🔴 Le Quai d’Orsay et VIGINUM sur la guerre hybride et le continuum de conflictualités
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 16 %Défensif 24 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Quels sont les enjeux de la lutte informationnelle et comment y répondez-vous ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Pouvez-vous détailler les caractéristiques de French Response ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Comment le ministère analyse-t-il l'évolution du champ informationnel ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Quels sont les critères de caractérisation des ingérences numériques par Viginum ?
- 20:00RelanceRéponse partielle
Quels garde-fous pour la souveraineté dans la guerre hybride face au bouclier démocratique européen ?
- 25:00OuverteRéponse directe
Comment la France s'implique-t-elle dans la standardisation européenne sur ces sujets ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:30SGDSNFait
« La direction de la communication et de la presse joue un rôle stratégique dans la guerre informationnelle. »
- 5:50MAEChiffre
« Nous avons plus de 200000 abonnés sur X aujourd'hui. »
- 10:50MAEFait
« La manipulation de l'information est devenue un risque systémique dans un contexte de guerre hybride. »
- 30:50Député LFIChiffre
« Les outils logiciels dont vous disposez sont-ils pleinement souverains ? »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
SGDSN. La direction de la communication et de la presse joue un rôle stratégique dans la guerre informationnelle qui se déroule aujourd'hui en continu. Elle est en première ligne dans cette bataille des récits, des images, des perceptions qui touche directement l'image et la perception de la France à l'étranger.
Je pense par exemple aux mises en scène qui crée de fausses images prête des propos fallacieux à des responsables politiques en utilisant l'intelligence artificielle ou encore au nombreuses campagnes de désinformation qui cible la France de façon désinhibée en particulier en période électorale. C'est le nouveau paradigme dans lequel nous devons désormais nous placer. Depuis plusieurs mois, le K d'ors a intensifié son réarmement en matière informationnelle.
Je pense par exemple au compte French Response qui permet de reposter aux attaques mensongères et rétablir les faits. Nous serons donc particulièrement intéressé connaître les caractéristiques, les enjeux de cette lutte informationnelle et la manière dont vous y répondez. Par ailleurs, le front numérique est celui sur lequel se joue principalement la lutte contre les ingérences étrangères et la désinformation, ce qui rend l'action de Viginum d'autant plus crucial.
Je rappelle que Viginum est chargé de la détection de la caractérisation des ingérences numériques étrangères et rattachées au SGDSN. Il sera donc intéressant de vous entendre sur la mise en œuvre de la nouvelle stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l'information 2026-2030 élaboré par le SGDSN et à laquelle notre commission et les groupes politiques ont contribué ainsi que plus largement d'avoir votre éclairage sur le contexte actuel marqué par la multiplication des opérations de déstabilisation. Vous voyez que moi-même j'aiétais l'objet d'une attaque insidieuse d'un rhume.
J'espère que ça ne [grognement] perturbera pas trop cette audition. Donc sans plus attendre madame monsieur, je vous cède la parole. Merci monsieur le président.
Mesdames et messieurs les députés, merci pour votre invitation et cette opportunité d'échanger avec la commission sur le rôle joué par le ministère de l'Europe et des affaires étrangères dans la guerre informationnelle. C'est un sujet qui est suivi par deux directions au au ministère, la direction de la communication et de la presse et aussi la direction générale de la mondialisation qui agit davantage sur la question de la résilience des sociétés via un soutien aux médias, aux autres acteurs de l'information avec notamment notre opérateur Canal France International, l'Agence française de développement média. Et je n'oublie pas l'action de notre audiovisuel extérieur qui est une force pour apporter une information indépendante, fiable et de qualité dans le monde pour promouvoir nos valeurs.
Et notre audiovisuel extérieur participe également à des actions de rétablissement des faits à travers leur programme face à des manipulations d'information. Alors ma présentation aujourd'hui portera sur l'action de la direction de la communication et de la presse à la fois dans notre action sur le volet défensif mais aussi notre action proactive dans le volet offensif. Mais permettez-moi tout d'abord en introduction de revenir brièvement sur l'évolution du champ informationnel.
En effet, celui-ci a fortement évolué ces deux dernières décennies. Il s'est fragmenté sous l'effet de deux phénomènes. D'un côté, le poids de la presse intermédiaé a diminué au profit des réseaux sociaux avec le développement de phénomènes de bulle cognitive de confinement algorithm algorithmique.
De l'autre, le développement de l'intelligence artificielle permet désormais la production d'hypertrucage de deep fake à coup nul et accessible à tous. Nos adversaires et nos compétiteurs se sont engouffrés dans ces failles du champ informationnel pour porter atteinte à nos intérêts. La brutalisation des relations internationales a fait du champ informationnel un champ de confrontation et la manipulation de l'information est devenue un risque systémique dans un contexte de guerre hybride au point que le forum économique mondial par exemple considère la désinformation comme l'un des tout premiers risques mondiaux.
Le ministère de l'Europe et des affaires étrangères s'est attaché à répondre à cette situation à partir de 2021-2022 avec le développement d'une capacité de veille. Alors cela s'est traduit par la création la direction de la communication et de la presse d'une sous-direction ADOC, la sous-direction de la veille et de la stratégie, le recrutement de profils adaptés et la dotation d'outils, logiciels, d'écoutes sociales. Nous avons également développé nos capacités de veille dans notre réseau diplomatique avec la formation des personnels des services de presse de nos ambassades, l'identification de personnes chargées de cette veille au quotidien tout autour du monde et là aussi la dotation de logiciel d'écoute social.
Notre réseau diplomatique le troisème au monde est un capteur absolument formidable grâce auquel nous bénéficions d'une vision 360 du champ informationnel mondial nous permettant une compréhension des menaces et une connaissance des acteurs. C'est donc sur cette capacité de veille du champ informationnel développé de 2022 à 2024 que nous avons pu construire sous l'impulsion du ministre Jean-Noel Barreau une action plus résolue faisant du ministère de l'Europe et des affaires étrangères comme vous l'avez dit monsieur le président un acteur aujourd'hui de protection des Françaises et des Français dans la guerre informationnelle. Alors cela implique deux choses.
La capacité de nous défendre face à des attaques dans le champ informationnel. C'est ce que j'appelle le volet défensif et la capacité de porter nous-mêmes nos propres récits dans le champ des perceptions. C'est le volet proactif ou offensif.
Et je dirais donc un mot pour sur chacun. En commençant par le volet défensif, jeis rappeler que nous travaillons dans un cadre interministériel avec le ministère des armées notamment et avec Viginum, en particulier concernant Viginum sur le sujet des ingérences numériques étrangères qui passent par des comportements inauthentiques dont Viginum analyse le mode opérateur informationnel, ce qui aboutit le cas échéant conjointement à un processus d'attribution à une puissance étrangère. Mais [grognement] ce que nous avons vu se développer ces dernières années, ce sont des manipulations de l'information également de la part de compte tout à fait authentique qui ne recourt [grognement] pas à des moyens d'amplification.
Pour citer un exemple récent, juste avant le sommet Africa Forward de Nairobi, dans les semaines qui l'ont précédé, nous avons repéré des campagnes en particulier dans des pays d'Afrique anglophone tout à fait authentique dans leur mode de propagation qui insinuait que la France cherchait à préparer des coups d'état néocoloniaux. Clairement, nos adversaires cherchaient à développer un sentiment antifrançais à la veille de ce sommet, à manipuler l'information sur le terrain émotionnel pour façonner le champ des perceptions. Autre exemple, nous voyons la Russie utiliser le champ informationnel pour avancer ses pions sur l'Ukraine dans un contexte typique de Guer hybrid. qu'il s'agisse de justifier son agression par un prétendu comportement offensif de l'OTAN, on a répondu sur le sujet ces derniers jours sur French Response ou pour faire croire à une situation de ses troupes sur le front plus avantageuse qu'elle naî.
La Russie utilise donc la manipulation de l'information pour obtenir dans le champ des perceptions du monde entier et en particulier en Afrique quelque chose qu'elle ne parvient pas à obtenir sur le champ de bataille. Notre travail est de repérer ces manipulations de l'information de la part de nos adversaires et compétiteurs et d'y répondre. Nous nous y répondons d'abord via notre réseau diplomatique à partir des réseaux sociaux des ambassades.
C'est en effet souvent le moyen le plus efficace de contrer une manipulation de l'information qui vise l'opinion publique d'un pays donné. et je suis sûr que vous avez vu des actions mises en œuvre sur les réseaux sociaux de nos ambassades ces derniers mois et ces dernières années. Nous nous sommes également doté d'un outil à Paris, vous l'avez cité monsieur le président, qui est French Response que nous avons lancé sur X en septembre 2025 et que nous venons d'élargir.
Le ministre en a fait l'annonce au début du mois à TikTok. Cet outil a connu un développement rapide. Nous avons plus de 200000 abonnés sur X aujourd'hui.
L'objectif de French Response est de redresser le champ des perception quand il a été défiguré volontairement en notre défaveur. Nous le faisons en utilisant un ton particulier, parfois ironique. À la fois pour adopter les codes des réseaux sociaux, il est important de répondre à la viralité par la viralité mais aussi dans un but de désescalade.
Il ne s'agit pas de remplacer le langage diplomatique bien sûr, mais de l'augmenter. Et c'est pour cela que nous avons créé un compte à part euh à l'écart de nos réseaux sociaux institutionnels. Nous investissons des espace informationnel qui existe, où nous n'étions pas et où nos adversaires et compétiteurs s'en prenaient à nos intérêts.
Nos audiences sont très largement étrangères, ce qui est tout à fait en phase avec le rôle de ce compte qui est de répondre aux manipulations de l'information venant de l'étranger et touchant les opinions publiques étrangères. Après 8 mois d'exercice, je crois qu'on peut dire que ce compte nous a permis deux choses. D'une part, nous avons désormais un outil de réponse immédiate aux attaques pour rétablir rapidement [grognement] les positions françaises en recadrant les informations déformées par nos compétiteurs.
Cet outil est efficace, la réponse est visible et dans certains cas d'ailleurs, on observe que notre réponse entraîne le retrait des contenus que nous visons. Et d'autre part, le deuxième effet que nous avons constaté grâce à la très grande couverture médiatique, c'est que cette innovation French Response a incarné un changement de posture montrant que la France ne se laissait pas faire. Et c'est à ce titre que nous pouvons dire aujourd'hui, je pense que French France est devenu un objet géopolitique.
C'est une voix nouvelle qui permet à la France de faire entendre ses positions dans le monde. Voilà sur le volet que j'ai appelé défensif. Mais nous ne voulons pas uniquement être dans la réaction.
Nous voulons également occuper nous-mêmes l'environnement informationnel et face aux attaques, il faut être présent de manière proactive et donc j'en viens au volet offensif. Nous avons organisé le 7 mai un événement sur ce sujet à la gaié lyrique qui avait été intitulé Agir dans la bataille des récits. Vous en avez sans doute entendu parler.
On observe que nos adversaires se sont armés de récits pour servir leur projet géopolitique. Ces récits sont souvent simplistes et brutaux et ils participent à façonner les perceptions des opinions publiques internationales en leur faveur. En Russie, c'est la doctrine Caraganov.
Mais on voit aussi des récits venir d'ailleurs, par exemple de compte MAGA aux États-Unis qui à travers des récits réactionnaires véhiculent des messages hostiles à notre modèle de société européen. Ces récits constituent des stratégies d'influence qui cherchent à obtenir des gains géopolitiques. Ils alimentent une confrontation permanente dans le champ informationnel qui [grognement] rend une communication institutionnelle de moins en moins audible. dans la guerre informationnelle et comme l'a dit le ministre Jean-Noel Barreot dans son discours à la gueté lyrique, les récits sont des armes.
