LE SCANDALE PARCOURSUP : UNE MACHINE INÉGALITAIRE | JOHAN FAERBER, JULIEN THÉRY
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 95 %Défensif 5 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Parlez-vous Parcoursup, c'est le titre d'un livre...
- 2:00OuverteRéponse directe
Vous montrez que Parcoursup est un accélérateur d'inégalités...
- 5:00OuverteRéponse directe
APB était-il vraiment un problème ou une machine rhétorique ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Comment Parcoursup remplit-il sa fonction néolibérale ?
- 13:00OuverteRéponse directe
La réforme du bac est-elle liée à Parcoursup ?
- 17:00OuverteRéponse directe
Quelles sont les inégalités renforcées par Parcoursup ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Johan FaerberFait
« Parcoursup remplit parfaitement sa fonction qui est de contribuer à la conversion forcée de la société française au néolibéralisme. »
- 19:00Johan FaerberFait
« Parcoursup devient une vitrine pour le macronisme à l'échelle mondiale de consulting. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
parlez-vous le parcoursup c'est le titre d'un petit livre d'intervention qui paraissait jour si aux éditions du Seuil dans lequel Johan ferder ici présent montre à quel point cette plateforme numérique qui depuis 4 ans est un passage obligé pour l'accès des jeunes baseliers à l'enseignement supérieur est un véritable projet de société et un projet de société absolument anti-démocratique bonsoir Julien merci d'être avec nous ce soir pour parler de ce petit livre sur un sujet d'importance capitale l'éducation aussi bien l'éducation secondaire que l'enseignement supérieur parce que parcoursup on comprend bien en lisant et c'est là que ce sont les enjeux est à l'articulation cruciale entre les deux vous êtes enseignant au lycée Mozart du Blanc-Mesnil professeur de lettres mais aussi éditeur aussi critique littéraire et puis donc fort de votre expérience auprès des lycéens vous nous dites dans ce livre d'une part que parcoursup un terrifiante accélérateur d'inégalité sociale et puis vous lui dites aussi que cet état de fait n’étant rien le fruit d'un dysfonctionnement au contraire vous montrez que parcoursup remplit parfaitement sa fonction qui est de contribuer à la conversion forcée de la société française au néolibéralisme il s'agit en l'occurrence d'en finir avec l'enseignement supérieur de masse de produire de l'échec c'est une expression que vous avez de fait 140 000 étudiants laissés sur le carreau par le système rien qu'en jouant interdit sans sans affectation et il s'agit ainsi d'assurer de renforcer l'exclusion d'une partie de la population de l'accès à certaines carrières et vous parlez de parcoursup comme d'un outil ségrégatif de la violence sociale un bon sens de la formule si on reprend depuis le début parcours Supa était présenté par ces artisans au départ il y a 4 ans en particulier par Jean-Michel Blanquer comme un grand progrès par rapport au système précédent qui était APB admission post-bac contre lequel Blanquer et compagnie n'avait pas de mots assez dur bonsoir mais je vous remercie de m'accueillir effectivement je saisis la perche que vous me tendez pour répondre sur APB APB en fait était au cœur des discours de Macron et de son contremaître Jean-Michel Blanquer et de son autre contremaître Frédéric Vidal qui ont rapidement été nommé lors de son élection en 2017 le ministre de l'éducation de l'enseignement supérieur oui oui alors depuis elle est travaillée pour une boîte d'enseignement privé d'ailleurs oui oui mais elle a été refusée en fait elle a essayé elle a essayé c'était bien tenté mais effectivement le problème qui a été celui de d'Emmanuel Macron dès le début c'était effectivement de parvenir à diaboliser à pb APB c'était admission post-bac c'est un système qui avait cours depuis la fin des quelques années 2000 et qui était un système tout à fait imparfait puisque c'est un système qui reposait effectivement sur des algorithmes comme parcoursup et qui met quand même avaient une possibilité très importante pour les pour les bacheliers c'est qu'ils pouvaient hiérarchiser leurs vœux et cette il y a une grande différence avec parcoursup parce que parcoursup en fait va ne va pas résoudre le problème d'APB APB pour Blanquer ça a été je dirais l'occasion de mettre en place ce que moi j'appelle une machine rhétorique et