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InterviewC à vous (sur YouTube)· 11 septembre 2023 8 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéSolidarités & famille

Séisme : le Maroc en deuil - Rachida Dati et Patrick Coulombel - C à vous - 11/09/2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:06OuverteRéponse directe

    C'est un drame dont vous avez mesuré l'ampleur immédiatement, Rachida Dati, dès vendredi, dès les premières heures.

  • 3:44OuverteRéponse partielle

    S'il y a eu autant de destruction et de dégâts, c'est parce que ce sont des bâtiments très anciens qui ont été touchés. Comment est-ce qu'ils étaient construits ?

  • 6:26OuverteRéponse directe

    On risque de mourir de froid. Ça veut dire qu'il faut reconstruire rapidement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:02PrésentateurChiffre
    « 2 681 morts déjà recensés. »
  • 2:53Invité politiqueFait
    « Vous ne pouvez pas arriver comme ça et dire, bon, écoutez, on est équipés, on va aller déblayer. »
  • 6:53Invité politiqueFait
    « Oui, mais le séisme de 2004 à El Osema, parce que d'ailleurs, le roi s'était déplacé trois jours après les stabilisations sur justement les secousses. »

Temps de parole

  • Rachida Dati64 %
  • Présentateur26 %
  • Présentateur 210 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Les recherches se poursuivent, mais le bilan ne cesse de s'alourdir. 2 681 morts déjà recensés. C'est un drame dont vous avez mesuré l'ampleur immédiatement, Rachida Dati, dès vendredi, dès les premières heures.

0:14
Rachida Dati

D'abord, il faut avoir quand même des pensées, une proximité, de la compassion pour ce peuple marocain. Tout à l'heure, il y avait les trois mots qui avaient été indiqués. La dignité, la résilience, la résistance. Et cette force vitale où tout le monde a envie d'en sortir. Mais pourtant, j'en ai vu des images parce que j'échange avec ma famille. Moi, j'ai toute ma famille au Maroc. Et tout le Maroc est concerné puisque les secousses sont concernées pratiquement tout le Maroc. Moi, j'ai une grande partie de ma famille à Casablanca. Certains avec eux, les alliances sont originaires de cette région. Même à Casablanca, des fissures dans les maisons. Les familles ont été concernées.

Elles dorment dehors aujourd'hui. En ce qui concerne d'ailleurs les miens. C'est encore le cas aujourd'hui ? Oui, mais on ne s'habitue pas. Moi, je revois ces images que vous montrez. Tout est dit. La sidération, le drame, la tragédie. Mais quand même encore de l'humanité. C'est-à-dire que même si j'entendais, et puis moi, je comprends l'arabe dialectal, que la traduction sur les mots, ça ne donne pas la même force. Mais ça vous bouleverse parce qu'il y a des mots qui, en arabe, veulent dire une phrase en français. Quand il dit qu'ils ont perdu leurs enfants, qu'il ne renvoie plus sa mère, le jeune qui a jeté son paquet, on dit qu'on ne sait plus où on en est. Donc forcément, ça bouleverse.

Pourtant, ce n'est pas que je veux garder de la distance. Mais justement, moi, je suis là aussi pour dire que c'est un drame qui nous concerne tous aujourd'hui. Il concerne le monde entier. Tout le monde s'est mobilisé. Tout le monde a exprimé sa compassion et sa solidarité avec ce peuple qui fait preuve d'une grande dignité. Je disais hier sur un autre plateau, moi, j'ai une maman algérienne et un père marocain. Moi, j'ai connu le tribunalement de terre d'Ela Snam, pour les journalistes qui ont connu. C'était pareil, une ville dévastée. C'était en 2004. Non, ça, c'était à L'Ocema, au Maroc. C'était en 80, je crois, de mémoire. Et l'Algérie, l'Ela Snam. C'est France. Exactement.

Et la France, tout le monde avait été mobilisé. Mais le Maroc a une expertise. C'est une réalité. C'est pour ça que, quand on parle d'aide, ça s'organise. Quand vous êtes face à cette tragédie, tous les pays font face à des tragédies comme celle-ci, il y a une organisation, il y a une coordination des secours à faire. Et je ne sais pas si vous allez me démentir, mais on n'arrive pas comme ça pour dire, bon, allez, on va les déblayer. Il y a des villages ici qui ne sont pas accessibles, tant il y a des éboulements. Ils ne sont pas accessibles. Quand les gens disent, il faut les militaires, parce qu'il n'y a qu'eux qui peuvent arriver, parce que c'est un travail de professionnel.

Vous ne pouvez pas arriver comme ça et dire, bon, écoutez, on est équipés, on va aller déblayer. Non, vous ne pouvez pas déblayer. Vous ne savez pas s'il y a des corps. Hier, je discutais avec ma famille, par exemple, ils ont su qu'il y avait encore des gens ensevelis parce qu'ils ont trouvé des photos, parce qu'ils ont trouvé... Donc, ils disent, effectivement, il y a des personnes là, c'était une pièce de vie. Et les sauveteurs disent, là, on ne peut plus rien faire. Donc, mettez-vous à la place de la famille.

On vous dit, mais je crois que mon enfant est là, ou que mon mari est là, mais on ne peut pas parce que c'est une organisation, parce que les éboulements, parce que rien n'est stable. Donc, l'heure aujourd'hui, elle est au deuil. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard s'il y a eu trois jours de deuil décrété. Elle est à la compassion, elle est à l'empathie et puis elle est aussi à cette proximité. Moi, je ne témoigne pas pour faire du témoignage, mais c'est de dire que c'est une sédération qui nous concerne tous. C'est une sédération collective. Et qui nous touche tous, oui.

