Retraites : la crainte d’un jeudi noir - Aurore Bergé - C à Vous - 18/01/2023
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05RelanceÉludée
Est-ce que vous dites aux manifestants et aux grévistes qui vont se mobiliser demain, défilez tant que vous voulez, ça ne changera rien pour nous ?
- 0:17RelanceRéponse directe
Vous parlez au futur, vous ne parlez pas au conditionnel.
- 1:13OuverteRéponse directe
C'est quoi la nuance ? A partir de quand vous considérez que c'est un blocage ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Comment est-ce qu'on fait grève sans mettre à l'arrêt certains services ?
- 2:08RelanceRéponse directe
Comment concilier le droit de grève et le droit à la libre circulation ?
- 2:41OuverteRéponse partielle
À quel moment on peut étendre le service minimum, comme le souhaite Philippe Martinez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiquePromesse
« La vérité c'est qu'on a besoin de mener cette réforme et donc on la mènera. »
- 0:28Invité politiqueFait
« On ne peut pas en même temps déplorer le fait que finalement il y a de moins en moins de Français qui s'intéressent à la vie politique, qui se disent qu'ils ont intérêt à y participer et puis quand on est aux responsabilités, pas les prendre. »
- 2:16Invité politiqueFait
« Ça veut dire qu'il faut un service minimum ? »
- 2:19Invité politiquePromesse
« Mais il faut l'étendre. »
- 4:24Invité politiqueFait
« Je crois qu'en démocratie, on ne réagit pas sous le coup de la menace ou de l'intimidation. »
- 5:05Invité politiqueFait
« Mais la réforme, l'objectif, c'est quoi ? C'est qu'encore une fois, on protège justement ceux qui sont les plus vulnérables. »
- 5:20Invité politiqueFait
« Ceux qui ont le plus besoin de la réforme des retraites, c'est justement ceux qui, eux, n'ont pas les moyens de mettre de côté. »
Temps de parole
- Aurore Bergé69 %
- Présentateur21 %
- Invité9 %
≈ 1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Aurore Berger, dimanche vous avez assuré sur RTL que la réforme des retraites sera adoptée et entrera en vigueur. Donc est-ce que vous dites aux manifestants et aux grévistes qui vont se mobiliser demain, défilez tant que vous voulez, ça ne changera rien pour nous ?
Non, l'idée ce n'est pas d'avoir ce genre de propos parce que ce serait du mépris. Et donc l'idée n'est pas de mépriser ceux, encore une fois, qui vont manifester.
Vous parlez au futur, vous ne parlez pas au conditionnel.
Oui, parce que je crois qu'il faut dire la vérité. La vérité c'est qu'on a besoin de mener cette réforme et donc on la mènera. Quelle que soit l'importance de la mobilisation, quelle que soit sa durée ? Oui, je crois que c'est important à un moment de savoir ce sur quoi on a été élu, ce pourquoi on a été élu et de s'y tenir. On ne peut pas en même temps déplorer le fait que finalement il y a de moins en moins de Français qui s'intéressent à la vie politique, qui se disent qu'ils ont intérêt à y participer et puis quand on est aux responsabilités, pas les prendre.
Ce qui nous est reproché c'est ça, c'est finalement vous vous défausser, vous ne faites pas alors que vous en avez l'occasion, on va faire. On va faire et on va continuer évidemment à le faire dans la concertation, dans le dialogue, dans le lien avec les partenaires sociaux, dans le débat parlementaire. Parce que moi j'espère qu'on n'aura pas une ZAD à l'Assemblée, mais qu'on aura un vrai débat parlementaire.
Ce que promettent notamment les députés de la France Insoumise. Peu de transport demain, des écoles fermées, c'est pas un arrêt complet mais un pays au ralenti. Demain, tout en respectant le droit de grève, vous rappelez qu'il ne faut pas le confondre avec le droit de blocage. C'est quoi la nuance ? A partir de quand vous considérez que c'est un blocage ?
On s'attend en tout cas à ce qu'il y ait une forte mobilisation demain. C'est attendu, c'est sans doute peut-être même légitime, j'allais dire, sur un sujet qui de facto va demander des efforts à des millions de Français. En revanche, on peut arriver à des points où en effet, on a un risque que des millions de Français soient empêchés, empêchés de pouvoir aller travailler, empêchés de rejoindre leurs proches, empêchés de mettre leurs enfants à l'école. Et donc, il ne faut pas à un moment qu'une manifestation, une mobilisation, si surtout elle se poursuivait de manière un peu perlée, comme c'est parfois l'habitude désormais, devienne un blocage du pays.
Ce qui est souvent en vérité ce qu'on nous dit aujourd'hui. Quand vous allez à la rencontre des Français, il nous parle objectivement très peu en vérité aujourd'hui de la réforme des retraites. Il nous parle d'autres préoccupations, il nous parle de l'accès aux soins, il nous parle du pouvoir d'achat, il nous parle de l'énergie. Il nous parle plutôt des conséquences qu'aurait la mobilisation majoritairement opposée aux retraites.
