Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 8 mai 2026 64 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsEnvironnement & énergie

Cessez-le-feu : Trump négocie, Netanyahu pilonne - C dans l’air - 09.04.2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Pourquoi Israël a frappé si fort à Beyrouth hier?

  • 2:05OuverteRéponse directe

    Sur ce coup, D.Trump et B.Nétanyahou ne sont pas totalement alignés?

  • 4:05OuverteRéponse directe

    G.Lagane, sur ces frappes israéliennes condamnées, y compris fermement par la France, qui pourraient fragiliser le cessez-le-feu?

  • 6:05OuverteRéponse directe

    On va parler de tous les désaccords. C'en est un.

  • 8:05OuverteRéponse directe

    Israël va continuer ses bombardements? Quel est le but d'Israël au sud du Liban?

  • 10:05OuverteRéponse directe

    Entre Trump et Nétanyahou, comment les choses sont arbitrées?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30P.GélieFait
    « Probablement pour se dépêcher de tirer le maximum de profits sur le plan militaire, avant que D.Trump, peut-être, ne revienne sur sa réaction primaire, qui a été de laisser libre cours à B.Nétanyahou pour faire ce qu'il voulait, sans vraiment mesurer, me semble-t-il, que ça compromet sérieusement sa trêve avec l'Iran et l'édifice. »
  • 2:20J.-D.MerchetFait
    « Ils ont sans doute eu une opportunité de renseignements et une capacité de faire 100 frappes en même temps, en 10 minutes. »
  • 4:20G.LaganeFait
    « Je note que le fait qu'ils aient frappé 100 cibles en 10 minutes, ça nous rappelle que les Israéliens et les Américains utilisent l'IA pour cibler. »
  • 6:20P.GélieFait
    « L'Iran n'a que des mauvais choix. Soit abandonner un proxy, des supplétifs qui se sont engagés à ses côtés, contrairement aux Houthis du Yémen, soit renoncer à la trêve et briser le cessez-le-feu. »
  • 8:20J.D.VanceFait
    « Si l'Iran veut que cette négociation capote à cause du conflit dans lequel il se fait étriller au Liban, qui n'a rien à voir avec lui, et dont les Etats-Unis n'ont jamais dit qu'il faisait partie du cessez-le-feu, c'est son choix. »
  • 10:20B.NétanyahouFait
    « J'ai toujours dit que le cessez-le-feu temporaire avec l'Iran n'incluait pas le Hezbollah. Nous continuerons donc à le frapper, et durement. »
  • 12:20J.D.VanceFait
    « Nous pensons que ce serait stupide, mais c'est son choix. »
  • 16:20J.-D.MerchetFait
    « Trump est capable d'humilier B.Nétanyahou. »
  • 18:20J.-D.MerchetFait
    « Les Américains veulent 2 choses: l'uranium enrichi et l'ouverture du détroit d'Ormuz. »
  • 22:20P.AllémonièreFait
    « Jusqu'au fleuve Litani, dans le but d'éradiquer le Hezbollah. »
  • 24:20P.AllémonièreFait
    « Avec Trump, on est toujours à la merci d'une décision surprenante. »
  • 26:20G.LaganeFait
    « Ce qu'a démontré cette guerre, c'est la totale domination de l'espace aérien par la coalition et l'extrême fragilité de l'organe officiel de l'Iran. »
  • 28:20R.MalleyFait
    « Nous avons la manière la plus stupide, la plus illégitime, inégale et injustifiée, au moins depuis la guerre d'Irak en 2003. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Gillette Venus pour le maillot. - C.Roux: Bienvenue dans "C dans l'air".

Tous les regards sont tournés vers le Liban. Les frappes massives d'Israël contre Beyrouth ont fait 250 morts hier et ça met en péril le fragile cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis. Pour D.Trump et B.Nétanyahou, le Liban ne fait pas partie des négociations.

Le chef de la Maison-Blanche parle d'escarmouche alors que les négociations doivent débuter demain au Pakistan en présence du vice-président américain. Mais l'Iran ne l'entend pas ainsi. Les Gardiens de la révolution affirment qu'ils n'abandonneront pas "leurs frères libanais".

B.Nétanyahou a demandé à son cabinet d'engager des négociations directes avec le Liban. Dans ces conditions, comment la trêve peut-elle tenir?

On se demande comment Téhéran et Washington peuvent s'entendre sur le nucléaire, le détroit d'Ormuz, la levée des sanctions, tant les positions semblent éloignées. Avec nous pour en parler, G.Lagane, spécialiste des questions de défense et enseignant à Sciences Po.

J.-D.Merchet est journaliste à "L'Express" et spécialiste des questions internationales et de défense.

Je rappelle la réédition de votre livre. P.Gélie est avec nous.

Vous êtes directeur adjoint de la rédaction du "Figaro". Voici la une d'aujourd'hui. Vous avez fait un édito sur la trêve en Iran.

Dans un instant, nous allons accueillir P.Allémonière. Bonsoir.

Merci de participer à cette émission en direct. Je voudrais qu'on regarde les images de ce qui s'est passé à Beyrouth hier. Plus de 250 morts en 10 minutes.

Pourquoi Israël a frappé si fort? - P.Gélie: Probablement pour se dépêcher de tirer le maximum de profits sur le plan militaire, avant que D.Trump, peut-être, ne revienne sur sa réaction primaire, qui a été de laisser libre cours à B.Nétanyahou pour faire ce qu'il voulait, sans vraiment mesurer, me semble-t-il, que ça compromet sérieusement sa trêve avec l'Iran et l'édifice.

Ce cessez-le-feu a été décrété mais pas discuté réellement. S'il l'avait été, probablement que les parties auraient dû se mettre d'accord sur 2 préalables, dont la réouverture du détroit d'Ormuz sans conditions ni péage. Deuxièmement, inclure le Liban dans le périmètre de la trêve. - C.Roux: Sur ce coup, D.Trump et B.Nétanyahou ne sont pas totalement alignés? - J.-D.Merchet: Ils ont sans doute des objectifs qui ne sont pas les mêmes.

Je ne suis pas sûr que sur ce coup, les Américains n'aient pas laissé faire. L'opération d'hier, "Ténèbres éternelles"...

Ca fait un peu peur. Je pense que les Israéliens disent qu'ils ont fait une opération équivalente à l'affaire des bipeurs. Vous vous souvenez?

C'est quand ils ont attaqué les cadres du Hezbollah en faisant exploser leurs bipeurs. Ils disent que c'est une affaire de ce niveau. Ils ont sans doute eu une opportunité de renseignements et une capacité de faire 100 frappes en même temps, en 10 minutes.

Qu'est-ce qu'ils ont tapé? Ils n'ont pas tapé au hasard. Ils ont cassé la structure de communication...

Ils ont essayé. L'ont-ils fait? On verra.

Ils ont essayé de casser la structure de communication du Hezbollah, qui était en réseau à ce moment-là. Ils ont lâché 160 bombes en 10 minutes, sur une centaine d'objectifs. Effectivement, ça a fait des morts.

On ne sait pas qui est mort. Combien de combattants du Hezbollah ou des civils? Il y a toujours des civils dans ces situations, évidemment.

Il ne faut pas oublier la dimension militaire et l'opportunité qu'ils ont eue. Ils l'ont fait. Les Iraniens, évidemment, vont s'en servir pour la négociation.

