Le football, une arme géopolitique ?
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« le football c'est parfois un prétexte pour se rapprocher »
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« on a obtenu un geste de la FIFA un certain symbolique sur le prix des billets »
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Que ce soit la Cannes, la Coupe d'Afrique des Nations qui se déroule en ce moment au Maroc, que ce soit la Coupe du monde de football dont la prochaine édition se tiendra l'été prochain aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada, c'est toujours un peu l'occasion de voir comment les pays organisateurs profitent de cette gigantesque vitrine pour faire de la géopolitique et montrer leur influence à travers la planète. Eh bien, on verra dans ce registre quel rôle joue aussi la Fédération Internationale de Football.
Comment son président Gianni Infantino s'est toujours flatté les pays organisateurs et leur président, jusqu'à faire fi parfois des exigences de neutralité pourtant inscrites dans le marbre des statuts de la FIFA. Et ça ne date pas d'hier, depuis la création des Jeux de l'Olympe, les grandes compétitions internationales sont aussi un levier diplomatique dans le jeu moderne, on parle de soft power, pour le meilleur comme pour le pire parfois. Alors venez nous dire ce soir comment vous appréhendez cette douce puissance politique dans le sport. La géopolitique a-t-elle tué le football ou au contraire a-t-elle encore à bien un avenir ? A-t-elle sa place la politique dans le sport ?
Venez nous dire tout ça ce soir, j'attends vos questions, vos témoignages. Le téléphone va sonner jusqu'à 20h. Le téléphone sonne, 0145 24 7000. Avec ce soir pas mal d'invités pour vous répondre. Les auditeurs, il y a Pierre Rondeau, économiste du sport, co-directeur de l'Observatoire du sport à la Fondation Jean Jaurès, professeur à la Sports Management School. Bonsoir Pierre Rondeau. Bonsoir. Ronan Hévin, vous êtes directeur général de l'association Football Supporters Europe. Bonsoir. Est-ce que vous m'attendez ? Vous êtes bien là. Et puis Paul Dicci, vous êtes historien.
On va parler de l'histoire du football aussi, spécialiste du sport, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Franche-Comté. Vous êtes aussi le directeur de la revue Football. Et on mettra un S à Football d'ailleurs. Vous nous direz pourquoi. Football, histoire, culture, économie et société. C'est la revue que vous dirigez. Et puis Julien Froment, qui est journaliste sportif à Radio France. Bonsoir Julien. Bonsoir. Je précise que vous irez couvrir cette prochaine Coupe du Monde l'été prochain sur le continent américain. Pierre Rondeau, on va peut-être commencer par vous, économiste du sport. On parlait des Etats-Unis.
Les Etats-Unis qui n'ont jamais été une grande nation de football-soccer. Pourquoi, dès 1994, les Etats-Unis ont-ils voulu organiser leur première compétition de football ?
Grande nation soccer masculin, précisons-le, puisque chez les féminines, c'est une grande nation de football. Dès 1994, ils ont effectivement organisé leur premier mondial. Et le premier mondial organisé en dehors du continent sud-américain et européen, pour les Etats-Unis en 1994. Pour des raisons, vous l'avez rappelé en introduction, des raisons, effectivement, géopolitiques, de réputation, de notoriété, d'impulsion à ce que les Américains s'ouvrent à ce sport mondialisé, mais qui n'a pas encore touché les frontières nord-américaines. C'est vrai que les Américains sont peu friands de ce sport et préfèrent le foutu S, préfèrent le baseball, préfèrent le hockey.
Et c'était interrogé, finalement, à savoir pourquoi. Et notamment, ce qui est assez intéressant et qui est en lien avec votre sujet, sur les liens entre géopolitique, économie et volonté, est-ce que les Etats, les pays, les grosses sociétés prennent l'empreinte, la marque du football ? C'est aussi sous l'impulsion de l'équipementier Nike. Nike a très tôt voulu faire de la sélection nord-américaine une grande nation du soccer, du football. Et avait eu beaucoup d'espoir à ce que le développement du football sur son territoire, impulsé en partie par la Coupe du Monde, puisse permettre de gagner des parts de marché, de vendre plus de maillots, plus de chaussures, plus de baskets, étiqueter Nike.
Et que Nike, finalement, grosse société, puisse vendre et augmenter son chiffre d'affaires. Et il y a aussi la considération géopolitique, tant du côté du gouvernement nord-américain que du côté de la FIFA. La FIFA avait aussi cette ambition, et elle l'a encore aujourd'hui, de devenir, de s'imposer comme étant la fédération la plus importante sur Terre, le sport le plus important sur Terre, et qu'elle puisse toucher tous les continents. Elle avait touché l'Europe, elle avait touché l'Amérique du Sud, l'Afrique, il lui restait l'Asie, elle va l'avoir avec la Coupe du Monde 2002, Corée-Japon, et le continent nord-américain, Coupe du Monde 94, et aujourd'hui 2026.
Vous parliez du business américain, celui de Nike, est-ce qu'on peut dire qu'avec l'ère Trump, cette prochaine Coupe du Monde aux Etats-Unis, il faut dire aussi le Canada et le Mexique, parce que c'est déjà de la géopolitique, en oubliant les deux autres pays. Est-ce que cette Coupe du Monde prochaine cet été sera celle du business first ?
