Interview politique : Emmanuel Blairy, député de la 1ère circonscription du Pas-de-Calais Partie 3
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 50 %Attaque 40 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- Emmanuel BlairyChiffre
« la région des Hauts-de-France, c'était 39% d'emplois industriels en 1975 pour les 20-55 ans. On est passé en 2014, c'est le dernier chiffre que j'ai pu voir peu près officiel, en 2014, on est passé à 14% d'emplois industriels. »
- Emmanuel BlairyFait
« la France, aujourd'hui, très clairement, c'est le seul pays en Europe qui ne peut plus utiliser de NNI, notamment pour lutter contre la jaunisse de la betterave. »
- Emmanuel BlairyPromesse
« on proposait, nous, je le disais au départ, un âge de départ légal à 60 ans pour ceux qui ont commencé tôt. »
Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Jeudi, Emmanuel Macron a annoncé sa stratégie pour accélérer la réindustrialisation de la France. Plusieurs mesures ont été présentées. Un crédit d'impôt industrie verte va être créé. 15 000 places de formation pour ces métiers vont être ouvertes.
Et le bonus écologique va évoluer pour prendre en compte l'empreinte carbone. Et le président a demandé à l'Union européenne de faire une pause sur les contraintes environnementales. Est-ce que c'est le moment de faire une pause dans ce contexte ?
Il y a deux choses. On parle de 20 000 emplois qui vont être créés dans le Dunkerquois. On peut aussi s'en féliciter.
Il faudra regarder quel type de contrat. Parce qu'Emmanuel Macron, c'était quand même le maître de l'ubérisation de la société, donc de contrats précaires. Et là, effectivement, il faudra regarder.
Moi, je me félicite pour la région des Hauts-de-France. Parce que quelques chiffres, la région des Hauts-de-France, c'était 39% d'emplois industriels en 1975 pour les 20-55 ans. On est passé en 2014, c'est le dernier chiffre que j'ai pu voir peu près officiel, en 2014, on est passé à 14% d'emplois industriels.
On a connu une chute libre. Mais depuis les années 70, et depuis les années 70, finalement, ce sont les mêmes politiques qui se sont succédées. Avec cette même ambition d'ultralibéralisme, à un moment donné, même Mitterrand, à un moment donné, a dû être un peu plus libéral que ce qu'il avait prévu au départ.
Et Emmanuel Macron, je pense qu'en est même le maître, c'est-à-dire le plus grand artificier de cet ultralibéralisme. Donc, on regardera le type de contrat. Ça, c'est important.
Et deuxièmement, pour recruter des jeunes dans ces filières, il va falloir valoriser justement la filière professionnelle. Il va falloir peut-être, c'est ce qu'on propose, augmenter les salaires de 10% pour attirer, pour faire un appel d'air. Et aussi, dans nos propositions des retraites, qui est toujours finalement d'actualité, puisque la rue s'empare encore du sujet, on proposait, nous, je le disais au départ, un âge de départ légal à 60 ans pour ceux qui ont commencé tôt.
Je pense qu'effectivement, si demain, vous souhaitez plutôt aller vers une voie professionnelle et vous avez un 10% plus sur votre salaire, et vous savez que vous allez partir à 60 ans, je pense que c'est quand même beaucoup plus agréable. Alors, pour ce qui est de l'environnement, le problème de cette question, c'est qu'à la fois, il y a un réchauffement climatique qui est mondial, mais nous, Français, on ne peut pas prendre des mesures pour la Chine, par exemple, qui pollue énormément, pour les États-Unis, qui pollue aussi énormément. Je crois que la France se tient très bien à ce sujet.
Par contre, nous, Français, on peut, comment dirais-je, activer des leviers, et j'en garde à plusieurs. Moi, je suis pour, à mon mouvement politique, pour produire local. Voilà, on a un grand savoir-faire dans notre pays.
En toute matière, on sait tout faire, finalement. Il faut produire local, consommer local, ce qui empêche d'un coup, ce qui diminue l'empreinte carbone. Ça, ça me paraît évident.
Et après, il y a aussi toutes ces directives européennes qui peuvent être un peu hors sol, c'est-à-dire qui sont des technocrates à Bruxelles qui décident comment les Français vont vivre. Et je pense que l'État, la France, doit inscrire dans sa Constitution certains thèmes, finalement, de souveraineté, et notamment la souveraineté alimentaire, la souveraineté énergétique, pour que ce soit bien les lois françaises qui aient le dessus par rapport aux lois ou règles européennes. Et après, il y a le problème de la surtransposition.
