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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 17 mars 2023 13 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesInstitutions & électionsSolidarités & familleSanté

Jean-Luc Mélenchon : "Nous retirons notre motion de censure au profit de celle du groupe Liot"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ce matin vous regrettez l'utilisation de cet article 49.3 ? Vous auriez préféré un vote ? Ou bien est-ce que vous êtes satisfait de voir le gouvernement contraint d'y recourir ?

  • 2:03OuverteRéponse partielle

    Mais vous auriez voulu un vote des députés à l'Assemblée, vous auriez aimé qu'il y ait un vote sur les 64 ans ?

  • 2:36RelanceRéponse directe

    Et d'un point de vue institutionnel, le texte aura valeur si l'émotion de censure lundi prochain échoue ?

  • 3:12RelanceRéponse partielle

    C'est un petit peu de votre foot pour l'Assemblée. L'obstruction de la première lecture, l'article 7 n'est pas examiné parce que vous ne voulez pas qu'il soit examiné.

  • 4:25RelanceRéponse directe

    Compte tenu de ce que vous nous dites, Jean-Luc Mélenchon, est-ce que vous reprenez l'expression de Mathilde Panot, hier chef de file des députés insoumis à l'Assemblée, nous sommes dans un basculement autoritaire. Vous dites ça ce matin ?

  • 6:19OuverteÉludée

    Jean-Luc Mélenchon, est-ce que vous condamnez ces débordements ? Et est-ce que vous les redoutiez ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42Invité politiqueFait
    « Je suis les deux. D'un côté, le 49.3 est une mesure extrêmement brutale, pardon de vous contredire, mais elle n'a pas d'équivalent, car 49.3 bloque et considère qu'une loi est adoptée tant que le gouvernement n'a pas été renversé. »
  • 1:32Invité politiqueFait
    « Donc il n'y a pas d'équivalent, et donc de ce point de vue, je déplore ce 49.3, et je souhaite que la 5e République soit remplacée par une 6e République à la suite d'une constituante. »
  • 2:18Invité politiqueFait
    « La situation politique est la suivante, nous avons, nous, atteint notre objectif, nous, je dis tous ceux qui étaient contre cette réforme, ce texte n'a aucune légitimité parlementaire, on a raison de se révolter, on a raison de se mobiliser. »
  • 2:34Invité politiqueFait
    « parce que ce texte ne vaut que ce que vaut la parole de quelqu'un qui est minoritaire dans le pays, le président de la République, qui n'a pas de majorité à l'Assemblée. »
  • 2:59Invité politiqueFait
    « Et j'ajoute ceci, ce sera une très grande première dans l'histoire parlementaire de la France, parce qu'on aura un texte qui n'aura été voté librement nulle part, ni au Sénat, ni à l'Assemblée. »
  • 3:24Invité politiqueFait
    « Ils ont décidé, article 47.1, qu'on appliquerait l'article 47.1 qui limite dans le temps la discussion. Et le limite d'une manière qui n'est pas constitutionnelle, parce que ça se rapporte à la nécessité obligatoire d'avoir voté le budget de l'État et de la Sécu avant Noël. »
  • 4:53Invité politiqueChiffre
    « 28 fois, il a utilisé le 49-3. C'était un vrai démocrate, contrairement à l'usage abusif qui a été fait. »
  • 8:29Invité politiqueChiffre
    « Elle est excédentaire, cette année encore, de 3 milliards, et en 2027 ou 2028, elle sera excédentaire encore. »
  • 8:46InvitéFait
    « Il n'y a pas de déficit des retraites, il n'y a pas de 13 milliards d'euros manquant en 2030. »
  • 10:01Invité politiqueFait
    « Il avait été décidé qu'en toute hypothèse, les Insoumis déposeraient une motion de censure. Ça se ferait ensuite. »
  • 10:43Invité politiqueChiffre
    « Elle l'a fait dix fois. »
  • 12:26Invité politiqueFait
    « Mathilde Panot avait les yeux assez sévèrement atteints parce que c'était du poivre qu'ils ont tiré cette fois-là. »

Temps de parole

  • Jean-Luc Mélenchon78 %
  • Présentateur18 %
  • Invité4 %

2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

7h48, vous l'avez compris, pas de débat éco exceptionnellement ce matin compte tenu de l'actualité, mais un premier invité dans ce 7h30, on va parler d'économie évidemment. Bonjour Jean-Luc Mélenchon, ancien candidat à l'élection présidentielle, leader de la France insoumise. Merci d'être avec nous ce matin. Vous n'êtes plus député Jean-Luc Mélenchon, mais vous étiez hier à l'Assemblée nationale, en observateur, au moment où Elisabeth Borne a annoncé qu'elle aurait recours à l'article 49.3 de la Constitution pour faire passer sa réforme des retraites. Est-ce que ce matin vous regrettez l'utilisation de cet article ? Vous auriez préféré un vote ?

