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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 29 novembre 2024 23 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsRetraitesImmigration & asileSanté

Le RN met l'intérêt des Français au dessus de tout ! - Franck Allisio (BFMTV)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19RelanceRéponse partielle

    Pourquoi le RN n'a pas mis l'abrogation de la réforme des retraites en condition pour ne pas voter la censure ?

  • 0:52RelanceRéponse partielle

    Pourquoi le RN n'a pas mis l'abrogation de la réforme des retraites en condition pour ne pas voter la censure ?

  • 1:11OuverteRéponse directe

    Jordan Bardella a évoqué l'immigration et la sécurité. Pourquoi ne pas inclure ces sujets dans les conditions ?

  • 2:06OuverteRéponse directe

    Ces dernières 24 heures, il y a eu des discussions ?

  • 2:17OuverteÉludée

    Il y a eu des discussions, des proches de Michel Barnier ont-ils contacté Marine Le Pen pour négocier en public ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Êtes-vous prêt à saisir cette main tendue ? Michel Barnier a accordé un geste sur l'électricité.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29Invité politiqueFait
    « Enfin il est quand même très très mal placé, il y en a eu une niche nous-mêmes il y a quelques semaines et ils n'ont pas voté la réforme des retraites. »
  • 0:38Invité politiqueFait
    « Là nous partions pour nous voter la leur une fois de plus, ils sont les sectaires, nous sommes ceux qui mettons les idées, les projets de loi, l'intérêt des français au-dessus de tout. »
  • 1:23Invité politiqueFait
    « Ça c'est sur le plus long terme. On a fait tout ce qu'on pouvait en matière d'abrogation, on a utilisé notre niche pour l'abrogation des retraites. »
  • 1:40Invité politiqueFait
    « Là, concrètement, il nous faut des avancées concrètes. Pour les français, pas pour nous, j'entends souvent le bras de fer entre Marine Le Pen, c'est pour les français. »
  • 1:58Invité politiqueFait
    « Ce qui a bloqué, c'est que pendant un mois, sur le dernier mois, il n'y a plus de contact avec Marine Le Pen et Michel Barnier, alors que ça avait plutôt bien démarré. »
  • 2:08Invité politiqueFait
    « Il n'y a eu strictement plus rien. Et depuis 24 heures, le gouvernement s'est paniqué et s'est mis à renégocier. »
  • 2:50Invité politiqueFait
    « Marine Le Pen, depuis le début, je n'aime pas le terme, mais est constructive, tend la main, dit écoutez-nous, avancez, faites des concessions qu'attendent les Français. »
  • 4:12Invité politiquePromesse
    « La réponse est oui. On ne le censure pas, exactement. »
  • 4:38Invité politiquePromesse
    « La réponse est oui. On ne le censure pas, exactement. »
  • 5:39Invité politiqueFait
    « Et d'ailleurs, c'est vrai que, sans nous, les Français n'auraient pas cette mesure sur l'électricité. »
  • 6:00Invité politiqueFait
    « Madame Borne avait dit, ne vous inquiétez pas, l'AME, je vais la remettre en cause l'année prochaine. Et l'année prochaine, c'est jamais venu. »
  • 6:12Invité politiquePromesse
    « Donc, sur l'AME, c'est une promesse, il faut que ça se réalise. »
  • 7:23Invité politiqueFait
    « On peut dire ça jusqu'au 20 décembre ou 18 décembre ? Projet de loi de finances, tout à fait. »
  • 14:10Invité politiqueFait
    « Ce qu'on demande, c'est le retour à l'aide médicale d'urgence qui a très bien fonctionné jusqu'en 2001. »
  • 15:27Invité politiqueFait
    « Par définition, on n'a pas co-écrit ce budget, donc on est forcément dans la marge. »
  • 18:08Invité politiqueFait
    « On est dans la crise financière, madame. »
  • 18:32Invité politiqueChiffre
    « Que le gouvernement pioche dans nos propositions d'économie. On a fait 20 milliards de propositions d'économie. »
  • 21:20Invité politiqueChiffre
    « En revanche, les 40 milliards d'augmentation d'impôts, là, dans ce budget, c'est largement plus important que ce qu'on va retrouver sans indexation. »

Temps de parole

  • Franck Allisio49 %
  • Présentateur21 %
  • Intervenant10 %
  • Intervenant 26 %
  • Intervenant 36 %
  • Intervenant 45 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Franck Alizio, bonsoir, député Rassemblement National des Bouges du Rhône et vice-président du groupe à l'Assemblée. On va revenir tout à l'heure sur les annonces, les concessions de Michel Barnier et les demandes de Marine Le Pen. Parce que Marine Le Pen dit, voilà, ces concessions ça ne suffit pas, moi je veux plus. On avait tout à l'heure François Ruffin qui était en plateau et justement sur l'abrogation de la réforme des retraites. Il dit, moi je m'étonne d'une chose, il dit, dans la balance, pourquoi le RN n'a pas mis l'abrogation de la réforme des retraites ? S'il y tenait tant, pourquoi ne pas l'avoir mis en condition pour ne pas voter la censure ?

