« BÉTHARRAM, C'ÉTAIT COMME UNE SECTE » : LA FILLE DE BAYROU SORT DU SILENCE, LE SCANDALE REBONDIT
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Bonjour à toutes et à tous. Ravi de vous retrouver sur le média pour le Reap, votre rendez-vous quotidien d'actualité. Du lundi au jeudi, on revient sur un sujet sans filtre et sans langue de bois.
Le recap, c'est l'une de nos quatre nouvelles quotidiennes que j'ai le plaisir de vous présenter. N'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Méia TV et le Méia 247 pour être sûr de ne rien rater. Le récap épisode 29, c'est parti. [Musique] Nouvelle déflagration dans l'affaire Betaram.
La fille aînée de François Bairou est l'une des victimes de l'institution. Elle vient de le révéler ce mardi 22 avril avoir été passé à tabac lors d'une colonie de vacances organisée par la congrégation à laquelle l'établissement catholique Notre Dame de Betaram appartient. Son témoignage est glaçant mais elle l'assure son père n'était au courant de rien.
Hélène Perl aujourd'hui âgée de 53 ans, s'est confié à Paris Match. Elle raconte "Un soir, alors qu'on déballe nos sacs de couchage, le père l'artigué me saisit tout d'un coup par les cheveux. Il me traîne au sol sur plusieurs mètres et me roue de coups de point, de coups de pied sur tout le corps, surtout dans le ventre." Et précise, il pesait environ 120 kg.
À l'époque, la fille de l'actuel premier ministre avait 14 ans. Pour témoigner de la violence de la scène, elle ajoute "Je me suis urinée dessus et je suis restée comme ça toute la nuit, humide et prostrée dans mon duvet." Et ensuite le silence.
Pendant 30 ans, Betaram était organisé comme une secte ou un régime totalitaire exerçant une pression psychologique sur les élèves et les enseignants pour qu'ils se taisent, raconte la victime. Depuis quelques mois, cet OMERTA a volé en éclat. La parole des victimes s'est libéré, les journalistes s'en sont saisies et l'ampleur du scandale est apparue aux yeux de tous.
On écoute le député LFI Paul Vanier qui dénonce probablement la plus grave affaire de pédocriminalité qui est connue notre pays. Et alors, combien de plaintes notamment à Betaram ? Bien, à Betaram, le nombre de plaintes est en train d'augmenter.
Alain Esker qui est le porte-parole du collectif de victimes fait un travail considérable de recensement, de recueil de la parole et des plaintes et on est là à 200 plaintes déjà déposées. Faut bien comprendre que cette affaire Betaram, c'est probablement la plus grave affaire pédocriminelle qui est connue notre pays. aussi une affaire un scandale d'état dès lors que François Bairrou, le premier ministre qui à l'époque de ses premières violences était ministre de l'éducation nationale, président du conseil départemental des Pyrénées Atlantiques en charge de la protection de l'enfance, n'a rien fait, n'a rien fait pour faire cesser les violences.
Nous allons l'entendre, nous allons le convoquer devant la commission d'enquête et je veux dire qu'il s'exprimera sous serment et qu'il devra ce jour-là un discours de vérité à l'ensemble des parlementaires et plus largement aux Françaises et aux Français qui je crois attendent beaucoup de cette audition. Le député évoque le travail d'Alain Esquer, porte-parole du collectif des victimes. Il sort un livre Le silence de Pétaram, ce jeudi dans lequel témoigne plusieurs victimes dont la fille de François Baïou qui assure que son père n'est au courant de rien.
Elle ne lui a jamais parlé des coups qu'ellearsieux en colonie ni même de son témoignage à venir dans le livre d'Alain Esker. Elle affirme qu'elle a voulu le protéger. Pour elle, plus on est intriqué, moins on voit, moins on comprend et plus il y a de témoin, moins s'en parle.
Reste que si Hélène Perlan ne s'est pas confié à son père, il est toujours aussi invraisemblable de croire que François Bairou, à l'époque ministre de l'éducation et président du conseil général ne savait rien comme il l'affirme toujours. C'est pourtant rare un homme politique qui ne regarde pas le JT. Le collège de Betaram risque d'être secoué par un scandale encore plus grave.