une machine rhétorique qui redoutable parce que le macronisme articule toujours deux choses il articule un savoir technologique savoir technocratique qui passe par une numérisation de nos vies et à côté cette numérisation des vies elle ne peut pas venir seule elle doit s'accompagner d'un discours et ce discours c'est toujours finalement et fatalement un récit c'est-à-dire que le macronisme ne se fait pas seulement techniciste il se fait aussi conteur narrateur et à partir de là il faut bien arriver à créer une fable à trousser une fable à créer finalement quelque chose qui relèverait de l'injustice alors l'injustice ça paraît pas parcours réparer par parcours c'est injustice c'est quoi bah c'est tout simplement que APB et bien en fait et bien provoquer dans les foyers français des drames des tragés je dirais qu'il y a trois temps dans la dans le dénigrement et la déconstruction d'APB c'est tout d'abord ce qu'on pourrait appeler une sorte de stratégie pathétique Jean-Michel Blanquer dont on a depuis mesuré le caractère assez autoritaire faisait le tour des médias en fin 2017 et début 2018 juste avant la mise en place en janvier 2018 de parcoursup faisait le tour de toutes les matinales pour dire oui beaucoup de beaucoup d'élèves n'arrivent pas à avoir ce qu'il ce qu'ils veulent à cause d'un pb APB recourt massivement au tirage au sort c'était ça la grande et se rappelle les gens ça ça fera excellent l'injustice aberration le hasard alors que quand même le hasard au casino fait parfois bien les choses voilà mais là il s'agissait non pas de gagner de l'argent mais il s'agissait de pouvoir gagner sa vie à terme et qu'est-ce que Jean-Michel Blanquer a fait il a fait de ce vrai problème qui était un bébé parce qu'un pb n'était pas une bonne solution un bébé avait un vrai problème c'est à dire que il y avait quand même environ à partir de 2014 16000 étudiants qui par an en STAPS et en métier de la santé était tirés au sort voilà été tir au sort alors ça 16000 étudiants c'est énorme mais en fait ce ne sont pas tous les étudiants et ce qui s'est passé c'est que rapidement c'est le deuxième temps de la fable de Jean-Michel Blanquer c'est finalement un développement paralogique c'est à dire ce que les sophistes faisaient c'est à dire que c'est 16000 étudiants tirés au sort et bien ça devenait le tirage au sort le hasard devenait tout le système d'APB c'est à dire emblématique du système et finalement le tirage au sort quoi APB c'était devenu le tirages comment on aurait pu réparer ce problème d'ABB comme on aurait pu préparer le problème d'un bébé a bébé effectivement avait un problème de tirage au sort reposé sur des algorithmes mais pourquoi parce qu'en fait APB commencé déjà à avoir le problème que va rationaliser systématiser par conçu c'est-à-dire le défaut de construction d'université le défaut de création d'université le défaut de création de place pour les étudiants le défaut de création de poste de maître de conférence pour les enseignants de postes de professeur des universités qui est un problème en fait crucial structurel et qui a des implications conjoncturelles c'est à dire le tirage au sort et puis maintenant parcoursup et là c'est le troisième temps je dirais de la machine parcoursup c'est quand on met en place ce que ce que l'on appelle en rhétorique le l'argument de la carotte et du bâton à batouloum carrotham kwe c'est à dire sous ces espèces de termes sous les espèces de termes latin et bien en fait qu'est-ce qui est mis en place en fait il y a une sélection qui est mise en place c'est la sélection c'est je dirais le maître mot de la politique macroniste c'est-à-dire le tri social c'est-à-dire c'est ça c'est une sélection qui qui se présente déjà pas comme une sélection et si elle l'est seulement méritocratique et finalement justifiée alors qu'en réalité vous montrer très bien que c'est c'est ça c'est un trial c'est une machine classique oui c'est une machine c'est une machine c'est une machine classique c'est une machine de classe pourquoi parce que il faut le dire parcoursup c'est un coup d'état numérique c'est un coup d'état numérique dans nos vies c'est à dire un coup d'État qui repose en fait sur un problème politique qui n'a pas été réglé celui que je mentionnais tout à l'heure de la création des places à l'université et à partir de là il faut vous n'avez pas assez de place et vous