Violences sexuelles à l'université, Parcoursup... Le "8h30 franceinfo" de Frédérique Vidal
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 2:03OuverteRéponse directe
Frédéric Vidal, est-ce que vous comprenez qu'aujourd'hui, il y a encore des professeurs qui s'auto-censurent ?
- 2:39RelanceRéponse partielle
Et que les professeurs s'auto-censurent parce qu'ils ont peur des réactions en classe ?
- 4:12OuverteRéponse directe
La crise sanitaire a conduit nombre d'étudiants dans la précarité. Que fait la ministre de l'Enseignement supérieur ?
- 8:10OuverteRéponse directe
Environ 700 000 étudiants bénéficient d'une bourse aujourd'hui. Est-ce que vous avez prévu de revoir ce système ?
- 9:10RelanceRéponse directe
Dans les pays du Nord, porter l'autonomie...
- 10:04OuverteRéponse directe
Frédéric Vidal, vous avez sans doute appris, comme nous, ce qui s'est passé ces derniers mois au sein de l'école centrale Supélexe...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:47InvitéChiffre
« Sur le premier semestre de 2021, c'est 14,4 millions de repas à 1 euro qui ont été servis »
- 5:01InvitéChiffre
« Sur le mois de septembre, 2 millions de repas à 1 euro »
- 8:19InvitéChiffre
« 750 000 boursiers cette année »
- 8:24InvitéFait
« le droit à revoir sa bourse a été aussi mis en place à cause des conditions sanitaires »
- 9:26InvitéFait
« C'est ce qui se passe dans les pays du Nord de l'Europe »
- 9:58InvitéFait
« Ce ne sera pas pour la période qui vient dans les six mois qui viennent »
- 10:04InvitéChiffre
« une centaine de ses étudiants rapportaient des viols ou des agressions sexuelles entre élèves au cours de l'année scolaire écoulée »
- 12:52InvitéChiffre
« un budget de 7 millions qui est prévu pour ce plan violence sexiste et sexuelle »
- 20:38InvitéFait
« Il ne dit juste pas par quoi il le remplace »
- 20:59InvitéChiffre
« aujourd'hui, on recrute au CNRS à 2500 euros net »
- 23:45InvitéChiffre
« Nous avons réinvesti 25 milliards dans la recherche »
- 24:00InvitéChiffre
« 7,5 milliards d'euros sur la recherche au travers du plan de relance »
- 24:06InvitéChiffre
« nous en sommes à 32,5 millions »
- 24:28InvitéChiffre
« mettre quasiment 40 milliards d'euros sur la recherche »
Temps de parole
- Invité67 %
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Un hommage sera rendu aujourd'hui dans la plupart des établissements scolaires, écoles, collèges, lycées. Un an après l'assassinat de Samuel Paty, comment expliquer aux enfants, avec quels mots, aux enfants et aux adolescents, ce qui s'est passé ? Je crois que c'est extrêmement difficile de leur expliquer, mais je crois que c'est important de dire la vérité aux enfants. Donc il faut leur dire qu'il s'est passé quelque chose de terrible, quelque chose qui est un attentat terroriste. Ça permet d'aborder ce sujet-là.
Et puis il faut leur dire que cette chose a été faite évidemment contre Samuel Paty, mais de façon plus générale contre toutes les personnes qui défendent dans notre pays une valeur fondamentale qui est la liberté d'expression. Et voilà, il faut trouver les mots qu'ils comprennent. Il faut parler avec eux, les laisser parler aussi. Je crois que c'est très important. Et puis c'est un hommage qui sera rendu dans tous les établissements parce que c'est toute la communauté de l'enseignement qui est touchée. Donc j'ai aussi demandé évidemment aux universités de faire des temps d'hommage aujourd'hui à Samuel Paty.