0:29
Franck Allisio

Enfin il est quand même très très mal placé, il y en a eu une niche nous-mêmes il y a quelques semaines et ils n'ont pas voté la réforme des retraites. Là nous partions pour nous voter la leur une fois de plus, ils sont les sectaires, nous sommes ceux qui mettons les idées, les projets de loi, l'intérêt des français. Au-dessus de tout, M. Ruffin vient nous donner des leçons, mais qui le mette lui en bas.

0:52
Présentateur

Non mais il s'étonnait, il disait, mais c'est vrai qu'on peut se poser la question, pourquoi ?

0:55
Franck Allisio

Qu'ils aient eux-mêmes des exigences, pourquoi eux par principe ils ont décidé de toujours tout censurer, s'ils avaient eu la même attitude que nous, c'est-à-dire à chaque fois dire on censure à condition, si les français ne retrouvent pas leur compte dans ce budget ou dans autre chose. Nous on est sur le PLF et le PLFSS, voilà.

1:11
Présentateur

Il n'y a pas que là, parce que Jordan Bardella cet après-midi a dit, voilà, il va falloir aussi avancer sur l'immigration, sur la sécurité, donc il n'y a pas des mesures qui concernent le budget. Donc il aurait pu aussi dire, l'abrogation de la réforme des retraites, c'est une condition pour qu'on ne vote pas la censure.

1:23
Franck Allisio

Ça c'est sur le plus long terme. On a fait tout ce qu'on pouvait en matière d'abrogation, on a utilisé notre niche pour l'abrogation des retraites. Maintenant c'est plus long terme. Vous savez, l'engagement sur l'immigration, l'engagement sur les différents sujets qu'a abordé Jordan, ce seront des promesses. Là, concrètement, il nous faut des avancées concrètes. Pour les français, pas pour nous, j'entends souvent le bras de fer entre Marine Le Pen, c'est pour les français. Nous ne sommes que les porte-parole des 11 millions de français dans cet hémicycle.

Et nous sommes le premier groupe parlementaire dans cet hémicycle, ce qui fait qu'évidemment, on doit discuter en priorité, le gouvernement doit discuter en priorité avec nous. Ce qui a bloqué, c'est que pendant un mois, sur le dernier mois, il n'y a plus de contact avec Marine Le Pen et Michel Barnier, alors que ça avait plutôt bien démarré.

2:06
Présentateur

Ces dernières 24 heures, il y a eu des discussions ?

2:08
Franck Allisio

Il n'y a eu strictement plus rien. Et depuis 24 heures, le gouvernement s'est paniqué et s'est mis à renégocier.

2:17
Présentateur

Il y a eu des discussions, il y a des proches de Michel Barnier qui ont contacté Marine Le Pen pour essayer de négocier en public ?

2:21
Franck Allisio

Je ne suis pas dans les arcanes, dans tels arcanes. Mais concrètement, ils ont fait la sourde oreille. Il y a eu silence radio pendant un mois, alors qu'on aurait pu tranquillement négocier, parvenir. Comme le disait Jean-Philippe Tanguy, je l'ai écouté tout à l'heure, c'est un budget, c'est global. Donc c'est une négociation globale. Et là, évidemment, on arrive avec des différents points sur lesquels on n'a pas pu avancer depuis des semaines. Et on avance en catastrophe. Et c'est ce gouvernement qui a fait la sourde oreille.

Marine Le Pen, depuis le début, je n'aime pas le terme, mais est constructive, tend la main, dit écoutez-nous, avancez, faites des concessions qu'attendent les Français. Nous, on a des retours de terrain chaque semaine là-dessus.

3:00
Présentateur

Précisément, on va revenir sur les concessions. Un voyant passe au vert. C'est ce qu'a dit ce soir Jean-Philippe Tanguy. Êtes-vous prêt à saisir cette main tendue ? En tout cas, Michel Barnier a accordé un geste. On va l'écouter.

