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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 31 décembre 2021 25 minComplaisantActualité / polémiqueEurope & internationalSantéInstitutions & électionsSolidarités & famille

Edouard Lecerf : "L'impact d'Omicron sur la campagne est déjà là, et cela va continuer"

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:24OuverteRéponse directe

    Que faut-il attendre des voeux présidentiels alors que la campagne est rattrapée par le Covid ?

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'impact d'Omicron est un atout ou un handicap pour Macron ?

  • 4:28OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron est-il le chef d'État européen le moins restrictif face au Covid ?

  • 4:45OuverteRéponse directe

    Macron parie-t-il sur une vague Covid qui passera rapidement sans saturer l'hôpital ?

  • 5:26OuverteRéponse directe

    Le pass vaccinal est-il un atout ou un handicap pour Macron face aux critiques sur les libertés ?

  • 10:27OuverteRéponse directe

    Les cartes de la campagne sont-elles rebattues avec la gauche divisée et la droite en mouvement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:53PrésentateurChiffre
    « Est-ce que pour vous, cette gestion de crise est un atout ou un handicap ? »
  • 3:28Invité politiqueChiffre
    « Il faut se souvenir qu'il y a à peu près aujourd'hui 40% de Français qui ont plutôt une bonne opinion. »
  • 3:57Invité politiqueFait
    « Vous avez les élèves et les profs qui sont fatigués, les salariés et les chefs d'entreprise qui sont fatigués, les malades et les soignants qui sont fatigués. »
  • 5:42Invité politiqueFait
    « Il y a ceux qui disent qu'on peut, effectivement, accepter un certain nombre de restrictions des libertés. »
  • 5:54Invité politiqueFait
    « Il y a encore six mois, lorsqu'on a interrogé les Français sur le fait de « est-ce qu'il faut être un peu plus dur ? », ils nous disaient « oui », en majorité. »
  • 12:55Invité politiqueChiffre
    « Le Rassemblement National est revenu dans les intentions de vote, avec toute la prudence que cela impose, à un étiage, les 14, 15, 16% qui est celui plutôt classique du autrefois Front National. »
  • 17:55Invité politiqueChiffre
    « La dernière livraison qui tâte un peu de l'Eurobaromètre montrait effectivement les Français avec 36% de confiance dans l'Union européenne contre 50% de défiance. »
  • 18:21InvitéFait
    « Il n'y a pas d'europhobie majoritaire dans ce pays. Il n'y a pas de volonté de sortir de l'Union européenne. »
  • 23:04InvitéChiffre
    « Tous les statisticiens savent que sur les échantillons sur lesquels la plupart des instituts travaillent, il y a une marge d'erreur d'au moins 2% plus ou moins 2%. »
  • 23:52Invité politiqueChiffre
    « Il y a effectivement un candidat qui dans les intentions de vote est au-dessus de 20%. »

Temps de parole

  • Invité politique45 %
  • Invité27 %
  • Présentateur13 %
  • Présentateur 211 %
  • Invité 24 %

2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Les voeux présidentiels, c'est une tradition française et un exercice toujours très particulier pour les chefs d'État. Mais ce soir, plus encore, à 100 jours du premier tour de l'élection présidentielle. Emmanuel Macron sera le cinquième président sortant à vouloir officieusement briguer un nouveau mandat. Avant lui, deux ont réussi, Mitterrand et Chirac. Deux ont échoué, Giscard et Nicolas Sarkozy. Un a jeté l'éponge dès décembre, François Hollande, et il l'a regretté. Alors, que faut-il attendre de ses voeux alors que la campagne est spectaculairement rattrapée par le Covid ?

Et alors que dès demain, samedi, Emmanuel Macron prendra officiellement la tête de la présidence du Conseil de l'Union Européenne ? Les Français s'intéressent-ils déjà à l'élection ? La gauche va-t-elle surmonter ses divisions ? Une femme peut-elle être la prochaine locataire de l'Élysée ? Bonjour Yael Gauze. Bonjour Christelle, bonjour à tous. Pour y voir plus clair, nous recevons ensemble quelqu'un qui scrute l'opinion et la campagne. Bonjour Édouard Le Cerf. Bonjour. Vous êtes directeur général adjoint du groupe BVA, entreprise d'études et de conseils. Et à vos côtés, un politologue spécialiste de l'Europe, Thierry Chopin. Bonjour à vous. Thierry Chopin n'est pas en ligne.

