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InterviewC à vous (sur YouTube)· 15 mars 2023 7 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesSolidarités & familleInstitutions & élections

La retraite à 64 ans votée en commission - Fabien Roussel - C à Vous - 15/03/2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00FerméeÉludée

    Si le Parlement vote le texte, il faudra en prendre acte. C'est ce que dit Laurent Berger, le leader de la CFDT. Vous êtes d'accord ?

  • 0:15RelanceRéponse partielle

    Donc vous n'en prendrez pas acte ? Vous appellerez à d'autres manifestations ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Très bien, Roussel, continuer comment et avec qui ?

  • 1:04OuverteRéponse directe

    Quand on voit que le cœur n'y est plus ou y est moins, la mobilisation est en berne et les Français sont résignés à 78%, ils pensent que cette loi sera votée et appliquée.

  • 5:35OuverteRéponse directe

    La réforme des retraites, vous l'évoquez dans votre livre, Les Jours Heureux, sont devant nous en racontant qu'entre les deux tours de l'élection présidentielle, vous avez eu un échange téléphonique avec Emmanuel Macron sur ce thème.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:19Invité politiqueChiffre
    « 9 Français, 9 salariés sur 10 ne veulent pas de cette réforme. »
  • 0:27Invité politiqueChiffre
    « 70% des Français. Je vous parle des salariés. »
  • 0:47Invité politiqueFait
    « Les salariés qui travaillent dur dans des métiers pénibles. »
  • 0:50Invité politiqueFait
    « Les femmes, souvent, qui vont être impactées. »
  • 1:43Invité politiquePromesse
    « Nous nous battrons pour obtenir un référendum parce que c'est la seule issue possible et démocratique pour apaiser le climat, rendre le pouvoir au peuple. »
  • 2:47Invité politiquePromesse
    « Nous mettrons en place la retraite à 60 ans, l'horizon de la retraite à 60 ans. »
  • 3:34Invité politiqueFait
    « Les critères de pénibilité sont réduits à deux, et d'ailleurs, au Sénat, je vais vous en annoncer une, avec cette CMP, au Sénat, il y a eu un amendement qui avait été introduit pour pouvoir tenir compte des critères liés aux risques chimiques. »
  • 4:01Invité politiqueFait
    « Ce texte, il a été durci, il a été durci par les députés macronistes de droite qui se sont retrouvés à huis clos pour décider des amendements qu'ils allaient retenir. »
  • 4:28Invité politiqueChiffre
    « Un tiers des salariés en carrière longue, un tiers des salariés en carrière longue, cotiseront plus de 43 ans et certains iront jusqu'à 44 ans et 3 trimestres de cotisation. »
  • 6:17Invité politiqueFait
    « Je constate qu'il a utilisé plusieurs fois le 49-3, son gouvernement, et qu'il a décidé d'être d'une violence rare sous la Vème République. »
  • 6:28Invité politiqueFait
    « Enfin, avec un Parlement qui est humilié, qui est bafoué. C'est vraiment une atteinte grave à notre démocratie, à notre système démocratique. »

Temps de parole

  • Fabien Roussel77 %
  • Invité13 %
  • Présentateur10 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Si le Parlement vote le texte, il faudra en prendre acte. C'est ce que dit Laurent Berger, le leader de la CFDT. Vous êtes d'accord ?

0:06
Fabien Roussel

Si ce gouvernement, si les députés, si une majorité votent ce texte, le combat continue. Dans la rue ? La lutte continue.

0:15
Présentateur

Donc vous n'en prendrez pas acte ? Vous appellerez à d'autres manifestations ?

0:19
Fabien Roussel

Nous allons continuer. Parce que 9 Français, 9 salariés sur 10 ne veulent pas de cette réforme. 9 salariés sur 10... Non, c'est pas 9. 9, 8 et demi. Non, c'est 70% des Français. Je vous parle des salariés.

0:33
Invité

Les salariés, 75.

0:34
Fabien Roussel

Les salariés sont aujourd'hui très ultra majoritaires. On peut chipoter, Pinaillet.

0:39
Invité

Ultra majoritaires contre cette réforme des retraites.

