Gabriel Attal occupe l'espace politique - reportage #cdanslair 28.08.2023
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
À quelques jours de la rentrée, le chef de l'État affiche une priorité.
L'école est devenue un sujet régalien. C'est dans les salles de classe que se murmure la France et que s'apprennent nos valeurs.
L'école, mais surtout la laïcité. Avec ce chiffre qui est remonté jusqu'à l'Élysée, 4710 signalements pour atteinte à la laïcité sur l'année 2022-2023, le double de l'année dernière. Ce matin, en conférence de presse, le nouveau ministre de l'Éducation, Gabriel Attal, donne le ton.
Ces derniers mois, nous le savons, les atteintes à la laïcité se sont considérablement accrues, avec notamment le port de tenues religieuses comme les abayas ou les camis. Nous devons faire bloc et nous allons faire bloc. Faire bloc, c'est être clair. Et j'ai eu l'occasion de le dire. L'abaya n'a pas sa place dans nos écoles.
L'abaya, sujet de toutes les crispations. Ce long vêtement féminin qui couvre l'ensemble du corps n'est pas mentionné dans la loi de 2004 sur le port de signes religieux ostensibles à l'école. Devant certains établissements scolaires, des élèves retirent ainsi leur voile à l'entrée, mais gardent leur robe traditionnelle.
Moi, personnellement, j'ai jamais vraiment été embêtée par rapport à ça.
Tu pouvais le porter ?
Oui, ça va. Moi, je pouvais le porter. J'ai jamais changé de tenue. On m'a pas pris la tête par rapport à ça.
Un phénomène relayé par la presse. Le Parisien y consacre ça une début juin. Un effet de mode aussi. Sur les réseaux sociaux comme TikTok, des influenceuses consacrent des vidéos entières à l'abaya, montrent comment la porter et parfois même comment l'accessoiriser pour aller à l'école. Son doux 23 ans est suivi par 130 000 abonnés. Et elle ne comprend pas bien la polémique autour du vêtement.
C'est un vêtement qui nous permet de nous protéger des regards sexualisants de certaines personnes. Et c'est aussi une manière de garder le pouvoir sur notre propre corps. C'est vrai qu'il y a beaucoup de femmes musulmanes qui aiment porter la abaya, tout simplement parce que c'est en accord avec notre religion, mais c'est pas religieux. C'est juste une robe longue et on la porte parce que c'est en accord avec nos valeurs et on veut porter nos valeurs, mais ça n'a rien de religieux.
La communauté éducative de son côté presse le gouvernement d'agir. En octobre dernier, après plusieurs mois de silence, Papendia évoque un danger pour la laïcité.
Le fameux phénomène des abaya et nous avons également constaté ce phénomène à la rentrée. Cela peut être en effet sous-tendu par des agitateurs professionnels qui ne veulent ni de bien à l'école, ni de bien à la République. Nous ne sommes pas naïfs là-dessus.
Quelques semaines plus tard, une circulaire est publiée pour éclaircir cette zone grise.
Même s'il ne s'agit pas d'une tenue religieuse par nature, le port d'un vêtement peut revêtir un caractère religieux éventuel. Par exemple, abaya, bandana, jupe longue, bien qu'il faille apprécier cette utilisation au regard du comportement de l'élève.
Une formule encore trop imprécise aux yeux des établissements scolaires. Le gouvernement a donc fini par trancher. A droite, on applaudit la mesure.
Le communautarisme est une lèpre qui menace la République. Je salue la décision du ministre de l'Éducation nationale qui nous donne raison.
A gauche, on dénonce justement un virage à droite.
La proposition de Gabriel Attal est anticonstitutionnelle, contraire au principe fondateur de la laïcité. À peine rentrée, la Macronie tente déjà de prendre le RN par la droite.
Reste désormais au gouvernement à se pencher sur les modalités de l'interdiction. Principal enjeu de cet exercice d'équilibriste, définir l'abaya dans les textes, afin d'éviter tout recours administratif. Sous-titrage Société Radio-Canada
Gabriel Attal