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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 29 juin 2026 47 minContradictoireActualité / polémiqueSantéJusticeEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

JEAN-PHILIPPE TANGUY : « La surmortalité est absolument insupportable ! » (BFM)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 28 %Attaque 60 %Défensif 12 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:48FerméeRéponse partielle

    Est-ce que ça vous rassure ?

  • 2:04RelanceÉludée

    Où est passé l'argent de cette journée de solidarité, c'est ça ?

  • 3:01OuverteRéponse directe

    Comment vous jugez la gestion de cet épisode par le gouvernement ? Vous vous dites que c'est un fiasco ?

  • 4:01OuverteRéponse directe

    Comment vous jugez la gestion de cet épisode par le gouvernement ?

  • 4:59OuverteRéponse directe

    Est-ce que pour vous, ça suffit pour affronter une potentielle prochaine canicule ?

  • 5:15OuverteRéponse directe

    Est-ce que pour vous, ça suffit pour affronter une potentielle prochaine canicule ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36PrésentateurChiffre
    « 1000 décès de plus que la normale depuis mercredi. »
  • 3:41Invité politiqueChiffre
    « 70 milliards qui ont été consacrés à cela. »
  • 5:00InvitéChiffre
    « La ministre de la Santé a expliqué avoir débloqué une enveloppe de 100 millions d'euros, notamment 30 000 climatisateurs pour les hôpitaux. »
  • 13:01Invité politiqueChiffre
    « Sur le premier mandat, le plan d'urgence du premier mandat, scolaire et les crèches, les hôpitaux, les EHPAD. Et cela représente entre 8 et 10 milliards d'euros. »
  • 14:36Invité politiqueChiffre
    « C'est entre 5 à 8 milliards pour l'ensemble des bâtiments de la fonction publique et des collectivités territoriales. »
  • 16:15Invité politiqueChiffre
    « C'est un dispositif de prêt vert à 20 milliards d'euros par an, dont le remboursement est gagé sur les économies réalisées ou le confort réalisé. »
  • 16:56Invité politiqueChiffre
    « C'est un plan de 10 à 20 milliards d'euros sur 10 ans pour faire une clim à 20 euros par mois pour les Français. »
  • 20:55Invité politiqueChiffre
    « Combien ont produit d'électricité ? 545 TWh en 2024. »
  • 21:10Invité politiqueChiffre
    « En France, en 2007, on avait 75% de nucléaire, entre 10 et 15% d'hydroélectricité. »
  • 22:20Invité politiqueFait
    « L'éolien s'arrête. Pourquoi ? C'est de la météo. »
  • 32:31Invité politiqueFait
    « Du fond de mon cœur, je sais qu'elle est innocente. »
  • 31:33Invité politiqueChiffre
    « On a passé d'un budget de 8 milliards à 11 milliards sur ce deuxième mandat. »
  • 31:41Invité politiqueFait
    « La prison d'Amiens est complètement débordée. »
  • 31:53Invité politiqueFait
    « Chaque matin, il a très peu de places de prison de libre. »
  • 34:51Invité politiqueFait
    « La création du concept d'enrichissement partisan, parce qu'il n'y a pas eu d'enrichissement partisan. »
  • 43:19Invité politiqueChiffre
    « On a eu 75 milliards de hausses de dettes sur un trimestre. »
  • 43:24Invité politiqueChiffre
    « La dette publique depuis 20 ans a augmenté trois fois plus vite que le PIB. »

Temps de parole

  • Jean-Philippe Tanguy72 %
  • Présentateur16 %
  • Invité7 %
  • Invité 22 %

3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bienvenue Jean-Philippe Tanguy, député du RN, député de la Somme. Merci d'être présent avec nous à mes côtés pour vous interroger ce matin, Hugo Capelli du service politique de BFM et Pierre Le Pelletier de La Tribune, dimanche, notre partenaire. On le disait à l'instant, la canicule, toujours présente en France, même si une partie de notre pays respire un peu plus, deux départements toujours en alerte rouge ce dimanche. Et la ministre de la Santé qui commence à tirer les premières leçons de cet épisode historique.

Un nombre de décès supérieur à la normale, c'est ce qu'elle dit dans la tribune dimanche, c'est ce qu'elle a redit il y a quelques minutes ici même sur le plateau de BFM, 1000 décès de plus que la normale depuis mercredi. Néanmoins, Stéphanie Riste estime que ce ne sera probablement pas la même surmortalité que la canicule historique de 2003. Est-ce que ça vous rassure ?

0:50
Jean-Philippe Tanguy

J'apprends cette information, cette déclaration que je trouve très perturbante parce qu'on n'a pas à se féliciter de ne pas revivre un des pires épisodes que la France ait connu sur la mortalité de nos aînés dans les EHPAD. Donc cette déclaration, si vous voulez, est très étrange parce qu'une surmortalité de 1000 morts, c'est absolument considérable. C'est odieux, c'est insupportable, sachant que la plupart de ces morts auraient pu être évitées depuis des années.

Parce que ce que ne dit pas Mme Riste, mais ce que les Français savent bien parce que c'est eux qui payent, c'est qu'après 2003, il y a une journée de solidarité rapportant entre 2 et 3 milliards d'euros par an qui a été décidée qui a été faite pour couvrir l'installation de climatisation ou d'autres moyens de rafraîchissement de l'air, des logements et des lieux de travail aussi. Parce que moi je voudrais, Mme Riste c'est très bien, mais moi je voudrais tirer mon chapeau à tous les soignants, à tous les travailleurs qui font tenir la France debout dans cette période difficile.

des EHPAD, des hôpitaux, de ceux qui s'occupent de nos enfants, de ceux qui font des travaux partout, des cheminots, parce qu'on a beaucoup critiqué la SNCF, il y a des choses à dire. Mais enfin, quand vous devez restaurer une locomotive, vous vous occupez des rails et des cathéters avec 40 degrés, c'est quand même, moi je retire mon chapeau. Parce que moi j'étais...

2:04
Présentateur

Où est passé l'argent de cette journée de solidarité, c'est ça ?

2:08
Jean-Philippe Tanguy

Ah ben on sait où il est passé. Il est passé dans d'autres dépenses, dans l'achat de voies qui constitue le système depuis 20 ans, à donner de l'argent partout qu'on n'a pas, et surtout l'argent des Françaises et des Français. Vous demandez une enquête sur ce qu'a donné cette journée de solidarité ? Je n'ai pas besoin d'enquête, monsieur Darère. On sait très bien où est passé l'argent. Il est passé dans le budget général, à dépenser de l'argent une fois plus qu'on n'a pas, et pour aucun résultat. Parce que la France, c'est au-delà de ce gouvernement. C'est les gouvernements depuis 20 ans, sont dans le déni total, alors qu'ils en parlent matin, midi, soir, on nous parle d'urgence climatique.

Moi, depuis que j'ai conscience d'être, les années 90, protocole de Kyoto, les gouvernements se succèdent au nom de l'urgence climatique, expliquant que le Rassemblement National n'avait rien à dire. On avait beaucoup de choses à dire, beaucoup de choses à proposer, et ceux qui parlaient de l'urgence climatique toute la journée n'ont rien fait. Ils ne se sont rien fait. Jean-Philippe Pogui. À part prendre du fric aux gens au nom du climat,

3:01
Présentateur

ils n'ont rien fait. Sur la gestion de cet épisode, on le disait la ministre Stéphanie Riis s'est exprimé, Laurent Nunez, également le ministre de l'Intérieur, il assure que ce n'est pas un fiasco. Tous les services de l'État ont répondu présents. C'est ce qu'il martèle, franchement. Mais de quoi il parle ?

3:16
Jean-Philippe Tanguy

Pourquoi est-ce que vous auriez fait mieux ? Parce que depuis des années, nous demandons cette adaptation au changement climatique.

3:22
Présentateur

Lui, il dit que la gestion de cette crise, ce n'est pas un fiasco.

3:24
Jean-Philippe Tanguy

Mais je ne sais pas où vit M. Nunez. Ce sont des gens qui vivent dans un espèce de monde parallèle où on a l'impression que peut-être que dans leur petit monde, ça fonctionne, peut-être qu'on leur fait remonter des rapports expliquant que tout va bien. Mais regardez les EHPAD. C'est vrai, depuis 2003, dans la plupart des EHPAD, il y a une pièce climatisée. Encore heureux, vu l'argent, puisqu'on parle quand même de 70 milliards qui ont été consacrés à cela. Mais moi, j'ai visité les EHPAD de ma circonscription. Et une fois plus, je salue les soignants qui font leur maximum. Mais les chambres n'étaient pas climatisées. Donc la journée, ça va. Mais la nuit, vous suffoquez dans vos chambres.

Ils font ce qu'ils peuvent. Ils ouvrent, ils aèrent, ils installent des équipements. Les soignants, ils font tout ce qu'ils peuvent.

4:01
Présentateur

Comment vous jugez la gestion de cet épisode par le gouvernement ? Vous vous dites que c'est un fiasco ?

