"La Russie, un ogre à nos portes" (E. Macron à LCI)|LCI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 7:30OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir des mots aussi durs sur Vladimir Poutine au moment où il faudrait éviter de le braquer ?
- 9:00OuverteRéponse partielle
C'est quoi le champ naturel d'expansion de la Russie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Emmanuel MacronFait
« depuis au fond 2007, le président Poutine a rarement tenu ses engagements. »
- 1:00Emmanuel MacronChiffre
« un pays qui investit 40 % de son budget dans de tels équipements, qui a mobilisé une armée de plus d'un 1300000 hommes »
- 3:00Emmanuel MacronFait
« il a besoin de continuer de manger. Voilà. Et donc c'est un prédateur, c'est un ogre à nos portes »
- 3:30Emmanuel MacronFait
« une Russie surarmée dont le régime tient par la guerre et qui se réclame comme tel »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Je je me permettrai pas de faire des qualifications comme ça la position qui est la mienne dans le moment que nous vivons parce que j'ai toujours du respect pour mes collègues, mes interlocuteurs. Mais je sais une chose, c'est que depuis au fond 2007, le président Poutine a rarement tenu ses engagements. Il a constamment été une puissance de déstabilisation et il a cherché à revoir les frontières pour étendre son pouvoir.
Et je pense que quand un système politique qui a le la culture profonde quand même de la Russie héritée du régime soviétique s'inscrit aussi durablement faisant autant de sacrifice dans cette logique, il est très dur de revenir en arrière. Et donc je pense que la Russie est devenue durablement une puissance de déstabilisation et une menace potentielle pour beaucoup d'entre nous et que le niveau de d'investissement qu'elle a consenti ces dernières années ne passe pas de 100 à zé du jour au lendemain. Et donc un pays qui investit 40 % de son budget dans de tels équipements, qui a mobilisé une armée de plus d'un 1300000 hommes, il ne reviendra pas à un état de paix et un système démocratique ouvert du jour au lendemain.
Ne soyons pas naïfs. Et donc, y compris pour sa propre survie, il a besoin de continuer de manger. Voilà.
Et donc c'est un prédateur, c'est un ogre à nos portes et je dis pas que dès demain c'est la France qui sera attaquée, mais enfin c'est une menace pour les Européens, faut pas être naïf. Et je le dis avec un immense respect pour le peuple russe, ce pays, sa grande histoire, sa tradition et ses dirigeants, mais nous en sommes là. Il faut pas être naïf.
Prédateur, ogre, puissance de déstabilisation, une menace. On n'est pas du tout dans le même état d'esprit que le président américain là. On est dans un registre de lucidité, de lucidité face à la réalité de cette menace, une Russie surarmée dont le régime tient par la guerre et qui se réclame comme tel.
C'est-à-dire qu'on a la parole d'officiels russes du plus haut niveau qui disent il y a une quelque chose de consubstantiel dans l'ADN russe d'être tendu vers la guerre. Alors il faut pas éternellement essentialiser un peuple, sa civilisation et cetera. Mais dans l'instant de l'histoire où nous nous parlons, c'est ça dont il est question. nos interlocuteurs russes sont dans cet état d'esprit durablement.
Et d'ailleurs, c'est intéressant d'observer que le directeur adjoint de cabinet de Poutine à l'issue de ces rencontreslà exprime de façon très décontractée. C'est un des rares grands dirigeants proches de Poutine habilité à s'exprimer publiquement. Il dit "S'il y avait un accord de paix avec l'Ukraine, cela ne nous empêcherait pas de continuer notre guerre informationnelle contre l'Europe entière." Il le dit, il le dit.
Il le dit clairement. Et les raisons euh qu'explique Emmanuel Macron sont très claires. D'abord, il y a l'enjeu d'un d'un régime qui post dans l'air post-soviétique sement installé dans cette logique de déstabilisation et de prédation.
Mais il y a à plus court terme quelque chose de de d'extrêmement tangible qu' qu'il pointe du doigt aussi. Si euh le régime russe devait retomber dans un régime de paix, il aurait à faire face à trois grands défis qui le déstabiliseraient lui-même. D'abord, le fait de transformer son économie de guerre en une économie paix alors que toute l'économie russe qui est hyper inflationniste, hyper endettée du fait de la sursubvention de l'industrie de l'armement euh ne tiendrait pas et donc il n'y aurait pas de prospérité pour le peuple russe.
Ça serait forcément un facteur de déstabilisation interne, tout comme la démobilisation de soldats russes qui ont été envoyés pour une guerre qui n'ont pas toujours très bien compris. On l'a vu de nombreuses reprises. Une démobilisation partielle ou totale d'autant de troupes russes, ça serait en terme de sécurité intérieure pour un pays aussi grand, aussi vaste que la Russie, un défi sécuritaire majeur.
