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interviewSud Radio (sur YouTube)· 9 juillet 2025 16 min

Agriculture : le Parlement adopte définitivement la controversée loi Duplomb

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Sud Radio, les débats de l'été 10h 13h Maxime Liedu. Comme désormais chaque loi qui va décider un moment de l'avenir de l'agriculture dans notre pays, celle-ci n'y a pas échappé. La loi du plomb qui a fait énormément parler ces derniers jours et qui était très importante du côté des agriculteurs.

Le ministre de l'agriculture, la ministre de l'agriculture Annie Geneva, parle elle d'une loi équilibrée face aux attaques de la désinformation. Le temps est donné et on va le ton est donné et on va en discuter avec Laurent Duplomb, le LR hauteel qui porte cette loi. Sénateur LR Hloire qui porte cette loi.

Bonjour. Bonjour. Euh ce qui est important de dire aussi dans votre parcours, c'est qu'accessoirement hein accessoirement vous êtes agriculteur donc c'est un tout petit peu utile quand on est sénateur et qu'on peut parler des sujets qu'on connaît quand on voit la quantité d'attaques que vous avez subie et les pressions politiques ont existé sur cette loi d'un mot.

Elle a été adoptée hier, je le disais, réintroduction de certains produits phytosanitaires avec des démarches sur le stockage d'eau. Il y a aussi la séparation de la qualité de vente et de conseil des produits phytosanitaires et on va dire qu'on a élargi la capacité d'installer de on va dire certaines installations qui étaient classées pour la protection de l'environnement. On va aller dans le détail avec vous mais d'un mot, est-ce que vous êtes soulagé que cette loi soit enfin votée ?

Oui. Euh je sais pas si je suis soulagé, mais en tous les cas c'est une satisfaction de voir aujourd'hui le travail accompli à travers euh à travers le vote hier à l'Assemblée nationale. On me disait tant que ça serait difficile d'avoir une majorité à l'Assemblée nationale.

On est à 316 voix pour 223 contre, ce qui veut dire 93 voix d'écart pour l'adoption de ce texte. Donc elle a rassemblé une très large majorité au-delà de la majorité de l'Assemblée nationale puisque normalement il enflait à peu près 280 et on en a eu plus de 310. H donc ça prouve que l'explication qu'on a donné pendant tous ces derniers mois depuis le vote du Sénat au mois de janvier, la réalité des choses qui font que notre pays surtranspose de façon importante les règles européennes créant par définition des contraintes mais aussi une concurrence déloyale avec les producteurs de l'autre côté de la frontière française.

Oui. Et donc la réalité c'est que on n pas fait quelque chose de mieux pour les agriculteurs français. On les a simplement mis au même niveau de possibilités de production que les producteurs allemands, italiens ou espagnols.

Mais comment vous expliquer le le le déchaînement de critiques, de pression euh euh qui se sont clairement accumulé euh ces dernières semaines pour empêcher certains parlementaires de la voter, certains parlant même de croisade contre l'écologie. tout à l'heure, même pendant les débats, certains utilisaient les mêmes termes. Comment vous expliquez cette tension permanente à chaque fois qu'on aborde, j'en ai l'impression en tout cas, un sujet agricole ?

Bah parce que l'écologisation de tous les débats fait qu'aujourd'hui, il n'y a plus de possibilité d'avoir un certain un débat. Et donc là où on a 26 pays qui autorisent une molécule en disant qu'elle est peu dangereuse pour les abeilles, et ben on arrive à quelque chose en France qui est transformé par une molécule qui est hyper dangereuse pour tout le monde et qui tue les abeilles. Voilà la réalité de ce que nous vivons.

C'est quoi ? C'est la déformation c'est la désinformation du débat. C'est la déformation d'une partie du débat.

La gauche et l'écologie n'ont de cesse à vouloir être sur un triptique qui est assez simple. On commence par l'apport. La désinformation et l'apport.

Une fois qu'on a bien fait peur et ben on culpabilise les Français et une fois qu'on les a culpabilisé et bien on leur interdit. Et c'est ce que je dis souvent, la gauche des interdits euh n'a aujourd'hui de limite pour rien. La réalité en fait de ces interdits fait qu'aujourd'hui et bien on se bloque la production.

Et donc quand on se bloque la production et bien non seulement on crée plus de la valeur dans notre pays, non seulement on ne crée plus une alimentation française, mais on se jette dans les bras avec une naïveté totalement coupable des importations. C'est des importations à aux frontières avec des pays européens qui eux ont la possibilité d'utiliser certaines choses qui font qu'ils ont soit de la compétitivité ou de la productivité supplémentaire à nous ou voir même pire qui ils ont encore des solutions alors que nous on regardait la noisette, regardez la pomme cette année si nous ne réintroduisions pas la cétane elles étaient totalement dans l'impasse ces filières. L'impasse ça veut dire en clair qu'elles ne peuvent plus produire.

