Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Discours / meetingyoutube.com· 19 avril 2018 16 minFond programmatiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleTravail & emploiOutre-mer

#Adie30Ans : Discours de Bruno Le Maire

Source d'origine 1 locuteur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:29Bruno Le MaireChiffre
    « 1,4 milliard d'euros d'encours total de microcrédits en France. »
  • 4:17Bruno Le MaireChiffre
    « Le taux de pérennité des entreprises que vous avez financées avec vos microcrédits, avec vos décisions de prêts, c'est 76% de taux de pérennité, 84% de taux de maintien dans l'emploi. »
  • 9:44Bruno Le MairePromesse
    « nous supprimerons la limite d'âge de l'entreprise bénéficiaire d'un micro-crédit professionnel. »
  • 11:42Bruno Le MairePromesse
    « de débloquer 5 millions d'euros à la garantie des micro-crédits. »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:09
Présentateur

Merci, M. le ministre, cher Julien. Merci à tous d'être venus aussi nombreux ce soir pour fêter les 30 ans de l'ADI. Je dois dire que je vous ai trouvé un tout petit peu froid dans vos applaudissements pour Maria Novak. Donc si vous pourriez refaire des applaudissements nourris pour Maria Novak qui est à l'origine de l'ADI, qui a créé le microcredi en France. Je vous ai dit l'essentiel, je vais passer à l'accessoire. Je tenais à Maria pour ce que vous avez fait pour notre pays. On a une vision de l'économie en France quand on écoute les médias, quand on lit les journaux. On a le sentiment qu'entre le CAC 40 et la start-up, il n'y a rien.

Moi, je voudrais vous dire à quel point dans ma vision de l'économie française, tout le monde participe à cette économie. Tout le monde crée des emplois. Tout le monde participe à la création de richesses. Et il n'y a que de cette façon-là qu'on arrivera à s'en sortir. Mais Dieu sait qu'il fallait de l'imagination, chère Maria, du courage, du tempérament, et je sais que vous n'en manquez pas, pour avoir cette idée un peu folle de faire du microcredi.

Un peu folle parce que, dans le fond, ça consiste à faire confiance à des hommes, à des femmes, à qui plus personne dans la société ne veut faire confiance, à qui, en règle générale, on a claqué la porte parce qu'ils avaient eu des accidents de la vie, parce qu'ils n'avaient pas le bon diplôme, parce qu'ils n'avaient pas les bonnes qualifications, parce que les banques leur avaient déjà fermé leurs portes. Donc c'est une idée un peu folle, mais c'est une idée qui est, je pense, une idée profondément juste. Et c'est pour ça qu'elle est belle, et c'est pour ça qu'elle est nécessaire pour notre pays.

Merci d'avoir eu cette idée, et merci à tous vos successeurs, merci au président actuel de l'ADI, d'avoir continué à porter depuis 30 ans cette idée-là pour la concrétiser. Je voudrais juste redonner les chiffres, parce qu'ils sont impressionnants. Vous me disiez tout à l'heure, monsieur le président, 21 000 crédits accordés chaque année, puis je pense qu'on va pouvoir faire tous ensemble beaucoup plus. 1,4 milliard d'euros d'encours total de microcrédits en France. Et c'est une singularité en Europe. Et je pense que ça correspond profondément à la vision que la France a de son économie. Une économie qui ne doit pas être réservée à quelques-uns, mais qui doit être ouverte à tous.

Une économie qui est généreuse et une économie qui est solidaire. Et je voudrais tordre le coup à une idée qui est une idée totalement fausse, comme quoi, lorsqu'on fait preuve de générosité ou de solidarité, on abandonnerait un petit peu la responsabilité. Parce que je crois que c'est exactement l'inverse. Et là aussi, pour tous ceux qui pourraient penser cela, je voudrais simplement redonner des chiffres pour montrer que solidarité rime avec responsabilité. Le taux de pérennité des entreprises que vous avez financées avec vos microcrédits, avec vos décisions de prêts, c'est 76% de taux de pérennité, 84% de taux de maintien dans l'emploi.

C'est des chiffres qui sont largement supérieurs à bien d'autres entreprises, à bien d'autres projets économiques financés de manière beaucoup plus institutionnelle. Et je crois que ça mérite à nouveau vos applaudissements. C'est aussi, et les personnes qu'on a rencontrées tout à l'heure avec mon ami Julien Denormandie-le-Monde, c'est aussi des aventures humaines qu'on oublie, dont on ne parle pas souvent. Oui, la vie est dure pour beaucoup de Français, pour des millions de Français qui ont des accidents de santé, qui ont un conjoint qui tombe brutalement malade alors que c'est lui qui faisait bouillir la marmite parce que c'est lui qui avait l'activité économique.