avez trop d'étudiants et vous avez trop d'étudiants pourquoi parce que on en a suffisamment entendu parler au début des années 2000 et jusqu'aux années 2010 c'est-à-dire le baby boom des années 2000 il y avait à peu près 700 000 nouveaux nés par an étant donné l'objectif de Jean-Pierre Chevènement en 1985 d'assigner à terme d'une classe d'âge au bac à la réussite pardon 80% d'une classe d'âge qui devait réussir son bac donc à partir de ce moment-là mécaniquement et plus de monde qui arrivait à l'université il y a plus de monde qui arrivaient mécaniquement à l'université et qui obtenait son bac c'est-à-dire que le bac c'est quoi ce n'est pas le dernier diplôme du lycée c'est le premier grade universitaire alyssellement ça donne un accès de droit aux études supérieures exactement c'est à dire exactement en poche voilà ah non ça n'est plus le cas puisque je dirais que dès que les élèves entre dans le en classe de seconde il est ils sont déjà dans ce que nous on appelait en notre temps déjà bien reculé le post-bac c'est à dire que ils sont dans d'autres stratégies puisqu'il ne faut pas avoir un bon bac avant les filières d'excellence c'était les filiales s maintenant il faut avoir un bon parcours il faut bien parler le parcoursup et il faut bien parler le parcours qui engendre une angoisse absolument terrible ce qui conduit les gens à acheter des services vous parlez de ses services en ligne facturer 750 euros pour l'accompagnement des adolescents pour lesquels leurs parents se sentent démunis et inquiets de manière à bien faire son parcoursup c'est à dire que c'est absolument antidémocratique mais peut-être qu'on peut revenir quand même avant d'en arriver là à cette question de la privatisation généralisée qui est l'objectif privatisation des services de préparation privatisation de l'enseignement privatisation pour ceux qui n'auront pas accès via parcoursup pendant l'enseignement public quand même aux deux à la destruction en amont et en aval de parcoursup d'un côté de l'éducation nationale et du bac et de l'autre de l'université puisque tout ça fait système vous montrez très bien il y a quand même la réforme du bac aussi qui a lieu au même moment dont vous parlez et qui est fonctionnel enfin à laquelle parcoursup et fonctionnel oui oui c'est à dire que le la réforme du bac a pour but la réforme du bac à la stratégie managériale elle a une stratégie anale gériale qui double la première c'est une économie de coût de revient le bac c'est pas moi qui le dis c'est Emmanuel Macron lorsqu'il faisait sa campagne présidentielle de 2017 le bac ça coûte trop cherie qui coûte trop cher c'est une vieille qui coûte trop cher voilà c'est mis sous le jour d'un espèce de folklore c'est à dire sous une espèce de modernité maintenant ce serait dépassé on serait passé on serait passé à autre chose mais en tout cas son argument de fond c'est que ça coûtait trop cher et qu'est-ce comment réduire les coûts bien il faut réduire les épreuves terminales et puis il faut aussi réduire en fait le nombre le nombre de profs par classe c'est à dire qu'il faut venir gonfler les effectifs et donc c'est quoi la première un vrai mesure technique du bac bancaire c'est la généralisation des classes à 35 et cette génération des classes à 35 elle permet quoi et bien elle permet de réduire les coûts la deuxième chose de ce deuxième outil managérial que constitue la réforme la réforme du bac et bien c'est vidé c'est la stratégie manade classique ces vidéos le bac de son sens c'est-à-dire c'est placé après le bac quelque chose qui a plus de valeur quelque chose qui a plus de valeur symbolique que le bac lui-même ce qui se prépare avant et qui se prépare avant son parcours et qui est son parcoursup c'est à dire tout simplement en fait une fois que vous avez vidé le baccalauréat de son sens une fois que vous l'avez totalement vidé de sa valeur symbolique vous devez effectivement concentrer l'attention de l'élève et de leur famille sur une autre épreuve et cette épreuve là c'est une épreuve qui est particulièrement angoissante parce que c'est une épreuve sur laquelle on n'a pas de maîtrise cette épreuve c'est quoi c'est avoir un bon parcoursup et parcoursup les élèves commencent à le comprendre les familles commencent à le comprendre mais aussi les enseignants puisque tout le monde a découvert les implications de cette machine petit à petit c'est