3:12
Invité

J'ai donc écouté tout le monde. J'ai décidé de ne pas augmenter les taxes sur l'électricité. Dans le projet de loi de finances 2025, il n'y aura donc pas d'augmentation de ces taxes sur l'électricité, ce qui permettra concrètement une baisse des prix de l'électricité le 1er février de 14% au lieu des 9% qui étaient prévus initialement.

3:36
Présentateur

Donc, il accepte une concession. Sur l'électricité, il n'y aura pas de hausse des taxes. Également sur l'AME, l'aide médicale d'État. Là aussi, c'était une de vos revendications. L'AME sera réformée. Moi, je n'ai pas bien compris. Ce soir, peut-être que vous allez pouvoir m'éclairer, les conditions, les demandes supplémentaires du Rassemblement national. Parce que quand on regarde le communiqué de Jordan Bardella, il parle du renoncement au déremboursement des médicaments. Il parle de la reindexation des pensions de retraite au 1er janvier. Mais la liste est beaucoup plus grande. Il parle aussi d'immigration. Il parle de la sécurité.

Est-ce que, concrètement, ce soir, qu'on soit bien clair, si d'ici lundi, parce que c'est l'ultimatum qui a été fixé par Marine Le Pen...

4:12
Franck Allisio

Il n'y a pas d'ultimatum. Elle le dit ce soir. Il y a le vote du PLFSS lundi. Elle a dit que je vous donne au gouvernement Bardella jusqu'à lundi. Parce que lundi, il y a le PLFSS à l'ordre du jour de la Rassemblement national.

4:22
Présentateur

Mais qu'on soit clair sur les demandes, vraiment précisément. Si lundi, d'ici lundi, le gouvernement Bardella renonce au déremboursement des médicaments et à la reindexation des pensions de retraite au 1er janvier, si vous obtenez gain de cause sur ces deux demandes, vous ne le censurez pas ?

4:38
Franck Allisio

La réponse est oui. On ne le censure pas, exactement. Parce que, justement, en plus, ça concernera le texte qu'on examinera lundi, c'est-à-dire le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Il y a deux textes, on a bien compris. Il y a le PLFSS, pour les téléspectateurs, il y a le projet de loi de finance et il y a le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Lundi, c'est la sécurité sociale, donc c'est justement les déremboursements et les retraites dont il sera question.

5:05
Intervenant

Vous remettez le couvert pour le deuxième vote. Alors, vous allez encore faire une liste en disant il nous faut ça, il nous faut ci.

5:10
Franck Allisio

Pour le budget général ?

5:10
Intervenant

Oui, évidemment.

5:13
Franck Allisio

Ah oui, ça c'est pour lundi, les deux conditions. Les deux conditions, c'est pour lundi, puisqu'elle concerne uniquement la PLFSS. Mais vous êtes le premier à le dire, hein ?

5:19
Intervenant

Exactement. C'est-à-dire ? C'est-à-dire que ces deux conditions-là, si elles sont remplies, vous ne censurez pas ?

5:26
Franck Allisio

Ah ben, la logique, c'est que... Ah, vous venez de le dire ! Oui, ben oui, on a mis des conditions.

5:30
Présentateur

Non, parce que c'était pas clair, donc c'est bien, il y a une clarification.

5:31
Franck Allisio

On a mis des conditions, ben oui, parce que les autres conditions, elles sont de principe. Notamment, les deux conditions que vous nous dites, on a gagné. Et d'ailleurs, c'est vrai que, sans nous, les Français n'auraient pas cette mesure sur l'électricité. Donc c'est grâce à Marine Le Pen, grâce à son obstination, il faut le rappeler...

5:48
Présentateur

Enfin, il ne vous accorde pas le point, hein, Michel Barnier ? Il dit qu'il répond à la demande de tous les partis.

5:52
Franck Allisio

S'il est timide, c'est pas grave, mais nous, on n'est pas timide, on le dit. Donc, sur l'électricité, on n'est pas au bout de la mesure, c'est pas qu'on demande une annulation complète. Et sur l'AME, je suis désolé, mais on nous a fait le coup il y a deux ans. Madame Borne avait dit, ne vous inquiétez pas, l'AME, je vais la remettre en cause l'année prochaine. Et l'année prochaine, c'est jamais venu. Donc, attention à les promesses qui n'engagent que ceux qui les reçoivent, comme le disait Charles Pasqua. Voilà. Donc, sur l'AME, c'est une promesse, il faut que ça se réalise.

6:17
Intervenant

L'électricité, je ne suis pas sûr que ça se porte dans le PLF, cesse les taxes sur l'énergie. Non, tout à fait, c'est le PLF.