4:04
Jean-Philippe Tanguy

Mais c'est un fiasco, ce n'est pas l'épisode lui-même. Parce que l'épisode lui-même, le fiasco lui-même, il vient d'une politique lamentable depuis 20 ans. Et là, je lisais un excellent article d'une de vos consoeurs du Point qui revient sur la réglementation environnementale 2020, mise en place d'ailleurs par Édouard Philippe. On aimerait bien voir son avis. Et c'est 1892 pages d'un blabla technocratique et bureaucratique épouvantable sur les normes de construction qui interdisent la clim ou la rendent tellement compliquée que c'est impossible de l'installer. Est-ce qu'on se rend compte ?

Sur le fond vert, sur ma prime rénov', sur tous les dispositifs prévus pour la rénovation depuis des années, qui coûtent d'ailleurs très cher, et il y a beaucoup d'argent détourné au passage, et ça ne sert à rien malheureusement à cause de ce détournement d'argent massif, la climatisation était soit interdite, soit totalement découragée.

4:50
Présentateur

On va venir évidemment à votre grand plan clim, très concrètement sur la gestion du gouvernement, qui semble se préparer quand même à d'autres vagues cet été, Pierre.

4:59
Invité

Oui, parce que dans la tribune dimanche, la ministre de la Santé a expliqué avoir débloqué une enveloppe de 100 millions d'euros, notamment 30 000 climatisateurs pour les hôpitaux qui devraient être livrés dans les prochains jours. Est-ce que pour vous, ça suffit pour affronter une potentielle prochaine canicule que si elle survient dans les prochains jours, aux prochaines semaines ?

5:15
Jean-Philippe Tanguy

Ça ne suffira pas, mais tout est bon à prendre. Moi, s'il y a des soignants et des malades qui auront une clim avant la prochaine vague, malheureusement, qui semble arriver pour juillet, moi je m'en félicite. Moi, je ne suis pas pour la politique du pire ou pour mettre de l'huile sur le feu. Donc moi, s'il y a des climatiseurs qui sont installés en urgence le moins pire possible, moi je suis très content pour ceux qui en bénéficieront, et je ne suis pas en train de dire que critiquer pour critiquer. Mais vous voyez bien que c'est l'analyse générale.

Quand on pense, pour parler de Mme Riste, que son gouvernement, peut-être elle-même, ou sa prédécesseur, ou son prédécesseur macroniste, ont validé la création d'un hôpital à 1 milliard d'euros à Nantes, qui ne prévoit pas la climatisation. Comme dans cette même ville de Nantes d'ailleurs, parce qu'il faudra aussi parler des élus locaux socialo-macronistes qui ont aussi une grande responsabilité dans ce délire collectif, enfin dans ce délire oligarchique d'une petite clique qui s'installe la clim dans ses bureaux et qui la refuse aux Françaises et aux Français et aux services publics. La gare de Nantes, une espèce de serre géante qui est invivable. Entièrement vitrée. Entièrement vitrée.

Il se trouve que je suis passé dedans pendant l'épisode caniculaire. Mais ce n'était même pas possible de passer dedans. C'était insupportable. Je suis jeune, je suis en bonne santé, je pousse du bois. Je pense à quelqu'un qui serait en mauvaise santé, qui passe là-dedans.

6:27
Invité

Vous êtes très critique sur le gouvernement. Mais est-ce qu'ils n'ont pas bien fait d'annuler Solidays, la marche des fiertés, ce week-end ? Est-ce qu'il n'y a pas eu des mesures de bon sens, selon vous, qui ont quand même été prises ces derniers jours ?

6:38
Jean-Philippe Tanguy

Non mais très bien. Mais enfin, le gouvernement, il annule des événements. Écoutez, oui. Vous auriez fait pareil ? Oui, mais non mais oui, bien sûr. Mais dont acte. Mais enfin écoutez, c'est pas une politique.

6:46
Invité

Donc tout n'a pas été mal fait ?

6:48
Jean-Philippe Tanguy

Non mais il n'a pas été mal fait, monsieur. Annuler une manifestation publique, c'est pas une action politique. C'est une action d'ordre public. On n'a pas besoin de payer des gens, des ministres, 15 000 euros par mois pour annuler Solidays ou pour reporter la marche des fiertés.

7:01
Présentateur

Derrière ça, il y a aussi évidemment la question de l'hôpital qui est en situation extrêmement difficile et la question des soignants, Hugo, qui se posent pour les prochaines semaines également.

7:09
Invité

Oui, parce qu'on entend les experts météo qui nous disent qu'il y aura peut-être d'autres vagues de chaleur dans les prochaines semaines et très certainement au mois de juillet. Est-ce que pour se préparer à ces vagues de chaleur qui s'annoncent, selon vous, il faut que le gouvernement prévoie un plan où certains soignants ne devraient pas partir en vacances parce qu'il va y avoir besoin d'eux dans les hôpitaux ?

7:30
Jean-Philippe Tanguy

Malheureusement, on sera obligé une fois plus de demander à nos soignants un effort qu'ils font maintenant régulièrement. Parce que le plan blanc, quand nous étions plus jeunes, était une mesure exceptionnelle, c'est-à-dire la mobilisation des soignants pour des épisodes de grand froid, des épisodes épidémiques ou l'épisode de grand chaud. Ça devient un plan blanc qui est actionné maintenant de manière régulière. Donc l'exception devient la règle avec les socialos macronistes parce que la pénurie est partout.

J'entendais Philippe Juvin, qui est rapporteur général du budget, LR, qui travaille avec les macronistes, qui n'est pas du tout rassemblement national, mais il disait quelque chose de vrai. Par exemple, les soignants, en Angleterre, ils ont doublé le numéro sclusus pour soigner plus de soignants, pour préparer et former plus de soignants dans les années à venir. En France, on l'a augmenté de 15%. Donc la pénurie, cette espèce d'idéologie malthusienne d'organiser en fait la pénurie, c'est ça qui arrive. Aussi bien sur le confort de vie ou la protection de la vie avec la climatisation ou le nombre de soignants que nous préparons dans les années à venir.

Nous sommes face à un gouvernement qui organise la pénurie, qui est responsable de cette pénurie de soignants. Et à la fin, ça retombe sur la qualité de vie des gens et des soignants et des professionnels parce qu'au-delà de l'épisode caniculaire, cette vision de la climatisation, ça dépasse l'épisode caniculaire. C'est une vision aussi de la qualité de vie des gens, de la qualité de vie au travail. Pourquoi choisir de faire souffrir les travailleurs, les patients, les élèves, même quand il n'y a pas de canicule ? Même quand il fait 30 degrés, c'est déjà difficile. Évidemment, notre vie n'est pas en danger quand il y a 25-30 degrés. Mais c'est déjà difficile à vivre.

Moi, je me souviens quand j'étais jeune, peut-être que vous l'avez connu, quand on prend les transports en commun, même l'été, quand il y a une température élevée, c'est quand même insupportable. Vous êtes une femme enceinte, une personne âgée, mobilité réduite, une personne en situation de handicap. Vous imaginez, vous êtes avec votre fauteuil roulant dans un bus qui n'est pas climatisé à Paris. Vous essayez de prendre le métro avec votre fauteuil roulant. Il fait 30 degrés. C'est l'enfer. L'effort qu'il faut faire pour se déplacer en fauteuil roulant, c'est l'enfer. Donc, en fait, il y a une vision de la vie derrière. Moi, j'ai vécu au Japon. Il y a 20 ans. Tout était climatisé.

9:33
Présentateur

Tout était climatisé.

9:35
Jean-Philippe Tanguy

Il y avait un respect des gens. Parce qu'en fait, derrière ça, je vais vous le dire franchement, ce que je pense, et après j'arrête. C'est en fait, il y a un manque de respect. Vous avez des gens qui vivent bien, qui ont leur voiture à chauffeur climatisée, qui ont leur bureau climatisé, qui ont leur petite vie, qui ont des très beaux appartements, tant mieux pour eux, et qui en fait ne se rendent pas compte de la vie.

9:51
Présentateur

Vous diriez que c'est du mépris social ?

9:52
Jean-Philippe Tanguy

Bien sûr. Regardez le comportement de Mme Barbu. Millionnaire.

9:56
Présentateur

Millionnaire. Alors attendez, Monique Barbu, ministre de la Transition écologique, qui effectivement considère que la climatisation, ça ne peut pas être la seule solution. Je vous propose de l'écouter, elle s'y exprimait. C'était vendredi matin, écoutez-la.

10:08
Invité

Je suis horrifiée par les gens qui me disent « Ah, mais il n'y a qu'à mettre la clim partout. » « Très bien, on va mettre la clim partout. » Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt ? Vous croyez que ça va éviter une culture de ne pas exister ? Vous croyez que ça va éviter la mort des animaux que nous voyons ? Vous croyez que ça va éviter quoi ? Rien. Rien. Ça, ce n'est pas des adaptations. Ça, c'est une mesure d'urgence. Peut-être qu'on peut prendre. Il faut forcément, bien évidemment, que les gens ne suffoquent pas. On est bien d'accord. Mais ce n'est pas de l'adaptation au changement climatique.