Une connexion un petit peu détaillante, mais on va arranger tout ça. On va le retrouver dans quelques instants. Thierry Chopin est conseiller spécial à l'Institut Jacques Delors et prof de sciences politiques à l'Université catholique de Lille. Pour vous interroger, on compte aussi, bien sûr, sur vous les auditeurs. Appelez-nous au 01 45 24 7000 ou réagissez sur les réseaux sociaux et sur l'application France Inter. Des voeux présidentiels. On pourrait dire que c'est un marronnier politique depuis De Gaulle, sauf qu'ils s'inscrivent dans un contexte inédit. Et jamais on a vu une campagne présidentielle percutée à ce point par une crise sanitaire si près de l'échéance.

Quel peut être l'impact de la vague Omicron sur la campagne, sur la fonction d'un président qui va devoir se muer en candidat, Édouard Le Cerf ?

1:47
Invité politique

L'impact, il va être de plusieurs natures. L'impact, il existe déjà, parce qu'on ne parle que ça, vous venez de l'expliquer. La campagne va être dans son exercice perturbé. On le voit bien, les meetings, les rassemblements, les différents éléments qui font habituellement ce qu'est une campagne, vont être perturbés. Elle va être également perturbée dans ces thèmes, on vient de le dire, puisqu'aujourd'hui, on parle uniquement de Covid et ça va être un élément qui va continuer. Parce que ce que ce soit sur le bilan ou sur la suite, eh bien on va être complètement dans cet environnement Covid. Sur l'image des candidats aussi, parce que qu'est-ce qu'on attend d'un candidat ?

Qu'est-ce qu'on attend d'un futur président ou d'une future présidente à l'égard de crise comme celle-là ? Ça va naturellement aussi engager les choses de manière différente. Et puis on peut se dire que finalement, ça peut avoir un effet, au final, sur la participation. Parce que, est-ce que les Français vont entrer dans la campagne de la même manière quand on aura un contenu programmatique un peu plus réduit ? Est-ce qu'ils vont aller voter ? C'est une vraie question si on regarde ce qui s'est passé en 2021, avec ces élections régionales qui ont vu une baisse de la participation confirmée, après celle des municipales en 2020. C'est une vraie question là aussi.

2:53
Présentateur

Édouard Le Cerf, c'est un atout ou un handicap pour un président sortant comme Emmanuel Macron qui va recandidater d'être dans cette situation de gestion de crise ? Je vous pose la question parce que, voilà, en toute proportion gardée, la comparaison n'est pas raison. Churchill, après la Seconde Guerre mondiale, n'est pas réélu en Grande-Bretagne. Pourtant, c'est lui qui a protégé les Anglais. Prenons l'exemple du Covid. Est-ce que pour vous, cette gestion de crise est un atout ou un handicap ?

3:18
Invité politique

C'est les deux, mon général. C'est les deux, naturellement, parce que vous avez les atouts de quelqu'un qui est le chef de guerre. Et donc, on le voit bien dans les enquêtes d'opinion lorsqu'on interroge. Alors, plutôt du côté des soutiens d'Emmanuel Macron. Il faut se souvenir qu'il y a à peu près aujourd'hui 40% de Français qui ont plutôt une bonne opinion. Donc, cette partie-là, qui est certes minoritaire, mais qui est plus importante que celle qui a eu ce prédécesseur, cette partie-là de l'électorat, ou en tout cas des citoyens, nous dit quoi ? Il était là, il a tenu, il s'est adapté, et finalement, il réussit à faire bouger les choses sur cette partie-là.

Mais bien sûr, vous avez toute une autre partie qui va insister sur quelque chose qui est tout aussi vrai que l'impact, naturellement, de cette crise et de la fatigue. Moi, ce que je trouve qui est très frappant dans cette fatigue, c'est qu'en général, on parle de telle ou telle partie de population qui est fatiguée. Mais ce qui est intéressant aujourd'hui, c'est que vous avez les élèves et les profs qui sont fatigués, les salariés et les chefs d'entreprise qui sont fatigués, les malades et les soignants qui sont fatigués. Donc, on a l'ensemble de la société, il n'y a pas d'endroit où l'on se dit qu'il y en a qui sont là pour soutenir les autres. Tout le monde est un peu fatigué.