Je ne suis pas sûr que ça remette en cause les discussions en cours. - C.Roux: G.Lagane, sur ces frappes israéliennes condamnées, y compris fermement par la France, qui pourraient fragiliser le cessez-le-feu? - G.Lagane: Peut-être 3 réflexions.

La 1re, c'est que l'intensité de ces frappes est due, à mon avis, au redéploiement des capacités israéliennes qui ne sont plus utilisées contre l'Iran. Donc elles peuvent être consacrées au théâtre libanais. Je note que le fait qu'ils aient frappé 100 cibles en 10 minutes, ça nous rappelle que les Israéliens et les Américains utilisent l'IA pour cibler.

Ils ont des capacités démultipliées de frappe. C'est très impressionnant. Le 2e élément, c'est qu'il y a un coût humain et pour la société libanaise, mais c'est dans la stratégie engagée par Israël contre le Liban depuis plusieurs semaines. - C.Roux: Contre le Hezbollah?

Vous dites "le Liban"? - G.Lagane: Contre le Liban.

Je fais le parallèle avec Gaza. Je pense que la stratégie israélienne est de répliquer ce qui a été fait à Gaza contre le Hamas et d'appliquer au Liban, contre le Hezbollah, la même stratégie de dévastation. C'est dans le but de pousser, au sens géographique et moral, les Libanais, en particulier la communauté chiite, à l'extrême, c'est-à-dire à se dissocier du Hezbollah.

Le dernier élément, c'est que je ne crois pas qu'il y ait de dissociation entre les Etats-Unis et Israël. Depuis le début du conflit, les Etats-Unis ont sous-traité le sujet libanais à Israël. Le fait qu'il ne soit pas compris dans le cessez-le-feu, du point de vue des Etats-Unis, ça semble logique. - C.Roux: D.Trump parle d'escarmouche.

Il ne considère pas que c'est central dans la négociation. C'est intéressant de voir la réaction des Iraniens, qui disent que le Liban est l'axe de la résistance entier et qu'en tant qu'allié de l'Iran, ça forme une partie inséparable du cessez-le-feu. Ils disent qu'ils ont le doigt sur la gâchette. - P.Gélie: Tout le monde a utilisé cette expression, "le doigt sur la gâchette". - C.Roux: Les Libanais disent qu'ils ne laisseront pas tomber leurs frères et soeurs.

Ca pourrait fragiliser ce fragile cessez-le-feu? - P.Gélie: L'Iran n'a que des mauvais choix.

Soit abandonner un proxy, des supplétifs qui se sont engagés à ses côtés, contrairement aux Houthis du Yémen, soit renoncer à la trêve et briser le cessez-le-feu. Dans les 2 cas, le prix est chèrement payé. - C.Roux: Ca veut dire qu'ils ne bougeront pas? - P.Gélie: Ils doivent être en train d'évaluer ce qui est le pire.

Que peuvent-ils faire pour soutenir le Hezbollah? Je pense que leurs capacités sont limitées. Il faut souligner un point au niveau des Américains.

Il y a eu des déclarations de J.D.Vance, négociateur en chef.

Ca montre qu'il n'est pas très à l'aise avec cette ambiguïté américaine vis-à-vis du Liban. Il a parlé de "malentendu légitime de la part des Iraniens", en disant qu'ils ont peut-être compris ça... "S'ils en prennent prétexte pour ne pas négocier, c'est idiot." "Incompréhension légitime", c'est un nouveau concept diplomatique intéressant. - C.Roux: Il y a eu des frappes du Hezbollah.

Ils auraient tiré des roquettes vers le nord du territoire israélien. - G.Lagane: Je suis d'accord.

Il y a peut-être une forme d'hypocrisie des 2 côtés. Les Américains, et surtout J.D.Vance, chargé des négociations, a intérêt à entrer dans les arguments de l'Iran.

Les Iraniens, le Hezbollah, c'est un allié. Le fait qu'ils aient accepté un cessez-le-feu alors même que le Hezbollah n'était pas compris, c'est une forme de renversement historique. Traditionnellement, le Hezbollah rentre tout de suite en guerre aux côtés de l'Iran quand l'Iran est attaqué.

C'est ce qui s'était passé l'an dernier lors de la guerre des Douze Jours. Le fait que l'inverse ne soit pas vrai, que l'Iran ne se porte pas au secours du Hezbollah, c'est peut-être un début de mise en oeuvre de l'abandon de la politique de soutien aux groupes rebelles du Moyen-Orient par l'Iran. On peut se demander si ce n'est pas une traduction concrète de ce que l'Iran s'engagerait à faire dans le cadre d'un grand compromis avec les Etats-Unis. - P.Gélie: J'ai 2 objections.

Le soutien du Hezbollah et l'intégration du Hezbollah dans le cessez-le-feu font partie des 10 points des demandes iraniennes. On ne peut pas dire qu'ils ont accepté, a priori, un cessez-le-feu sans le Liban. Le médiateur pakistanais l'a dit spontanément: le Liban est inclus dans le cessez-le-feu.

Il l'a redit aujourd'hui. - J.-D.Merchet: D'un côté, les Américains et les Israéliens disent que le Liban n'est pas dans l'accord.

Les Iraniens disent le contraire. Ca veut dire qu'il n'y a pas d'accord. Ils ne sont pas d'accord. - C.Roux: On va parler de tous les désaccords.

C'en est un. - J.-D.Merchet: Ca veut dire qu'il n'y a pas d'accord. - C.Roux: B.Nétanyahou dit qu'il demande à son cabinet d'engager des négociations directes sur la question avec le Liban.

Ca veut dire quoi? - J.-D.Merchet: Il met la pression sur le gouvernement libanais en disant: "Faites ce que nous attendons de vous, désarmez le Hezbollah." Le Hezbollah est une armée iranienne au Liban.

Le Hezbollah a été énormément détruit par la guerre précédente, en 2024. Il a été en partie reconstruit par les Gardiens de la révolution. Le gouvernement israélien s'adresse au gouvernement libanais... - C.Roux: Ca s'est déjà fait. - J.-D.Merchet: En lui disant: "c'est chez vous.

Ils nous tirent dessus tous les jours. Maîtrisez-les." Or, il y avait un accord censé faire ça, mais il n'a jamais été appliqué. - C.Roux: Ca peut torpiller le cessez-le-feu?

Question. - G.Lagane: Ca peut être une interprétation.

Tant que le sujet iranien de la prolifération nucléaire, du balistique, n'est pas réglé. Pour rebondir sur ce qu'il a dit, le gouvernement libanais prend des mesures, au moins déclaratoires. Le Premier ministre libanais a dit qu'il est interdit à toute personne armée en dehors des forces de sécurité libanaises de se trouver dans Beyrouth.

Le problème, c'est la mise en oeuvre de ces mesures. - C.Roux: C'est un 1er point de désaccord, qui n'est pas n'importe lequel, sur ce cessez-le-feu négocié au Pakistan. - J.-D.Merchet: Pour l'instant, on est sûrs que du cessez-le-feu.

C'est déjà pas mal. - P.Gélie: Mais pas sur ces conditions. - J.-D.Merchet: On verra ce qu'ils se diront à partir de demain au Pakistan.