parvenir dès le début de la seconde avoir une vue très très claire sur ce qu'on va faire comme étude ce qu'on va voir comment orientation avoir une bonne stratégie pour choisir les bonnes les bonnes spécialités avoir aussi une diversification peut-être de ses activités extra-scolaires de manière à venir nourrir un cv pour répondre aux attentes pour répondre aux attentes on est déjà sur le marché de l'emploi il faut déjà travailler à se préparer pour répondre aux attentes du marché et les destin sociaux se fixe évidemment les destins sociaux se fixent puisque c'est une sorte de pré-professionnalisation on peut le dire une sorte de prix des 15 ans quoi des 15 ans avec des attentes qui sont visibles à l'âge de 15 ans il y a tout type d'élèves tous types de profil il y a certains élèves qui effectivement savent déjà depuis très longtemps ce qu'ils veulent faire sont souvent liés à des milieux sociaux déterminés plutôt effectivement privilégié et d'autres Ben qui qui ne savent pas c'est tout à fait normal à l'âge de 15 ans de ne pas savoir ce qu'on veut faire mais avoir une ouverture des possibles que ne permet pas précisément le bac bancaire puisque il nous a été vendu en 2017-2018 avec un storytelling un peu grotesque tu aimes le skate tu aimes le skateboard et tu aimes les fleurs devient fleuriste skateboard voilà tu peux prendre n'importe quoi comme spécialité je n'exagère même pas tellement le propos en fait est caricatural puisque c'est pas ça le but le but c'est parvenir en fait à créer ce qu'on pourrait appeler un marché de l'angoisse c'est-à-dire que le bac auparavant était une épreuve qui générait une certaine angoisse mais sur laquelle vous aviez par exemple en terminale vous aviez la possibilité de pouvoir progresser jusqu'à vous améliorer et obtenir le bac là vous en êtes rendu en fait à une machine qui vous échappe c'est à dire qui vous échappe parce que ce que ce que l'on peut dire c'est que parcoursup pose de problème depuis 2018 qui ont été pointés à chaque fois de manière nette à la fois par le Défenseur des droits mais aussi par la Cour des comptes la plus progressiste que de la 5e République et bien elle l'a point ces deux institutions de défenseur des droits et surtout la Cour des comptes à pointer deux problèmes fondamentaux c'est-à-dire la réputation du lycée d'origine pourquoi la réputation du lycée d'origine jour est-elle un rôle dans parcours ça devient encore plus fondamental ça devient encore plus fondamental des artisans de cette réforme du bac qui vient de la gauche d'ailleurs ça montre avec de la gauche de gouvernement et qui a travaillé pour Jean-Michel Blanquer quand même plutôt proche de l'extrême droite pierre Mathiot expliquait que bah oui il allait falloir corriger selon le lycée les notes de manière vraiment affichée quoi enfin assumer et donc voir comme ça au cas par cas on pif éventuellement selon la politique des établissements la politique des établissements c'est à dire dire que en fait ce que entérine parcoursup loin de corriger les inégalités territoriales par consulter numérisent parcoursup numérise les inégalités et en fait les propos que je cite de Pierre Matthieu qui ont été tenus dans dans la croix sont des propos je trouve parfaitement choquants puisque il fait une distinction entre des lycées comme Henri IV et des lycées qui dit être à la périphérique parce qu'il est un peu honte de dire le mot banlieue visiblement et ce qui ce qui pose ce qui pose vraiment question ce qui pose problème c'est que en fait il y a une saisie qu'on pourrait appeler géo numérique dans parcoursup c'est-à-dire assigner comme le disait la Cour des comptes a un territoire un coefficient selon lequel on ne sait pas très bien pourquoi vous voyez c'est très opaque assigné un territoire un lycée d'un certain territoires et bien un coefficient pour venir corriger les notes les augmenter ou les diminuer selon finalement quoi un préjugé de classe selon un préjugé de classe préjugé de classe qui éclatant alors je vais vous dire pourquoi parce que moi je peux le dire d'autant plus facilement que moi je suis donc vous l'avez rappelé au début de l'émission enseignant dans le secondaire et il se trouve que puisque le bac est encore un diplôme national moi j'enseigne au Blanc-Mesnil mais je suis souvent amené dans le cadre de l'épreuve anticipée française à faire passer le bac à faire passer