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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 19 novembre 2021 25 min

Un monde, un regard : Jean-Marc Ayrault

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] notre invité a été premier ministre ministre des affaires étrangères député président de groupe à l'assemblée donc la politique au plus haut niveau il connaît bien mais c'est sur son rôle d'élu de terrain qu'on a envie de se concentrer aujourd'hui la vie politique locale c'est son quotidien depuis toujours il a été maire de saint-herblain 12 ans maire de nantes 23 ans a porté d'engueulades comme diraient certains il nous dira d'ailleurs s'il s'est souvent fait engueuler et on espère qu'il nous dira beaucoup d'autres choses de lui parce que sa parole est rare dans les médias pourquoi at il peur des questions des journalistes le ton médiatique est il un peu trop agressif pour lui on va lui poser la question bienvenue dans un monde un regard bienvenue jean marc ayrault et merci d'avoir accepté notre invitation dans ce lieu je le précise le dôme tournons un lieu assez méconnu du sénat un lieu qui se prête à les changes plus qu'à la confrontation je vous rassure tout de suite c'est vrai que vous faites assez rare dans les médias pour quoi je parlais d'un ton agressif est ce que c'est vrai que ce ton médiatique vous fait un peu peur d'abord je veux pas être un commentateur de l'actualité au quotidien ça m'intéresse pas je j'ai pris d'autres d'autres chemins après avoir exercé comme vous l'avez rappelé pendant plus de 40 ans des mandats publics c'est plus que presque 50 ans d'engagement politique mais dont 40 ans au moins deux mandats publics donc j'estimais qu'il était temps aussi d'arrêter de laisser la place à d'autres de transmettre à d'autres et donc j'ai pris d'autres voies d'autres chemins d'engagement je suis président aujourd'hui la fondation pour la mémoire de l'esclavagé que j'ai contribué à créer je suis aussi secrétaire général de la fondation jean jaurès je suis dans des fondations allemandes bon je participe au débat public mais sous d'autres façons et pas au quotidien et pas comme un simple commentateur et de façon un peu plus discrète je le disais ce que d'un mot tout de même sur cette atmosphère médiatique c'est vrai qu'elle est est ce qu elle a évolué vous qui avez connu plusieurs années de débats est ce que vous y bien sûr qu'elle a évolué tout le monde ne le sait la place des réseaux sociaux qui joue un rôle très important qui parfois se substitue à la presse on devient presque son propre journalistes sans passer par le par les organes d'une part par les médias ce qui pose d'ailleurs des problèmes démocratiques et puis il ya la présence des chaînes d'info continue et qui je crois a beaucoup perturbé le climat politique etc c'est un fait ça n'existe pas dans tous les pays je viens d'allemagne j'étais pendant quelques jours là au mois d'octobre il n'y a pas ces chaînes d'info continue et ça ça change l'ambiance je crois pas que ce soit en mille et terminant sa change l'ambiance en mieux là les allemands viennent de terminer une campagne électorale ils sont en train de constituer leur gouvernement il n'y a pas eu cette agressivité dans les débats publics il ya eu des confrontations tout à fait intéressante il n'y a pas eu cette agressivité l'extrême droite qui malheureusement reçoit aussi des voix en allemagne n'a pas pu imposer ses thèmes dans le débat public il ya une débat public beaucoup plus serein qu'en france donc il faudrait aussi parfois regarder ce qui se passe chez les autres parce que nous on est rentré dans une sorte de dérivé de caricature où les extrémistes imposent leurs thèmes et je pense que les grands partis démocratiques s'ils sont en difficulté c'est aussi parce que il ne s'assume pas et il assume pas assez leurs convictions et ne savent pas résister il se laisse parfois emporté en courant derrière les extreme pensant qu'ils garderont ainsi leurs électeurs ce qui me paraît être une faute politique grave qu'est ce qui vous y fait venir à la politique vous cédez l'adolescent je crois que ça commence je commençais à ces jeunes enfin je m'intéressais à la politique j'étais dans j'ai commencé à m'engager que dans mon lycée en 1968 j'étais en terminale et j'étais dans le comité d'action lycée à je suis arrivé à l'université juste après et j'ai j'ai été déçu bien sûr qu'ils aient pas eu de débouché politique à toutes les revendications de réformes sociales sociétales de mai 68 et donc j'ai cherché un engagement j'ai regardé ce qu'il y avait sur le marché entre guillemets j'ai pas trouvé dans les partis d'extrême gauche ça m'intéressait page et je voulais à parti de gauche que je ne trouvais pas j'ai donc attendu un peu pourquoi