C'est un salarié comme celui qu'on a rencontré tout à l'heure qui a un accident du travail, qui ne peut plus continuer. En même temps, il a 50 ans, il ne va pas s'arrêter de travailler. À 50 ans, il faut qu'il retrouve une activité. Mais c'est parfois des problèmes de dépression, des problèmes très personnels. Qui tend la main à ces Françaises et à ces Français ? Vous. Et c'est votre honneur de tendre la main à ceux qui sont le plus en difficulté et dont on parle le moins souvent.

Et c'est notre responsabilité, à nous, le gouvernement, les ministres, le Premier ministre, le président de la République, le gouverneur de la Banque de France, qui, je le sais, est totalement mobilisé sur ces sujets-là, de vous tendre la main et de répondre à vos questions ou à vos interpellations. J'ai lu le mégaphone. Attentivement. J'ai juste une petite suggestion à faire, connaissant bien le fonctionnement administratif de notre pays. Vous avez mis « On a dit à l'Elysée ». Je vous recommande de faire une deuxième brochure en mettant « On a dit à Bercy ». Ça peut être efficace et nécessaire. Donc vous avez dit, et nous, nous vous avons entendu.

Nous avons entendu sur toutes les remarques qui sont faites dans cette brochure. En plus, je la trouve très bien faite parce qu'il y a des témoignages qui sont très concrets. Tout ce qu'il faut, ça ne suffit pas. Ce n'est pas si simple. Mieux vaut être salarié, qui, je pense, sont particulièrement éclairants pour les décideurs politiques. Vous avez d'abord des problèmes d'obligations réglementaires qui sont trop lourdes.

Eh bien, dans le projet de loi sur la croissance et la transformation des entreprises, le pacte que je présenterai d'ici quelques semaines en Conseil des ministres et dont le président de la République a annoncé tout à l'heure que son examen commencerait à l'été prochain, nous allons simplifier un certain nombre d'obligations qui pèsent sur les artisans, sur les très petites entreprises et sur les créateurs d'entreprises comme vous qui ont accès au microcrédit. Je pense au stage de préparation à l'installation, le fameux SPI. Je sais qu'il peut rendre des services à beaucoup de personnes qui s'installent et qui démarrent.

Et tout à l'heure, on a vu une jeune femme qui fait des cookies, qui nous a dit « Oui, ce stage m'a aidé ». Mais je ne vois pas pourquoi ce stage serait obligatoire. Soit vous sentez que vous avez besoin d'avoir un stage préalable à l'installation et vous prenez ce stage qui, je le rappelle, est payant. Soit vous estimez que vous pouvez vous en passer parce que vous avez suffisamment d'expérience et suffisamment de compétences. Et dans ce cas-là, vous ne suivez pas de stage préparatoire à l'installation. Nous voulons le rendre facultatif. On exige un compte bancaire dédié pour les plus petits micro-entrepreneurs.

Je ne vois pas pourquoi on a cette exigence-là vis-à-vis des petits micro-entrepreneurs. Cela me semble une exigence exorbitante et compliquée pour vous. Nous supprimerons le compte bancaire dédié pour les plus petits micro-entrepreneurs. Il y a des limites d'âge, mais ça, comme toujours en France, on adore mettre des limites, des seuils, des contrôles, des règles, des normes, pour que surtout les mesures positives qu'on met en place ne bénéficient à personne. C'est pour ça que je vous dis, mettez bien, on a dit à Bercy, parce que mon administration, qui est une des administrations les plus compétentes de France, a donc vocation à réduire la dépense publique le plus possible.

Donc elle a parfois un talent certain pour empêcher que les mesures soient mises en œuvre ou coûtent quoi que ce soit. Il y a par exemple, je l'ai découvert, j'avoue que je ne connaissais pas, une limite d'âge pour l'entreprise bénéficiaire d'un micro-crédit professionnel pour l'ouverture d'un accès au micro-crédit. Cette limite, si j'ai bien compris, elle est de moins de 5 ans pour un premier prêt et de moins de 7 ans pour un second prêt. Mais moi, je ne vois pas, dans ce cas, je pourrais être 6 ans, puis pourquoi pas 8 ans, puis pourquoi pas 10 ans, enfin, on ne voit pas du tout d'où est tombée cette limite d'âge.

Donc comme je n'ai pas compris pourquoi il y avait une limite d'âge, comme je n'ai pas compris à quoi correspondait cette limite d'âge, nous supprimerons la limite d'âge de l'entreprise bénéficiaire d'un micro-crédit professionnel. Votre mégaphone est assez efficace. J'ai vu également que vous aviez lancé une expérimentation à Mayotte, un territoire dont on sait qu'il connaît des difficultés considérables, et où je pense que le micro-crédit peut être un soutien très efficace. Nous ferons un bilan de l'expérimentation qui a été menée à Mayotte pour évaluer une éventuelle généralisation du relèvement du plafond de prêt du micro-crédit professionnel dans les territoires ultramarins.

