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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 29 juillet 2025 42 minContradictoireMixteCulture, médias & sport

Faut-il interdire le torse nu en milieu festif ?

Source d'origine 3 locuteurs

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 11 %Attaque 1 %

Temps de parole

  • Présentateur30 %
  • Invité21 %
  • Invité 217 %
  • Invité 314 %
  • Auditeur9 %
  • Auditeur 26 %

0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

France Inter Bonjour, soyez les bienvenus dans le débat de midi sur France Inter. Faut-il interdire le torse nu dans les lieux festifs ? Voilà notre thème du jour. Le festival de musique électro Peacock Society a pris position à la mi-juillet. Désormais, c'est le t-shirt obligatoire pour tout le monde afin de limiter les comportements jugés dominants ou intrusifs. Si pour beaucoup, ce maître torse nu, c'est se sentir vivant, voire libre. Cette nudité peut également devenir un outil de prise de pouvoir à l'image de ces gormitis par exemple, ces hommes très musclés aux termes, aux torses bombés qui monopolisent la piste de danse. Qui a le droit de se mettre torse nu et pourquoi ?

La nudité nous renseigne-t-elle sur celui qui détient le pouvoir et qui est capable de l'imposer aux autres ? Une chose est sûre, sur le dance floor, tous les torses ne sont pas égaux. En théorie, la loi française ne distingue pas les gens. L'exhibition sexuelle dans un lieu public est interdite, mais elle ne sanctionne pas le fait pour un homme de se balader torse nu, alors que le torse des femmes, lui, reste la plupart du temps sexualisé, censuré. Alors que fait-on ? On interdit, on tolère ou on éduque ? Au lieu de cacher nos torses, ne faudrait-il pas plutôt changer notre regard ? On en parle jusqu'à midi 45. France Inter, le débat de midi, c'est ce qu'il y a de ville.

Chers auditeurs et auditrices, vous pouvez bien sûr participer à ce débat. Pratiquez-vous le torse nu en lieu festif. Réagissez sur l'implication France Inter et envoyez-nous des notes vocales sur le WhatsApp de l'émission. 01-45-24-7000. 01-45-24-7000. Pour en parceler aujourd'hui en plateau, j'ai le plaisir d'accueillir Marion Delpech. Bonjour Marion. Bonjour. Vous êtes coordonnatrice de la communication pour le Peacock Society Festival. Bonjour à vous, Safia Toumendi. Bonjour. Coordinatrice et formatrice au sein de l'association Consentis. Et puis au téléphone également avec nous, Rague. Bonjour Rague. Vous m'entendez ? Bonjour à toutes. Membre du collectif féministe Barbie Turis.

Vous êtes directrice artistique du club Virage. Et enfin, co-créatrice de la fête cuir et féministe La Wet For Me. Alors on se pose tout simplement cette première question que j'ai posée à nos auditeurs, à nos auditrices. Vous trois, pratiquez-vous le torse nu en lieu festif. Faites-vous tomber la chemise, le débardeur quand les températures grimpent, Safia Toumendi ? Pas du tout. Pas du tout. Je ne me sens pas de le faire, non.

2:38
Invité

Pourquoi ? Ben, c'est une question de sentiment de sécurité, voire de sécurité tout court, de regard, de tranquillité, globalement. Et vous Marion, dépêche. Je n'aurais pas grand-chose de plus à dire dessus, à ces raccords. Je pense que c'est finalement très lié au genre. Je pense qu'il y a très peu de femmes. Enfin là, c'est marrant, on en parlait en off, on n'est que des femmes à en parler aujourd'hui. Alors RAG aura sûrement un point de vue différent.

Mais en tout cas, sur des gros événements comme celui que moi je représente, Picoke Society, en effet, sur 15 000, quand il y a 15 000 personnes qui viennent à un endroit, en général, les femmes ne se sentent pas à l'aise pour être torse nu et à raison, pour plein de raisons différentes. En effet, le regard des gens, la sécurité, etc.

3:18
Présentateur

RAG, vous avez un autre point de vue sur la question ?

3:22
Invité

Oui, assez différent. Mais moi, je peux le faire, mais uniquement dans les soirées queer et les soirées lesbiennes, dans des espaces que je considère safe. Là, je peux me mettre topless, même si je le fais moins avant. Mais c'est vrai que je ne le ferai pas en festival ou dans la rue, ou même pour faire du sport, contrairement à nos collègues masculins. C'est vrai que même sur la plage, là, je suis actuellement en vacances, le topless n'existe plus. Donc il y a quand même un recul de la nudité, en général, féminine.

3:55
Présentateur

Alors si on en revient à nos lieux festifs, Marion Delpech, je rappelle, un coordinatrice de la communication pour le Festival Picoke Society, qui a donc interdit le torse nu il y a deux semaines à peine. Pourquoi avoir choisi d'interdire cette pratique dans le festival ?

4:11
Invité

C'était une volonté réfléchie depuis un bon bout de temps de la part de la direction et toutes les équipes assez raccordes avec. C'est le dance floor, comment on se l'approprie. Et c'est vrai que tout à l'heure, j'y pensais sur la route. Il y a quelque chose d'assez similaire avec la cour de récréation, où les hommes sont au milieu en train de jouer au foot, les femmes autour qui regardent. Et c'est vrai que malheureusement, parfois, sur le dance floor, c'est aussi ce qui peut arriver. C'est pas forcément volontaire ou fait exprès, mais en tout cas, c'est prendre de la place, être torse nu, faire des grands mouvements, etc.