Donc, oui, bien sûr, ça, c'est un handicap. Réussir à passer au traversage est compliqué. Et on a retrouvé Thierry Chopin en ligne. Bonjour Thierry Chopin.

4:27
Présentateur

Bonjour. Bonjour. Pas de reconfinement, pas de couvre-feu, pas d'école fermée, quelques restrictions en plus. Est-ce qu'on peut dire qu'Emmanuel Macron, parmi les chefs d'État européens, est celui qui a le moins resserré les conditions sanitaires jusqu'ici ? Ah, on a encore un petit problème. C'est un blanc. Bon, on va revenir au national. Quel est son pari, Édouard Le Cerf au Président, que la vague va passer rapidement sans saturé l'hôpital ? C'est un pari à nouveau ?

4:52
Invité politique

Ah, bien sûr, ça, c'est un pari, on va dire, de court et de moyen terme. C'est la capacité à pouvoir se dire que tous les efforts que les Français ont faits, il va devoir reconnaître. Ce soir, ces efforts, il va réinsister sur le fait que la population française, on s'en semble, a fait beaucoup d'efforts pour avancer. Puissent, effectivement, c'est un élément de preuve immédiate. C'est-à-dire que c'est aussi comme ça que fonctionne la politique. Aujourd'hui, on attend des politiques qui nous disent quelque chose, qui nous mettent en avant des éléments, des mesures, et qu'elles aient des effets, et qu'elles soient palpables. Que ces effets soient palpables.

Donc oui, naturellement, à court terme, c'est un élément important.

5:26
Présentateur

Alors, son grand défi pour le moment, ça va être de faire passer dans l'opinion la nécessité du pass vaccinal. On voit à quel point l'angle d'attaque des libertés crée un front commun qui va de Philippot à Mélenchon en passant par Le Pen et Zemmour. Même le Conseil d'État dit qu'il y a une atteinte aux libertés.

5:42
Invité politique

Oui, c'est vrai que c'est une vraie question. C'est une question sur laquelle les Français, aujourd'hui, sont là aussi partagés. Parce qu'il y a ceux qui disent qu'on peut, effectivement, accepter un certain nombre de restrictions des libertés. Et ils le comprennent comme tel. Il faut se souvenir qu'il y a encore six mois, lorsqu'on a interrogé les Français sur le fait de « est-ce qu'il faut être un peu plus dur ? » Ils nous disaient « oui », en majorité, quand je dis « ils nous disaient », la majorité d'entre eux nous disait. Mais il y a de plus en plus. Et la campagne électorale va jouer de cet élément-là.

Parce qu'une campagne électorale telle qu'elle va se profiler, c'est une campagne électorale sur laquelle la polarisation va être un des leviers. Ça va être un des moyens. Dire qu'il y a un groupe qui est pour la mise en avant des libertés, même si cela peut impacter un tout petit peu la situation sanitaire. Et d'autres qui vont, effectivement, dire les choses de manière différente. Vous allez avoir des candidats qui vont jouer cette polarisation. Parce qu'elle est efficace. Parce qu'elle permet de fabriquer un camp. Parce qu'elle fabrique de la dynamique, voire de la densité.

Et sans doute, ce soir, Emmanuel Macron va devoir faire un exercice un peu différent qui est celui de « non, ce n'est pas la polarisation, c'est l'alliance, c'est le fait de faire quelque chose ensemble, c'est le fait d'avoir un projet commun, c'est le fait de se retrouver ». Alors même que l'on sait que les Français nous disent, pendant cette crise et à l'issue de cette crise, la tension entre les groupes, la difficulté à se parler est d'autant plus importante.

6:59
Présentateur

Cette fois, c'est bon. On a retrouvé par téléphone le politologue Thierry Chopin. Cette question des libertés traverse toutes les sociétés européennes, liberticides ou pas, les restrictions. Est-ce que vous considérez aujourd'hui qu'Emmanuel Macron fait un pari très différent de ses voisins ? Est-ce qu'il y a une Europe des restrictions ?