Alors, en tout cas, on y va tout droit. Pour le rappeler, voilà, c'est vrai que c'est une grosse nouveauté, il y a trois éléments qu'on peut citer, qu'on peut noter pour cette évolution et cette financiarisation du football des nations. Et je mets de côté, je distingue le football des clubs et le football des nations. Ici, dans le football des nations orchestré par la FIFA, déjà on va avoir une Coupe du Monde à 48 nations, jusqu'ici c'était 32 nations, on va avoir augmenté le nombre de matchs, mais aussi augmenté... Fais une parenthèse, pourquoi est-ce qu'on a augmenté le nombre de matchs cette fois-ci ?
Alors, officiellement, c'est le discours officiel, c'est-à-dire que le football appartient au monde entier, et qu'il faut ouvrir plus de place à tous les pays, au plus grand nombre de pays possible, donc on passe de 32 à 48, pour que plus de pays aient la chance de pouvoir participer à cette compétition. Officieusement, et nous ne sommes pas dupes, c'est aussi pour augmenter le nombre de matchs, donc le nombre de droits TV, et à titre de comparaison, les droits TV de la Coupe du Monde 2022 à 32 nations, on était sur 2,6 milliards de dollars de recettes droits TV, pour la Coupe du Monde 2026, on a passé à 3,2 milliards.
Et les droits TV, on va le rappeler dans un instant, c'est la FIFA qui les prend, et qui est obligée de les redistribuer, puisque c'est à but non lucratif, on va en parler dans un instant, et on verra dans quelles conditions ça vous fait sourire. – Ronan Évin, je rappelle que vous êtes directeur général de l'association Football Supporters Europe, comment la FIFA, d'ailleurs, puisqu'on parlait d'elle, comment est-ce qu'elle pourrait être instrumentalisée par Donald Trump ?
– Alors, la politique de Janine Fantino, qui est un alignement complet avec les pays hôtes de la Coupe du Monde masculine, puisqu'il traite la Coupe du Monde féminine comme une compétition de seconde zone, met la FIFA dans une position compliquée. On l'a vu en Russie, on l'a vu au Qatar en 2022, et on a une approche similaire, voire même plus poussée, sur 2026, qui est de se mettre dans la roue de Donald Trump, d'annoncer à l'avance que ça sera la meilleure Coupe du Monde jamais organisée, et ça laisse en réalité assez peu de marge de manœuvre à la FIFA.
Si demain, comme il le menace, Donald Trump devait déplacer certains matchs depuis une ville hôte jusqu'à une autre, notamment les villes démocrates, ou s'il devait menacer d'autres éléments importants de l'organisation de la Coupe du Monde, la FIFA n'aurait que très peu de moyens de le faire reculer. Donc, en réalité, la stratégie de Janine Fantino de s'aligner sur le leadership politique met en réalité la FIFA dans une position de faiblesse, parce qu'elle a aujourd'hui très très peu de moyens de pression sur les Etats-Unis.
– Vous êtes en train de nous dire que la FIFA est obligée, contrainte plutôt, de se laisser tordre le bras par Donald Trump et son équipe.
– Oui, et d'ailleurs, la communication de Janine Fantino n'a plus grand-chose à voir avec la réalité. Il s'est beaucoup inspiré, je pense, de Donald Trump dans ce sens, en annonçant que le Qatar avait organisé la meilleure Coupe du Monde jamais vue, et puis, quelques mois plus tard, en annonçant déjà que les Etats-Unis organiseraient la meilleure Coupe du Monde de l'histoire. Donc, il n'a plus d'autre choix que de confirmer cette annonce.
Et donc, quoi qu'il arrive aux Etats-Unis, et on se dirige vraisemblablement vers des problèmes d'organisation assez importants, vers potentiellement des sièges vides dus aux politiques tarifaires de la FIFA et aux difficultés d'entrer aux Etats-Unis pour un certain nombre de pays, mais tout cela sera largement ignoré. On aura, quoi qu'il arrive, le meilleur tournoi de l'histoire de la FIFA.
– On va aller au standard dans un instant, rejoindre Mohamed qui nous attend. Et puis, on entendra Julien Froment, qui va partir pour Radio France couvrir cette prochaine Coupe du Monde aux Etats-Unis. Auparavant, je voudrais vous entendre, Paul Dietschi, je rappelle que vous êtes historien et spécialiste du sport. Est-ce que de tout temps, le sport, et je pense d'abord aux Jeux olympiques peut-être, a été un vecteur géopolitique ?
– Ah, tout à fait. Si on prend les premiers Jeux olympiques modernes en 1896 à Athènes, c'était un moyen pour l'État grec de se faire connaître, de se faire valoir. Et il y avait déjà des manifestations très chauvines, et d'ailleurs de la part des Américains, dans le stade d'Athènes. Si on prend la Coupe du Monde, c'est clairement une manifestation qui a un lien immédiat avec la politique. La première Coupe du Monde à Montevideo, en Uruguay, c'est, pour l'État uruguayen, une manière aussi, là aussi, de se faire remarquer sur la scène internationale. En plus, l'équipe gagne. On célèbre le centenaire de l'indépendance de l'Uruguay.
Ensuite, vous avez la Coupe du Monde en 1934 en Italie, qui est disputée sous les yeux de Mussolini.