Alors, il y a évidemment faire la fête, et ça, c'est normal, être joyeux. Mais en tout cas, est-ce qu'on laisse de l'espace pour toutes et tous, et majoritairement toutes aux féminins ? C'est vrai que pour nous, c'était une action... Alors, l'interdiction, est-ce que quand on fait la fête, il faut avoir des interdictions ? C'est plutôt, en tout cas, demander aux gens d'être respectueux par sa tenue, en fait. Donc, c'est pas tant, je pense, de le voir comme une interdiction. C'est respecter les uns les autres. Et donc, en effet, pour nous, c'était une mesure qui semblait pertinente à mettre en place. On pensait pas que ça allait faire autant discuter, que France Inter allait prendre le sujet.

Mais on est ravis d'en parler.

5:13
Présentateur

Et d'autres festivals en parlent, je pense notamment en Vieille Charrue, où effectivement, la question a été soulevée, même s'ils n'ont pas émis d'interdiction. Justement, est-ce que ça a été respecté, cette démarche-là, Marion Delphine ? Les festivaliers ont-ils joué le jeu ?

5:26
Invité

Écoutez, franchement, de manière très, très étonnante, à 99,9%, oui. J'ai vu des garçons remettre eux-mêmes leurs t-shirts en voyant la signalétique. Parce que c'est vrai qu'on a évidemment mis des messages à l'intérieur du festival. Je pense qu'il y avait aussi beaucoup de femmes qui disaient à leurs copains « Bon, s'il te plaît, remets ton t-shirt ». Et finalement, ça a créé de la pédagogie. Il y avait cette question de se dire « Est-ce qu'on ne va pas rentrer dans une confrontation ? » Peut-être avec des personnes qui ne voudraient pas remettre leurs t-shirts. Et finalement, en fait, tout le monde a joué le jeu. Donc, c'était une bonne expérience.

Et tout le monde a quand même passé un bon moment.

6:01
Présentateur

Alors, nous n'étions pas parmi les festivaliers. Il fallait, il fallait. Je sais, je sais. Je m'y mettrai l'année prochaine, évidemment. Par contre, Anae Balista et Ryan Saibi, de notre équipe ici du Divas d'Indi, ont été se promener dans les rues pour demander l'avis des gens. On adore ça, un petit micro-trottoir.

6:19
Auditeur

Personnellement, je ne pourrais pas me mettre torse nu. Mais ça peut se comprendre. Je l'ai déjà fait. Je suis coupable. Il y a de l'espace, que c'est dans un endroit découvert, etc. Ça ne me dérangerait pas trop. Après, je parle en tant qu'homme. Mais voilà, si vraiment tout le monde est collé, il n'y a pas beaucoup d'espace pour respirer. En plus, prendre la sueur de quelqu'un d'autre qui est torse nu, je ne vais pas signer pour ça quand je suis allé en soirée. Je trouve ça un peu égoïste de se dire « Je vais le faire. » Et au pire, si les gens sont dérangés, ils seront dérangés.

6:43
Présentateur

Alors, deux hommes, une femme ici, dans ce micro-trottoir, ça peut se comprendre. Oui, je suis coupable. Par contre, cette jeune fille qui dit que c'est un geste égoïste, en quelque sorte. Et vous l'avez soulevé, Marion Delphèche, mais j'aimerais bien qu'on en parle toutes les quatre. Effectivement, c'est amusant de constater que pour ce sujet, on se retrouve à quatre femmes sur ce plateau, dans ce studio de France Inter, à discuter de ce sujet. Qu'est-ce que ça raconte, justement, de notre sujet ? Qu'est-ce que cela révèle, Safiatou, Mendy ?

7:12
Invité

Je pense que ça raconte que c'est un non-sujet pour les hommes. Après, moi, j'aimerais amener une nuance quand on parle d'hommes et de femmes, parce que, justement, chez Consentis, on a sorti, il n'y a pas longtemps, une enquête sur le sentiment de sécurité et la sécurité des personnes LGBT dans les milieux festifs. Et quand on parle d'hommes, on parle bien d'hommes cis et hétéros. Les hommes trans, par exemple, ne font pas tomber le t-shirt avec autant de désinvolture et de non-conscience parce qu'un homme trans, peut-être, n'a pas fait d'opération et donc a des seins, ou bien a fait une opération et ça se voit. Donc, potentiellement, c'est aussi des individus qui sont en danger, torse nu.

Donc, juste pour ramener un petit peu cette nuance-là, c'est préférable de parler d'hommes cis et hétéros et de personnes sexisées. Donc, les personnes sexisées, c'est celles qui vivent le sexisme. Les hommes trans et les hommes gays en font partie. Et, de toute évidence, pour les hommes cis et hétéros, c'est un non-sujet. C'est-à-dire qu'ils n'y réfléchissent même pas, ils ne portent pas la charge mentale du corps nu dans l'espace public parce qu'ils ne sont pas en danger, puisque leur corps n'est pas sexualisé. Et donc, du coup, évidemment, ils ne sont pas là aujourd'hui pour en parler, puisque ce n'est pas une question dans leur vie.