7:15
Invité

Non, je crois qu'on ne peut pas dire qu'il y a une Europe des restrictions, que la crise sanitaire impacte nos démocraties libérales, c'est un fait. Et ce, sur plusieurs enjeux qui sont partagés, malheureusement, par l'ensemble des pays européens. avec des nuances variables néanmoins en fonction des cultures politiques des différents États membres. Le premier enjeu, c'est clairement la question de l'équilibre entre les pouvoirs exécutifs d'un côté et les contre-pouvoirs de l'autre, les pouvoirs législatifs, mais aussi les pouvoirs judiciaires.

Et à cet égard, il est assez clair qu'en fonction des pays membres de l'Union européenne où l'on se trouve, l'accent est plus ou moins fortement mis sur le contrôle parlementaire des décisions qui sont prises par ailleurs. Un deuxième enjeu qui me semble très important dans ce contexte de crise sanitaire renvoie à la question... Alors, d'ailleurs, ce que je vais dire est plutôt lié à la première phase de l'accès pandémique, mais on voit bien qu'on n'est pas complètement sortis de ce risque-là.

C'est l'enjeu, en fait, de la liberté de circulation et notamment l'impact sur l'espace Schengen que peut avoir cette crise pandémique, puisque l'ouverture est devenue en réalité l'exception, tandis que la fermeture des frontières a pu devenir la règle pendant cette crise pandémique, même si les choses se sont améliorées ces derniers mois. On pourrait multiplier des exemples à cet égard.

8:49
Présentateur

Les libertés, vous avez peut-être écouté l'édito de Simon le Baron tout à l'heure, l'ADN d'Emmanuel Macron, c'est d'être un libéral profondément. 2016-2017, sa campagne est là-dessus. Il est obligé de se faire violence aujourd'hui, tout ce quinquennat est percuté par des décisions sanitaires qui visent à protéger, mais qui aussi restreignent les libertés. Souvent, au Conseil des ministres, il pousse des coups de gueule en disant il faut arrêter d'emmerder les Français, reprenant les mots de Pompidou. Il est obligé un petit peu de les emmerder malgré lui ?

9:19
Invité politique

Le plus important, c'est de réussir à faire comprendre que, certes, il y a des contraintes de plus en plus importantes, mais que ces contraintes sont pour un bien. C'est l'équilibre entre les deux qui est compliqué à trouver. C'est la capacité à pouvoir dire que je vous embête, ou en tout cas je prends un certain nombre de décisions, et naturellement en reconnaissant le fait que les Français sont capables de les suivre, mais tout ça pour un bien. Encore une fois, c'est un effet relativement court terme.

C'est toujours cette idée qui est importante aujourd'hui dans la manière dont les citoyens fonctionnent, c'est-à-dire qu'ils sont sans doute prêts à accepter un certain nombre de choses, si tenté que demain, ou que presque tout de suite, il y ait un effet positif. Donc c'est cet effet-là. Cet équilibre entre ces libertés-là, qui sont certes un peu contraintes, et encore une fois, il ne faut pas négliger le fait que les Français soient plutôt compréhensifs. On disait qu'ils n'étaient pas prêts à se faire vacciner, finalement, effectivement, ils y sont allés, avec des éléments presque de contraintes, parce que ce sont des contraintes qui amènent à voir la vaccination progresser encore.

Donc c'est cet équilibre-là entre un président de la République, qui certes se fait un peu violence, et il va devoir le dire en disant « Je suis désolé, en quelque sorte, de devoir imposer ces choses-là, mais vous savez que c'est pour le bien de tous. » Donc c'est cet équilibre pas simple à trouver.

10:27
Présentateur

Bon, venons-en à la campagne qui n'a pas officiellement commencé pour Emmanuel Macron, puisqu'il n'est pas officiellement candidat. Jusqu'à l'été dernier, le scénario qui se profilait, c'était un match retour Le Pen-Macron. Est-ce que les cartes sont complètement rebattues, à votre avis, aujourd'hui ?