parti de gauche c'était une évidence est n'hésitez c'était mes convictions j'ai lu dans votre univers familier le cij que votre père était ouvrier agricole votre mère couturière est oui j'étais deux milieux modestes et donc j'étais très attaché à la justice sociale à tous les combats qu'ils allaient dans ce sens mais j'habitais dans une commune rurale près de cholet dans le maine-et-loire et est donc j'ai beaucoup appris j'ai beaucoup découvert notamment quand je suis arrivé au lycée puis ensuite à l'université et donc j'aspirais à ces changements des changements en profondeur de la société donc j'ai regardé l'offre politique et finalement c'est au moment où le parti socialiste a connu une nouvelle renaissance au congrès d'epinay lorsque les socialistes se sont réunis qu'un nouveau départ a été engagée que là j'ai adhéré donc c'était en 1971 et puis il fait le fait est que très vite j ai pris des responsabilités j'ai été élu très jeune à 26 ans conseiller général et puis ensuite maire de saint-herblain puis de nantes dont c'est toute ma carrière toute ma vie politique justement on va rester quelques minutes si vous le voulez bien sur cette expérience de maire parce que c'est aussi cette expérience là qui nous intéresse c'est encore d'ailleurs le responsable politique le plus apprécié des français il la figure du maire la première fois que vous est élu maire s'étant 77 à saint-herblain à la périphérie de nantes donc vous est alors le plus jeune maire de france d'une commune de plus de 30000 habitants est-ce que ça a été un moment fondateur de votre parcours politique ah oui complètement les comme je dis souvent j'ai pas fait l'ena mais j'ai fait mr maire de nantes et avant maire de saintes est repris mais je dis pas ça je peux pas porter de jugement de valeur mais c'est vrai que c'est une école de la vie où on apprend on n'est pas dans la théorie on est dans la pratique et puis là vous n'avez pas d'échappatoire moi je me souviens que quand j'étais maire de saint-herblain 40000 habitants quand même mais je tenais des permanences je recevais les gens et il y avait un lien affectif qui se crée petit à petit on répondait pas à tous mais il y avait une proximité qui s'installe et puis ça conduit à beaucoup d'humilité on peut avoir beaucoup d'ambition un programme des choses à faire des grands projets mais si on ne règle pas les problèmes du quotidien en même temps je dis souvent voir loin et agir près c'était un peu un slogan que j'ai employé tout au long de ma carrière de merde pendant 35 années parce que je crois qu'il faut arriver à faire les deux c'est d'avoir une vision un projet et en même temps être attentif à la vie des gens et qu'ils se sentent représentés qui se sentent défendu et écouter parce que ça a continué après saint-herblain en 88 vous lancer à la conquête de la mairie de nantes pour succéder à michel chauty maire rpr j'avais battu en 1977 à saint-herblain et la voulons pas vous l'emportez au bras il se présente pas mais je les remplace est deux fois et nantes trois cent mille habitants c'est pas évidemment les 40000 habitants saint-herblain un exercice différent c'est différent parce que évidemment la proximité le que je pouvais vivre tous les jours dans une commune de 40000 habitants va changer on va changer d'échelle et donc il faut à faire l'apprentissage de la gouvernance de cette grande échelle tout en gardant le contact dont progrès quand même ou pas d'être un peu moins connectés au terrain le fait d'être le maire d'une grève mon expérience de saint-herblain a fait que j'ai toujours veillé y compris danse le mandat de cette grande ville que j'ai continué à renforcer et à renaître parce qu'elle était en difficultés économiques elle perdait des habitants c'est une ville en déclin et donc j'ai toujours préservé le contact direct comment comment vous faites là c'est une question d'organisation de méthode de concilier le travail de bureau de réunion la présence à paris aussi vous avez dit que j'avais été député président du groupe parlementaire pendant 15 ans donc à l'époque il y avait le cumul des mandats qui était possible j'ai réussi à articuler tout ça et j'ai beaucoup travaillé en équipe beaucoup délégué mais en vingt ans délégué ça veut dire aussi arbitré ça veut dire aussi dirigé et donc j'ai appris à faire de la politique quand je suis arrivé comme premier ministre j'avais l'expérience parlementaire presse de la gestion politique mais j'avais aussi l'expérience de gestion des d'une administration de grands administration de direction des fonctionnaires donc je ne me suis pas senti dépaysé d'une certaine façon certains disent qu'il faut revenir au cumul des mandats possibles moi je suis content j'ai été le premier ministre qui a fait voter cette