Les Français veulent de la fermeté contre l'immigration ! - Laurent Jacobelli (France 24)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:31OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous attend de plus dans ce discours ?
- 1:39OuverteRéponse directe
Sur le déremboursement des médicaments, l'exécutif ne va pas poursuivre cette politique ?
- 2:19RelanceRéponse partielle
Vous avez dit que vous restiez macroniste. Est-ce que ça n'est pas une drôle de question ?
- 2:49RelanceÉludée
Est-ce que vous pensez qu'Emmanuel Macron veut intentionnellement nuire au peuple français ?
- 4:20OuverteRéponse directe
Mais en attendant, il faut effectivement un budget. Faut-il y voir là des raisons pour vous d'espérer ?
- 5:11RelanceRéponse directe
Mais vous êtes en train de dire que c'est du donnant-donnant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44Invité politiqueFait
« Je suis macroniste et je le reste. »
- 1:31Invité politiqueFait
« Je rappelle que la première inquiétude des Français, c'est leur pouvoir d'achat. »
- 1:53Invité politiqueChiffre
« C'est-à-dire les soins gratuits aux migrants clandestins, au même niveau, voire en augmentation, à plus de 1 milliard d'euros. »
- 2:59Invité politiqueFait
« La politique d'Emmanuel Macron aura méthodiquement déconstruit la France et méthodiquement appauvri les Français. »
- 10:56Invité politiqueChiffre
« les retraites ont bien été revalorisées de 2,2% au 1er janvier. »
- 10:59Invité politiqueChiffre
« La baisse du coût de l'électricité a bien été de 14%, puisqu'il n'y a pas eu de hausse de taxes. »
- 12:37Invité politiqueChiffre
« où 50%, en tout cas, c'est ce qui est estimé, de la population serait une population d'immigrés clandestins »
- 15:16Invité politiqueChiffre
« les crimes ou tentatives d'assassinat liées au narcotrafic ont augmenté de 60%. »
- 16:24Invité politiqueChiffre
« Jordan Bardella en 10ème position et Marine Le Pen en 11ème. »
Temps de parole
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- Présentateur14 %
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C'est l'heure de Mardi Politique sur France 24 RFI. Bonsoir Frédéric Rivière.
Bonsoir Roselyne, bonsoir à tous.
Ensemble nous recevons Laurent Jacobelli, vice-président du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale et porte-parole de votre parti. Merci d'avoir accepté notre invitation.
Merci à vous.
François Bayrou a prononcé son discours de politique générale pendant une heure et demie. A la fin de ce discours, tous les partis se sont exprimés. Mais Jean-Philippe Tanguy, le député de la Somme de votre parti, était très énervé contre le Premier ministre. Qu'est-ce qui vous attend des plus dans ce discours ?
Écoutez, tout d'abord, excusez-moi de le dire et j'espère ne pas être impoli, mais c'était long. Beaucoup de mots pour peu d'idées. Moi je propose un résumé en 30 secondes de ce qu'aurait pu dire M. Bayrou. Je suis macroniste et je le reste. Ce qui était énervant, je dirais plutôt irritant dans le discours de politique générale du Premier ministre, c'est qu'il a fait du en même temps en permanence. Je veux moins d'organismes, de comités, etc. qui coûtent beaucoup d'argent. Et en même temps, dans l'espace de son discours, il en a créé trois. Il nous explique qu'il y a un problème d'immigration, notamment à Mayotte.
Et en même temps, il nous explique qu'il faudra mettre les moyens pour intégrer et accueillir. Bref, on a l'impression qu'il ne sait pas où il va, qu'il a voulu contenter tout le monde un petit peu en saupoudrant des mesures. Au final, on ne sait pas exactement ce qu'il va faire. Le pire est à craindre d'ailleurs, c'est-à-dire qu'on continue la politique macroniste, qu'il avait d'ailleurs soutenue. Il a soutenu Emmanuel Macron et qu'on continue à ne pas répondre aux problèmes des Français. Parce qu'il n'a pas répondu aux problèmes des Français. Je rappelle que la première inquiétude des Français, c'est leur pouvoir d'achat. Pas une réponse.