Avec un caractère obligatoire dans les universités, dans les établissements scolaires du primaire et du secondaire, c'est laisser à la libre appréciation des directeurs d'établissement ? Qu'en sera-t-il à la fac ? Ça n'a pas de caractère obligatoire, mais c'est simplement, je crois que tout le monde avait envie aujourd'hui de prendre un temps pour se rappeler, se rappeler que Samuel Paty est mort pour la liberté d'expression. Et ça, nous y sommes tous très attachés, donc c'est essentiel qu'on puisse le faire partout.
Et puis je voudrais mentionner aussi le fait qu'au presse universitaire de Lyon, il y a son mémoire de maîtrise qui a été publié et qu'on voit que c'était quelqu'un qui était engagé depuis qu'il était étudiant. Puisqu'il a fait un très joli mémoire sur la symbolique de la couleur noire. Et on voyait déjà à quel point il était intéressé à voir au-delà des choses et à quel point il était intéressé par la spiritualité.
Frédéric Vidal, est-ce que vous comprenez qu'aujourd'hui, il y a encore des professeurs qui s'auto-censurent ?
C'est très difficile. Oui, bien sûr, je le comprends, je le constate. La raison pour laquelle les gens s'auto-censurent, c'est parce qu'ils ont peur. Et je pense qu'il faut comprendre que les gens aient peur. Ce qui s'est passé, ça a été, dans le monde de l'enseignement, quelque chose de terrible. Parce que finalement, on s'est dit, mais pour enseigner, parce qu'on enseigne, parce qu'on défend ces libertés-là, alors on peut être décapité. Et cette peur-là, évidemment, elle est très humaine et il faut la comprendre.
Et que les professeurs s'auto-censurent parce qu'ils ont peur des réactions en classe ?
Non, c'est ce que je vous dis, ce ne sont pas les réactions en classe, c'est ce que ces réactions-là peuvent entraîner. Mais vous voyez à quel point, quand on regarde ce que l'on connaît de cette affaire, ce sont une succession de petites choses qui ont entraîné ce drame absolu. Et donc, c'est ça qui fait peur, mais c'est là que l'établissement doit être aux côtés des professeurs. C'est là que la puissance publique doit dire, vous serez protégés. Et d'ailleurs, je crois qu'il n'y a jamais eu autant de demandes de protection fonctionnelle, de protection fonctionnelle accordée, de protection policière parfois accordée, parce qu'il ne faut rien céder par rapport à ça.
Jean-Michel Blanquer voudrait qu'un établissement scolaire dans chaque département porte le nom de Samuel Paty. Est-ce que vous portez la même demande pour l'université ? Est-ce que vous souhaiteriez qu'il y ait des universités qui portent son nom ou des amphithéâtres ? Alors ça, c'est à la libre appréciation. Je crois que le symbole est fort. Mais l'administre a forcément une orientation ou un souhait sur cette question. Le symbole est très fort. D'ailleurs, demain, je participerai à une manifestation en hommage à Samuel Paty. On va effectivement donner le nom à un square en Sorbonne.
Donc oui, bien sûr, tout ce qui permet de se rappeler et tout ce qui permet à chaque fois finalement de retrouver du courage lorsque l'on est un peu désabusé, de repenser à Samuel Paty et de redonner du courage à tout le monde pour défendre la liberté d'expression. Je crois que cette symbolique, elle est forte.
Frédéric Vidal, la crise sanitaire a conduit nombre d'étudiants dans la précarité. Comme nous, vous avez vu ces nombreuses images d'étudiants qui font la queue devant les distributions d'aides alimentaires, des files d'attente qui existent encore aujourd'hui. Que fait la ministre de l'Enseignement supérieur ?
D'abord, je fais en sorte qu'il puisse y avoir dans le prochain budget 3,3 milliards d'euros consacrés à la vie étudiante. Ce sera le plus gros budget vie étudiante qui aura jamais été voté par le Parlement. Enfin, en tout cas, j'espère qu'il le sera. Ça, ça va remplir les réfrigérateurs ? Ça, ça va nous permettre de continuer à accompagner. Sur le premier semestre de 2021, c'est 14,4 millions de repas à 1 euro qui ont été servis. C'est des milliers de cartes alimentaires qui ont été données aux étudiants. Et c'est pour pouvoir continuer cela. Sur le mois de septembre, 2 millions de repas à 1 euro. Aujourd'hui ? Sur le mois de septembre, 2 millions de repas à 1 euro.