8:20
Présentateur

Alors, quelle place pour les hommes dans ce débat rague, selon vous ?

8:26
Invité

Je rejoins, c'est Safiatou. En fait, je pense que les hommes cis ne se sentent pas concernés, en général, évidemment, parce que certains le sont. C'est vrai que ça se construit dès le plus jeune âge. C'est une construction de société, c'est une construction d'éducation, de faire attention à l'espace commun, aux gens qui sont autour de soi. Et c'est vrai que quand on a été privilégié toute sa vie, parfois, on n'a pas conscience du problème qu'on peut poser soi-même.

8:57
Présentateur

Ça veut dire quoi être privilégié, rague ? Ça veut dire quoi être privilégié ?

9:03
Invité

Un homme est forcément privilégié de par le fait d'être homme cis, particulièrement les hommes cis blancs aussi. Les hommes prennent beaucoup plus de place, ont plus de facilité à l'emploi, ont plus de niveau de vie. Voilà, nous, les femmes, nous sommes quand même... On reste une minorité dans la majorité. Et c'est vrai que les hommes ne se rendent pas forcément compte de leurs privilèges. Et ça fait partie d'une construction, d'une déconstruction qu'il faut qu'ils entament, mais par eux-mêmes. C'est-à-dire qu'il y a de l'éducation à faire, évidemment. Mais c'est aussi une question qu'ils peuvent se poser par eux-mêmes, comme celui qui a répondu assez justement dans votre micro-trottoir.

9:42
Présentateur

Alors, j'ai envie de vous faire écouter une auditrice ici qui nous a laissé une note vocale. Anne, à ce sujet, elle a été autorisée à se mettre torse nue en famille. Elle nous raconte.

9:53
Auditeur

Quand j'avais une vingtaine d'années, mon grand-père à table, il était torse nu et tous les garçons étaient torse nus. Et j'étais vraiment outré. J'ai dit, mais pourquoi ? Moi, je dois mettre un t-shirt. Et mon grand-père m'a répondu, il n'y a aucune raison. Tu fais comme tu veux. Et bien, je suis venue à table pendant une semaine, si ce n'est pas 15 jours, torse nu, comme les garçons. C'est marrant, tout le monde s'est rhabillé.

10:13
Présentateur

Je vous ai vu toutes les deux sourire ici en studio. Je ne vous vois pas, mais je vous imagine. Marion Delpech, Safiatou Mendy, dit, la nudité des femmes pousse-t-elle les hommes à se rhabiller ? Marion Delpech.

10:28
Invité

Honnêtement, je ne sais pas. Moi, c'est vrai que j'ai souvent tendance plutôt à me baser sur ce qui va être légal, pur et dur. Donc, en effet, la nudité des femmes est considérée comme de l'exhibition sexuelle. En tout cas, montrer la poitrine féminine, tandis que celle masculine ne l'est pas. Nous, quand on a commencé à communiquer sur ce sujet-là, on voyait beaucoup d'hommes réagir, justement, dans les commentaires. Enfin, pas la grosse majorité, mais une petite partie qui disait « Oui, mais moi, si je vois un corps de femme torse nu, dès notre plus jeune âge, ça nous excite. » Quand même, des choses...

Enfin, en tout cas, moi, en 2025, lire encore ce genre de propos sur les réseaux sociaux, je trouvais ça assez fou. Et donc, en fait, je me suis dit, mais en même temps, c'est là et le problème dès le départ, en fait. C'est si, pour les hommes, la poitrine féminine est tout de suite un attrait sexuel, presque animal, finalement. En effet, oui, mettons tous des t-shirts. C'est un peu terrible. Mais tant qu'on n'aura pas, comme disait Rack tout à l'heure, ou tant que, en tout cas, la plupart des hommes n'auront pas travaillé dessus, conscientisé et fait en sorte, en tout cas, d'évoluer sur ces questions-là. Malheureusement, on est encore dans cette obligation de devoir rester vêtu le maximum.

11:35
Présentateur

Alors, peut-être pas interdire, mais en tout cas, éduquer, je pense que c'est ce qui ressort, en quelque sorte, de votre discours. On va continuer à en parler, évidemment, dans le débat de midi. Il est midi 16, je vous propose une petite pause musicale pour notre plus grand plaisir. Feu Chatterton. Allons voir nouveau single, extrait de son prochain album, qui sortira au mois de septembre.

11:58
Auditeur

Quoi que les gens d'ici pensent, s'il n'est pas partout la même heure, trinéchant, quand plus rien ne fait mal, et tu rêves que tu t'enfuies, à la nage par le canal. Tu rêves d'un grand... Tu meurs d'envie d'aller voir, par toi-même, faire tes preuves. Et si c'était la mer à boire, eh bien que la mer t'abreuille, le ciel sera toujours bas.