6:22
Franck Allisio

Et pourtant, c'est la condition d'urgence, ça a été cédé aujourd'hui.

6:24
Intervenant

Non.

6:25
Franck Allisio

Il y a deux autres conditions. M. Barnier cède là où il veut. En effet, il n'y avait pas de lien avec le PLF. On mélange un peu les deux débats. Pourquoi pas ? C'est la politique. Mais il n'y a pas d'autres demandes.

6:33
Intervenant

Il y a deux autres conditions que vous posez. Je voudrais savoir si vous êtes prêts à les retirer. C'est la baisse de la TVA sur l'énergie et surtout sur les produits de première nécessité. Compte tenu de la complexité, parfois c'est contesté au niveau européen. Compte tenu du coût, parce que quand on baisse la TVA, il y a beaucoup de recettes en moins. Et compte tenu surtout du fait que baisser la TVA, ça profite à tout le monde, même les plus riches. Ils voient leur prix baisser quand ils vont au magasin. Ce qui n'est donc pas vraiment de la justice sociale.

6:57
Franck Allisio

Je ne suis pas d'accord avec vous. Il y a différents taux de TVA. On sait tellement que la TVA, ça fait 30 ans qu'on dit que c'est l'impôt le plus antisocial. C'est l'impôt dont la gauche demande la baisse. En gros, la droite demande la baisse des impôts sur le revenu. La gauche demande la baisse des TVA. Donc c'est un impôt. On peut rentrer dans le débat de philosophie fiscale.

7:15
Intervenant

Au moins sur l'opportunité, parce que dans le temps qui reste, les baisses de TVA avec la complexité de la machine à mettre en place, ça ne semble pas pratique.

7:21
Franck Allisio

Pour l'instant, si on est en clair, c'est à Marine et à Jordan de préciser ce que seront nos lignes rouges pour les PLF. On peut dire ça jusqu'au 20 décembre ou 18 décembre ? Projet de loi de finances, tout à fait. Il faut un engagement ferme sur la TVA. On a bien compris, c'est comme la contribution nette pour l'Union Européenne, on a bien compris qu'après ça remonte à Bruxelles. Mais si l'engagement net est pris, là c'est quelque chose qu'on peut entendre.

Quand une fois Marine Le Pen a donné sa chance à ce gouvernement, elle a plus souvent qu'à son tour freiné les troupes, parce que les retours de terrain de week-end en week-end étaient de plus en plus négatifs sur le gouvernement, sur le budget, etc. Et à chaque fois, elle disait, attention, laissons sa chance, négocions, et c'est plutôt le gouvernement qui n'est pas revenu vers nous.

8:07
Intervenant

Quand vous censurez le gouvernement, vous privez les Français d'une loi immigration qui s'annonce dure, avec Bruno Retailleau, assez proche de ce que vous demandez, ils ne la verront pas les Français.

8:15
Franck Allisio

Je me rappelle d'une loi très dure qui devait arriver avec M. Darmanin, et on a accouché d'une souris, comme d'habitude, donc ne faisons pas croire. Si demain, on avait dit qu'il vaut mieux que 10% du chemin soit parcouru, plutôt que 0%, 10% était parcouru, et ça a été d'être recruté par le propre président de l'Union, avec le Conseil constitutionnel.

8:33
Intervenant

– Roncalizio, c'est bien que vous donniez cet exemple, parce que vous avez changé d'avis dans une même journée, à l'occasion du vote de cette loi immigration, de ce projet de loi immigration. – Le matin, c'était non ? – Le matin, vous ne la votiez pas, et finalement, vous l'avez voté. – Je ne vais pas me souvenir d'un vote de face. – Absolument, vous avez une vote de face en moins de 24 heures. – C'est ce qui a provoqué une crise majoritaire, parce que la majorité macroniste se retrouvait avec le RN, et ils ont inventé ce subterfuge du Conseil constitutionnel. On laisse passer la loi évalisée, et on la détricote. – Donc ça veut dire que vous pouvez recommencer lundi ?

9:06
Franck Allisio

– Non, je ne pense pas, et puis je n'ai pas souvenir, à un moment donné, on a voté pour la loi immigration, et comme d'habitude, la majorité macroniste ne voulait surtout pas de lien avec nous et mélanger nos votes avec eux. C'est eux les hypocrites, ce n'est pas nous pour le coup.

9:19
Présentateur

– Mais alors là, est-ce que cette loi immigration, donc si je vous comprends bien, elle sera dans la balance pour pas l'étape de lundi, mais la prochaine étape qui sera la fin des débats sur le projet de loi finance, donc prévu mi-décembre ?