C'est pour tout étudiant qui en a besoin. Les étudiants boursiers et tout étudiant qui est repéré comme en situation de précarité et qui, automatiquement, au travers de sa carte, a droit à ses repas à 1 euro. Comment vous expliquez dans ce cas-là, ces files pour les distributions d'aides alimentaires ? Parce qu'en réalité, je crois que le sujet est plus global. On parle de distribution alimentaire. En fait, c'est de la distribution en général. Et c'est pour ça que la réponse qui est apportée aussi par les établissements, ce sont des cartes d'achat. Parce que oui, il y a l'alimentation. Il y a aussi tous les produits de la vie quotidienne.
Et évidemment, lorsque l'on a des fins de mois qui sont extrêmement compliquées, c'est important qu'on puisse être accompagné. C'est-à-dire que vous nous dites que c'est un déficit d'informations ? Aujourd'hui, il y a les moyens pour que ces centaines, parfois milliers d'étudiants qu'on voit faire la queue pour avoir à manger, il y a les moyens aujourd'hui ? C'est juste qu'ils ne sont pas au courant des dispositifs ? C'est souvent ça. C'est souvent ce qu'on appelle le non-recours.
C'est-à-dire que les CRUS ont la possibilité, en trois clics, de donner jusqu'à 500 euros à un étudiant dans les jours qui suivent la demande et ensuite d'analyser son dossier pour savoir s'il peut bénéficier d'une aide plus pérenne au long de l'année. Là, je ne parle pas des étudiants boursiers, je parle de tous les étudiants. Il y a la possibilité, là encore, d'avoir des repas à 1 euro si on est dans une situation compliquée. Les établissements, au travers de la contribution aux vie étudiante, mettent à disposition des cartes alimentaires, mettent à disposition des ordinateurs, des clés 4G. Tout ce qui a été mis en place pendant la période de confinement est maintenu en cette rentrée.
La ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, Frédéric Vidal, est l'invité de France Info jusqu'à 9h. Une petite pause, le temps du fil Info, à 8h40 avec Diane Ferschit.
Emmanuel Macron de retour à Marseille pour faire un premier point du plan de renaissance de la ville présenté début septembre parmi les propositions du chef de l'État. Expérimenter l'école du futur dans 50 établissements où les directeurs pourront eux-mêmes choisir leur équipe pédagogique. Selon l'exécutif, 62 établissements se sont dit intéressés. La mort de Samuel Paty commémorée dans toutes les écoles ce vendredi, le 16 octobre dernier. Il avait été décapité par un terroriste islamiste à quelques pas du collège où il enseignait l'histoire-géographie tuée pour avoir montré à ses élèves une caricature de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression.
Du côté de l'enquête, 15 personnes dont 7 mineurs sont mises en examen. Les mineurs, les personnes vaccinées et celles qui ont une ordonnance continueront à bénéficier du remboursement des tests du Covid. Ils deviennent payants pour les non-vaccinés ce vendredi. Comptez entre 22 et 45 euros selon le type de dépistage. L'assurance maladie n'est pas là pour financer des tests uniquement pour aller au concert ou au restaurant, déclare son patron Thomas Fatoum sur France Info. Anne Hidalgo se dit fière et honorée. La maire de Paris choisie par les militants socialistes pour les représenter à la présidentielle 2022. Elle l'a emportée face au maire du Mans, Stéphane Le Folle, avec 72% des voix.
Frédéric Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur.
Environ 700 000 étudiants bénéficient d'une bourse aujourd'hui. Elles sont calculées en fonction des revenus des parents. Est-ce que vous avez prévu de revoir ce système ?