10:40
Invité politique

Alors, c'est trop tout pour le dire. Elles sont aujourd'hui, telles qu'on le constate dans les enquêtes d'opinion, effectivement, pas tout à fait celles qu'on avait en tête il y a six mois, où c'était le schéma tel que vous venez de l'expliquer. Aujourd'hui, on est sur quelque chose, si on fait un petit panorama extrêmement rapide, à gauche, effectivement, l'incapacité à pouvoir se choisir une ligne, quelque chose de central, vous avez à la fois des candidats qui sont trop faibles, sans doute électoralement, tels que disent les sondages, trop faibles pour pouvoir s'imposer, mais qui se sentent trop forts pour pouvoir se retirer.

Donc on est sur un schéma qui est extrêmement compliqué aujourd'hui.

11:12
Présentateur

La gauche unie, vous y croyez, vous ?

11:14
Invité politique

Alors, moi, que je n'y crois pas, c'est la capacité à pouvoir se retrouver, cette dynamique-là, vous savez que c'est compliqué. La politique, c'est de la dynamique. C'est de la dynamique et c'est de la physique aussi. C'est de la densité. Est-ce que quelqu'un est capable d'avoir une densité suffisante pour pouvoir attirer les autres électrons ? Aujourd'hui, chacun d'entre eux a le sentiment qu'il est celui qui va être le noyau central. Donc il faut d'abord qu'il s'accorde. Si on va sur la droite très rapidement, la capacité aujourd'hui qui est intéressante, qui est importante, c'est le fait de montrer que peut-être on peut effacer le trauma de 2017. De François Fillon. De François Fillon.

On peut retrouver une crédibilité présidentielle. Et on le voit dans les enquêtes. Alors, c'est vrai que ces enquêtes participent, elles aussi, et ces sondages en disant, bah oui, il peut y avoir équilibre, il peut y avoir un second tour partagé. Ça crée quelque chose, ça crée une dynamique, ça crée un potentiel. Mais naturellement, vous le citiez, à droite de la droite, et bien, sans doute, le premier élément à avoir en tête aujourd'hui, c'est bien sûr la bataille entre Éric Zemmour et Marine Le Pen pour un certain nombre d'électeurs, mais c'est bien sûr l'abaissement du seuil potentiel de qualification. C'est une bataille, Éric Zemmour,

12:20
Présentateur

contre Marine Le Pen, ou c'est un bloc à la fin

12:22
Invité politique

qui peut s'unir contre Emmanuel Macron ? Alors, c'est une bataille, aujourd'hui, naturellement, on est encore très tôt dans la campagne, donc naturellement, c'est une bataille pour les électeurs et pour les électorats, la capacité à pouvoir attirer des électorats, à pouvoir les retirer éventuellement au potentiel de Valérie Pécresse. On le voit bien, d'ailleurs, c'est intéressant de ce point de vue-là. On a vu, on a dit, Éric Zemmour, formidable dynamique, puis arrêt de la dynamique. Et on a même parlé de décrus.

Aujourd'hui, on va dire, grosso modo, ils sont à peu près dans les mêmes niveaux, à des niveaux autour de 15%, qui est un niveau qui est important parce que c'est le niveau auquel on pourrait éventuellement, aujourd'hui, avoir une qualification. Il faut aussi noter que le Rassemblement National est revenu dans les intentions de vote, avec toute la prudence que cela impose, à un étiage, les 14, 15, 16%, qui est celui plutôt classique du autrefois Front National et aujourd'hui du Rassemblement National.

13:08
Présentateur

Ticket d'entrée, soulignons-le, très fragile, puisque l'abstention pourrait atteindre des records. L'intérêt pour la présidentielle, aujourd'hui, vous le confirmez, est nettement moins fort qu'il y a cinq ans, la même période.

13:18
Invité politique

Oui, mais on vient de parler, naturellement, de l'effet Covid qui a un effet ralentisseur sur tout cela. C'est un effet... Anesthésiant. Effectivement, anesthésiant. Mais c'est un élément extrêmement important. Tout ce que l'on mesure aujourd'hui, on le mesure auprès des électeurs qui sont intéressés par la campagne, qui se disent à peu près sûrs de leur choix pour aller voter, qui ont l'intention d'aller voter. Et on passe, pour l'instant, à côté, mais c'est normal, parce qu'on n'est pas encore complètement dedans, à côté de ces millions d'électeurs qui ne se sont pas encore décidés ou qui changent d'avis. Et c'est bien normal de changer d'avis. Sinon, une campagne ne servira à rien.