Ou bien est-ce que vous êtes satisfait de voir le gouvernement contraint d'y recourir ?

0:39
Jean-Luc Mélenchon

Je suis les deux. D'un côté, le 49.3 est une mesure extrêmement brutale, pardon de vous contredire, mais elle n'a pas d'équivalent, car 49.3 bloque et considère qu'une loi est adoptée tant que le gouvernement n'a pas été renversé. Nous avons un article équivalent à celui des Allemands, c'est le 49.2, je crois que c'est le 49.2, qui dit qu'on peut déposer une motion de défiance à l'égard du gouvernement, mais c'est en dehors de la procédure de l'adoption d'une loi.

Donc ça, c'est un cas unique qui résulte, là vous avez raison, d'une situation cafardesque de la période de la 4e République, où on a essayé d'inventer, le général de Gaulle avait appelé ça la démocratie rationalisée, bonjour tout le monde, c'était quand même une façon de serrer la gorge à tout le monde. Donc il n'y a pas d'équivalent, et donc de ce point de vue, je déplore ce 49.3, et je souhaite que la 5e République soit remplacée par une 6e République à la suite d'une constituante. Mais, après c'est un combat, enfin on ne va pas raconter d'histoire, c'est un combat qui a lieu.

La France sociale est entièrement mobilisée, la France politique est entièrement mobilisée, tous les partis, et dans ce combat, on regarde le président de la République qui administre l'État au lieu de gouverner le pays. Alors lui, il a décidé qu'il fallait absolument cette réforme-là, celle-là, et pas une autre. Et la discussion n'a pas lieu, et ça passe de force.

2:03
Invité

Mais vous auriez voulu un vote des députés à l'Assemblée, vous auriez aimé qu'il y ait un vote sur les 64 ans ?

2:07
Jean-Luc Mélenchon

Moi je prends, ce n'est pas mes voeux n'importe peu, ce qui compte c'est la situation politique. La situation politique est la suivante, nous avons, nous, atteint notre objectif, nous, je dis tous ceux qui étaient contre cette réforme, ce texte n'a aucune légitimité parlementaire, on a raison de se révolter, on a raison de se mobiliser, parce que ce texte ne vaut que ce que vaut la parole de quelqu'un qui est minoritaire dans le pays, le président de la République, qui n'a pas de majorité à l'Assemblée.

2:36
Invité

Et d'un point de vue institutionnel, le texte aura valeur si l'émotion de censure lundi prochain échoue ?

2:42
Jean-Luc Mélenchon

Alors, bien sûr, mais il y a façon et façon, comme je l'ai dit, on administre ou on gouverne. Si vous administrez, c'est écrit à l'article 49.3, ceci et cela va se passer. Si vous gouvernez, ça veut dire quand même tenter de rassembler un peuple sur des objectifs communs, c'est une méthode épouvantable. Et j'ajoute ceci, ce sera une très grande première dans l'histoire parlementaire de la France, parce qu'on aura un texte qui n'aura été voté librement nulle part, ni au Sénat, ni à l'Assemblée.

3:09
Invité

C'est un petit peu de votre foot pour l'Assemblée. L'obstruction de la première lecture, l'article 7 n'est pas examiné parce que vous ne voulez pas qu'il soit examiné.

3:17
Jean-Luc Mélenchon

C'est bien, mais écoutez, rien n'obliger à ce qu'il y ait un temps contraint. Ça, c'est une trouvaille de M. Macron et de Mme Borne. Ils ont décidé, article 47.1, qu'on appliquerait l'article 47.1 qui limite dans le temps la discussion. Et le limite d'une manière qui n'est pas constitutionnelle, parce que ça se rapporte à la nécessité obligatoire d'avoir voté le budget de l'État et de la Sécu avant Noël. On n'est pas à Noël, là. On est en janvier. Si on appliquait littéralement la Constitution, on dirait, ben, vous avez jusqu'à décembre prochain pour en discuter, puisque c'est prévu qu'on doit avoir fini en décembre. Non, ce qui est prévu, c'est que ça fera 50 jours.