Oui, en fait, la vraie question des bourses, c'est 750 000 boursiers cette année. Donc, le droit à revoir sa bourse a été aussi mis en place à cause des conditions sanitaires. Ce qui est important, c'est qu'on porte l'autonomie du jeune. Et l'autonomie du jeune, elle ne se calcule pas forcément par rapport au coefficient familial des parents. Donc, c'est une réforme structurelle très profonde qui réinterroge la question de l'autonomie, la question de comment est-ce qu'on prend néanmoins en compte l'aide des familles lorsqu'elles aident les jeunes. Donc, c'est un sujet qui est extrêmement complexe. On y a beaucoup travaillé.
Et je crois qu'on est prêts, en tout cas conceptuellement, à porter ce sujet de l'autonomie. Et c'est un vrai débat de société. Parce que ça veut dire qu'on réinterroge la fiscalité. Ça veut dire qu'on réinterroge vraiment la place du jeune.
Dans les pays du Nord, porter l'autonomie...
Les bourses ne seraient plus attribuées en fonction de ce que gagnent les parents. Ou plus forcément attribuées en fonction de ce que gagnent les parents. Ça, vous êtes prêts à le mettre en œuvre ? Ça, c'est vraiment ce qui doit être maintenant concrétisé et travaillé. C'est ce qui se passe dans les pays du Nord de l'Europe. On met l'autonomie du jeune en priorité. Dans les pays du Sud, la solidarité est plutôt une solidarité familiale. Nous, en France, on est entre les deux. Les APL, c'est individuel. Les bourses, c'est calculé sur les revenus des parents. Il faut vraiment faire la démonstration qu'on est fâché avec ses parents pour être aidé. Donc, c'est tout ça qui doit être transformé.
Et donc, le texte est prêt ? Non, le texte n'est pas prêt, mais le travail a été fait. Bon, mais le quinquennat s'arrête dans six mois. Oui, ce sera probablement... Ce ne sera pas pour la période qui vient dans les six mois qui viennent. Dans les six mois qui viennent, on ne va pas réformer la fiscalité, je vous le confirme. Frédéric Vidal, vous avez sans doute appris, comme nous, ce qui s'est passé ces derniers mois au sein de l'école centrale Supélexe, l'une des plus grandes écoles d'ingénieurs en France, qui a mené une vaste étude auprès de ses étudiants.
Et on a appris qu'une centaine de ses étudiants rapportaient des viols ou des agressions sexuelles entre élèves au cours de l'année scolaire écoulée. Quand vous avez appris ça, vous vous êtes dit quoi ? Je me suis dit d'abord que, évidemment, c'était terrible pour les étudiants qui avaient été victimes. Et je me suis dit, enfin, enfin, on en parle. Je crois qu'il n'y a rien de pire que d'avoir des sujets tabous. Et les violences sexistes et sexuelles à l'université faisaient partie des sujets tabous. L'école centrale Supélexe et d'ailleurs de très nombreuses écoles et universités ont mis en place des cellules d'écoute.
Mais ces cellules d'écoute, elles avaient quand même un vrai problème, c'est qu'elles étaient très peu utilisées. Et j'avais encouragé l'année dernière les établissements à demander à des associations extérieures à l'établissement de mener ces enquêtes au sein des établissements pour libérer la parole. Et c'est ce qui s'est passé, c'est ce que centrale Supélexe a eu le courage de faire. Là, vous avez 100 personnes qui disent, j'ai été victime d'agression ou de viols de la part de l'un de mes voisins de chambre ou l'un de mes voisins d'amphithéâtre. Et la justice s'en est emparée, c'est très bien.