Pour l'instant, ça tient. Il y a un cessez-le-feu. - C.Roux: C'est samedi, après-demain. 100 frappes en 10 minutes.

Un déluge de feu a touché le coeur de Beyrouth et parfois même des quartiers résidentiels, peut-être sans lien avec le Hezbollah. La milice chiite a repris ses frappes dans le nord d'Israël. La situation fragilise un cessez-le-feu déjà précaire, alors que l'Etat hébreu affirme que la trêve ne concerne pas le Liban.

C'est confirmé par Washington. Explosion. - Une déflagration sous les yeux de ces automobilistes à Beyrouth, hier.

Très vite, aux 4 coins de la capitale, les explosions s'enchaînent au-delà des fiefs du Hezbollah. Les habitants, comme cette adolescente, sont terrorisés. En 10 minutes seulement, et sans avertissement, Israël frappe plus de 100 fois.

Les dégâts humains et matériels sont considérables. 254 morts, selon la Défense civile libanaise. - Je m'attendais à tout sauf à ça, à ce que ça arrive ici, à Beyrouth.

Personne ne comprend pourquoi. C'est un choc. - C'est un quartier résidentiel qui n'a aucun lien avec la communauté chiite.

Il y a surtout des sunnites. Nous n'avons rien à voir avec tout ça. - Un mercredi noir.

Ce matin, de nouveaux échanges de tirs entre l'Etat hébreu et le Hezbollah. Une escalade en plein cessez-le-feu, condamnée par la communauté internationale. Le haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU dénonce des tueries d'une ampleur épouvantable.

E.Macron, qui s'est entretenu avec les autorités libanaises hier au téléphone, cible ouvertement Israël. ...

C'est bien là le noeud du problème. Alors que B.Nétanyahou maintient que le Liban n'a jamais été concerné par le cessez-le-feu... - B.Nétanyahou: J'ai toujours dit que le cessez-le-feu temporaire avec l'Iran n'incluait pas le Hezbollah.

Nous continuerons donc à le frapper, et durement. - Le nouvel homme fort de Téhéran, président du Parlement, affirme le contraire sur X. ...

Et du côté américain, alors? - Le président m'a confirmé que le Liban ne faisait pas partie de l'accord. J'ai demandé pourquoi.

Et si le Liban aurait dû faire partie de ce cessez-le-feu. Il m'a répondu: "C'est à cause du Hezbollah mais on va s'en occuper." - Les pourparlers qui débutent demain à Islamabad s'annoncent compliqués, de l'aveu même de J.D.Vance, chargé de conduire la délégation américaine. - J.D.Vance: Si l'Iran veut que cette négociation capote à cause du conflit dans lequel il se fait étriller au Liban, qui n'a rien à voir avec lui, et dont les Etats-Unis n'ont jamais dit qu'il faisait partie du cessez-le-feu, c'est son choix.

Nous pensons que ce serait stupide, mais c'est son choix. - Chacun tente de maintenir la pression. Trump, via son réseau social, comme à son habitude... ...

Téhéran, par le biais de son ambassadeur à l'ONU... - Nous ne pouvons pas nier le fait que cette guerre ait tout changé.

Cela inclut le régime juridique du détroit d'Ormuz, notamment. Tous ces détails seront discutés et décidés ultérieurement. - Des détails qui n'en sont pas vraiment aux yeux du reste du monde.

Hier, en représailles aux bombardements au Liban, l'Iran a annoncé avoir refermé le détroit. Conséquence directe: le prix du baril de pétrole est reparti à la hausse ce matin. - C.Roux: On va revenir sur la situation qui reste confuse dans le détroit d'Ormuz.

J'accueille P.Allémonière. Merci de nous avoir rejoints.

Vous êtes grand reporter. Je rappelle votre livre, "Géopolitique du Sahel". Vous êtes allée plusieurs fois en Iran.

J'en profite pour citer votre livre que j'ai oublié tout à l'heure, "Géopolitique de l'Europe". - G.Lagane: L'Europe, le Sahel... - C.Roux: C'est pour G.Lagane.

Il y a une question. - P.Allémonière: C'est la question qui se pose aujourd'hui.

On avait vu dans la 1re phase de la guerre un basculement de la population. Dans un 2e temps, une crainte qu'il y ait une dislocation communautaire. Maintenant, J'ai envie de dire "trop, c'est trop", surtout les quartiers frappés...

Ca concerne une autre communauté. Ce qui a fait la force du Hezbollah au moment de sa naissance, c'était la lutte contre Israël. Ca peut renaître à nouveau.

Le seul problème, c'est au-delà de la bataille militaire qui se passe, quid de la solution politique pour le Liban? Israël ne semble pas l'envisager pour le moment. - C.Roux: Israël va continuer ses bombardements?

Quel est le but d'Israël au sud du Liban? Faire une zone-tampon? - P.Allémonière: Jusqu'au fleuve Litani, dans le but d'éradiquer le Hezbollah.

Peut-on éradiquer une idée si la source du problème n'est pas réglée? - C.Roux: Entre Trump et Nétanyahou, comment les choses sont arbitrées?

Il y a un article passionnant du "New York Times". On peut imaginer que D.Trump dise à B.Nétanyahou: "On a un cessez-le-feu fragile.

Il faut que tu sois dans la retenue"? - P.Allémonière: Avec Trump, on est toujours à la merci d'une décision surprenante.

Il est resté très aligné sur son allié B.Nétanyahou, avec un bémol. B.Nétanyahou n'a pas apprécié d'avoir été prévenu au dernier moment pour le cessez-le-feu. - C.Roux: Bonjour, S.Dridi.

Elle va nous rejoindre dans un instant. On essaie de savoir depuis le début ce qu'il y a dans cet accord et sur quoi D.Trump est prêt à négocier.

On a compris qu'il y avait d'un côté le plan américain de négociation. De l'autre côté, un plan iranien. Les Etats-Unis, sur quoi sont-ils prêts à lâcher? - G.Lagane: Le plan américain tel qu'il est connu, tel qu'on l'imagine, est assez radical.

Il représente une rupture totale de l'Iran avec un grand nombre des politiques qu'elle a suivies jusqu'ici. Le 1er sujet, c'est la prolifération nucléaire, qui a fait l'objet de la guerre des Douze Jours l'an dernier. L'enjeu, aujourd'hui, c'est la récupération de ces centaines de kilos d'uranium enrichi et la capacité de l'Iran à enrichir de l'uranium que l'Iran revendique.

Il y a le sujet balistique: tous les missiles que l'Iran construit et peut lancer et a lancés sur le reste de la région. C'est complémentaire du système nucléaire. Sans balistique, vous n'avez pas vraiment d'armes nucléaires.

Il y a le soutien aux milices à travers le Moyen-Orient, que l'Iran appuie, de l'Irak jusqu'au Liban. Le dernier sujet qui s'est ajouté, qui n'existait pas au début, c'est le détroit d'Ormuz et la libération du détroit. Selon les Iraniens, il est nationalisé.

Il faudrait faire l'objet d'une sorte de péage. - C.Roux: La situation est confuse.

Il n'y a pas d'accord. J.D.Vance va aller au Pakistan.

Chacun arrive avec son document et on repart là où on était avant la guerre? - J.-D.Merchet: Il y a un accord sur le cessez-le-feu.