réforme est l'argument qui est de dire on est coupé du terrain quand on est parlementaire et qu'on n'est plus élu local en fait le cumul des mandats interdit le non cumul des mandats a interdit la la le cumul entre un mandat exécutif et un mandat parlementaire mais ça n'interdit pas d'être conseiller municipal conseiller départemental ou conseiller régional et puis il est possible dans une carrière politique deux successivement mer puis de devenir parlementaire ou présidente départements ou de régions dans la plupart des démocraties et en particulier en europe n'y a pas de cumul ça veut dire que les gens sont moins enraciné ça veut pas dire qu'il soit ma proche des gens donc je pense qu'il faut faire attention à ne pas revenir en arrière ce serait je crois une régression pendant ses deux mandats locaux vous allez aussi vous faire remarquer au sein du parti socialiste et donc gravir les échelons au sein d'un parti politique nationale historiquement très important pour le pays là c'est encore un autre monde c'est un monde plus dur peut-être où il faut jouer des coudes non mais c'est ce que j'ai connu au parti socialiste donc dans toute cette période la période la plus dynamique c'est celle où il y avait des débats politiques des débats d'idées et c'est vrai que quand je fais le bilan dans la fin de cycle qu'a connu le parti socialiste mais comme toutes les grandes formations politiques c'est qu'on n'était plus dans des débats de personnes débat de conquête de pouvoir individuel que dans le débat public et dans le débat d'idées dans le débat comment dire idéologique et c'est cette déperdition qui peu à peu s'est installée et qui a donné lieu à une sorte de forme de professionnalisation d'un politique on a vu des assistants parlementaires devenir adjoint au maire puis après devenir mère perd près de devenir parlementaire ban qui n'avait rien fait d'autre dans leur vie que de la politique dans les appareils et je pense que ça ça ça n'a pas aidé à garder le contact et à garder l'authenticité de show pense qu'aujourd'hui on a à nouveau besoin de débat on a besoin d'idées on a besoin de peu au fond pour la gauche en particulier que la gauche se réinvente et qui n'abandonne pas la bonne jambe en donne pas ses ambitions de transformation sociale est-ce que vous avez préféré l'expérience locale l expérience nationale j'ai aimé les deux parce que je pense qu'effectivement d'avoir été premier ministre ou ministre des affaires étrangères mais comme premier ministre on est au coeur de l'état oui on voit aussi les limites et c'est vrai que les limites surtout quand on est premier ministre deux ans c'est ce qui a été mon cas ça a été souvent la moyenne d premier ministre entre une décision politique et son exécution sur le terrain il ya souvent un temps beaucoup plus long que la durée du mandat de premier ministre vous n'avez pas voir les résultats lorsque vous avez été maire comme moi pendant si longtemps ce que vous engagez ce que vous décidez vous envoyer les résultats vous voyez sur le terrain les choses qui ont été transformés ce soit des grands projets ou des modifications des conditions de la vie quotidienne et donc ça c'est plus gratifiant mais je pense qu'on ne peut pas se passer de l'un et de l'autre je ne vais pas opposer la politique locale à la politique nationale la politique locale n'est pas tout mais en même temps je pense que si on veut réfléchir pour l'avenir il est important que dans l'exercice du pouvoir en particulier au niveau de la présidence de la république et du gouvernement qu on articule mieux les décisions politiques nationales avec les pouvoirs locaux avec le rôle des maires en particulier qui sont indispensables on le voit avec la crise du coc vide on a bien vu que beaucoup de décisions avaient été prises en haut mais quand on voulait que ce soit efficace il fallait les articuler avec les acteurs locaux et quand s'est pas fait et quelque chose qui ne fonctionne pas est ce que le fait d'avoir eu ces mandats locaux d'avoir été maire si longtemps a fait de vous un premier ministre différents et peut-être plus l écoute des élus locaux juste louis sans doute j'avais set j'avais 7 cette conviction que toute politique nationale ne pouvait être mise en oeuvre que si on l'articulet avec les pouvoirs locaux je prends un exemple la réforme des rythmes scolaires je pense que ça a été une déception pour moi parce que ça n'a pas fonctionné comme ça aurait dû fonctionner on pourrait même dire que ça a été un échec ça a été un échec parce que au départ ce que j'avais dit d'ailleurs m'ont mise éducation nationale il faut absolument mettre les maires dans le coup les écoles c'est eux les collèges sur les départements les lycées les régions mais il est des écoles primaire et