10:45
Présentateur

Alors, dans un instant, vous allez nous détailler le plan clim que veut mettre en place l'URN. Mais d'abord, une réaction à ce que dit la ministre de la Transition écologique. Ce n'est pas de l'adaptation.

10:52
Jean-Philippe Tanguy

Je suis constaté de devoir le dire. Mais donc, 1 000 morts, c'est rien. Parce qu'elle nous dit que la climatisation, ça n'empêche rien. Peut-être que sur les 1 000 morts, ça en aura empêché 500. Évidemment. Je ne sais pas les chiffres exacts. Mais ce comportement est ahurissant. C'est exactement ce que je dénonce. Mme Barbu, elle est millionnaire. Tant mieux pour elle. Elle vit dans un autre monde. Elle a une maison au sud de la France.

11:10
Présentateur

Elle a sa place dans le gouvernement ou pas ?

11:13
Jean-Philippe Tanguy

De ma part, elle ne l'a jamais eue. Mais bon, c'est M. Lecornu qui décide. Juste, je veux dire, est-ce qu'elle dit ? Elle devrait démissionner ? Oui, ils devraient presque tous démissionner.

11:24
Présentateur

Est-ce que vous appelez à sa démission ? Non, mais ça ne sert à rien.

11:26
Invité

Est-ce que cette déconnexion est partagée dans tous les camps politiques ? Non, c'est très macroniste.

11:31
Jean-Philippe Tanguy

C'est une espèce de catégorie d'hommes et de femmes politiques macronistes. C'est quand même très particulier. À l'Assemblée nationale, on en a une. Elle s'appelle Mme Bronte-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale. Elle avait décidé il y a quelques années, par exemple, que la clim s'allume à l'Assemblée nationale et dans la résidence, là où les députés dorment. On n'est pas le seul, il y a des gens qui travaillent, non ? Quand elle a décidé ? Ce seul qui décide quand on doit crever de chaud dans nos bureaux et quand on a droit à un peu de clim. Moi, chaque année, je suis en conflit avec l'administration parce que moi, je considère que mes collaborateurs...

Moi, je ne suis jamais dans mon bureau, donc ce n'est pas pour moi. Moi, je suis toujours en train de m'agiter partout, à me déplacer, comme beaucoup de députés. Mais les pauvres collaborateurs qui sont dans mon bureau, j'estime qu'ils ont le droit de ne pas être dans une serre. Et chaque année, j'ai un clash avec l'administration, avec Mme Bronte-Pivet. Mais c'est pour vous donner un état d'esprit.

12:14
Présentateur

Alors justement, sur cette climatisation, ça a été très clairement ce qui a cristallisé le débat cette semaine parce qu'effectivement, beaucoup de Français ont dit pourquoi on n'a pas la climatisation dans un certain nombre de lieux. Il faut le reconnaître, Marine Le Pen avait proposé dès juin 2025 donc un grand plan climatisation qui semble être encore un petit peu nébuleux. On va vous poser des questions très concrètes pour que ceux qui nous regardent comprennent bien ce que vous voulez mettre en place. Est-ce qu'il se passerait si dans quelques mois, vous arrivez au pouvoir ? Qu'est-ce que vous allez climatiser ? Combien ça coûte ? Comment vous comptez le financer ?

Alors très concrètement, le grand plan de climatisation du RN, qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que vous climatiseriez ? Est-ce que c'est tous les bâtiments publics, toutes les écoles ? Qu'est-ce que vous climatisez, Jean-Philippe Tanguy ?

12:52
Jean-Philippe Tanguy

Déjà, évidemment, ce n'est pas le Père Noël. Donc nous, on a un plan en plusieurs années qui est un peu compliqué.

12:59
Présentateur

En plusieurs années, c'est-à-dire ?

13:00
Jean-Philippe Tanguy

Il y a plusieurs étapes. Sur le premier mandat, le plan d'urgence du premier mandat, scolaire et les crèches, les hôpitaux, les EHPAD. Et cela représente entre 8 et 10 milliards d'euros. Donc si vous gagnez l'été prochain, tout ça sera climatisé ? Ce sera enclenché le plus vite possible. Évidemment, tout le monde le sait, vous avez des dizaines de milliers d'écoles, vous avez des milliers de collèges, de lycées, des hôpitaux. Tout ça sera planifié en urgence. Évidemment, les chambres de malades passeront avant les lycées, mais en cinq ans, sous le premier mandat, tous ces établissements seront climatisés. Ça représente 10 milliards d'euros. Les écoles et les crèches ?

Crèches, toutes les écoles, collèges, lycées, établissements médicaux et EHPAD seront climatisés en urgence.

13:49
Présentateur

Intégralement climatisés ? Par exemple, pendant une école, toutes les classes seront climatisées ?

13:52
Jean-Philippe Tanguy

Oui, absolument. Et ce n'est pas si cher, parce qu'on a travaillé dessus. Effectivement, c'est entre 8 et 10 milliards d'euros. Notre chiffrage, c'est 8 milliards d'euros. Mais on prend une marge de 2 milliards d'euros, parce que nul n'est parfait. Et peut-être qu'on a exagéré dans nos écoles. Mais enfin, j'avais un expert ce matin, dans un journal du dimanche, qui a chiffré, comme par hasard aussi, à 10 milliards d'euros. Donc, on doit arriver sur les bons termes. Donc, ça, c'est le premier quinquennat ?

Le deuxième quinquennat, ou sur 10 ans, si malheureusement on n'avait pas le pouvoir aussi longtemps, ce serait l'ensemble des collectivités territoriales, l'ensemble des lieux où il y a des fonctionnaires, l'accueil du public, mais aussi là où les gens travaillent. Parce que dans les commissariats, les gendarmeries, évidemment, c'est très difficile aussi quand il fait chaud. Il faut penser à la qualité de vie, une fois plus la qualité au travail des fonctionnaires. Ça, c'est le premier aspect.

14:33
Présentateur

Et le deuxième quinquennat, ça représente quelle somme ? 8 à 10 milliards sur le premier ?

14:36
Jean-Philippe Tanguy

C'est entre 5 à 8 milliards pour l'ensemble des bâtiments de la fonction publique et des collectivités territoriales, et qui ne sont pas climatisés aujourd'hui, parce qu'il y en a une petite partie qui est climatisée. Donc, c'est 18 milliards sur deux quinquennats ? Absolument.

14:49
Invité

Sur les écoles ? Pour la première partie. Donc, le premier quinquennat, on a compris que la priorité, c'était quand même les écoles. C'est vrai qu'on en a beaucoup parlé, puisque concernant les collégiens, les lycéens, il y a des épreuves, du brevet, du baccalauréat qui ont été impactés par ces fortes chaleurs. Qu'est-ce que vous faites ? Vous climatisez toutes les salles de classe, y compris le bureau du directeur ? Tout le monde aura le droit à sa clim ? Ou vous allez vous consacrer seulement sur certains espaces qui vont être ciblés en priorité ?

15:19
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais nous n'allons pas refaire, si vous voulez, l'erreur des EHPAD. Ça coûte moins cher pour l'intérêt général, pour l'intérêt public, de climatiser l'ensemble que de faire des petites opérations et de passer sa vie à faire des allers-retours. D'une manière générale, faire des opérations collectives, d'ensemble, qui pensent le bâtiment dans son ensemble, c'est beaucoup plus intelligent que d'installer en urgence. Il peut y avoir des situations d'urgence, des endroits épouvantables. Mais par exemple, la cantine, j'étais dans un EHPAD, j'ai visité la cuisine. Faire de la cuisine, préparer des repas quand il fait 40 degrés, c'est l'enfer.

Donc, il n'y a aucune raison d'isoler les uns et les autres. C'est quoi la deuxième phase, du coup ?

15:52
Présentateur

Première phase, c'était bâtiment public et les écoles.

15:54
Jean-Philippe Tanguy

Deuxième phase, c'est évidemment pour les Françaises et les Français. Et donc, il y a deux aspects dans le plan du Rassemblement National. Le premier aspect, c'est ce qu'on a appelé 100% Rénov', notre disposition générale pour financer et accompagner l'isolation des bâtiments, la rénovation des bâtiments et des logements. C'est une présentation qu'on a faite cet automne avec mes collègues Thomas Ménager et Frédéric Falcon. C'est 100% Rénov', c'est un dispositif de prêt vert à 20 milliards d'euros par an, dont le remboursement est gagé sur les économies réalisées ou le confort réalisé. Donc, on fait des prêts à taux zéro pour les Françaises et les Français qui veulent rénover.