Je pense que les territoires ultramarins sont un vrai objectif pour le développement du micro-crédit. S'agissant du micro-crédit personnel, nous mettrons en place une offre digitale de micro-crédit dans le cadre des travaux qui sont menés par la Caisse des dépôts et consignations pour faciliter l'accès d'un plus grand nombre de bénéficiaires potentiels. Ça, c'est pour l'accès normatif et pour les problèmes réglementaires. Il y a évidemment toujours une deuxième difficulté, c'est normal quand on parle de crédit, c'est le soutien financier de l'État et l'action des partenaires.

Je veux vous dire ma détermination totale, avec le gouverneur de la Banque de France, avec qui, cher François Villeroy de Gallo, nous en discutons régulièrement. Je pense que nous partageons la même philosophie économique sur ce sujet. Notre soutien total pour vous aider à développer financièrement le micro-crédit. Nous soutiendrons l'augmentation de la dotation du Fonds de cohésion sociale au cours des prochaines années, avec comme objectif un encours cible de 2 milliards d'euros de micro-crédit d'ici 5 ans, contre un peu plus de 1,4 milliard d'euros à ce stade.

Et pour cela, je vous annonce que nous avons décidé, avec le gouverneur de la Banque de France, de débloquer 5 millions d'euros à la garantie des micro-crédits. Il y a une seule chose que je vous demande, ne le répétez pas trop fort en dehors de cette salle, parce que sinon, toutes les administrations de France et de Navarre vont publier une brochure, le mégaphone, on a dit, à Bercy, et ça va être très compliqué pour moi. Je demanderai également aux banques que je recevrai de se mobiliser pour améliorer la distribution des micro-crédits auprès des publics cibles et pour renforcer leurs échanges avec les institutions de micro-crédits.

Un effort particulier sera déployé pour promouvoir cet outil auprès de ses bénéficiaires potentiels, parce que j'ai bien noté qu'une des difficultés que vous rencontrez, c'est de faire connaître ce que vous faites, de faire connaître cette possibilité du micro-crédit. Eh bien, je demanderai à toutes les banques qui sont représentées, qui sont puissantes en France, qui ont des succursales partout sur les territoires, de se mobiliser pour porter cette nouvelle disponibilité du micro-crédit en France.

Nous avons également un contrat à impact social qui a été construit avec l'ADI, je crois que c'est le premier lancé en France, pour expérimenter de nouvelles méthodes pour instruire à distance des demandes de micro-crédits en zone rurale. Je veux vous dire que je soutiens totalement cet objectif. Je suis élu d'une zone rurale, je vois à quel point c'est compliqué en termes de déplacement, en termes d'accès à l'information, d'accès aux institutions, aux services publics. Eh bien, souvent, la seule solution, c'est d'avoir l'instruction par un outil innovant, notamment par Internet, de façon à ce que tous les moyens numériques soient mis à disposition de l'ADI.

Le CIS qui a été engagé porte la marque de cette innovation. Un, c'est une innovation dans le métier de l'ADI, parce que vous développez des moyens numériques pour proposer des micro-crédits. C'est une innovation dans votre relation avec l'État, puisqu'il y aura des échanges d'informations pour mieux évaluer les effets de ce nouveau contrat. Et c'est une innovation dans la conduite du projet, puisqu'il rassemble des parties publiques et des parties privées avec des cultures très différentes. Donc, nous allons soutenir ces contrats à impact social, et je suis persuadé qu'ils porteront de véritables résultats. Donc, vous voyez l'état d'esprit qui est le mien.

Résolument positif, en soutien total à ce que vous faites. Parce que, moi, j'aime votre démarche, et je le redis à Marion Novak, j'aime votre démarche parce qu'elle va vers ceux qui en ont le plus besoin. J'aime votre démarche parce qu'elle est responsable. Ce n'est pas la démarche de celui qui cherche absolument à avoir le soutien de ceci, le soutien de cela, c'est la démarche de gens qui sont dignes, qui sont fiers et qui veulent se prendre en main tout seuls, et qui demandent juste une chose pour se prendre en main, c'est que quelqu'un d'autre leur tende la main pour qu'ils puissent s'en sortir. Ils ne demandent pas 50 000 ou 60 000 euros. Ils demandent 4 000 euros en moyenne.

Et tous ceux qui, ici, dans cette salle, se sont lancés dans cette aventure du microcrédit, ont demandé 3 000, 4 000, 5 000, 6 000 euros pour acheter un four, pour acheter une camionnette, pour acheter un moyen de se déplacer, pour acheter des outils agricoles comme on l'a vu tout à l'heure, pour acheter de la farine, pour créer leur boîte, pour réaliser l'idée qu'ils portent en eux. Et cette idée toute simple, que chacun est responsable de sa vie, mais qu'une société doit en même temps être solidaire à l'égard de ceux qui veulent prendre cette responsabilité, c'est une idée dans laquelle je me retrouve totalement.

J'espère bien pouvoir revenir pour les 60 ans de la vie, et qu'on pourra dire que ce n'est pas 2 milliards d'euros d'encours, mais que c'est 10 auxquels nous sommes parvenus. Merci à tous. Applaudissements