C'est déjà pas mal. C'est-à-dire qu'ils ne se tirent plus dessus. Il n'y a plus de missiles. - C.Roux: Pas de frappes non plus sur les pays du Golfe. - J.-D.Merchet: Un cessez-le-feu.

C'est très important. Ca ouvre la possibilité pour l'Iran et D.Trump de trouver une porte de sortie.

Ca ne fait qu'ouvrir la possibilité. Là, on entre dans le moment où on va discuter. Tout le monde arrive: "Je veux ci, je ne veux pas ça..." Ca va être l'objet des prochains jours, sous l'égide du Pakistan... "L'égide"...

L'office du Pakistan, avec d'autres acteurs qui ne sont pas autour de la table, les Israéliens et les Arabes. "Et nous?" "Le détroit d'Ormuz...

C'est un golfe arabe, pas un golfe Persique..." On ne va pas mettre le détroit dans les mains...

C'est un accord sur "on ne fait plus la guerre entre l'Iran et Israël". Le cas du Liban reste... - C.Roux: S.Dridi est avec nous.

Vous êtes correspondante à Washington pour France 24 et LCI. On évoquait le document qui va conduire les négociations. J.D.Vance, vice-président, est envoyé au Pakistan.

Comment ça se passe à Washington, le jour d'après? D.Trump a claironné en disant que c'était une victoire complète.

A la Maison-Blanche, on donne le sentiment que le cessez-le-feu est acquis et que la situation est amenée à aller juste dans le bon sens? - S.Dridi: D.Trump a parlé d'une victoire totale et complète.

Même chose du côté de sa porte-parole, qui s'est adressée aux journalistes hier depuis la salle de presse de la Maison-Blanche. On sent que le président américain a envie de tenir son calendrier d'une guerre de 4 à 6 semaines. Ce qui était intéressant hier, c'est quand on entendait la conférence de presse du Pentagone, le secrétaire à la Défense, le secrétaire à la Guerre, parler au passé de cette guerre.

Il disait que l'opération Epic Fury a été un succès historique. C'était intéressant de voir ça. On notait un ton différent du côté du chef d'état-major des armées.

Depuis le début de l'intervention, il est plus prudent. A propos du cessez-le-feu, il a parlé d'une pause dans les opérations de combat, en ajoutant qu'il espérait que ce cessez-le-feu perdure. On sent des tons différents au sein de l'administration et un empressement du côté du vice-président et d'autres, comme S.Witkoff, envoyé spécial de D.Trump, d'arriver à un accord.

On a su par NBC que c'est D.Trump qui avait appelé B.Nétanyahou aux côtés de S.Witkoff pour demander à Israël de faire preuve de retenue.

Le mot utilisé était "calmer les frappes israéliennes au Liban". - C.Roux: Les positions entre B.Nétanyahou et D.Trump sont toujours aussi alignées? - S.Dridi: D.Trump est plus pressé de mettre fin à cette guerre, même si tous ses objectifs ne sont pas complètement remplis.

De toute manière, D.Trump n'a pas totalement les mêmes objectifs. Il a abandonné dès le début de l'intervention l'objectif de changement de régime.

Ce qu'il mettait beaucoup en avant auprès de l'opinion publique américaine, c'était la fin de la menace nucléaire. Un article révèle les coulisses. Il raconte que quand les Israéliens sont venus à la Maison-Blanche pour convaincre D.Trump que ce serait une guerre rapide, ils ont mis en avant 4 points dans un plan auprès de D.Trump.

Certains conseillers, notamment le directeur de la CIA, ont dit à propos du changement de régime que c'était absurde, grotesque. Le secrétaire d'Etat M.Rubio s'est empressé de dire à D.Trump que c'était du bullshit, que c'était pas possible. - C.Roux: C'est pas rien, cet article du "New York Times".

C'est étonnant d'avoir ces informations, puisque c'est dans la Situation Room, où il n'y a que des gens importants autour de la table...

On a la validation de ce que certains pensaient au début, à savoir qu'il y a eu des mises en garde faites par des personnalités éminentes de l'entourage de D.Trump, notamment M.Rubio, sur le changement de régime, le scénario de B.Nétanyahou.

D.Trump n'a pas écouté ces mises en garde. Il a cédé et a jeté le plan prévu par B.Nétanyahou? - S.Dridi: En effet.

C'était un article intéressant. La journaliste connaît bien Trump depuis des années. Elle connaît bien son entourage.

Elle le suivait déjà à New York quand il était promoteur immobilier. Elle a de très bons contacts. C'était assez fascinant d'avoir toutes ces révélations qui confirmaient ce qu'on entendait déjà à Washington.

Je pense que D.Trump, et on le voit depuis son 1er mandat, a toujours été très faucon sur l'Iran. Je pense qu'il avait envie d'y aller, de faire cette opération en Iran, qu'il ne s'est pas laissé convaincre par B.Nétanyahou sur ce point, mais B.Nétanyahou l'a convaincu que ce serait une guerre rapide, une victoire "facile".

C'est un point important. L'autre chose, et on le sentait dans le ton du général Caine au Pentagone, c'est qu'il a été prévenu des risques dès le début. Le général disait à Trump que ce serait une difficulté immense de sécuriser le détroit d'Ormuz en cas de conflit, mais D.Trump s'est laissé convaincre par les Israéliens que le régime serait tellement affaibli que ce serait compliqué de bloquer le détroit d'Ormuz pour eux. - C.Roux: Merci.

J'aimerais qu'on revienne sur la façon dont les choses se sont passées. D.Trump cherche une porte de sortie.

Vous l'avez dit les uns et les autres. On l'a compris depuis quelques jours. Il s'est laissé entraîner dans une guerre qu'il pensait facile. - P.Gélie: Il a nommé le personnage le plus opposé à la guerre et le seul qui a eu le courage de le lui dire en face et de lister les écueils auxquels ils allaient s'exposer, confirmés par les faits...

C'est le vice-président, J.D.Vance.

Il est en charge de la négociation aujourd'hui. - C.Roux: Qu'est-ce que ça veut dire? - P.Gélie: Ca veut dire que D.Trump reconnaît qu'il n'avait pas totalement tort et que, dans son hubris, D.Trump a peut-être été un peu vite en besogne en balayant les objections formulées par J.D.Vance et aussi un peu par le chef d'état-major, le général Caine.

Comme on l'a dit, on a 2 positions, 2 négociateurs qui arrivent chacun avec des positions maximalistes. Les Américains ont un plan en 15 points qui équivaut à demander la reddition, la capitulation totale de l'Iran. Les Iraniens ont les mêmes demandes qu'avant la guerre, auxquelles ils ont ajouté le contrôle du détroit d'Ormuz et des compensations financières pour les réparations des dommages de guerre.

Le fossé est tellement large...

Lequel des 2 camps a le plus envie que ça s'arrête? - C.Roux: Vous avez raison de pointer les différences.

Sur la question du nucléaire, il suffit de lire les déclarations. P.Hegseth dit qu'il n'y aura pas d'armes nucléaires iraniennes.

L'Iran exclut toute restriction de son programme d'enrichissement d'uranium. Entendez-vous avec ça! C'est comme ça qu'on commence une négociation? - J.-D.Merchet: On peut y arriver.