Et c'est pour ça que je vous parlais du changement des règles, parce qu'aujourd'hui, dans ma prime Rénov', la climatisation, elle est, ou toute manière de rafraîchir les bâtiments, elle est découragée. Donc, on change les règles, qui au passage coûtera d'ailleurs beaucoup moins cher comme travaux et simplifiera l'ensemble. Ça, c'est le deuxième aspect. Et le troisième aspect, c'est pour ceux qui veulent juste, n'ont pas un projet de rénovation de leur bâtiment dans leur ensemble. Et c'est le dernier aspect que Marine Le Pen et Jordan Bardella ont arbitré cette semaine dans le cadre de la présidentielle.

C'est un plan de 10 à 20 milliards d'euros sur 10 ans pour faire une clim à 20 euros par mois pour les Français. Ce sera aussi un prêt vert, c'est-à-dire que l'État prend en charge les taux d'intérêt et les gens rembourseront entre 10 et 20 euros par mois selon la taille de la pièce qu'ils vont climatiser, l'installation qu'ils vont faire.

17:14
Présentateur

Quel que soit leur revenu, ça s'adresse à tous les Français ?

17:17
Jean-Philippe Tanguy

Oui, ça s'adresse à tout le monde, parce qu'une fois plus, si on crée une espèce de bureaucratie, donc c'est la logique du Rassemblement National en général, si c'est pour recréer une bureaucratie comme un Prime Rénov' qui absorbe une part incroyable de l'aide qui est dédiée, ça ne sert à rien.

17:29
Présentateur

Donc un plan en trois temps, d'abord la climatisation des établissements publics, des écoles, ensuite le plan de rénovation globale pour les gens qui font des rénovations, et donc un plan également pour, si j'ose dire, une climatisation d'urgence provisoire, 20 euros par mois si on veut acheter ça pour une pièce de 20 mètres carrés, c'est bien ça ?

17:43
Jean-Philippe Tanguy

Absolument, et absolument, et entre 10 et 20 euros par mois, et il y a à la fois dans le temps, par exemple pour le public c'est deux quinquennats, et il y a à la fois trois dispositifs différents. C'est pour ça que je vous remercie de m'avoir laissé le temps d'expliquer, parce qu'effectivement c'est tellement important comme plan, que ce n'est pas juste une baguette magique et avec un slogan.

18:02
Présentateur

Et retrouvez-vous l'argent pour tout ça ?

18:04
Jean-Philippe Tanguy

Alors, pour le collectivité territoriale, on présentera, parce que là c'est de l'argent public, d'une manière ou d'une autre, parce que si c'est les collectivités, même si on fait des prêts à taux zéro, assurés par la Caisse des dépôts et consignations, à la fin c'est quand même de l'argent public, et moi je ne suis pas macroniste, je ne fais pas de la magie en disant que si c'est les collectivités territoriales, ce n'est pas l'État qui paye, évidemment à la fin c'est de l'argent public, il faut dégager des économies, mais ce n'est pas très important M.

Daré, parce qu'en fait, l'ordre de grandeur pour les collectivités territoriales, on parle de 2 milliards d'euros par an, avec les retours de TVA, avec l'intérêt économique que ça crée, le coût net, il est de 600 à 800 millions d'euros par an. Donc en fait, c'est marginal, et on se rend bien compte qu'en fait, quand on calcule et qu'on va présenter le coût précis de ce plan clim, on se rendra compte, messieurs, que c'était idéologique, ce n'était pas une question financière, ce n'était pas une question budgétaire, on est dans un problème idéologique.

La gauche et les écolos ont infiltré, ils sont mal nommés d'ailleurs, ont infiltré l'appareil d'État à tous les États, et ont empêché la clim pour des raisons idéologiques et pas du tout financières.

19:02
Invité

Alors, je devons sur le plan idéologique, Hugo. Juste, ça fait un an qu'on parle de ce plan clim du côté du Rassemblement National, vous allez faire une conférence de presse mardi pour votre plan clim, donc après la canicule, pourquoi avoir attendu tout ce temps pour faire ces propositions ? Est-ce qu'il n'y a pas eu un peu d'impréparation ? Vous avez dit vous-même, ces mesures ont été arbitrées par Marine Le Pen et Jordan Bardella ces derniers jours.

19:22
Jean-Philippe Tanguy

Non, le troisième aspect, l'aspect sur la clim à 20 euros par mois pour les Françaises et les Français. Les deux autres pans étaient déjà présentés, et d'ailleurs le dispositif qu'incluait la clim sur 100% Rénov' on l'a présenté cet automne.

19:32
Présentateur

Et c'est quand même une révolution au sein du RN, il y a encore peu de temps il y avait des élus qui qualifiaient les membres du GIEC de propagandistes, je cite, qui ont un côté effrayant. C'est pas un peu gonflé de vous faire passer pour les meilleurs écolos parmi les responsables politiques aujourd'hui ?

19:43
Jean-Philippe Tanguy

Écoutez, c'est de bonne guerre de sortir, désolé, des phrases. Nos adversaires, je parle pas de vous, nous font toujours la guéguerre avec des petites phrases isolées. Mais ces phrases, elles ont existé, y compris au sein du RN. Oui, mais c'est des phrases isolées. Isolées, ce qui compte, c'est qu'est-ce qu'on disait, qu'est-ce qu'on proposait. Vous savez très bien par exemple que Marine Le Pen, depuis quand même 20 ans, propose le localisme, le réinvestissement en France de l'industrie et de l'agriculture. Aujourd'hui, 50%, 45% exactement, des émissions de gaz à effet de serre en France, elles viennent des importations.

20:08
Présentateur

Oui, mais il y a des choses très concrètes par exemple. Marine Le Pen, elle était pour un moratoire pour les énergies renouvelables, démantèlement des sites éoliens, il y a une volonté de supprimer par exemple également le DPE, le GIEC de préformance énergétique. On est bien d'accord ? Ceux qui nous écoutent se disent, franchement, le RN écolo, est-ce que c'est pas un peu poussé ? Non, justement.

20:26
Jean-Philippe Tanguy

Très bon exemple, vous parlez des énergies renouvelables intermittentes. Parce que par exemple, l'hydroélectricité qui est une énergie renouvelable, avec le RN qui l'a défendu pendant 20 ans, on a pris 20 ans de retard là-dessus, ça s'est un peu débloqué, je m'en félicite grâce à nous. Les énergies intermittentes. Le Grenelle de l'environnement, 2007, ont produit en France environ 560 TWh d'électricité sans éoliennes et sans panneaux solaires. 20 ans plus tard, 20 ans plus tard, M. Daré, on a investi plus de 100 milliards d'euros sur les éoliennes et les panneaux solaires. Combien ont produit d'électricité ? 545 TWh en 2024. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire qu'on a mis 100 milliards d'euros payés par les Françaises et les Français pour produire moins d'électricité sur un bilan électrique qui était déjà décarboné puisque en France, en 2007, on avait 75% de nucléaire, entre 10 et 15% d'hydroélectricité. Mais ce n'est pas du tout un tout comme, c'est une pensée générale, M. Daré. Et en fait, je vous remercie de me poser cette question. Pourquoi ? Parce qu'en fait, cette écologie qu'on a vendue aux Français depuis 20 ans par nos adversaires, ce n'était pas de l'écologie.

C'était essentiellement du business, c'est-à-dire dépenser de l'argent au nom du climat, parce que les Françaises et les Français, légitimement, étaient attachés à l'écologie. Ils ont raison de l'être. On a abusé de la confiance des Français pour prendre des politiques qui n'ont pas fonctionné, voire qui nous ont empêché. C'est ça qui est grave.

21:39
Présentateur

Il y en a qui ont des doutes sur les responsables politiques, et pas que sur vous, Pierre.

21:43
Jean-Philippe Tanguy

Juste pour vous, 100 milliards d'euros qu'on aurait pu mettre ailleurs, 100 milliards d'euros qu'on a dépensés dans des éoliennes et pas des éoliennes.

21:47
Invité

Écoutez ce que dit Jean Jouzel. Le vice-président du GIEC, Jean Jouzel, qui dit dans la tribune dimanche que comme à chaque fois, quand la canicule et la vague de chaleur sera terminée, finalement, les politiques passeront à autre chose. Et effectivement, la campagne présidentielle sera pendant l'hiver, enfin, ne sera pas pendant l'été. Donc, est-ce que ce n'est pas le risque que cette question soit tout simplement éclipsée ?

22:02
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais je ne crois pas, parce que les Françaises et les Français, ils veulent des réponses. De toute façon, cette mauvaise politique qui a été prise, elle est payée par les factures d'électricité cet hiver. Ne vous inquiétez pas. Sur les énergies intermittentes, éoliennes solaires, on reverra le même cirque. Parce que là, qu'est-ce qui se passe depuis quelques jours avec les fortes chaleurs dans toute l'Europe ? L'éolien s'arrête. Pourquoi ? C'est de la météo. Tout le monde peut le voir. Pourquoi il fait chaud ? Il n'y a pas de vent. C'est une des raisons pour lesquelles il fait chaud. Enfin, la cause est faite. Mais il n'y a pas de vent.

Donc le nucléaire, il tient bon, contrairement à ce que racontent les écolos. Les barrages hydroélectriques, ils tiennent bon. Les éoliennes, la production est divisée par trois.