Pour nous 2026 est donc l'année où le ministère s'engage dans la bataille des récits et nous le faisons de plusieurs manières. D'abord, nous engageons ce travail avec nos ambassades pour analyser les récits présents dans le champ informationnel local et développer dans ce contexte nos propres récits. Nous avons créé une instance pour cela dans nos ambassades sous l'autorité de l'ambassadeur qui regroupe l'ensemble des services de l'ambassade et c'est à travers cette instance que nous fixons nos priorités et nos stratégies narratives.
Deuxème élément, nous transformons la communication du ministère et de l'ensemble du réseau diplomatique pour la rendre plus efficace, pour porter ses récit. Et dans ce contexte, nous déployons ce que nous appelons une communication stratégique qui dans son organisation et dans ses modes d'action doit nous permettre d'occuper plus efficacement le champ informationnel, d'assurer un impact plus important et que nous nous attachons davantage à mesurer. C'est l'effet final recherché.
Et troisème élément, c'est le recours à la société civile dans ce travail de définition et de déploiement de nos propres récits. La bataille des récits est nécessairement une action collective. C'est l'ensemble de la société qui doit être impliqué dans la réflexion sur les récits.
C'est pour cela que nous constituons actuellement sur une base expérimentale le premier contingent de la réserve diplomatique qui sera un contingent numérique qui sera dédié à la réserve informationnelle. Nous avons eu plusieurs centaines de candidatures lors de l'événement à la Geté Lyrique. Nous avons fait des entretiens.
Nos conseillers de presse avaient été mobilisés et ont pu faire passer des entretiens à ces candidats. Et nous allons donc sélectionner plusieurs dizaines de réservistes qui seront les premiers à participer à ce système des compatriotes qui disposent de compétences qui viennent compléter et enrichir notre dispositif. Donc, vous le voyez, l'objectif est bien de façonner nous-même l'environnement et non seulement de réagir aux lignes adverses.
Merci beaucoup. Merci beaucoup. Et je trouve déjà très frappant que vous utilisiez les termes de contingent, de bataille, d'armes, de FR.
Voilà, tout un vocabulaire voilà auquel nous sommes très habitués dans cette commission. Euh mais on voit aussi euh la culturation euh du ministère de des affaires de l'Europe et des affaires étrangères à cette ce nouvel environnement. Madame la chef de service, je vous laisse la parole.
Merci. Euh monsieur le président, donc mesdames et messieurs les commissaires, mesdames et messieurs les députés, je vous donc je vous remercie pour cette invitation pour évoquer un volet donc spécifique euh de la guerre hybride qui est donc celui des manipulations de l'information d'origine étrangère et plus précisément les enjeux récents qui sont liés à la protection de notre débat public numérique contre les ingérences numériques étrangères qui est le cœur de l'action de viginum. Pour mon propos liminaire, donc qui viendra compléter euh celui de de de monsieur le Brandamience, j'aimerais vous partager donc trois messages principaux.
Le premier message et qui est tout à fait cohérent avec ce qui vient d'être exposé, c'est que nous assistons à une intensification sans précédent de la menace d'ingérence numérique étrangère qui est croissante, qui est persistante et qui prend de nouveaux visages. et les 18 derniers mois ont marqué à ce titre un point culminant notable pour les agents de viginum et et j'y reviendrai. Euh avant de rentrer dans euh le le cœur de cette menace telle que nous l'observons, j'aimerais juste faire un point rapide sur euh pourquoi en fait cette menace est accélérée.
En fait son accélération donc elle s'inscrit dans un contexte international et technologique particulier euh à la fa donc de trois facteurs. un facteur évidemment donc stratégique avec donc le retour de la compétition de puissance depuis 2022 qui conduit à un usage plus désinhibé du rapport de force par des acteurs étatiques ou non étatiques qui se traduit notamment par des actions de nature hybride. Le deuxième facteur, c'est un facteur, je qualifierai de systémique qui est lié donc à la mutation du terrain numérique à l'heure où quatre français 10 s'informment sur les réseaux sociaux.
Euh et donc la numérisation de nos usages d'information, elle offre non seulement de nouveaux moyens d'action dans le champ numérique à des acteurs étrangers malveillants, on pense évidemment à l'intelligence artificielle et j'y reviendrai, mais plus globalement, elle crée de nouvelles formes de vulnérabilité dans un contexte continu d'érosion de la consommation des médias d'information dit traditionnel. Et enfin, il y a des accélérateurs de cette menace euh qui sont qui en fait qui sont liés au à un contexte de crise qui est persistante depuis maintenant plusieurs années. Donc, il s'agisse de tension géopolitiques, de crise économique, de fracture sociétale.
Celle-ci constitue autant d'opportunités pour des acteurs étrangers malveillants de tenter de manipuler la formation du débat public numérique autour de ces sujets pour amplifier leurs effets. Donc ces trois facteurs aujourd'hui, ils font des ingérences numériques étrangères un instrument privilégié de de stratégie hybride. Donc pour donner plus de corps à mon propos, j'aimerais maintenant vous donner plus de détails sur la physionomie de cette menace telle que nous l'observons chez Viginum.
Et donc compte tenu du temps, je concentrerai mon propos principalement sur les tendances saillantes et les éléments nouveaux. et je pourrais développer évidemment davantage lors des questions. Le premier élément saillant, c'est donc la persistance d'acteur étranger malveillant dans notre débat public numérique en vue de en vue de nous déstabiliser.
Chez Virginum, nous avons caractérisé et nous suivons en quotidien plusieurs dizaines de modes opératoires informationnels étrangers qui sont en fait des dispositifs techniquement structurés qui vont diffuser potentiellement quotidiennement un grand nombre d'opérations dans notre débat public numérique avec des objectifs qui peuvent être de nature variés. Ces opérations, elles vont généralement donc combiner des procédés techniques en ligne, mais également parfois des actions dans le champ physique et elles vont viser à affaiblir notre cohésion nationale, à déstabiliser certains de nos territoires, à promouvoir des réalités alternatives ou encore elles vont viser aussi à porter atteinte à nos intérêts économiques, industriels et sécuritaires. pour agir, ces acteurs à l'étranger malveillant, qu'il soient donc étatique ou non étatiqu vont mettre en œuvre une diversité de de moyens techniques de de procédés qui sont plus ou moins facilement détectables et qui vont viser donc à manipuler artificiellement la formation du débat numérique autour d'un sujet.
Il peut s'agir par exemple de la création de continu authentique qui peuvent être des bottes ou des trolls, de la création d'images ou de vidéos généré par IA, de la création de sites web inauthentiques qui vont parfois usurper l'identité de médias légitimes ou d'institutions officielles. Il peut s'agir aussi de l'amplification de narratif par le recours à des influenceurs rémunérés ou encore de la publication massive de contenu, ce qu'on appelle l'astrurfing en vue de remonter dans les algorithmes en terme de de visibilité. Donc ce sont que des exemples.
Un cas concret qui illustre bien ces procédés, c'est le mode opératoire Stor 15. Donc c'est le nom technique que lui avait attribué Microsoft. Donc c'est un mode opératoire informationnel russe qui vise principalement à saper le soutien occidental à l'Ukraine en ciblant des audiences européenne et notamment française et qui utilise pour cela des procédés assez structurés de création de contenus vidéos, parfois en embahant des acteurs ou en aant recours lié à générative ou qui vont usurper l'identité de médias nationaux ou régionaux.
Et en fait ce mode opératoire informationnel, ben il est particulièrement actif et agressif contre la France. euh puisqu'il a mené au cours des deux dernières années plus de 200 opérations contre nos intérêts. [grognement] Euh et donc notamment lors des élections législatives de 2024 mais aussi lors des municipales de 2026.
Le deuxième fais saillant qui n'est pas nouveau mais qui se développe, c'est en fait la professionnalisation de tout un écosystème d'intermédiaire de prestataires de l'ingérence numérique étrangère. Il y a je vais distinguer deux catégories d'acteurs. La première catégorie d'acteurs, c'est ce que je vais appeler les prestataires de l'INhentique qui peuvent fournir tout un tas de services et de technologies aux opérateurs d'ingéance numérique étrangère pour anonymiser leurs opérations et puis amplifier de manière artificielle leurs actions sur les réseaux sociaux.
Ces technologies, elles peuvent servir notamment donc à générer par exemple des réseaux de botes en vendant des lots de carte SIM qui vont permettre à confirmer la création de comptes créés de manière massive puis à les animer de manière automatisée en fournissant des des logiciels centralisés de pilotage donc automatisé de ces comptes inauthentiques et qui peuvent combiner aussi des technologies de l'ure numérique qui vont viser en fait à donner à ces faux comptes une apparence de comptes authentique et non coordonné. Donc, ce sont que quelques exemples de cette chaîne de valeur qui s'est abondamment structurée. La deuxème catégorie d'acteurs euh c'est ceux qui vont être en mesure de fournir des prestations, euh je dirais clé en main, d'ingérence à The Service.
Euh et donc le modèle va être de créer et de conduire des opérations structurées techniquement pour le compte de tiers. Dans notre rapportal Combat, en février 2024, nous avions mis à jour par exemple le rôle d'une entreprise russe qui était domicilié en Crimé, Tiger Web des pures centaines de sites qui étaient des faux portails d'information qui visaient donc à saper et à le soutien le soutien occidental à l'Ukraine. Plus récemment pendant les municipales, Visinum a également détecté un nouveau mode opératoire informationnel qui implique donc une société privée basée en Israël et qui est spécialisée dans la vente de prestation d'opération de déstabilisation en ligne.
Ce prestataire, il a mis en place un réseau de plusieurs noms de domaine et de comptes sur les réseaux sociaux et il a visé à en particulier cibler le parti LFI ainsi que plusieurs de ses candidats et nous envons fait état dans plusieurs des bulletins du réseau de coordination et de protection des élections. Donc les éléments techniques obtenus n'ont pas permis d'identifier les éventuels commanditaires de ces de ces opérations en source ouvertes ni leur origine géographique. Mais et par ailleurs, cette opération a a eu très peu de visibilité.
Et donc ces phénomènes bah ils illustrent en fait la profession la professionnalisation pardon de l'écosystème pour la mise en place d'opération d'ingérence numique étrangère plus furtive et plus structuré. [grognement] Et enfin le troisème fessaillant qui est un phénomène nouveau enfin en tout cas relativement nouveau mais qui est en croissance je dirais de manière exponentielle depuis 1 an c'est la prolifération des ingérences numériques étrangères à vocation lucrative. Ce phénomène, il avait particulièrement été mis en lumière en décembre 2025.
Vous vous souvenez probablement de cette vidéo, donc avec la la diffusion donc sur Facebook et sur TikTok d'une vidéo qui était donc générée par intelligence artificielle qui a été mise en ligne par un jeune Burkinabé et qui mettait en scène un prétendu coup d'état en France. Cette vidéo, elle a fait plus de 17 millions de vues. Euh et en fait cette vidéo, même si elle ne visait pas la déstabilisation, en fait, on peut considérer qu'elle remplit finalement tous les critères objectifs d'une ingéumque étrangère.