Donc on en arrive à un point où euh c'est le cantisme. Vous savez euh Charles Peggy disait du cantisme, le cantisme a les mains pure mais il n'a plus de main. Donc la gauche et les écologies voudra avoir une é une agriculture propre mais au final on aura plus d'agriculture du tout.

Il y a eu euh il y a eu notamment un aspect aussi de cette loi qui a été vivement critiqué, c'était le le stockage de l'eau. Beaucoup ont parlé de de scandale, on a entendu énormément d'éléments de langage sur cet aspect. vous vous parlez justement que au contraire stocker l'eau comme vous vous apprêtez à le faire, c'est un intérêt c'est c'est on va dire un objet d'intérêt général.

C'est d'ailleurs comme ça que ça a été évoqué dans la loi. Expliquer concrètement comment ça va se passer, pourquoi c'est si important pour vous. Bah pourquoi c'est important ?

Parce que une plante pour pousser, elle a besoin de fertilisant et elle a surtout besoin d'eau. Et que la réalité à tous ceux qui nous expliquent que c'est un accarement de l'eau, non, c'est faux. C'est pas un accaparement de l'eau puisque l'eau que les agriculteurs utilisent pour faire des fruits et des légumes et bien en fait ceux qui les consomment mangent cette eau à travers les fruits et les légumes.

Quand on fait 1 kg de viande la vache elle a aussi bu de l'eau. Et donc à un moment donné cette eau qui euh par un un débat un peu tronqué, par une façon de toujours caricaturer et bien ressemblerait à un accaparement. La réalité c'est que quand l'eau passe en excès et bien on stocker une partie pour s'en servir quand l'eau manque et bien c'est la réalité de ce que l'homme a vécu et a fait pendant des siècles et des millénaires.

Depuis que l'agriculture est arrivée sur notre territoire et depuis que le l'homme s'est organisé à produire des denrées alimentaires, et bien la première chose qu'il a essayé de faire, c'est de limiter les périodes dans lesquelles il avait besoin d'eau de façon à avoir de l'eau en stock pour pouvoir l'utiliser. Je veux juste rappeler quelques chiffres. En France, la surface irriguée, c'est moins de 7 % de la surface.

C'est 14 % en Espagne, c'est 25 % en Italie. H la quantité d'eau que nous utilisons en France en moyenne à l'hctare, c'est 1800 m³ à l'hctare. La réalité des pays européens, c'est 4000 m³ à l'hctare.

Et si on se compare avec les pays comme l'Espagne et l'Italie, c'est plus de 7000 m³ à l'hctare. Donc quand on nous dit que non seulement on a qu'à parl qu'on en utilise beaucoup, je pense que c'est un c'est une caricature grossière et qu'en fait la réalité c'est que les écologistes ont l'ont prouvé encore cette fois-ci par rapport au pesticides ou par rapport à l'eau. problème, c'est pas de vouloir limiter l'utilisation, c'est de l'empêcher.

C'est-à-dire que il n'y a pas de limite à empêcher la totalité d'utilisation des pesticides. Vous savez l'étymologie du terme pesticide, c'est lutter contre la peste. et bien ils en ont fait la peste à force de raconter tout un tas de choses et de faire que une molécule quand elle est utilisée convenablement euh dans les comment dire dans les euh dans les quantités qui sont préconisées avec les usages qui sont préconisés comme dit la porte-parole de la DG santé qui a été euh interviewée il y a pas très longtemps concernant la Cétami Pride, elle n'est ni dangereuse pour l'homme, ni dangereuse pour l'environnement, ni dangereuse pour la biodiversité. et mais c'est ça la réalité de la science aujourd'hui on Laurence Duplancions à aller tout doucement dans le détail de cette loi.

On a parlé du stockage de l'eau, de la réintroduction de de cette assette à mi-Prix dont vous venez de parler qui était un produit phytosanitaire très important pour les agriculteurs. Il y avait aussi dans la loi l'assouplissement de cette séparation entre la vente et le conseil des produits phytosanitaires. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ?

Bah, il y a eu une loi en 2018 qui a interdit la vente et le conseil par le même distributeur. C'est-à-dire que l'agriculteur se trouvait confronté à une une une une un élément en particulier, c'est-à-dire qu'il devait acheter à quelqu'un sans parler de l'utilisation du produit. Ce qui fait que ceux qui vendaient le produit ne pouvaient plus le conseiller et qu'au bout du bout bah cette loi était en tellement une usine à gaz.