Sans parler du défi d'une d'administrer civilement des territoires annexés par la force. euh qui en tant que tel nécessiterait aussi des ressources donc par euh on va dire la vision qu'il a de son propre pouvoir et dont la la façon dont son système tient et par les difficultés immédiates que représent le passage à la paix. On peut on peut douter, on peut on peut être vigilant, devrais-je dire, quant à la capacité réelle de Poutine à passer d'un registre à l'autre. vigilant lucide.
Peut-être une analyse politique. Permettez-moi juste parce que euh on sent quand même euh un il y a quelque chose qui se passe après ce sommet à Washington. On sent qu'il y a des avancées concrètes sur les garanties de sécurité.
Ça, on va le détailler. On sent qu'il y a un espoir de rencontre en tête à tête Zelenski, Poutine. Effectivement, Donald Trump, lui ose dire les mots.
Il il prononce le mot paix. On n'est peut-être pas là, mais il y a peut-être un premier pas vers le chemin de la fin du conflit. Et Emmanuel Macron, vous entendrez l'intégralité de son interview.
Vous vous ferez une idée à partir de de 10h sur LCI, on sent que de la prudence de la part du chef de l'État. Pourquoi ? Pourquoi avoir des mots aussi durs sur Vladimir Poutine au moment où peut-être il faudrait commencer à à essayer de faire en sorte qu'il se braque pas trop le président russe ?
D'abord parce que nous sommes les voisins de la Russie et que ça ne changera pas. Hm. Euh il a dit euh un ogre à nos portes euh c'est et que même si le président américain lui euh si la paix ou quelque chose qui ressemble à de la paix se fait dira "Je m'en lave les mains, je fais mon travail, c'est formidable, nous resterons." Et je pense que Manuel Macron dans son discours politiquement veut réveiller l'Europe.
Il veut réveiller l'Union européenne en disant "Si l'affaire se règle et que les armes ne tonnent plus, ça ne règlera rien au fond." Moi, je pense que le mot n'a pas été employé, mais que nous nous revenons à une période de guerre froide. Nous revenons à une période où entre les deux grands voisins, l'Europe telle que nous la pensons et tel qu'elle s'est organisée et et la Russie, nous nous rentrons dans dans une période à nouveau très difficile de de tension, d'affrontement alors avec d'autres armes que celles de la guerre froide des années 60 aujourd'hui avec des déstabilisations à haut niveau, des opinions publiques et cetera et que peut-être ce serait la chance de réveiller l'Europe Et peut-être qu'au fond Emmanuel Macron essaie de dire "Regardez ceux qui sont à nos portes.
Si vous si vous dites que votre voisin est un ogre, qu'est-ce que vous allez faire ? Vous allez blinder votre porte, vous allez vous armerz muscler votre défense pour éviter que l'un vien manger vos enfants. Je pense qu'il essaie de prendre le leadership d'un réveil européen qui doit dire ne soyons pas naïfs.
D'abord, les intérêts du président américain nous a montré ses limites quant à la défense de l'Europe. Euh c'est peut-être aussi la la différence avec la guerre froide telle qu'on a connu. Mais surtout la Russie reste et restera notre voisin.
Poutine reste et restera président de la Russie à mon avis au moins jusqu'en 2036 ce que lui permet aujourd'hui la Constitution. C'est dans 11 ans he36 aucun des chefs d'État qui était présent hier ne sera encore au pouvoir dans une démocratie. lui sera toujours là et que ce réveil européen, moi que j'appelle de mes vœux, c'est un réveil de souveraineté, c'est un réveil militaire industriel pour dire il faut que nous soyons forts et puissants pour que euh l'ours russe euh continue à être dans son champ naturel de d'expansion mais ne veuille pas aller plus loin.
C'est ça. Ouais. C'est quoi le message de Macron ?
Ne soyez pas naïfs. Ce qui se passe aux USA, c'est bien, les choses sont en train de changer, mais derrière ça, nous restons avec le problème parce que nous restons les voisins de la Russie. Et il a raison de le dire hier.
Je peux poser une question tout de même ? C'est quoi le champ naturel d'expansion de la Russie ? Euh non, ben enfin oui, alors c'est tout le débat.