le bac donc à Paris notamment puisque c'est le lieu de mon domicile et il marque je le rappelle en banlieue pas spécialement favoriser nous au lycée Mozart du Blanc-Mesnil il y a 60% de de boursiers mais nous avons d'excellents d'excellents élèves et moi ma considération est là et la suivante est très très simple c'est-à-dire que moi j'ai interrogé des élèves d'Henri IV de lycée parisien et bien sans surprise ils sont absolument ils sont très polis très gentils extrêmement brillants mais je ne vois aucune différence entre ces élèves que j'ai pu interroger et mes élèves au Blanc-Mesnil lorsqu'ils sont excellents ils sont exactement identiques donc qu'est-ce il va avoir les coefficients mais il va y avoir des coefficients les bonnes notes Mozart par rapport aux bonnes notes du lycée Henri IV voilà exactement donc ça c'est pour moi absolument incompréhensible puisque moi en tant qu'enseignant j'ai vu les deux les deux profils des deux profils de Néo de futur néo bachelier et je vois qu'il n'y a strictement aucune différence bien sûr que si il y a une différence qui est sociale il y a une différence qui est territoriale maîtrise des codes et on maîtrise les codes cette etc mais cette différence là elle n'a pas joué dans l'attribution d'une place l'université et pourtant l'opacité qui domine le système de parcoursup dont effectivement se plaint la Cour des Comptes est une opacité qui aboutit finalement à une vision extrêmement inégalitaire du du en fait de l'éducation nationale avec des territoires qui sont des territoires délaissés et d'autres qui sont des territoires qui ne sont pas plus privilégiés mais qui continuent en tout cas à l'être à l'être d'une façon absolument identique à celle qu'elle a pu l'être de depuis des années pour ne pas dire des siècles et on retrouve le cycle donc dénigrement du service public là avec le numéro de plaquettes de blankair sur sur APB et l'horreur du tirage au sort occultant la vraie raison des problèmes qui est le sous-investissement dans l'enseignement supérieur qui ne suit pas la montée mais qui des effectifs mais au contraire est inverse d'un côté donc le système public marche plus donc on y substitue un système encore plus marqué par la logique la logique pardon algorithmique et là moi je sens enfin c'est une thème c'est un thème aussi du livre cette fascination des élites dirigeantes néolibérales pour le numérique le numérique c'est la c'est il suffit de guerre numérique et parce que ça permet un management encore plus brutal ça permet de gérer les populations et les vies comme des choses et de manière absolument antidémocratique et inégalitaire sans que ça sans qu'il y ait tous les problèmes du face à face des autres des autres biais et puis alors donc une fois que on a dénigré le service public et qu'on le remplace par quelque chose d'autre privatise des facto et c'est peut-être là-dessus qu'on peut finir derrière tout ça il y a la floraison des services très très onéreux d'accompagnement pour les familles qui peuvent se le permettre et puis aussi le développement de l'enseignement supérieur privé dans lequel l'ancienne ministre de l'enseignement supérieur essayé récemment naturellement floraison donc de l'enseignement supérieur privé pour ceux qui ont été recalés à parcoursup entre autres oui oui c'est à dire que il faut voir que le numérique vous le soulignez très très bien le numérique c'est l'outil ségréatif bourgeois par excellence de du macronisme pourquoi parce que le numérique en fait il est à la croisée de deux éléments il est une un apprentissage de la maltraitance c'est-à-dire que vous vous faites maltraité mais vous n'avez véritablement aucun interlocuteur ni aucune prise voilà le numérique favorise un apprentissage de la maltraitance et puis il favorise aussi une fabrique du consentement puisque on a quand même dans le parcours du combattant le parcoursup du combattant pourrait dire que tel que tel qu'il est tel qu'il se met en place à partir du 18 janvier là c'est la date d'ouverture de parcoursup la prochainement et bien en fait le néo bachelier doit produire ce qu'on appelle un projet de formation motivé c'est-à-dire une lettre de motivation qui finalement quoi qui finalement impact faussien avec lequel non pas il accepte d'être engagé mais il donne il donne en fait les gages de son adhésion voilà exactement de son formatage à une société