– Avec un arbitrage très favorable à Mussolini, pardon, à l'Italie à l'époque.
– Oui, mais souvent, c'était le lot quand même des arbitres qui, souvent, arbitraient dans des conditions un peu difficiles. Ils ont été assez largement suggestionnés, c'est vrai, sur les pelouses italiennes. Mais, disons que, pratiquement, toutes les Coupes du Monde ont eu, d'une manière ou d'une autre, une dimension politique. Bon, si on pense en 1978, avec la jeune de Videla en Argentine, c'était, là aussi, un moyen d'essayer de légitimer le pouvoir dictatorial, d'essayer aussi de réconcilier, entre guillemets, les Argentins. Et puis, plus près de chez nous, quand même, la Coupe du Monde 98, elle a une dimension très largement politique.
Elle est obtenue face au Maroc, donc, de la part de la FIFA. Et puis, surtout, on se rappelle tous les discours sur une nation multiculturelle, sur l'intégration, etc. Donc, que ce soit, d'ailleurs, des régimes autoritaires ou des régimes démocratiques, eh bien, les États organisateurs essaient de donner un sens particulier à cette manifestation. et d'autant plus que, évidemment, c'est une manifestation qui se joue, comme l'a rappelé Pierre Randeau, eh bien, entre équipes nationales. Donc, il y a aussi cette dimension très symbolique de la nation, onze joueurs, qui représentent la nation, donc, immédiatement, c'est politique.
On va parler de ça. Le football est devenu l'un des piliers de ce qui fait nation, au même titre que la culture, que la langue. C'est un des piliers de la nation, le football.
En France, en tout cas, et dans le monde. Oui, totalement. On voit bien en France, les euros, les coupes du monde. C'est le moment où les Français se réapproprient ces couleurs nationales. En plus, c'est une histoire qui, finalement, est consensuelle, qui peut intégrer tout le monde. Il n'y a pas, évidemment, ces fractures de l'histoire qui sont liées à l'histoire de la colonisation, par exemple. Donc, c'est vraiment un des lieux, finalement, où on fait encore nation, même si, on l'a vu dans un passé récent, en 2010, par exemple, il peut y avoir aussi des polémiques, et on reproche à un certain bleu d'être de mauvais Français, portant le maillot bleu. Mais malgré tout, c'est quand même...
Notamment, chanter la Marseillaise est devenu l'un des vecteurs clivants de faire nation ou pas. On va aller au standard. On va vous entendre dans un instant, Paul Giacci, on va au standard, parce que Mohamed nous attend. Bonsoir, Mohamed. Merci d'avoir patienté.
Bonsoir, France Inter.
Vous êtes à l'antenne, on vous écoute.
Alors, moi, j'avais surtout une observation et un regret, en fait, alors que c'est vrai que le football, c'est un phénomène mondial et sociétal. Alors, c'est un enjeu aussi pour les États, même pour les supporters. Mais ce qui me chagrine un petit peu, c'est que les acteurs eux-mêmes, les premiers acteurs, les footballeurs, je trouve qu'ils se sont effacés au fil du temps. Dans les années 70 ou 80, on avait des joueurs à fort caractère qui prenaient position, qui avaient des principes, qui étaient éduqués. Je pense à Socrates, Maradona, Cantona dans les années 90.
Et là, je trouve que les joueurs qui sont les premiers acteurs, ils sont pris par leurs contrats, par les enjeux financiers et économiques, même par la FIFA. C'est-à-dire qu'il n'y a plus de message à caractère politique, c'est interdit. Et j'en veux pour preuve aussi, j'ai très peu entendu de réactions par rapport à l'organisation des mi-temps qui vont se passer là, pendant la Coupe du Monde, la prochaine Coupe du Monde, l'année prochaine, enfin cette année, qui vont être découpées en cartons, uniquement pour faire passer des messages publicitaires. Il n'y a plus de prise de position. Et c'est ça qui me chagrine un petit peu.
Merci beaucoup de ce témoignage et je vais le soumettre à nos invités. On va parler dans un instant de savoir si ou non les joueurs prennent trop peu position. On va juste rappeler ce phénomène de starification qui a complètement contribué à faire émerger le football dans les années 70. Je pense à un homme comme Pelé, Pierre Rondeau. Il faut rappeler à quel point la télé a contribué aussi à la starification et c'est venu à ce moment-là,
dans les années 70. Si on parle de Pelé à ce niveau-là, effectivement, Coupe du Monde 74 diffusée en Mondovision couleur et vous avez uniquement pour le cas français par exemple une augmentation de 300%.
Je vais vous parler parce que je vous coupe parce que votre casque est très près du micro. Il va faire du Larsen dans peu de temps. Donc voilà, soit vous le mettez sur les oreilles, soit vous le mettez bien sur la table.
Oui, la Coupe du Monde 74 avec Pelé. Rien qu'en France, par exemple, on diffusait en Mondovision couleur et rien qu'en France, vous avez une augmentation de 300% des téléviseurs couleur qui montre à quel point on est sur vraiment la première star planétaire du football. On veut regarder Pelé avec son maillot brésilien jaune. Donc on a besoin de la couleur. On achète des télécouleurs et on a une augmentation ici à ce niveau-là des vents de téléviseurs.
