L'égalité des chances dans le système éducatif ultra-marin
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Donc vous avez nous allons commencer immédiatement. Alors mes chers collègues, nous poursuivons les travaux de notre commission d'enquête avec une table ronde sur l'égalité des chances dans les le système éducatif ultramarin. Par ordre alphabétique interviendront lors de cette table rond monsieur Gilles Albou ancien recteur de l'accadémie de Mayotte.
Monsieur Laurent Lingu président de l'université de Guyane. Messieurs, je vous rappelle que notre commission d'enquête a été constituée à la demande du groupe communiste républicain citoyens écologiste et elle a débuté ses travaux le 27 janvier dernier et ma collègue Eveline Corbier Namenzo en est la rapporteur. Nos auditions ont débuté le 12 février.
L'objet de nos travaux est de comprendre la persistance voir l'accroissement des inégalités dans les outres MES. notamment en matière d'éducation, de formation d'emploi, de revenus et de partage de la richesse à la fois entre les territoires ultramarin et la France hexagonale, mais aussi au sein des sociétés ultramarines. Les inégalités frappant nos territoires trouvent partiellement leurs sources dans l'éducation.
Le taux de jeunes ultramarins qui ne sont ni en étude, ni en emploi, ni en formation, les netosif. Les taux d'iltrisme et de décrochage scolaire également. La situation de Mayotte est très spécifique à ce titre où l'ensemble des élèves ne peuvent être scolarisés de façon continue à l'école.
Notre système éducatif et d'enseignement ne parvient pas à offrir les mêmes chances à cette jeunesse qui est pourtant au cœur de la promesse républicaine de l'égalité des chances. La question d'une meilleure prise en compte de la langue maternelle qui n'est pas toujours le français dans l'enseignement est aussi une problématique souvent évoquée depuis le début de nos auditions. Ces inégalités éducatives dans l'enseignement scolaire ont évidemment un effet important sur l'orientation choisie dans les études et au-delà sur le type d'emploi occupé.
Nous nous interrogeons d'ailleurs sur l'adéquation entre les filières d'étude proposées et les emplois disponibles alors même que le taux d'emploi outremè est faible. Enfin, nous sommes évidemment très intéressés par vos propositions prioritaires de réforme pour engager les autres mères sur une amélioration de l'égalité des chances dans le système éducatif. Votre expérience de terrain autre mère, mais aussi votre connaissance plus large des enjeux dans ces territoires nous réintéresse particulièrement.
Je précise qu'un questionnaire indicatif vous a été transmis en amont afin de mieux cerner nos premières interrogations. Je souhaite maintenant vous rappeler que cette audition est diffusée en direct sur le site internet du Sénat. Je vous rappelle qu'un faux témoignage devant notre commission d'enquête serait passible des peintes prévues aux articles 434-13, 434-14 et 4 434-15 du code pénal.
Monsieur Albou, je vous invite maintenant à prêter serment de dire toute la vérité, rien que la vérité, en levant la main droite et en disant je le jure. Je le jure. Je remercie monsieur Lingué.
Je vous invite maintenant à prêter serment de dire toute la vérité, ringue la vérité en levant la main droite et en disant je le jure. Je vous remercie. Alors si vous voulez bien messieurs, vous pourriez nous faire une brève présentation liiminaire de 10 minutes maximum.
Je précise maximum parce que nous débordons toujours et après on ne peut plus avoir la l'occasion de vous poser des questions et vous d'y répondre. après laquelle je laisserai la parole à madame la rapporteur puis à mesdames et messieurs les commissaires pour vous poser des questions. Nous vous écoutons.
Nous commençons par monsieur Je vous laisse la parole madame la présidente, mesdames et messieurs les sénatrices et sénateurs et vous tous ici présents. Je voulais d'abord vraiment commencer par vous remercier, vous remercier sincèrement parce que ceux qui me connaissent dans cette salle savent que dès qu'il faut parler de Mayotte, je réponds présent. Euh on parlera peut-être plus tard des regrets, mais si j'en ai un, évidemment, c'est de d'avoir euh quitté cette île qui met si cher.
Euh je regrette et je vous prie de de m'en excuser euh évidemment de ne pouvoir pas répondre à toutes les questions qui ont été posées puisque beaucoup euh concernent un cadre général et vous le comprendrez ici. Je me contenterai de répondre à à celle qui concerne le territoire Mauré et évidemment sur la période pendant laquelle j'étais en fonction et je me garderai bien évidemment de de répondre au-delà et mes collègues du ministère de l'éducation nationale pourront répondre et compléter madame la présidente si vous souhaitez puisque je leur ai fait part évidemment de cette de cette convocation. Euh je vais essayer aussi d'être court pour qu'on se garde beaucoup de temps pour les questions.
Euh mais je voulais euh peut-être avoir un en proposiminaire euh quelques mots sur votre fil conducteur, les inégalités dans les territoires outreem. Et donc évidemment en ce qui me concerne les inégalités à Mayotte. Euh alors les inégalités à Mayotte, on les voit, j'en reviens on je reviendrai là-dessus et euh mais je voudrais commencer par euh évidemment euh les contextualiser parce que des inégalités sur le territoire métropolitain, on en a de toutes sortes et euh il y a beaucoup de dispositifs qui répondent.
Donc pourquoi et c'est mon interprétation parler spécifiquement des outres mères et pourquoi parler spécifiquement de Mayotte ? D'abord pour Mayotte en tout cas territoire qui nous préoccupe. Euh premier premier point important, c'est le décalage institutionnel.
Alors, je veux pas revenir sur l'histoire du territoire. J'ai euh des élus Maoré en face de moi et Mayotte département uniquement depuis, j'espère ne pas dire de bêtises, 2011 comme je euh je parle sous serment, euh j'espère que vous m'excuserez quelques imprécisions. Euh département depuis 2011 et depuis 2011, on on essaie de rattraper le temps perdu.
Euh on essaie de le rattraper d'ailleurs depuis euh avant euh 2011. Alors pourquoi pour moi évidemment euh ces décalages institutionnels sont facteurs d'inégalité ? J'aurai l'occasion d'y revenir mais c'est un premier point.
Deuxème point, les spécificités locales. Euh Mayotte, c'est un territoire qui est à la fois sur une sur des routes, allez, on va le dire, des routes migratoires, donc avec beaucoup beaucoup d'immigration et beaucoup d'immigration illégale, ce qui désorganise, vous en doutez, les services publics et évidemment et cause aussi euh d'inégalité. C'est aussi un territoire qui est sous les tropiques.
Alors, je ne vais pas rappeler ici les événements récents, mais avec évidemment des des spécificités qui nous amènent à d'abord travailler à appréhender euh ces ces événements, mais aussi on a on a ici des événements qui peuvent euh euh handicaper le déploiement des politiques publiques. Je finirai par un troisème point peut-être qui est commun aux autres outreemères là aussi, c'est l'éloignement. euh l'éloignement euh l'éloignement euh vous le disiez de euh de l'hexagone, l'éloignement de la capitale et qui alors pour le le le périmètre éducation euh euh peut-être aussi un facteur de manque d'ambition pour les élèves, un un facteur limitant pour euh pour les déplacements euh et pour l'ensemble des brassages.
On a à Mayotte, une île petite là. Alors, je vais certainement dire des bêtises à nouveau, mais dans les 60 370 km² euh et euh si on veut euh développer un territoire, il faut que ce territoire là aussi puisse communiquer facilement avec les autres territoires de de la République. Donc, trois trois points sur lesquels euh pendant toute la période où j'étais en responsabilité, j'ai essayé de travailler.
Le décalage institutionnel euh ça ne vous a pas échappé. Je pense que c'est parce que c'est une des raisons pour lesquelles vous m'avez invité. Euh Mayotte n'avait pas de rectorat, donc je suis arrivé pour mettre en place un rectorat.
Alors ça veut pas dire qu'il y avait pas d'éducation. Et notre priorité a été tout de suite euh de se mettre au niveau, de se mettre au niveau institutionnel. Il se trouve que peu de temps après, il y a eu la nouvelle organisation territoriale de l'État avec les drages.
Enfin, je ne veux pas rentrer dans dans toute la machinerie institutionnelle, mais de partir du principe que euh non seulement on allait rattraper ses retards institutionnels, mais on allait pas en creuser d'autres. Je pense aussi et mon collègue pourra nous donner son point de vue côté Guyané. Je pense aussi à l'enseignement supérieur, à l'université.
Donc euh quand je suis arrivé, il n'y avait pas d'université, il y avait un institut, il y avait un CUFR, un centre universitaire de formation et de recherche et évidemment nous avons fait en sorte que Mayot soit aujourd'hui doté d'une université de plein exercice euh qui a l'ensemble des caractéristiques des autres universités modul les compétences élargies, c'est-à-dire qu'elle ne gère pas sa mass salariale, ce qui est euh d'ailleurs pour pour l'université de Mayotte plutôt salutaire. vu les les contraintes administratives que cela supposerait. sur les spécificités, je pense que l'ensemble de vos questions me permettra d'y revenir.
Je voudrais quand même attirer votre attention sur une spécificité et vous parliez des langues régionales. Mayotte, c'est aussi un territoire où les langues vernaculaires sont très fortes avec essentiellement deux langues parlées, le chimoré et les kibouchi. et ce qui nous amène aussi alors qui sont parlés et fortement parlé c'estàd dans les familles c'est la langue qui est parlée à la maison et ce qui aussi peut être facteur d'inégalité si on ne n'appréhende pas cette bien cette particularité.
Donc dans les spécificités régionales dont j'ai parlé, il y a aussi celle-là mais j'ai vu que vous aviez prévu d'en reparler. Et pour finir euh sur l'éloignement et le manque d'ambition puisque ça fait partie de vos questions, oui, nous avons tout de suite mis en place parcours sup. Oui, nous avons aussi développé l'ensemble des modalités qui étaient prévues dans les lois sur euh le développement et la transformation de de la voie professionnelle en créant des BTS, en développant le centre universitaire de Mayotte et en particulier là aussi en étant alors là pour le coup précurseur et pas rattrapant le national puisque nous avons mis en place à Mayotte de manière expérimentale les concours à bac+ 3 avec de années de formation payé comme fonctionnaire stagiaire pour les futurs enseignants.
Donc ça c'était aussi une innovation que j'avais proposé à l'époque et qui là pour le coup a été généralisé à l'ensemble du territoire français comme quoi parfois aussi sur les outresem on peut avoir des innovations qui sont reprises. Malgré tout ça et je finirai par là, Mayotte rencontre toujours des difficultés et je pense que on ne saurait pas autour de cette table s'il n'y en avait pas des difficultés en matière de réussite scolaire. Euh je je donne quand même quelques quelques éléments.
Quand je suis arrivé, on a tout de suite mis en place. Alors, ça a été euh contesté mais je tenais à ce qu'on les mette en place les évaluations à tous les niveaux, donc en CP, en CE1, en 6e, celle qui était voulue par le ministre Jean-Michel Blanquer justement pour ne pas cacher les problèmes. Euh premières évaluations et je vous donne un peu les ratios sur par exemple la compréhension des mots des élèves à besoin.