En vérité, cette vidéo, elle visait à faire la promotion des services de ce jeune Burkinabé pour la création de vidéos générées par IA de qui soit qui soit crédible et authentique. [grognement] Ce phénomène en fait c'est ce n'est que l'illustration en réalité d'un phénomène qui est bien plus vaste et qu'on peut qualifier de systémique qui est lié au modèle économique des plateformes où aujourd'hui la création et la diffusion de contenus polémique ou polarisant à destination d'audience française constitue un véritable business model pour de nouveaux types d'acteurs étrangers qui génère du revenu notamment par le biais des programmes de monétisation des plateformes. Plus [grognement] largement donc ce phénomène, il pose la question du rôle et de la responsabilité des plateformes dans la formation du débat public numérique.
En réalité, par leurs algorithmes, par leur modèle économique, par leur solution de monétisation, ces plateformes ont la capacité de façonner notre débat public numérique en décidant de qui voit quoi et à quel prix. Nous assistons ainsi à une véritable marchandisation de notre débat public numérique qui peuvent générer des risques de sécurité nationale et de déstabilisation démocratique. J'ajouterai enfin que ces trois tendances saillantes persistance, professionnalisation des intermédiaires et ingérence numétrangère à vocation lucrative.
Bien qu'elles n'ont pas été circonscrites puisqu'elles sont des des tendances saillantes de manière générale, mais elles ont été observées par Viginum dans le cadre des élections municipales. Donc notre secrétaire général Nicolas Roche vous avez rendu compte lors d'une précédente élection euh de cette expérience du réseau de coordination et de protection des élections lors des municipales. Je ne m'y attarderai donc pas.
Euh et j'ajouterai que nous publierons très prochainement avec le réseau de coordination et de protection des élections un rapport détaillé qui reviendra précisément sur l'ensemble de ces opérations. [grognement] Mon deuxième message euh c'est que face à cette menace informationnelle, la France s'est dotée de moyens d'agir. Euh et donc j'inscrirai mon propos en complément de ce qui a été évoqué puisque tout cela s'inscrit dans une gouvernance interministérielle qui mène des actions de réponse euh que je juge efficace. et qui vise à imposer collectivement un coût à nos adversaires.
Donc tout d'abord, en guise de précision, aujourd'hui ce qu'il faut comprendre c'est qu'en fait il y a trois domaines aujourd'hui au sein de l'État français. trois domaines qui se sont structurés dans le champ informationnel autour de ces sujets. Il y a un premier domaine qui est le domaine offensif qu'on appelle la lutte informationnelle ou la lutte informatique d'influence qui a une doctrine depuis 2021 qui est pilotée par le ministère euh des armées et donc il s'agit de mettre en place une dialectique avec l'adversaire dans le champ informationnel pour donc mener des actions dans le champ informationnel en appui d'opération militaire de nos armées.
Le deuxième domaine, c'est donc le domaine de l'influence qui je n'y reviendrai pas parce qu'il a été brillamment exposé dont le chef de fil et donc le ministère de l'Europe et des affaires étrangères et où nous sommes aussi amenés avec d'autres partenaires intermittèels à évidemment contribuer. Et enfin le champ défensif qui est celui de Viginum et du SGDSN dont l'objectif est la protection du débat public numérique national contre les ingéances numériques étrangères. Évidemment, ces trois domaines se parlent puisque ce sont les mêmes acteurs en fait qui sont qui sont euh impliqués.
Euh et nous avons désormais euh notamment euh entre euh le domaine de l'influence et le domaine défensif une gouvernance haute commune pour une meilleure articulation de nos actions de réponse et euh de repost dans le champ informationnel. Donc, j'aimerais vous dire un mot maintenant du modèle de Viginum qui est un modèle quasiment unique au monde et pour laquelle la France a été précurseur. Donc, nous sommes un service technique et opérationnel d'investigation en ligne euh qui donc est résolument engagé pour la protection du débat public numérique et qui opère dans un cadre juridique strict conformément à ce qui est attendu d'un état de droit.
Notre mission, elle est donc de caractériser, de détecter pardon et de caractériser ces ingérences numériques étrangères. Donc nous traitons d'une menace qui est qui est spécifique, qui est définie par quatre critères. Euh donc un critère donc d'extranéité, l'implication directe ou indirecte d'un acteur étranger, qui soit étatique ou non étatique, un critère de contenu, un contenu manifestement inexact ou trompeur, un critère de comportement euh donc qui vont viser à caractériser les procédés techniques mis en œuvre pour une diffusion artificielle automatisée, massive et délibérée.
Et enfin, un critère de gravité puisque nous ne traitons que de la menace qui vise à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. J'ajouterai que nous travaillons uniquement sur les contenus qui sont publiquement accessibles sur les interfaces en ligne et que par ailleurs, notre activité, elle est suivie par un comité éthique et scientifique indépendant qui est chargé donc de veiller à la conformité de nos travaux avec notre cadre juridique et qui publie de renavant chaque année un rapport qui vise à donner toute la transparence sur notre action et not et notre méthode de travail. Donc deux choses importantes à préciser.
D'une part, Viginum met en mais mais met en œuvre une approche technique qui s'appuie sur critère objectif, qui ne prend finalement assez peu en compte les contenus et les narratifs. Notre travail finalement, c'est que peu importe finalement ce que les contenus racontent, nous ce que ce qui nous intéresse c'est de caractériser les infrastructure techniques qui ont conduit à la mise en place de ces opérations, à leur comportement, à leur technique et à leur procédé de diffusion. Les narratifs nous intéressent finalement assez peu puisque nous considérons que ce n'est pas notre rôle de définir en tant que service de l'État ce qui est vrai ou faux.
Nous avons donc une approche qui est technique et technologique, qui est donc centrée sur les acteurs de cette menace et non sur les contenus euh qui nous permet euh en fait une action qui est plus proactive et une réponse qui est plus stratégique et je pourrais le détailler davantage par la suite. Deuxièmement, et surtout il ne relève pas des attributions de viginum de surveiller le comportement d'acteur français qui mènerait des actions de manipulation de l'information. Euh ce n'est pas notre domaine.
Nous nous intéressons uniquement aux manœuvres informationnelles étrangères qui visent à porter atteinte à la souveraineté de notre débat public national. Et donc grâce à cette capacité nationale, Viginum et ses partenaires interministériels disposent d'une paliette de de de leviers de réponse que je qualifierai de de défense active face aux ingérances numériques étrangères. Donc sans les citer tous, probablement le plus visible c'est la dénonciation publique par ou par canau diplomatique des acteurs de cette menace.
Euh en en collaboration avec le ministère de l'Europe et des affaires étrangères, la France a ainsi exposé à plusieurs reprises des ingérences numériques étrangères qui avaient été caractérisé par Visum. Euh par exemple en publiant des rapports techniques sur des actions menées par des modes opératoires informationnels prusses ou azerbaïdjanis. Le but de ces expositions, c'est d'imposer un coût à nos adversaires en dévoilant leurs infrastructures et évidemment d'informer le public pour accroître notre capacité à y à y résister.
Euh ces rapports, ils peuvent par ailleurs contribuer à la mise sous sanction d'individus euh ou d'entités euh en et c'est quelque chose que nous avons fait par le passé avec le ministère de l'Europe et des affaires étrangères à l'échelle européenne. Euh une autre moyen d'action, c'est aussi d'agir euh pour essayer de gêner nos adversaires dans le déploiement de nos infrastructures. Pour ça, nous coopérons avec les plateformes en ligne. nous pouvons faire des signalements techniques aux plateformes en ligne puisque nous avons une approche technique finalement qui se rapproche de la manière dont les plateformes peuvent appréhender eux-mêmes cette menace.
Euh et donc c'est notamment de la création de faux comptes de comptes automatisés, c'est quelque chose qui contrevient aux conditions générales d'utilisation des plateformes et donc elles peuvent prendre à l'encontre de ces comptes des actions de modération. Par ailleurs, s'agissant des plateformes, puisqu'on peut considérer cette mesure qu'elles ne sont pas que de simples actes de vecteurs, mais aussi des acteurs de cette menace. Euh notre action euh se situe en renforçant nos actions avec l'ARCOM et la Commission européenne et la DG et la DG Connect euh en documentant et en suivant la mise en œuvre du DSA notamment en s'agissant des mesures d'atténuation des risques systémiques en matière de manipulation de l'information.
Et enfin, s'agissant des enjeux à venir, et j'en viens ici à mon 3è et dernier message. [grognement] Il nous semble évident que nous devons collectivement nous préparer à faire face à un durcissement de la menace informationnelle qui n'a jamais été aussi diffuse et donc potentiellement dangereuse pour nos démocraties. Euh et donc nous sommes convaincus face à cette réalité que la réponse régalienne ne suffit pas et que notre résilience collective doit reposer sur une vigilance accrue des citoyens et de l'ensemble des composantes de la nation.
C'est donc précisément l'ambition de la stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l'information d'origine étrangère qui a été publie en février 2026 dans le casadre d'un travail collectif pour lequel vous avez également abondamment contribué au côté aussi de de d'experts, de chercheurs de la société civile. C'est donc un document fondateur qui fixe un cadre d'action clair et durable en partant d'une conviction simple. Le premier rempart contre la manipulation de l'information, c'est la société elle-même.
Donc nous assisterons euh le SGDSN dans l'opérationnalisation de cette stratégie. Je pourrais y revenir euh lors des questions et nous sommes ainsi vu confier en février 2026 une mission d'information euh du public et nous porterons aussi un cent d'initiative que je pourrais davantage détailler lors des questions-réponses. Je vous remercie.
Merci beaucoup madame pour la présentation de la réalité à la fois de cette menace croissance croissante persistante changeante culminante préoccupante et de la réponse qui est apportée. Donc je vais donner la parole aux orateurs de groupe et je commence pour le groupe Rassemblement national par madame Nadine Lechon. Merci monsieur le président.
Madame monsieur, avant toute chose, je souhaite au nom de mon groupe saluer le travail réalisé par le qu d'ors etinom. Vous luttez avec pertinence contre les ingérences étrangères. Votre action permet de disposer d'informations transparentes et claires qui sont à la base du fonctionnement de notre démocratie.
C'est d'autant plus nécessaire à l'heure où les puissances rivalisent de moyens de déstabilisation, que ce soit sur des segments stratégiques, économiques ou réputationnel. aussi permettez-moi d'aller à l'essentiel sur ce qui fâche à savoir une nouvelle ingérence de la Commission européenne dans ce domaine régalien qui ne révèle pas de sa compétence par le pardonnez-moi par le digital service act mais aussi et surtout par je cite le bouclier démocratique européen elle entend agir dans la guerre hybride. Nous ne laisserons pas faire au rassemblement national je le dis alors que 2027 approche.
Cette démarche fédéraliste est inutile voire dangereuse. Les différentes services de renseignement de l'Union coopèrent déjà ensemble et cela est heureux car indispensable. Mais n'oublions pas que les alliés peuvent être aussi des compétiteurs et même des rivaux.
Je rappelle qu'un ancien président de la République et un ancien ministre des affaires étrangères ont été écoutés par des services allemands pour le compte de l'administration américaine. Il est donc hors de question que la commission vienne rajouter son grain de sel dans ce domaine. Elle y est incompétente en droit comme dans les faits.
Durant plus d'une décennie, la Hongrie de Victor Orban, démocratiquement et régulièrement élu, a été la cible de tentative de lutte informationnelle de la commission au motif que son gouvernement n'adhérait pas à sa doxa. En en matière d'ingérence, madame Bonderlen sait de quoi elle parle. Sur le fond, comme sur la forme, la lutte contre les ingérences doit rester dans le périmètre de l'État.
Madame, monsieur, si jamais le bouclier démocratique européen devait être adopté, quels sont les gardes fous concernant la souveraineté dans ce domaine essentiel qui est la guerre hybride ? Je vous remercie. Merci beaucoup, chers collègues.