Alors la question que pose Mohamed, je vous la soumets, Ronan Hévin, directeur général de l'association Football Supporters Europe. Les joueurs aujourd'hui n'osent plus prendre position. Ils préservent d'abord leur image et comme notre auditeur, vous trouvez ça dommageable ?
Alors je pense que d'abord, il ne faut pas en attendre trop des footballeurs. C'est comme le reste de la société. Certains d'entre eux sont concernés par ces questions politiques. D'autres non. D'autres préfèrent défendre leurs intérêts personnels. ou se battent pour leurs droits spécifiques en tant que salarié. Donc il ne faut pas attendre trop des footballeurs. Ils savent se mobiliser quand c'est nécessaire et quand le sport est mis en danger. Je crois que les manipulations qu'on a vues ces derniers temps sur les règles du jeu de la part de la FIFA sont particulièrement inquiétantes et pourraient mener à terme une levée de boucliers. Il y a effectivement les nouvelles pauses publicitaires.
On a vu également une manipulation des acrobaties disciplinaires pour permettre à Cristiano Ronaldo de pouvoir jouer la compétition dès le premier match. Et une manipulation du calendrier pour faciliter la qualification du Qatar et de l'Arabie Saoudite, deux des principaux bailleurs de fonds de la FIFA. Donc on est sur quelque chose d'assez inédit, du moins dans l'histoire moderne de la Coupe du Monde. Et si la FIFA commence à mettre en danger l'intégrité du sport, c'est là qu'on pourrait voir les footballeurs se mobiliser. Comme on l'a vu dernièrement en Espagne, où les joueurs ont mis fin au plan de la Liga de délocaliser un match à Miami.
Là-dessus, les joueurs se sont mobilisés, ont fait grève et ont obtenu gain de cause.
Julien Froment, je me tourne vers vous. Je rappelle que vous êtes journaliste sportif à Radio France et vous irez donc couvrir cette Coupe du Monde l'été prochain sur le continent américain compte tenu de tout ce qu'on vient de dire depuis le début de l'émission avec un Donald Trump qui sera probablement omniprésent. Comment appréhendez-vous la couverture de ces sept semaines de compétition ?
Il va y avoir des choses à raconter. C'est vrai qu'avec Donald Trump en effet au pouvoir aux Etats-Unis, on peut s'attendre à tout. Après, normalement, il y a un cadre assez strict qui doit être respecté par la FIFA, que ce soit pour la tenue des matchs, les villes hautes. Mais c'est vrai qu'avec ce président capable de tout et n'importe quoi, il l'a dit, il est prêt à changer des villes qui ne lui plaisent pas. Il a ciblé notamment des villes démocrates qui allaient héberger des matchs de la Coupe du Monde.
On voit aussi sa politique extérieure qui a un impact sur la Coupe du Monde avec, par exemple, pour le moment, les supporters ivoiriens, les supporters sénégalais, les supporters d'Haïti qui sont interdits de territoire. donc c'est vrai que c'est une Coupe du Monde qui va être un peu étonnante, on va dire, à couvrir. Beaucoup de questions se posent, notamment sur, Pierre Rondeau l'a évoqué, la présence des supporters dans le stade parce que cette Coupe du Monde va être peut-être la Coupe du Monde.
Alors eux, ils espèrent que ça soit la plus belle Coupe du Monde de l'histoire, mais ça va être la Coupe du Monde la plus chère de l'histoire avec des billets en moyenne autour des 200, 300, 400 dollars ?
Alors justement, on a une question d'Olive et je vous la pose Julien Fromant sur ce thème-là compte tenu des prix exorbitants des places et de l'inclusion qui ne sera pas favorisée je pense à toutes les personnes handicapées, aux personnes, vous le disiez, en provenance d'Afrique et puis les personnes LGBT qui seront une fois de plus muselées par la politique de Donald Trump, c'est son choix politique. Qui va aller voir les matchs de cette Coupe du Monde nous demande Olive.
Bah, des Américains déjà parce que nous Européens on peut être choqués par les montants évoqués sur les prix des billets mais au final c'est le prix moyen, c'est le panier moyen en fait que dépense un Américain pour aller voir un match de NFL, un match de NBA ou d'un autre sport. C'est vrai que nous on n'est pas habitués à ces tarifs-là mais pour bien en être conscients par exemple si vous voulez assister à un match de la Coupe du Monde et que vous voulez y aller en voiture, il faut payer un parking. Le parking pour une journée c'est 200 dollars la journée. C'est ça aller voir un événement sportif aux Etats-Unis.
Donc il y aura essentiellement des spectateurs américains mais après la FIFA communique sur le fait qu'il y ait 150 millions de demandes de billets lors de ces derniers jours. Reste à savoir d'où proviennent les demandes. Est-ce qu'il y a beaucoup de demandes qui émanent notamment d'Europe ? Vraisemblablement il y en a qui émaneraient d'Allemagne du Royaume-Uni mais pour le reste il y a beaucoup d'incertitudes autour de tout ça.
On va retourner au standard. Guillaume nous appelle. Bonsoir Guillaume.
Bonsoir Front Inter. Bonsoir messieurs tous mes deux.
Nous vous les renvoyons avec plaisir.