22:35
Invité

Est-ce que vous croyez les experts maintenant sur le réchauffement climatique ? Est-ce que vous avez fait votre révolution écologique au sein du RN et vous dites désormais, il y a un réchauffement climatique, on y croit, on va prendre des mesures pour faire en sorte que nous réduisons les émissions de gaz à effet de serre. Est-ce que ça fait partie, désormais, des discussions, des débats qu'il y a au sein de votre parti ?

22:53
Jean-Philippe Tanguy

Nous n'avons jamais été climato-sceptiques. Et d'ailleurs, Marine Le Pen avait dit...

22:57
Invité

Vous êtes sûr de ce que vous avancez, là ?

22:58
Jean-Philippe Tanguy

Personne.

22:59
Invité

Il n'y a jamais eu de climato-sceptique au RN ? Non, non.

23:02
Jean-Philippe Tanguy

Vous pouvez ressortir certaines phrases. Vous pouvez ressortir des phrases. Marine Le Pen l'avait expliqué au débat avec Emmanuel Macron. Emmanuel Macron accusait Marine Le Pen d'être climato-sceptique. Elle avait dit devant des millions de Français, je ne suis pas climato-sceptique, mais M. Macron, vous, vous êtes climato-hypocrite. C'est qu'on confond le fait qu'on conteste des politiques appelées écologistes qui ne fonctionnent pas par des politiques... Vous contestez les experts aussi, vous avez conteste... Mais on ne conteste pas les experts, c'est juste que... Vous ne contestez plus, alors ? Vous ne contestez plus les experts ? Mais on ne conteste pas les experts, monsieur.

On conteste des experts qui ont un domaine d'activité et qui, à côté, peuvent faire de la politique. Par exemple, M. Jouvel, que vous citez, il était dans le comité de campagne de Benoît Hamon. Il a le droit. Mais quand M. Jouvel est conseiller politique de M. Hamon, candidat socialiste pour ceux qui l'ont oublié...

23:46
Invité

Il a le droit d'avoir des compétences à côté aussi,

23:48
Jean-Philippe Tanguy

de dire des choses qui sont actuelles. Mais c'est ce que je vous dis, monsieur. Nous, on différencie l'expertise, qui n'est pas attaquable, par un médecin, pour être médecin, un très bon médecin, et avoir un engagement politique. Par ailleurs, M. Jouvel, tout à l'heure, par ailleurs. Jean-Philippe Tanguy. Et à côté, il fait de la politique. Donc, pardon, quand M. Jouvel dit, en tant que glaciologue, parce que je crois qu'il est glaciologue, il fait une analyse par rapport de ça, il a tout à fait raison. Quand il devient politique et qu'il dit, comme M. Hamon, excusez-moi, à l'époque, qu'il fallait fermer les réacteurs nucléaires, eh bien, il fait une erreur.

Et ce n'est pas parce qu'il est membre du GIEC, par ailleurs.

24:15
Présentateur

Et les climatologues, aussi.

24:16
Jean-Philippe Tanguy

Mais, monsieur. Non, mais je sais que ça se croit. Juste, je voulais avoir votre analyse, Jean-Philippe Tanguy. C'est incroyable, je ne sais pas que vous n'écoutez pas ce que je vous dis. J'entends qu'il y a les deux, il y a aussi. Absolument. Est-ce qu'on peut être expert et avoir un engagement politique qui, parfois, vous vous trompez ? Jean-Philippe Tanguy. Excusez-moi, est-ce que quand on veut lutter contre le réchauffement climatique, est-ce qu'il fallait fermer les réacteurs nucléaires comme M. Hamon le disait ? Non. Donc, M. Jouvel avait tort et Marine Le Pen avait raison. Est-ce que le maire de Carcassonne ne l'empêche pas de dire des bêtises ?

Est-ce que le maire de Carcassonne, Jean-Philippe Tanguy... Je vous rassure, parfois, au RN, on dit aussi des bêtises. Nul n'est parfait. Mais le fait d'être membre du GIEC ne vous donne pas, comment dire, une autorisation...

24:47
Présentateur

Quand on voit le maire de Carcassonne carrosse des manifestants avec son tuyau au balcon, en mettant en sous-titre la canicule s'est terminée, c'est à la hauteur d'un élu de la République, ça, en un mot ?

24:55
Jean-Philippe Tanguy

Mais écoutez, c'est un excellent maire et je l'embrasse.

24:58
Présentateur

Voilà, on vous retrouve dans une seconde. Dans un instant, on verra, effectivement, que c'est J-9 avant la décision. Dans 9 jours, on saura si c'est Jordan Bardella ou Marine Le Pen, le candidat du RN à la présidentielle.

25:13
Invité

Aujourd'hui, ce n'est pas un jour à faire du jardinage. Ce n'est pas un jour pour bricoler dehors. Ce n'est pas un jour à faire du toboggan ou de la balançoire. Ce n'est pas un jour à aller courir. Non, parce qu'aujourd'hui, c'est un jour de canicule. Alors n'attendons pas de ressentir un mal de tête, des crampes ou de la fatigue. Restons aux frais aux heures les plus chaudes et pensons à boire régulièrement de l'eau. Passons tous en mode canicule.

25:39
Présentateur

Vous êtes bien sûr BFM Politique, notre invité Jean-Philippe Tanguy du Rassemblement National. Dans un instant, on va venir à ce compte à rebours. J-9 avant la décision de la justice, Marine Le Pen ou Jordan Bardella. Nous saurons bientôt qui sera votre candidat à l'élection présidentielle. Mais d'abord, cette actualité dramatique à Narbonne, où un jeune garçon de 17 ans, on l'a vu ces derniers jours, qui s'appelait Louis est mort après avoir été tabassé, après avoir été victime d'un guet-à-pens. C'était dans la nuit du 19 au 20 juin. Cinq hommes âgés de 16 à 20 ans ont été mis en examen pour assassinat dans cette affaire.

Laurent Nunez, qui a répondu à nos confrères du Parisien aujourd'hui, est interrogé sur le fait de savoir si ce drame est le symbole, je cite, d'un ensauvagement de notre société. Le ministre de l'Intérieur répond que ce terme est connoté politiquement et qu'il y a là une exploitation de l'extrême droite dans cette affaire. Qu'est-ce que vous en pensez ?

26:48
Jean-Philippe Tanguy

Franchement, je trouve ça vraiment triste. Triste que M. Nunez n'ait que ça à dire. C'est la succession de tragédies, d'horreurs, de violences gratuites, de barbarie qui malheureusement fait des victimes parmi la jeunesse, les Françaises et les Français. En plus, excusez-moi, vous êtes journaliste politique, historiquement, d'où vient ce terme ? Il vient de Jean-Pierre Chevènement qui parlait des sauvageons et de l'ensauvagement de la France. Quand il était ministre de l'Intérieur à la fin des années 90. En plus, historiquement, il vient du mentor, à l'époque, d'Emmanuel Macron, puisqu'en 2002, Emmanuel Macron a prétendu être dans l'équipe de Jean-Pierre Chevènement.

Vous voyez bien que tout ça n'a finalement aucun sens, que M. Nunez, je ne comprends pas une fois de plus, parce que c'est un homme qui a eu un engagement quand même pour le service de l'État en tant que préfet, donc moi j'ai du respect pour son parcours, se perd dans des commentaires politiques. C'est typiquement M. Nunez, si vous voulez, le serviteur de l'État de grande qualité, qui, quand il fait de la politique, devient un mauvais politique. C'est très étrange, ces gens qui passent un peu de la lumière, en l'occurrence à l'ombre, en faisant de la politique.

Sincèrement, je pense qu'il aurait dû rester préfet, parce que c'était un bon serviteur de l'État, et comme ministre, il multiplie des déclarations indignes. Et quand je pense à, j'ai lu l'entretien de la maire de Louis, très digne, très courageuse aujourd'hui, on voit la différence entre la dignité des familles des victimes, sur beaucoup de sujets, enfin, dans beaucoup de tragédies. La famille est toujours d'une dignité admirable, et une partie du personnel politique, ils cherchent toujours des excuses pour ne pas assumer leurs responsabilités.

28:22
Invité

– Justement, la maman de Louis s'exprime ce matin dans les colonnes du journal du dimanche. Guillaume l'a dit, parmi les jeunes qui ont tabassé Louis, il y a des mineurs, voilà ce que dit la maman de Louis. « Je veux qu'ils soient jugés comme des adultes, je veux que les lois soient revues. Quand on tue comme un homme, on paye comme un homme. » Est-ce que vous partagez les propos de la maman de Louis ?