Quand on dit élèves à besoin, c'est des élèves en grande difficulté, 40 % et des élèves avec un niveau satisfaisant euh 25 %. Les autres étant dans un niveau intermédiaire. Euh au niveau au niveau national euh donc 40 % a besoin, 25 % avec un niveau satisfaisant.
Si on veut avoir les chiffres nationals, c'est respectivement 7 % et 71 %. Donc vous voyez le décalage 7 contre 40 71 contre 25 et même si on regardait uniquement au niveau national l'éducation prioritaire et uniquement l'éducation prioritaire renforcé c'estàd le rep on est quand même à 20 et 41 c'estàd deux fois plus alors deux fois moins d'élèves à besoin en repitoire national qu'il n'y en a à Mayotte à l'époque. Nous avons réussi sur ce cet item comme sur d'autres, je pourrais décrire tous les items.
J'ai gardé avec moi évidemment tout le travail que nous avons fait sur la compréhension des mots, l'écriture des nombres. nous avons réussi à peu près à rattraper euh notre retard par rapport à l'éducation euh prioritaire euh renforcé. Alors, il y a je évidemment il faut euh euh être très mesuré dans ces études puisque récemment avec Shido, les évaluations ont pas pu être passées et j'imagine que ça aura comme pour le confinement des répercussions.
Euh et comme on est sur je je préfère le dire parce que évidemment sur ces évaluations disons que Mayotte n'était plus le dernier et mais ça veut pas dire qu'on on avait non plus rattrapé les moyennes nationales comme je viens de le dire. Euh comment avons-nous fait ? Et c'était votre dernier point dans les questions, c'est que sur c les inégalités qui sont que j'ai prises de manière macroscopique, en fait, elles sont aussi localement, il y a aussi des inégalités localement.
Mayotte, c'est aux alentours de 80 % 75 % de la population qui vit sous le seuil de pauvreté. C'est euh une population très jeune. À l'époque, on avait un âge médian autour de de 17 ans.
Euh donc, ce sont des chiffres euh qui euh qui qui nous interpellent, mais il y a aussi une jeunesse maoraise et les chiffres le montré qui réussit, qui a qui a de l'ambition et qu'il ne faut pas oublier. Et donc dans tout le travail que nous avons voulu mener, c'est à la fois un travail pour raccrocher les élèves qui avaient des besoins particuliers, mais ne pas oublier non plus les élèves qui avaient des appétences, les élèves dont les familles étaient, on va dire dans une dynamique de réussite et de travailler justement à une différenciation des parcours. On a eu et on parlait de parcours sup élèves qui ont intégré Sciences pour Paris, des élèves qui ont intégré l'Imsa, des élèmes qui ont intégré les meilleures classes préparatoires aux grandes écoles.
Et en guise de conclusion de de cette introduction, je voudrais finir par quatre points. Quatre points pour moi qui euh qui ont guidé euh mes travaux. Le premier, comme je l'ai dit, c'est euh d'abord euh l'adaptation.
On est sur un territoire particulier. Vous allez me dire que tous les territoires sont particuliers, c'est l'adaptation. On pourrait y revenir sur l'éducation prioritaire, on pourrait y revenir jusque sur la différenciation, sur les langues régionales, je l'ai dit sur la formation initiale, je et on pourrait le dire aussi sur les rythmes avec parfois une mauvaise adaptation, une adaptation à des contraintes bâtimentaires sur lesquelles on pourra revenir.
Deuxièmement, et pour cette adaptation évidemment travailler à plus de déconcentration, rattraper le retard institutionnel, ça veut pas dire une hypercentralisation. Et qui dit une déconcentration dit aussi un dialogue. Un dialogue qui doit s'institutionnaliser.
C'est ce que j'ai essayé de faire avec les organisation syndical, avec les organisations représentatives de parents d'élèves. Très très important. On ne peut pas transformer et rattraper les retards et rattraper les inégalités si on n'embarque pas toute la communauté des enseignants et des parents.
Mais aussi évidemment travailler avec les élus. Alors évidemment vous allez être convaincu et travailler conjointement avec tous les niveaux administratifs sur le territoire. Euh et ce sera mon 4e point et 4e et dernier point parce que pour résoudre ces ces inégalités, il faut une approche systémique.
On peut pas avoir justement une volonté de rattrapage au niveau de l'éducation nationale si derrière par exemple le tissu économique et la structuration économique du territoire n'avance pas parce qu'on va avoir des élèves qui vont sortir du système éducatif et qui n'auront pas de possibilités d'emploi si derrière évidemment on n' pas une économie qui qui elle aussi avance je pense à à tout ce qu'on peut mettre en place autour du port autour de l'aéroport autour autour de de l'agriculture, autour de la des métiers de la construction et c'est ce qui pour nous a a justifié le fait que on travaille en pôle en pôle de en pôle de métier pour que l'éducation nationale et vous le disiez apporte sa pierre à une transformation qui est plus globale et plus systémique sur le territoire. Je vous remercie. Nous allons passer en Guyane.
Donc monsieur Linguet, c'est à vous pour les donc pour les propos léminaires, s'il vous plaît. Merci madame la présidente. Merci madame la présidente.
Mesdames, messieurs les sénateurs. Ben je vous remercie pour cette audition qui démontre l'intérêt du Sénat pour les outres MA. Je vais être le plus bref possible.
J'ai j'ai pris quelques notes donc que je me permettrai de lire. concernant les inégalités en mer, euh elles sont plus marquées qu'en hexagone et parfois très fortes à l'intérieur même des territoires. Il existe un écart persistant dans dans la maîtrise des fondamentaux, notamment le français, les mathématiques et cela est souvent dû à des difficultés qui s'expliquent par un contexte linguistique complexe combiné à des fragilités sociales plus importantes telles que la pauvreté, le chômage, l'habitate.
Donc c'est ces ces ces difficultés donc qui prennent dès l'entrée dans dans le milieu scolaire produisent des écarts de réussite qui se prolongent ensuite jusque dans l'enseignement supérieur. Ensuite, les inégalités sociales pèsent fortement sur la réussite et l'orientation et on constate dans ces territoires une surreprésentation des filières professionnelles et technologiques avec aussi des parcours d'orientation parfois très contraints. Et dans des régions comme la Guyane, il existe aussi de fortes inégalités territoriales entre zones urbaines, commun isolé, tant en terme d'infrastructure que de stabilité des équipes pédagogiques.
Ce qui conduit à un accès à l'enseignement supérieur plus complexe que dans l'hexagone avec une offre de formation limitée, une mobilité coûteuse vers l'hexagone et une information moins diffusée sur les parcours. Concernant les les financement des universités, il existe aussi une forte inégalité liée à la surrémunération obligatoire des des fonctionnaires. Cette surémunération est une obligation nationale.
Elle n'est pas compensée dans le calcul de la subvention pour charge de services publics versé par l'État. Ainsi par exemple l'université de Guyan finance sur ses ressources propres une charge structurelle imposée sans ajustement équivalence de ses recettes. Alors cela a été très bien rappelé par la cour des comptes dans son rapport de 2024 intitulé l'enseignement supérieur et la recher dépenses supplémentaires notamment lié à la suréminération des agents, au surcût des achats, à l'accompagnement des étudiants plus souvent en situation de précarité que l'allocation des moyens par le ministère ne prend pas suivisant en compte ses spécificités.
Au final, la question centrale est est celle de l'égalité réelle. L'application uniforme de règles nationales ne permet pas elle seule de compenser des conditions de départ profondément différentes. Une politique éducative véritablement équitable suppose une différenciation des moyens, une visibilité pluriannuelle et une adaptation aux spécificités locales notamment linguistiques.
Alors, quelle est la tendance de ces inégalités ? et je pourrais la la décrire comme une stabilisation sous contrainte avec des améliorations partielles qui ne suffisent pas à réduire structurellement les écarts. On a pu constater ces dernières années une taux une hausse du taux d'accès au baccalauréat, des investissements dans les infrastructures scolaires, des dispositifs renforcés de lutte contre les décrochages.
Et ces avancées traduisent bien qu'elles traduisent un effort public significatif sont souvent absorbé par des dynamiques structurel forte, une croissance démographique rapide dans certains territoires comme la Mayotte et la Guyane. Le maintien de niveau élevé de pauvreté, de fragilité sociale, des inégalités territoriales internes persistantes et comme je l'ai dit tout à l'heure plutôt des contraintes liées au plinguisme. Donc si on observe des améliorations quantitatives davantage élèves scolarisés et diplômés, les écarts qualitatifs avec les hexagone et au sein même des territoires reste importants.
Donc il n'y a pas d'aggravation massive généralisée, mais il n'y a pas non plus de réduction structurelle des des inégalités. Euh quelles sont les principales difficultés rencontrées avec en lien avec l'évolution de la démographie ? La situation révèle avant tout une insuffisance d'adaptation de la politique nationale aux réalités ultramarines dans l'état dans les territoires en force de croissance comme la Guyane.
L'État n'a pas ajusté les moyens de l'enseignement supérieur à la hauteur de l'augmentation des effectifs. J'en veux pour preuve que depuis 2017, date de la dernière création d'emploi à l'université, nous avons augmenter nos effectifs de 1000 étudiants sans sans enseignants de plus, sans personnel administratif de plus. Donc voilà, c'est une charge qui qui se répartie sur l'ensemble des personnels et qui crée des tensions extrêmes en terme de de charge de travail.
Alors, les régions comme la Guyane ou ou Mayotte sont des régions jeunes avec une progression continue du nombre de Bachelier. Ça ça veut dire que au fil des ans, on se nous sommes confrontés à des capacités d'accueil saturé, à des infrastructures insuffisantes, à des créations de postes trop lentes, trop limitées et à une dégradation du ratio étudiant sur enseignant. L'effort budgétaire consenti par l'État du ministère permet souvent d'absorber les urgences.
C'est un effort relativement minime, hein, faut faut enfin pour ce qui est devenu vertiguen. Et cet effort ne permet pas de structurer durablement le développement. on gère la croissance plusquon ne l'anticipe.
Euh si on s'intéresse aux régions où la démographie est en baisse comme certaines régions euh antiais, bah la logique nationale fondée sur les seuils d'effectif produit un effet pervers. C'est-à-dire que les filières sont menacées, non pas parce qu'elles sont inutiles, mais parce qu'elles n'atteignent pas les volumes requis par un modèle pensé pour des grandes universités hexagonales. Donc sont des dynamiques opposées qui produisent des difficultés structurelles différentes et qui convergent vers un même problème d'adéquation entre les outils nationaux de pilotage et la réalité territoriale.
Une proposition serait que que le pilotage national repose sur et prenne en compte les bassins démographiques, les coûts structurels plus élevés liés à l'insularité, à l'isolement et les besoins stratégiques du propre territoire. Euh si cette différenciation n'est pas faite, on risque d'aboutir à ce que l'on l'on voit déjà, le départ massif des meilleurs bâcheliers vers l'hexagone, la difficulté à stabiliser les équipes pédagogiques sur les territoires, le sous-encadrement chronique et l'incapacité à ouvrir des formations stratégiques pourtant nécessaire en développement local. L'enjeu, il est stratégique, hein.
On ne peut pas appliquer les mêmes règles partout si on veut réduire les inégalités éducative enemè. Il faut une politique différenciée, pluriannuelle, anticipatrice, capable de soutenir à la fois la croissance démographique dans certains territoires et la soutenabilité des établissements dans d'autres. Sur parcours sup.