Comment est-ce qu'on fait grève sans mettre à l'arrêt certains services ? Comment concilier le droit de grève et le droit à la libre circulation ? Tous les deux sont constitutionnels.
C'est aussi ce qu'on a fait. Ça veut dire qu'il faut un service minimum ? Ça a été voté, ça a été voté il y a plusieurs années déjà. Mais il faut l'étendre. C'est une vraie question qu'il va falloir à un moment qu'on se pose, de se dire, est-ce que le service minimum, ça fonctionne ou pas ? Je pense notamment à nos écoles, où de facto, quand vous n'avez plus la capacité, parce que vous n'avez plus du tout le personnel, vous ne pouvez pas, quand vous êtes une collectivité locale, quand vous êtes une mairie, accueillir les enfants. Ce qui pose un certain nombre de difficultés, souvent à nos concitoyens, qui sont les plus fragiles, parce qu'ils n'ont pas forcément de solution de repli.
À quel moment on peut étendre le service minimum, à partir du moment où le mouvement est reconduit, comme le souhaite d'ailleurs Philippe Martinez de la CGT, partout où c'est possible ?
On verra déjà comment ça se passe demain, comment les gens se comportent aussi. J'espère surtout qu'on aura des mouvements qui sont calmes. Je crois que c'est important que ces mouvements soient organisés justement par les partenaires sociaux et les organisations syndicales, parce qu'ils savent, en vérité, organiser ce type de mobilisation, et pas que ça déborde, parce que c'est quand ça n'est pas tenu en vérité par les organisations syndicales qu'on a ce risque de violence. Et je crois que ça, ce serait un message extrêmement désastreux qui serait envoyé.
Et je pense notamment, pour le coup par contre, à certaines organisations syndicales, qui ont elles-mêmes commencé à jouer à l'intimidation, à la menace, à l'encontre des élus, notamment, je pense que c'est totalement minoritaire et tant mieux, mais CGT Mine et Énergie a commencé à le faire. Et là-dessus, je pense qu'il faut qu'on ait un message très clair.
Notamment la branche énergie de la CGT qui menace de couper le courant aux députés qui voteront la réforme. Mais ce matin, le leader de la CGT avait d'autres idées pour ses troupes.
Je leur ai suggéré, en tout cas je leur suggère, d'aller voir les belles propriétés et les beaux châteaux des milliardaires. Vous avez vu qu'Oxfam révèle que les milliardaires sont encore plus milliardaires. Ça vous dites qu'il faut couper là-bas ? Ça serait bien qu'on leur coupe l'électricité pour qu'ils puissent se mettre dans la peau quelques jours des millions de foyers français qui sont en précarité énergétique et qui eux, même quand ils allument le bouton, il n'y a rien qui sort parce qu'ils ne peuvent pas payer leurs factures. Et en ce moment, il y en a beaucoup.
Couper l'énergie à des élus ou couper l'énergie et l'électricité à des milliardaires, comment vous réagissez ?
Je ne sais pas, ni l'un ni l'autre. Je crois qu'en démocratie, on ne réagit pas sous le coup de la menace ou de l'intimidation. Et ce qui est très gênant quand ça touche les parlementaires, c'est que l'intimidation, son objectif, c'est quoi ? C'est qu'à la fin, les parlementaires ne soient plus libres de voter la loi en conscience. Encore une fois, tout ce qui se passe à l'Assemblée nationale, c'est transparent. On sait ce pour quoi on vote, ce contre quoi on vote. Tous les débats sont publics. Il n'y a rien de caché à l'Assemblée nationale.
Par contre, dire « Venez les intimider, allez les menacer », l'objectif, c'est qu'encore une fois, les députés ne soient pas sereins, quels que soient d'ailleurs leurs groupes politiques, au moment où ils votent.
Mais vous comprenez que le débat sur la réforme des retraites, ça relance le débat sur les inégalités. Quand on oppose des très riches avec des salariés, souvent modestes, qui vont devoir travailler plus.
Mais la réforme, l'objectif, c'est quoi ? C'est qu'encore une fois, on protège justement ceux qui sont les plus vulnérables. Si on est très honnête autour de cette table, en vérité, on peut potentiellement, nous, demain, se passer de cette réforme des retraites. On peut mettre chaque mois, je pense, de côté pour faire en sorte d'avoir une assurance qui puisse exister et qui puisse se substituer à la solidarité nationale. Ceux qui ont le plus besoin de la réforme des retraites, c'est justement ceux qui, eux, n'ont pas les moyens de mettre de côté.
C'est ceux qui sont dans les revenus qui sont les plus bas et pour lesquels la solidarité nationale et intergénérationnelle, elle a évidemment tout son sens. Donc encore une fois, on peut après contester politiquement en disant, il y a peut-être d'autres options qui existent. Nous, notre option, c'est le travail. C'est ça qu'on dit. Et je pense que c'est l'option qui est objectivement la plus stable, la plus raisonnable et la plus efficace pour financer le système.
Aurore Bergé