Alors, qui veut commencer ? Madame euh je vous remercie madame. en en en l'occurrence effectivement aujourd'hui donc nous nous nous travaillons au niveau européen sur ces sujets qui touchent en fait l'ensemble des démocraties et donc effectivement c ces derniers depuis depuis 1 an c'est structuré donc un bouclier démocratique européen avec la mise en place d'un centre européen pour la résilience démocratique.
Permettez-moi peut-être de de de clarifier certaines choses. Je pense qu'il est qu'il est important de de préciser en fait le Centre européen de résilience démocratique, il n'a pas vocation à être un viginume européen. Et la France a d'ailleurs été très claire et pour nous c'était une ligne rouge sur le fait que ce centre européen de résidence démocratique, il ne devait pas disposer de compétences opérationnelles. et n'avait pas ne devait pas avoir vocation à pouvoir suivre notre débat public national ni à y collecter de la donnée puisque ce champ des ingéances numériques étrangères et de la protection du débat public numérique est un champ qui est fondamentalement régalien qui est du ressort de notre souveraineté nationale.
En revanche euh pour nous en fait cet échelon européen, il est nécessaire pour agir à deux niveaux. Aujourd'hui, ce donc ce sujet de la lutte contre les ingérences numériques étrangères ou ou de la manipulation de l'information d'origine étrangère de manière plus générale concerne donc toutes les démocratie européenne. Beaucoup de des de pays ont structuré des capacités ou sont en train de structurer des capacités similaires à celles de celle de Virginum.
Euh et aujourd'hui en fait ce domaine, il faut bien comprendre que c'est un domaine technique qui est nouveau à l'instard de la de la cybersécurité peut-être il y a une quinzaine d'années. Et donc nous avons besoin de structurer une coopération à l'échelle européenne pour pouvoir faire un partage d'analyse et de bonnes pratiques, par exemple, d'outils, de méthodes, de manière de caractériser cette menace pour finalement élaborer une grande mère commune entre les différents états au même titre que nous pouvons collaborer avec eux dans d'autres domaines de la défense et accroître l'un notre capacité à être interopérable et à pouvoir se comprendre lorsque nous échangeons sur cette menace. Et donc nous nous impliquons pleinement avec le ministère de l'Europe et des affaires étrangères et le et le et le SAE dans les travaux menés par ce centre européen de résidence démocratique et en particulier nous nous sommes en charge d'un groupe de travail sur la la standardisation, la définition de concept de méthodologie opérationnelle et de définition de standard pour pouvoir donc mieux contribuer ensemble.
Euh et par ailleurs euh l'échelot européen, il est aussi indispensable sur les aspects euh de de réglementation sur la mise en œuvre du DSA qui est un qui est un levier un levier essentiel dans euh la protection euh contre contre la manipulation de l'information et ses inérences numériques étrangères. Et donc il faut il faut agir au niveau européen et nous travaillons aujourd'hui avec l'ARCOM avec la Commission et la DG Connect pour une application du DSA qui soit plus rapide et plus efficace. Merci beaucoup pour le groupe Ensemble pour la République.
La parole est à madame Constance Legrip. Merci monsieur le président. L'audition d'aujourd'hui intervient à un moment charnière dans le contexte de guerre hybride auquel nous avons à faire face. la France comme les autres démocraties européennes et aussi dans le cadre de l'évolution très nette de notre doctrine, de notre stratégie de lutte contre les les ingérences informationnelles.
Et clairement, il me semble que depuis, vous l'avez assez bien dit, le début de l'année 2026, nous voyons bien qu'un véritable changement d'échelle est en cours. publication de la première stratégie nationale de lutte contre les manipulations de de l'information, l'élargissement des capacités de de Viginum, la mise en œuvre du DSA, la discussion au sein du Conseil et du Parlement européen du bouclier démocratique européen, l'évolution de de la posture du Kelleror, c'est son implication de plus en plus forte dans dans dans la bataille informationnelle et bien sûr le retour d'expérience des élections municipales, vous y avez fait euh euh allusion. Euh et et c'est parement frappant dans ce que vous avez dit euh madame d'hiver, les dernières analyses de Virgénie, mais nous lirons avec attention le le rapport qui sera publié comme j'ai fait partie de celles et des eux qui ont lu avec attention chaque semaine le le bulletin hebdomadaire au au moment de la de la campagne des élections municipales.
Nous ne faisons plus face seulement à des campagnes fuselles extrêmement toxiques ponctuelles de désinformation mais véritablement à la mise en place d'infrastructures informationnelles malveillantes persistantes permanentes avec des des faux médias locaux qui peuvent être dormants, des des des comptes là aussi faux ou ou vrai activable au moment voulu sur le le le terme qui précède une élection pendant une séquence électorale longue et tout ça grandement alimenté par l'intelligence artificielle générative donc en en contenu multilingue et et bon Dopple Ganger Matriochka Portal Combat Storm 15 font partie des des choses que nous avons déjà entendu je je j'arrive au terme de mon intervention ok alors dans ce cas-là directement en remerciant encore une fois les uns et les autres et notamment le Koret French réponse vous l'avez dit les les fonctionnaires de de qui travaill dans pour ce compte French Response sont à sont à saluer. Je voulais intervenir sur l'intelligence artificielle et comment le défi de l'intelligence artificielle peut-être appréhendre la plus opérationnelle et la plus efficace possible. Merci beaucoup.
Merci monsieur le directeur. Merci beaucoup madame la députée. L'intelligence artificielle pour nous est à la fois un défi et je l'ai dit dans ma présentation, ça accroit la menace mais aussi c'est quelque chose qui peut nous aider à répondre.
Euh j'ai cité les outils d'écoute sociale euh qui sont des logiciels qui se s'apparentent l'intelligence artificielle que nous paramétrons avec des mots clés pour être capable de détecter des menaces, des attaques pour que nous puissions y répondre de la manière la plus réactive possible. Donc pour nous, l'intelligence artificielle à ce stade, elle est intégralement dans la veille. C'est dans la veille que nous utilisons et dans la la détection de la menace.
Euh c'est évidemment tout un tout un champ nouveau pour nous. Euh ce qui compte c'est d'essayer d'aller aussi vite que [grognement] nos adversaires, nos contradicteurs. Et là-dessus, je crois que on a vu, vous l'avez dit, une évolution, une accélération en 2026.
Si [grognement] vous prenez euh la crise iranienne, l'utilisation par l'Iran de l'intelligence artificielle pour faire des vidéos euh qui deviennent très rapidement virales et qui participent à leur mise en récit de leur position est tout à fait euh frappante et euh ça s'est fait extrêmement vite et l'impact de de ces de ces vidéos est très fort. Donc voilà, l'intelligence artificielle pour nous, vous avez cité les collègues qui travaillent à tous ces sujets, c'est un défi de formation, un défi de recrutement. Nous devons être à la hauteur et on voit que les puissances s'y sont mises très vite et nous devons le faire autant pour pour effectivement compléter ce point.
Euh en fait voilà, l'intelligence artificielle effectivement euh c'est euh c'est euh un double enjeu, donc un un risque systémique et et peut-être juste pour euh évoquer un petit peu les l'usage en fait de l'intelligence artificielle que nous observons euh euh chez Viginum. Alors bien évidemment aujourd'hui en fait la plupart des modes opératoires informationnels que nous que nous observons, ils utilisent l'intelligence artificielle générative pour produire différents types de contenus qu'il s'agisse d'articles longs, d'images, de vidéos, de commentaires qui vont être ciblés sur des audiences très précises euh ou encore de manière à qui soi qui sont pas nécessairement des deep fake euh mais qui vont viser en fait à amplifier la nature émotionnelle par exemple d'un contenu pour maximiser son engagement euh et donc ça va utiliser donc cette cette cette technologie pour la création à grande échelle de contenu. Ce qui est peut-être encore plus encore plus préoccupant en fait, c'est d'autres types d'évolution qu'on peut peut-être anticiper hein aussi sur l'usage de l'intelligence artificielle de menace.
Euh aujourd'hui euh vous avez peut-être en tête dans la dernière étude de l'ARCOM que c'est 20 % euh des Français qui utilisent des outils de DI conversationnel et chatbot DIIA pour s'informer au moins une fois par semaine. Euh et donc euh il y a une hypothèse que en fait ces agents conversationnels puissent être aussi utilisés finalement pour propager des narratives des narratives étrangers. Aujourd'hui, on estime à ce stade que euh le le ce qu'on ce qu'on peut appeler donc c'est des manœuvres de ce qu'on appelle le LLM grooming, pardon, pour les l'anglicisme en fait.
Donc le fait de d'essayer de d'intoxiquer un un modèle de langage en publiant massivement du contenu, on estime que cette menace, elle est quand même aujourd'hui relativement faible euh et qu'elle nécessiterait un effort d'adaptation important de la part de ces acteurs. Mais ce qui est plus préoccupant, c'est deux choses, c'est potentiellement la manipulation de l'algorithme en boîte blanche par exemple. Et on a vu par exemple le Grock, donc le le l'outil dia qui est intégré à X à X pardon, qui pouvait en fait son algorithme a été régulièrement modifié et donc qui peut rendre finalement crédible le scénario d'une manipulation en boîte blanche de cet algorithme.
En tout cas pour propager ou orienter sur certains types de de de de valeur ou promouvoir des promouvoir des des des certains types de de narratifs au détriment d'autres. Le deuxième chose qui est plus préoccupant aussi, c'est l'évolution de l'intelligence artificielle agentique qui pourrait aboutir à la création d'agents autonomes pilotés par l'intelligence artificielle qui pourrai donc en toute en toute autonomie euh créer du contenu, le publier, interagir euh et euh qui serait qui le ferait d'une manière extrêmement humaine et crédible et qui sont donc plus difficiles à détecter. Euh donc voilà ce qui est un peu plus préoccupant pour nous en terme de menace.
Aujourd'hui à ce stade pour Viginium, c'est une évolution mais c'est pas encore une révolution en terme d'évolution du niveau de menace mais effectivement il y a des risques qu'il faut anticiper. Maintenant c'est aussi un formidable outil et réservoir de solutions pour nous et donc nous nous l'utilisons au quotidien dans nos dans nos opérations pour différents types de choses parce que l'analyse de contenu à grande échelle en fait elle dépasse largement les capacités humaines. Donc on a besoin d'automatiser certaines choses avec grâce à l'IA et et aux machines.
Et donc euh nous nous développons nous-mêmes des outils. On a mis en ligne l'année dernière un outil open source qui permet de détecter la publication massive de contenu textuel par des outils d'IA générative, donc des manœuvres d'astroturfing par exemple. Euh et par ailleurs dans nous allons mettre en place en 2026 un centre d'excellence en intelligence artificielle au sein de Viginum qui sera ouvert sur le monde académique et scientifique et qui aura pour vocation de justement développer davantage de cas d'usage concrets de l'IA au profit de nos missions opérationnelles.
Merci beaucoup pour le groupe de la France insoumise, la parole est à monsieur Aurélien Saint-oule. Merci beaucoup monsieur le président, madame monsieur. Merci vraiment beaucoup de de votre présentation extrêmement stimulante intellectuellement et exhaustive.
Évidemment, je ne vais pas redire ce que vous avez dit. Nous sommes rentrés dans une ère de de d'industrialisation de la propagande en fait et et et [grognement] dans laquelle on entend l'écho de ce que disait Guide de Bord le en retournant la dialectique égaléenne disait que le faux n'était plus un moment du vrai mais le vrai était un moment du faux. C'est assez saisissant.