Un ancien élève du collège âgé aujourd'hui de 21 ans a accusé de viol l'ancien directeur. Celui-ci a été placé en détention provisoire à Peau. Le journaliste de Média Part Anton Rouget a été formel devant la commission d'enquête.
François Bairrou savait. En 1996, il évoquait les accusations qui pesaient déjà contre l'établissement et engagerai sa responsabilité de ministre pour dédoiner Betaram. Quant au fait que affirmer que François Bairou a menti devant la représentation nationale, ce n'est pas une opinion.
Ce n'est même pas une conviction, c'est un fait. Euh je vais juste vous lire donc une archive du 5 mai 1996 qui n'est pas de Mediapart, qui est de Sud-Ouest dimanche où donc la fameuse visite de François Baou est évoquée à Betarham pendant une enquête judiciaire qui va déboucher sur la condamnation d'un surveillant du surveillant général de cet établissement. Et François Bairou donc après une inspection dont on a compris ensuite qu'elle était là simplement pour blanchir l'établissement dit nombreux sont les Bernarnés qui ont ressenti ses attaques au pluriel.
Donc c'est pas l'attaque d'un professeur d'un d'un parent d'élèves. Ses attaques au pluriel. Donc il est au courant qu'il y a un climat de dénonciation au pluriel parce qu'on sait que dans ces années-là, il y avait aussi une professeur qui dit lui avoir écrit euh donc ses attaques ont été ressenti avec un sentiment douloureux et un sentiment d'injustice.
Le mot injustice est intéressant pendant une enquête judiciaire laquelle va déboucher un mois plus tard sur la condamnation. Donc l'injustice, elle est plutôt elle serait plutôt du côté quand même de la de la victime. Toutes les informations que le ministre pouvait demander, le ministre, parlant de lui, donc à la troisème personne, il les a demandé.
Toutes les vérifications au pluriel ont été favorables et positives. Le reste suit son cours. Cette même personne qui s'exprime ainsi dans Sud-Ouest le 5 mai 1996 dit en 2025, en février 2025 qu'elle n'a jamais été informée de la moindre alerte sur des violences au sein de Notre Dame de Bardne.
Le journaliste n'est pas le seul à remettre en cause la défense de Bairou. L'ancien juste d'instruction de peau Claude Mirande a révélé à la presse et confirmé devant les députés avoir été sollicité par François Baou pour évoquer les faits commis par le père Carik, le directeur de Betaram. Des gendarmes ont également affirmé que l'actuel premier ministre était intervenu dans le dossier à l'époque.
Bien. Comment caractériseriez-vous l'ensemble des déclarations récentes de l'actuel premier ministre sur la façon dont il a décrit cet échange avec vous, sur la façon dont il nit avoir eu connaissance dès 1998 de violence sexuelle à Betaram ? Je pense qu'il la mémoire lui elle aussi lui fait défaut parce que il y a une réalité.
Le l'échange que nous avons eu il moi je ne l'ai pas oublié. Je l'ai maintenu à ma reprise et je comprends pas. Je n'ai pas compris d'ailleurs qu'il ait pu euh l'occulter en contestant d'abord et ensuite en l'édulcorant.
En plus de Christian Mirand, l'exgendarme en charge de l'enquête Alain Outante a été entendu par la commission d'enquête et il a martelé qu'un magistraté d'une intervention de François Baou dans le dossier. On n'est vraiment plus au niveau du simple faisceau d'indice. Pas étonnant qu'il y ait beaucoup d'attentes autour de l'audition du Premier ministre prévue le 14 mai prochain devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale.
Je vous invite d'ailleurs à réécouter l'émission Laav politique de mon collègue Nabil Toati consacrée au sujet. Il révèle à travers ses prises de parole comment François Baïou a lui-même révélé la raison de son inaction face aux violences physiques à Notre Dame de Betaram et comment il a toujours justifié les châtiments corporels comme des gestes éducatifs nécessaires. Une piste de compréhension utile qui peut expliquer pourquoi il n'a pas agi face à ses pratiques à Notre-Dame de BRAM.
En réponse au scandale Betaram, le gouvernement en gesticule. La ministre de l'éducation Ellisabeth Borne a dégainé un plan d'action intitulé Brison de silence agissons ensemble qui vise à renforcer les contrôles des établissements et d'organiser la remontée des faits de violence. Pour y parvenir, des questionnaires seront distribués aux élèves des établissements publics et privés à la rentrée prochaine, notamment après les voyages scolaires et au sein des internats.