C'est des positions maximalistes de départ de négociation. Imaginons que les Iraniens disent "on a 400 kg d'uranium enrichi à 60 % et on vous les donne". "En échange, sous votre contrôle, ou contrôle international, on veut enrichir l'uranium à 3,5 % pour le programme civil." - C.Roux: On leur fera confiance? - J.-D.Merchet: On leur avait fait confiance un peu en 2015.

On n'en sait rien, mais c'est possible. Qu'au départ, les positions soient maximalistes, c'est normal. Les Américains veulent 2 choses: l'uranium enrichi et l'ouverture du détroit d'Ormuz.

C'est les totems. - C.Roux: Ils accepteraient la levée des sanctions? - J.-D.Merchet: C'est ce que craignent les Israéliens. - C.Roux: Il y a un désalignement entre Washington et B.Nétanyahou. - J.-D.Merchet: Ce n'est pas la première fois.

Il y a aussi des intérêts des Arabes dans cette affaire. Trump est capable d'humilier B.Nétanyahou.

Vous vous souvenez de cette scène incroyable après la frappe israélienne sur le Qatar où les Israéliens avaient raté la direction du Hamas qui était réfugiée, installée au Qatar? Il convoque B.Nétanyahou dans son bureau.

Il lui donne un texte. Il prend son téléphone. Il appelle l'émir du Qatar.

B.Nétanyahou présente ses excuses devant Trump à l'émir du Qatar pour le bombardement de son pays. Il est capable de l'humilier.

Il ne faut pas croire que Trump est aligné sur Israël. Trump, son intérêt majeur, c'est les Etats du Golfe, et l'Arabie saoudite, là où il y a l'argent. - P.Allémonière: S'il le veut, il peut arrêter B.Nétanyahou puisqu'il l'a déjà fait. - C.Roux: Il peut l'arrêter sur le Liban? - P.Allémonière: Il a les moyens de le faire.

On a 2 nationalistes. J.D.Vance est un patriote, un nationaliste très campé sur ses positions.

Il est face aux Iraniens, qui sont aussi des durs du régime, ceux qui vont négocier. Les Etats-Unis devront éviter d'apparaître comme celui qui a perdu, qui laisse un régime en place. Pour les Etats du Golfe, c'est le scénario catastrophe.

Si, en plus, on lève les sanctions, ça veut dire que cet Iran aura la capacité de se reconstruire et donc d'être menaçant pour eux. Il y a quelque chose que les Etats du Golfe ont compris, c'est que, malgré la politique d'ouverture qui a eu lieu entre l'Arabie saoudite et l'Iran, l'Iran est devenu menaçant. Avec un Iran avec les mêmes hommes, reconstruit, à terme, leur sécurité sera en jeu.

Ils veulent que cette négociation aboutisse à une victoire américaine, mais sans discussion. Cette victoire américaine sans discussion, on en connaît les tenants. L'uranium, les Iraniens ont déjà accepté, plus ou moins.

Ils ont accepté de le diluer. On le sait. Ils vont certainement accepter.

Mais que va-t-il se passer avec Ormuz et concernant les sanctions? - C.Roux: G.Lagane, c'est une façon biaisée de voir l'issue de ce conflit que de dire qu'au fond, il y a un avantage à l'Iran, à date, sur ce cessez-le-feu?

Comment vous voyez les choses? Que faudrait-il cranter pour que ce soit une victoire pour D.Trump? - G.Lagane: On a beaucoup dit qu'à partir du moment où le régime iranien ne disparaissait pas, c'était une victoire stratégique pour lui.

Ce récit a été complaisamment beaucoup répercuté, y compris sur un plan politique aux Etats-Unis, où la guerre est vue à travers le prisme de politique intérieure. Si vous êtes démocrate, vous condamnez l'opération. Vous dites qu'elle est mauvaise et qu'elle aboutit à un bilan négatif.

Si vous êtes républicain, vous vous en félicitez. Le régime iranien a survécu...

Je reviens sur les négociations. Elles sont asymétriques. D'un côté, J.D.Vance fait un voyage au Pakistan et va rentrer à Washington tranquillement.

De l'autre côté, les négociateurs iraniens vont revenir en Iran. Leur existence même est suspendue à l'épée de Damoclès que fait peser sur eux le renseignement israélo-américain. Ce qu'a démontré cette guerre, c'est la totale domination de l'espace aérien par la coalition et l'extrême fragilité de l'organe officiel de l'Iran.

L'Iran a réussi à survivre en faisant une forme d'houthisation. Ils sont devenus des Houthis du détroit d'Ormuz en bombardant ou en menaçant de bombarder les bateaux qui passaient. Ils ont recouru à leurs milices en Irak qui ont beaucoup attaqué les bases américaines.

Ils sont passés de la situation d'un Etat souverain classique à une forme de guérilla. Vaincre une guérilla, c'est difficile. Derrière les grandes déclarations maximalistes d'aujourd'hui, il y aura peut-être une discussion concrète de la part des nouveaux dirigeants de l'Iran.

Il y a eu un changement de régime. L'aile religieuse semble avoir été remplacée par une aile des Gardiens de la révolution. - C.Roux: On dit qu'ils sont plus durs. - G.Lagane: Oui, mais aussi plus rationnels.

Ils ont des intérêts financiers, notamment dans les Etats du Golfe. Ils vont peut-être s'engager dans une négociation pour sauver leurs intérêts. A l'échelle de l'histoire de l'Iran, ils seront dans une situation de grande faiblesse. - C.Roux: Je voudrais que vous écoutiez ce témoignage d'un ancien conseiller...

Il y a ceux qui sont contre D.Trump. C'est un ancien conseiller au Moyen-Orient de J.Biden et B.Obama.

Il n'est pas trumpiste, évidemment. C'est un très bon connaisseur de la région. Il a été l'un des artisans du traité sur le nucléaire conclu par l'Iran en 2015.

Il livre son analyse de la situation et de ce cessez-le-feu fragile. - Il a été le conseiller de B.Clinton, de B.Obama et de J.Biden.

L'ex-diplomate R.Malley porte un regard sévère sur la guerre de D.Trump.

Nous lui avons demandé, lui, fin connaisseur de l'Iran, ce qu'il pensait du cessez-le-feu. - R.Malley: Vu l'écart des positions entre les 2 parties, le président Trump a ordonné des frappes au milieu des négociations.

Le président Trump a compris que cette guerre, tant qu'elle durera, lui coûtera économiquement, politiquement, en termes de marchés financiers. - D.Trump enlisé dans le conflit iranien.

Revirements incessants, propos erratiques...

Du jamais-vu pour l'ancien diplomate. - R.Malley: Nous avons la manière la plus stupide, la plus illégitime, inégale et injustifiée, au moins depuis la guerre d'Irak en 2003.

Personne ne s'y est opposé, car on ne s'oppose pas à l'empereur. Chacun est là pour servir le désir du président Trump et non pour lui dire la vérité. Entre ça et l'encouragement du Premier ministre israélien, il s'est cru doté de pouvoirs exceptionnels.

Nous avons vu là le mariage assez effrayant d'une amoralité infinie et d'une puissance également infinie. On a vu le résultat, c'est-à-dire une guerre sans objectifs, sans stratégie. - Une guerre qui a aussi montré la résistance de l'Iran.