néolibérale et qu'est-ce que ça produit finalement cette fabrique de la maltraitance qu'est-ce que ça produit ça produit tout simplement de l'individualisation c'est le quatre mots du management c'est individualisation elle produit quoi le produit de la responsabilisation c'est à dire que si vous n'avez pas l'école ou la formation que vous avez demandé vous êtes envoyé à un échec personnel et en fait on a une psychologie d'un problème politique de fond c'est à dire qu'on vous renvoie une culpabilité qui est générée par le système et qui en fait est renvoyé à votre narcissisme donc ici la psychologie de la question celle du stress c'est Macron qui lui-même parlait de parcoursup lors de la présidentielle comme d'une usine à Strate cette culpabilisation qu'est-ce qu'elle fait et bien elle vous jette finalement dans la sauvagerie d'une expérience où comme on disait tout à l'heure il faut un marché il y a l'ouverture de ce qu'on appelle un marché de l'angoisse et ce marché de l'angoisse et bien il ouvre à 4 secteurs économiques que vont se partager en fait que vont se partager donc quatre branches il y a tout d'abord vous l'avez très justement rappelé l'enseignement privé les écoles privées notamment celles qui sont hors parcoursup c'est à dire on a un bon phénoménal depuis quelques années des écoles privées alors il y a de bonnes écoles privées mais il y en a aussi qui sont très mauvaises notamment le sont vendus à travers des salons de l'étudiants où elles ont des vitrines très alléchantes mais ensuite elle ne propose pas une formation adéquate le deuxième secteur économique c'est celui que vous évoquiez tout à l'heure c'est à dire le coaching le coaching en orientation où vous achetez ce qu'on appelle c'est pas une invention des passes sérénité par consulte ou pour 750 ton avenir.net je tourne à venir effectivement donc des gens vous conseille vous avez des visio et on vous vend on vous vend ce se passe sans garantie de réussite puisque si vous avez de mauvais résultats et si vous avez pas exactement candidaté les 750 euros ne vous serviront à rien le troisième le troisième marché c'est un marché qui est en développement et qui va petit à petit se développer c'est le marché du prêt bancaire étudiant pour les banques c'est l'Eldorado pour les banques puisque il y a un prêt un prêt qui va qui s'appelle Park qui peut être mis en place qui est déjà expérimenté en Suède qui a fait des ravages on le sait aux États-Unis c'est vous ne remboursez vos études que lorsque dans votre vie professionnelle future vous avez les moyens de rembourser jusqu'à 40-45 ans on est coincé donc en plus ça fait des gens qui sont très docile ensuite au travail ah bah bien sûr ils peuvent pas se faire virer parce qu'après ils peuvent pas rembourser les études qu'ils ont fait il y a 30 ans voilà donc la scène de la douche en psychose c'est un conte de fée à côté et la troisième et la 4 pardon la quatrième et dernière chose c'est le plus surprenant c'est que parcoursup devient une vitrine pour le macronisme à l'échelle mondiale de consulting c'est à dire que il y a il va y avoir c'est ce qui est indiqué dans un des rapports du comité éthique de parcoursup pourquoi ne pas utiliser le savoir-faire français de parcoursup pour en servir en vitrine internationale de consulting donc c'est assez étonnant de vendre en fait un outil qui n'a pas marché un outil qui est marqué par l'opacité de le vendre avec toujours cette espèce de nationalisme et ce cette espèce de je dirais de de d'idéologie droitière selon laquelle vendre parcoursup à l'étranger permettrait comme le dit ce rapport de comité d'éthique d'annuler en fait toute querelle idéologique hexagonale comme si finalement dans les autres pays tout le monde était de droite comme ce comité d'éthique donc finalement c'est merveilleux voilà finalement qu'est-ce qui qu'est-ce qui est terrible dans ce parcoursup c'est qu'il va être en fait c'est une marque il y a un packaging parcoursup vous voyez il y a un logo il y a un site dont l'ergonomie est agréable là on est dans quelque chose qui est de l'ordre finalement entre la publicité et le forfait le forfait de remontée mécanique au ski vous voyez quelque chose d'assez d'assez agréable qui vous avez l'impression de faire partie de ce peuple de droite qui est toujours plus moderne que le peuple de gauche toujours facilement moins enviable que