9:28
Franck Allisio

– Excusez-moi l'expression, ils ne vont pas nous pondre le projet de loi sur l'immigration d'ici une semaine. Donc ça ne sera qu'une promesse, qu'un engagement. Cet engagement peut être plus ou moins fort. Mais par définition, nous, on y tient, c'est comme la proportionnelle, mais c'est quelque chose qui va se développer l'an prochain, en 2025, dans l'hémicycle en 2025. Donc c'est quelque chose qui arrive à plus long terme.

9:50
Intervenant

– Il y a quelque chose de vicié dans notre discussion, parce qu'on a l'air plutôt de souhaiter la stabilité, en gros, et donc que Barnier reste en place. C'est l'atmosphère. Donc on a l'air de souhaiter qu'ils réduisent l'AME le plus possible. Mais moi, je suis contre ça. Moi, je pense qu'il ne faut pas toucher à l'AME. Donc ça complique un peu notre discussion. Si on renverse Barnier, enfin si on évite de renverser Barnier en supprimant ou en réduisant comme peau de chagrin cette aide médicale d'État qui me paraît importante, parce que ça aide des gens, d'abord, humainement parlant, et deuxièmement, ça limite la propagation des maladies, parce que comme ça, on prend les mots au début.

Ce n'est pas une bonne idée. Donc ce n'est pas tout blanc, tout noir. C'est-à-dire, formidable, ils ont trouvé un compromis. Non, ce n'est pas formidable, vu qu'ils compromisent sur le dos des immigrés.

10:45
Présentateur

Mais surtout, ce qui est étonnant, Yves Trer, c'est que quand même, à la base, dans le budget initial, les crédits pour l'AME étaient en augmentation. Il y a eu un débat, il y a eu une polémique. On est revenu, on a gelé les crédits. Et là, maintenant, le gouvernement fait encore marche arrière, encore plus loin. Ils n'ont pas donné le détail, mais on devine. Voilà, le gouvernement dit, enfin, Michel Barnier dit, on va réformer l'aide médicale d'État, et on va réduire le panier de soins. Mais sans préciser, effectivement, ce que ça va représenter.

11:09
Intervenant

Alors, il va réduire le panier de soins, on ne sait pas jusqu'où, mais il est aussi en accord, là, je pense, avec son ministre de l'Intérieur, quand même, qui est Bruno Retailleau, qui a toujours plaidé contre l'AME, voire l'a supprimé, pour en rester à l'aide médicale d'urgence. Et donc, le Premier ministre, qui a absolument besoin de son ministre de l'Intérieur, qui est la figure, je dirais, la plus populaire au sein d'un certain électorat, en tous les cas, et du Rassemblement National, eh bien, il est obligé de lui céder sur ce terrain-là. Et c'est aussi une concession facile, pour lui, vis-à-vis du Rassemblement National. Ça me paraît assez évident.

11:51
Présentateur

En fait, c'est un marqueur politique très fort aussi. Ah bah oui, mais il est de droite, hein. Oui, mais il s'appuie sur une demande de longue date du Rassemblement National.

11:58
Intervenant

Mais jusqu'à présent, la droite républicaine ne voulait pas y toucher, c'est récent. Il s'appuie sur un rapport rédigé par deux personnalités, une de droite et une de gauche. Donc, il peut s'appuyer sur ce rapport d'expertise, visant justement, non pas à réduire les moyens ou à supprimer l'aide médicale d'État, mais à réduire le panier de soins. Oui, il faut regarder dans quelles proportions... Mais encore une fois, en effet, c'est contesté par de nombreux médecins. Quand vous avez mal à la cage thoracique ou à l'abdomen, vous allez à l'hôpital, vous ne savez pas si c'est bénin ou si c'est très grave. Et l'aide médicale d'État s'applique en urgence.

12:28
Présentateur

Alors, justement, ce qui va être étonnant, je fais juste une précision, j'étais en train de rechercher, parce que... Mais voilà, j'ai la confirmation. La ministre de la Santé avait quand même dit, elle-même, il y a quelques semaines, qu'elle était contre le fait qu'on touche à l'AME, et qu'elle rejoignait aussi les médecins.

12:42
Franck Allisio

Donc là aussi, il va y avoir bisbis au sein des... Mais c'est le problème d'un gouvernement de briquet de broc, avec M. Rotaillot d'un côté, qui en effet parle comme Marine Le Pen, ah, j'y peux pour l'instant, mais bon. Et puis lui-même, son gouvernement repose sur une majorité macroniste, qui par définition ne parle pas et ne pense pas comme lui.