14:49
Présentateur

Près du prochain album à venir de Feu Chatterton. Ce titre, donc, à midi et 19 minutes sur France Inter. On est toujours ensemble, évidemment, dans le débat de midi, avec nos invités, Marion Delpech, coordinatrice de la communication pour le Peacock Society Festival, Safia Tamendi, coordinatrice et formatrice au sein de l'association Consentis et RAG, membre du collectif féministe Barbie Turix, directrice artistique du Club Virage et co-créatrice de la fête cuir et féministe La Wet For Me. Et vous aussi, chères auditrices, chers auditeurs, vous êtes avec nous au sein de ce débat. Vous réagissez. J'ai reçu ici quelques messages.

Je pense qu'il y en a un qui s'adresse d'ailleurs directement à vous, Marion Delpech, Francis, qui dit ceci. Bonjour, le fait d'interdire aura-t-il un effet sur les mentalités ? Je ne crois pas.

15:41
Invité

On a eu pas mal de retours comme ça. Oui, mais interdire, ce n'est pas dans l'essence de la techno. Ce n'est pas ce qui faisait l'histoire même des rêves ou c'était dans des endroits de tolérance, de liberté. Évidemment, encore une fois, moi, je suis d'accord avec Francis. Le problème étant, c'est tant que moi, je ne peux pas garantir une sécurité et une bonne ambiance ou en tout cas pour les femmes qu'elles se sentent à l'aise et en tout cas quand j'ai 15 000 festivaliers ou 20 000, en effet, malheureusement, c'est impossible puisque n'importe où on va, de toute façon, quand vous allez dans la rue, c'est dangereux. Quand vous allez n'importe où, ça l'est.

Donc, en effet, oui, je suis d'accord qu'interdire le torse nu est peut-être très limitant dans sa liberté. Ceci dit, il ne faut pas bien. Et puis, le fait est qu'on en parle. Là, parce qu'il y a eu interdiction, on en parle.

16:28
Présentateur

Ça vient tout le monde. C'est vrai, c'est vrai. C'est la preuve qu'en fait, il y a de la pédagogie, ça ouvre le sujet. Rague, dans les fêtes, la wet formie que vous organisez, comment la nudité est-elle perçue dans les milieux queer ? Je vais prononcer ça avec un accent français, queer et pas queer, la belge, évidemment. Rague.

16:46
Invité

Oui, mais nous, c'est un peu différent parce que dans nos espaces, justement, on veut créer un espace de liberté et se réapproprier nos luttes et se réapproprier nos corps. Donc, forcément, la nudité, elle est plus que bienvenue. Ce n'est pas qu'elle est bienvenue, c'est que les personnes d'elles-mêmes se mettent torse nu ou se mettent topless. C'est vraiment se réapproprier quelque chose qu'on ne peut pas faire en festival, qu'on ne peut pas faire dans la rue, qu'on ne peut pas faire à la plage. C'est se réapproprier tout ça, nos corps, qui ne seront pas sexualisés, mais qui seront libres. Tout simplement.

Et comme, à juste titre, peut-être certains hommes se sentent libres, comme vous le disiez dans votre intro, c'est sentir la liberté d'enlever son t-shirt, sauf que nous, les femmes et les personnes queer ou les personnes trans, on ne peut pas le faire tout le temps parce que forcément, on est soit sexualisés ou agressés ou dragués. Voilà. Donc, dans nos espaces, c'est une garantie de pouvoir se sentir le plus safe possible et de se libérer de nos corps.

17:43
Présentateur

Voilà, c'est ça. Les femmes sont autorisées à se mettre torse nu. Cela dit, vous êtes plutôt pour règle l'interdiction du torse nu pour les hommes, chez les hommes.

17:54
Invité

Vous parlez des soirées gays, par exemple ? Absolument. Non, les soirées gays, c'est pareil. Ils sont entre eux, c'est un espace qui leur est dédié. Forcément, c'est historique. On parle de décennies de luttes où les hommes se mettent torse nu aussi et ça fait même partie d'un certain code.

18:16
Présentateur

Quel est le cadre à mettre en place pour rendre possible le fait que femmes ou hommes se dénudent, selon vous, Ragh ?

18:25
Invité

En fait, l'interdiction, je pense qu'on est au bout d'un processus. C'est-à-dire que la déconstruction, la sensibilisation n'ont pas forcément marché parce que certains ne se sentent pas concernés. Donc forcément, on en vient interdire. Mais là, on en parle aujourd'hui parce qu'on interdit quelque chose aux hommes. Là, ça devient un sujet. Par contre, nous, nos corps, le fait qu'ils soient sexualisés, le fait qu'on ne puisse pas se dénuder comme on veut, ça fait partie un peu des mentalités. Donc, moi, je trouve que c'est plutôt intéressant d'interdire, même si on arrive au bout d'un processus et que c'est dommage. Donc, je rejoins Marion là-dessus.

Mais malheureusement, la déconstruction et la sensibilisation n'est pas encore au rendez-vous dans les mentalités de certains hommes cis.

19:11
Présentateur

Est-ce que je vois sourire toutes les deux ou même éclatée de rire, je pense qu'on peut le dire. Vous réagissez aux propos de Ragh ? Safiatoui ? Mendy ?