R.Malley a participé, en 2015, aux négociations sur l'accord nucléaire à Vienne. Il estime aujourd'hui que Téhéran est plutôt en position de force. - R.Malley: Ils ne vont pas faire de compromis à bon marché.

Ils vont se présenter en disant: "Nous avons remporté cette guerre car vous n'avez pas atteint vos objectifs. Nous contrôlons le détroit d'Ormuz. Nous pouvons menacer quiconque nous attaque et même d'autres, comme on l'a vu avec les pays du Golfe.

Nous avons tenu. Vous avez tout essayé et nous sommes toujours là. Donc nous n'allons pas négocier en position de faiblesse." Pour chaque concession, ils demandent une concession de points analogues.

Ils ne vont pas se prêter nécessairement au délai imposé par le président Trump. - Selon R.Malley, l'une des priorités du régime est d'obtenir la levée des sanctions.

Téhéran ne devrait rien céder sur le terrain militaire. - R.Malley: Leur ligne rouge, si je me mets à leur place, c'est qu'ils n'accepteront pas de concession significative sur le programme de missiles ou de drones.

C'est les 2 outils militaires dont ils ont pu se servir et dont ils ont besoin, à leurs yeux, pour essayer de dissuader une reprise de la guerre. - Comme lui, une majorité d'Américains condamnent l'intervention de D.Trump en Iran, mais sa base continue de le soutenir. 67 % des électeurs républicains approuvent son intervention au Moyen-Orient. - C.Roux: Une réaction?

C'est très sévère. Il est anti-Trump. - P.Allémonière: On connaît les positions.

Ce qu'il pointe du doigt, c'est: qu'est-ce que peut lâcher le président Trump? Qu'est-ce qu'il peut accepter pour dire qu'il a gagné? Il veut laisser un nom dans l'histoire... - C.Roux: Il a déjà gagné.

Il l'a dit! - P.Allémonière: Effectivement.

Mais il faut convaincre le monde entier. C'est la position américaine dans le monde qui est en jeu aujourd'hui. Pour gagner, il peut gagner sur deux terrains.

Il peut l'emporter sur le nucléaire et sur Ormuz. A la fin, Ormuz, c'est tellement en dehors du droit international qu'il y aura quelque chose...

Une petite chose qu'on a apprise. M.Khamenei a joué un rôle apparemment important dans ces négociations les derniers jours.

Ca a été un peu lent... - C.Roux: Il est conscient... - P.Allémonière: On peut ne pas croire Axios.

C'est un site qui se veut plutôt bien informé. Il y aurait eu des messages pratiquement transmis en mobylette, comme on faisait au temps de Ben Laden en Afghanistan, et il aurait donné son feu vert. C'est lui qui aurait validé les négociations. - C.Roux: Que va-t-il se passer à Ormuz?

Peut-il y avoir une forme d'entente entre les Iraniens et les Américains? Quand on entend D.Trump dire ceci...

On se dit qu'il y aura un péage, une forme de péage iranien et un péage américain? - J.-D.Merchet: C'est ce que veulent les Iraniens.

Les Iraniens veulent instaurer un péage. On le voit sur la carte. Les bateaux passaient au sud, dans les eaux territoriales d'Oman.

Les 2 voies de navigation passaient par là. Les Iraniens disent: "Non, passez plus au nord, vers nos îles. On vous garantit, mais vous payez." Soit vous payez avec des valises de dollars ou en les soutenant aux Nations unies, en les aidant à ceci, en leur fournissant tel système dont ils ont besoin...

C'est ça, la négociation, aujourd'hui. La négociation porte sur ceci. Ca viole...

Pour l'Iran, c'est important. L'Iran a besoin que le détroit d'Ormuz soit ouvert. C'est par là que sort son propre pétrole.

Il ne va pas le fermer. Ils veulent instaurer un péage. Les Arabes et les Asiatiques passent par là... - G.Lagane: Les Chinois ne sont pas très chauds... - J.-D.Merchet: Personne ne veut ça! - C.Roux: Information...

Quelqu'un expliquait cet après-midi qu'il y avait déjà un péage. Il dit que c'est une forme de privatisation du détroit d'Ormuz. Il y a un droit de passage.

Sur les plus gros navires, il y a 200 000 t. Ca va faire très cher. - P.Gélie: C'est quelque chose qui a été instauré à la faveur de la guerre.

On peut le lister au rang des représailles. Tout ce que cela souligne, c'est que l'enjeu considérable de ces négociations porte largement sur ceux qui ne sont pas à la table, c'est-à-dire le reste du monde. C'est vrai pour le détroit d'Ormuz.

La communauté internationale, il n'y a pas une puissance, peut-être en dehors de l'Amérique de Trump, qui accepterait qu'une voie maritime naturelle soit privatisée. Ou alors, tous les détroits du monde vont... - J.-D.Merchet: On mettra ça à Calais! - P.Gélie: Les Anglais et les Français vont faire payer le passage dans la Manche!

La communauté internationale entière veut et demande que le Liban soit inclus dans le périmètre de la trêve. On est absents...

Les Chinois l'ont demandé... - C.Roux: La France a demandé... - P.Gélie: Toute l'Europe...

On n'a aucune voix et aucune visibilité. On était aveugles pendant la guerre. On est aveugles dans la négociation.

Que peut lâcher D.Trump? C'est ce que tout le monde se demande. - C.Roux: L'Europe a voulu remettre en cause l'accord entre Israël et l'UE si les bombardements se poursuivent sur le Liban.

On a senti l'agacement des Européens lorsque la guerre a été déclenchée sans qu'on soit prévenus. Ca a été très violent, les propos de D.Trump à l'encontre d'E.Macron, de K.Starmer...

Aujourd'hui, on parle, mais quelles sont nos prises dans la négociation? - P.Gélie: On n'en a pas.

Mais à un moment, la communauté internationale ne pourra pas accepter le fait accompli d'un blocage ou d'un péage d'Ormuz. - P.Allémonière: Je vais complètement dans votre sens.

Je pense néanmoins que la communauté internationale, par l'intermédiaire de la Chine et du Pakistan, a une carte à jouer. Les Chinois ne veulent pas que cette situation dégénère. Ils ont trop d'intérêts dans les pays du Golfe, bien plus importants qu'en Iran.

Les Chinois sont pour l'instant en retrait. - C.Roux: On va en parler... - P.Allémonière: Ils peuvent jouer notre carte. - C.Roux: On va parler de la Chine dans un instant.

On a entendu le chef de l'Etat, le Premier ministre britannique dire: "On va faire une grande coalition internationale..." - P.Allémonière: Après. - C.Roux: On y est, dans l'après!

Il a dit: "Quand les combats auront cessé." - J.-D.Merchet: On a déjà entendu ça pour l'Ukraine.

On devait envoyer des troupes en Ukraine une fois que les combats auraient cessé. Pour faire quoi? - C.Roux: Chacun votre tour... - J.-D.Merchet: On ira libérer le détroit d'Ormuz le jour où le détroit d'Ormuz sera libre!

Ca n'a pas de sens! - C.Roux: Sécuriser... - J.-D.Merchet: Sécuriser quoi?

S'il y a un accord de libre passage, on va sécuriser quoi? - G.Lagane: La communauté internationale est un concept assez fumeux.