13:01
Intervenant

Il s'appuie aussi sur l'avis ultra-majoritaire du corps médical, qui estime que cette mesure est positive. Non, je parle de M. Rotaillot.

13:11
Franck Allisio

M. Rotaillot, en revanche, s'appuie sur l'écran de majorité des Français qui veulent la restriction de cette AME. Oui, mais on est en démocratie, c'est un petit détail. Le problème est de savoir si on ne le laisse pas... Les Français sont d'accord avec M. Rotaillot, donc avec nous. C'est M. Rotaillot qui est d'accord avec nous.

13:24
Invité

Pardon, vous faites le choix de la majorité plutôt que celui des gens qui sont spécialistes de santé publique.

13:28
Franck Allisio

Non, mais rien. D'abord, on n'est pas dans la République des spécialistes. Chacun a une opinion politique. Ce n'est pas parce qu'on est spécialiste qu'on n'a pas une opinion politique. Non, je suis désolé, madame. Derrière, il y a une idéologie. Alors, je vais rappeler une chose à nos téléspectateurs. Oui, évidemment. Je vais rappeler quelque chose aux téléspectateurs. C'est que l'aide médicale d'État n'a pas toujours existé. Et jusqu'en 2001, c'était l'aide médicale d'urgence. Que je sache, la France n'était pas un cloaque avec des gens qui mouraient de maladies dans les rues. Quand même, ils seraient en destin. Non, mais c'était considéré comme un problème.

Donc, la France fonctionnait très bien avec l'aide médicale d'urgence. Ce qu'on demande, c'est le retour à l'aide médicale d'urgence qui a très bien fonctionné jusqu'en 2001. Ce n'est pas un recul terrible. Par après, c'est quand même un symbole. Et la majorité des Français sont d'accord avec cette mesure.

14:15
Présentateur

Pardonnez-moi, mais sur le fond, c'est 0,5% des dépenses de santé publique, l'AME. Non, mais on est dans le nombre du symbole. C'est pour ça que je parlais tout à l'heure du marqueur politique. C'est un marqueur politique fort. Et c'est davantage un signal envoyé au Rassemblement national. Parce que dans les faits, il va y avoir des conséquences, comme vous le dites, pour les populations étrangères, conséquences potentiellement sanitaires. Ça, ce n'est pas moi qui le dit. Ce sont les médecins, c'est la ministre de la Santé. Mais sur le fond, ça ne va pas rapporter énormément d'argent.

14:43
Franck Allisio

Et on avait fait plusieurs propositions. Ça en fait partie. Par définition, à chaque fois, c'est des 500 millions par-ci, par-là, que le gouvernement va chercher. Ça fait partie.

14:50
Intervenant

Si on reprend l'ensemble des concessions qui sont faites, ce sont des concessions qui sont à la marge. Parce que sur le fond, effectivement, si le panier de soins est réduit, ça ne va pas donner beaucoup d'économie. L'affaire des retraites, par exemple, la non-indexation de la moitié des retraites, ou plutôt le retour en arrière, en indexant la moitié de la non-indexation, c'est pareil, ça ne représente absolument rien. On est partout dans le symbole. Y compris, d'ailleurs, dans la diminution de la réduction des charges.

15:24
Franck Allisio

Par définition, on n'a pas co-écrit ce budget, donc on est forcément dans la marge. Mais quand on parle, nous, on est venu avec des propositions d'économies, de véritables économies. Le problème de ce budget, c'est qu'il ressemble au 30 derniers budget de la France, c'est-à-dire un budget qui se solde toujours par des hausses d'impôts et par quasiment aucune économie. Et nous, on propose de vraies économies. On a parlé de l'AME, mais on peut parler aussi de l'aide au développement. Est-ce qu'il est logique aujourd'hui d'aider, qu'on est des pays d'Afrique et tout, qui en ont vraiment besoin, c'est tout à fait normal, qu'on va aider aujourd'hui encore la Chine ou l'Algérie ?

Ça n'a strictement aucun sens. Il y a de véritables gisements d'économies. Le gouvernement n'en a repris aucun. Il a traduit ça avec des hausses d'impôts. Nous ne voulons pas des hausses d'impôts, nous voulons des vraies économies. C'est ça un budget de rupture avec ce qui se fait depuis 30 ans.