19:20
Invité

Oui, moi, je ne pense pas qu'on est au bout de la déconstruction. Je pense vraiment que pour certains hommes cis, c'est un non-sujet encore à l'heure actuelle et que l'interdiction, là, ce qu'on constate, c'est que ça ouvre le débat et qu'il y en a qui découvrent presque ce privilège, qui découvrent presque être privilégiés, en fait. et être privilégiés, c'est la liberté de ne pas se poser de questions quand on se dénude et que c'est un outil comme un autre, l'interdiction. Ça ne veut pas dire que c'est une fin en soi. Ça veut dire qu'on passe par des formations, on passe par de la signalétique, etc.

Il y a certaines personnes que ça ne rencontre pas et là, l'interdiction, qui est plus radicale, plus frontale, elle amène aussi soit à une posture où on n'est pas du tout d'accord et où on se braque, mais aussi, je pense, pour certains hommes cis, où on se remet en question et où on essaye de comprendre la place qu'on prend et le pouvoir qu'on a en soirée. Marion Delpèche. Ce qui est assez intéressant, en effet, c'est que moi, je me suis rendu compte sur toutes les communications qu'on a eues avec Peacock à ce sujet-là. C'est certains hommes qui se sont rendus compte, en effet, de l'espace qu'ils pouvaient prendre en parlant de ce sujet-là et donc là, très chouette.

Et à côté, une autre partie vraiment extrêmement outrée et puis alors vraiment à monter sur ses grands chevaux. Par contre, si déjà ça a permis à une infime partie de se poser la question, d'en discuter avec ses amis, d'écouter la radio, là peut-être, et de se poser la question chez soi ou en vacances, je trouve que c'est déjà une bonne chose. Et au final, ce qui vient d'une interdiction, même si moi aussi, je n'aime pas les interdictions, amène finalement à plus de liberté d'une certaine manière. donc c'est un peu un cercle vertueux qui n'est évidemment pas parfait, mais en tout cas, qui permet de faire avancer les choses petit à petit.

Et puis un peu fun fact, c'est ce que je racontais à Safia Touanhoff, en arrivant, je suis passée par les Champs-Elysées, je voyais un petit garçon de 10 ans, torse nu, sur les Champs-Elysées et je me suis dit mais c'est incroyable en fait, est-ce que toi, en tant que petite fille à 10 ans, à 10 ans, on n'est même pas adolescente de toute façon, mes parents ne m'auraient jamais laissé me balader torse nu sur les Champs-Elysées à 10 ans, enfin c'est une évidence. Et donc là, je voyais un petit garçon torse nu et je me disais dès le plus jeune âge, on est en train de leur dire vas-y mec, balade-toi et puis monte ton corps et puis tout va bien.

Donc finalement, on parlait d'éducation au tout départ, c'est vraiment dès le plus jeune âge où ces questions-là se posent d'une certaine manière. Est-ce que vous avez regardé

21:50
Présentateur

avant de prendre cette décision ce qui se passait à l'étranger ? On est dans les autres festivals. Honnêtement, je n'ai pas fait un benchmark

21:57
Invité

des festivals à l'étranger. Mais ceci dit... Mais pour interroger les pratiques ? Non, mais de manière générale, quand même pour... Enfin, on bosse toutes les trois dans ce milieu-là depuis très longtemps. Moi, j'ai rarement vu, je crois, quelque chose de similaire.

22:12
Présentateur

Ah, j'en ai trouvé un moi. Le festival Summer Session en Australie qui en 2015 a décidé d'interdire le torse nu dans le but de réduire les comportements de douchebag. Est-ce que je dois vraiment traduire douchebag ? Ça a vraiment changé la donne, nous dit l'un des responsables du festival, et fait en sorte que le festival soit plus axé sur la musique. Et ça, je trouve ça très intéressant parce que ce sujet aussi peut-être fait parler. En tout cas, moi, il m'a fait réfléchir au fait que faut-il déduire que ce qui se passe dans la salle prime sur la scène ? sur l'enquête

22:47
Invité

sur l'enquête qu'on a sortie il n'y a pas longtemps, on voit qu'il y a ce qui motive les gens à aller en soirée quand on est un homme cis notamment, c'est la musique. Mais lorsqu'on est une personne sexisée, donc là, en fonction de si on est une personne trans ou une personne gay, etc., ça va être l'insécurité.

Et donc, du coup, évidemment, que si jamais on annule et le sentiment d'insécurité vient aussi des hommes torse nus qui prennent beaucoup de place, si on annule ce phénomène-là, on peut se concentrer davantage sur la musique et c'est assez intéressant parce que dans l'enquête on a vraiment des commentaires qui sont assez précis d'hommes cis qui disent pour la qualité du son, la qualité de la sono, etc., donc avec une exigence particulière sur ce genre de choses et qui devrait être une exigence pour tout le monde parce que si on va en festival, c'est aussi spécifiquement pour la musique quand même. Mais ça ne peut pas être une priorité lorsqu'on n'est pas un homme cis hétéro une fois de plus.

23:49
Présentateur

Et on a une note vocale d'Alice ici, alors que je vais citer, mais qui, elle, réagit en disant mais tiens, ce ne sont peut-être pas tant les hommes qui jugent le corps des femmes quand elles se dénulent mais les femmes aussi entre elles peuvent très fort se juger. Qu'est-ce que vous en pensez ? Peut-être Rack, je vais demander, vous qui organisez ces soirées où le torse nu pour les femmes est autorisé et encouragé peut-être ?

