, ça pose toute une série de difficultés. Donc, les syndicats, ils mutent. Vous savez, ce qu'il faut saluer, c'est ces femmes, ces hommes de terrain qui font un travail extraordinaire, etc. Il faut des syndicats forts, indiscutablement. Moi, je ne critiquerai pas le travail syndical, il faut des syndicats plus puissants. Par contre, je pense qu'il y a des moments, notamment vu la violence, selon moi, là, c'est une analyse de la France insoumise, du coup, qui a été portée contre le Code du travail, ça aurait dû amener une riposte plus unitaire de la part des directions syndicales.

J'observe d'ailleurs, tiens, je vais lancer, anti-salut amical, que même la CFDT, qui était assez accompagnante du dispositif d'ordonnance sur le Code du travail, s'indigne localement chez Pinky en disant là, ça va trop loin, ils sont inquiets. Vous voyez, donc, les syndicalistes de terrain, y compris CFDT ou autres, ou AFO, quel que soit ce que peut-être parfois les directions syndicales ont dit, voient bien que ce n'est pas bon. Voilà, et ça, c'est bien.

Donc, il faudra qu'il y ait une riposte, une mobilisation syndicale, mais ça ne veut pas dire un peu, là, je ne veux pas être trop technique, mais à France Inter, on connaît ça, au nom de la Chardamien, vous savez, cette histoire en France très particulière de la naissance du politique avec des mouvements syndicaux qui existaient déjà, d'une espèce de... On ne se parle pas, totalement indépendant, et en gros, quand il s'agit de protester sur le terrain social, c'est le syndicat et le parti ne vient pas, et le parti, il fait sa besogne de son côté, et non, ça, c'est bête. Moi, je crois qu'aujourd'hui, il faut réfléchir à des choses qui embrassent plus largement.

Il y a des fronts nouveaux à constituer, parce qu'il y a des bagarres qui se situent sur le même terrain de la riposte idéologique, culturelle à apporter face à un rouleau compresseur.

11:28
Présentateur

Est-ce que vous travaillez vraiment là-dessus, à la France Insoumise ? On a trouvé, bien sûr, mais on a rencontré... Non, mais outre le dialogue, quand vous dites la séparation des deux qu'aujourd'hui est dépassée... Mais on a appelé. À part appeler, est-ce que vous travaillez

11:40
Alexis Corbière

à des formes communes ? Oui, oui, on discute avec des organisations syndicales, mais voilà, alors après, il y a encore ce que j'évoquais tout à l'heure, de la part des directions syndicales, et je peux l'entendre, parce qu'elles ne veulent pas être des courants de transmission des partis politiques, une forme de méfiance, je l'entends, mais sachez que même à une époque où on disait que Mélenchon et Martinez ne se parlaient pas, on a rencontré Philippe Martinez qui était venu, rencontré des groupes parlementaires, on discute, etc. Mais je crois qu'il faut aller vers ça, le fait qu'on puisse se mobiliser tous ensemble pour faire reculer un gouvernement qui met des mauvais coups.

Voilà, bon, après...

12:12
Présentateur

Allez, une question sur les voeux de Jean-Luc Mélenchon, il y avait beaucoup de choses, notamment sur les fake news, j'ai lu un communiqué de Jean-Luc Mélenchon...

12:22
Alexis Corbière

Le fait d'Emmanuel Macron est la réponse de Jean-Luc Mélenchon. Voilà, excusez-moi, oui. Mais parce que je vous trouve... Je ne suis pas encore président de la République.

12:27
Présentateur

Bien entendu, mais en revanche, je vous trouve très macronien sur un sujet, mais alors vraiment... Je vous promets de me soigner. C'est la critique de l'audiovisuel public. Alors là, vous vous retrouvez, la République en marche, la France insoumise, c'est joie, bonheur et amour. Expliquez-nous pourquoi.

12:43
Alexis Corbière

Alors, il y a deux sujets. Non, parce que vous m'avancez. Premièrement, moi, je suis inquiet de ce qu'a annoncé le président de la République sur ces histoires de loi anti-fake news, de quoi il parle, parce que j'espère que... Voilà, il y a quand même un petit problème, quoi. Qui va décider ce qu'est une fake news ou pas ? Deuxièmement, il y a des dispositifs... Oui, mais il y a des dispositifs qui existent. L'article 27 de la loi 1881 sur la liberté de la presse interdit de diffuser des fausses nouvelles. Il y a aussi l'article L147 ou je ne sais plus du code électoral qui interdit quelqu'un à l'occasion d'une élection de diffuser des fausses nouvelles. Donc ça existe. Bon, d'accord ?