Un, c'est lui qui a boqué la discussion. Deux, la discussion a commencé. Soit vous décidez que le droit d'amendement n'existe pas, il comporte la possibilité de faire de l'obstruction. Tout le monde en a fait, de tous les partis, depuis le début de la Vème République. Je vous rappelle qu'a duré deux mois la privatisation de TF1, pour donner un exemple. J'en ai vu d'autres, à l'Assemblée Nationale ou au Sénat. Par conséquent, ça n'a pas été voté librement au Sénat à cause du 47 ans, puis il y a eu un vote bloqué, et à l'Assemblée Nationale, on a voté de deux, en tout et pour tout, deux articles de la loi, dont un a été battu. Compte tenu de ce que vous nous dites, Jean-Luc Mélenchon,

4:27
Présentateur

est-ce que vous reprenez l'expression de Mathilde Panot, hier chef de file des députés insoumis à l'Assemblée, nous sommes dans un basculement autoritaire. Vous dites ça ce matin ?

4:35
Jean-Luc Mélenchon

Alors, je pense qu'elle a raison de parler comme elle le fait. D'abord, si on parle un ton plus bas, on n'est pas écouté. Alors donc, il faut toujours un peu monter le ton. Mais elle n'est pas la seule. Au Sénat, une sénatrice socialiste a dit que c'était un coup d'État.

4:48
Invité

Mais Michel Rocard était autoritaire, alors ?

4:50
Jean-Luc Mélenchon

Mais je ne sais pas, moi je n'ai pas là, ce n'est pas Michel Rocard qui est en face de moi, je le regrette. Non, mais 28 fois, il a utilisé le 49-3. C'était un vrai démocrate, contrairement à l'usage abusif qui a été fait. Et à tête du 49-3 ? Oui, peut-être bien, mais pas moi. Donc, je le dis, mais je ne voudrais pas qu'on a signé Michel Rocard.

5:05
Présentateur

Non, mais à l'époque, vous étiez sénateur, Jean-Luc Mélenchon, et le recours au 49-3 ne vous scandalisez pas ?

5:10
Jean-Luc Mélenchon

Ah bon ? Ah bon ? C'est que vous avez des souvenirs qui sont imprécis. Disons que j'ai eu des tensions avec M. Michel Rocard comme avec d'autres. Mais Michel Rocard était un vrai démocrate. Personne ne peut lui retirer ça. Ce n'est pas le cas. Et d'abord, Michel Rocard croyait à ses idées. Madame Borne est soi-disant de gauche. Personne ne se rappelle ce qu'elle a fait à gauche, ni quel type de bataille elle a jamais menée à gauche. Et elle vient et elle commence par citer Rocard le jour où elle procède à un coup de force. Et voyez-vous, il s'est passé quelque chose d'assez fondamental, c'est que tout aussitôt, il s'est produit des mobilisations spontanées dans tout le pays.

Il va de soi que, pour ma part, je les encourage, parce que je pense que c'est par là que ça se passe. Et les syndicats unis nous réappellent à l'action ce week-end et le 23 mars.

5:53
Présentateur

Jeudi prochain. Effectivement, Jean-Luc Mélenchon, des milliers de personnes se sont rassemblées hier soir dans plusieurs villes du pays. Et il y a eu aussi, en marge de ces manifestations, des violences, des dégradations à Paris, autour de la place de la Concorde, mais aussi à Nantes, à Dijon, à Marseille, à Rennes.

6:08
Jean-Luc Mélenchon

Et alors, vous êtes chargé de faire la morale ?

6:10
Présentateur

Dans les rues, je vous cite juste ce qui s'est passé. Et je cite aussi la maire de Rennes qui déplore des violences sidérantes. Jusqu'ici, les manifestations s'étaient déroulées dans le calme. Jean-Luc Mélenchon, est-ce que vous condamnez ces débordements ? Et est-ce que vous les redoutiez ?