Elle s'exprime aux Nations unies, mais les Nations unies ont discuté d'une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU pour rouvrir le détroit d'Ormuz. Une proposition proposée par le Bahreïn avec les autres Etats arabes. Ca s'est heurté au veto de la Chine et la Russie. - C.Roux: Chacun votre tour... - G.Lagane: Là où je rejoins ce qui a été dit, c'est que cette ouverture est primordiale pour tous les Etats qui achètent du pétrole et pour ceux qui en exportent.

C'est tout le modèle politique, social et même économique des pays du Golfe qui est menacé par la fermeture ou la privatisation, la nationalisation par l'Iran de ce détroit. Il y a un très fort intérêt. Le Liban, malheureusement, n'intéresse pas grand monde.

C'est un petit pays. Le détroit d'Ormuz, oui, il y a un vrai intérêt. Je reviens sur R.Malley...

Il y a un petit paradoxe de voir tous ces anciens de l'administration Obama vitupérer...

C'est tout à fait leur droit. Obama au Moyen-Orient, c'est les lignes rouges pas respectées en Syrie en 2013. Ca a envoyé un très grand signal de faiblesse.

La guerre civile a continué. - P.Gélie: L'accord sur le nucléaire... - C.Roux: Déchiré par Trump. - G.Lagane: La France avait beaucoup critiqué cet accord car elle l'avait trouvé très faible vis-à-vis de l'Iran et il donnait les moyens financiers à l'Iran de continuer l'exploitation. - C.Roux: Question.

Vous êtes tous sur votre portable! On dirait des adolescents. - P.Allémonière: Les Iraniens affirment qu'ils ont posé quelques mines.

C'est à voir. Sur la fameuse voie qui passe près du sultanat d'Oman. C'est à vérifier.

Quand vous êtes responsable d'une compagnie d'assurance qui assure un bateau, si les Iraniens disent qu'ils ont posé des mines, on n'y va pas. Dans la fameuse phase dont on vient de parler, on pourrait chasser des mines et vérifier s'il y en a. - C.Roux: On parle de la Chine.

Question. Pékin a souligné son implication active dans les efforts pour amarrer des hostilités et se pose comme puissance équilibrée de stabilité face à l'imprévisible Amérique de Trump. - Depuis un peu plus d'un mois, la télévision chinoise ne se prive pas de railler les déboires du rival américain en Iran. - Le vernis de l'hégémonie américaine semble avoir été arraché.

Leur guerre a produit l'effet inverse de ce qu'ils recherchaient. - Le prix de l'essence aux Etats-Unis a atteint des niveaux jamais vus depuis des décennies. - C'est une hausse absolument dingue.

On n'a jamais vu ça depuis les chocs pétroliers des années 70. - Xi Jinping ne s'est pas exprimé sur le conflit en cours. Manière de laisser D.Trump s'embourber, comme le pense The Economist?

Il cite Napoléon. ...

L'économie chinoise paye un tribut moins lourd qu'attendu à la crise. Certains de ses navires sont autorisés par l'Iran à traverser le détroit d'Ormuz. - 3 navires chinois ont récemment transité par le détroit.

Nous exprimons notre gratitude aux parties concernées pour l'assistance qu'elles ont apportée. - La Chine a mieux amorti que l'Occident les conséquences du choc pétrolier, qu'elle avait anticipées. Pékin a accéléré ses achats et mis de côté l'équivalent de 4 mois d'importations d'or noir tout en continuant à recevoir du pétrole russe grâce au contrat conclu de longue date avec son allié V.Poutine. - V.Poutine: La Russie est prête à fournir à l'économie, aux entreprises et aux villes chinoises de l'énergie, de la lumière et de la chaleur propres et abordables de manière ininterrompue et fiable. - Il y a bien eu des ruées à la pompe après la fermeture du détroit d'Ormuz, mais dans une économie contrôlée par l'Etat, le prix des carburants ne s'est pas envolé.

Plus 10 centimes le litre pour l'essence, plus 12 pour le gazole. L'économie chinoise peut s'appuyer sur d'autres sources d'énergie. Outre le charbon, toujours prédominant, 30 % de l'énergie consommée en Chine est électrique, fruit d'investissements massifs dans l'éolien, le solaire.

C'est vanté par les médias officiels. - Notre région dispose de grands déserts, de terres disponibles avec beaucoup de soleil. Des ressources parfaites pour développer des énergies propres. - La flambée mondiale des carburants pourrait même être une aubaine pour certaines entreprises chinoises, comme les constructeurs de voitures électriques, qui comptent bien saisir l'occasion pour conquérir un peu plus les marchés mondiaux. - Au cours des 10 prochaines années, nous prévoyons que la moitié de nos ventes se fera à l'extérieur de la Chine. - Mais même si elle absorbe plutôt bien le choc jusqu'ici, l'économie chinoise ne sortira pas totalement indemne de la crise actuelle. - Pour Pékin, la fermeture du détroit d'Ormuz n'est pas bonne du tout pour son commerce.

Il n'y a pas uniquement le pétrole qui passe par là. Il y a aussi toutes les exportations chinoises en direction de ces pays qui sont bloquées. C'est très important pour la Chine que la stabilisation se maintienne dans la région. - Le sujet sera abordé à coup sûr lors de la visite de D.Trump à Pékin dans un peu plus d'un mois.

Le président américain devait rencontrer son homologue Xi Jinping courant mars, mais il a repoussé, Au Moyen-Orient. - C.Roux: Question. - G.Lagane: C'est toute la question.

Certains disent que oui. On vient de voir le reportage. La Chine est peut-être un peu moins touchée que les autres car elle avait pris ses précautions sur le plan énergétique.

Elle veut montrer qu'elle est un Etat stable, alors que les Etats-Unis provoquent le chaos. L'Iran était un allié de la Chine. La chute du régime n'est pas une bonne nouvelle.

Sur les armes, une partie de celles de l'Iran sont d'origine russe ou chinoise. Il y a quand même eu très peu de pertes côté américain. C'est militairement un match gagné par les Etats-Unis.

Les Brics, ce grand ensemble qui voulait rivaliser, vont avoir des difficultés à émerger en tant qu'acteurs. Sur les négociations, la Chine a de bonnes relations avec le Pakistan. C'est un de ses soutiens dans la rivalité avec l'Inde.

Peut-être sera-t-elle informée. Aura-t-elle un point? C'est une autre question. - C.Roux: Pékin dit avoir pesé et avoir fait des efforts pour obtenir un cessez-le-feu.

C'est vrai ou pas? D.Trump dit oui. - P.Allémonière: Même la presse chinoise, pourtant toujours assez mutique, a fait état du rôle joué par la Chine.

Mais la Chine ne veut pas apparaître au premier plan. - C.Roux: Pourquoi? - P.Allémonière: C'est pas sa guerre.

Elle préfère observer de loin. Elle a un bateau d'observation, d'espionnage, situé au large du détroit d'Ormuz, qui surveille tout ce que font les Américains. Elle donne des renseignements par l'intermédiaire d'entreprises privées pour téléguider, guider les drones.

La Russie donne d'autres renseignements. Ces 2 "vainqueurs", en tout cas des non-perdants, profitent de la situation. Elle en profite surtout sur le plan géopolitique.

Par rapport à D.Trump, qui est l'homme qui apporte le désordre sur un plan international, c'est très mauvais pour l'économie internationale, pour la mondialisation. La Chine se montre stable, respectueuse du multilatéralisme, prévisible.