Là, il y a une question d'échelle. Oui, mais c'est quoi ? C'est que lui, il dit en période... Enfin, le président de la République dit en période électorale qu'il faut que le juge puisse aller rapidement. Enfin, ça pose un problème. Imaginez un ministre du budget où un journal dit qu'il a un compte en Suisse. Et le type devant l'Assemblée nationale dit c'est une fausse nouvelle, c'est faux, les yeux dans les yeux. Bon, fake news ou pas fake news ? D'accord ? Mais on a cet aperçu. Le juge ! Oui, mais le juge, comment il tranche rapidement ?

Si le même ministre dit voilà, je me présente aux élections et on est à trois semaines d'un résultat, le juge, il n'ira pas plus loin que les enquêtes journalistiques. Donc tout ça, c'est du pipeau. C'est une vieille affaire. Vous savez, le 17 février 1852 dans le décret organique signé par Louis-Napoléon Bonaparte il y avait déjà le fait que ça s'appelait les fausses nouvelles vous voyez, on ne parlait pas en anglais et devait être sanctionné. Depuis toujours, c'est une vieille affaire et ça a annoncé après le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte. Il faut se méfier de cette affaire. Il y a déjà des dispositifs Lego qui existent et je me méfie de ça.

Une fois qu'on a dit ça, il faut défendre le service public audiovisuel. Évidemment, il faut défendre votre maison qui est soumise à des situations parfois assez dédicates ont dû à des réductions budgétaires. Mais on a le droit aussi, cher Nicolas Demand parce que moi, je suis un amoureux aussi du service public audiovisuel et notamment de cette radio. C'est pour ça que je suis toujours un peu ému quand je viens parce que c'est la radio qu'il y en a tous nos radios un peu nomadeleines.

Mais ce que je veux dire, il faut accepter aussi l'idée quand nous proposons un conseil de déontologie des journalistes que le citoyen ait aussi des instances dans lesquelles il peut faire entendre une critique lorsque certaines émissions ne lui ont pas plu. Je le dis notamment à côté de Léa Salamé. On doit pouvoir... Léa Salamé a fait son travail. Vous parliez d'audience tout à l'heure, Alexis Corbière. Ce qui est formidable,

14:45
Présentateur

c'est que les gens votent avec leurs pieds et leurs oreilles. Ils n'aiment pas, ils trouvent que c'est de mauvaise qualité, ils n'écoutent pas et ils s'en vont. Oui, mais quand il s'agit du service public... Il y a un juge de paix, mais quand il s'agit du service public,

14:57
Alexis Corbière

quand il s'agit du service public, on doit pouvoir avoir une exigence particulière et pas seulement dire si vous n'êtes pas content, vous ne regardez pas ou vous n'écoutez pas. On doit pouvoir, après bien entendu, les producteurs... Si nous faisons mal notre travail. Oui, d'accord, mais après, les réalisateurs, les missions, les producteurs doivent aussi se défendre. Mais il faut qu'il y ait une instance qui existe où on puisse faire entendre des requêtes. Non, mais le CSA, ce n'est pas sa mission, ce n'est pas vrai. Ça n'est pas vrai. Il ne faut pas avoir peur de ce conseil de déontologie que nous proposons.

Jean-Luc Lanchon a fait une pétition, 177 000 signataires, on peut la signer, ceux qui nous écoutent. Ça peut être un outil citoyen plus intéressant. Ce n'est pas, comment dire, une instance de censure. Franchement, la censure, elle est plutôt à crainte du côté d'Emmanuel Macron qui d'abord dire ça avec le sourire et faire un peu la leçon d'ailleurs à tous les journalistes avec un ton que personnellement je serais un professionnel de journalisme que je n'aurais pas apprécié. Celui de Jean-Luc Mélenchon, il est parfois, comment dire, le ton de Jean-Luc Mélenchon

15:46
Présentateur

à l'égard des journalistes,

15:48
Alexis Corbière

il n'y a pas le sourire. D'accord, mais ce que je veux dire, premièrement, s'il était président de la République, peut-être qu'il utiliserait un ton différent, mais Jean-Luc Mélenchon aussi, il subit nombre d'attaques et il y a parfois un temps un petit peu plus coulant vis-à-vis de notre actuel président de la République.

16:02
Présentateur

Allez, il est 8h37 et on est très très en retard mais la conversation est très intéressante et on vous retrouve juste après la revue de presse de Claude Ascolovic.

Alexis Corbière : "Emmanuel Macron met en place des choses qui brutalisent le pays" — Alexis Corbière · Pourquijevote