Quel a été le bilan de la mise en œuvre de parcours sub dans les autres mères ? Pour ce qu'on a pu constater à l'université de Guyan et je pense dans certaines zones universités de notre mer, c'est que parcours sup a constitué un facteur d'aggravation des inégalités territoriales, même si l'objectif initial était d'améliorer la transparence et l'orientation. Depuis la mise en œuvre de parcours sup, on a constaté en effet que les meilleurs bâcheliers quittent davantage le territoire en étant accepté dans des facultés, des IUT, de l'exagone.
Et c'est un phénomène qui était limité avant parcours sup et qui s'est accent accentué et systématisé. Donc pour nous université, ça s'est traduit par une baisse sensible du niveau académique moyen des candidats à l'entrée. Tout simplement parce que le parcours sub fonctionne comme un mécanisme d'aspiration des meilleurs profils vers des établissements plus dotés, plus visibles et plus attractifs du point de vue national.
Donc ce ce distribue selon à fragiliser les universités ultramarines qui accueillent de plus en plus une population étudiante plus socialement et scolairement vulnérable. Concernant la poursuite d'étude supérieur, est-ce qu'elle est différente entre l'hexagone et l'outre mer ? Oui, le rapport donc que que précé de la Cour des comptes sur l'enseignement supérieur dans les Ultres Mè dit que la poursuite d'étude des néobâcheliers de Tramarin est plus faible que la moyenne nationale.
Euh ordre de grandeur 80 % en 2017 euh ça c'est la moyenne nationale contre 75 % en Guadeloupe, 74 en Martinique, 78 à la Réunion et 69 % en Guyan. Est-ce qu'il existe des écarts d'orientation entre l'hexagone et l'autre mer ? Euh en outre mer, les bacheliers euh sont moins souvent inscrits en voie générale et plus souvent en voie technologique et professionnelle.
Euh il y a un poids plus fort des formations courtes professionnalisantes dans les outresemes. Les STS représentent par exemple 22 % des out des étudiants d'outre contre 8 % dans l'hexagone. L'offre est plus concentrée sur l'université.
L'offre d'enseignement supérieur dans les outresem est plus concentrée sur l'université, moins diversifiée. La part des étudiants à l'université est de 64,6 % alors qu'elle est de 27 %. Donc au niveau national, les principaux écarts en terme d'orientation scolaire, ben ils sont liés au profil des Bacheliers.
Les bacheliers, comme je vous l'ai dit, sont souvent euh issus de voies technologiques et professionnelles. Euh en conséquence, l'université accueille un public plus hétérogène académiquement. beaucoup d'étudiants issus de voies technologiques, enfin beaucoup de bâcheliers issus de voies technologiques et professionnelles qui sont pas euh armé pour entreprendre des études supérieures, ce qui donne mieux à l'issue du premier semestre à des taux de réorientation ou d'échecs relativement importants.
Donc les causes ben sont liées au contexte socioéconomique plus contraint. Un grand nombre de bâcheliers sont issus plus de 50 % de famille de retraité ou sans emploi. Euh ça a un effet sur l'entation, les conditions d'étude.
Des difficultés sont plus fortes dans les outres mères, une difficulté sociale, la linguistique et l'offre de formation est moins variée et cela influe mécaniquement sur les choix possibles. Est-ce que l'origine sociale a une importance une influence importante sur l'orientation ? Oui, je je viens de le dire.
Donc dans l'enseignement supérieur ultramarien, on accueille proportionnellement davantage d'étudiants issus de milieux socialement fragiles. L'origine social a pour conséquence une moindre familiarité avec les parcours par postb, une information parfois insuffisante sur les possibilités d'orientation et des contraintes financières limitant la mobilité. les formations euh dans lesquelles euh disponibles dans les territoires ultramarins en Guyan.
Nous avons euh toutes les formations disponible euh science juridique économique, lettre sciences humaines, sciences, technologie, santé, professeur à éducation. Je pense que c'est le cas aux Antill, à la Réunion aussi. Et en Nouvelle-Calédonie, les principales formations manquantes euh formation d'ingénieur, elles sont présentes seulement en Guadeloupe et à la Réunion.
Euh le poids est très faible, 0,5 % de l'offre en Outre mer contre 6,1 % au niveau national. Euh peu de formation euh hors université euh certaines filières écoles d'excellence ne sont pas implantées comme les IEP, les ENS dans les outresem et il existe des besoins exprimés par des acteurs économiques sur des secteurs propres, enfin spécifiques au aux outres. en tout cas l'énergie, la décarbonation, l'économie bleue, l'agroalimentaire avec une offre de formation insuffisamment développée.
Le travail en lien le travail de coordination en lien avec les acteurs économiques et collectivités territoriales est insuffisamment construit. Donc il y a pas de enfin on n pas recensé donc de de d'outils qui permettent d'assurer cette coordination. La Cour des comptes le soulligne également.
Il n'y a pas de stratégie nationale autre mer ainsi qu'une feuille de route qui permettrait de d'élaborer entre les différentes parti monde socio-économique et et enseignement supérieur un un plan de de formation qui répondrait au tant aux attentes des étudiants que aux territoire une nécessité de de cohérence territoriale. Euh au niveau de l'université de Guyane, ce sont des initiatives que nous portons. Euh nous rencontrant régulièrement les les différentes catégories socio-professionnelles.
Lors des avocats, la rencontre avec l'ordre des avocat nous a incité à créer un IJ. Euh la rencontre avec les touses les directions des administrations publiques euh qui ont fait part de leurs besoins de personnel de catégorie B et A incité à créer un IPAG qui ouvrira à la rentrée 2026 et cetera et cetera. Et ce travail pourtant il est nécessaire car il permettrait d'éviter les des angles morts qui obligent à à des mobilités contrainte, donc des formations absentes.
Ça permettrait de bâtir une carte en cohérence avec les besoins économiques et sociaux du territoire et ça permettrait de mieux articuler bien sûr l'offre locale et euh et et les besoins socio-économiques sur les étudiants présents dans les universités. Est-ce qu'ils sont essentiellement des ultramarins ? Oui, car les universités ultramarines sont d'abord des universités de proximité qui accueillent des originaires du territoire qui ont obtenu leur bac localement et qui sont bien sûr issus de sociaux de milieux sociaux plus modestes.
Elles joue un rôle d'ancrage territorial très fort. Alors, il y a un phénomène d'immigration. C'est vrai, la Cour des comptes relève que 40000 étudiants ultramarins étudiants en métropole contre 60900 dans les outres mers.
Donc, il y a une double dynamique, une dynamique d'un flux sortant important et en parallèle du développement d'une offre locale qui répond à à certains besoins. Donc plusieurs facteurs structurels peuvent expliquer cette émigration, l'effet parcours on en a parlé, l'offre incomplète, absence rareté de certaines formations, la faible continuité, licence, master, doctorat et euh la recherche de prestige bien sûr, de mobilité sociale. Une stratégie publique ambivalente aussi parce que l'État et les collectivités soutiennent à la fois le développement de l'offre locale mais la mobilité vers le la métropole.
Donc voilà. Et puis il y a bien sûr il y a il y a des facteurs sociaux. un certain nombre d'étudiants euh défavorisés peuvent se laisser tenter par des choix d'orientation ou des départs extérieurs perçus comme nécessaires pour réussir.
Euh les universités ultramarines ont des relations mitigées avec leurs voisines géographiques. Il n'y a pas vraiment d'échange à proprement dit d'échange d'étudiants. Pourquoi ? parce que il y a énormément de difficultés à obtenir des des visas, des difficultés d'adaptation et d'intégration sur le plan administratif d'étudiants, d'enseignants.
Pour le cas de la Guyane par exemple, pour obtenir un visa, ben il faut pour un brésilien, un étudiant un chercheur brésilien, il doit se déplacer à Brasilia pour obtenir son visa. Le visa est obligatoire pour l'entrée en Guyan mais il n'est pas obligatoire pour l'entrée en France et pour l'entrée aux Antilles. Donc nous menons des projets de recherche avec nos partenaires brésiliens mais souvent à distance et cela fait rarement l'objet d'échange d'étudiants ou d'enseignants.
Euh les freins, ben il ce sont d'ordre administratif juridique, d'attractivité aussi hein. C'est plus facile et plus intéressant pour l'étudiant brésilien d'aller en France, à Paris ou à Lyon ou à Marseille plutôt que de venir en Guyanne parce que malgré l'éloignement la Guyane, ben ce n'est pas si attractif que ça et puis le coût est relativement élevé, le coût de vie en Guyane est beaucoup plus élevé que dans l'hexagone. Il y a pas de pilotage organisé entre les services de l'État et les administrations déconcentrées pour favoriser les partenariats avec les universités de la grande région.
Et enfin pour terminer, oui, il faut imaginer des Erasmus régionaux pour les régions ultra ultrapériphériques pour corriger le le faible taux de mobilité à l'international, pour renforcer l'intégration régionale amazonique, Caribe, océan Indien, Pacifique, pour contribuer aussi à l'attractivité académique. Cela permettrait de renforcer la valorisation géostratégique des autres mères et de soutenir le développement territorial. Je vous remercie.
Je vous remercie pour ces propos liminaires et je vais maintenant laisser la parole à madame la rapporteur. Merci madame la présidente. Merci messieurs pour vos présentations très claires pour lesquels je n'auraai pas beaucoup de questions puisque vous avez répondu en grande partie au questionnaire qui vous a été transmis et aux interrogations qui me sont venues à l'écoute de vos de vos propos.
Euh j'ai juste une première question pour vous, monsieur Albou qui concerne enfin vous avez parlé du manque d'ambition. J'aimerais que vous précisiez euh manque d'ambition pour qui et euh en quel enfin juste que vous puissiez le préciser pour qui, envers qui et dans quel contexte. Euh et j'aurais aimé avoir votre avis sur le dispositif parcours sup.
Euh monsieur Linguet, vous l'avez euh un peu plus développé euh dans vos propos. Euh mais pour vous, monsieur Albou, est-ce que vous considérez que c'est un support adapté ? Euh est-ce que le fait qu'il mette en compétitivité immédiate tous les élèves du pays à la fois ultramarins, hexagonaux et j'ai envie d'aller jusqu'au français de l'étranger, est-ce que pour vous c'est un facteur à réduire des inégalités ou au contraire à les aggraver ?
J'ai regardé pour Mayotte, 76 % des jeunes Maoré formulent un vœu pour quitter leur territoire. Sachant que sur ce territoire précisément 77 % de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté. On sait tous ici autour de cette table combien la vie chère impacte gravement nos territoires et encore plus la question de la mobilité.
Donc, j'aurais aimé avoir votre analyse à ce sujet. Et euh monsieur Linguet, vous êtes assez vous êtes allé dans le détail sur votre avis sur le dispositif parcours sup et vous avez évoqué euh la fuite en fait des meilleurs des meilleurs bâcheliers qui du fait euh de la de la plateforme euh justement leur permettre d'accéder à des formations en tout cas d'être accepté dans des formations dans l'hexagone. Euh j'ai regardé les chiffres pour la Guyane. 28 % des candidats quittent la Guyane.