maternelle c'est les maires et donc si les maires sont pas dans la boucle s'ils sont pas au départ associé à la définition du projet ça ne marchera pas je me suis repencher plus précisément sur les mesures que vous avez prises lorsque vous étiez aux manettes et j'ai envie de données numériques quelques-unes pour les téléspectateurs qui nous regardent et vous me dites si je me trompe un hausse de l' isf accroissement des droits de succession hausse de la tva des hausses dont l'objectif est évidemment de renforcer la solidarité nationale avec comme mesure l'augmentation de 25 % de l'allocation de rentrée scolaire retour légal de la retraite à 60 ans augmentation du smic et du rsa finalement les français ont un peu tendance à l'oublier mais la première partie du quinquennat hollande a bien été à gauche absolument absolument moi je suis partie et ensuite il ya eu une forme de tournant il faut bien le dire les contre les conditions de mon départ on était bien analyser on a vu que il y avait eu des choses qui n'avait pas fonctionné ensuite qu'il y avait une forme d' éloignement en particulier de l'électorat populaire et de l'électorat de gauche qui a exprimé sa déception mais après vous c'est pas du championnat de droite si non je dis pas que c'est un cas kahn est droite mais il ya eu un retrait de certains membres de certaines ambitions transformatrices en particulier a vu la loi travail il ya eu la déchéance de nationalité finalement ne s'est pas fait tout ça c'était pas vous non ne riez pas tes non je ne je n'aurais pas été dans cette direction est jamais même engagé mais ça n'a pas été suivie d'effet ensuite l'ambition d'une grande réforme fiscale dans le sens de la justice sociale donc moi je me sentais comment dire mandaté par le programme du président françois hollande qui avait été présenté aux français au moment des élections présidentielles de 2012 donc il ya des leçons à tirer tous à l'échec il a bien des causes mais il faut en analyser toutes les as tous les aspects pour en tirer de toutes les leçons pour l'avenir pourtant vous restez ministre dans un gouvernement après sept alors j'ai nom sera ses produits d'autres fois la jupe était premier ministre il est aussi ministre étrangère laurent fabius a été premier ministre est en chêne mandat de premier ministre à ministre sert la tige est survenu à l'assemblée nationale quelques instants quelques instants quelques mois et puis à la fin du quinquennat françois hollande m'a rappelé dans la dernière partie du quinquennat et je ne pouvais accepter que si c'était un poste régalien donc le ministère des affaires étrangères donnait beaucoup plus de latitude beaucoup plus de marge de manoeuvre et j'ai accepté de le faire pensant que nous pouvions encore sauver les choses que ce quinquennat pouvait se terminer positivement bon on connaît la suite françois hollande ne s'est pas représenté je le regrette mais c'est ainsi mais un sentiment d'échec personnel vous aussi c'est pas personnel mais c'est collectif je pense moi je suis engagé toute ma vie à gauche j'ai pas en du tout envie qu'on abandonne ces idées là je pense qu'au contraire aujourd'hui avec les grands défis du moment que ce soit la transition énergétique pour lutter contre le réchauffement climatique tout la nécessité de préserver notre système démocratique là la pression que mettent les réseaux sociaux le légat etc il ya énormément de choses à faire et je pense que toutes ces transformations de notre système économique ne sont possibles que si en même temps on met toujours plus de justice sociale c'est pour ça que je suis un social démocrate pour ça que je suis de gauche et je crois que ces idées là et n'ont pas perdu de leur importance est de leur intérêt pour la société et vous semble en danger la démocratie de la même manière que la planète oui oui je pense qu'on voit une tendance à la polarisation à l'extrême elle est là la radicalisation qui s'est produit un peu partout pas seulement en france les états unis en est un autre exemple où la société quasiment coupée en deux je pense qu'il faut faire très très attention il ya une tendance aujourd'hui à tout regarder sous le prisme l'islam la sécurité l'immigration alors que bien sûr ce sont des questions qu'il faut pas négliger mais il ya aussi toutes les questions économiques les questions environnementales les questions sociales qui devraient être aussi au même même davantage au niveau plus élevé et qui ne sont pas et je pense que c'est une erreur parce que même si les français sont préoccupés sont inquiets pour leur avenir en même temps on voit bien que quand on fait des enquêtes la fondation jean jaurès dont je fais partie vient d'en faire une chose qui porte sur 15000 personnes avec le cevipof et qui montre la première