Martine Brousse, la présidente de l'association La Voix de l'enfant, s'étonne ce mercredi sur France Info que les associations de protection de l'enfant n'aient pas été consultées pour l'élaboration de ces questionnaires. D'autant qu'en novembre 2023, Gabriel Atal a lui aussi pondu son questionnaire en réponse au harcèlement scolaire dont les résultats n'ont pas encore été évalués. Le questionnaire est new numéro vert, une version discolution de crise, pratique, rapide, mais dont l'efficacité reste approuvée.
Betaram semble pourtant être l'arbre qui cache la forêt. Depuis la médiatisation de l'affaire boostée par l'implication du premier ministre, c'est tout un système défaillant qui a été révélé. Ellisabeth Borne, elle-même évoque un mitou scolaire.
On assiste à la libération de la parole des victimes, celle de l'établissement du Béarne, mais d'autres aussi. Et la liste est déjà longue. Ont été cité par exemple Notre-Dame du Sacré Cœur à Dax, Notre-Dame de Garison dans les Hautes Pyrénées, le collège Saint-François Xavier du Starritz dans les Pyrénées Atlantiques, l'institution Saint-Dominique à Neuilli sur scène ou encore le collège Saint-Pierre dans le Finistère.
Et évidemment le village d'enfants de Riomont à Liévin dans le Pas de Calé, tenu par une communauté catholique traditionnaliste. Alors derrière un décor de ferme et la volonté affichée d'offrir un accueil à la jeunesse en difficulté, la réalité est bien plus sombre. On parle de châtiment corporel, de violence quotidienne, d'abus sexuel et de travail forcé pour les pensionnaires.
À la tête de cette institution sordide, le père Albert Rev, un nostalgique du 3e Reich, qui ne dissimule pas son admiration pour l'idéologie nazi, collectionnant uniforme SS et casque à pointe. Ce centre a été fermé en 2019 après 60 ans d'exercice et de vie brisée. Les foyers pour mineurs des filles du bon pasteur méritent également d'être mentionné.
Cette congrégation catholique forte d'une quarantaine d'établissements en France dans les années 50 se présentait alors comme une spécialiste de la rééducation des adolescentes à problème. Aujourd'hui, ces femmes désormais âgées témoignent du calvaire qu'elles ont vécu. L'une d'entre elles, Éveline Lebri, a été entendue par les parlementaires et son témoignage dépasse tout entendement.
On l'écoute. Alors nous euh c'était c'était euh elle fuguit facilement les filles. Moi j'ai pas voulu parce que je savais pas ce qui m'attendrait dehors.
Je j'étais pas terrorisée de savoir ce qui ce qui pourrait se passer. Puis j'étais loin de chez mes parents. Les filles fuguaient.
Mais pendant toute la nuit avec les chiens bergers allemands, on était convié à à passer dans tous les bosquets, dans tous les jardins pour savoir si elles étaient pas montées en haut d'un arbre pour se cacher. Et quelquefois elle fuguit et puis ben elle se ratait, elle tombait par terre comme à Nancy où elle a râé toute la nuit et que les chiens lui ont l'ont mangé. En fait, bien que l'essentiel des faits signalés se situe entre la fin des années 50 et les années 90, certains témoignages rappellent que les dérives ne relèvent pas seulement du passé à Betaram.
Un surveillant au cœur de plusieurs accusations était encore en fonction en 2024. La majorité des signalements en vis des établissements privés, bien que certains établissements publics également été cités comme le lycée Pierre Bayen à Chalon en Champagne ou l'établissement départemental Adolphe Chiou à Vitri sur scène. Ces révélations soulignent des spécificités du statut des établissements privés sous contrat qui bénéficient d'une autonomie d'organisation plus large que le public.
Une autonomie qui dans certains cas semble avoir servi de couverture à des pratiques maltraitantes. Dans ce rapport de 2021, la commission indépendante sur les abus sexuels dans l'église estimé que 30 % des abus sexuels commis au sein de l'église l'ont été en milieu scolaire. Si la ministre Ellisabeth Borne n'envisage pas de remettre en cause le caractère propre de ses établissements privés, elle appelle néanmoins à ce qu'il respecte les mêmes principes que le public en matière de lutte contre les violences scolaires.