Euh 28 % de ceux qui ont obtenu la mention assez bien ou pas du tout de mention quittent le territoire et 46 % de ceux qui ont obtenu la mention bien et très bien quittent la Guyane. Donc si on cumule les deux effectivement ça fait un fort pourcentage de jeunes qui partent. Euh cette mobilité, elle coûte est-ce que euh selon est-ce que le facteur financier intervient dans cette ce choix de la mobilité ?
Parce qu'on le voit bien, il y a il y a une sélection qui se fait bien sûr, mais est-ce que cette sélection, elle se fait également par le biais financier, c'est-à-dire est-ce que ce sont seulement les familles qui peuvent y prétendre qu'ils vont ou est-ce qu'il y a des aides à la mobilité qui existent sur le territoire ? Il y a la dome bien entendu, mais on sait qu'elle est insuffisante. Est-ce qu'il y a d'autres aides qui viennent permettre à ces jeunes capables d'accéder à ces formations qu'ils veulent ?
Et euh et après, il y a encore la question du retour au pays, mais là, on est encore sur un autre sujet. Moi, je voulais juste avoir déjà votre avis là-dessus et je vous remercie d'avoir insisté sur la nécessité de renforcer la mobilité régionale parce que quand on vous écoute, on a vraiment l'impression que la Guyane est connectée un peu plus à l'hexagone et pas assez à ses partenaires régionaux. Alors que c'est là aussi qu'on peut créer de la richesse pour faire pour aller vers un développement mieux intégré d'un territoire.
Merci monsieur, je vous laisse répondre à cette série de questions et après nous passerons aux questions des commissaires. Merci. Oui, j'avais prévu de de répondre plus en détail effectivement aux questions 3 4 et cetera, y compris sur les langues régionales et y compris sur l'orientation, madame la rapporteur.
Donc ne vous inquiétez pas. Euh mon avis sur Parcours sup, euh moi je je rejoins ce que ce qu'a dit notre collègue président sur le fait que je pense que sur ces territoires, en tout cas sur Mayotte que je connais bien euh et ça fait partie entre guillemets du rattrapage, il faut développer des offres de qualité d'enseignement supérieur pour que nos jeunes ne soient pas obligés euh de quitter le territoire pour aller suivre justement ces formations de qualité. Euh je pense pas qu'on aura des ENS euh des écoles polytechniques euh dans euh euh dans tous les départements.
Je suis d'ailleurs pas sûr que ce soit souhaitable, mais euh si je peux formuler un regret parce que ceux qui me connaissent ici savent que je j'ai beaucoup poussé, c'est par exemple que l'université que nous étions en train de créer n'est pas euh voulu, on peut le dire comme ça, euh ouvrir des sections d'IUT. Euh donc maintenant débute à l'époque euh des DUT euh sont des très très belles formation postback euh qui d'ailleurs permettent des poursuites d'études parfois au niveau ingénieur ou dans des grandes écoles. On avait une fenêtre on l'a pas prise.
On a fait d'autres choses. On a ouvert des classes préparatoires aux grandes écoles. On a développé la formation universitaire.
On a y compris des lces. Donc des licences d'accès aux études de santé avec des des résultats en ce sens. Mais je pense comme notre collègue que il faut qu'on développe évidemment les les formations d'enseignement supérieur sur ces territoires, qu'on les développe aussi en phase avec le milieu économique et les besoins du territoire.
C'est ce que j'ai dit et c'est là où on doit avoir une approche systémique. Et vous avez raison, il faut aussi qu'on travaille avec euh les pays, avec les les territoires voisins. Alors ce que ce qu'a fait parfaitement l'université de Mayotte qui a qui a lié un certain nombre de de partenariats avec les universités alentour.
Euh ça crée aussi de de la mobilité, ça attire aussi un certain nombre d'étudiants. On est on peut quand même le dire à Mayotte dans un bassin où Mayotte est pauvre par rapport au reste du territoire français. elle est plutôt euh on va dire un phare dans dans un ensemble qui est quand même compliqué si on pense à au voisins comourien, aux voisins du Mozambique, au voisin Bon euh pourquoi le manque d'ambition vous me demandiez alors d'abord parcours sup.
Alors là pour le coup, j'ai pas la même la même lecture. Je ne suis et même philosophiquement pas favorable à ce que on maintienne, entre guillemets, de force les meilleurs étudiants sur un territoire. Si la formation n'existe pas, il faut la créer.
Mais si un étudiant veut euh justement suivre une formation à l'extérieur, on doit l'aider. Et je pense que justement euh moi je me réjouis que parcours sup et donner de l'ambition à ces jeunes qui n'en avaient pas parce que il ne connaissait pas, il n'avait pas connaissance de ces possibilités qui qui s'ouvraient à eux. Et moi, je me réjouis vraiment d'avoir des mes jeunes Maoré qui ont fait toute leur scolarité à Mayotte et qui aujourd'hui suivent des études dans les meilleures écoles de France.
Il se trouve que pour beaucoup elles sont dans l'hexagone mais je m'en réjouis. Et donc ça ça fait partie de l'ambition. Je j'ai essayé de retrouver quelques chiffres et évidemment je pourrais vous les donner.
Vous me demandiez le manque d'ambition. Donc évidemment j'ai les chiffres de la période les derniers chiffres de la période dans laquelle j'ai été. Je le ministère vous donnera les les chiffres les plus récents.
Euh en terminant la Mayotte, 52 % des élèves allaient euh vers les formations de type BTS. Alors pourquoi ? Parce que ce sont des formations que nous ouvrions justement sur place.
Euh à titre de comparaison sur le territoire national le chiffre c'est 10 à peu près, c'était à l'époque 19 %. Donc, il y a une surpreésentation d'étud d'étudiants dans ces filières qui sont des filières courtes, de techniciens supérieurs, mais de de plus courtes. Et réciproquement, si je regarde sur le territoire les chiffres nationaux, on a à peu près on 10 % d'élèves qui intègrent directement des écoles de commerce ou ou d'art et à peu près aussi 10 % d'élèves qui intègrent des BUT maintenant.
Et euh là pour le coup, c'est moitié moins d'élèves Maoré 5 % qui intégré des BUT forcément en dehors de Mayotte et euh à peu près 3 % qui intégré euh des directement des écoles de TP INSA. Ces écoles n'existant pas. Évidemment, ils sont allés les chercher ailleurs, mais moi je me réjouis qu'ils soi ils soit allés les chercher ailleurs.
Maintenant, on a on avait à l'époque regardé la dynamique avec une dynamique qui qui était plutôt, on va dire alors de notre point de vue hein et vous pourrez le contester favorable avec de plus en plus d'élèves justement qui allaient vers ces écoles, vers ces ces BUT et donc à accéder à à ces sélections à à ces formations et ces formations sélectives. Ce qui veut dire aussi que le niveau de compéten jeunes Mauré été reconnu aussi par ces grandes écoles parce que rien ne leur imposé de de nous les prendre. Et en parallèle ce que l'on voit aussi c'est une une évolution plutôt croissante aussi d'orientation vers les licences mais là aussi parce que nous avons développé l'offre de licence sur Mayotte.
Alors euh je vais pas développé mais au-delà évidemment euh des formations des enseignants euh il y avait à l'époque je pense que euh ça n'a pas beaucoup bougé des formations en droit, des formations en lettres, euh des formations euh en sciences et comme je dis, il manque certainement le volet technique et derrière il manquera aussi le volet ingénierie. Oui. Ah, monsieur Linguer l'a pas répondu.
Monsieur Linguer ? Oui. Oui.
Vous avez la parole, monsieur Linguer pour répondre aux questions. Merci. Est-ce qu'il existe ?
Et bien merci. S'il existe un dispositif complémentaire de financement des étudiants qui souhaitent quitter le territoire le territoire. Oui.
La collectivité territoriale de Guyan finance des aides à la mobilité. En 2024-2025, elle a consacré un budget de 4002 pour pour 3300 demandes d'aide. Donc alors dans ces demandes, il y a des demandes faites par des étudiants qui qui suivent leur scolarité à l'université de Guyane, mais en grande majorité ces demandes sont faites par des étudiants qui poursuivent leurs études dans l'exagone.
Et puis bien sûr, il y a il y a les bourses du CRU naturellement pour les étudiants. eté et j'ajoute évidemment que la collectivité de Mayotte aide aussi et aidé à l'époque aussi à la mobilité en plus de de la DOME. Rapporteur d'autres questions ?
Pas d'autres questions. Merci monsieurs les commissaires. Oui, bien sûr, ils ont Alors, qui veut commencer ?
Allez ministre personne n'a levé le doigt donc si si donc on va commencer par on va commencer par monsieur au marilier si tu veux si vous voulez bien. Voilà on va on va prendre par le bout de la table et on va revenir. Merci.
Euh merci madame la présidente, chers collègues. Euh monsieur Albau, c'est vrai que vous avez travaillé longtemps à Mayotte, mais on a parlé des sujets bien sûr qui ne fâchent pas, mais les vrais sujets sur Mayotte sont autres. Si vous voulez, c'est vrai que nous avons la pauvreté mais il y a beaucoup d'enfants qui vont pas à l'école à Mayotte.
Les statistiques sont là. Et certains qui peuvent aller à l'école, malheureusement arrivé en terminal, il ne peuvent pas partir parce qu'ils n'ont pas de papier et ils restent en Mayotte. Et évidemment, ça nous pose des problèmes parce que ce sont des enfants nés à Mayotte qui ont fait toute leur scolarité à Mayotte et qui peuvent pas partir.
Euh la problématique de Mayotte, c'est vrai que on est confronté plutôt depuis des années par manque de salle de classe d'enseignants. Maillet affiche aujourd'hui les pires résultats scolaires de France. l'enseignement est souvent mal adapté euh et que les élèves, beaucoup d'élèves justement euh ont comme seconde langue là le français.
C'est c'est un vrai c'est un vrai sujet. Donc nous avons bien sûr et c'est la CRC qui le dit, on a tous lu le rapport de la Chambre rénale des comptes qui souligne le manque de place dans les écoles primaires, l'absence de cantine et de l'activité périscolaire. aussi des pratiques discriminatoires au moment de l'inscription des enfants à l'école.
Ça, il faut le reconnaître que alors que le 7 août 1990, la notre pays la France a ratifié la convention internationale de droits de l'enfant. Or à Mayotte ce beaucoup d'enfants et on peut aujourd'hui les quantifier plus de 10000 enfants, soit 9 % voir 10 % de ces enfants ne sont pas scolarisés à Mayotte. Donc évidemment le problème de scolarité à Mayot, ce qu'on appelle la chance, comment on appelle ça ?
Euh la chance qu'il nous a donné à ses enfants ici à Métropole n'est pas la même Beaucoup d'enfants vont à l'école, il se lèvent à 3h du matin parce qu'il doit parcourir des kilomètres et des kilomètres sans manger et quand ils arrivent à l'école il y a pas de cantine. Donc s'il y a une égalité de chance, l'égalité de chance à Mayotte, c'est son des moindres. Donc évidemment, on dit que souvent c'est l'immigration clandestine qui fait qu'il y a pas de salle de classe et qu'il y a des rotations scolaires.