Sur ces 100 personnes, si on en croit l'article du Monde qui a révélé cette affaire, aucune n'avait porté plainte. Bien c'est ça. Aucune n'avait porté plainte. Sans viol, aucune plainte. Mais là, je pense que vous abordez vraiment le cœur du sujet. Pourquoi aucune plainte ? Aucune plainte parce qu'aller me plaindre à mon établissement, c'est risquer de croiser dans les couloirs ensuite quelqu'un à qui j'ai parlé. Et donc la honte, elle est toujours du côté de la victime. D'où l'idée, dans le plan que nous avons co-construit avec les établissements et avec les étudiants et les associations, de dire qu'il faut qu'il y ait plusieurs lieux de recueil de la parole.
Ça peut être des lieux institutionnels, mais il faut qu'on embarque beaucoup plus les associations. Il faut qu'on forme les gens au recueil de la parole. Il faut que les gens ne soient pas désarçonnés. Il ne faut pas qu'ils se disent « Ouh là là, qu'est-ce que je vais faire avec ça ? » Vous l'avez mentionné, c'est très souvent en dehors des établissements, pendant la vie périuniversitaire. C'est très souvent entre étudiants. Un chef d'établissement, un conseil disciplinaire, il sait gérer une fraude à un examen. Il ne sait pas gérer ce qui se passe pendant un week-end. Mais il y a la question de la réputation de l'établissement.
Comment est-ce que les établissements peuvent enclencher des procédures disciplinaires avant même que des plaintes soient déposées au pénal ? Comment est-ce qu'on encourage les gens à aller au pénal ?
Toutes les questions, quelles sont vos réponses ?
Les réponses, elles sont claires. Il faut d'abord un plan de formation massif qui soit financé par l'État. Et c'est ce qui est fait, et c'est ce qui commence d'ailleurs aujourd'hui même. Un plan de formation pour tous les établissements. Il faut financer... Financé par l'État, ça veut dire combien sur la table ? C'est sur les cinq prochaines années, un budget de 7 millions qui est prévu pour ce plan violence sexiste et sexuelle. C'est la possibilité de financer des associations qui vont venir en même temps que les établissements recueillir la parole. Pardon de reposer la même question à chaque fois. Combien d'argent sur la table ? C'est le plan global.
Les 7 millions d'euros, c'est le plan global. C'est au ministère une cellule d'appui, d'accompagnement juridique pour les établissements. Il faut à la fois prendre en charge psychologiquement les victimes et il faut aussi les accompagner pour qu'elles aillent porter plainte. Il n'y a que ça qui fonctionnera. Il faut que la peur change de camp. Et il faut une vraie tolérance. Vous avez dit tout à l'heure, l'une des questions posées, c'est que la personne n'ose pas forcément dénoncer les faits puisqu'elle a peur tout simplement de croiser son agresseur dans les couloirs, dans les mois qui viennent.
Dans l'attente d'une enquête, dans l'attente d'un jugement, est-ce qu'un étudiant qui est soupçonné d'agression ou de viol doit rester à la maison ? Est-ce qu'on doit l'écarter de la fac ? C'est là que c'est très difficile. Évidemment, ça dépend des faits. Tout en respectant la présomption d'innocence. Qu'est-ce qu'on fait dans ces cas-là ? Dans ce cas-là, il ne faut pas toujours que ce soit la victime qui soit déplacée, changer de cours ou changer d'emploi du temps. C'est ce qui se passe de façon générale. Et là aussi, on peut simplement réorganiser les choses. Évidemment, il faut respecter la présomption d'innocence. Et ça, c'est très important.
Mais d'un autre côté, il faut comprendre que si, lorsqu'on enquête par l'extérieur, par une association, on a toutes ces choses qui sont révélées, ça veut dire que concrètement, malheureusement, la victime est souvent une deuxième fois victime parce que c'est elle qui est déplacée. C'est à elle qu'on demande de changer l'emploi du temps. Donc, c'est à l'agresseur présumé d'être déplacé, pas à la victime ? Non, c'est une organisation qui doit se mettre en place. Et il n'y a pas forcément à faire porter le poids de cela sur l'agresseur présumé ou sur la victime présumée. Il faut que les gens puissent en parler. Et je crois que c'est ça qui est important.