préoccupation c'est l'avenir économique c'est le pouvoir d'achat et et de ça on ne parle pas beaucoup ou pas assez alors on le dit et vous vous êtes retiré de tous vos mandats est ce que pour autant vous dire est que vous ne fait plus de politique je fais toujours la politique je suis un citoyen engagé si je préside cette fondation pour la mémoire de l'esclavagé ce sont des questions toujours d'actualité si je suis à la fondation jean jaurès parce que je crois à l'idéal social démocrate ou si je suis dans une fondation allemande parce que je crois aussi à l'idéal européen donc c'est une autre forme d'engagement mais s'agissant par exemple de nantes moi j'ai considéré qu'il était important et qu'il était de monde ward préparer ma succession donc j'ai travaillé à la transmission aujourd'hui juin à roland oui je suis très heureux de qu'elle est ailleurs été réélu a été élu la première fois en 2014 réélu cette fois ci et c'est important qu'on passe quand on est un responsable politique le relais à d'autres générations vous l'avez dit vous êtes président de la fondation pour la mémoire de l'esclavagé qui m'amène à vous montrer un document qui nous a été transmis par les archives nationales qui sont nos partenaires sur sur cette émission vous le reconnaissez le code noir ou edith du roi je le dis pour nos spectateurs ordonnance qui en mars 1685 va institutionnaliser l'esclavagé légaliser les relations maître esclave légiférer sur la condition des esclaves en tant que maire de nantes vous vous êtes engagé très vite très tôt sur ce travail de mémoire sur le sujet il faut dire que la traite négrière à nantes est à l'origine de la déportation de plus de 500 mille esclaves c'est ça que dit ce document pour vous pas ce document c'est un acte politique extrêmement important puisqu'il va institutionnaliser est légalisée esclavage et considérer les esclaves venus d'afrique et transporter de force dans des bateaux dans les colonies françaises comme des biens meubles contre les maîtres son total pouvoir sur eux qui ne sont plus traitées comme des humains alors que ce sont des humains et donc il ya des résistances à l'esclavagé les résistances sont d'abord les esclaves eux mêmes qui n'ont jamais accepté leur mise en service il ya des esprits éclairés y compris dès les débuts de la traite et de l'esclavagé qui moment par exemple de la révolution française vont se battre pour l'abolition de l'esclavagé qui finiront par l'obtenir en 1793 mais qui sera rétabli par napoléon en 1802 et il faudra attendre 1848 c'est tardif pour que la france abolisse enfin l' esclavage ça veut pas dire que l'histoire s'arrête après la colonisation va prendre le relais avec toutes ces violences et ces brutalités et il sera sa imprègne toute notre histoire et ne pas connaître cette histoire c'est une faute et je pense qu'il est important et je le dis là nous sommes à public sénat je n'oublie pas que la dernière assemblée qui s'est prononcé en 2001 sur la loi taubira c'est le sénat qui à l'unanimité a adopté cette loi qui est une loi de reconnaissance que la traite et l'esclavagé ce sont des crimes contre l'humanité présidé cette fondation pour la mémoire de l'esclavagé ça aurait pu être une mission relativement simple j'ai envie de dire consensuel qui qui qui apaise les tensions finalement s'aperçoit que c'est aussi très électrique que le débat est électrique autour de cette question aujourd'hui ça vous surprend vous vous attendiez ça ne surprend pas mais ça veut pas dire pour autant il faut pas le mener il faut même aller de façon pédagogique c'est la raison pour laquelle d'ailleurs à la suite de la loi taubira cette histoire est maintenant enseignée dans les programmes scolaires le sénat qui nous accueillent ici aujourd'hui reçoit tous les ans les élèves qui participent au concours de la flamme de l'égalité donc il ya un travail qui se fait qui n'a jamais été autant entrepris au niveau de l'éducation de la connaissance de cette histoire mais aussitôt qu'on touche sur ces questions c'est vrai qu'il ya des gens qui vont tout de suite vous accuser de faire de la repentance du mea culpa c'est pas ça l'enjeu l'enjeu c'est que notre société recherche qui va faire converger les citoyens ensemble qui va nous faire converger on a besoin c'est même l'un vers ce que plus plus le temps avance plus le soleil segmenter la société c'est quand même sur la base de la vérité la vérité historique pour ça que je crois beaucoup à la nécessité de poursuivre le travail de recherche la loi taubira la halle a souhaité également de la recherche se développe davantage la connaissance historique des faits eux mêmes et pas être sur des approximations ou il ya différentes manières de se remémorer or tout le monde n'est pas d'accord sur la