Moi, je suis issu des rotations scolaires avec mon âge très avancé. Il n'y avait pas d'immigration à l'époque et j'ai j'étais je suis issu moi je je sais pas comment j'ai fait pour être là pour être à l'école pour avoir réussi mais j'allais à l'école le matin jusqu'à midi et une salle de classe venait et ça fait des années et c'est le même système et ça s'empire de plus en plus. Aujourd'hui on a besoin de combien ? 1200 classes pour pouvoir scolariser nos gamins et des classes où il y a pas de cantine, où il y a pas le périscolaire n'existe pas.
Et on a inventé à Mayot ce qu'on appelle les classes itinérantes. Les classes itinérante c'està-dire consiste à disposer de cours dans les locaux en dehors de l'enceinte scolaire pour une prise en charge théorique de seulement 10h par semaine. C'està-dire ce sont les enfants de l'école euh maternelle.
à chaque fois quand on a des enfants parce que l'inscription ils sont tellement nombreux et ben on essaie de d'inventer de mettre en place des systèmes pour queon puisse au moins les occuper si on va plus loin l'échec scolaire à Mayotte et et pharaon moi-même j'étais enseignant j'ai enseigné et l'échec scolaire est incroyable parce que des enfants de terminale maîtrisent à peine à écrire le français à le lire. Ce qui fait que beaucoup de nos enfants quand ils viennent ici et ben ils ont des difficultés incroyables au niveau scolaire. Il y a des échecs incroyables de de Maoré quand ils viennent ici et euh évidemment on voit l'île aujourd'hui on n'a pas Qu'est-ce qu'on nous reproche à chaque fois à Mayotte ?
Il y a pas d'ingénierie pour les projets, il y a personne. Il faut faire venir les gens de l'extérieur pour venir. Si vous voulez euh moi je suis très peiné de mon île de voir que plus le temps passe, plus on s'enfonce parce que beaucoup d'enfants, soit on leur donne de l'espoir parce que ils vont à l'école jusqu'en terminal, ils ont leur bac et on leur dit c'est terminé, vous restez à Mayotte, vous pouvez pas partir.
Soit ils peuvent pas être scolarisés parce que ils ont pas non plus les papiers. Et qu'est-ce que quand on on sème le vent, on recolte la tempête et on voit la violence à Mayotte aujourd'hui des enfants que eux ils ont essayé de faire le nécessaire de réussir. Excusez-moi parce que c'est le cœur qui parle et malheureusement au bout d'un moment ils ont leur bac avec mention.
On leur dit "Écoutez, on vous s'occupe plus de vous, vous restez à Mayotte." Voilà la réalité. Voulez que je réponde madame la présidente ?
Juste une petite réponse d'abord pour partager le le ce que viennent de dire Said Marouelli, monsieur le sénateur sur la question justement de la territorialisation des des titres de séjour et ce qui empêche un certain nombre d'élèves qui justement pourraient poursuivre leurs études sur l'hexagone ou à la Réunion et qui sont pêchés, vous le savez beaucoup travaillé pour faire avancer ce ce sujet he qui est un sujet éminemment politique que je ne vais pas commenter ici mais vous savez que le recteur a toujours été un très allant sur ce sujet et tous les services du rectorat aussi pour faciliter euh cette poursuite d'étude. Donc c'est un point euh c'est le sénateur qu'on partage complètement sur le bâtisolaire. Euh je savais bien qu'on allait y revenir, donc j'avais gardé évidemment ce point.
Euh donc je pense que les sénateurs et sénatrices ici connaissent la spécificité de de Mayotte. Quand je disais que au niveau des institutions, on on était pas complètement phasé avec le reste du territoire français, c'est que le la décentralisation n'est pas allée au bout euh ou en tout cas n'a pas été mise en place sur les constructions scolaires du second degré. Et j'ai envie de dire et j'assumerai de le dire tant mieux car euh dans les élèves aujourd'hui don enfin les jeunes aujourd'hui dont vous parlez qui sont hors les murs, on ne parle pas de la tranche d'âge qui peut aller en collège puisque euh j'invite d'ailleurs les uns et les autres à aller voir les collèges.
Ils sont pas tous magnifiques hein mais euh nous construisons et l'État construit plutôt bien et d'ailleurs parfois doit se battre euh allez je veux pas dire contre mais en face des collectivités pour construire plus et plus vite et disposer de terrain. a été un combat amical euh mais que sur lequel nous avons de temps en temps eu quelques échanges avec les uns et les autres pour trouver des terrains et construire rapidement euh des collèges pour justement désengorger ces collèges. Monsieur le le sénateur, vous en savez quelque chose, notamment sur un certain nombre de projets sur petit terme et il y a eu d'autres projets sur Mamutou.
Donc l'État a été très très volontaire et vraiment je vous invite à aller voir les dernières constructions. Vous pouvez aller voir le collège de Boeni qui est le dernier je crois qui est sorti de terre ou le lycée euh de Longonie qui se construit sont plutôt des bâtiments de grande qualité euh de taille moyenne pour les derniers qui se font. Et l'enjeu aujourd'hui, c'est justement d'aller plus vite.
Et pour aller plus vite, euh c'est euh de travailler comme on a on l'a bien fait infiner avec l'ensemble des collectivités et en même temps que nous faisons que nous menons l'ensemble de ces constructions collège et lycée et euh le sénateur Omar Wali appelé, euh l'État construit des cuisines centrales, des cantines, des équipements sportifs et des internats. Et donc ça, on le fait partout. Vous pouvez aller voir sur Kawini parce que je suis encore ce qui s'y passe.
Et là aussi sont des des des belles réussites. Le problème et le problème que vous évoquez c'est le premier degré. Vous avez raison, c'est un un vrai crève cœur pour le recteur et je pense pour tout le monde.
Les constructions n'avancent pas assez vite sur le premier degré. Euh on apportait un certain nombre de de projets notamment de partenariat avec les communes et d'appui euh à l'ingénierie pour ces communes pour que les constructions aillent plus vite. Euh h je dois dire que ici et là on a eu des réticences. certainement pas sur la petite terre euh monsieur le sénateur, mais euh dans d'autres endroits pour euh accélérer euh les constructions et vous le savez bien.
Et donc dans les 10000 élèves dans les 10000 élèves qui aujourd'hui euh euh justement devraient être dans les écoles qui ne sont pas, madame la présidente, je je j'apporte des précisions. essentiellement des élèves qui devraient être en maternel puisque la loi pour l'école de la confiance de du ministre Jean-Michel Blanquer impose maintenant cette scolarisation et d'ailleurs à Mayotte heureusement parce qu'il y a pas de système alternatif de garde dans les crèches donc c'est en tout cas c'est très peu développé et donc euh l'essentiel de ces 10000 élèves hein non scolarisés aujourd'hui ce sont des élèves on va dire en dessous de 6 ans avec aussi quelques nouveaux arrivants qui euh de tout de temps en temps aussi tarde à trouver une place parce que vous le savez dans le le le processus d'arrivée à Mayotte, il faut aussi qu'on on détecte à la fois leur âge et leur niveau avant de les mettre dans une classe qui pourrait être adaptée à leur niveau. Mais l'essentiel, ce sont des élèves de maternel et vous avez raison de le rappeler, des élèves qui ne vont pas à l'école en maternel, ce sont des élèves qui après vont être handicapés sur leur poursuite d'études, leur poursuite de scolarité et croyez bien que ce sera j'imagine un un point sur que regardera très attentivement que regarderont très attentivement les prochains recteurs pour être sûr que ce que nous avons mis en place dans l'accompagnement des collectivités soit effectif et que les constructions puissent enfin sortir de terre.
Donc nous allons, monsieur le ministre, rester à Mayotte quand même. Voilà. Oui, mais même si les les le le le développement de monsieur le recteur ont été exhaustifs, il y a quand même des choses à dire.
Vous rappelez qu'à Mayotte, nous venons de loin. Euh je rappelle que l'école n'est obligatoire que depuis 1992 à Mayotte. Effectivement, nous sommes des enfants euh du système de rotation.
Nous sommes même des enfants euh du concours pour accéder au collège. C'était la façon euh de sélectionner euh les les élèves. Euh nous passions un concours, pas un examen, un concours, il fallait avoir plus que la moyenne pour pour passer.
Donc nous nous venons nous venons de loin. Il y a des choses qui se font mais c'est ces ces réalisations ne sont pas visibles ou sont insuffisamment visibles parce que il y a des choses qui vont plus vite que ces réalisations. Et à commencer par l'évolution institutionnelle.
Nous avons connu des des des choses qui ont mis des des décennies des siècles ailleurs en quelques en quelques années. Je rappelle la décentralisation euh la décentralisation c'était au moment où euh mon collègue sénateur était président du conseil général 2004 2005 c'est tout récent. Avant ça, c'était le préfet qui était l'exécutif de toutes les de toutes les collectivités de Mayotte.
Je rappelle la départementalisation, la fiscalité et et est et en cours. Et puis moi je suis désolé là là j'aurais une lecture différente de mon collègue. On ne peut pas nier l'impact de l'immigration qui vient tout percuter à tel enseigne que la plupart des maes si ce n'est pas tous les maires demandent qu'on arrête qu'on freine les constructions scolaires parce que ça fait un appel d'air.
Chaque rentrée, vous avez ce qu'on appelle les coissa scolaires, c'est-à-dire des milliers de gamins en plus de ceux qui avaient été prévus dans le programme dans les programmes de de scolarisation. Donc évidemment que l'immigration impacte plus que brutalement toutes toutes ces ces choses-là. Donc je voulais quand même rappeler cet élément de contexte et et notre commission d'enquête est là pour non obstant tous ces éléments voir comment on on sort de ces de ces impasses, on sort de ces de de ces cercles vicieux.
Et euh monsieur le directeur, vous avez je vais revenir sur deux points. Vous avez parlé des langues euh régionales euh et ici je m'adresse à au seul haut fonctionnaires que je connais qui parlait Shimaoré euh qui qui faisait l'effort en tout cas de parler Shimaoré et et ça c'est un signe de respect. J'ai eu l'occasion de de le de le dire et de le rappeler.
Euh les les langues régionales sont une richesse. Euh et ce qui se passe avec ce qui se passe à Mayotte euh elles sont devenues une faiblesse. Donc qu'est-ce qu'il faudrait euh faire pour passer de cette faiblesse à la richesse naturelle de nos langues régionales ?
Il n'y a pas longtemps, je m'étais rendu au Kenya où au bout de quelques heures, j'ai changé avec les homologue mes homologues kéniens en Swili. Le Shimaoré est dérivé proche du Swili. Euh pareil pour Madagascar.
Euh donc le le la question n'est-elle pas un besoin de structuration de ces langues régionales comme euh on le fait ici pour que cette richesse puisse euh être perçue tel que tel qu'elle et non pas comme une faiblesse ? Ça c'était ma première question. Et la deuxième euh justement par rapport à la mise en place de tout tous ces chantier parce que plus que ailleurs à Mayotte, il faut faut parler de chantier et et euh euh il y a un tel turnover, je vais parler en francophonie, il y a un tel turnover des fonctionnaires euh dans nos îles à Mayotte en particulier.