C'est-à-dire que quand l'Europe pond un règlement, on a eu des ministres en France, on l'a vu avec les néonicotinoïdes, qui ont vu la veille plus blanc que blanc. C'est-à-dire que la France, aujourd'hui, très clairement, c'est le seul pays en Europe qui ne peut plus utiliser de NNI, notamment pour lutter contre la jaunisse de la betterave. Et donc, qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire qu'aujourd'hui, on a une filière qui se pose beaucoup de questions. On a un sucré-roupier des codes-oeuvres à côté de Cambrai, qui va fermer ses portes. Plus de 130 emplois, je l'espère, qui vont retrouver une voie.
Mais donc, en fait, on ira chercher notre sucre en Allemagne. Ou pire, on ira le chercher en Amérique du Sud et on revient à la printemps carbone. Vous voyez ?
C'est un peu l'histoire du chat qui se mord à la queue. Finalement, je veux bien que...
Et je suis d'accord, moi, je suis pour que les directives d'emploiènes soient moins restrictives. Je suis pour que la France soit souveraine en cette matière. Mais si c'est pour surtransposer en même temps, elle chercher notre sucre en Amérique du Sud, on est complètement à l'opposé du sujet.
C'est le paradoxe complet. Et pour terminer, on va parler du projet de loi Immigration. Après avoir annoncé le report en avril dernier, Elisabeth Borne a demandé à Gérald Darmanin de reprendre les concertations.
L'objectif serait de faciliter les expulsions et de régulariser les travailleurs sans papiers dans les secteurs de métier en tension, notamment le cas pour la santé ou encore la restauration. De leur côté, les Républicains vont proposer deux textes. Est-ce que vous êtes prêts à discuter avec la majorité à ce sujet ?
Et pourquoi vous ne proposez pas votre propre texte ? Simplement, on est prêts, nous, de toute façon, dans l'hémicycle, je crois qu'on l'a démontré depuis presque un an, on est prêts à discuter, on est prêts à être constructifs en apportant nos solutions à la matière. On a déposé, nous, un texte Immigration sous le mandat précédent.
C'est fait, en fait. On a, nous, clé en main, déposé un texte sur l'immigration. On voudrait que, justement, la souveraineté en cette matière, que les outils se trouvent dans la Constitution.
Encore une fois, pour que l'Europe n'ait pas à nous guider ou à nous désigner comment les Français doivent vivre. Et pourquoi, aujourd'hui, ce texte, on l'abandonne, finalement, on revient dessus ? Parce que, finalement, le gouvernement n'a pas de majorité.
Ils ne savent pas vraiment comment ils vont pouvoir naviguer et qui votera sur ce texte. D'un côté, on fait plaisir à cette droite qui résiste ou subsiste en disant qu'on va prendre un texte sur l'immigration. De l'autre, on fait plaisir à la gauche en disant qu'on va régulariser, en fait, des clandestins.
C'est faux dire les choses. Parce qu'il manque de manœuvre dans nos restaurants, parce qu'il manque de manœuvre je ne sais où. Non, ça ne fonctionne pas comme ça.
Et en plus, on sait très bien qu'il y a ce reroutage qui est prévu de cette immigration qui viendrait des grandes villes dans nos campagnes. Moi, j'avais prévenu pendant, justement, la campagne législative. J'avais prévenu, je l'avais dit.
On m'a dit, pourquoi vous vous présentez ici ? Pourquoi le Rennes se présente dans la première circonscription du Pas-de-Calais ? Déjà, le Rennes se présente partout, dans toutes les circonscriptions de France.
Et on me disait, oui, mais la thématique immigration n'existe pas. Elle n'existe pas aujourd'hui, mais elle viendra demain. Et Charles Darmanin a annoncé, je crois, l'été dernier, effectivement, et le président de la République, cette possibilité de rerouter les migrants vers nos campagnes.
Nos campagnes n'ont pas besoin de migrants. Nos campagnes ont besoin de subventions, ont besoin d'argent, ont besoin de médecins, ont besoin parfois aussi de gendarmes supplémentaires. Il faut le dire, il y a des petites délinquances par-ci, par-là qui existent.
On n'a pas besoin de migrants, tout simplement. Merci beaucoup, Emmanuel Bléry. Je vous en prie.
Emmanuel Blairy