16:05
Présentateur

Quid des conséquences budgétaires, de ces concessions ? Parce qu'à force de céder aux uns et aux autres, le gouvernement n'est plus dans les clous et on est loin de cet effort de 60 milliards qu'il faut aller chercher. À combien se chiffre la note, Anne-Sophie ?

16:19
Intervenant

Michel Barnier fait concession sur concession et c'est la facture du budget qui s'alourdit. Faisons le calcul. Tout d'abord, les retraites. Le gouvernement voulait repousser leur indexation à hauteur de l'inflation en juillet. Finalement, il accepte de les revaloriser à hauteur de la moitié de l'inflation dès janvier. Et il y aura un rattrapage pour les retraites en dessous du SMIC en juillet. Coût de la mesure, 600 millions d'euros. Ensuite, les allègements de cotisations patronales. Ils seront finalement maintenus jusqu'à 2,25 SMIC. L'économie devait représenter 4 milliards d'euros. Elle ne sera finalement que d'1,6 milliard d'euros. La soustraction est simple.

2,4 milliards d'euros de perdus. Concernant maintenant la contribution de 5 milliards d'euros demandée aux collectivités. Elle sera réduite à 2 milliards d'euros. Le reste proviendra d'un fonds d'épargne. Vous l'avez compris, 3 milliards de moins. Enfin, la taxe sur l'électricité ne sera pas augmentée au-delà du niveau d'avant-crise. Cette mesure devait pourtant rapporter 3 milliards d'euros. Sa modification n'a pas encore été chiffrée. Mais on sait déjà que ce sera encore de l'argent perdu pour le budget.

Entre tous ces renoncements, tout ce que je viens d'évoquer, qui se chiffrent déjà à 6 milliards d'euros, et tous les précédents que je n'ai pas ajoutés dans cette liste, la facture globale s'élève déjà à plus de 10 milliards d'euros de pertes pour le budget 2025.

17:49
Présentateur

Plus de 10 milliards d'euros de pertes. Ça, c'est des concessions. Ça fait partie des concessions qu'il vous a faites, Michel Barnier. Et résultat, le problème, c'est qu'on n'est plus dans les clous. Il y a un objectif, l'objectif de 5% du PIB, des déficits de 5% du PIB en 2024. On n'y sera pas.

18:06
Franck Allisio

Mais on ne l'était pas plus avant. On est dans la crise financière, madame. On est dans la crise financière. On ne l'était pas plus avant. A chaque fois, on dirait que c'est la catastrophe. Mais non, il n'y aura pas de catastrophe. Il y aura un budget par ordonnance. Non, je ne vous parle pas de catastrophe.

18:17
Présentateur

C'est juste Anne-Sophie a fait les comptes. Sur le constat, tout le monde était d'accord. Il fallait trouver 60 milliards. On a proposé... Là, à force de faire des concessions, on en est à un peu, à peu près 50 milliards. Donc il y a déjà 10 milliards de cadeaux.

18:28
Franck Allisio

Que le gouvernement pioche dans nos propositions d'économie. On a fait 20 milliards de propositions d'économie. Qu'on aille faire un véritable... On a proposé 20% d'économie sur les agences de l'État. On a proposé... Allez, nous, on propose carrément la privatisation. Ça va mettre du temps. Si on demande 10% d'économie à vos collègues de l'audiovisuel public, ça fait 400 millions d'économies. On peut trouver des économies. On en a proposé à aller à Bruxelles pour annoncer... Ça ne va pas être immédiat, mais au moins, il y aura un engagement qui sera fait, comme tous les autres membres de l'Union Européenne, de demander un rabais à la contribution nette que l'on fait à l'Union Européenne.

Ça peut rapporter 5 milliards, mais au moins, un engagement clair qu'on va aller à Bruxelles et qu'on va se battre. Il n'y a rien. Il n'y a rien. On reste toujours dans la même idéologie, dans le même étiage. Si vous le permettez, dans votre discours, il y a quelque chose qui est tout.

19:15
Intervenant

C'est pour le moins très contradictoire. D'accord, vous voulez faire des économies sur tout ce que vous avez dit là. Mais en abaissant l'âge de départ à la retraite comme vous le voulez, puisque c'est quand même une de vos revendications, vous annulez complètement toutes les économies que vous voulez faire par ailleurs. Parce que ça va coûter une fortune si on revient à un âge de départ à la retraite à 62 ans.