L'État sert les dents, pas les règles. Faudrait pas brusquer les vieilles alliances. La ministre concède néanmoins que les contrôles sont trop peu nombreux, ce qui peut paraître paradoxal puisque l'État finance chaque année le privé à hauteur de 10 milliards d'euros quand même.
Dans son plan d'action, la ministre de l'éducation renforce l'effectif de 60 nouveaux inspecteurs en 2025 et 2026 avec l'objectif de contrôler 40 % des établissements privés sous contrat ces deux prochaines années dont la moitié par des visites sur place préciselles. On vous invite à réécouter Arnaud Galet, anthropologue et ancien membre de la Civis, lui-même victime de violence pédocriminelle dans notre contre matinal disponible sur la chaîne YouTube Le Média 247. Il s'exprimait notamment sur les contrôles dont l'enseignement privé ne semble pas vraiment vouloir.
C'est fatiguant et en plus bah finalement la solution on la connaît. La solution elle réside aussi dans des contrôles faits au niveau des établissements et on a bien vu que l'enseignement catholique encore récemment parce que le secrétaire général Philippe Deorme était auditionné il y a pas très longtemps par la par la commission donc a été mise en place. Bah je peux vous dire que je sais pas si vous l'avez entendu mais en tout cas ça fait froid dans le dos.
On a l'impression que ce sont des personnes bah finalement malgré tout ce qui se passe aujourd'hui bon bah ça change pas grand-chose quoi. L'affaire Bara met en lumière une vérité dérangeante. C'est tout un système de l'église à l'État qui a préféré étouffer la souffrance de centaines d'enfants plutôt que de la confronter.
C'est bien plus qu'un simple scandale, c'est la révélation d'un mécanisme bien huilé de protection des puissants. François Bairou, comme d'autres politiques, n'a pas seulement fermé les yeux, il a participé à ce système. L'omerta ne s'est pas instauré par hasard mais bien par la complicité de ceux qui à l'époque avaient le pouvoir de faire changer les choses.
L'impunité a un prix et il est temps de la payer. On poursuit ce récap avec l'actualité internationale mise en image par notre journaliste Sarah Duu. L'Ukraine se dit prête à négocier avec Moscou.
On regarde. C'est une première depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. Hier, Volodimir Zelenski s'est dit prêt à négocier avec la Russie, mais uniquement après l'entrée en vigueur dans cesser le feu.
La veille, Vladimir Poutine avait évoqué la possibilité de discuter directement avec KF d'une trêve pour cesser les frappes sur les infrastructures civiles. De son côté, le vice-président américain Jeddy Vence affirme ce mercredi que la Russie et l'Ukraine devront faire des échanges territoriaux pour parvenir à un accord. Nous avons présenté une proposition très explicite aux Russes et aux Ukrainiens et il est temps pour eux de dire oui ou pour les États-Unis de se retirer de ce processus.
Cette déclaration intervient le jour où Ukrainiens, américains et européens discutent à Londres pour tenter de trouver une issue au conflit. De son côté, Volodimer Zelenski a appelé un cesser le feu immédiat, complet et inconditionnel. On parle encore des droits de douane.
Trump rétropédale sur ses annonces face à la Chine. Rétropédalage de Donald Trump. Le président américain a annoncé hier une baisse substantielle des droits de douane infligés à la Chine qu'il juge finalement très élevé.
À son retour au pouvoir, il avait surtaxé les produits chinois de 145 %. Békin avait répliqué avec une surtaxe de 125 % sur les produits américains. Cette surenchar avait provoqué la panique des marchés mondiaux effrayé à l'idée d'un blocage des échanges entre les deux pays. 145 % c'est très élevé et ça ne sera plus aussi élevé.
Ça va baisser considérablement mais on ne reviendra pas à zéro. Nous allons être très gentils. Ils vont être très gentils et nous verrons bien ce qui se passe.
Au bout du compte, il faudra qu'ils arrivent à un accord parce que sans ça, ils ne pourront plus commercer avec les États-Unis. Pékin répond ce mercredi que les portes sont grandes ouvertes pour des discussions avec Washington. Cette des escalades a permis de faire rebondir les bourses en Asie.
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Amen.
François Bayrou