Une Coupe du Monde je résume 2026 avec 104 matchs 48 équipes 32 équipes qualifiées sur 48 soit deux tiers en 16ème de finale c'est une nouveauté. D'où ma question la télévision l'argent et donc par conséquence la géopolitique ont-elles pris le dessus sur l'intérêt sportif ?
Pierre Rwando va vous répondre je rappelle qu'il est économiste du sport est-ce que l'économie a pris le pas sur l'intérêt sportif ?
Aujourd'hui oui.
Aujourd'hui c'est indéniable qu'effectivement la FIFA a cette recherche fondamentale et première de lucrativité alors que quand bien même vous l'avez rappelé en début d'émission ça reste une association de droit suisse qui par définition n'a pas un but premier de lucrativité et de rémunération de ses actionnaires mais de fait quand vous allez avoir à la fois ces matchs qui vont augmenter par rapport aux éditions précédentes et l'introduction des cartons qui vont permettre à ce que les chaînes de télévision mettent de la publicité de 3 minutes à chaque mi-temps dans des cartons pour augmenter les recettes on est sur une forme globale de financiarisation alors point à rappeler sur ces cartons par exemple c'est pas dans l'intérêt de la FIFA puisque les pubs vont être vendus ici par les chaînes de télévision elles vont prendre directement l'argent et elles n'y iront pas à la fédération internationale mais indirectement c'est la FIFA qui va en profiter puisque la FIFA a vendu ses droits TV de façon plus élevée on l'a rappelé elle augmente de 600 millions de dollars ses recettes télévisuelles les chaînes de télévision du monde entier y compris françaises qui ont payé plus d'argent pour diffuser ce mondial veulent un retour sur investissement et donc sont très contentes de pouvoir mettre ces pubs en carton on l'a dit et ça a été rappelé dans différents médias qu'on a parlé d'une américanisation et que c'est vraiment le continent nord-américain le pays des Etats-Unis qui a imposé cette nouvelle philosophie côté européen je pense que les diffuseurs seront très contents d'avoir ces cartons les diffuseurs allemands français italiens britanniques seront très contents de pouvoir mettre de la pub aujourd'hui après les hymnes nationaux et demain est-ce qu'on a une idée de ce qu'en pense
le téléspectateur et l'amateur de football
on a beaucoup été dérangé en tout cas moi le premier mais beaucoup d'autres et j'imagine beaucoup d'éditeurs étaient dérangés par les pubs après les hymnes nationaux pour autant les audiences n'ont pas chuté les gens n'ont pas chanté de chaîne donc les gens vont s'en plaindre et on va s'en plaindre mais pour autant malgré tout les audiences je pense resteront très élevées côté européen côté américain côté sud-américain ça reste quand même la coupe du monde de football qui est vue par la moitié de la population mondiale
Ronan Hévin je rappelle vous êtes le directeur général de l'association football supporters d'Europe on parle d'influence on parle d'argent et on parle du Qatar selon notre auditeur je vous renvoie la question que cherche le Qatar quand il investit dans la coupe du monde de 2022 et aussi dans le Paris Saint-Germain en France l'intérêt est sûrement moins économique que géopolitique pour le Qatar
oui certainement l'intérêt du Qatar c'est de se présenter comme une nation sportive et comme une nation capable d'organiser des grands événements et on le voit aujourd'hui post-coupe du monde la stratégie du Qatar c'est de continuer à attirer des événements donc on voit une stratégie sur le long terme ce que n'a pas eu la Russie puisque la Russie avait plutôt réussi à se présenter comme étant une potentielle destination touristique après la coupe du monde 2018 et puis évidemment tout cela s'est très rapidement effondré la question économique du côté de la FIFA elle est bien sûr prégnante mais elle repose d'abord sur les intérêts politiques d'un homme de Gianni Infantino et qui cherche à asseoir son pouvoir puisque l'augmentation des revenus de la FIFA
on le dit déjà Fiantino déjà proche de Donald Trump il n'a pas besoin de séduire encore plus visiblement il l'a fait en créant un prix
de rester à la tête de la FIFA ça il en a besoin et pour cela il a besoin de deux choses il a besoin d'augmenter les réserves de la FIFA et surtout de redistribuer toujours plus d'argent aux associations membres de la FIFA et c'est le but ultime de l'augmentation des revenus de la FIFA c'est bien d'asseoir son pouvoir de se garantir une réélection et aujourd'hui il est difficile d'imaginer Gianni Infantino ne pas rester à la tête de la FIFA lors de la réélection de 2027
Un point d'histoire Paul Giacci historien spécialiste du sport en France à quand remonte la diplomatie par le sport on le sait ça précisément ?