19:41
Franck Allisio

Il y a quelque chose de complètement contradictoire. Mais non, il n'y a pas de contradictoire. On fait des choix. Mais non, mais si vous, M. Très, vous avez envie de faire payer les Français sur leur retraite, c'est un choix politique. Nous, ce n'est pas notre choix politique. Notre choix politique, ce serait d'aller taper sur les agences de l'État, d'aller faire des économies sur l'audiovisuel public, d'aller faire des économies sur l'AME, d'aller faire des économies sur l'aide au développement. C'est un choix politique différent. Le vote est différent d'une autre. Mais ce n'est pas contradictoire.

C'est normal que dans un budget, on veuille dépenser sur des postes budgétaires et d'autres sur d'autres. C'est ce qui fait la différence entre les différentes visions politiques.

20:16
Intervenant

Avec ça, vous ne comblez pas le retour en arrière sur les retraites. Comme vous le savez, les retraites, c'est un quart de la dépense publique en France.

20:20
Franck Allisio

Non, mais ce n'est pas la réforme. Cette réforme est inefficace économiquement. Elle n'en rapporte quasiment rien. Et elle est injuste socialement. Voilà, à partir de là, c'est une mauvaise réforme. Cette réforme est une mauvaise réforme des retraites. Donc ce n'est pas notre choix. C'est un choix politique. Un budget, c'est choisir où on veut mettre l'argent.

20:38
Présentateur

Franck Alizio, encore une question. Si le budget n'est pas voté, Michel Barnier a mis en garde aujourd'hui en disant que ça va avoir un impact sur le quotidien des Français et notamment sur les impôts. Parce que qu'est-ce qui va se passer ? C'est qu'il y a une loi spéciale qui va passer qui va permettre la reconduction du budget 2024. Mais il n'y aura pas d'indexation sur l'inflation. Donc du coup, il y aura une augmentation des impôts. Et ce que dit Michel Barnier, c'est qu'il y a des Français modestes qui du jour au lendemain vont se retrouver imposables. Je crois près de 380 000 Français. Et il y aura mécaniquement une augmentation des impôts.

Vous êtes prêts à assumer ces conséquences-là ?

21:14
Franck Allisio

Ça fait partie de la dramatisation de l'abcôme. Là, c'est factuel. Ce n'est pas la dramatisation. Et c'est 300 000 qui vont payer des impôts. Ils vont payer 10 euros par an d'impôt. En revanche, les 40 milliards d'augmentation d'impôts, là, dans ce budget, c'est largement plus important que ce qu'on va retrouver sans indexation. Les gens qui vont basculer, en réalité, c'est pour 10 euros d'impôt par an.

21:34
Présentateur

Il y a 380 000 Français qui vont rentrer dans l'impôt si on reconduit le budget 2024.

21:38
Franck Allisio

Pour payer peut-être 10 euros. Donc c'est purement un effet de com'. C'est purement un effet de com'. Je veux dire, il n'y a rien. On essaye de dramatiser. Aujourd'hui, tout ce qui alarme les marchés, c'est le discours alarmiste du Premier ministre. Si demain, ce gouvernement tombe, il y aura un budget par ordonnance. Et puis, il y aura un nouveau Premier ministre. Il s'appellera M. Bayrou, M. Lecornu. Il n'en manquera pas. Tout à l'heure, on parlait de M. Barbier. Mais il n'en manquera pas. Il ne manquera pas de candidat pour Matignon. Et voilà, il y aura un autre gouvernement.

Et puis, à un moment donné, oui, si ce président de la République est tellement illégitime qu'il ne peut plus constituer le gouvernement, ça va commencer à poser un véritable problème. Mais nous n'en sommes pas là. Il y aura un gouvernement qui va tomber. Et il y aura un autre gouvernement qui sera formé.

22:20
Intervenant

Vous ne vous demandez pas le départ du président de la République ?

22:22
Franck Allisio

En l'état actuel des choses, non. On n'en est pas là. On en est à former un nouveau gouvernement.

22:28
Intervenant

C'est la chèque de demande le départ du président de la République ?

22:30
Franck Allisio

Non, mais pour l'instant, on n'en est pas là. Pour l'instant, le président a encore à former des gouvernements. Si ce président s'avère incapable de former un gouvernement parce qu'il est illégitime, parce qu'il n'arrive pas à trouver une majorité, alors la question se posera. Mais pour la démission du président public, nous, on n'est pas dans le fantasme de la destitution, etc. Le président doit décider de démissionner ou non.

22:51
Présentateur

Merci beaucoup, Franck Alizou, d'avoir été notre invité ce soir. Merci.

22:55
Locuteur

Merci. Merci. Merci.

Le RN met l'intérêt des Français au dessus de tout ! - Franck Allisio (BFMTV) — Franck Allisio · Pourquijevote