Alors, il y en a, on a tellement hâte qu'il s'en ailleent, ils ne partent pas suffisamment tôt et il y en a euh comme monsieur comme monsieur Albou euh on a l'impression que c'est passé trop vite et est-ce que ce n'est pas un problème euh dans la mesure où les personnes je je ne dirai pas un nom, même pas des initiales, [rires] je pas j'ai pas prêté ça. Euh non non, je redevenons redevenons sérieux. Est-ce que ce n'est pas un problème majeur dans la mesure où des actions euh structurelles des Moi, j'ai quand j'ai discuté avec monsieur Albou, je parlais de fondation qui étaient en train d'être mises, des racines qui étaient en train d'être plantées, est-ce que ce n'est pas et je ne veux pas que ma question vous vous gêne.
Est-ce que ce n'est pas paradoxal quand on voit que des femmes et des hommes sont en train de de faire les choses comme il le faut, comme il le faudrait ? Et bien, on apprend quasiment le lendemain qu'ils doivent qu'ils doivent partir. Est-ce que ça c'est une question que je pose dans le cadre de nos conclusions, de la conclusion de madame la rapporteur, il n'y a pas quelque chose à faire là-dessus. vous parliez de d'adaptation, vous parliez de différenciation.
Euh est-ce que euh voilà cette règle qui est plus ou moins euh plus ou moins respecté mais au bout de 2 ans ou avant, on voit déjà les fonctionnaires qui partent alors qu'ils ont à peine commencé à mettre en place des choses. Voilà. Merci.
Oui, monsieur Albau. Allez, madame la présidente. D'abord euh merci hein, je rougis euh mais euh euh je je voulais quand même témoigner que comme recteur, j'ai eu d'abord la chance euh comme je l'ai dit, d'avoir en face de moi des des élus de tout bord avec lesquels c'était très agréable de travailler et de de signaler aussi que au-delà du recteur, c'est toutes les les équipes que j'ai pu voir qui étaient fortement engagé, vous le savez les uns et les autres avec des des chefs d'établissement vraiment fantastique, des enseignants fantastiques, des inspecteurs fantastiques et c'est aussi ça qui fait quand même la force de l'éducation nationale et qui fait aussi que ce territoire souvent tient.
Juste quelques précisions et qui je vais partir par la fin sur la la question justement de la stabilité. On a parlé du sous-investissement euh ou plutôt de de rattraper un retard. On vient de le dire aujourd'hui, si on a un retard, c'est parce que il y a eu un un retard institutionnel, je le disais hein, départementalisation tardive et structure de l'éducation nationale obligatoire tardif.
Donc on on court après ce retard et je n'oublie pas quand même la question des migration qui euh quand même euh est à prendre en compte. Hm. Qui dit rattrapage avec ses retards institutionnels, hein.
Quand on parle de Il y avait combien de classes en collège dans les années 70, peut-être de y avoir 50 élèves par voilà au collège, hein. Voilà. Donc maintenant, on est sur des on est sur des des milliers d'élèves qui sont donc si on compte rien que rien qu'un niveau de classe.
Évidemment, passer de de de quelques dizaines à quelques milliers, ça nécessite une structuration, on a dit des bâtiments, mais aussi effectivement des recrutements. Et quand je dis qu' il faut avoir pour ces territoires aussi une vision systémique, je mets trois alertes. La première c'est que on ne peut pas partir du principe que à Mayotte tous ceux qui vont y renseigner viennent de l'extérieur.
Ça a été dit et c'est pour ça aussi qu'il faut miser sur la jeunesse, miser sur les les habitants du territoire, les former, faire de la formation initiale, faire la formation continue. C'est ce a été la la priorité initiale et c'est ce qu'il faut continuer. La jeunesse aujourd'hui, c'est la force du territoire pour demain et c'est elle qu'il faut former justement pour pour devenir enseignant.
La former. Deuxièmement, pourquoi aussi on peut pas toujours dire il nous faut des moyens supplémentaires et finalement attirer des extérieurs ? parce que évidemment à chaque fois vous faites venir des fonctionnaires, il faut euh il faut les loger.
Euh quand je suis parti, nous avons obtenu 350 créations de poste de fonctionnaires. Vous imaginez pour ce territoire 350 euh créations de poste de fonctionnaires. L'année d'avant, c'était à peu près la même chose.
À chaque fois que nous recrutons les fonctionnaires, il faut les loger sur un territoire très dansément ce peuplier. et on le disait, la question de l'immobilier, c'est une grosse question. Donc euh tout ceci s'anticipe et tout ceci doit se penser de manière systémique à nouveau.
D'où aussi l'impératif de de travailler avec les les forces locales. Et la le troisème point au-delà justement de de ces questions de stabilité qui évoquait le le sénateur Tan, c'est là aussi pour dire qu'il faut faire système, c'est que oui, l'éducation nationale a beaucoup recruté, tant mieux, peut-être pas assez pour rattraper les retards, mais aujourd'hui on est sur des taux d'encadrement, on va dire, qui ont à peu près convergé et rattrapé les les taux d'encadrement métropolitain sur le premier degré, c'est vrai. Et évidemment, puisque tout le territoire est en éducation prioritaire, donc nous avons des taux d'encadrements tout à fait similaires à ce qu'on peut voir dans l'hexagone et en France.
Sur le second degré, on a un peu plus à rattraper, on l'a on a expliqué pourquoi, mais avec un nombre d'élèves par classe qui est, on va dire, assez comparable. on a des euh peut-être deux élèves par classe en moyenne de plus que sur le reste du territoire français en moyenne. Une fois qu'on a dit ça, euh moi je je je dis aussi que je mets un point d'alerte.
Si on veut que le territoire se développe, tous les jeunes talents ne peuvent pas devenir des enseignants. Et c'est aussi quelque chose qu'on nous a reproché. Je je le dis he je partage mon expérience.
Euh le monde économique aujourd'hui euh en tout cas quand je suis parti me disait euh nous on ne peut pas embaucher euh un jeune qualifié parce que vous nous le prenez tout le temps. Vous nous le prenez tout de suite. Un jeune qui euh un niveau d'étude élevé et bien vu les conditions de rémunération, vu la stabilité de l'emploi, il préférera être enseignant.
Je dis pas tout le temps, mais euh dans donc dans un territoire qui a besoin de se développer, on doit réfléchir aussi globalement et on a besoin aussi de de vieillir à ça. C'est pas évidemment alors l'éducation nationale va toujours vouloir recruter les meilleurs et c'est ce qu'elle fait. Mais il faut aussi penser euh économie globale sur le territoire et penser aussi que on va avoir besoin d'autres d'autres compétences ailleurs.
Je le dis sur les questions indemnitaires, sur les questions de salaire, euh sur les questions justement de de de prime et d'attractivité et qu'il faut pas non plus handicaper le développement économique du territoire sur euh et ça ça joue aussi sur le Tonover et ça ça contribue aussi à garder une forme de stabilité sur le territoire. sur les langues régionales. Vous avez raison.
Euh alors d'abord euh euh j'ai malheureusement un peu oublié mon mon schimoré. Deuxièmement, le recteur comme tout haut fonctionnair s'exprime en français, hein. Évidemment, je je préfère le dire dans cette enceinte, mais pourquoi c'est important ?
Je pense d'abord pour un fonctionnaire qui soit au fonctionnaire ou ou fonctionnaire dans un dans dans un établissement d'apprendre la langue d'abord parce qu'à travers la langue on apprend les cultures et surtout quand on est enseignant à apprendre la langue c'est aussi apprendre les difficultés de ceux qui doivent apprendre notre langue qui est la langue de la République. Le le schima en l'occurrence et une langue d'origine bantou avec un système de classe nominale. Donc on va dire donc on n pas le masculin et le féminin.
On a alors je me souviens plus si on a six ou sep classes nominal mais donc chacune se conjuguant ou se s'accord avec des accords ou des qui se font par le début et donc la racine est plutôt à la fin. Donc si une fois qu'on a compris ce mécanisme, parfois d'ailleurs ceux qui parlent Chimoré, on parle sans en avoir appris la grammaire, mais c'est très important pour nos enseignants de pouvoir faire justement des liens entre la manière d'accorder, la manière de conjuguer dans la langue vernaculaire et de pouvoir ensuite faire des liens avec justement la manière de conjuguer et d'accord accordé dans la langue de la République. Euh ça c'est le premier point et d'ailleurs c'est ce qui est fait euh à l'université de Mayotte dans la formation des enseignants et c'est ce qu'on a fait d'ailleurs en lien avec l'université de la Réunion euh pour justement sensibiliser nos enseignants, nos futurs enseignants.
Deuxème point, je pourrais dire le premier dans l'ordre chronologique et et c'est là-dessus aussi qu'on a travaillé sur les langues régionales, c'est dans les petites classes. Nous avons quand même développé les maternels, hein. Je disais qu'on en a pas assez que dans les 10000 élèves qui ne sont pas scolarisés, la plupart sont en maternel.
On a quand même alors en petite section quand je suis parti que la moitié d'une classe d'âge qui était scolarisée en petite section et puis petit à petit on arrivait à 100 % de vous 95 % de d'élèves qui étaient scolarisés euh à en CP, 90 % en grande section. Et donc pour ces petites classes, important de d'avoir un accueil dans la langue maternelle et donc là aussi de travailler avec les autres, de travailler avec les professeurs des écoles pour avoir un accueil bienveillant pour que l'école elle soit aussi en continuité avec ce qu'on vit en famille et qu'il n'y ait pas un un choc et euh aussi euh pour pour des élèves et pour des familles justement à ce à ce petit âge euh quelque chose qui qui puisse rebuter et faire Euh euh donc on doit mettre le jeûne en confiance. Et puis le 3è étage euh donc le deuxième j'en ai parlé, c'est de de faire des liens entre les deux langues.
Et le troisème étage, c'est aussi de de ne pas faire avec le langues de Mayotte ce qu'on a pu faire et et notre collègue pourra peut-être en dire des mots avec d'autres langues sur d'autres territoires, c'est-à-dire de les oublier et qu'elles deviennent à la fin des langues mortes. Donc c'est le travail que nous avons entamé avec le conseil départemental. Euh donc il y avait tout un travail de formalisation, tout un travail euh euh aussi euh d'accompagnement avec un tissu associatif euh euh qu'on a essayé de de développer pour que euh cette langue euh ou en tout cas ces deux langues puisque deux langues euh au moins deux je Shimor et Kibouhi reconn sur Mayotte pour qu'elle se elle se formalise se structure et peut-être et c'était notre volonté que demain on ait des enseignements en langue régionale. dans ces langueslà, qu'on puisse les prendre en option comme on le fait dans d'autres territoires.
Euh l'écueil dans lequel il faut pas tomber, c'est faire de ces langues finalement une langue de défiance vis-à-vis de la République comme on peut le voir ailleurs. Euh les je pense que les Maoré sont très attachés à la République et à être français. Donc ça ça ne les guettete pas.
Mais justement pour qu'on on ne tombe pas dans ces travers et qu'on voit parfois dans des territoires ou dans des minorités sur des territoires, c'est justement euh que ces langues-là elles soient bien reconnu et bien reconnu dès le départ pour ce qu'elles sont, des langues vivantes, riches qui apprennent beaucoup sur la culture et ben j'espère que ça aussi ça continuera. Remerci monsieur Grovallet, je crois que vous aviez une question. Merci.