6:23
Jean-Luc Mélenchon

Si vous m'avez réuni, invité pour faire la police morale, vous vous êtes trompé de client. Trouvez-en un autre. Parce que, si vous voulez, là, dans la liste que vous venez d'évoquer, il manque quelque chose. Il manque l'intervention à 5h30 du matin des CRS, au dépôt de vitry des ordures. Hier matin. Oui, oui, oui, et décidant de tirer dans le tas, alors qu'au premier rang, il y a la présidente du groupe insoumis, Mathilde Panot, et les députés du Val-de-Marne, Clémence Boyard, Clémence Guettet, et Louis Boyard.

Et je crois que, je ne sais pas si Rachel y était ou pas, donc Clémence Guettet, Louis Boyard et Mathilde Panot étaient là, sains de leur écharpe, et l'ordre a été donné de tirer dans le tas. Ça, c'est une violence insupportable. Si on ne respecte plus le drapeau, quand on est soi-même chargé de soi-disant maintenir l'ordre, alors après, il ne faut pas s'étonner que Mme Borne parle pendant qu'on chante la marseillaise dans les églises. Jean-Luc Mélenchon, le 11 mars dernier,

7:19
Invité

Marseille, vous avez dit qu'il faut trouver une porte de sortie à cette crise, donc nous allons en trouver une par la force.

7:24
Jean-Luc Mélenchon

Oui, c'est la fin de ma phrase. Qu'est-ce que ça veut dire ? La force de quoi ? Mais la force du nombre, allons. Qu'est-ce qui est notre force principale ? Ce n'est pas quatre poubelles qui brûlent, c'est que c'est le travail, comme l'a dit le secrétaire général de l'Union départementale CGT, dans le style qui est le sien des Bouches-du-Rhône, mais qui est tellement percutant, M. Olivier Matheux. Il a dit, mais c'est nous qui faisons tout, c'est nous qui produisons tout. Par conséquent, on ne peut pas, et je vous demande de l'entendre, vous avez raison de dire qu'il y a une démocratie parlementaire avec une constitution. Je suis contre la constitution, mais je la respecte.

Mais il y a aussi ce qu'on appelle en France une république, une république sociale, c'est dans le texte de la constitution, et il y a une démocratie sociale. Par exemple, on vote pour élire des juges prud'hommes. Normalement, on devrait voter pour élire les administrateurs des caisses de la sécurité sociale, et, pardon de vous le dire, mais la caisse de la sécurité sociale ne peut pas être assimilée au compte public, puisqu'elle fonctionne avec des cotisations, et que globalement, la caisse de la sécurité sociale n'est pas en déficit. Elle est excédentaire, cette année encore, de 3 milliards, et en 2027 ou 2028, elle sera excédentaire encore.

Donc tout ça, ce sont des mensonges pour faire peur. Il n'y a pas de crise comptable de la sécurité sociale. C'est pour répondre aux injonctions de la Commission européenne que tout ça est monté.

8:46
Invité

Il n'y a pas de déficit des retraites,

8:47
Jean-Luc Mélenchon

il n'y a pas de 13 milliards d'euros manquant en 2030. Vous avez décidé, vous, commentateur de France Inter, que les caisses de la sécurité sociale... Non, c'est le rapport du cours. Non, mais écoutez, je sais... Pardon, je n'ai pas envie de m'en prendre à vous, mais je veux vous dire que la présentation que vous faites ne correspond pas aux faits. La caisse de la sécurité sociale était une caisse unique à la libération. Vous aviez dedans le chômage, vous avez tous les risques assuranciels qui étaient dans la même caisse. C'est le général de Gaulle, M. Debray, je crois, qui a découpé en morceaux... Non, c'est M.

Janonnet, je crois, qui a découpé en caisses différentes et demande que chaque caisse soit à l'équilibre. Pourquoi ? Si vous avez une année où la caisse santé s'est mieux portée, il y a un excédent, pourquoi on ne le reverserait pas dans les retraites l'année où il y a un trou ? Et l'année où les retraites sont excédentaires, pourquoi on ne le reverserait pas dans maladie ? La suite... La preuve, monsieur, pardon, c'est qu'actuellement, le gouvernement a décidé de reverser une partie de l'excédent de la caisse accident du travail dans la caisse retraite. Donc, il faut arrêter de raconter aux gens des choses qui ne sont pas. La sécurité sociale n'est pas en déficit. C'est un mensonge.