24:15
Invité

Les femmes se jugent entre elles. C'est évidemment. Mais ce cas, c'est que je ne suis pas sûre qu'elles se mettent en danger entre elles. Par contre, voilà, c'est qu'on est tous humains donc forcément, on a tous un regard soit flatteur, soit moqueur, malheureusement. Mais par contre, entre femmes, sur mes soirées, j'ai très peu de relations, quelles qu'elles soient, alors que sur d'autres soirées beaucoup plus ouvertes avec lesquelles je peux collaborer, on peut avoir quand même beaucoup de retours d'agressions sexuelles, quelles qu'elles soient. Donc oui, les femmes se sortent. Alors Raga, on a un petit problème technique.

24:58
Présentateur

Je vais juste vous reprendre dans un petit moment le temps qu'on règle votre problème technique parce que comme ça on pourra entendre tout ce que vous avez à partager et à nous dire. J'aimerais qu'on revienne avec vous, toutes les deux, Marion et Safiatou, sur la musique, sur la scène, quand je disais qu'il se passait autant de choses, peut-être, ou plus de choses dans la fosse que sur scène, etc. Je lisais aussi dans toutes les réactions qui sont sorties suite à cette interdiction, etc. J'avais une personne qui posait cette question « Faut-il insister sur la parité dans les programmations pour éviter certains comportements problématiques ? » Je trouvais la question intéressante.

Elle disait bizarrement « Quand des femmes jouent, ça attire moins d'hommes, potentiellement moins d'hommes au comportement, parce que évidemment ce ne sont pas tous les hommes au comportement problématique. » Safiatou, Mendy ?

25:47
Invité

Alors effectivement, la parité, ça joue sur le sentiment de sécurité parce que si jamais on a une structure qui met en avant la parité, qui a une attention, ça veut dire que derrière, il y a potentiellement un protocole qui est pensé pour faire en sorte qu'on soit en sécurité quand on est une personne sexisée. Maintenant, la chose à quand même garder à l'esprit, c'est que lorsqu'on est une structure qui décide de programmer des artistes minorisés, notamment des femmes, il faut être en mesure de les mettre en sécurité aussi.

Et ça, c'est quelque chose qui est moins pensé, mais programmer des femmes DJ, par exemple, c'est faire attention à la réaction du public parce qu'on a de plus en plus des femmes qui se font traiter de putes par le public lorsqu'elles sont en train de jouer sur scène. Donc, ça n'attire pas que des personnes bienveillantes, évidemment, et on en parle moins ce côté sexisme chez les artistes. Mais oui, évidemment qu'avoir la parité dans sa programmation, ça joue sur le sentiment de sécurité dans le public. Et donc, du coup, ça fait baisser l'hypervigilance des personnes sexisées qui viennent aux événements.

26:45
Présentateur

Eh bien, on va continuer à en parler dans ce débat de midi. Et puis vous, chères auditrices, chers auditeurs, n'hésitez pas à réagir. Je vous rappelle le numéro du WhatsApp de l'émission 01 45 24 7000 pour nous laisser vos notes vocales. Vous pouvez aussi réagir sur l'application France Inter, bien sûr, midi 31. On continue en musique puisqu'on parle de programmation musicale. La voici. Voici Free, nouveau titre de Lil Sims.

27:11
Auditeur

Free,

30:38
Présentateur

extrait du nouvel album de Lil Sims sur France Inter. Le débat de midi, Saskia Deville sur France Inter. Il est midi et 35 minutes. Nous sommes toujours en train de parler, de débattre autour de ce sujet. Faut-il interdire le torse nu dans les lieux festifs ? Avec moi, Marion Delpech, coordinatrice, je le rappelle, de la communication pour le Festival Peacock Society. Sefiatou Mendy, coordinatrice et formatrice au sein de l'association Consentis. Et puis RAG, co-créatrice notamment de la fête queer et féministe La Wet For Me. Et puis, nos auditrices, nos auditeurs ici qui nous envoient de nombreux messages.

Je pense à Lila, professeur en seconde, qui proposait un sujet autour du thème de la liberté et qui posait à ses élèves la question d'être libre de se mettre torse nu s'il fait chaud. Ses élèves, nous écrit-il, prennent alors conscience de l'inégalité des gens. C'est vraiment enrichissant pour eux, je pense, cette prise de conscience en forçant la discussion. On a beaucoup évoqué le concept de l'éducation à propos de ce sujet. Il n'y a pas qui nous écrit « Je suis un homme et je déteste les gens torse nus. Pour autant, interdire n'est pas une bonne chose. On peut conseiller de ne pas le faire avec le même principe d'affichage en milieu festif. C'est une question.

» Ou encore Fiche qui nous écrit ceci « En tant que personne, ce genre masculin, c'est super de soulever la question car on est beaucoup trop étouffé par des comportements de domination du corps. Je ressens déjà cette oppression en tant que femme, en tant qu'homme, pardon. alors qu'en tant que personne féminine, ce sentiment doit être décuplé, nous écrit-il. Une petite réaction. Tiens, et puis on a retrouvé Rague aussi qui est avec nous. Rague. Oui, oui, c'est vrai que

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Invité

en tant que femme, on peut se sentir moins libre de plein de choses. Le fait que certains hommes se posent la question, c'est déjà une bonne chose. Au niveau de l'interdiction, pour revenir aux commentaires, c'est ce que je disais, mais on a été coupé tout à l'heure, je pense que c'est à cause du patriarcat, évidemment.