Euh j'avoue ma perplexité euh et nous évoquions ce ce matin après avoir auditionné la la défenseur des droits que certains territoires français pouvaient s'apparenter à ce que les uns ou les autres nous ont pu connaître ailleurs dans le monde dans le cadre de de politique de coopération. J'ai le souvenir moi-même d'être allé au Bénin et d'avoir un jour interrogé un proviseur à qui je demanderais quel serait le quel serait pour lui le soutien le plus important. Il me disait un repas par jour pour les enfants leur permettrait de venir à l'école.
Et en entendant parfois nos collègues de Mayotte, j'ai j'ai le sentiment que on en est pas très loin. Mais en vous écoutant et et c'est votre rôle et votre devoir même évidemment, c'est de de veiller au principe d'égalité. Alors, revenons sur un point particulier qui semble poser question.
Le défenseur des droits Mayotte nous évaluait ce matin 12000 enfants dont scolarisé un besoin de 800 classes. Bon, les chiffres doivent être mais ils sont suffisamment parlants. et et la loi et vous dans le cadre de vos fonctions de recteur vous obligez aux mêmes règles pour tous les enfants quel que soit leur statut pour peu qu'il résident sur le territoire français et leur statut de d'immigration li l'immigration fut-elle irrégulière euh vous donne les mêmes obligations et vous en avez parlé assez peu et notre collègue évoquait évidemment le poids accroissant de cette immigration qu'il faut évidemment prendre en compte.
Mais comment comme recteur vous avez veillé à cette égalité qui est de droit dans notre République ? C'est très facile pour le recteur comme pour les enseignants. Il n'y a que des enfants.
Voilà. Il n'y a pas d' de de nationalité, il n'y a que des enfants et ils ont tous les mêmes droits. Donc nous n'avons jamais regardé.
Euh après, évidemment, c'est il revient au maire de euh de de recenser euh les élèves sur leur territoire, mais nous n'avons jamais fait de distinction euh entre un enfant et un autre enfant en fonction de l'origine de ses parents. Voilà. Est-ce que Est-ce que l'on a des chiffres plus précis ?
Je précise ma question. Sur ces 10000 ou 12000 enfants non scolarisés et Stéphane Essel a écrit un petit ouvrage qui disait "indignez-vous". C'est c'est ce qui peut pourrait nous animer quand on entend des chiffres de cette nature de la part des enfants qui viendraient de l'immigration ou pas et qu'est-ce qui explique qu'il soit qu'il ne soit pas scolarisé au-delà des problèmes bâtimentaires ?
Je je vous le redis, le principal problème, c'est un problème bâtimentaire sur le second degré où nous avons complètement où nous avions complètement à la main. La le le le seul traitement particulier et d'ailleurs qui est le même sur le reste du territoire national, c'est le traitement par les casnaves pour les élèves nouveaux entrants à l'ophone et donc qui passaient toujours par nos services le temps qu'on évalue leur niveau, l'âge théorique de scolarisation et qui était ensuite réinjecté dans le système. Donc il y a pas eu de entre guillemets de de de tri puisque certains le disent sur ces élèves en âge d'être scolarisés dans le second degré.
Pour le premier degré, je ne peux pas répondre sur ce que font tel ou tel maire dans leur travail de recensement puisque c'est eux qui justement recensent les élèves pouvant être scolarisés. Ce qui d'ailleurs nous pose des problèmes comme je l'ai dit sur les les âges d'entrée en maternelle où quand on met en face les chiffres de la natalité et le nombre d'élèves que nous avons en petite section, on voit qu'on en perd la moitié. Donc si euh ça veut dire qu'il y a effectivement euh alors à l'époque ça a certainement bougé une moitié d'élèves qui n'était pas scolarisé en en petite section.
Je dis de mémoire mais je peux vous retrouver les chiffres. Certainement aux alentours de 25 % qui n'étaient pas scolarisés en moyenne section et le chiffre descendait très vite à partir de la grande section devait être seulement à 10 %. et ensuite les élèves assez rapidement intégrer le système éducatif.
Voilà. Après, sur les nouveaux entrant, le temps qu'il soit recensé, ce temps-là peut durer quelques mois. Euh quand ils sont en âge d'être dans le collège, ils étaient pris en charge par nos services.
Voilà. Donc euh et effectivement euh le le choix alors si tentez que ce soit un choix qu'on que nous avons fait, c'est euh de mettre le paquet sur la scolarisation à partir du CP voire de la grande section. Euh et donc là euh de de d'ouvrir un maximum euh de classe, vous allez le dire, au détriment des petites sections et euh des moyennes sections.
Voilà. Mais il y a pas eu en tout cas à ma connaissance euh de cas entre guillemets de tri pour des élèves euh sur des niveaux relevants de l'enseignement du second degré euh autre que les élèves qui passent justement par nos dispositifs du CASNVEV et comme on le fait partout ailleurs sur le territoire. Voilà.
Et effectivement, ces dispositifs euh peuvent en fonction euh de l'âge de l'élève et en fonction de son niveau euh euh accompagner euh l'élève pendant plusieurs mois, le temps que évidemment il euh euh entre guillemets se remettent à niveau et s'habitue à un système scolaire. Pour certains, on a des élèves de de 11 12 ans qui n'avaient pas connu la classe, vous allez pas le mettre du jour au lendemain, ni en France hexagonal, ni en France maise euh dans une classe de collège s'il n'a pas connu l'école avant. Et c'est finalement ce qu'on fait habituellement dans ces dispositifs du PE2A ou du CAS9.
Madame Petrus a une question. Merci madame la présidente. Alors ce ne ce sera pas une question mais juste une observation.
Je vais prendre le contrepied de ce qu'a dit mon collègue de Mayotte tout à l'heure. Collectivité de Saint-Martin que je représente ici enfin là où je suis élu en tout cas. Euh nous avons de très beaux bâtiments.
Nous avons le périscolaire, nous avons euh le transport scolaire. Si des efforts considérables ont été faits au niveau du 1er degré, euh de grandes difficultés demeurent sur le second degré s'agissant de l'affectation des enseignants. Il n'est pas rare qu'au second degré que nos enfants restent plus d'un trimestre sans prof, sans enseignement dans une matière quelconque.
Euh je je hein de cette grande famille qui est l'éducation nationale. Donc je sais exactement ce que je ce dont je parle. Alors, j'ai envie de de rebondir en disant que euh nous avons auditionné ce matin les défenseurs de doigts et je me demande s'il serait pas intéressant que je demande à mes associations parents d'élèves de les saisir parce que jusqu'à preuve du contraire, c'est une compétence l'éducation c'est une compétence régalienne de l'État et le doigt à l'éducation prévaut en France.
Voilà, juste une observation, je n'ai pas de question. Madame la présidente, si je peux répondre, la la question du remplacement et de l'affectation des enseignants, c'est une vraie question. C'est une question d'ailleurs qui se pose sur tout le territoire national et vous avez raison.
Et d'ailleurs dans les points d'alerte que je j'aurais pu soulever sur le recrutement quand je dis en partant, on avait obtenu 350 postes, c'est qu'après il faut les pourvoir et que même si vous les avez pourvu, il faut aussi s'assurer qu'on aura des remplaçants. Euh et alors je dis pas que c'est plus facile dans le premier degré, mais un un prof des écoles dans une brigade de remplacement peut aller remplacer n'importe quel professeur des écoles. dans le second degré, si vous manque un prof de math, si vous avez comme remplaçant un prof de lettre, il pourra pas remplacer le prof de math.
Donc il faut des remplaçants dans toutes les matières, ce qui évidemment complexifie beaucoup plus la politique de remplacement dans le second degré. C'est ce que vous évoquez, vous avez raison de le faire. Et justement, il se trouve que c'est dans le second degré qu'on a le plus grand problème aujourd'hui d'attractivité.
H quand je suis parti et je pense pas que les chiffres se soient améliorés, on était dans le second degré à Mayotte à à peu près 50 % d'enseignants contractuel. 50 % à peu près d'enseignants contractuels. Euh ça veut dire que les postes existent et qu'on a du moins aller pourvoir.
Euh donc c'est c'est un vrai défi. Ça veut dire qu'il faut former, ça veut dire qu'il faut attirer et ensuite évidemment avoir un un une vigilance absolue pour cette politique de remplacement. Vous avez tout à fait raison dans les territoires ultramarins parce que évidemment ces postes non remplacés, ils sont encore plus facteurs d'inégalité euh dans ces territoires là qu'ailleurs puisque on le sait quand l'élève et son prof, il y a personne souvent à la maison pour venir l'accompagner.
Vous avez tout à fait raison. C'est un un gros point de vigilance. Et ce que je ne comprends pas euh c'est que quasi systématiquement lorsque nos enseignants du second degré passe le capèess, ils sont systématiquement mutés vers l'hexagone.
Alors que nous avons déjà pas suffisamment de profs. Donc je n'ai jamais pu comprendre pourquoi Oui. Euh monsieur le ministre.
Oui, juste une juste une précision par rapport à l'impact de de l'immigration. C'est un fait. C'est un fait.
Chacun tira les des des conclusions. J'ai dit que euh les maires euh sont allés jusqu'à faire des demandes. Nous sommes la chambre des collectivités.
Si nous n'écoutons pas les maires, c'est qu'il y a un problème. Madame, il y a plus d'autres questions, madame la rapporteur. Merci madame la présidente.
Euh oui, je voulais poser une dernière question à monsieur Linguet sur l'université. À l'université, les langues de la Guyane, est-ce qu'elles sont valorisées ? Puisque le sujet a été posé pour pour Mayotte.
Et j'ai le souvenir que pour Mayotte, j'avais euh interrogé, interpellé le recteur, je pense que c'était votre successeur sur justement l'intérêt d'enseigner en tout cas de prendre en compte la langue maternelle. et on m'avait euh répondu que le rôle de l'université était premier dans la valorisation des langues régional que pour avancer sur l'enseignement de ces langues à tous les degrés hein premier second degré, il fallait d'abord enclencher la machine à l'université. Donc, je voulais savoir puisque j'ai la chance d'avoir de devant moi le président de l'université de Guyane où là ce sujet est très très important euh où où vous en êtes dans cette valorisation si cela se fait et si effectivement ça peut redescendre dans l'enseignement en au premier et au second degré.
Euh et euh si selon vous il fallait modifier la loi pour permettre l'adaptation du modèle dans les univers dans les universités en Guyan. Ça c'était une première question. Et une autre remarque, je rejoins ma collègue euh de madame Petrus qui euh qui qui est que effectivement euh le l'impact du non remplacement des des enseignants est euh est encore plus grave dans les territoires ultramarins. et et je tiens à souligner que moi je fais partie j'appartiens à une collectivité d'outreem qui ne manque pas de vocation et qui chaque année montre son grand intérêt pour l'engagement dans la fonction publique.
Les réunionnés passent massivement les concours de l'enseignement, réussissent au concours du second degré et se retrouvent muté en hexagone par Créteille. ce qui suscite de grosses interrogations, parfois même des démissions, les crises de la vocation, elle arrive quand nos enseignants sont envoyés en hexagone. Alors que quand ils s'engagent, ils s'engagent parce qu'ils ont une excellente connaissance de leur territoire, une idée très réelle de de la déclinaison qu'ils pourront donner à leur service à ce service public.