Le mot n'a même pas été prononcé pendant le discours du Premier ministre.
Sur le déremboursement quand même des médicaments, l'exécutif ne va pas poursuivre cette politique qu'il avait décidée, le précédent gouvernement.
Non, il n'aura pas cette indécence au moment où il nous propose de maintenir l'aide médicale d'État, c'est-à-dire les soins gratuits aux migrants clandestins, au même niveau, voire en augmentation, à plus de 1 milliard d'euros. Mais sur le reste, pas de garantie. Sur les retraites, un flou total, un numéro d'équilibriste digne de s'avatar. Il nous explique qu'il va créer un conclave, peut-être se prend-il pour le Saint-Père, de 3 mois avec des partenaires sociaux.
Pour parler des retraites, on va revenir sur les retraites dans un instant. C'est important. Vous avez dit d'ailleurs, vous, finalement, il reste macroniste. Et Jean-Philippe Tanguy a évoqué cela aussi. Il a demandé à François Bayrou s'il était enfin du côté du peuple ou toujours du côté de Macron. Est-ce que ça n'est pas une drôle de question tout de même ? D'abord, il est Premier ministre, donc il travaille nécessairement avec le Président de la République. Et puis enfin, est-ce que ça signifie qu'être du côté de Macron, c'est être contre le peuple ? Est-ce que vous pensez qu'Emmanuel Macron veut intentionnellement nuire au peuple français ?
Non, je prendrais le problème dans l'autre sens. Je pense que le peuple ne veut plus d'Emmanuel Macron. Le peuple ne veut plus d'Emmanuel Macron. Il l'a dit aux Européennes, il l'a dit aux législatives, il le dit dans tout un tas de sondages. La politique d'Emmanuel Macron aura méthodiquement déconstruit la France et méthodiquement appauvri les Français. Et donc évidemment, les Français, excusez-moi l'expression, en ont ras-le-bol, ils veulent le changement, ils veulent une rupture. C'est ce qu'ils veulent, ils le prononcent, ils le prononcent dans la rue, ils le prononcent dans les urnes, ils le prononcent en permanence.
Et patatras, ils ont le plus macroniste des macronistes qui devient Premier ministre. Alors il devient Premier ministre en disant qu'il va parler à tout le monde, mais il est quand même chimiquement pur en matière de macronisme.
Le seul moyen d'avoir un Premier ministre qui tienne un peu, c'est de trouver un compromis. Parce que si c'est quelqu'un de chez vous, ça tient trois jours. Si c'est quelqu'un du camp de LFI, ça tient trois jours aussi.
Donc il faut trouver un compromis. Mais le compromis, il n'est pas là. En fait, le compromis de l'eau tiède ne marchera pas. Il faut un coup de boost au pouvoir d'achat. Et c'est évidemment pas ceux qui pensent qu'il faut toujours travailler plus et plus longtemps qui vont le mettre en marche. Il faut alléger le poids fiscal des entreprises et des individus et des particuliers. C'est évidemment pas ceux qui les ont matraqués fiscalement qui vont le faire. Il faut une politique d'immigration beaucoup plus restrictive. C'est pas ceux qui, depuis des années, ont encouragé l'avenue de la terre entière dans notre pays qui le feront.
Je vais vous dire, le seul compromis possible, il passe par les urnes. Une nouvelle majorité, de nouvelles législatives. Et qu'enfin l'Assemblée nationale ait un bloc majoritaire qui puisse conduire une politique de rupture. Une politique qui a du sens, une politique que veulent les Français.
Mais en attendant, il faut effectivement un budget. Donc on attendait le Premier ministre sur le dossier des retraites. Alors il n'y aura pas de suspension de la réforme des retraites, vous le disiez. Mais une remise à plat, enfin un chantier avec des partenaires sociaux, sans totem ni tabou, a dit M. Bayrou. Faut-il y voir là des raisons pour vous d'espérer quand même ?