28:44
Jean-Philippe Tanguy

– Oui, sincèrement, je lisais cet entretien, cette phrase qui, à la fin de l'entretien, m'a vraiment marquée. J'ai trouvé que c'est une déclaration très forte et très juste. Très juste, d'une vision de la justice qui devrait tous nous habiter, à savoir qu'effectivement, si vous avez 16 ans, puisque c'est mis en cause certains en 16 ans, se comportent comme des adultes et des adultes barbares, eh bien, ils doivent assumer leur responsabilité d'adultes et de barbares. Il n'y a aucune excuse de minorité possible par rapport à la violence qui a été commise. C'est indicible. Il n'y a aucune raison autre que la barbarie, la haine et le sordide.

Parce que ce filmé revendiquait cet acte épouvantable sur les réseaux sociaux. Ce n'est pas la première fois, malheureusement, que se mélange cette perte totale de valeur, ce mépris pour l'intégrité, la sacralité du corps d'autrui et cette revendication sordide, ignoble sur les réseaux sociaux qui conjugue l'horreur à l'indécence.

29:44
Présentateur

Alors, Laurent Nunez, Gérald Darmanin, aussi le ministre de la Justice, qui sont sous le feu des critiques après le drame terrible, là aussi, de la petite Liana qui a été assassinée il y a quelques semaines. Gérald Darmanin, Pierre, qui est sous le feu des critiques, notamment des magistrats.

29:59
Invité

Oui, l'union syndicale magistrat dit que Gérald Darmanin a perdu la confiance des magistrats. Est-ce que vous, vous le soutenez dans sa volonté de sanctionner les magistrats qui auraient commis des erreurs ou non ? Quelle est votre position ? Si vous voulez, il y a deux choses différentes.

30:10
Jean-Philippe Tanguy

C'est-à-dire qu'il y a des responsabilités individuelles dans ce dossier épouvantable de Liana. Et on pense une fois plus à sa famille et à ses proches. C'est visiblement pas indiscutable parce que la procédure n'est pas finie. Mais malheureusement, les soupçons sont sérieux. Ça n'empêche pas que la cause de sa responsabilité individuelle, quand on lit le rapport précis d'inspection, soit des dysfonctionnements structurels qui font que la justice est tellement clochardiste et débordée qu'en fait, les magistrats, la police et la gendarmerie ont trouvé des moyens pas très glorieux, mais au quotidien, malheureusement, il faut le constate, pour essayer de trier les urgences dans les urgences.

Le pire parmi le pire, vous avez des dossiers d'agression sexuelle contre des enfants, de menaces contre des enfants. Et même dans ces horreurs qui devraient tous être traitées de la même façon, comme ils n'ont pas ces moyens, ils essaient de sortir des dossiers par rapport aux autres.

30:56
Présentateur

Mais c'est Gérald Darmanin qui est responsable de ça ?

30:58
Jean-Philippe Tanguy

C'est l'ensemble d'une politique menée depuis des années. M. Darmanin était ministre de l'Intérieur, ministre des Comptes publics auparavant. Ça fait dix ans qu'il est avec Emmanuel Macron. La clochardisation de la justice, ça date même de bien avant, malheureusement, quand M. Darmanin soutenait Nicolas Sarkozy. Et donc, je vous rappelle, la réforme des tribunaux de Mme Dati, qu'il a soutenue à l'époque, directement ou indirectement, je ne sais plus s'il était déjà parlementaire ou s'il était encore assistant parlementaire de M. Vanes, même si M. Darmanin essaie d'oublier cette partie de sa vie. En tout cas, c'est un appauvrissement de la justice.

Effectivement, des moyens, on a passé d'un budget de 8 milliards à 11 milliards sur ce deuxième mandat. On est encore très insuffisant par rapport au reste. Moi, je vois Amiens, la prison d'Amiens est complètement débordée. Donc, le magistrat d'Amiens, le procureur par ailleurs, avec qui j'ai une très mauvaise relation, donc ce n'est pas spécialement pour défendre la personne, mais c'est pour donner le contexte, ça n'a pas d'intérêt. Chaque matin, il a très peu de places de prison de libre. Donc oui, je peux critiquer le fait qu'il ne m'aide pas tout le monde, enfin tous ceux qui le méritent, en prison.

Mais je ne peux pas non plus inventer des places de prison, parce que quand je vais visiter la prison, les agents pénitentiaires sont dans une grande souffrance. Et la prison, elle est occupée à 260%.

32:09
Présentateur

La justice, qui va être regardée évidemment très près sur ces drames, mais aussi sur ces décisions qui auront un impact politique majeur, puisque c'est donc dans 9 jours que nous connaîtrons la décision, qui dira si Marine Le Pen peut ou non se présenter à l'élection présidentielle. Est-ce que vous, au fond de vous, il vous semble probable ou improbable que Marine Le Pen puisse se présenter à l'élection présidentielle ?

32:29
Jean-Philippe Tanguy

– Du fond de mon cœur, je sais qu'elle est innocente. Donc sachant qu'elle est innocente, je ne peux qu'espérer que la justice reconnaisse son innocence et celle de nos camarades qui sont aussi mis en cause. C'est mes tripes qui parlent. – Mais il vous semble probable ou improbable qu'elle puisse se présenter, aujourd'hui ? – Moi je pense que c'est probable, puisque je sais qu'elle est innocente, mais ce n'est pas moi qui décide malheureusement.

32:47
Invité

– Ce serait une décision de justice ou une décision politique ?

32:49
Jean-Philippe Tanguy

– Je ne sais pas, je n'ai pas la capacité, je ne vais pas faire sans mauvais le nom un procès d'intention au magistrat de la Cour d'appel. Ce qui est certain, c'est que le procès en appel s'est tenu dans des conditions meilleures. On a l'impression, sans parler à la place des prévenus, qu'on a pu s'expliquer, qu'en tout cas ça s'est tenu sereinement. L'ensemble d'ailleurs des journalistes présents, que ce soit votre rédaction avec Sophie Dupont ou d'autres journalistes, ont quand même relaté un procès en appel qui, sur le fond, allait sur les choses et permettait à Marine Le Pen de démontrer son innocence.

Il y a quand même, par exemple, beaucoup, aujourd'hui, selon le procureur, un certain nombre de choses qui ont été retirées de l'accusation. Donc écoutez, nous verrons bien, en tout cas, moi, mon intime conviction, c'est bien sûr que Marine Le Pen pourra être candidate puisqu'elle est innocente.

33:37
Invité

C'est logique. – Si Marine Le Pen peut être candidate, c'est un non-événement. Si elle ne peut pas être candidate, ce sera donc Jordan Bardella, votre candidat par définition. Que va-t-il se passer ? Quelle sera votre stratégie ? Est-ce que vous allez aller crier dans la rue pour contester cette décision de justice ou vous allez dire, tant pis, c'est comme ça, faisons de la place désormais à Jordan Bardella ?

33:58
Jean-Philippe Tanguy

– Je ne sais pas ce que décideront Marine Le Pen et Jordan Bardella. Ce sera leur décision souveraine en tant que chef de notre famille politique. – Vous ne ferez quoi ? – Est-ce qu'il faut faire un meeting de contestation ? – Non, mais vous savez, nous, on a une forte discipline au Rassemblement National. Nous avons des chefs, une candidate à la présidentielle, et c'est eux qui décident. Et nous, on obéit, on applique.

34:18
Présentateur

– Après la première décision, après la décision en première instance, il y avait eu des contestations fortes sur les plateaux télé, et même un meeting, rappelez-vous, qui avait été organisé, c'est le 6 avril, je crois, en 2025. – Oui, mais je pense que c'était important. – Place vos bancs avec des gens qui dénonçaient une décision politique. Est-ce que vous dites, si jamais Marine Le Pen ne veut pas se présenter, moi je souhaite qu'on organise par exemple un meeting pour contester cette décision ?

34:36
Jean-Philippe Tanguy

– Mais nous, si vous voulez, ce n'est pas des positions de principe, c'était par rapport à une décision de justice, avec des éléments, je ne sais pas comment les qualifier, je ne suis pas juriste. Très étonnant, le trouble, l'invention de la notion de trouble à l'ordre public démocratique, expliquant que c'était un trouble à l'ordre public que Marine Le Pen puisse être candidate à la présidentielle, selon les mots de la décision de justice, la création du concept d'enrichissement partisan, parce qu'il n'y a pas eu d'enrichissement partisan.

35:00
Présentateur

– Ce que je veux dire, c'est qu'on a l'impression qu'il y a eu un changement radical de stratégie de la part du Rennes, en disant, oulala, on a peut-être cogné un peu fort en première instance.

35:05
Jean-Philippe Tanguy

– Non, sincèrement, non. – Maintenant, on ne dit plus rien sur la justice. – Non, mais nous n'avons pas, entre guillemets, cogné sur l'autorité judiciaire. C'est qu'il y avait une décision de justice avec des éléments dedans qui nous paraissaient très problématiques. Donc, par définition, on ne peut pas, comment dire, anticiper une réaction par rapport à une décision, ce qui est certain.