Et euh je profite pour dénoncer cet état de fait puisque ces mutations obligatoires avec une perspective de retour très lointaine fait que voilà, on on s'engage pour aider son territoire, pour le tirer vers le haut, pour aider la jeunesse et ses compatriotes et ont fini par être découragé par une réalité complètement désenchantée. Voilà ce que je voulais rajouter à tout ce qui a déjà été dit et sur Mayotte, moi je regrette que j'ai encore le souvenir de des débats qui ont eu lieu ici au Sénat sur la loi de programmation pour la refondation de Mayotte où j'avais posé un amendement pour demander à ce qu'il y ait des cantines dans chaque nouvelle école qu'on allait construire et cet amendement avait été rejeté. Donc nous en sommes finalement au même point.
On aura des écoles mais on aura pas de cantine et je le regrette avec vous tous ici les collègues. Voilà monsieur Lingué, je vous laisse répondre aux questions. Très bien.
Merci. Euh donc la première question concernait la prise en compte des langues maternelles à l'université de Louisian. Oui, nous avons réfléchi à à cette problématique et nous avons lors de notre dernière phase d'accréditation proposé un diplôme spécifique.
Donc, il y a une accréditation spécifique de la part du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche et l'innovation en ce qui a pris la forme d'une licence licence éducation médiation en milieu amazonien. Donc dans le cadre de cette licence et les étudiants suivent des cours qui les préparent au concours de de de l'éducation mais aussi au aux professions de la médiation euh et qui intègre donc des enseignements en langue langue de Guyane, langue natique de Guyane. Je vais parler de l'amérindien, les langues amérindiennes et des langues bouchininguées sont les langues noirmaronnes des populations euh qui sont euh localisées sur sur le Marounni, au bord du fleuve marounni à la frontière avec le Suena.
Donc euh nous en sommes à la 2e année d'ouverture de cette licence qui accueille bien sûr euh des natifs euh des euh de de ces langues euh qui pratiquent ces langues, mais aussi d'autres étudiants qui qui s'identifient comme un groupe à part, on va dire, au sein de l'université. Ils sont ils sont porteurs d'une identité. Donc ça crée une émulation très très particulière.
Ils sont très motivés, très engagés et bien sûr prêts à à s'investir dans dans leur futur métier. Alors, il y a d'autres initiatives, hein. Nous avons un DU donc médiation en santé, un diplôme universitaire qui est porté par la faculté la faculté de sciences médicales et santé l'université qui forme un certain nombre de de de personnes natives natives de de l'étranger d'autres d'autres pays Guyan.
Donc ces personnes sont originaires soit d'Haïti, soit de la Dominique, soit de d'autres pays d'Amérique latine et qui donc reçoivent des enseignements euh orientés vers la médiation en santé et qui interviennent soit dans les cliniques, dans les hôpitaux, soit dans les centres de santé de Guyane. Euh il y a eu à un certain moment une formation de ce qu'on appelait des ILM, des intervenants en langue maternelle. Donc c'est un dispositif qui a été mis en place par le rectorat et nous assurerons nous avons assuré pendant quelques années la formation de ces intervenants en langue maternelle.
Donc c'était comme son nom l'indique des enseignants enfin des enseignants non des personnes qui maîtrisaient les langues maternelles de Guyane parl en Guyane bouchinangué amérienne essentiellement et qui recevait un une formation qui leur permettait ensuite d'intervenir dans les classes à côté de l'enseignant pour aider au dialogue ou à la compréhension mutuelle des des des scolaires et du clum professeur C'est c'est c'est un sujet euh qui qui nous tient à cœur. On aurait aimé aller plus loin euh mais c'est vrai que on rencontre beaucoup de résistance en interne pas totalement franc avec vous. Euh par exemple cette licence euh éducation médiation milieux amazonien a fait l'objet de contestation syndicale euh lors de l'ouverture enfin la création a quand même été actée par le ministère et lors de l'ouverture euh le le département donc de l'être et sciences humaines qui qui portait cette formation a refusé a refusé qu'elle soit qu'elle soit déployée au sein du département. ce qui fait qu'on a dû extraire la formation et la mettre à la formation continue dans notre direction de la formation continue pour qu'elle puisse fonctionner.
Donc c'est vrai que c'est pas facile en interne de voilà de de valoriser les langues locales. On est quand même confronté à à des à des oppositions. Voilà.
Après sur la deuxième intervention, je pas je suis pas sûr d'avoir d'avoir compris si c'était une question ou un commentaire. Un commentaire. Alors, je laisse la parole.
C'était juste un commentaire. Je vous remercie pour votre réponse très claire euh et très complète. Donc merci, merci beaucoup de pouvoir apporter cette cet éclairage là et merci aussi pour le témoignage euh que vous nous apportez sur les difficultés auxquelles vous êtes confrontés quand vous voulez développer et innover à partir du territoire.
Monsieur Albou, un dernier dernier propos. Oui, je voulais alors je veux pas reparler des cantines parce que vous savez que c'est un sujet qui me tient beaucoup à cœur mais je pense que vous avez raison madame la rapporteur. En tout cas tous les collèges et les lycées. faudrait que je je vérifie que on est bien resté dans cette optique que nous avons construit l'ont été avec des cantines avec des cantines et comme je l'ai dit, nous construisions même des euh des des cuisines centrales pour les pour les approvisionner.
Non, vous vous souleviez la question finalement de la déconcentration de gestion. Je pense que donc je redis bien que je parle ici en au titre de l'ancien recteur euh de Mayotte et donc du témoignage que je peux vous apporter. Euh je pense et je l'ai dit en en propeliminaire, c'est très important sur ces territoires comme je pense d'ailleurs c'est important dans toutes les académies qu'on ait plus de déconcentration.
Les concours que nous avons ouverts spécifiques à Mayotte, sont des concours à affectation locale. Euh dans le premier degré, ils sont aussi affectation locale puisque les affectations sont académiques. Je je pense que et pour l'avoir rappelé, on a expérimenté un certain nombre de dispositifs à Mayotte que maintenant on déploie sur l'ensemble du territoire national.
ça pourrait être euh des dispositifs à à déployer. Euh et je voulais rebondir au-delà justement du recrutement ou de la carrière des enseignants sur un autre point que je pensais qu'on aborderait qui est l'éducation prioritaire. Donc Mayotte et je c la Guyane aussi sont deux territoires 100 % éducation prioritaire. la Guyane pratiquement 100 % éducation prioritaire renforcée.
Euh le fait d'avoir des j'allais dire des carcan en tout cas des cadres très rigides nationaux peut être vu comme une garantie mais c'est parfois une garantie mal adaptée parce que le territoire bouge. Vous le savez, les ministères sont contraints et ministre après ministre, on reporte toujours cette la question de la revoyure de la carte de l'éducation prioritaire pour plein de bonnes raisons, hein. C'est que évidemment c'est quelque chose qui doit se faire à l'échelle nationale en lien avec les préfectures.
Ça a beaucoup d'impact sur euh les les services et les carrières des enseignants. Je pense que en tout cas quand quand j'étais quand j'étais en fonction, on avait des échanges sur des dispositifs adaptés. C'était les contrats locaux d'accompagnement qui avaient été mis en place à l'époque par le ministère ou le secrétariat d'État dédié à l'éducation prioritaire qui nous avait permis de projeter un certain nombre d'adaptations, c'estàdire faire passer finalement en éducation prioritaire renforcé un certain nombre de secteurs qui le méritaient d'après nous. de travailler aussi sur les lycées euh qui qui on va dire euh pour euh pour la enfin qui ne sont même qui ne sont plus dans dans ce périmètre alors que euh on pourra avoir cette cette réflexion.
Euh et donc c'est aussi un sujet qu'on pourrait euh dont on pourrait expérimenter la déconcentration. Euh et c'est d'ailleurs euh en partie ce que prne actuel, vous savez avec ces dispositifs des 15 % des des collèges les plus en difficulté où on s'adapte au-delà des des carcans et des normes de l'éducation prioritaire. Euh donc ce sont des choses qu'on avait commencé à expérimenter à Mayotte qui euh qui vaudrait le coup d'être d'être regardé puisque vous euh on est en plein dans la résorption des inégalités locales puisque le les cartographies et les dispositifs d'éducation prioritaire euh sont des outils qui doivent apporter des réponses.
Et et ça me permet aussi de signaler que en fait l'éducation prioritaire et les inégalités, ça doit pas être figé par définition puisqu'on doit les combattre et que la la le but de tout recteur, c'est de de faire en sorte que on sorte de l'éducation prioritaire, c'est de faire en sorte que les élèves réussissent et qu'on soit dans des bonnes conditions pour réussir et aussi de cibler les territoires, de cibler les euh les collèges, les écoles qui pour une raison ou une autre sont devenus des écoles ou des des collages en difficulté et pour eux justement de mettre les moyens nécessaires et et d'appuyer comme on doit le faire. Donc ça ça va dans votre sens madame la rapporteur de de plus de déconcentration et je pense que c'est aussi une piste qu'il faudrait explorer. Je voudrais quand même conclure alors c'est pas à moi de conclure mais quand même il y a un sujet qu'on a pas abordé qui ne touche certainement pas tous les autres mè mais qui touche Mayotte, c'est la le sujet des violences.
Malheureusement euh c'est un sujet qui ne touche même maintenant pas que Mayotte hein puisque les les armes et les violences à l'intérieur des établissements, on les voit maintenant aussi sur le territoire hexagonal. Euh c'est enseigner, être élève dans un territoire ou dans un établissement qui est gangriné par la violence, c'est aussi miner euh ses chances euh euh de réussir. Et donc c'est je voulais le dire parce que on peut pas parler de l'enseignement et de l'éducation à Mayotte sans parler des violences.
Euh on a fait beaucoup et c'est là aussi un sujet sur lequel euh l'État, les collectivités, euh les parents, tout le monde, toute la société euh euh doivent travailler de concert. C'est un vrai fléau et parmi les facteurs en tout cas c'est c'est l'analyse que j'en fais qui qui gangraine les chances de réussite des élèves. C'est ça c'est quand élève va à l'école avec qu'on dit la boule au ventre peur de se faire agresser.
Quand un enseignant va dans un établissement avec la peur de se faire agresser et bien on apprend pas de la même manière. Donc on y a beaucoup travaillé. On a renforcé évidemment les AED, les EMS.
On nous a reproché que tous nos collèges et nos lycées ont l'air de prison parce qu'on a deux rangées de euh de barbelet pratiquement partout. Je vois nos élus qui sourit mais de fait on l'a fait malheureusement. Euh c'est ce sont des solutions ponctuelles, mais c'est aussi quand même à prendre en compte et et quand je disais que il faut avoir une réflexion systémique, ça en fait partie et juguler cette violence qui qui mine un certain nombre de territoires dont Mayotte fait partie aussi des des clés pour redonner plus de chance et plus de chance de réussite de réussir à tous les élèves.
Merci. Plus de questions, plus de machin. Messieurs, donc je vous remercie.
Nous arrivons à la fin de cette table ronde. Donc je vous remercie pour les propos qui nous ont éclairé et leur qualité. Euh si vous aviez euh d'autres thématiques à mettre par écrit, nous nous serons preneurs.
Ce sera fait madame la présidente. Merci. ce sera fait.
Evelyne Corbière Naminzo