Il faut voir une gigantesque mystification. Le Premier ministre veut, à bon prix, à vil prix dirais-je, obtenir les faveurs du Parti Socialiste. Le Parti Socialiste en a marre d'être associé à la France insoumise, à ses excès, à certains propos antisémites ou pro-Hamas. Et donc le Parti Socialiste veut se donner l'image à nouveau d'un parti de gouvernement. Et donc parle au gouvernement pour redorer son blason. Le prix à payer est le prix de la trahison de leurs électeurs. Mais ça, ils le font à peu près à chaque élection. Donc ce n'est pas un problème pour eux.
Mais vous êtes en train de dire que c'est du donnant-donnant ?
Mais bien sûr, je fais semblant de parler des retraites. Vous faites semblant de négocier et on s'en sort tous. Ceux qui ne s'en sortent pas, c'est ceux qui vont devoir travailler deux en plus.
Donc c'est de la politique de l'enfumage ?
Oui, on peut le dire comme ça. C'est surtout la pire des politiques politiciennes. Mais je pense que personne n'est dupe. Écoutez bien le Premier ministre. Il pense qu'il faut une réforme des retraites. Il pense qu'on n'a pas l'argent pour financer les retraites. Et il dit qu'il est prêt à négocier. Mais enfin, il est prêt à négocier en disant qu'il veut maintenir la réforme. Il va enfermer dans une salle pendant trois mois, c'est lui-même qui le dit, des partenaires sociaux. Et il dit que si à la fin, ils n'ont pas de solution, on appliquera la réforme en l'État. Vous avez tous très bien compris ce qui va se passer. À la fin, évidemment, il y aura trois ou quatre versions différentes.
Et il dira, ah ben j'ai essayé, on garde la réforme des retraites. Et les socialistes retourneront dans leur circonscription en disant, on a fait ce qu'on a pu, on est un parti de gouvernement. Je pense que ce vieille recette ne fonctionne plus.
Ce qu'a dit François Bayrou, c'est qu'un certain nombre de partenaires sociaux affirment qu'ils ont des pistes pour une réforme, je vais citer, socialement plus juste, tout en étant équilibrée. Et que, par conséquent, il faut étudier ces pistes, l'a-t-il dit. Vous, vous n'êtes pas, vous-même, la question n'est pas là, mais le parti, le Rassemblement National n'est pas un partenaire social. Mais vous êtes hostile à cette réforme des retraites. Vous, vous n'avez pas de pistes pour une réforme sociale plus juste, tout en étant... Alors, pourquoi les partenaires sociaux ne l'auraient pas ?
Parce que tout tient à l'équilibre. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, ce n'est pas à l'équilibre financier. Et même la nouvelle réforme des retraites, on nous explique qu'elle ne sera pas à l'équilibre financier. Donc, le magicien qui va arriver et qui va dire « j'ai une réforme plus sociale et à l'équilibre », demain matin, il n'existe pas. Il faut accepter certains déficits pendant quelques années, mais il faut traiter les problèmes de fond. Les problèmes de fond, ils sont doubles. La productivité et le nombre d'emplois en France d'un côté et la natalité de l'autre. Si ces deux paramètres continuent de se détériorer, chaque année, on nous annoncera qu'il faut travailler un an de plus.
Et d'ailleurs, le comité d'orientation des retraites nous explique d'ores et déjà que la réforme des retraites d'Emmanuel Macron ne sera pas suffisante. Et donc, on nous prépare à l'idée de, après 64 ans, 66, puis 68, puis 70, pourquoi pas ? Mais toujours en déséquilibre. Il faut une réforme des retraites qui n'ont pas réduit les droits des salariés français, mais prennent en compte ces deux paramètres. La productivité, ça veut dire moins de normes, moins d'impôts de production, moins de charges sur les entreprises. Et la natalité, ça veut dire accompagner, aider les familles françaises qui veulent faire des enfants.