Sinon, la démocratie ne vivrait pas. Donc, c'est naturellement un moment où on est encore en train de voir les acteurs se positionner sur la scène de théâtre.

13:56
Présentateur

Venons-en à l'Europe et à cette présidence française donc pour six mois. Avec vos questions, bien sûr, au standard, on a Françoise. Bonjour.

14:05
Invité

Bonjour. Bienvenue. Oui, merci France Inter. Ma question, monsieur, n'eût-il pas été plus honnête de la part du candidat Macron en pleine campagne pour sa réélection en France, de reporter sa présidence européenne qui lui offrira immanquablement un avantage démesuré au regard du temps de parole de ses concurrents ?

14:24
Présentateur

Thierry Chopin, peut-être, pour répondre. Trois mois utiles seulement sur les six ?

14:29
Invité

Oui, alors, effectivement, d'abord, il y a un hasard de calendrier. C'est-à-dire que ce n'est pas le calendrier initial qui était prévu. Le calendrier de coïncidence entre cette présidence française et l'élection présidentielle puisque c'est un effet du Brexit qui a eu pour impact de modifier l'ordre des présidences. La France aurait pu demander un changement de calendrier pour, effectivement, éviter cette coïncidence entre les deux présidents, si je puis dire. Le président de la République ne l'a pas souhaité. Il aurait quand même fallu l'unanimité des États, ce qui n'aurait peut-être pas été obtenu.

Donc, évidemment, cette coïncidence entre les deux présidences peut avoir un impact, d'ailleurs un impact ambivalent, puisque d'un côté, comme le disait notre auditrice, ça peut être un atout pour le président français, lui permettant de réaffirmer son engagement européen auprès de son électorat. Et en même temps, je dirais que ça peut aussi présenter un risque, puisque ses adversaires politiques pourraient très bien utiliser cette concomitance des deux présidences pour développer un discours très critique sur la politique européenne conduite à le président.

Donc, je dirais que ça marche dans un sens, mais aussi dans un autre, en fait, potentiellement, et qu'il y a une ambivalence des effets qui peuvent être produits par cette coïncidence.

15:52
Présentateur

Oui, il y a une réaction à l'instant d'Aïda sur l'application France Inter qui nous dit, qui demande quel avait été l'impact de la présidence française de l'Union sur la cote de popularité de Nicolas Sarkozy en 2008. Elle ajoute, on parle souvent d'un tremplin pour la campagne d'Emmanuel Macron, mais je doute que les sujets européens intéressent autant les électeurs, Thierry Chopin.

16:11
Invité

Sur l'impact, en fait, des sujets européens sur la campagne, traditionnellement, mais je parle sous le contrôle d'Édouard Losserf, une campagne électorale pour la présidentielle ne se joue pas nécessairement sur des enjeux extérieurs dont font partie, en fait, les sujets européens. Néanmoins, les sujets européens ont aussi une dimension domestique. Et on peut en prendre plusieurs exemples, clairement, sur les enjeux climatiques qui sont très hauts dans les attentes, qui figurent très haut dans les attentes de l'opinion publique en France, mais aussi ailleurs. Il y a une dimension nationale, il y a clairement une dimension européenne et aussi une dimension internationale.

Sur les enjeux liés à la gestion de la crise sanitaire, il y a clairement une dimension nationale et domestique, il y a aussi une dimension européenne. On l'a vu avec l'achat en commun des vaccins, par exemple, et la campagne vaccinale européenne qui a été lancée il y a un an maintenant, en commun. Et on pourrait multiplier les exemples. Donc, de ce point de vue-là, je trouve quand même que les sujets européens peuvent cristalliser un certain nombre de termes du débat, y compris dans le cadre de la campagne nationale pour l'élection présidentielle.

17:18
Présentateur

A l'Elysée, on dit que tout est entremêlé finalement. Régulation des GAFA, taxes carbone aux frontières, nouveau Schengen pour réguler l'immigration, tout ça, c'est du niveau européen et pour agir au niveau français. Édouard Le Cerf, ce qui se passe dans l'opinion des Français à l'égard de l'Europe, c'est un petit peu compliqué. Sondage JDD la semaine dernière, deux tiers des Français se disent fiers d'être européens. Les Allemands sont trois quarts à le dire, les Italiens, quatre sur cinq. Pourquoi il y a ce décrochage français vis-à-vis de cet idéal européen ?