0:42
Fabien Roussel

Vous savez, tout le monde dit qu'on vit plus longtemps, on peut travailler plus longtemps. Mais il faut aller les rencontrer, comme je l'ai fait. Les salariés qui travaillent dur dans des métiers pénibles. Les femmes, souvent, qui vont être impactées. Les corps, les êtres humains, ne sont pas des machines qui doivent être utilisées jusqu'à ce qu'elles ne fonctionnent plus. Donc on vit plus longtemps, mais pas les corps.

1:00
Présentateur

Très bien, Roussel, continuer comment et avec qui ? Quand on voit que le cœur n'y est plus ou y est moins, la mobilisation est en berne et les Français sont résignés à 78%, ils pensent que cette loi sera votée et appliquée.

1:15
Fabien Roussel

Eh bien, nous allons continuer et nous y travaillons. Et vous le saurez dans les jours qui viennent, les heures qui viennent en fonction de ce qui se passera demain. D'abord, nous travaillons vraiment en étroite collaboration avec l'intersyndical, chacun dans son rôle. Les syndicats, les forces politiques, ils décideront ou pas de poursuivre les mobilisations. Selon leur choix et leurs décisions, nous les respecterons. Nous, forces politiques, nous continuerons à nous battre aussi. S'il y a des manifs, des mobilisations, on sera avec eux. Nous nous battrons. Nous nous battrons pour obtenir un référendum.

Nous nous battrons pour obtenir un référendum parce que c'est la seule issue possible et démocratique pour apaiser le climat, rendre le pouvoir au peuple, faire en sorte que les Français s'expriment sur, êtes-vous pour ou contre, le recul de l'âge de départ en retraite.

2:01
Invité

Les Français auront à s'exprimer avec certitude, peut-être qu'ils l'auront l'occasion avant, mais ils auront à s'exprimer avec certitude en 2027. C'est la fin du mandat du président de la République. À ce moment-là, l'âge légal, si la réforme est votée, ça sera quelques mois de plus. Ce sera 63 ans et un trimestre à peu près. Ce que la prochaine majorité ou ce que le prochain président de la République pourra faire, c'est d'abord, éventuellement, si vous faites campagne en ce sens, c'est défaire ce qui est fait par cet actuel parlement-là.

2:36
Fabien Roussel

– Mais d'abord, je vous confirme que la gauche au pouvoir, je ferai tout pour que la gauche gagne en 2027 ou avant, mais nous ferons tout et nous reviendrons sur cette réforme. Nous mettrons en place la retraite à 60 ans, l'horizon de la retraite à 60 ans. – Mais ça ne peut pas attendre 2027 ? – Ce sera un thème de campagne. – Mais, M. Cohen, dès le mois de septembre, il y a des salariés que je connais dans la métallurgie que j'ai rencontrés qui avaient prévu de partir en retraite, là, en fin d'année, au dernier trimestre 2023, et dont l'âge de départ va reculer de plusieurs mois. Vous pensez à eux ?

Vous pensez qu'ils sont contents, qu'ils sont satisfaits de devoir attendre 2027 pour pouvoir partir en retraite ? Les pots de départ vont être annulés, enfin, les corps cassés. Vous en avez vu des gens qui ont du mal à se pencher, tellement ils ont le dos en ruine, les épaules abîmées ?

3:27
Invité

– Oui, pardon, invalidité ou inaptitude, ça ne change pas, vous savez qu'on maintient le départ. – Si, ça change, d'ailleurs, je vais vous donner… – Non, là, je ne change pas.

3:34
Fabien Roussel

– Les critères de pénibilité sont réduits à deux, et d'ailleurs, au Sénat, je vais vous en annoncer une, avec cette CMP, au Sénat, il y a eu un amendement qui avait été introduit pour pouvoir tenir compte des critères liés aux risques chimiques, d'être en présence de risques chimiques. En CMP, ils l'ont fait sauter, ils l'ont fait sauter, ça veut dire… – Là, en commission paritaire. – Là, en commission mixte paritaire, ils l'ont fait sauter. Enfin, ce texte, il a été durci, il a été durci par les députés macronistes de droite qui se sont retrouvés à huis clos pour décider des amendements qu'ils allaient retenir.