fusillade mémoire la mémoire c'est une façon de ceux de célébrer ou de commémorer ou de se recueillir ça c'est important dans une société il ya des moments forts et en même temps il faut baser ce travail sur une connaissance de l'histoire des faits de plus en plus précises prenons un exemple l'exposition napoléon à l'occasion des 200 ans de sama elle n'avait pas prévu au départ de parler du rétablissement de l'esclavagé a eu des réticences à le faire considérant que c'était secondaire puis finalement la fondation pour la mémoire d'esclave âge que je préside a fait son travail a interpellé les organisateurs de l'exposition qui finalement ont accepté de d2 qu'on apporte notre contribution mais cette contribution ne l'avons pas fait sur des approximations nous avons a fait appel à des historiens qui ont donné tous les éléments d'information et qui ont fait que le visiteur qui venait à la ville est allée voir une exposition mais avait tous les éléments d'appréciation et notamment la partie qui concernait le rétablissement de l'esclavagé au lieu d'aborder d'aborder d'apporter de la polémique cette contribution à contraire apaiser les esprits qui ont compris le mécanisme qui avait fait que napoléon avait rétabli l'esclavagé dans sa volonté de puissance coloniale qu'il avait décidé de développer donc vous voyez on peut faire oeuvre utile travailler à une mémoire partagée à une mémoire commune mais de temps en temps il ya des actes politiques forts moi je pense à un acte politique mais les déboulonnage de statut par exemple c'est sa naïveté politique très fort qui n'a pas du tout fait consensus et vous étiez par exemple pour rebaptiser la salle colbert à l'assemblée nationale colbert ce n'est qu'une salle 1 j'avais suggéré corneilhan parle d'actes politiques bien sûr il faut des actes politiques fin moi je suis pas pour détruire les statuts ou déboulonner les statues c'est pas ma position c'est pas la position de la fondation non plus mais c'est normal qu'une société s'interroge sur ce qu'elle veut mettre dans l'espace public une mairie qui va donner le nom d'une rue ou d'une place ou qui va décider de mettre tel ou tel statut dans tel endroit où dans un musée c'est son choix c'est la même chose pour la république et ça ça doit faire consensus mais ça doit faire aussi oeuvre pédagogique et donc notre notre objectif c'est de voir comment on peut créer du commun et voyez quand mais de temps en temps il faut des actes forts la loi taubira c'est un acte fort mais quand jacques chirac président de la république au vel d'hiv assume au nom de la république la responsabilité de l'état français donc de la france dans la déportation des juifs ça a choqué certains mais c'est un acte politique dont il peut être fier et qui au fond n'a pas desservi la france a au contraire renforcer l'unité nationale c'est un acte fort aujourd'hui un acte politique fort aujourd'hui je pense que c'est d'assumer ce que c'est à dire notre histoire dans sa plénitude dans ce qu'elle est dans sa totalité ne pas faire la guerre des mémoires ou la concurrence des mémoires mais de faire en sorte que notre héritage politique celui des lumières peut s'accorder avec la vérité aussi sur l'histoire qui est notre seul dans notre passé non pas pour culpabiliser mais pour essayer d'être plus forts ensemble et affronter les défis du du futur et si on fait ça avec de temps en temps des moments par exemple jacques chirac j'ai rappelé c'est lui qui a 2 désigne souhaite désigner la journée du 10 mai une journée de commémoration sur l esclavage françois hollande a poursuivi en préconisant la création d'une fondation sur la mémoire de l esclavage dont il ya des actes comme ça le président macron qui a pris des décisions concernant la guerre d'algérie ce aussi des moments forts chaque président à mon avis h des moments forts doit poser des actes et le faire courageusement en respectant l'histoire et en s'appropriant cette histoire et en la faisant partager à tous les français ça veut dire aussi résister quand je vois certaines dérives aujourd'hui qui contribue à réhabiliter le maréchal pétain elle est à l'état de vichy je suis effrayé et donc il faut tenir bon il faut pas céder et quand on sait des concours derrière les haies de marine le pen monsieur zemmour on fait une faute contre la république donc savoir résister si aussi être républicain jean marc ayrault on va passer à notre séquence photo j'ai cette première photo françois mitterrand figure politique majeur pour vous on est alors en 1994 il a joué un rôle clé pour vous mais très concrètement sa visite par exemple pendant la campagne des municipales à saint-herblain en février 1989 va vous donner un coup de pouce [Musique]

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