35:21
Invité

– Vous prévoyez quelque chose, en tout cas, si jamais vous n'êtes pas satisfait de la décision de justice,

35:25
Jean-Philippe Tanguy

et que vous, il y a une option, on va faire un meeting, quelques jours après, dans les rues de Paris. – Non, mais moi, ce qui est certain, c'est que Marine Le Pen a été très clair, y compris, d'ailleurs, dans les entretiens qu'elle a pu vous accorder. Elle n'est pas un homme, entre guillemets, politique comme les autres. Marine Le Pen, elle a toujours prévu, comment dire, la suite de la défense de son combat.

Quoi qu'on pense de nos idées, je pense qu'il n'y a quand même pas beaucoup de femmes politiques de l'ampleur de Marine Le Pen qui ont accepté d'avoir quelqu'un d'aussi talentueux que Jordan Bardella, de voir quelqu'un, alors que Marine Le Pen était au fait de son influence politique, d'avoir prévu une suite de grande qualité, quelqu'un capable de prendre la relève. Jordan Bardella, accompagné, évidemment, de nos compagnons et camarades. – On se doute, il y a eu des séminaires, vous avez travaillé, semble-t-il, ces derniers temps, donc vous avez quand même établi des choses.

– Vous savez, moi, Marine Le Pen, à titre personnel, mais pour les militants du Rassemblement National et tous ceux qui partagent nos convictions, elle a changé notre vie. Vraiment, elle a changé notre vie, pourquoi ? Elle a rendu notre dignité à un combat patriotique. – Est-ce que Jordan Bardella changera votre vie ? – Défendre la patrie sans être d'extrême droite, voilà. Et ça, c'est quand même l'hérite. C'est déjà le leg, quoi qu'il arrive, quoi qu'elle fasse, incroyable de Marine Le Pen. Et je trouve d'ailleurs, que moi je le dis librement, que nos adversaires politiques devraient remercier Marine Le Pen pour tout ce qu'elle a fait.

Parce que le fait que le principal parti d'opposition, 30% des voix, soit un parti politique qui refuse radicalement par rapport à d'autres choses qui se passent dans d'autres démocraties, toute forme d'extrémisme, toute forme de haine, toute forme de démagogie, eh bien c'est le travail incroyable qu'a fait Marine Le Pen.

36:53
Présentateur

– Il n'y aura pas d'appel à l'insurrection ?

36:57
Jean-Philippe Tanguy

– Non, mais il n'y a jamais eu d'appel à l'insurrection, monsieur. Il ne faut pas non plus exagérer par rapport à ce qui est passé. On a fait un meeting, on a défendu un certain nombre d'options politiques, nous n'avons jamais appelé à quoi que ce soit de manifestation violente. Là, vous confondez, j'espère que ce n'est pas volontaire, avec les insoumis, eux, dès qu'ils ne sont pas contents, et comme leur nom l'indique, appellent à l'insurrection, à la violence, à la haine. C'est-à-dire, est-ce qu'il y a eu des... Par exemple, excusez-moi, parce qu'on peut quand même comparer, est-ce qu'il y a eu des dégradations, place Vauban, devant les Invalides, dans le Rassemblement National ?

37:23
Présentateur

– Non, mais il y a eu des juges qui ont été menacés, qui ont porté plainte après les décisions.

37:26
Jean-Philippe Tanguy

– Excusez-moi, ce ne sont pas les militants du Rassemblement National. On n'a jamais cautionné, et vous le savez, monsieur Darès. – Vous l'avez fait, effectivement, sur ce plateau. – À la minute même où ça a été fait, on a critiqué et condamné toute menace contre les magistrats, et évidemment, les forces de l'ordre, ça n'a rien à voir.

37:40
Présentateur

– Sur un plan politique, Jean-Philippe Tanguy, si la décision de justice qui est rendue, évidemment, aura un impact majeur, à vos yeux, le meilleur candidat, c'est Marine Le Pen, ou c'est Jordan Bardella pour gagner cette présidentielle ?

37:53
Jean-Philippe Tanguy

– Oui, Marine Le Pen est la chef naturelle de notre famille politique. Jordan Bardella s'est investie en politique, comme moi et d'autres, pour Marine Le Pen. C'est notre candidat naturel, donc il n'y a pas, si vous voulez, à hiérarchiser. – C'est la meilleure candidate, à vos yeux ? – Mais Marine Le Pen, elle a une expérience particulière, vous le savez très bien, et Jordan Bardella, s'il fait sa campagne, ce ne sera pas, comment dire, ce n'est pas que Marine Le Pen est meilleure, ce n'est pas pour ne pas répondre à votre question, c'est qu'évidemment, ce sera totalement différent.

Et si ce n'était pas une campagne différente, avec des axes différents, avec un parcours différent, avec une vie différente, on aurait déjà perdu. Non, juste, on aurait déjà perdu. Si Jordan Bardella fait la même campagne que Marine Le Pen, ou si Marine Le Pen faisait une campagne dans un autre monde qu'on avait prévu pour Jordan Bardella, les deux perdraient, évidemment, ça n'a aucun sens. Vous savez que nous sommes, en tout cas, moi, je m'inscris dans le gaullisme.

Le gaullisme, ça veut dire que la Ve République, le président de la République, c'est une rencontre entre un homme, une femme et un peuple, un destin national, et donc forcément, la campagne que vous faites est liée à cette personnalité et à ce lien avec les Français et les Français. Mais ce qui est sûr, c'est que Jordan Bardella bénéficiera évidemment du travail admirable, incroyable, intellectuel et politique, qu'a fait Marine Le Pen, et pour cela, nous le sommes tous reconnaissants. Mais moi, mes tripes de bretons disent qu'elle va se présenter.

39:10
Invité

– Vous êtes un proche de Marine Le Pen, vous êtes très proche d'être dans l'Assemblée nationale. Si demain, c'est Jordan Bardella le candidat, est-ce que vous allez vous convertir au bardellisme ? Est-ce qu'il vous a donné des garanties sur votre place dans la campagne présidentielle qu'il mènera ? Vous serez à ses côtés, puisque vous avez des garanties aussi sur son programme politique ? Il y a parfois des dissonances entre ce qu'il avance sur les retraites par rapport à Marine Le Pen.

39:32
Jean-Philippe Tanguy

– Moi, vous savez, tout ça est très exagéré par la presse, mais en tout cas, mon sort personnel, il n'a aucun intérêt. En tout cas, ça ne m'intéresse pas. – Mais sur le plan programmatique ? – Comment ? – Sur le plan programmatique, c'est ce que dit Hugo. – C'est très exagéré. Vous savez, il se trouve que…

39:43
Présentateur

– Qu'est-ce qui n'est pas négociable dans le projet du RN ? À quoi il ne faut absolument pas qu'il renonce ?

39:47
Jean-Philippe Tanguy

– Mais je n'ai aucune raison de partir du principe qu'il va renoncer à quoi que ce soit. Je veux dire, Jordan Bardella, j'ai l'impression que ça a été un peu oublié. Aujourd'hui, Premier ministre, dans un binôme, avec Marine Le Pen, si les Françaises et les Français nous font confiance. Il a défendu, pas plus tard qu'en 2024, le programme politique législatif qui était un peu adapté, mais qui était à 99% celui de Marine Le Pen. Il n'y a aucune raison d'envisager des ruptures, des reniements.

Il y a un travail qui est fait, parce que c'est ça, en fait, la réalité, pour y être associé directement, sur l'amélioration du programme du Rassemblement National, sur une adaptation aux réalités économiques.

40:20
Invité

– Donc ça sera pareil, quoi qu'il arrive, et vous serez aussi bien porte-parole de Marine Le Pen que porte-parole de Jordan Bardella. Vous aurez votre place auprès des deux, quoi qu'il arrive.

40:28
Jean-Philippe Tanguy

– Vous savez, moi, j'ai une petite particularité, c'est que moi, j'ai été, pendant 8 ans, et j'ai eu l'honneur d'être avec Nicolas Dupont-Aignan, je me suis engagé dans un parti en 2012 qui faisait 1,5% des voix. Vous savez, en termes d'opportunistes politiques, je pense qu'on l'a connu plus grossier. Donc moi, je suis à la place qu'on me donne. Moi, je suis au service de mes convictions, je suis au service de Marine Le Pen. – Mais aussi à l'aise avec l'un comme avec l'autre ? – Mais bien sûr. – Avec la même maison ? – Mais bien sûr. Pour la petite histoire, je connais Jordan Bardella, avant, humainement, avant Marine Le Pen, je le connais depuis les années 2015.

– Donc vous êtes le premier des bardellistes ? – En fait, ça n'existe pas. En fait, le bardellisme ne peut pas exister, puisque c'est du marinisme. C'est les poupées que je gagne. – C'est les poupées que je gagne, non ? – Oui, Jordan Bardella est intégré dans la doctrine politique de Marine Le Pen, puisqu'il s'est engagé pour elle. Enfin, je ne sais pas, c'est évident, non ?