4:05
Invité

– S'il y a 43 annuités pour tout le monde, ça n'est pas à vos yeux une avancée ?

4:09
Fabien Roussel

– Non, parce que ça aussi, si vous voulez, je vous envoie le texte, je vous envoie ce que… – Vous l'avez ? – Oui, je l'ai, je peux vous envoyer la photo que nous avons reçue. – Je n'ai pas eu le temps. – Mes collègues qui étaient en CMP ont fait les photos de ce qu'ils ont décidé. – C'est pas 43 annuités pour tout ? – Un tiers des salariés en carrière longue, un tiers des salariés en carrière longue, cotiseront plus de 43 ans et certains iront jusqu'à 44 ans et 3 trimestres de cotisation. – En vertu de quel dispositif ?

– Eh bien parce qu'en fonction de cette mesure d'âge qui fait que tous les Français, tous les salariés devront travailler plus longtemps pour financer les mesures d'économie qu'ils veulent mettre en œuvre. De toute façon, ils demandent à tous les Français de travailler plus longtemps.

4:50
Invité

– Plus longtemps, pardon, c'est la gauche qui l'a fait passer, c'est l'abonnement Touraine. C'est les 43 annuités.

4:54
Fabien Roussel

– Ne m'accusez pas, on était contre. – Non, je dis la gauche, la gauche du gouvernement, celle qui était… – Quand vous les inviterez, quand vous verrez François Hollande ou Marisol Touraine, vous leur parlerez, mais pas nous. En tout cas, tout le monde, il demande à tout le monde de devoir travailler plus longtemps. Alors pas deux ans de plus, la majorité travailleront deux ans de plus, mais les femmes qui ont des carrières hachées travailleront plus longtemps. Ceux qui ont commencé tôt travailleront plus longtemps, un an et trois mois. – Oui, c'est 67 ans, mais ça ne bouge pas. – Ah ben, bonjour. – Ça ne bouge pas. – Ah ben, oui, d'accord, ça bouge.

Et même la Première Ministre en est félicitée. Vous vous rendez compte, on ne touche pas à l'âge pivot de 67 ans. Vous continuerez à trimer jusqu'à 67 balais. Quel désastre.

5:35
Présentateur

– La réforme des retraites, vous l'évoquez dans votre livre, Les Jours Heureux, sont devant nous en racontant qu'entre les deux tours de l'élection présidentielle, vous avez eu un échange téléphonique avec Emmanuel Macron sur ce thème. Vous lui demandez alors d'abandonner cette réforme des retraites ou au moins d'organiser un référentum, c'était déjà un dialogue de sourds.

5:53
Fabien Roussel

– Ce livre d'ailleurs, je n'ai pas fait exprès, c'est comme si je l'avais bouclé il y a 15 jours, mais je l'ai bouclé au mois de novembre. Mais déjà dans ce livre, j'annonce ce qui se passe aujourd'hui, la dureté du président de la République, le fait qu'il n'entend rien de ce qui se passe dans le pays. Et je raconte les échanges que j'ai eus avec lui dans l'entre-deux tours, après. Et le fait que je lui explique que ça ne passera pas. – Et je constate qu'il a utilisé plusieurs fois le 49-3, son gouvernement, et qu'il a décidé d'être d'une violence rare sous la Vème République. Enfin, avec un Parlement qui est humilié, qui est bafoué.

C'est vraiment une atteinte grave à notre démocratie, à notre système démocratique. Quelles vont être les conséquences derrière ? On va en débattre, moi je ne sais pas. Mais il y aura des conséquences sur la vie démocratique dans notre pays, sur la crédibilité du politique, sur le rôle des députés. Enfin, si demain il y a un taux d'abstention, plus, plus, aux prochaines élections, on va dire quoi ? On va tous pleurer, mais moi je vais parler de ce qui vient de se passer. C'est terrible. Je parle beaucoup de ça dans mon livre. L'abstention, rejet de la politique, ce que j'ai vécu aux présidentielles, ce que j'ai vécu aux élections législatives.

C'est ça qui m'alerte, qui fait mon combat et je trace des pistes de réflexion, des réponses.