Moi j'ai plein de questions précises sur euh l'outil logiciel. Les outils logiciels dont vous disposez sont-ils pleinement souverains ? vous avez commencé à évoquer le le sujet d'un centre d'excellence.
Donc, j'imagine que l'objectif est de parvenir à se doter des outils pleinement souverains pour cela. Euh la deuxième question porte sur l'analyse des algorithmes. J'ai vu qu'Elon Musk ces derniers jours avait annoncé rendre public les algorithmes.
Est-ce que vous avez un accès suffisant aux algorithmes des grandes plateformes ? Euh la troisème question, c'est la relation qui existerait éventuellement entre cyber malveillance, fuite de données et manipulation ingérence. Euh la 4e question est porte sur les modèles économiques des plateformes.
Puis vous nous avez dit qu'il fallait maximiser l'engagement. Est-ce que en réalité le problème c'est pas tout simplement que le modèle économique des plateformes conduit à ce genre de choses et est-ce qu'il faudra pas trancher dans le vif et renoncer à ces modèles économiques pour promouvoir une véritable écologie de l'attention ? Et puis la dernière question très générale, quelle nécessité voyez-vous dans d'une évolution législative ?
Merci beaucoup. Je peux commencer sur une question très précise qui s'adresse à nos deux structure qui est celle des outils logiciels et savoir s'ils sont souverains. Oui, aujourd'hui notre outil logiciel dont j'ai [grognement] parlé sur notre veille, il est il est complètement souverain.
Beaucoup des autres questions que vous avez évoqué, monsieur le député, sont sur des questions de régulation des plateformes qui sont pas suivies par ma direction, mais c'est évidemment un enjeu essentiel. C'est-à-dire que euh dans la situation actuelle euh la mise en œuvre du DSA, euh les mesures prises par la comm par la commission et la justice française euh c'est le contexte dans lequel ma direction intervient et ça a un effet immédiat dans lesquelles nous pourrons intervenir. [grognement] Voilà sur ces différents sujets.
Le modèle économique des plateformes. Ça c'est c'est très puissant notamment tout ce qui est l'utilisation de la publicité à des fins euh géopolitiques la manière dont c'est ce canal peut être utilisé par par des adversaires. Là, on a une frontière très claire entre ce qu'ils peuvent poster dans un contexte totalement ouvert et à partir d'une utilisation aussi de rémunération des des ça va dans les deux sens des posters.
Ça c'est des choses que nous regardons de très près avec nos partenaires en qui qui agissent sur ces domaines là au sein de du ministère en interministriel. Euh pour vous répondre aussi donc côté viginum pour la ce qui concerne les outils en fait aujourd'hui nous on utilise dans le cas de notre mission d'investigation en fait trois types d'outils. On va utiliser premièrement des outils qui sont des outils commerciaux donc des licences commerciales qui sont par exemple des outils de social listening.
Ça ça va nous permettre donc de de veilles en fait des réseaux sociaux [grognement] qui vont nous permettre en fait de suivre par exemple bah les écosystèmes de de comptes sur les réseaux sociaux de différents modes opératoires informationnels au quotidien. On utilise plusieurs de ces outils euh parce que en fait aucun d'entre eux ne permet d'avoir une comment dire une une profondeur suffisante sur toutes les plateformes. Voilà.
Donc ça c'est le premier type d'outil qu'on utilise. Le deuxième type d'outil queon utilise ça va être des outils open source notamment par exemple des modèles DI open source et donc qu'on va qu'on va utiliser pour développer nous-même en fait nos outils un peu maison. Et donc j'en viens à la troisème catégorie d'outils.
En fait, les outils la trisème catégorie, c'est donc ces outils qu'on développe nous-même euh qui sont en fait des outils par exemple où on va utiliser un modèle dia open source pour qu'on va entraîner par exemple sur un cas d'usage précis euh par exemple donc de de pouvoir analyser à grande échelle la distance sémantique entre plusieurs milliers de publications textuelles par exemple. Euh en fait ce qu'il faut retenir c'est que en fait la le point de ces outils, bon d'une part nous utilisons uniquement effectivement des outils soit open source, soit qui sont euh euh français ou européens effectivement par rapport à ces enjeux de souveraineté. Mais en fait ce qu'il faut retenir c'est que notre activité, elle tient surtout à l'expertise humaine en fait de nos agents euh plus qu'à la technologie.
Donc en fait nous nous ne dépendons pas largement d'une seule plateforme ou d'une seule technologie qui serait unique et qui nous permettrait de faire tout. En fait aujourd'hui, il faut en fait on fait l'usine, c'est pas du big data. On a besoin d'aller regarder très précisément des indices de remonter cette chaîne.
Il faut savoir où regarder et ça ça repose sur la connaissance euh des agents. Euh s'agissant euh maintenant des algorithmes et des plateformes, effectivement comme je le disais aujourd'hui, les algorithmes, l'architecture algorithmique euh de ces plateformes, leur modèle économique façonne finalement la hiérarchie des contenus et le débat public numérique. Et donc aujourd'hui en fait bah on on entretient des collaborations régulières avec les plateformes, par exemple par le partage d'éléments d'éléments techniques.
Et en fait ça c'est facilité par le fait qu'on a une approche qui est basée sur les éléments techniques et non sur les contenus. Euh parfois effectivement cette coopération, on n pas forcément toute la transparence ou la réactivité qu'on pourrait attendre. Euh ça se passe bien avec certaines certaines plateformes euh mais parfois c'est pas alors on pourrait aimer plus de proactivité par exemple ou plus de profondeur.
Donc dans ces cas-là, on a d'autres moyens d'agir euh qui vont relever notamment de la mise en place du enfin la mise en œuvre du DSA. Et en fait aujourd'hui euh bah toutes les toutes les dispositions nécessaires sont déjà finalement dans le DSA qu'il s'agisse de la transparence des algorithmes euh de la l'atténuation des risques systémiques, des mesures qui vont concerner la publicité politique. Et [grognement] donc en fait nous on a on a effectivement la la la conviction que en fait la mise en œuvre du DSA ben en fait elle peut pas souffrir d'exception et en fait on a aujourd'hui les outils aux mains de la commission pour pouvoir avoir une action efficace.
Voilà. Et puis par ailleurs, on peut on peut aussi travailler au niveau national, au niveau judiciaire, on peut être amené aussi à collaborer, à être mandaté par les autorités judiciaire pour leur partager un nom d'éléments sur ces sujets. Voilà.
Merci beaucoup. pour le groupe socialiste apparenté. La parole est à Thierry Soter.
Monsieur le président, monsieur le directeur, madame la chef de service, chers collègues, en premier lieu, je vous remercie tous les deux pour votre venue à l'Assemblée nationale et pour les informations riches que vous nous avez livré ce matin. Vous l'avez rappelé, la France a été d'objectifs ambitieux et une notion de repost. Nous sommes passés à une notion de contre-récit.
Dans le plan présenté le 7 mai par le ministère de l'Europe et des affaires étrangères, plusieurs moyens forts ont été annoncés tels que la création d'un contingent dédié à la guerre informationnelle ou encore l'identification de 30 zones de guerre informationnelle. Cette ambition coïncide également avec les ambitions fortes affichées pour Virginum, service jeune mais dont l'utilité est salué sur quasiment tous les bords de notre assemblée tel que mentionné dans la stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l'information. Je pense notamment à l'académie portée par Viginum qui aurait pour triple vocation d'informer le grand public, d'éduquer en lien avec l'éducation nationale et de former les partenaires français et internationaux.
En saiton plus aujourd'hui sur l'échance de déploiement de cette académie. Aussi s'ag viginum, le service compte 42 équivalents temps plein en 2025 contre un objectif de 65 et avec un budget qui n'a pas été à la hauteur de ce qui souhaitaent les socialistes dans notre dernier débat. Considerez-vous que les objectifs affichés tant par Virginum que par le MAE sont atteignables rapidement et que les moyens pour se faire suffisants.
Considérant le fait que nous entrons maintenant en période d'élection présidentielle et potentiellement législative. Enfin, en matière d'ingérance étrangère, notre meilleure protection reste sans aucun doute l'application de normes et en particulier le DSA comme vous l'avez évoqué à l'instant. Si euh euh elles ont été longtemps réclamées par réclamé, la Commission européenne a commencé à prendre des premières sanctions.
En savez-vous aujourd'hui plus sur les avancées des nombreuses enquêtes en cours ? Et quelle ambition peut-on espérer au niveau euh de la Commission européenne sur une véritable application du DSA avec les enquêtes mais également avec les sanctions teles que prévu dans ce document. Je vous remercie.
Merci beaucoup. S'agissant donc de l'académie de la lutte contre les manipulations de l'information de Viginum. Celle-ci en fait, elle a été préfigurée depuis maintenant de nombreux mois et nous allons donc officialiser son lancement en juin.
Et [grognement] donc elle en fait elle elle est déjà finalement à la manœuvre. On a on met en place une équipe dédiée pour ça et nous avons été dotés de moyens supplémentaires d'ailleurs pour le faire. Cette académie en fait, elle aura principalement trois missions.
Euh une première mission qui sera de faire une mission d'information et de sensibilisation du public euh puisque donc maintenant c'est une mission qui nous a été confiée dans le cadre de la mise à jour de notre décret en février 2026. Euh et donc euh au titre de cette académie, dans le cadre de cette académie, nous allons être amenés à publier de manière probablement plus régulière et périodique euh des des bulletteins d'information et finalement prolonger ce que nous avions déjà commencé dans le cadre des bulletins du réseau de coordination et de protection des élections pour assurer finalement une meilleure information et prise de conscience des citoyens et donc une meilleure vigilance de leur part face à ces opérations. Ça c'est la première chose.
La deuxième chose, c'est que cette académie, elle sera aussi en charge de développer des contenus de formation [grognement] à destination de différents public, qu'il s'agisse de professionnels, de la société civile, des médias et puis et puis bien évidemment aussi des ressources pédagogiques pour les élèves et leurs professeurs. L'idée en fait, c'est de pouvoir faire circuler les savoir-fa de partager aussi les savoir-fères de viginum en matière d'investigation en source ouvertes. Et donc l'idée c'est de développer une véritable offre de formation.
Nous avons déjà fait pas mal de choses dans le domaine. Par exemple des challenges d'investigation en open source pour des élèves, des enseignants. Nous avons développé aussi des des des supports comme des podcasts, des formations pour les professeurs qui sont aujourd'hui en qu'on a fait on a fait en lien avec le Clemmi qui sont disponibles sur la plateforme Magistère.
Et donc l'idée c'est de développer finalement un véritable module de formation. On le fait aussi déjà euh dans le cadre de plusieurs accords avec les médias où nous allons travailler à échanger les savoir-faire les bonnes pratiques avec les journalistes en matière d'investigation en source ouverte. Et enfin le trè la trè mission de cette académie sera de collaborer avec le monde académique le monde académique et scientifique.
J'ai parlé tout à l'heure de la recherche scientifique sur les sujets d'intelligence artificielle, c'est aussi sur les sujets de sciences humaines et sociales par exemple. Donc l'idée c'est aussi de structurer une véritable filière académique qu'elle concerne des des donc des filières des filières techniques ou des filières de sciences humaines et social. Euh donc cette académie donc elle sera elle sera lancée officiellement donc en juin.
J'en viens donc maintenant au sujet des des ETP et des moyens de Viginum. En fait aujourd'hui nous avons 65 ETP euh chez Viginum. Nous avons été dotés de moyens supplémentaires en 2025 et en 2026 notamment pour monter ces nouvelles capacités qui s'agissent de l'académie de la lutte contre une manipulation de l'information, donc du centre d'excellence en intelligence artificielle qui qui est aussi en cours de préfiguration.