41:17
Présentateur

– Alors, il y a quelqu'un qui vous cible ce matin fortement, qui cible aussi la France infoumise. C'est dans les collines de la tribune dimanche, il s'agit d'un candidat à l'élection présidentielle, Gabriel Attal, qui dit vouloir desserrer la tenaille entre le RN et les FI. Il écrit dans la tribune dimanche qu'il y a une forme finalement de presque d'accord officieux entre vous, je pousse un peu, jugeant que votre opposition apparente est presque fausse, que vous auriez besoin l'un de l'autre, il qualifie ça même, il va loin, de pacte nationalo-insoumis, jugeant que finalement, la France insoumise a besoin de vous et que vous auriez besoin de la France insoumise pour l'emporter.

Est-ce qu'il y a officiellement un pacte nationalo-insoumis, Jean-Philippe Tanguy ?

41:57
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais il y avait un pacte Gabriello-Mélenchoniste. C'est-à-dire ? Pour sauver ses fesses aux dernières élections législatives, Gabriel Attal a fait appeler aux insoumis, les insoumis ont appelé à soutenir M. Attal. Les insoumis ont offert 60 postes de députés à Gabriel Attal et Gabriel Attal a offert à la gauche et aux insoumis en particulier entre, pareil, une cinquantaine de postes. Donc, c'est un peu grottel. On en revient, vous voyez, comme quoi tout est dans tout. On en revient à peu près au monde parallèle de Mme Barbu, ministre de l'Écologie, au monde parallèle de M. Nunez, ministre de l'Intérieur, au monde parallèle de Gabriel Attal.

Alors, je rappelle quand même pour la petite histoire de sa biographie, parce que c'est toujours intéressant la vie des gens. Donc, Mme Barbu, millionnaire, M. Nunez, ancien préfet, et M. Attal, acteur raté. Alors, rappelons-le. Acteur raté, il voulait être acteur. Il y a tout un tas de preuves qui pouvent qu'il voulait être acteur, comme M. Macron, d'ailleurs, comme quoi c'est un...

42:42
Présentateur

Quel est le rapport avec lui aujourd'hui ?

42:43
Jean-Philippe Tanguy

C'est un acteur raté. C'est de la comédie, c'est du cinéma. Je lui avais dit une fois, je lui avais dit ce que le pape avait dit à Napoléon Bonaparte. Je lui avais dit « Comediente, tragedante ». C'est-à-dire que c'est de la comédie, c'est du cinéma, la tenaille.

42:54
Invité

Mais d'un point de vue stratégique, vous avez quand même plus intérêt à vous retrouver face à LFI au second tour que face à un autre candidat, si on en croit les sondages.

43:00
Jean-Philippe Tanguy

Les sondages, c'est une chose, mais ce qui est plus important, c'est ce que pense Marine Le Pen. Et Marine Le Pen, elle a établi que nous préférions affronter M. Philippe pour une raison simple. C'est qu'affronter M. Philippe Gabriel Attal, c'est les mêmes. C'est en fait affronter le bilan catastrophique qui lague à la France. Là, on a eu 75 milliards de hausses de dettes sur un trimestre. La dette publique depuis 20 ans a augmenté trois fois plus vite que le PIB. Donc ça, c'est l'appauvrissement général qui se traduit par ce qu'on a vu sur les services publics et la tyrmondisation de la France ou le drame de la justice. C'est le bilan de M. Attal.

Donc il peut inventer le cinéma, faire de la provocation parce que pour ceux qui nous écoutent, en fait, il fait un parallèle avec le pacte germano-soviétique entre Staline et Hitler. Vous voyez, on en est là. C'est-à-dire, on en est là.

43:47
Présentateur

Il ne cite pas Staline et Hitler dans sa tribune. Attention.

43:52
Jean-Philippe Tanguy

Parce que ce n'est pas seulement un acteur raté, vous avez raison. C'est aussi Alash. Et en fait, quand vous lisez la tribune... Oui, Alash. Et donc quand vous lisez la tribune, il compare le Rassemblement National à M. Poutine, donc les Russos-soviétiques. Il compare M. Mélenchon à Trump en faisant passer pour un nazi. Encore une fois, il n'est pas ça. Mais... Juste en précision... Monsieur Daré. Non mais on va être sur la précision. Monsieur Daré. La précision. Jean-Philippe Tanguy, on va vous citer. Vous savez, c'est la femme quand on était des petits singes, celui qui ne veut pas voir, celui qui ne veut pas entendre, celui qui ne veut pas parler.

Il se trouve que moi, j'entends tout, je vois tout et surtout, je dis tout.

44:26
Présentateur

Alors justement, on va s'arrêter sur ce qu'il dit précisément.

44:29
Invité

Oui, il parle du RN de Jordan Bardella et de Marine Le Pen, Gabriel Attali. Il dit qu'il se glisse de plus en plus dans les habits poutiniens, toujours prêts à relayer en France la propagande anti-Ukraine du Kremlin. Eux aussi, elles m'aiment s'en prendre à nos institutions, à la dépendance de la justice. Vous êtes poutiniens, Jean-Philippe Tanguy ?

44:46
Jean-Philippe Tanguy

Non mais si vous voulez, on parlait de Napoléon, ce que disait Talran, si c'est excessif, c'est insignifiant. C'est grotesque. Qui a invité M. Poutine à Versailles en grande pompe ? C'est Emmanuel Macron. Est-ce qu'on a déjà entendu M. Attal, par exemple, quand il était au service de Mme Marisol Touraine dans un cabinet socialiste, se scandalisait du fait que M. Hollande était d'accord pour construire un gazoduc entre l'Allemagne et la Russie, à savoir Nord Stream 2, rendant dépendant l'Europe du gaz de M. Poutine. Ce n'est pas le Rassemblement National qui a construit le trio, c'est le SPD, les Verts, la SDU, le centre droit allemand, avec le soutien des gouvernements français.

Vous n'avez aucune sympathie pour Vladimir Poutine ? Mais zéro ! Mais zéro ! C'est surréaliste tout ça, c'est une invention. C'est comme le climato-scepticisme du Rassemblement National, le Poutine. En fait, c'est orwellien.

45:31
Présentateur

Vous parlez du climato-scepticisme.

45:34
Jean-Philippe Tanguy

Mais en fait, c'est intéressant parce que le Rassemblement National, d'ailleurs, là, ils sont un peu fricotés avec ça. On n'a jamais été au pouvoir, mais on est responsable de toutes leurs erreurs. Toutes les erreurs des socialistes, de la droite, d'Emmanuel Macron et de M. Attal, ce n'est jamais eux. Quand ce n'est pas les martiens, c'est le Rassemblement National. Parce qu'on est responsable de tout, sans avoir été au pouvoir. C'est absolument incroyable. Il y a quand même eu des rencontres

45:54
Présentateur

avec Vladimir Poutine.

45:55
Jean-Philippe Tanguy

Il y a eu un certain nombre de choses. Il y a eu une rencontre avec Vladimir Poutine. Marine Le Pen, ça a été dit mille fois, aurait rencontré tous les dirigeants politiques qui lui ont proposé de le rencontrer. Il se trouve que c'était Vladimir Poutine. Elle a rencontré n'importe qui d'autre. Quand on se répare à la présidentielle, vous rencontrez les puissants de ce monde.

46:11
Présentateur

Ça ne sera pas une campagne sous influence.

46:13
Jean-Philippe Tanguy

Mais pas du tout. Mais tout ça, c'est du cinéma. Mais vraiment, je le dénonce pour une raison simple, M. Darek. Sauf que j'ai présidé une commission d'enquête sur les ingérences étrangères. Je vous dis quelque chose de très simple, que tout le monde sera d'accord avec ça. Déjà, toutes les auditions de cette commission montraient qu'il n'y avait pas d'influence étrangère en France. Tant mieux, en tout cas, qu'on résistait et qu'aucun parti politique n'était sous influence. Et il faut s'en féliciter. Et je le dis d'ailleurs aussi pour les insoumis, qui parfois sont injustement accusés de ça, personne n'est sous influence en France et tant mieux. Si c'était vrai, M.

Darek, c'est-à-dire que si M. Macron, quand il dit à Mme Le Pen qu'elle était soi-disant sous influence, si le président de la République savait cela, le Rassemblement National ne pourrait pas se présenter en France. Évidemment. Parce que s'il y avait le parti principal d'opposition qui était sous influence étrangère, les services de sécurité de l'État nous empêcheraient de nous présenter. Heureusement, d'ailleurs. Donc tout ça, c'est du cinéma. Ça consiste à ne pas avoir de débat de fond sur l'économie. Parce qu'aujourd'hui, je vous remercie d'autres invitations, mais avec les macronistes, on n'arrive jamais à avoir de débat de fond. Et bien vous savez qu'ici même, on va organiser,

47:09
Présentateur

on a essayé d'organiser des débats et on organisera évidemment des débats dans BFM Politique tout au long de cette campagne. Ce sera le rendez-vous des débats politiques. Merci d'avoir été notre invité. Merci, bon dimanche. Cette campagne...

JEAN-PHILIPPE TANGUY : « La surmortalité est absolument insupportable ! » (BFM) — Jean-Philippe Tanguy · Pourquijevote