Donc, si on vous écoute ce soir, rien ne vous va. Mais pour autant, vous n'allez pas voter la censure. En tout cas, sur ce discours-là.
Comme j'espère être quelqu'un d'honnête, je vais vous dire, il y a des déclarations qui vont aussi dans le bon sens. Quand il parle de la Banque de la démocratie, par exemple. Oui, c'était une demande de Marine Le Pen. C'était une demande de Marine Le Pen. C'était d'ailleurs dans le programme d'Emmanuel Macron. Il ne l'a jamais appliqué, la Banque de la démocratie. C'est une banque, on va dire, ou l'équivalent public.
C'était une promesse de François Bayrou lui-même, d'ailleurs, il y a plusieurs années.
Qui finance les campagnes pour éviter le financement un peu douteux. Ou que certains partis légitimes ne trouvent pas assez d'argent pour faire campagne. Ça va dans le sens de la démocratie. La proportionnelle va dans le sens de la démocratie. Sur le point de vue institutionnel, mais ce n'est pas étonnant du modem. Puisqu'on a toujours partagé ces points avec François Bayrou et ses équipes. Oui, il y a peut-être du mieux à espérer, s'il arrive à le faire. Mais sur le reste, honnêtement, on reste sur notre faim. Parce qu'il a fait un numéro d'équilibriste qui ne peut contenter personne.
Surtout pas les Français qui ont regardé, qui ont dû franchement s'ennuyer en ne voyant aucune réponse concrète à leurs problèmes quotidiens.
Mais quand Jean-Philippe Tanguy, qui répondait tout à l'heure à François Bayrou à l'Assemblée nationale, dit « Nos lignes rouges demeurent, et notamment sur la question des hausses d'impôts. » Est-ce que c'est une manière d'essayer de maintenir l'instabilité, afin de faire pression, quoi, en laissant planer la menace d'un vote de censure ?
D'abord, la censure n'est pas une menace, c'est un outil institutionnel, qui répond en général à un autre outil institutionnel, qui est le 49.3.
Ce n'est pas un outil amical pour celui qui la reçoit.
Je le concède, mais c'est un outil institutionnel et démocratique. En bref, pour être très clair, nous ne souhaitons pas le désordre, nous ne souhaitons pas l'instabilité. Vous le savez, c'est même contraire à nos fondamentaux.
Pourtant, vous avez participé à cette instabilité.
Mais ce n'est pas l'instabilité, selon moi. En revanche, nous serons toujours fidèles au mandat que nous ont donné nos électeurs. Si le prochain budget est un budget Barnier 2.0, avec le matraquage fiscal de 40 milliards qui nous était promis, avec la non prise en compte d'un certain nombre de demandes de nos compatriotes, notamment sur la sécurité, sur l'immigration, eh bien, les mêmes causes ayant les mêmes effets, M. Bayrou suivra le même chemin que M. Barnier. Si, en revanche, il accepte certains de nos amendements, s'il entend ce que nous avons à lui dire et que ce n'est pas le cas, eh bien, nous agirons en élus responsables.
Aujourd'hui, est-ce que vous ne dites pas, finalement, comme disent les jeunes, le Rassemblement national n'est plus dans le game ? Parce que Michel Barnier, il négociait avec vous, avec le Rassemblement national, avec Marine Le Pen. Aujourd'hui, il discute avec les socialistes. Et les socialistes, d'ailleurs, vous disent... Ils laissent entendre qu'ils ne voteront pas la censure, on verra, pour ne pas livrer la France au maître chanteur du Rassemblement national.
Oui, écoutez, moi...
Non, mais ce que je veux dire, c'est que vous n'avez plus votre capacité de faire la pluie et le beau temps.