Alors justement, concrètement, moi, si je suis étudiante et que je suis victime d'harcèlement ou d'agression sexuelle dans ma fac, qu'est-ce que je peux faire ? À qui je m'adresse là dans l'immédiat parce que je suis en détresse ?
Alors, aujourd'hui, il y a des dispositifs qui sont en place. Ils sont institutionnels. Ils sont en place dans 95% des établissements. Donc, il y a une adresse mail, il y a un bureau, il y a quelqu'un à qui on peut aller s'adresser. Ce que nous avons fait au mois de juillet, c'est que nous avons lancé un appel à candidature. Et on a plus de 87 associations qui se sont mobilisées et qui pourront évidemment intervenir aussi. Et donc, c'est l'objet de ce plan. Et il y a le 39-19, évidemment. avec, au sein du 39-19, là aussi, une formation particulière pour prendre en compte les appels qui viendraient de la part des étudiants. Vous pensez qu'on en est encore au début de cette vague ?
MeToo, quand on voit ce qui se passe à Centrale, il y avait eu la même chose dans les instituts d'études politiques avec la vague Science Sport, il y a déjà plusieurs... En début d'année, oui. En début d'année, vous pensez qu'on en est encore au tout début à l'université et dans les grandes écoles ? Je pense que les choses vont changer parce qu'on a justement été capable d'en parler. Vous savez, il y a aussi beaucoup de choses à dire sur la question du consentement. Et je pense qu'il faut rappeler ce qu'est le consentement. Et ça, c'est quelque chose qui doit aussi faire partie de ces actions de formation.
Souvent, quand on discute de cela avec des étudiants, ils disent « Je ne me suis pas rendu compte que je n'ai pas eu l'impression d'eux. » Et donc, c'est cette campagne de sensibilisation, de communication. Elle doit évidemment toucher les personnes qui vont recueillir la parole, mais aussi l'ensemble des étudiants. Et je crois que c'est un changement d'état d'esprit. Et si on se dit que plus rien ne sera impuni, alors on réfléchira peut-être un tout petit peu plus avant. On va parler avec vous, Frédéric Vidal, dans un instant. Parcoursup, on va tenter de faire le bilan de cette plateforme. D'abord, le fil info à 8h50. Voici Diane Ferschit.
C'est aujourd'hui la date limite pour les soignants. Ils doivent présenter un schéma vaccinal complet pour aller travailler et pour inciter encore davantage la population à recevoir une injection anti-Covid. Les non-vaccinés devront désormais débourser entre 22 et 45 euros pour se faire dépister des tests dont la facture s'envole pour cette année. Plus de 6 milliards d'euros. Un an après l'assassinat de Samuel Paty, qui moment d'hommage dans les écoles aujourd'hui. Chaque établissement choisit la forme qu'il veut lui donner. Minute de silence, temps de dialogue, débat avec les élèves.
Le 16 octobre dernier, Samuel Paty avait été sauvagement assassiné devant son collège de conflans Saint-Honorin dans les Yvelines. Là, une cérémonie est prévue en fin d'après-midi entre enseignants et élèves. Il y en aura une autre demain en présence de Jean Castex et d'Emmanuel Macron. Un ancien préfet de Loire-Atlantique mis en examen pour homicide involontaire dans l'enquête sur la mort de Steve Maya Canisso à Nantes. C'était lors de la fête de la musique 2019. Après une opération de police controversée, le jeune homme de 24 ans était tombé dans la Loire. Washington appelle à une désescalade des tensions au Liban.
Après les affrontements en marge de manifestations, bilan 6 morts, une trentaine de blessés des violences qui ravivent le spectre de la guerre civile. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
On est toujours avec Frédéric Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur. Chaque année, on entend parler du casse-tête de Parcoursup. Est-ce qu'aujourd'hui, 15 octobre, tous les lycéens qui le souhaitent ont pu trouver une place dans l'enseignement supérieur ?