Oui tout à fait il suffit d'aller aux archives du Quai d'Orsay en 1920 il a créé une section tourisme et sport dans l'organe de propagande du Quai d'Orsay qui s'appelle le service des oeuvres françaises à l'étranger et a été dirigé par un écrivain Jean Géraudou et l'idée c'était d'aller envoyer des équipes des champions d'envoyer les films de leurs performances aussi dans le monde entier pour donner l'image d'un pays qui n'avait pas été saigné à blanc par la guerre et on voit bien dans les archives pendant tout l'entre-deux-guerres les diplomates les ambassadeurs français reçoivent par exemple les mousquetaires qui avaient gagné la coupe d'Evis reçoivent aussi les équipes de football donc cette diplomatie elle a été inventée très largement en France et puis ensuite bien évidemment elle est reprise dans les années 30 par l'Italie fasciste par l'Allemagne nationale socialiste donc ça c'est absolument pas nouveau cette chose là et si je peux ajouter une chose à ce qui a été dit auparavant je crois qu'il ne faut pas penser que la FIFA a complètement changé depuis 30 ans dans les années 30 l'un des critères qui permet de dire qu'une coupe du monde est réussie c'est d'abord les recettes financières et donc ce qu'en tire l'organisation parce que pour l'organisation c'est avoir de l'argent c'est évidemment avoir des moyens d'action donc c'est quelque chose qui n'est pas du tout nouveau la politique d'Infantino elle commence en 1974 avec Avelange également ce qui est nouveau évidemment c'est cette disproportion donc liée à la financiarisation et liée surtout à l'argent qui vient de la télévision depuis le début des années 2000 Julien Fromant je rappelle que vous allez
couvrir pour Radio France cette coupe du monde de football au Mexique au Canada et aux Etats-Unis on était en train de dire que le football mondial a changé pour devenir plus économique il y a moins d'intérêts sportifs est-ce que la profession de journaliste sportif a celle à elle aussi un peu changé c'est-à-dire que vous allez rendre compte aussi vous allez donner à entendre de ce qu'est l'Amérique d'aujourd'hui sous l'ère Trump et évidemment il y aura la compétition sportive mais vous allez apporter un autre regard le métier de journaliste sportif a changé il est devenu un peu plus sociétal un peu plus politique
surtout en fait je suis journaliste je ne suis pas journaliste sportif évidemment je couvre le sport mais je reste journaliste et bien évidemment que couvrir un événement comme la coupe du monde ce n'est pas que commenter des matchs de football et reporter ce qu'on voit lors des rencontres c'est aussi raconter bien évidemment les villes que l'on va traverser les gens que nous allons rencontrer voilà ce sont les grandes et les petites histoires alors moi pour le coup je vais suivre l'équipe de France de foot donc j'irai à Boston à Philadelphie et à New York pour la première partie de la compétition et que bien évidemment avec mon confrère Xavier Montferrand on aura à coeur de raconter aussi tout le contexte et l'atmosphère autour de ces rencontres des Bleus et on aura à coeur
d'écouter évidemment vos reportages je vous pose encore la question Julien Froment celle d'Alain de Lyon Coupe du Monde on aura je suppose des matchs aux horaires américains avec de la pub toutes les 10 minutes ça va être compliqué de regarder ça comment est-ce qu'on va suivre ça en France ?
Alors non en France pour les matchs de l'équipe de France on va les suivre très facilement parce que Pierre Rondeau évoquait justement le rôle des diffuseurs français en France c'est le groupe M6 qui a les droits de retransmission des matchs de l'équipe de France et bien évidemment M6 a négocié avec la FIFA pour que les matchs soient à des horaires tout à fait respectables on va dire pour les spectateurs et spectatrices françaises le premier match des bleus face au Sénégal aura lieu à 21h la deuxième rencontre à 23h face à la Bolivie à l'Irak ou au Suriname on n'a pas encore l'adversaire il faudra attendre la fin du mois de mars et puis le dernier match face à la Norvège là aussi aura lieu à 21h donc pas de de grands changements on va dire dans les habitudes des spectateurs et des auditeurs
Pierre Rondeau on ne peut pas parler de l'influence géopolitique du football sans évidemment revenir encore une fois sur la FIFA question d'un auditeur qui nous demande mais quel est le rôle précisément de la FIFA le rôle au niveau de l'organisation exactement
en tout cas d'organiser ici la compétition coupe du monde pas forcément
ce qui concerne la coupe du monde de football mais dans la gestion du football mondialisé qui est aujourd'hui
au niveau la gestion et de l'organisation des compétitions et même des règles du jeu la FIFA orchestre tout ce qui concerne le jeu footballistique le football est organisé directement et indirectement par la FIFA qui va gérer directement les compétitions internationales on parle de la coupe du monde mais tout le reste est sous l'autorité de la FIFA qui va ensuite déléguer auprès des fédérations continentales l'UFA pour l'Europe et d'ailleurs il y a un conflit on va dire politique en coulisses entre l'UFA et la FIFA à ce niveau là au niveau de la compétence et de la prérogative et du monopole d'organisation des compétitions entre l'UFA pour l'Europe et la FIFA pour le monde mais la FIFA son rôle officiellement et intrinsèque en tout cas global et concret au-delà des questions géopolitiques d'influence et autres et de pouvoir et de motivation et d'ambition directement de son président Johnny Infantino la FIFA son seul rôle si je puis dire est d'organiser la coupe du monde