17:48
Invité politique

Les Français, dans toutes les enquêtes comparatives internationales dont on peut parler, Thierry Chopin, il connaît parfaitement bien les enquêtes de l'Eurobaromètre. La dernière livraison qui tâte un peu de l'Eurobaromètre montrait effectivement les Français avec 36% de confiance dans l'Union européenne contre 50% de défiance, ce qui place la France en 26ème position sur 27.

18:06
Présentateur

26 sur 27 ?

18:07
Invité politique

Seule la Grèce. Seule la Grèce est à un niveau inférieur.

18:10
Présentateur

Thierry Chopin ?

18:11
Invité

Oui, alors effectivement, il y a une relation en fait très ambivalente des Français vis-à-vis de l'Europe de manière générale. Il y a un attachement d'abord, il faut quand même le rappeler, majoritaire à l'appartenance de la France à l'Union européenne. Il n'y a pas d'europhobie majoritaire dans ce pays. Il n'y a pas de volonté de sortir de l'Union européenne. Et en même temps, ça s'accompagne d'un degré de défiance et de scepticisme qui est très fort et effectivement qui fait que notre pays figure parmi le groupe des pays les plus critiques vis-à-vis de la construction européenne. Ça très clairement.

Il y a une fracture sociale qui est très nette d'ailleurs à cet égard puisqu'il y a une ligne très forte qui structure en fait la perception des Français vis-à-vis de l'Union européenne. Et vous avez une perception qui est négative dans les classes populaires, chez les ouvriers, chez les chômeurs et chez ceux aussi qui ont terminé leurs études avant 16 ans.

Et en même temps, cet euroscepticisme très fort, il est complexe, il est loin d'être systématique et il y a une véritable ambivalence qui fait que d'un côté, vous avez des Français et je veux dire chez les mêmes personnes qui peuvent être favorables à cette construction européenne du point de vue d'un certain nombre de valeurs clés qui sous-tendent cette construction, l'ouverture aux autres, les valeurs politiques qui sous-tendent cette construction européenne, la liberté de circulation, l'attachement à l'euro notamment, et en même temps, un scepticisme chez les mêmes personnes vis-à-vis d'un certain nombre d'attentes vis-à-vis de cette construction européenne qui sont déçus par manque de résultats.

Et notamment, on le voit très bien dans le domaine de la régulation des flux migratoires et aussi dans le domaine de la protection de la sécurité collective. Et très clairement, ce qu'on voit dans les études qu'on peut faire, c'est que l'élément majeur du rapport de défiance des Français à l'Europe, ce qui pousse les Français à devenir de positifs à sceptiques vis-à-vis de cette construction européenne, c'est la méconnaissance en fait de l'Europe.

C'est la question de l'information et de ce point de vue-là absolument majeure et on pourrait ajouter aussi qu'un autre élément très très important relève aussi du facteur culturel puisque très très structurellement les Français ne se reconnaissent pas ou pas suffisamment bien en fait dans cette construction qui est assez orthogonale avec ce qu'ils sont fondamentalement du point de vue de leur identité politique. La France est un État centralisé et l'Union européenne c'est une fédération d'États-nations qui repose sur le compromis négocié. L'Europe est un marché qu'on s'en réjouit parce que ça nous déplaise.

Les Français sont plutôt défiants vis-à-vis du marché vis-à-vis du libéralisme et du libre-échange.

20:52
Présentateur

Mais attaché à l'euro, on l'a vu 20 ans après, l'euro est quand même un élément de stabilité y compris dans le personnel politique français. Marine Le Pen ne veut plus sortir de la monnaie unique. Édouard Le Cerf, la campagne que nous allons vivre sur les questions européennes, est-ce que ça peut être un remake de 2019 des européennes avec un bloc contre bloc à l'époque on disait mondialiste contre patriote quand on était au RN ou progressiste contre nationaliste quand on était marcheur ?