9:48
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, la suite, c'est le possible dépôt de motion de censure. Souhaitez-vous que le groupe LFI en dépose une ou bien faut-il soutenir celle qui sera déposée par les centristes du groupe Lyot ?

9:59
Jean-Luc Mélenchon

Ah, alors, je vous réponds tout de suite. Il avait été décidé qu'en toute hypothèse, les Insoumis déposeraient une motion de censure. Ça se ferait ensuite. On a constaté que toute la NUPES était d'accord pour qu'elle soit déposée. Nous refusons la banalisation du 49-3. Mais je vais répondre à votre question pour qu'elle ne reste pas en suspens. Nous avons décidé de donner les plus grandes chances possibles à la censure et donc de retirer notre propre motion de censure au profit de la motion de Lyot. Ça a été décidé hier soir par le groupe car je rappelle que ce sont des décisions qui dépendent du groupe parlementaire et pas du mouvement. Donc la décision a été prise.

Mais j'insiste solennellement, nous avons refusé la banalisation du 49-3. Elle l'a fait dix fois. Et hier, si on a chanté la Marseillaise, si mes amis ont décidé de le faire, c'est pour ne pas banaliser cette procédure. Et ils ont eu raison. Ça a déclenché ce que vous savez ensuite.

10:54
Présentateur

L'ANUP, plus les centristes, plus le RN, plus peut-être des députés LR pour soutenir cette motion de censure. Quelle est la cohérence, Jean-Luc Mélenchon ?

11:01
Jean-Luc Mélenchon

Ben la cohérence, c'est que personne ne veut cette réforme. Il ne faudrait quand même pas que vous abusiez. Tantôt, on nous demande quand c'est le gouvernement qui dit qu'il va faire voter LR de son côté. Alors là, c'est cohérent. Quand par contre, on se retrouve à dire qu'on ne veut pas du gouvernement, c'est incohérent. Non, vous verrez. Et d'ailleurs, je vais préciser. Le vote de la motion de censure ne signifie rien d'autre que le refus du texte sur les retraites à 64 ans. Et pourquoi je vous dis ça ? Parce que c'est Mme Borne qui l'a dit hier soir sur TF1. Elle a dit, il faut voter avec nous contre ne pas voter la motion de censure pour approuver la réforme des retraites.

Donc, ceux qui ne votent pas la motion de censure approuvent les retraites. Ce n'est pas le cas. Qu'est-ce que ça donnera si la motion de censure est votée ? Eh bien, Mme Borne s'en ira. Parce que c'est comme ça l'esprit de la Constitution, le gouvernement s'en va. Et M. Macron pourra nommer un autre gouvernement s'il a l'intention de le faire. C'est lui qui a rajouté la dissolution. Mais ça, ça n'est pas écrit dans le texte de la Constitution.

11:59
Invité

On n'a pas compris, point de précision, quand vous dites la police sur les piquets de grève tire dans le tas. Elle a tiré dans le tas quoi, en fait ?

12:05
Jean-Luc Mélenchon

Alors, je vais vous expliquer. Ça consiste. Vous êtes en rang. Je vais vous expliquer comment ça se passe. Vous mettez en rang. Vous mettez devant les parlementaires en écharpe et quelqu'un donne l'ordre qu'on tire des grenades lacrymogènes dans le tas. Donc, tout le monde s'est pris des grenades lacrymogènes. Mathilde Panot avait les yeux assez sévèrement atteints parce que c'était du poivre qu'ils ont tiré cette fois-là. Ce n'est pas les lacrymos. Et donc, ça a fait beaucoup de dégâts. Boyard était à terre. Guetet était... Tout le monde s'est mis à courir comme hier soir. Et ça, c'est absurde. C'est une violence excessive.

Franchement, on a l'impression d'être revenus dans la période de l'Allemand. Jusque-là, tout se passe bien. Ah bon, ça vous va ?

12:45
Présentateur

On voulait cette précision, Jean-Luc Mélenchon, sous vos propos en début de l'année. Merci à vous, Jean-Luc Mélenchon, d'avoir été notre invité ce matin sur France Inter. 8h, passé de 1 minute. Merci à vous, Jean-Luc Mélenchon.