Euh et donc aujourd'hui, oui, nous estimons qu'avec avec ces moyens, nous sommes en mesure euh de de faire pas mal de choses comme vous pouvez le constater. Merci beaucoup, monsieur le député. Je vais revenir sur la question des moyens parce qu'elle est extrêmement importante et donner un peu une idée de comment nos adversaires investissent dans ce champ. quelques chiffres.
Euh selon nos informations, les Russes mettent entre 2 et 2,6 milliards de dollars par an euh dans leurs opération de propagande dans le champ informationnel. Euh la Chine, ce serait 48 milliards, l'Iran, 1,8 milliards. Le le ministère de la guerre américain, pour ses propres productions du seul ministère de la guerre américain, c'est 1,2 milliards.
Donc c'est un domaine qui coûte très très cher [grognement] et face à cela, euh nous déployons le plus de programmes que possible, mais à la hauteur des moyens que nous avons. Alors, il se trouve que la DCP a vu ses moyens augmenter par proposition du ministre à la représentation nationale lors du vote du budget et par des redéploiements internes, [grognement] mais nous sommes sur des montants très faibles et avec des équipes très limitées face à ce que nos adversaires mettent sur l'ensemble de ces sujets. Donc [grognement] aujourd'hui, nous avons, c'est dans les documents budgétaires, un budget de 16 millions d'euros à la DCP.
Nous avons eu des créations de TP jusqu'à l'été 2025. Nous sommes très attentifs à limiter au maximum tout ce qui est communication institutionnelle suite aux instructions du premier ministre et aux baisses souhaitées sur les dépenses de communication de l'État. La guerre informationnelle, elle c'est quelque chose de différent mais où on est sur des ordres de grandeur et face à des des adversaires vraiment qu'il faut prendre en compte. réalise qu'on a je vous ai pas répondu aussi sur la question du du DSA si on rentre un peu plus dans le détail.
Euh donc aujourd'hui, on estime effectivement que le DSA en fait, il offre un cadre d'action efficace puisqu'il couvre en fait l'ensemble des aspects. Euh néanmoins, effectivement, on on pense que euh une mise à jour des lignes euh directrices en matière d'atténuation des risques systémiques, notamment en période électorale, pourrait être souhaitable puisqu'elle date de 2024 euh et qu'elles doivent être finalement mises à jour à l'ône de l'évolution de la menace que que j'évoqué. Euh ce que peut-être ce qu'il faut ce qu'il faut avoir en tête et et qui sont des des pistes.
Euh on pourrait penser à prévoir par exemple l'encadrement des systèmes algorithmiques en période électorale, euh par exemple un gel des algorithmes de recommandation euh ou euh une meilleure mise en avant de contenu issus issu de sources d'information qui soient crédible et légitime par exemple. d'intégrer aussi certains enjeux comme la suppression des continu authentiques, comme le marquage effectif des contenus générés par I et puis aussi le le respect des obligations en matière de de transparence publicitaire ainsi que une meilleure opérationnalisation euh de l'article qui vise à communiquer des données aux chercheurs. Et enfin peut-être de définir en fait la capacité aussi d'action des États eux-mêmes, des États membres eux-mêmes sur leurs espaces d'intervention légitime étant entendu que effectivement la protection des élections est une prérogative souveraine.
Voilà, donc ça c'est quelques pistes si on rentre plus dans le détail d'évolution possible par rapport au textes existants. Merci beaucoup. Pour le groupe de la droite républicaine, la parole est à monsieur le ministre Jean-Louis Tierriot.
Merci monsieur le président. Merci à tous les deux pour cet exposé qui montre combien la guerre informationnelle et la guerre des récits est au cœur de la résilience de nos sociétés. [grognement] Trois questions.
L'une concernant euh un souci majeur qui est celui des deep fake et notamment des images, des films, des vidéos générées par la grande difficulté est souvent que ce qui est vu est cru et euh il est délicat de faire comprendre que telle image, parfois on peut même se poser la question été ou non générée par IA. Donc, quel est l'état de vos réflexions pour essayer d'avoir un élément transparent, certificateur ? Je sais pas comment le faire pour que l'on puisse, j'ai pas la réponse he mais c'est vraiment une question dont le législateur doit réfléchir et s'en saisir quand on aura des éléments de réponse.
Deuxème point, concernant Viginum, vous avez clairement précisé que votre champ d'intervention c'était les cas où il y avait des éléments d'extranéité. Donc comment gérer la zone grise entre euh la filiale, l'association sœur, que sais-je ? On sait que ça existe.
Donc quelle est votre doctrine là-dessus ? Et troisièmement, question qui s'adresse plutôt au qu d'ors euh quel benchmark ou mapping avez-vous fait des attaques informationnelles contre nos partenaires de l'Union européenne ? Sommes-nous plus ciblés comme les autres, moins que d'autres ?
Quelle est un peu votre analyse de la situation ? Merci à tous. Merci beaucoup monsieur le député.
Je commencerai par votre dernière question. Euh le service européen d'action extérieure euh fait un rapport tous les ans sur les attaques numériques étrangères euh qui montent que 90 pays dans le monde sont victimes de ces attaques et la France est le deuxè pays européen le plus touché après l'Ukraine. Et ça dit [grognement] beaucoup de choses parce que je pense que c'est euh le fait que notre diplomatie porte une voie forte, s'intéresse à toutes les crises et euh et euh une position très forte sur l'Ukraine qui fait que euh nous subissons euh ces attaques qu'elles soient inauthentique ou tout à fait euh authentique.
Et d'ailleurs, ce qui est très intéressant, c'est dans nos réponses, nous agissons avec nos partenaires. Nous avons des coopérations avec des partenaires européens, des échanges de bonnes pratiques et également de voir comment nous pouvons amplifier enfin pardon ce terme enfin accroître l'impact de nos campagnes en travaillant de concert. Sur le sujet des deep fake et des films vidéo générés par Lia.
Euh aujourd'hui, on avait fait euh euh l'expérience lors de la conférence des ambassadrices et des ambassadeurs. Ça avait été un peu un électrochoc. Euh pour des personnes euh qui bien qualifiées qui savent faire ça, en 2 minutes, vous pouvez faire un discours euh du ministre à la tribune de l'Assemblée générale des Nations- Unies qui dit totalement euh le contraire de ce qu'il a prononcé et c'est très difficile de savoir que que c'est un un deep fake.
Je crois que il y a deux questions. Il y a des questions de développement de capacité de vérification et là euh le secteur enfin la société civile c'est très important son rôle pour pouvoir euh comment on dit fact checker et et signaler que qu'on est face à des deepf. Mais il y a une grande question d'éducation à l'information.
On travaille avec des partenaires comme le Clémi par exemple et il y a un réflexe que de plus en plus on on va devoir avoir, c'est qu'aujourd'hui sur les réseaux sociaux et certains plus que d'autres euh on devrait se dire que tout est faux ou tout est lié et qu'on va aller chercher des indications que c'est en fait vrai plutôt que de faire l'inverse où aujourd'hui quand on scrollle qu'on regarde tout ça, on part du principe que c'est vrai et on cherche des indices de d'intelligence artificielle ou de ou de manipulation de l'information. Je pense que il va dans notre culture de l'utilisation des réseaux sociaux, il faut petit à petit changer d'époque. [grognement] Euh sur Li juste pour effectivement compléter et ajouter euh la perspective de Viginum.
En fait, vous avez tout à fait raison. Aujourd'hui, en fait, on observe trois types d'usage de enfin trois finalités d'usage de l'IA par les opérateurs de cette menace. Euh ça va être effectivement le mensonge, c'està publier un contenu euh qui va être donc euh complètement euh complètement faux pour euh donner de la crédibilité à un événement un événement fictif ou à une prise de parole qui n'a jamais lieu.
Alors déjà la deuxième chose, ça va être l'amplification en publiant de manière massive en fait du contenu qu'on va dupliquer, modifier à un rythme très rapide par exemple. Et enfin c'est aussi la persuasion. Et là c'est finalement et c'est ce qu' finalement ce qu'on constate le plus en fait ce qu'on constate le plus c'est pas nécessairement beaucoup de def enfin il y en a il y en a évidemment mais aujourd'hui c'est encore pas si compliqué que ça à les détecter.
En revanche ça va être l'usage de l'IA pour créer en fait des narratives plus persuasifs parce qu'on va avoir un visuel en appui de son narratif et donc on va avoir plus d'engagement qui va être généré autour de autour de ce narratif. Euh en fait finalement la vraie la vraie difficulté, vous avez tout à fait souligné ce point, c'est finalement le doute généralisé que ça induit où en fait on ne sait plus finalement ce qui est authentique et synthétique et finalement qu'on en vienne à douter de tout et y compris des contenus authentiques. Et c'est là que que se situe finalement le vrai risque euh de perte de confiance généralisée euh des des utilisateurs en ligne.
Donc effectivement, ce sujet de l'IA est un enjeu très fort. Et au-delà de ça, je reviens aussi sur ce que j'évoqué tout à l'heure où en fait il y a aussi des risques systémiques de d'orientation ou de biais dans les modèles d'IA eux-mêmes en matière de manipulation de l'information. Et ça ce sera aussi euh un des enjeux de ce centre d'excellence en artificielle de contribuer au programme d'évaluation et de sécurité de l'IA de Linésia euh qui est qui est sous l'égsnaire de manipulation de l'information et on on va travailler là-dessus avec l'INRIA.
Euh donc effectivement c'est c'est c'est assez préoccupant, mais à ce stade, comme je disais tout à l'heure, on n' pas eu encore de deep fake qui a eu un impact majeur. C'est arrivé dans d'autres pays, donc faut rester extrêmement vigilant. Ce qui est certain, c'est que les capacités, elles bougent en permanence.
Donc en fait la création de détecteur de conduit synthétique, elle existe aujourd'hui mais elle peut dire rapidement rapidement obsolète. Euh, j'en viens à à votre deuxième question sur le sujet des acteurs et de ce que vous appiez un peu cette zone grise. En fait, pour nous, c'est assez clair parce qu'en fait notre méthode, comme je le disais, elle elle s'intéresse plutôt à la chaîne haute, enfin remonter le plus haut possible dans cette chaîne de mise en place de ces opérations.
Et donc, ce qu'on va chercher à identifier dès lors qu'on détecte une opération ou qu'on va suivre quelque chose qui va être mis mis en place par un acteur qu'on suit, c'est le prix au diffuseur. Et donc sur cette base-là d'identifier quel va être le premier compte qui a diffusé cette opération et puis surtout de remonter la chaîne derrière quels intermédiaire, quel prestatair quel infrastructure technique a été mise en œuvre pour permettre ceci. Et donc c'est vraiment de remonter à la racine de ces opérations et de caractériser l'implication directe ou indirect d'un acteur étranger dans cette racine.
Donc voilà donc ce que vous évoquez en fait sur le relais par des acteurs nationaux de ces manipulations de l'information en fait c'est pas c'est pas vraent ce qu'on regarde c'est pas notre sujet. Voilà. Merci beaucoup.
Pour le groupe écologiste et social, la parole est à Damien Girara. Merci monsieur le président, monsieur le directeur, madame la chef de service, chers collègues. Depuis le déclenchement de la guerre d'agression russe en Ukraine le 24 février 2022, la Russie s'est encore davantage isolé des pays occidentaux ce qu'il a conduit à rechercher de nouveaux partenariats sur la scène internationale et notamment sur le continent africain.