21:17
Invité politique

C'est vrai que si l'on ne va peut-être pas faire de l'Europe ou de la construction européenne même si ce soir on en parlera sans doute pendant les votes de Emmanuel Macron le sujet central de la campagne en tout cas pas aujourd'hui, la question de l'Europe est une question fondamentale en ce sens qu'elle permet de positionner les gens sur leur capacité à se procher dans quelque chose qui va au-delà simplement de la France au-delà du cercle national en se disant on a un avenir commun différent et en s'ouvrant et c'est vrai que cet élément-là va rester structurant sur la campagne il y a certains qui préfèrent dire que c'était mieux avant qu'on reste entre nous le plus possible et naturellement Emmanuel Macron en prenant la présidence de l'Union Européenne va devoir mettre en avant ces valeurs-là ces valeurs de capacité à se projeter c'est pas simple parce que parler de l'Europe c'est aussi pouvoir comparer les Français aux autres pays voir comment les opinions et Thierry Chopin le décrivait parfaitement les opinions un peu ambivalentes à l'égard de l'Europe c'est vrai que toujours en comparaison la France est un pays et le pays sur lequel des évocations comme celle de la mondialisation des évocations comme celle du progrès technologique sont plus négatives et en plus vous avez cet autre élément très important c'est en France qu'il y a la plus grande difficulté par rapport à tous les pays européens les 27 dans lesquels sont réalisées ces enquêtes et bien pouvoir dire demain sera mieux pour moi et pour les générations futures et passer au-delà de ça c'est très compliqué

22:35
Présentateur

On a une dernière question qu'on va prendre au standard de la part de Farid qui nous appelle de Paris et qui va s'adresser à vous Edouard Lecerf Bonjour Farid

22:43
Invité

Oui bonjour monsieur et bonjour madame Bonjour Je voulais parler des interprétations qu'ont fait des sondages et notamment parler des marges d'erreur tous les statisticiens savent que sur les échantillons sur lesquels la plupart des instituts travaillent il y a une marge d'erreur d'au moins 2% plus ou moins 2% c'est-à-dire une plage d'erreur de 4% si bien que lorsqu'on entend dire et sur des médias ou bien lire sur des journaux que Intel est au second tour que Petres est au second tour que Seymour est au second tour alors qu'elle ne précède ou il ne précède son concurrent que de 1 ou 2 points ou qu'on en entend dire qu'il y a une certaine oui j'entends bien

23:32
Présentateur

vous voulez nous parler de la fiabilité en réalité des sondages par rapport à la marge d'erreur c'est ça

23:37
Invité politique

votre éditeur a parfaitement raison il est très important à chaque fois de rappeler ces marges d'erreur d'ailleurs je trouve qu'on a fait des progrès tous ensemble que ce soit les médias les sondeurs à présenter les choses de manière plus plus mesurée en prenant toutes les précautions nécessaires vous avez absolument raison de le rappeler monsieur et aujourd'hui ce que l'on peut dire c'est qu'il y a effectivement un candidat qui dans les intentions de vote est au dessus de 20% ensuite on a un bloc avec un certain nombre de candidats autour des 15 16, 17 un peu moins un peu plus et encore une fois on est tôt dans la campagne donc oui vous avez complètement raison de rappeler que les choses sont très ouvertes et on vous rappelait en plus tout à l'heure le fait qu'un certain nombre de français et un nombre important ne sont pas encore rentrés dans la campagne et vont perturber ce jeu vont continuer à faire bouger les choses mais votre prudence effectivement vous avez raison de rappeler il faudrait que tout le monde la partage la pièce est en l'air on peut dire

24:20
Présentateur

à 100 jours du premier tour c'est l'incertitude totale

24:24
Invité politique

c'est toujours l'incertitude totale à 100 jours du premier tour d'autant plus dans cette campagne où on voit que la volatilité dont on part depuis plusieurs années est d'autant plus importante l'électorat est encore à besoin de se fixer un dernier point ce soir ce sont les vœux et les vœux vous savez que c'est la même origine le mot votum donne les vœux et donne le vote

24:44
Présentateur

ah bah c'est voilà

24:45
Invité politique

voter c'est souhaiter c'est souhaiter

24:48
Présentateur

bravo merci Edouard Le Cerf merci aussi à Thierry Chopin France Inter Merci d'avoir regardé cette vidéo

24:55
Locuteur

Merci d'avoir regardé cette vidéo

Edouard Lecerf : "L'impact d'Omicron sur la campagne est déjà là, et cela va continuer" · Pourquijevote