de football organiser la coupe du monde de football avec des leviers politiques et géopolitiques parfois violents on se rappelle comment Sab Blatter Michel Platini aussi ont été impliqués par les Etats-Unis parce que les deux hommes avaient à la tête de la FIFA et à la tête de l'UFA avaient préféré le Qatar aux Etats-Unis les Etats-Unis se sont bien chargés à juste ou mauvaise raison on ne va pas en parler ce soir mais en tout cas de les mettre dans un sacré pétrin
Voilà c'est un très gros dossier donc on n'aura pas le temps j'imagine de pouvoir en parler mais ce qui est sûr c'est qu'effectivement il faut rappeler que pour la coupe du monde 2022 qui était organisée par le Qatar lors de la candidature à l'organisation les Américains Etats-Unis étaient aussi candidats le Qatar l'a emporté pour des raisons voilà de diplomatie internationale avec en coulisses en sous-main des interventions supposées de Michel Platini pour l'UFA de Seb Latour pour la FIFA et même du président de l'époque française Nicolas Sarkozy indirectement le Paris Saint-Germain donc voilà tout ça est dit en coulisses mais ce qui est sûr c'est que les Américains après l'échec de leur candidature ont mis le paquet juridique pour montrer à quel point il y avait eu comment dirais-je contrôle en tout cas il y avait eu négociation pour que le Qatar obtienne cette organisation les Américains ensuite ont de nouveau orchestré leur candidature pour le Mondial 2026 on se rappelle que pour 2026 le Maroc était aussi candidat et le Maroc était jusqu'à l'obtention américaine favori pour l'organisation et que la veille du vote de l'Assemblée Générale de la FIFA Donald Trump avait fait un tweet disant qu'il allait remercier ou se souvenir des pays partisans en tout cas soutien de la candidature nord-américaine et vous avez eu des pays membres du comité de soutien Maroc 2026 qui ont fini par voter pour la candidature nord-américaine donc comme quoi l'intervention politique ici a joué
avait bien fonctionné Paul Diecci je rappelle vous êtes historien et spécialiste du sport rappelez-nous dans les années 60 en Algérie comment le football a été aussi un marqueur du processus de décolonisation
oui alors il faut rappeler que dans les années 50 il y avait beaucoup de joueurs d'Algérie un peu moins du Maroc qui jouaient dans le championnat de France de football et en 1958 le FLN a organisé une équipe d'Algérie donc en intimant l'ordre aux meilleurs joueurs football algériens disputant le championnat de France de rejoindre cette équipe à Tunis et pendant 4 ans et bien cette équipe qui jouait très bien qui avait de très grands joueurs comme Rachid Mekloufi par exemple Moustapha Zitouni des joueurs qui auraient pu jouer d'ailleurs la coupe du monde 58 qui ont fait le choix de jouer pour l'indépendance et donc cette équipe a été faire des tournées dans les pays arabes dans les pays socialistes et jusque en Chine et au Vietnam du Nord elle pose notamment avec le général Diabs qui évidemment a une symbolique très forte à cette époque là donc là pour le coup il y a des footballeurs évidemment qui se sont engagés certains finalement ils ont laissé leur carrière parce que quand ils sont revenus ils avaient plus de 32 ans mais d'autres sont revenus en France Rachid Mekloufi par exemple a été une des grandes vedettes du championnat de France des années 60 avec l'AS Saint-Etienne et lorsque des envoyés justement de la FIFA vont en Algérie au début des années 60 ils écrivent des rapports disons que ils sont étonnés par la passion du football qui nourrit cette population et notamment la jeunesse donc on voit bien que cette question politique a été déjà très présente dans ces années là
une question sur l'organisation de la coupe du monde de 2026 et je vais la soumettre à Julien Froment comment ça se fait que les Etats-Unis le Mexique et le Canada sont trois pays à organiser ces jeux de cette coupe du monde de football
ça a été une candidature commune tout simplement c'est de plus en plus le cas parce que organiser une coupe du monde ça coûte cher même quand on est les Etats-Unis le Mexique et le Canada ils ont vu un intérêt commun à se mettre aux côtés des Etats-Unis pour organiser la plus grande compétition qui puisse exister dans le foot et on le voit en 2030 l'Espagne le Portugal et le Maroc aussi ont fait candidature commune pour organiser la compétition c'est de plus en plus récurrent et ça devient presque une nécessité parce que organiser une telle compétition coûte vraiment énormément d'argent et que des fois même quand on est les Etats-Unis c'est difficile à soutenir seul
Encore un mot sur la FIFA parce que des auditeurs nous ont entendu un peu sourire ou lever les yeux au ciel quand on a parlé de la FIFA et de sa neutralité je vous l'assoumets Pierre Rondeau la FIFA et son rôle de neutralité politique ça figure même dans ses statuts cette neutralité dans quelle mesure est-elle régulièrement bafouée ? Il faut le redire parce que les auditeurs nous écoutent
Je prends le cas français par exemple effectivement vous l'avez rappelé dans les statuts et les règlements officiels de la FIFA il y a un devoir de neutralité politique des joueurs des instances y compris aussi des Etats officiellement il y a une interdiction d'ingérence politique d'un Etat sur sa sélection nationale prenez le cas simplement français on a eu un temps un premier ministre qui avait tout simplement je fais référence à Manuel Valls qui avait demandé à ce qu'un joueur ne soit plus sélectionné en équipe de France Karim Benzema qui n'a pas évolué avec l'équipe de France malgré son statut d'attaquant star du Real Madrid qui n'a pas évolué avec les Bleus pendant il me semble 4 ou 5 ans vous avez même en 2010 Naïsna la grève des joueurs de l'équipe de France avec dès le lendemain de cette élimination le président