Un peu quand même, vous savez, parce qu'en votant, la motion de censure, sans nous, elle ne serait pas passée. Et grâce à nous, grâce au vote déterminant des élus du groupe de Marine Le Pen, les retraites ont bien été revalorisées de 2,2% au 1er janvier. La baisse du coût de l'électricité a bien été de 14%, puisqu'il n'y a pas eu de hausse de taxes. Et ça, c'est grâce à la censure. Donc je pense qu'on a un rôle déterminant. Et très sincèrement, je pense que M. Bérou sait très bien qu'avec la censure du Rassemblement national, son gouvernement est en danger. Donc tout ça, ce sont des diatribes, tout ça, ce sont des jeux d'hémicycles.
Nous sommes le premier groupe à l'Assemblée nationale, le premier parti de France, et nous ferons entendre la voix de nos 11 millions d'électeurs. Que cela plaise ou non, aux socialistes ou pas. Une fois encore, notre but n'est pas de déstabiliser. Nous, on attend patiemment la prochaine dissolution et la prochaine présidentielle pour avoir la présidence de la République, l'Assemblée nationale et le gouvernement alignés sur le programme du Rassemblement national. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Alors, puisque ce n'est pas le cas, faisons en sorte que l'intérimaire, François Bérou, ait la politique la plus acceptable ou la moins critiquable possible.
– Un premier ministre est par définition intérimaire. – Ce n'est pas faux. Certains plus que d'autres, avant le… – Oui, oui, enfin, disons que l'intérim est plus court. Mais le statut d'intérimaire est le même. Vous avez évoqué à quelques instants ce qui, finalement, pouvait vous plaire dans les propos de François Bérou. Vous avez parlé de la proportionnelle, de la banque de la démocratie. En revanche, vous n'évoquez pas l'immigration qui pourrait vous convenir. Vous n'avez pas l'impression qu'il a essayé d'avoir un discours relativement ferme quand il dit, par exemple, sur cette question, « L'état de droit n'est pas l'état de faiblesse ».
– Oui, mais ce sont des belles phrases qu'on a entendues mille fois. Et d'ailleurs, quand on a parlé d'immigration, très vite, il s'est cantonné à en parler à Mayotte. C'est vrai qu'il y a un vrai problème à Mayotte, où 50%, en tout cas, c'est ce qui est estimé, de la population serait une population d'immigrés clandestins avec tous les problèmes que cela peut causer à ces mêmes immigrés et à la population mahoraise. Mais il a très vite quitté le débat général. On ne le sent pas à l'aise sur la question, mais est-ce qu'il va y avoir une grande loi d'immigration comme on nous l'avait promis ? Pas un mot.
Est-ce qu'il va y avoir remise en cause de l'aide médicale d'État, cette fameuse aide aux migrants clandestins pour qu'ils soient soignés gratuitement ? Pas un mot. Est-ce qu'il va y avoir une refonte du droit du sol ? Pas un mot, le regroupement familial, rien. Bref, il ne s'est pas avancé du tout. Il nous a fait du Macron, c'est-à-dire que que vous soyez un fanatique de l'immigration ou que vous critiquiez l'immigration actuelle, chacun y aura perçu quelques signaux, mais rien de concret.
Si ceux qui nous regardent espèrent une vraie réforme de l'immigration pour qu'enfin on gère les flux, pour qu'enfin s'arrête l'immigration de guichet social qui amène avec elle l'insécurité et la perte d'identité, ce soir ils seront évidemment tout à fait déçus. Peut-être M. Retailleau le premier d'ailleurs.
Alors justement, Bruno Retailleau était au Havre hier pour une saisie record de 47 000 tonnes. Je ne sais plus, vous me dites si je vais corriger.
47 tonnes je crois plutôt, ou 47 tonnes. Mais 47 tonnes, ça me paraît.
Oui, oui, c'est pardon. Oui, 47 tonnes.
Disons beaucoup, beaucoup de cocaïnes, c'est peut-être plus prudent.
Voilà, et Gérald Darmanin qui veut ouvrir une prison pour les narcotrafiquants. Est-ce qu'aujourd'hui vous vous dites que quand même on prend la mesure de la gravité du pouvoir de nuisance de ces narcotrafiquants qui parfois sont des vrais multinationales à l'étranger ?