D'abord, quand on parle de Parcoursup, je crois qu'on oublie de parler de ce que Parcoursup a remplacé. Parce qu'on en parlait beaucoup plus à l'époque où on tirait au sort et où il y avait des milliers d'étudiants qui étaient exclus de l'enseignement supérieur par le tirage au sort. Donc, à l'heure où on se parle, comme je le dis, et c'est pareil chaque année, les jeunes sont accompagnés jusqu'au bout. Y compris, d'ailleurs, sur des questions de réelle orientation.
Mais là, il en reste des lycéens
qui n'ont pas de place ? Il en reste probablement quelques dizaines, mais qui continuent à être accompagnés et qu'on va probablement diriger vers ce qu'on appelle des classes tremplins, des temps qui leur permettent de consolider leurs acquis. Vous savez, c'est très difficile lorsque l'on est dans un lycée professionnel. L'avis du conseil de classe, c'est ne poursuivez pas vos études et pourtant on a envie d'en faire. Et bien maintenant, on peut le faire au travers d'un classe tremplin. Donc, quelques dizaines sans affectation alors qu'on est à la mi-octobre, mais plusieurs dizaines de milliers. Plus de 500 000 qui ont été affectés quand même sur un choix qu'ils ont fait.
Et quelques dizaines de milliers qu'on perd de vue pendant l'été. 22 000, c'est le chiffre qui vient de votre ministère à la mi-juillet. Ils sont où, ceux qu'on perd en cours de route, les 22 000 ? Alors, il faut bien comprendre comment les choses se passent. Les voeux, ils sont faits au mois de mars, au mois d'avril. Très tôt dans l'année. Très tôt dans l'année. On a, même s'il n'y en a pas énormément, on a des jeunes qui simplement n'ont pas le baccalauréat.
Et puis, on a des jeunes, notamment dans les filières professionnelles et techniques, qui ont vocation à insérer professionnellement au niveau du bac, qui s'insèrent professionnellement et qui ne démissionnent pas de la plateforme, mais simplement qui ne cherchent plus. Vous nous dites, en gros, ça marche de mieux en mieux. Les lycéens, eux, disent le contraire quand on les interroge. Il y a eu une enquête que vous avez sans doute lue, comme nous, Frédéric, qui dit que le taux de satisfaction a baissé cette année. Oui, c'est même nous qui faisons cette enquête pour connaître le taux de satisfaction. Donc, il se trompe, les lycéens qui pensent ça ?
Non, pas du tout, mais je vous signale quand même qu'on sort d'une année qui est plus que particulière et que s'il n'y avait pas eu Parcoursup, on ne faisait pas de rentrée tout court. Donc, je comprends bien que cette année, elle a été difficile. Elle a été difficile pour les lycéens. Elle a été difficile pour les étudiants. Et oui, cette année, ça a été un peu plus compliqué parce que moins d'accompagnement au niveau du lycée, parce que moins de possibilités de faire des visites dans les universités pour faire son choix. Donc, oui, ça a été une année difficile, je vous le confirme.
Jean-Luc Mélenchon dit que Parcoursup, c'est un brise vocation. Si dans six mois, il est élu, il arrête Parcoursup. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Il ne dit juste pas par quoi il le remplace. Et quand vous regardez le programme de Jean-Luc Mélenchon, vous rajoutez celui d'Anne Hidalgo, finalement, dans le SCO et dans le SUP, c'est l'école des fans. À la fin, tout le monde a gagné, personne n'a perdu. Je crois qu'il faut être un petit peu sérieux. Et puis, dans ce que propose Jean-Luc Mélenchon, je lui conseille de relire la loi pour la recherche qu'il n'a pas votée, puisqu'aujourd'hui, on recrute au CNRS à 2500 euros net. Vous avez des nouvelles, Frédéric Vidal, des islamo-gauchistes qui gangrènent les universités françaises, comme vous les aviez dénoncées il y a quelques mois.