le ministre des Sports
qui prend la parole au sein de l'Assemblée Nationale pour parler de l'équipe de France vous avez le président de l'époque Nicolas Sarkozy qui auditionne qui accueille qui interroge directement le joueur Thierry Henry et le sélectionneur Raymond Domenech donc vous avez de l'ingérence à ce niveau-là politique directement alors que oui officiellement c'est interdit même prenons plus près de nous la coupe d'Afrique des Nations le Gabon qui a été éliminé et l'équipe qui a été mis en sommeil entre guillemets par le pouvoir et des joueurs qui ont été écartés notamment Pierre-Emerick Aubameyang l'attaquant de l'Olympique de Marseille
une question historique que je vous soumets Paul Diatchi historien spécialiste du sport y a-t-il des cas historiques où le football une compétition internationale a permis d'apaiser des tensions géopolitiques existantes
alors il y a eu des volontés de le faire déjà si on prend la coupe du monde 2002 qui a été évoquée co-organisée par la Corée du Sud et Japon le vœu de la FIFA et du président Avelange puis de Seb Blatter c'était de rapprocher les deux pays bon ça a plus ou moins bien marché après il y a aussi des matchs qui ont pu apparaître comme symbolique par exemple en 98 l'Iran avait rencontré les Etats-Unis pendant la Coupe du Monde française l'Iran l'avait emporté puis les joueurs avaient fait des photos ensemble les spectateurs également et donc ça avait pu apparaître comme un moment de détente un des cas les plus célèbres aussi c'est en 74 lors de la Coupe du Monde organisée en Allemagne de l'Ouest la RDA donc la République démocratique allemande a rencontré la RFA d'ailleurs c'est les Allemands de l'Est qui l'ont emporté mais finalement c'est l'Allemagne de l'Ouest qui a gagné la Coupe du Monde et pour beaucoup d'observateurs c'était justement une normalisation des relations entre les deux Etats qui d'ailleurs ont signé dans ces années-là un traité de reconnaissance mutuelle donc il peut y avoir des moments évidemment où alors c'est pas le football qui le fait bien évidemment le football c'est parfois un prétexte pour se rapprocher le football finalement c'est d'abord une représentation un miroir du monde à un moment donné les choses peuvent changer très vite et on l'a vu par exemple avec la Coupe du Monde organisée en Russie en 2018 Ronan Hévin
je rappelle vous êtes directeur général de l'association Football Supporters Europe il faut parler de l'influence des supporters en quoi sont-ils aussi des acteurs politiques alors
sur une Coupe du Monde il s'agit enfin on risque de voir à nouveau avant la compétition aux Etats-Unis les appels au boycott qui avait émané comme avant le Qatar ou la Russie la réalité c'est que les gens vont ça va reposer sur une décision personnelle en fonction de la boussole éthique de chaque personne je pense que beaucoup de gens sont mal à l'aise par la politisation de cette Coupe du Monde le sentiment général après le tirage au sort c'était une forme de malaise vis-à-vis de la présence de Trump de l'hyperpolitisation du tournoi et puis nous supporters on essaye d'influer le cours des choses comme on peut on a obtenu un geste de la FIFA un certain symbolique sur le prix des billets on va continuer de maintenir la pression puisqu'on est vraiment sur la question de la billetterie sur un vrai changement d'air on passe d'une Coupe du Monde qui était jusque-là dédiée ouverte aux supporters à une Coupe du Monde pour deux spectateurs et on va faire en sorte de continuer à maintenir la pression pour que la FIFA revienne sur ces décisions là-dessus
Bon non, Évin il nous reste quelques secondes pour parler de cette Coupe du Monde qui sera l'une des moins inclusives de l'histoire pas de travaux à grande échelle pour accueillir les personnes en situation de handicap les LGBT ne seront pas les bienvenus les supporters sénégalais haïtiens ivoiriens Julien Fourment l'a rappelé ils auront beaucoup de difficultés à pouvoir passer les frontières des Etats-Unis est-ce que la FIFA aura les moyens de laisser par exemple des banderoles LGBT qui s'exprimaient l'été prochain et pardon il vous reste 20 secondes
C'est autorisé par les règlements FIFA la question c'est est-ce que les Etats-Unis est-ce que les autorités américaines vont les autoriser et là on est dans le flou le plus complet on l'a vu au Qatar autorisé par les règlements FIFA autorisé par les règlements de compétition et les drapeaux LGBT étaient interdits dans les stades donc on se dirige peut-être vers quelque chose de similaire
Eh bien merci beaucoup à tous les quatre d'avoir répondu aussi précisément aux questions des auditeurs de France Inter le téléphone sonne c'est terminé grand merci à Antoine Gignot à la rédaction en chef et Hugo Vlamin que tous les deux m'ont aidé à bâtir ce téléphone sonne à la technique ce soir il y avait Clément Berman il y avait Arnaud Caillet et Fabrice Desmaz à suivre leur philo de Patricia Martin ce sera après le flash de 20h et après les petits bateaux tous ces bouts de choux qui ont toujours une question pertinente à poser j'ai 8 ans je m'appelle Nola mais j'aimerais savoir pourquoi les bébés roquins qui portent leur maman directement quand il est né et les enfants restent avec leur maman au revoir je m'appelle
je m'appelle je m'appelle