Sur les paroles, il n'y a rien à redire. Oui, il y a un danger aujourd'hui que la France devienne un narco-État. Oui, la puissance des narcotrafiquants devient phénoménale en termes économiques, mais en termes sociaux aussi, puisque c'est eux qui gèrent la vie de certaines cités, la progression sociale de certains jeunes. Bref, ils ont pris une place dans notre société qui n'est pas acceptable. Évidemment, il faut prendre des mesures.
Mais est-ce que vous croyez vraiment que si on ne donne pas plus de droits aux personnels pénitentiaires, notamment un droit de fouille, si simplement on change de prison les 100, pourquoi 100, plus grands trafiquants, est-ce que vous croyez que ça va changer les choses ? Et puis une fois encore, il y a la parole, on attend les actes, et puis il y a celui qui prononce la parole. Celui qui prononce la parole, c'est l'ancien ministre de l'Intérieur, M. Gérald Darmanin, qui a lancé un plan XXL contre les narcotrafiquants lorsqu'il était ministre de l'Intérieur. À partir du moment où il a lancé, les crimes ou tentatives d'assassinat liées au narcotrafic ont augmenté de 60%.
Il n'a en rien fait baisser la consommation et la vente de drogue dans notre pays. Il y a un problème beaucoup plus général que malheureusement... Donc il y a le volet consommation qui n'est pas géré. Mais importation, consommation, flux financier, problème de peine prononcée, parce qu'il peut créer des prisons spécifiques. Si les juges libèrent les narcotrafiquants du jour au lendemain, M. Darmanin ne pourra rien faire. Donc il y a tout un écosystème. Il faut agir dans tous les aspects de cet écosystème de la drogue. Et le plan de M. Darmanin est quand même bien faible, même si on ne peut que se réjouir que la question soit mise au cœur des préoccupations.
Est-ce que la mort de Jean-Marie Le Pen va changer l'avenir du Rassemblement national ?
Non, je crois que l'avenir du Rassemblement national s'écrit avec Marine Le Pen depuis 2011. Et qu'elle a dessiné l'avenir d'un parti qui est amené à gouverner le pays avec fermeté dans ses principes, avec sagesse et avec l'écoute de la population. Je crois que ce n'est pas un hasard si aujourd'hui les deux seules politiques qui soient dans les 50 premiers du classement d'un célèbre journal français, que ce soit Jordan Bardella en 10ème position et Marine Le Pen en 11ème. C'est que le programme que nous annonçons est celui qu'attendent les Français. Donc je pense que Jean-Marie Le Pen a apporté à l'histoire politique de notre pays, mais que le destin du Rassemblement national...
Il a apporté quoi ? D'abord, il a créé le Front national. Il a apporté au cœur du débat des thèmes qu'il était presque honteux d'évoquer.
Mais vous auriez adhéré au Front national de l'époque de Jean-Marie Le Pen ?
À titre personnel, non. Mais pour autant, en passionné de politique, je dois bien reconnaître l'impact qu'il a eu.
Il a abordé des thèmes qui étaient honteux, mais il les a parfois abordés de manière honteuse aussi.
C'est vrai, il faut le dire. Mais il avait, je crois, été lanceur d'alerte, quand même, retenons ça, sur beaucoup de choses. Sur le risque de l'islam politique, sur les dérives de l'immigration, notamment en termes d'insécurité. Et le Rassemblement national a su, autour de ces thèmes, mais d'autres aussi, comme le pouvoir d'achat, préparer un programme sérieux, un programme de gouvernement, un programme chiffré, un programme réalisable. C'est ce qu'incarne Marine Le Pen et c'est ce que nous incarnons pour les Français. Merci Laurent Jacopédi. Merci à vous.
Merci beaucoup. Merci à Floreciment et à Camille Néran d'avoir préparé cette émission. Merci à toute l'équipe technique. Merci.
Bonne soirée.
Merci à vous.
Laurent Jacobelli