Eh bien, écoutez, je crois qu'ils vont, là encore, au travers de tout ce que ces quelques secondes ont généré, on a remis du débat et de la discussion dans les établissements. Alors, vous avez remis du débat et vous avez demandé un rapport au CNRS qui a refusé de vous le rendre. Il y a un rapport, finalement, qui sera rendu ou pas sur cette question ? Est-ce que vous allez définir le phénomène, le chiffrer aujourd'hui en France ? Écoutez, moi, ce qui est très important pour moi, c'est de rappeler qu'on en parlait au début de l'émission, la liberté académique et l'intégrité scientifique, ce sont les deux piliers de la recherche et les deux piliers de l'université.
Et donc, il y a, finalement, beaucoup de débats qui ont eu lieu après ces quelques secondes d'intervention. J'en suis ravie. Parce que ça a permis à des gens qui avaient l'impression qu'ils ne pouvaient plus exprimer leur opinion, eh bien, de pouvoir le faire, ça a permis de recenser un certain nombre d'empêchements de congrès, de colloques, dans tous les sens. Vous avez une idée chiffrée, aujourd'hui, du phénomène dans les facs ? En fait, vous savez, ce qui s'est passé, c'est qu'il y a un observatoire européen qui s'est monté, et même un observatoire mondial qui veille aujourd'hui et qui recense. Et la France n'est pas si bonne que ça dans la liberté académique.
Qui recense l'effet d'islam-gauchisme ? Qui recense tout événement empêché dans les universités. On a beaucoup parlé de ce terme. La question était plus générale. C'est est-ce qu'aujourd'hui, dans l'université, comme dans les écoles, les enseignants, les enseignants-chercheurs peuvent étudier, rechercher, sur tous les thèmes qu'ils souhaitent, sans être empêchés, sans être immédiatement ostracisés. Et je crois que ce débat a été salutaire. Parce qu'aujourd'hui, à l'université, de nouveau, on a une liberté d'opinion. De nouveau, on a la capacité de parler de tout et de ne pas être d'accord. Il suffit d'en parler comme vous l'avez fait il y a un an pour régler quasiment la question.
Vous savez, souvent, il suffit d'en parler. Et à partir du moment où on lève le tabou, les gens, au sein des universités, notamment, parce qu'ils se sentent de nouveau capables d'avoir une pluralité des recherches, les choses se sont nettement améliorées de ce point de vue-là.
Un dernier mot, justement, sur la recherche. Emmanuel Macron, à l'Elysée, lors de la présentation du plan France 2030, a admis un sous-investissement dans la recherche. Nous avons beaucoup désinvesti, a-t-il dit, à six mois de la présidentielle. Ce n'est pas un peu tard pour dire ça ?
Non, vous avez probablement mal écouté ce qu'il a dit. Ça fait 20 ans qu'on devait atteindre 3% du PIB pour la recherche.
Tous les gouvernements,
tous les gouvernements qui nous ont précédés n'ont rien fait. Nous avons réinvesti 25 milliards dans la recherche. C'est la première fois que quelqu'un le fait. C'est ce qui va nous permettre d'atteindre les 3% du PIB. En 2030 ? En 2030 ? Attendez, laissez-moi terminer. Nous avons réinvesti sur 2021-2022 7,5 milliards d'euros sur la recherche au travers du plan de relance. Commencez à faire vos calculs, nous en sommes à 32,5 millions. Milliards ? Milliards. Et dans le cadre de France 2030, c'est encore une accélération qui va être donnée sur la recherche et l'innovation.
Donc, qu'on trouve un autre gouvernement qui dans les 50 dernières années a été capable sur le temps long parce que la recherche c'est du temps long, sur du temps plus court, 2 ans, sur du temps intermédiaire, 5 ans, de mettre quasiment 40 milliards d'euros sur la recherche et puis ensuite, je reparle avec eux volontiers. Frédéric Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche était ce matin l'invité de France Info. Merci, bonne journée à vous. Bonne journée. Si vous aimez le 8.30 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses.
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