On sait bien que l'ours russe n'a jamais supporté qu'à ses frontières il y ait autre chose que des gens soumis. Donc c'est pas à moi de le définir ici ou à dire quel serait le champ idéal. On on sait que du point de vue russe, l'histoire nous a toujours montré ça et et et sur ce sujet donc il y a des risques de main dans les pays balt effectivement pour les raisons que vous avez évoqué pour maintenir l'économie de guerre, il peut avoir des des tentatives ailleurs, avoir fermé quelque part ou apaisé le front ukrainien pour ouvrir d'autres fronts.
Tout ça est vrai. Mais qu'est-ce qu'il faut répondre à ça ? Il faut juste répondre que l'Europe, au sens où on l'entend, doit se muscler, s'armer, s'industrialiser pour être capable de résister, pour être capable de dire "Notre voisin est-ce qu'il est ?" Mais dans notre territoire, dans notre périmètre, nous défendons nos valeurs et nous sommes forts.
Aline Lebrer, c'était le moment de le dire hier soir à l'issue de ces réunions. Oui, c'était absolument le moment pour plusieurs raisons. Déjà parce qu'il est question dans sur le point des garanties de sécurité de la coalition des volontaires, donc porte beaucoup Emmanuel.
C'est il y a ça qui se joue. Donc faut bien qu'il explique. Le débat euh porte aussi sur des questions extrêmement techniques et extrêmement importante de ce que vont devoir faire ou pas, qui comment répondre à d'éventuels tirs, à quel endroit de de l'Ukraine, qu'est-ce qui va se passer dans les airs et cetera.
Donc pour euh comment dire évoquer cela, euh il faut rappeler euh il a eu des mots forts enfin il a eu des mots euh très précis euh et très juste. Euh voilà euh lucide, la Russie est une menace et une deuxième chose et ça euh c'est euh ce euh qu'à peu près euh tous les peuples qui n'ont pas du tout envie d'être dans la supposée zone d'expansion naturelle de la Russie. Mais je sais mais je sais c'est pour ça que je vous appu mais c'est c'est intéressant de de développer ça parce que c'est exactement le problème.
Donc il y a beaucoup de clubs dont des balles qui par exemple je citerai la présidente pardon la l'ancienne ministre de la défense lituanienne qui explique que de toute façon pour négocier avec le créelin il faut avoir un pistolet sur la table et donc il faut bien comprendre que toute tentative de dialogue toute tentative de gentillesse, d'amabilité de tapis rouge est vécue est interprété par le créelin et son orchestre mais aussi toute la société russe comme une marque de faiblesse à écraser La gentillesse n'est pas une vertu. Le dialogue, l'empathie n'est pas une verbu. C'est mépriser.
C'est partir en de en dessous en et se rabaisser dans la négociation. Donc en Occident, quand on voit quelqu'un par exemple dans ce cadre là, je je me garderai de parler d'ADN mais en tout cas je parle de logique politique. Quelqu'un qui est éventuellement en train de se noyer politique au sens sociétal du terme, on va lui tendre la main pour le pour le nonel là ça ne marche pas comme ça.
Quelqu'un qui est en train de se mailler, on va lui appuyer la tête pour qu'il se noie employer ce genre de langage. Oui, ils ne comprennent que ça. C'est ça qui se joue aussi dans ces cadres là.
C'est ça qui se joue quand on parle de livraison d'armes. C'est ça qui se joue quand on n'exclut pas éventuellement d'aller au sol. D'un mot, je voudrais juste souligner le fait que ces mots ne sont pas destinés à nos alliés.
Il pense à peu près la même chose. Le finlandais l' dit lui-même. Ces mots sont adressés à nous, à nous français, à nous européens à la veille d'une rentrée politique extrêmement complexe, notamment budgétaire.
À quoi servent d'éventuelles garanties de sécurité si l'Europe n'est pas capable d'investir elle-même dans sa propre défense, c'est-à-dire d'avoir par elle-même la capacité de réagir face à la menace russe. À quoi et je le dis parce queon a on a avec la loi de programmation militaire prévu de doubler le budget des armées d'ici 2030 par rapport à 2017. Le problème c'est l'exécution de cette loi budgétaire.
On va rentrer dans un débat budgétaire extrêmement compliqué sur lequel les Russes vont regarder est-ce qu'ils vont renier ? Est-ce qu'ils vont poursuivre la trajectoire ? Est-ce qu'ils vont accentuer l'effort ?
Et donc le le chaos politique de cette rentrée sociale extrêmement difficile dans laquelle la France s'engage, ce sont aussi autant d'éléments qui sont observés par nos adversaires, par ceux qui nous menaent pour comprendre si cette lucidité est doublée d'une vraie crédibilité politique, économique et militaire ou si malheureusement ça restera la lucidité pour la lucidité. Yeah.
Emmanuel Macron