Ce pivot stratégique vers l'Afrix inscrit dans le concept de politique étrangère 2023 de la Fédération de Russie. Cette stratégie ne repose pas uniquement sur les relations entre États. Elle s'appuie également sur une politique d'influence informationnelle de plus en plus structuré mélang communication politique, relais médiatiques, réseaux sociaux, opération d'influence et parfois manipulation coordonnée de l'information.
Après la mort d'Evgénie Prigogine. En 2023, ce dispositif a connu une réorganisation importante. Plusieurs travaux européens soulignent désormais le rôle d'une plateforme appelée African Initiative présentée comme une vitrine d'influence liée aux services russes.
Celle-ci combine action en ligne sur le terrain, organisation de conférences, partenariat médiatique, production de contenu numérique et diffusion de récits politiques centrés sur la dénonciation du néocolonialisme occidental. la promotion d'un prétendu nouvel ordre mondial ou encore la valorisation de la coopération russo-africaine. Ces stratégies prospère d'autant plus qu'elle s'appuie sur des fragilités et des ressentiments réels, notamment la défiance envers certaines puissances occidentales ou les crises politiques locales.
C'est précisément cette capacité à exploiter des tensions existantes qui rend ces opérations particulièrement efficaces et difficiles à être détecté. Un rapport conjoint du service européen pour l'action extérieure et de Virginum a montré que ces réseaux d'influence actif en Afrique disposaient également de relais au Royaume-Uni capable de relayer, amplifier ou coordonner certains narratifs anti-occidentaux au-delà du continent africain. J'en viens à ma question.
Euh les autorités françaises ont-elles identifié l'existence d'écosystèmes comparables sur notre territoire en lien avec African Initiative ou avec d'autres structures d'influence russe ? Et si tel est le cas, quels sont aujourd'hui les principaux acteurs ou modes opératoire observés qu'il s'agit de réseau numérique, d'événements publics, de relais médiatique et quel niveau de risque ces dispositifs représentent-ils pour notre espace démocratique, nos débats publics ou la prévention des ingérences étrangères ? Je vous remercie.
Je vous remercie de revenir sur ce rapport effectivement qu'on a publié en février 2025 et le premier rapport qu'on a fait en coopération avec des partenaires internationaux euh et qui revient justement sur la recomposition du dispositif d'influence russe en Afrique après la mort d'Evghanie Prigogine et qui illustre finalement comment nous avons enfin que que cette chaîne s'appuie sur un continuum en fait d'acteur qu' s'agisse d'acteur officiel de pseudo association comme comme African Initiative et puis de de relais et d'influenceurs pour mettre en œuvre ces procédés. Par rapport à votre question encore voilà le en fait le champ d'action de Viginum est uniquement concerne uniquement en fait les acteurs étrangers donc la caractérisation d'éventuels acteurs français en fait ne relève pas de notre domaine et donc je voilà j'ai pas de réponse à fournir à cette question. Merci beaucoup pour le groupe les démocrates.
La parole est à Judy Pito. Merci monsieur le président. Merci à vous deux tous vos propos qui effectivement démontrent l'ampleur d'ailleurs de ce que ça peut être cette guerre informationnelle.
Je je vais euh juste poser madame euh deux trois petites questions. La première porter sur le périmètre de vos interventions et si la présence d'un acteur étranger est nécessaire à caracter la ou là pardon la caractérisation de l'ingérence des relais de citoyens français ou l'action indépendante de citoyens français en relais d'acteurs étrangers entre-t-il dans le champ de vos compétences ? La deuxième question porterait sur le comité d'éthique et scientifique de Viginom qui constaté dans son rapport d'analyse de l'activité 2024 que l'ingérence numérique étrangère ne disposit pas d'une qualification pénale propre et s'appuyait sur des infractions déjà existantes.
Estimez-vous qu'une qualification pénale spécifique serait de nos jours justifiée ? Et en enfin, par ailleurs sur la base du code électoral et de la loi relative à la lutte contre la manipulation de l'information qui prévoit que le juge des référés peut être aussi saisi pour faire cesser la diffusion d'informations trompeuses de nature à altérer la sincérité du scrutin par le biais d'un service de communication au public en ligne. Avez-vous toute la capacité d'intervenir appui technique dans la procédure civile pour accompagner le juge dans la caractérisation d'une infraction en lien avec une ingérence ?
Je vous remercie sur votre première question madame sur le le en fait l'implication d'un acteur étranger en fait elle est indispensable dans le dans le travail de viginum. En fait, nous nous ne travaillons pas sur des opérations qui n'impliqueraient pas l'acteur étranger. En fait, c'est les voilà, c'est c'est le critère indispensable dans la mise en œuvre de notre décret.
Et donc nous nous occupons uniquement euh de détecter, de caractériser des des opérations qui euh qui impliquent un acteur étranger. Comme je le disais tout à l'heure, en fait, nous avons une approche qui est centrée sur les acteurs et non sur les contenus et donc sur la remontée de cette chaîne de mise en œuvre de ces opérations pour identifier le primuseur. Et donc, nous ne regardons pas finalement le le relais par des relais nationaux.
C'est pas c'est pas notre sujet. Nous ce qui nous intéresse, c'est de remonter le plus haut possible dans la chaîne parce que en fait ça ça va avoir deux avantages. D'une part, ça va nous permettre de mieux connaître les infrastructures techniques et donc de pouvoir mieux anticiper potentiellement leurs actions.
Par exemple, en caractérisant l'infrastructure technique de ces modes opératoires, on est capable par exemple de détecter la création de nouveaux sites internet, de nouveaux noms de domaines qui vont être affiliés à cette infrastructure et on est capable de le faire parfois avant même que ces sites aient été promus sur les réseaux sociaux, ce qui va nous donner un temps d'avance en fait en terme d'anticipation de la menace. La deuxième chose, c'est qu'en fait ça nous permet une action qui est plus stratégique aussi euh parce que en fait le le fait de pouvoir caractériser cette chaîne haute de la menace, bah ça va vous permettre de mener des actions avec le qu d'ors de dénonciation publique mais aussi de mis sous sanction de ces individus et donc d'avoir une une approche qui est plus stratégique et moins tactique que si on s'intéressait uniquement uniquement au contenu. Donc donc ce critère là, il est essentiel concernant la la création d'une d'une infraction.
En vérité, aujourd'hui, il y a déjà, vous l'avez cité, il y a déjà énormément de dispositions dans le droit qui sont des leviers activables euh que ce soit, par exemple, vous l'avez cité, les lois du 22 décembre 2018 sur le cette loi qu'on appelle donc le référé anti fake news ou d'autres dispositions aussi du code électoral. Euh et en fait aujourd'hui on a déjà pas mal de leviers qui peuvent être activés euh et qui devraient probablement l'être encore davantage. Et c'est en ce sens que le le garde des saut a fait circuler enfin a partagé deux circulaires pardon en début d'année.
Euh un sur la manipulation de l'information un sur l'ingérence étrangère aux autorités judiciaires pour justement avoir une meilleure activation de ces leviers qui sont déjà déjà disponibles. Maintenant, voilà, on l'avait on l'avait déjà évoqué. Je pense que les éléments du débat sont connus.
On peut se poser la question de d'encore améliorer, d'avoir des points d'amélioration sur ces différents différentes dispositifs législatifs. Par exemple, le référé anti fake news, on s'est rendu compte pendant les municipales qui n'étaaiit pas qui couvrait uniquement les élections nationales et pas les municipales. Donc voilà.
Après, bon, c'est pas mon rôle, mais voilà, il appartiendra à nos autorités politiques en fait de définir s'il faut faire des propositions d'évolution législative et ça pourra être voilà potentiellement potentiellement le cas. Merci beaucoup pour le groupe Horizon. La parole est à monsieur Michel Criot.
Merci monsieur le président, cherc, monsieur le directeur, madame d'hiver. Merci tout d'abord pour votre exposé. Alors ma question va aborder vous avez déjà apporté pas mal de de réponses mais je la pose malgré tout dans un contexte de multiplication des opérations d'ingérence numérique étrangère et afin de lutter contre ces manipulations de l'information la France a fait le choix de se doter d'une stratégie nationale notamment en début d'année élaboré sous l'égide SG DSN Et nous le savons, la France est une cible bien identifiée, privilégiée euh des ingérences étrangères, vous l'avez dit, la multiplication des vidéos euh générées par l'intelligence artificielle, de faux comptes relayant aussi euh des contenus mensaugés et euh de campagnes de désinformation en période électorale, ça a été dit, notamment sur les réseaux sociaux nous oblige à faire constamment évoluer nos dispositifs afin de protéger le débat public et garantir un espace informationnel fondé sur la liberté d'expression et la pluralité des opinions.
Créé en 2021, l'objectif de Viginum est de préserver le débat public des manipulations de l'information provenant de l'étranger et sur les plateformes numériques. J'ai donc deux questions. La première concerne comment euh concerne je veux dire la comment appréhendez-vous le recours croissant ALIA dans les ingérences étrangères et quels sont les leviers de ripost de Véginum dans ce domaine et deuxièmement qu'apporte concrètement la nouvelle stratégie de lutte contre les manipulations de l'information adoptée par la France en ce début d'année vous remercie.
Alors sur sur l'intelligence artificielle, je je évoquer à plusieurs reprises euh effectivement comment c'était utilisé aujourd'hui de manière assez généralisée en fait par les opérateurs de cette menace. Donc effectivement à ce stade c'est généralisé comme je le disais, c'est pour le moment une évolution technologique de la menace mais qui n'est pas encore complètement qui qui ne transforme pas encore complètement la sévérité de cette menace. En revanche, il y a effectivement des éléments préoccupants vu la rapidité des évolutions technologiques sur sur l'évolution des des capacités dans ce domaine.
Euh donc nous nous agissons en fait nous nous utilisons l'intelligence artificielle au quotidien et je pense qu'un des il y a deux défis là-dedans. c'est premièrement d'accélérer notre usage de l'IA au vu de l'accélération des capacités autour des au cours des deux dernières années de de pouvoir aussi bah suivre ce rythme et en fait de pouvoir intégrer encore plus encore plus systématiquement l'intelligence artificielle dans la manière dont nous travaillons. On le fait déjà beaucoup pour être honnête. qu'on utilise au quotidien euh ces outils d'IA qui viennent en appui du travail de nos analystes et nos data scientistes.
Euh et le deuxième sujet, c'est bien sûr de de continuer à enfin en tout cas de de suivre et d'anticiper les risques de cette menace et notamment d'évaluer les risques systémiques des modèles d'IA en matière de lutte contre les manipulations de l'information. Et en fait ces deux sujets, le développement de nouveaux cas d'usage et l'évaluation des risques systémiques seront dans les prérogatives de ce centre centre d'excellence. Euh sur le sur le deuxème sujet, je crois que vous évoquez la pardon, excusez-moi, la stratégie pardon, la stratégie nationale de LMI, bien sûr.
Euh en fait ce document de stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l'information d'origine étrangère, ce qui est important c'est que en fait c'est un document fondateur. C'est le c'est le premier du jour, il y avait pas de document de stratégie nationale jusqu'à présent. En fait, il fixe quatre priorités avec 15 objectifs stratégiques, donc quatre priorités.
C'est par hasard si la première priorité, c'est la construction d'une résilience démocratique et qui donc fixe le que le que le la meilleure défense finalement contre cette menace, c'est de renforcer nos capacités d'immunité collective par l'information du public, par la sensibilisation du public, par la formation. Ça ce sera le rôle de notre académie notamment. Euh et puis il y aura un rôle crucial bien évidemment euh euh de de tous les acteurs euh de de l'éducation ou du monde académique pour euh continuer et et développer nos capacités avec toutes les composantes de la nation dans ce domaine.