La réalité de ce qui s'est passé, c'est que en fait les agriculteurs achetaient des produits sans avoir aucun conseil. Alors que la meilleure façon de pouvoir lutter contre la diminution pour diminuer les produits phytosanitaires, je vous rappelle quand même que la France a fait des efforts considérables là-dessus. Nous avons diminué à de 95 % l'utilisation des molécules les plus dangereuses.

Alors que quand on a on signe un accord de libre échange avec le Mercosur ou le CTA, on s'oblige à acheter des produits qui sont euh des produits alimentaires qui sont produits avec des phytosanitaires qui sont interdits chez nous. Mais mais vous faites la transition la transition parfaite Laurent Duplom avec l'autre aspect de cette loi. C'était notamment dans les installations classées pour la protection de l'environnement.

Ça, si j'ai bien compris, c'est tout ce qui va permettre par exemple d'agrandir euh certains poulaillers ou autres ou autres bâtiments indispensables pour certains agriculteur afin de maintenir une souveraineté française sur la plupart des alluments. C'est ça peut-être aussi qu'on a pas suffisamment expliqué dans les débats au euh du fond de cette loi parce que nous sommes concentrés sur certains aspects, mais ça va dans le sens d'une souveraineté alimentaire. De toute façon, c'est l'exemple du rapport que j'ai fait en 2018 qui expliquait que la ferme France déclinait, qu'on consommait en 2018 un jour et demi par semaine des produits importés.

On est à plus de 2,3 jours aujourd'hui. Donc si nous continuons comme ça et ben nous connaîtrons encore plus de jours d'alimentation en France alors que la France agricole est quand même normalement un pays qui est béni par les dieux pour produire des denrées alimentaires et bien qui consommera quasiment uniquement des produits importés. Bien l'exemple pardon pour compléter je les quelques chiffres la première fois depuis 1976 l'année dernière he la France la plus affichée d'excédents commercial agricole elle était jadis 2e puissance agroalimentaire mondiale elle est tombée à la 6e place et dans ce que vous dites en en effet ça part dans les exportations mondiales a même fondu comme neige au soleil passant de 8 % à seulement 4 % donc en effet cette loi va normalement aider à rétablir ce qu'on peut clairement qualifier de déséquilibre alors ça suffira sûrement pas il faudra sûrement remettre encore euh à l'ouvrage ce ce point-là.

Mais euh vous savez ce que vous êtes en train de décliner, je le prédisais déjà en 2018 dans le rapport en disant nous allons connaître un déficit de la balance commerciale. Ben vous l'avez dit, nous y sommes. Et donc la réalité de tout ça fait que non seulement nous nous appauvrissons, mais en plus en nous appauvrissant, on veut en même temps acheter toujours plus.

Moi, écoutez, je suis qu'un simple agriculteur. Quand vous avez quand vous avez un porte-monnaie qui est vide, je crois pas que la première chose que vous pouvez faire, c'est d'acheter. Donc la réalité de ce que nous devrions prendre en compte, c'est qu'avant d'acheter, on devrait se poser la question de savoir pourquoi nous ne produisons plus, quels sont les freins à nos productions qui font qu'aujourd'hui nous sommes dans cette situation.

Et bien cette loi va pouvoir corriger une partie de tout cela parce que le méfet majeur de la France c'est de surtransposer les texte et vous savez on pourrait élargir ce propos-là à la quasi totalité de ce que nous produisons en France. Je vais vous citer juste deux chiffres. Le premier ministre dans son discours politique général François Bairou quand il a été premier ministre a dit au Sénat que le coût des normes en Europe c'était 0,5 % en moyenne du PIB.

Ouais. La France comparativement à l'Allemagne est 22 fois supérieure. Là où l'Allemagne consomme 0, 16 % de son PIB pour les norme, c'est-à-dire 5 milliards d'euros à peu près si on le traduit en PIB français.

La France consomme 4 % de 3000 milliards, soit 120 milliards. Donc c'est une loi qui va dans le dans le bon sens. Laurent Duplomb, on vous a entendu sénateur LR Hutloire et accessoirement agriculteur à l'origine de cette loi.

Merci beaucoup d'avoir été avec nous sur Sud Radio pour nous rappeler les enjeux et peut-être contrebalancer un certain discours qui s'est beaucoup répandu ces dernières semaines qui accusaient en effet les agriculteurs. Je cite de croisade contre l'écologie. Merci beaucoup d'avoir été avec nous et sur ce sujet auditeur de Sud Radio, vous y êtes forcément sensible. 0826 300 on a eu un un coup de fil de la part de Paul.