32:48
Présentateur

Parce que c'est un sujet

32:49
Invité

qui concerne les hommes, vous entendez. Exactement. Et ce n'est que de l'humour, bien bien bien sûr. Mais le problème, c'est que l'interdiction, selon moi, elle vient parce que les hommes ne se sont pas encore assez remis en question et qu'on est obligé de passer par là pour que justement, ça soulève des sujets. c'est ce qu'on dit depuis tout à l'heure. Mais c'est hyper important que les hommes se posent la question, qu'on avance sur ce sujet-là et l'interdiction, elle vient justement pour soulever des choses et malheureusement, c'est comme des enfants, en fait.

Je sais que les mots sont peut-être un peu durs, mais quand on éduque, on est obligé de passer par les punitions, par les interdictions pour que les enfants prennent conscience de certaines choses. Pour moi, on en est un petit peu

33:41
Présentateur

au même niveau. Alors là, évidemment, on parle des lieux festifs, mais faut-il interdire le torse nu à tous les endroits publics ? Marion Delpech.

33:51
Invité

J'allais déjà rebondir sur ce que Ragh disait. Allez-y, allez-y. Parce que déjà, la première chose, on parle de l'interdiction, mais qu'où est de réinventer aussi ces tenues ? Nous, c'est vrai qu'on nous posait la question, alors les filles se posaient la question, mais est-ce que j'ai le droit de venir en crop top ou en brassière ? Évidemment, oui. Et qu'où est des garçons qui pourraient faire la même chose finalement et donc rentrer dans quelque chose qui est fun ? Faut-il interdire le torse nu partout ? Nous, c'est la question qu'on s'est posée au sein des bureaux de Peacock. Quand je vais à la bibliothèque, tout le monde a son t-shirt.

Quand je vais au cinéma, tout le monde a son t-shirt. Quand je vais au restaurant, c'est pareil. Puisque de toute façon, c'est une tenue qui est correcte. Pourquoi en effet, on en ferait autrement dans un espace festif ? Donc, oui, moi, je pense à partir du moment où on peut heurter certaines personnes, ça me semble évident. Mais je pense qu'ici, on est toutes d'accord, en fait.

34:41
Présentateur

Mais dans les parcs, par exemple, c'est beaucoup plus, on va dire, toléré ou en tout cas, c'est déjà le cas.

34:47
Invité

C'est des choses qu'on a vues, puisque c'est un débat qui a fait rage aussi dans les salles de sport, dans les salles d'escalade notamment. C'est vrai. Donc, les milieux festifs ne sont pas les seuls. On s'est beaucoup posé la question. Il y a eu l'interdiction, d'ailleurs, dans certaines salles de sport et certaines salles d'escalade avec des mouvements comme ceci n'est pas un torse de personnes avec poitrine qui grimpaient torse nu. Donc, c'est bien la preuve qu'en fait, l'idée, c'est d'ouvrir le débat, pas forcément interdire partout, mais rappeler que l'égalité, c'est avoir l'accès à ces espaces de la même manière pour tout le monde et que pour l'instant, ce n'est pas possible.

Donc, tant que ce ne sera pas le cas et peut-être d'ailleurs que les personnes qui sont outrées et qui ont très envie d'être torse nu se mettront aussi à faire de la pédagogie autour d'eux pour avoir accès le plus vite possible à ces espaces de nouveaux torse nu puisque tout le monde pourra se mettre torse nu et au final, pour l'instant, du coup, l'interdiction, elle fait sens. C'est amusant. Allez-y, pardon. Oui, pardon.

Je voulais rebondir aussi parce qu'en fait, ce qui est assez marrant en en parlant, c'est qu'on en revient au même, c'est que les espaces festifs sont en fait vraiment le reflet de la société et des endroits dans lesquels, en effet, des questions se posent et bien avant plein d'autres espaces, notamment sur les violences, le harcèlement sexiste et sexuel. Finalement, ça a commencé quand même par des espaces festifs pour ensuite s'élargir. Donc là, encore une fois, on est vraiment sur le schéma classique. On a une problématique dans les espaces festifs. Ce n'est pas lié qu'aux espaces festifs puisqu'en fait, c'est lié à la société.

Mais par contre, ils sont traités de manière plus anticipée que dans d'autres espaces. Donc finalement, je trouve que ça a le mérite quand même d'être remarquable, je ne sais pas,

36:30
Présentateur

mais en tout cas intéressant. Et j'avais envie de vous lire ce message de Pierre, un auditeur qui nous écrit ceci. Je reviens juste d'un festival de trans, le Boom Festival. Il y a beaucoup de topless hommes et femmes et même beaucoup de nudités. 50 000 personnes mais l'organisation et les participants ont à cœur d'en faire un espace sûr pour l'expression des libertés de chacun. C'est dommage de réduire les libertés pour tendre à l'égalité. Il serait bon de réfléchir à comment les femmes et les minorités puissent être plus à l'aise. Alors je vous pose cette question. Est-ce qu'on peut imaginer un monde, un futur proche peut-être où le torse nu serait partagé ? Rague ?