les autres et ce cette marque elle va être déclinée on connaît ce qui va se passer pour les masters dès le mois il va y avoir le parcoursup des masters et ce parcoursup des masters il est encore plus redoutable que le parcoursup de des lycées pourquoi parce que le parcoursup des masters c'est ceux qui ont fait les frais en 2018 du parcoursup du parcoursup des lycée maintenant 4 ans plus tard parce qu'il n'y a toujours pas de place qui est créé il n'y a toujours pas il n'y a absolument pas d'université créée l'université c'est c'est dégradé et comme d'ailleurs le secondaire puisque voilà le moins ce que l'on peut dire c'est que parcoursup en tout cas nous a montré que prof c'est plus un métier d'avenir ça au moins on est sûr et certain que aucun élève ne va choisir étant donné la dégradation du système scolaire du système universitaire dans lequel nous sommes jetés avec une sauvagerie inouïe mais la chose la chose fondamentale c'est que ce parcoursup des masters et bien il laisse sur les cas il va laisser sur le carreau c'est sûr et certain à peu près 7000 étudiants comme il a déjà comme il a déjà pu être dit dans la presse pourquoi parce que on est comme on dit il n'y a toujours pas de création de poste il y a pas de place donc et surtout la ministre Sylvie Retailleau puisqu'ils ont remplacé le contremaître la contremaître par une autre contremaître donc Sylvie Retailleau qui tient effectivement le même le même discours que sa prédécesseur et bien qu'est-ce qu'elle dit et bien elle dit que par le parcoursup des masters n'est pas là uniquement pour favoriser la poursuite d'études mais il peut à terme favoriser la reprise d'études c'est-à-dire que si vous n'avez pas votre master là c'est à dire alors que quand vous avez votre L3 vous êtes en droit d'avoir effectivement comme pour le bac d'avoir un master mais là si vous n'êtes pas choisi si vous n'êtes pas retenu vous pouvez avoir une expérience professionnelle et cette expérience professionnelle n'est-elle pas dans ce monde du travail qui est si apaisé dans lequel il est si facile de nos jours de trouver sa place n'est-il pas l'occasion précisément d'enrichir votre CV jusque là tout à fait squelettique et rachitique et qu'est-ce qui se passe et bien en fait vous pouvez reprendre vos études quelques années plus tard donc la politique maintenant c'est la politique telle que l'avait déjà vu Valérie Solanas dans le scoom manifesto c'est à dire que l'enseignement supérieur et l'enseignement secondaire ne sont pas là pour vous apprendre à métier mais pour vous dégoûter de faire des études je crois que voilà Macron l'a dit en 2017 l'université l'université n'est pas pour tout le monde et je crois que cette phrase anti-démocratique absolue qui réfute le socle républicain sur lequel est fondé notre école et bien je dirais que c'est quasiment le cimetière indien sur lequel se bâtit s'est battit parcoursup et sur lequel donc nous on est appelé aéré comme des zombies puisque effectivement les enseignants dedans sont eux-mêmes dénigrés ils n'ont pas de savoir je crois que ce qui est important aussi de dire c'est que parcoursup c'est un outil pour le prof bashing c'est un outil pour dénigrer les enseignants quand vous avez d'excellents élèves qui ils sont dans un lycée qui n'a pas la cote selon Pierre Matthieu n'est pas au bon endroit on n'est pas bien placé un lycée qui n'a pas une cuillère d'argent dans la bouche et bien celui-ci qui n'a pas une cuillère d'argent dans la bouche quand vous mangez à la cantine qu'est-ce qui lui arrive et bien les enseignants sont incapables d'expliquer aux familles parce qu'ils n'ont pas de prise sur l'outil pourquoi cet élève excellente qui a 16 ou 17 de moyenne se retrouve parmi les fameux recalés de parcoursup à peu près 138000 par an à la fin du mois d'août et qui doivent trouver des solutions des solutions et accepter il faut quand même le dire parfois n'importe quoi pour avoir une place à la fac et accéder aux études supérieures c'est donc moi je trouve un système d'une violence et d'une sauvagerie qu'on essaie d'atténuer avec le compte du numérique qu'on essaie de moderniser voilà en Europe voilà merci beaucoup ce constat assez terrifiant qui évidemment invite à au refus à se mobiliser à ne pas laisser se laisser embarquer dans ce ce consentement se consensus que que tout nous porte finalement à adopter merci à vous merci