Bonjour Paul. Oui, bonjour. Euh si je me trompe pas, vous êtes agriculteur, c'est ça ?

Et la loi du plomb pour vous va apporter des améliorations considérable quand même. La loi du pont va rétablir un petit peu le la distorsion qu'on a avec nos voisins. Ouais.

Mais ça suffira pas parce que de toute façon on a des textes de loi qui sont très très contraignants dans l'agriculture. Euh aujourd'hui, on a une un défi permanent, c'est le renouvellement des générations et aujourd'hui les jeunes vont être très réticents à s'installer. On a des problèmes de revenu, on a une pression des des escrolos parce que ce sont pas des escolos, des escrol qui sont sans arrêt en train de de vandaliser le matériel d'arrosage et autres.

On a des difficultés de recrutement de personnel parce que on est mis en concurrence avec les produits qui viennent d'Espagne et autres qui arrivent en France à des prix dérisoires. Donc pour produire le même prix, ben on y arrivera jamais. Donc il y a énormément de défis pour pour fournir une alimentation française au consommateur français.

H mais donnez-nous des exemples concrets de ce que vous nous dites Paul en disant déjà on est beaucoup plus contraint que tous les autres. Les normes sont absolument étouffantes. C'est ce que nous disait le sénateur Laurent Duplom à l'instant.

Concrètement avec cette loi qui va arriver dans votre quotidien, quelles vont quelles vont être rapidement les améliorations ou les projets que vous allez pouvoir mettre en place ? Les améliorations ? Moi je suis dans l'OTGAR donc c'est le premier département producteur de noisette mais peut-être que les producteurs de noisette va avoir la molécule qu'il faut la cétamitr pour pouvoir en fait se débarrasser des ravagés.

Le produit phytosanitaire rétroduit grâce à la loi. Voilà et il faut savoir que c'est utilisé dans tous les pays sauf la France. Alors les écolos, ils devraient se poser des questions.

On peut être le dernier village gaulois. Sauf que le problème c'est que moi je aujourd'hui on a des terres agricoles qui partent de la de l'agriculture qui vont vers la déprise agricole. On a des ronces des des friches, ça devient dramatique.

Il faut aujourd'hui vraiment réagir. Il faut qu'on aide les jeunes à s'installer et il faut qu'on donne des perspectives d'avenir. En en un mot Paul quand vous quand vous dites quand vous dites en effet le métier est suffisamment difficile, il faut encourager les les jeunes à se réimplanter à nouveau et cetera d'un mot.

Et quel quels sont les les prochaines étapes quand vous dites voilà cette loi va dans le bon sens ? Quelles sont les prochaines étapes ? Les vraiment si le ministre de l'agriculture nous écoute, vous dites "OK, c'était un premier un premier un premier point positif." Quel est le deuxième assez rapidement pour essayer de sauver cette profession ?

Le deuxième, il est très simple. Quand on a des productions françaises, on limite les importations pour pouvoir valoriser les productions françaises. Ça coûtera pas plus cher et ça permettra d'écouler nos productions à des prix raisonnables pour le consommateur et pour le producteur.

Il faut que les producteurs gagnent leur vie. On a on a des exploitations aujourd'hui qui coûtent très cher, le matériel c'est très cher. Euh on a des chiffres d'affaires qui sont élevés et et des et des revenus dérisoire.

On est des 500 € par mois quoi. C'est c'est ça faire quoi bien sûr. Merci beaucoup Paul de nous avoir appelé franchement et d'avoir parlé vrai au micro de Sud Radio 0826 300 c'est votre radio, vous le savez et on a fait le tour de cette loi du plomb qui a été adoptée à l'Assemblée nationale et qui a été vivant critiqué.

Dans un instant un sujet au cœur de vos préoccupations, votre facture d'électricité nucléaire éolien. Vous l'avez vu à quel point ça va jusqu'à torpiller à diviser la classe politique. Nous recevons quelqu'un qui a la parole rare, Anne Lergon.

Elle signe un livre, un secret bien gardé et les premières lignes donnent le tempon. Je dédie ce livre à celles et ceux qui ont aimé EDF mais qui n'acceptent plus le montant de leur facture d'électricité. Euh, elle a fondé accessoirement qui en a fait le leader mondial du nucléaire et elle est aujourd'hui à la tête de ALP.

Entretien absolument passionnant dans quelques instants. À tout de suite. Sud Radio, Sud Radio, parlons vrai, parlons vrai.