37:08
Invité

Il serait partagé ? Tout dépend un peu de la mentalité et de l'avancement du partage de tous les corps de nos amis masculins. Si nous ne sommes pas sexualisés, si nous ne sommes pas agressés, moi j'ai envie de dire évidemment, tous à poil.

37:31
Présentateur

Tous à poil. Je vous ai vues toutes les deux ici en studio sauter sur votre micro pour répondre à la question. Je vous passe la parole.

37:38
Invité

Safia Toumendi.

Moi je pense que c'est intéressant quand même de revenir sur cette notion de liberté parce que c'est quelque chose qui revient dans les milieux festifs, l'impression que la liberté c'est le fait de ne pas avoir de règles et on se sent, on crie assez vite à des choses liberticides lorsqu'on commence à essayer d'en mettre parce que justement nous le principe que ce soit chez Peacock ou chez Consentis c'est quand même de conscientiser et de politiser la fête et évidemment quand on politise la fête on prend conscience et on porte la charge mentale donc ça fait qu'on ne peut pas faire n'importe quoi n'importe comment mais là on peut parler de liberté individuelle et de liberté collective et en fait là pour moi ce serait plus intéressant dans des espaces où il y a du collectif de parler de liberté collective donc de parler en nous et d'arrêter de parler en jeu et ce qu'on nous oppose souvent quand on parle de liberté c'est le jeu d'un point de vue très individualiste et ça pour le coup c'est pas forcément un vécu de minorité c'est un vécu de personnes dominantes qui ne se posent pas la question de son corps parce qu'en fait ils ne le conscientisent pas donc cette notion de liberté qui revient je pense qu'il faudrait la nuancer un peu et se poser vraiment la question de en fait la liberté qu'est-ce que c'est ?

Marion Delpech Oui non je pensais aux commentaires sur le boom festival évidemment je pense que tout le monde ici rêve de pouvoir faire comme le boom où on est quand même sur un festival qui est ancré depuis très longtemps avec également comment dire un public qui vient vraiment pour le boom c'est quelque chose c'est pas connu du grand public forcément mais en tout cas c'est vraiment un public de niche qui vient avec des valeurs très ancrées et ça c'est super malheureusement en fait ce qui se fait dans certains endroits n'est pas duplicable dans plein d'autres endroits nous Picoc on a un festival parisien citadin qui a vocation à toucher quand même un grand public et c'est vrai comparé au boom où là vraiment on touche une petite sphère une niche du public des musiques électroniques nous on a vocation quand même à avoir beaucoup de monde là-dessus donc oui je pense qu'il faut d'inviter des festivalistes qui n'ont pas tous les mêmes codes bah bien sûr bah oui c'est chouette là j'y pensais tout à l'heure nous Picoc ça existe depuis 12 ans et en 12 ans moi ça fait 13 ans que je travaille dans le milieu des musiques électroniques l'évolution que ça a pris notamment d'un point de vue grand public et c'est super parce qu'on avait tendance à dire qu'on était marginalisé pas assez d'espace mais en effet dans un autre sens à partir du moment où on devient grand public on attire aussi un peu pas tout et n'importe quoi mais en effet des personnes moins sensibilisées en tout cas à nos valeurs donc on peut pas tout comparer mais en effet tout le monde plus soit le boom festival et en effet ce qu'ils parviennent à mettre en place depuis des décennies et c'est la preuve que ça fonctionne donc c'est

40:15
Présentateur

qu'on peut tendre vers ça voilà merci en tout cas à toutes les trois d'avoir participé à ce débat de mini merci à Marion Delpech Safiatou Mendy et Ragh voilà on peut finir avec cette question pour que le dance floor reste un espace de rencontre de liberté mais surtout de partager de respect faut-il tendre ou rendre pardon à la nudité ce qu'elle devrait être toujours un choix et pas un rapport de force merci beaucoup à toutes les trois merci aussi évidemment à toute l'équipe juste avant cela allez tiens il nous reste encore une poignée de secondes un petit mot rapide sur notre sujet de demain tiens j'aimerais avoir votre avis les réseaux sociaux ont-ils tué l'info

40:58
Invité

je dirais que les réseaux sociaux ont retiré la nuance à l'info et que du coup ça amène quelque chose de très binaire et c'est dommage donc tuer je sais pas mais en tout cas il y a moins de nuance il y a moins de nuance et pour vous Marine Delpech je donne cours dans pas mal d'écoles supérieures et c'est vrai quand je pose la question à mes élèves qui ont autour de 20 ans où est-ce que vous regardez les infos c'est que les réseaux sociaux et en effet ça va pas être en allumant la télé ou en écoutant la radio c'est que les réseaux sociaux donc ça va pas France Inter

41:35
Présentateur

et bien sur les auditeurs sur les auditeurs soyez aussi nombreux qu'aujourd'hui à réagir sur l'application France Inter pour et bien lancer le débat pour demain débat de midi merci à vous trois merci à toute l'équipe

Faut-il interdire le torse nu en milieu festif ? · Pourquijevote