3:44
Présentateur

S'il y a eu autant de destruction et de dégâts, c'est parce que ce sont des bâtiments très anciens qui ont été touchés. Comment est-ce qu'ils étaient construits ? Pourtant, ils avaient résisté à tout depuis des années. Tout simplement, il y a assez peu de séismes dans cette région-là, même si c'est une région sismique. Le sismologue nous explique qu'en réalité, des séismes comme celui-là, il y en a très rarement. C'est 1000, peut-être 10 000 ans. Et donc, comme il y a des séismes qui sont très rares, les maisons qui sont construites, même si elles sont construites depuis un siècle, elles n'ont pas subi de secousse. Donc, elles tiennent en statique. Et puis, le jour où il y a un séisme...

En plus, celui-là, c'est quand même un séisme un peu fort. Ce n'est pas un petit séisme. On a un séisme qui est à peu près la même magnitude qu'Haïti. On est un petit peu en dessous. On a vu les dégâts en Haïti. Est-ce que ça a donné sur une ville ? On n'était pas sur une ville. On est en montagne, à la campagne, où ce sont des villages. Et puis, on est quand même aussi dans une zone qui n'est pas une zone urbaine. Et puis, cet endroit-là est a priori truffé de failles. Donc, si vous avez des constructions qui sont sur une faille, malheureusement, il n'y a pas grand-chose qui tient. C'est-à-dire que ça, c'est un des problèmes. On peut craindre des répliques.

Donc, l'urgence aussi, c'est de surveiller de très près les maisons fissurées ou endommagées qui risquent de s'effondrer. Il y aura des répliques. Il y en a. Et c'est tout à fait normal. Il y en a eu. Et évidemment. Et puis, en plus, il y a un autre phénomène. C'est que... Bon, vous avez vu les gens, comment ils sont choqués. Même nous, là, ici, on regarde ça. Et puis, on a les glandes, quoi. Parce que c'est quand même terrible, ce qui se passe. Et personne n'est indemne avec des trucs comme ça. Il suffit d'avoir vécu une réplique ou un séisme une fois pour comprendre ça. C'est quelque chose de traumatisant. Qui est traumatisant pour les gens. Qui est traumatisant pour tout le monde.

On arrive à... Collectivement. Je dirais tout à l'heure, quand je vous entendais parler, mais j'avais l'impression que... Vous savez, le Maroc, c'est pas si loin. Et c'est un peu chez nous aussi, quoi. On a un peu cette impression-là. Parce que c'est vraiment pas loin. En plus, on y va. On y va en vacances. On va... C'est-à-dire que c'est des endroits où... Et puis, on se sent concerné par tout ça. Mais on se rend compte que psychologiquement, il y a un énorme impact. Alors, la meilleure des solutions pour les gens, pour mieux le vivre, c'est de surtout pas rentrer dans les bâtiments dans un premier temps. De gérer la problématique qui est en train de se faire.

Parce que qui est longue, c'est celle du... Il faut déblayer. Il faut aller rechercher les survivants. Il faut essayer d'en trouver, puis rechercher aussi les corps des victimes. Parce que c'est un travail de deuil qui est à faire important. Et on entendait, de nombreux Marocains, qui disaient que l'urgence, c'est de reloger les sinistres et ceux dont les maisons étaient dévastées. Parce que très vite, il va faire froid. On entendait, on risque de mourir de froid. Ça veut dire qu'il faut reconstruire rapidement ?

6:28
Rachida Dati

Oui, mais l'urgence aujourd'hui, c'est d'abord le sauvetage. C'est pour ça que là, il faut déblayer, sauver au maximum, retrouver, comme vous disiez très justement, retrouver les corps, même si le deuil, on enlève des éboulements et on enterre immédiatement. Donc c'est vraiment violent, c'est très violent. Et c'est vrai qu'avec le temps... On ne pourra pas longtemps compter sur des tentes de fortune. Oui, mais le séisme de 2004 à El Osema, parce que d'ailleurs, le roi s'était déplacé trois jours après les stabilisations sur justement les secousses. Il s'était... Parce que Paris, on a un peu de la famille un peu partout, mais il s'est déplacé sur place.

Il est resté sur place jusqu'au relogement du dernier. Et ça, en tout cas, c'est la vertu d'un État organisé et centralisé. Parce que là, tout est sous son autorité et c'est coordonné de cette manière-là. Parce que les membres de votre famille, là, ils ont peur de retourner chez eux. Ah mais non, mais là, ils ne veulent pas y retourner. Ils ont peur des fissures. Puis il y a des répliques. Hier encore, il y a eu des répliques. Donc là, ce que vous disiez est très juste. C'est vrai que même si ça ne tremble pas, moi, je vois pas des gens de ma famille qui disent « Mais j'ai eu le sentiment que ça a bougé. » Alors que ça n'a pas bougé.

Tout le monde est dans cette crainte-là et cette angoisse-là que ça revienne. Et donc, et la force de ce pays. Alors, moi, c'est aussi ce qui m'a beaucoup structurée avec ma famille, mes parents. C'est ce qui fait... D'ailleurs, quand... C'est la solidarité. Ah bah bien sûr. Moi, je trouve... Moi, je vois avec ma famille... On est une famille nombreuse. La force du clan, mais là, la force d'un peuple. Et là, quand il y a un décès chez le voisin, vous êtes concernés. Et donc, la force de cette solidarité, c'est ce qui leur permettra aussi, je pense, de se relever de cela.