Le le deuxième élément de la stratégie, c'est de continuer à à encadrer et à responsabiliser les plateformes en matière notamment d'atténuation des risques systémiques de de l'usage de leurs services, que ce soit les réseaux sociaux ou les solutions d'IA d'intelligence artificielle et notamment d'IA générative. Euh et ça ça passe notamment par le renforcement euh ou en tout cas la euh la la pleine mise en œuvre des outils disponibles notamment au niveau du DSA euh ou du futur RIA. Euh le trè le trème pilier c'est euh c'est le c'est la le développement et le renforcement des capacités plutôt au niveau régalien, des capacités nationales euh entre au niveau donc des différents acteurs de l'État impliqués notamment Vivinum, le Kedors le ministère de l'intérieur, le ministère des armées en fait de renforcer au niveau capacitaire en fait notre capacité à à détecter, caractériser, à répondre à ces opérations.
Et donc c'est à ce titre là par exemple que nous avons désormais une gouvernance haute commune pour une meilleure articulation des différentes chaînes entre l'influence et la défense contre les manipulations de l'information. Et en fait enfin la 4rième priorité c'est aussi d'accélérer le développement des capacités au niveau international avec nos partenaires internationaux notamment à l'échelle européenne pour développer des standards développer une meilleure capacité collective à analyser cette menace et à à et à y faire face. Donc en fait maintenant ce qui est important c'est que cette stratégie il faut qu'elle soit mise en œuvre euh et donc d'opergaliser cette stratégie et donc on sera prennement impliqué auprès du SGDSN dans l'exécution de cette stratégie qui fixe des objectifs qui sont qui sont qui sont concrets, qui sont actionnables euh et qui et qui vont permettre de donner voilà une une direction très claire à l'action de l'État pour lutter sur et et agir en fait sur l'ensemble des aspects euh et des enjeux liés à cette menace sur la mise en œuvre de la stratégie LMI.
Monsieur député, jeis juste insister sur un point, une bonne nouvelle quelque part, on a pas eu beaucoup ce matin, c'est on observe une amélioration de la résilience de la société française. Les sondage le montre et c'est [grognement] très important parce que nous qui intervenons à l'étranger, on voit bien, on peut comparer la situation dans les différents pays. Et il y a trois facteurs.
Il y a d'abord la régulation parce qu'elle est pas la même selon les les pays dans le monde. Euh [grognement] la deuxième chose, c'est les usages. On a des pays où la presse intermédiaée est encore très présente et où donc les habitudes de consommation d'information des citoyens les préservent contre les manipulations de l'information.
Donc c'est plus facile. Il y a des pays où c'est beaucoup les réseaux sociaux, bien plus que la presse intermédiaire. Il faut distinguer ceux qui vont être sur des réseaux sociaux type X, TikTok, Facebook, donc avec un fil qui euh qui déroule devant leurs yeux et des pays qui vont être beaucoup sur des boucles qui se constituent, notamment des boucles WhatsApp ou signal euh où c'est beaucoup plus difficile en terme de transparence.
C'est-à-dire que là vous la possibilité d'aller mettre une manipulation de l'information dans une boucle, vous avez des milliers de personnes mais où seuls ces milliers de personnes là le voi parce qu'elles se sont abonnées à cette chaîne. C'est un contexte à nouveau très différent et dans tous les cas et c'est le troisème facteur c'est la résilience. Et là aussi on parlait de benchmark tout à l'heure et on en parle beaucoup avec nos collègues.
On voit que de plus en plus de pays comme nous investissent ces champs, définissent des stratégies et que ça augmente petit à petit la résilience. dans dans beaucoup de régions du monde et ça c'est une bonne nouvelle. Enfin une bonne nouvelle ce matin.
Bon deuxème [raclement de gorge] bonne nouvelle, on aura fini avec les orateurs de groupe. Je prends les questions individuelles maintenant. Euh la première est pour monsieur José Gonzalez.
Merci monsieur le président, monsieur le directeur, madame le débat public sur les ingérences numériques se concentre souvent et à très juste titre sur les grandes puissances comme la Russie, la Chine ou les États-Unis. Mais l'actualité récente montre aussi la capacité de puissance régionale ou intermédiaire amener des stratégies beaucoup plus diffuses, parfois en s'appuyant sur des relais médiatiques, religieux, culturels ou des diasporas présentes sur le territoire. On l'a vu à différentes occasions autour des tensions du proche Orion ou des fréquentes campagnes d'influence turc ou algérienne dans plusieurs pays européens.
Comment apprendez-vous le potentiel de relais de ces diasporas ou plutôt certains éléments de ces diasporas ? Bien entendu, il ne s'agit pas de stigmatiser toutes les personnes qui composent ces diasporas, [grognement] notamment dans notre environnement numérique. Notre doctrine de lutte contre les ingérences est-elle vraiment adaptée à ces stratégies plus diffuses, parfois même moins prises au sérieux que les opérations classiques attribuées aux grandes puissances ?
Merci. Merci. Et donc je vais prendre la deuxième directement deè et dernière celle d'Aurélien Saint-oule.
Merci monsieur le président. Oui, je me permets de de relancer pour une question qui est passée un peu à la trappe dans la kirelle de de celle que j'avais posé tout à l'heure qui est la relation entre cybermalveillance qui existe peut-être pas d'ailleurs hein, mais entre cybermalveillance et manipulation. Est-ce que les fuites de données c'est un levier, un moyen euh pour manipuler ?
Et puis j'en ajoute une dernière euh sur la nature de vos relations avec nos services de renseignement, avec les différents services de renseignement. Vous aviez évoqué, évidemment, je peux pas faire l'impasse, euh les la tentative d'ingérence qui a visé notamment les candidats de de LFI en précisant que aujourd'hui il était toujours impossible de définir quels étaient euh le ou les éventuels commanditaires. Euh est-ce que voilà, il y a il y a brève échéance ou à moyenne échéance des possibilités que on parvienne à attribuer ce genre de choses et et quelles sont les perspectives pour que de progression, les axes de progression pour que un jour on y parvienne ?
Merci beaucoup messieurs les députés. Je répondrai à à la à la première question [grognement] euh en fait il y en a deux d'ailleurs. Euh d'abord sur les grandes puissances et euh les puissances plus régionales ou moyennes.
Nous sur nos outils de réponse et sur les récits, nous ne faisons aucune distinction. Euh il y a pas d'objectif politique, nous sommes agnostiques euh sur le choix des attaques auxquelles nous répondons et dans la réponse que nous apportons et de la même manière sommes totalement agnostique à savoir à qui nous réponds. Nous répondons à ceux qui nous attaquent, quelle que soit la taille du pays, quelle que soit leur puissance.
Sur la diaspora, je vous ferai une réponse très simple, monsieur le député. Nous, notre ligne rouge, [grognement] c'est que nous intervenons sur le champ informationnel mondial. hors de France.
Donc euh par exemple, les les questions des diasporas se se posent euh quand vous avez euh euh le sommet euh Africa Forward, euh notre communication sur le sommet, elle touche évidemment l'opinion publique africaine, mais elle touche aussi l'opinion publique mondiale. Tous les pays sont intéressés à à en savoir plus sur ce sommet et les diasporas africaines dans le monde sont très intéressés et et et intéressés d'avoir la communication. Donc nous avons aussi une communication qui va leur être dédiée, mais on est là sur des diasporas qui sont en dehors de France.
Sur le point s'agissant de la la menace cyber, c'est vrai qu'on on on met souvent en commun en fait ces deux menaces entre la menace cyber et la menace d'ingéanceque étrangère. Alors, c'est vrai qu'il peut y avoir des choses communes parce que parfois en fait, on peut voir des acteurs qui vont avoir des stratégies duales dans ces dans les deux domaines. On avait vu par exemple dans l'affaire des des Macron en 2017 typiquement.
Euh et puis par ailleurs dans les opérations d'ingéréance mécrangère, on peut aussi voir des des modes opératoires, des procédés qui vont emprunter à la cybercriminalité. Je pense par exemple au type squatting par exemple, donc l'usurpation d'identité de de site web. Euh et donc ben on peut être amené par exemple à travailler avec l'ANSI, hein.
En plus, on est dans la même maison au sein du SGDSN euh sur euh sur justement le le adhérences en fait entre entre ces deux ces deux menaces. Maintenant, ce qu'il faut bien retenir, c'est que la menace d'ingence de tranger, elle est quand même distincte. Euh c'est euh notamment puisque en fait, on touche à des aspects de de d'information, de débat public et donc on peut pas considérer que c'est une menace qui est uniquement uniquement technique, notamment euh dans la manière en fait de justement de de traiter cette menace à détecter de la caractérisé.
Et c'est tout le sens justement euh de du modèle de viginum euh et de son son cadre éthique et juridique en fait qui permet un optimal en fait entre une action efficace sur le plan opérationnel et en même temps euh le respect des des droits et libertés fondamentales. S'agissant du du de votre deuxième point sur cette c'est notre opération qu'on a donc dévoilé dans les bulletins du réseau de coordination et de protection des élections et qui a visé le le le le parti LFI et puis ses candidats pendant pendant les municipales en fait. Peut-être je pense que pour remettre juste les choses dans leur contexte en fait pour expliquer en fait comment nous travaillons.
En fait Viginum ne travaille pas tout seul et en fait l'action de Viginum elle s'inscrit dans le casre d'une gouvernance interministérielle une gouvernance opérationnelle euh qui est faite autour du ce qu'on appelle le colmi euh avec différents différents partenaires. Donc c'est une une activité donc enfin une gouvernance opérationnelle qui va viser à partager des éléments techniques sur cette menace. Donc nous nous travaillons sur la détection, la caractérisation et une partie de l'imputation technique puisque nous travaillons en source ouverte.
En fait l'attribution, ce que vous évoquez va pas être de notre ressort en fait puisque en fait généralement c'est pas quelque chose qui va pouvoir être fait en source ouverte. Euh en revanche euh dans le cadre de nos travaux interministériels, on partage en fait l'ensemble des éléments euh sur euh sur les différentes opérations que nous détectons à nos partenaires qui vont avoir d'autres d'autres d'autres moyens, notamment les services de renseignement pour pouvoir justement euh faire cette attribution. Euh donc euh dans dans ce cadre-là, voilà où où nous en sommes aujourd'hui. [grognement] Euh et donc j'ajouterai que euh en fait nous avons nous sommes en train là de de finaliser aussi l'élaboration donc d'un rapport qui sera rendu euh public euh qui contire l'ensemble des éléments techniques que nous avons.
En fait, le secrétaire général avait annoncé une publication de ce rapport fin avril. En fait, en vérité, la réalité des travaux collectifs et collégial du RCPE nous a amené à revoir un peu ce calendrier parce qu'en fait ce rapport, vous le verrez, il sera il sera assez long. Il reviendra sur non seulement l'action du RCP qui était la première du genre, mais aussi sur les détails techniques de ces opérations.
Et donc aujourd'hui, en fait, nous sommes en train de finaliser euh ce rapport et qui sera publié dès qu'il sera prêt. Merci beaucoup. Merci monsieur le directeur de nous avoir fait percevoir ce langage diplomatique augmenté aujourd'hui.
Merci madame la chef de service de nous avoir fait donner à voir l'action de de Viginium. Merci à tous chers collègues et je vous souhaite un bon appétit. M.