Elle gagne donc des points sur le plan international par son image. C'est là son vrai gain. - C.Roux: Il y a une visite très attendue de D.Trump, mi-mai. - P.Gélie: Il faut que l'affaire iranienne soit relativement bordée pour que cette visite produise des effets.

Les Chinois ne raisonnent pas en termes de gagnant et de perdant sur cette guerre qui n'est pas la leur. Ils tirent des enseignements de tout ce qui se passe militairement, commercialement, sur le plan de la géopolitique et de leur image de relative stabilité...

Quelque part dans l'esprit, il y a toujours ce que pourraient faire ou ne pas faire les Etats-Unis s'il y avait une action de force à Taïwan. Il y a beaucoup d'enseignements à tirer pour les Chinois de cet épisode. - C.Roux: On va revoir cette une de The Economist. "N'arrêtez jamais votre ennemi quand il est en train de commettre une erreur." - J.-D.Merchet: C'est pourtant un journal de droite...

Mais il est très anti-Trump. Ils le cognent tout le temps. - G.Lagane: C'est intéressant... - J.-D.Merchet: Avec beaucoup de talent. - G.Lagane: On observe une évolution.

Cette guerre en est une illustration, une critique beaucoup plus large. On la trouve jusque chez les tories. - C.Roux: On répond à vos questions.

Question. ... - J.-D.Merchet: Il faudrait qu'il y ait une armée libanaise.

Il y a quelque chose qui s'appelle l'armée libanaise, mais elle est incapable de faire quoi que ce soit. Elle a un recrutement régional. Dans le Sud, ce sont des chiites.

Vous avez un gars qui est sergent dans l'armée et son frère est un cadre du Hezbollah. L'armée libanaise, on raconte qu'il y en a une... - C.Roux: On n'aide pas l'armée libanaise? - J.-D.Merchet: Pour des raisons structurelles, à cause de la division du pays...

Les chrétiens divisés avec ceux qui sont pour les chiites et sunnites, les chiites et sunnites...

On se raconte des histoires lorsqu'on dit qu'il y a une armée libanaise qui serait capable de faire quelque chose. - C.Roux: Le Liban veut un cessez-le-feu avant d'ouvrir des négociations avec Israël.

On avait dit que B.Nétanyahou demandait à son cabinet d'engager des négociations avec le Liban. Ils se renvoient la balle. - P.Gélie: Le président libanais avait dit qu'il cherchait une place pour le Liban dans ce processus, pas encore de paix, mais de cessez-le-feu.

Jean-Dominique a raison. Il faut sortir du fatalisme libanais, comme les Libanais essaient de le faire, comme le gouvernement libanais essaie de le faire, comme la France essaie de le faire. Sinon, rien n'arrivera jamais.

On aura des incursions, des invasions israéliennes tous les 5 ans, qui occuperont le sud du pays, qui raviveront la "résistance" du Hezbollah...

A un moment, je crois, si on croit à la diplomatie, il faut un certain volontarisme. Il faut soutenir un gouvernement qui s'est engagé à essayer de désarmer le Hezbollah, l'aider à le faire. Peut-être que les Israéliens peuvent y prêter la main aussi.

Ils auraient beaucoup à y gagner que de se contenter à passer la tondeuse, comme ils le disent eux-mêmes. - C.Roux: Le Hezbollah, que vous ne qualifiez pas de mouvement de résistants. - P.Gélie: Il était résistant quand le Sud-Liban était occupé par l'armée israélienne jusque dans les années 2000.

Là, c'était une guérilla de résistance. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas lorsqu'ils tirent des roquettes sur Israël. - C.Roux: Question.

Le fait qu'on connaisse la coulisse du déclenchement de cette guerre peut affaiblir la diplomatie et la voix de D.Trump? - G.Lagane: Les Etats-Unis sont une démocratie.

L'information circule. Une part du public peut douter de monsieur Trump. Il faut rappeler que les Etats-Unis sont une société polarisée.

Le "New York Times", c'est un peu "Libération". Les lecteurs du "New York Times" sont des gens plutôt éduqués, plutôt à gauche...

Pardon, monsieur Merchet. Peut-être que vous l'êtes aussi. Ils vont être renforcés dans leur défiance vis-à-vis de l'administration Trump. - C.Roux: Au-delà de l'émetteur du message, le contenu de l'enquête du "New York Times", c'est de ça qu'il s'agit.

S'il y a eu des mises en garde, y compris de M.Rubio, qui n'ont pas été écoutées, c'est normal que ça se passe comme ça? - G.Lagane: Ca n'aura pas beaucoup d'impact. 5 % des Américains s'intéressent à la politique étrangère.

Ce sujet iranien nous apparaît très important, mais aux Etats-Unis, c'est un élément parmi beaucoup d'autres. - P.Allémonière: Ils ne s'intéressent pas à la politique étrangère jusqu'à ce que ça touche le prix du gallon, qui ne cesse d'augmenter.

Ils sont touchés dans leur vie quotidienne, au jour le jour. Quand l'inflation augmente, ça les concerne. Il y a une part de politique étrangère qui revient dans le débat. - G.Lagane: Je pense que ce qui se joue, c'est la future élection présidentielle.

Ce qui était intéressant est de voir l'opposition entre M.Rubio et J.D.Vance.

Le fait qu'on confie à J.D.Vance ce dossier iranien, pour sa future candidature, je ne suis pas sûr que de voir une photo de lui en train de serrer la main aux négociateurs iraniens ne l'aide. - C.Roux: Question. - P.Gélie: Il peut abandonner les négociations, mais pour revenir à la force.

Je ne pense pas qu'il puisse sortir des négociations sans rien. On ne sait pas sur quoi il peut céder. Pas sur le nucléaire, pas sur Ormuz.

Il n'y a pas grand-chose sur quoi il peut céder. Il va se rendre compte que les Iraniens sont moins allants qu'il ne pouvait l'imaginer, moins pressés. Comme toujours avec Trump, on va repasser par un cycle de menaces... - C.Roux: Avec un conflit qui peut reprendre? - P.Gélie: Peut-être l'usage de la force...

Je ne pense pas qu'on va engager une négociation linéaire et, 10 jours après, la paix est conclue. - C.Roux: Question. - P.Allémonière: Je pense qu'il a peur de sentir le vent du boulet plutôt que son heure arrivée.

Il joue très gros. C'est le plus gros risque de toute sa carrière qu'il est en train de prendre. C'est quelqu'un qui s'est construit pour un but: accéder à la présidence.

Il peut perdre cette chance, s'il échoue dans la paix. Trump a cette capacité de rebondir. Il peut dire: "J'ai gagné.

J.D.Vance m'a apporté la victoire." Reste à savoir quel sera son gain. - C.Roux: Il peut dire: "J'ai gagné, je vais m'occuper de Cuba." Question. - J.-D.Merchet: On ne sait pas.

On va pas faire les chiens savants. Apparemment, la presse américaine racontait qu'il aurait joué un rôle dans les accords de cessez-le-feu. On ne l'a pas vu.

On ne l'a pas entendu. On entend des informations comme quoi il serait en soins intensifs dans la ville de Qom. Peut-être a-t-il le visage marqué... - C.Roux: Question. - P.Allémonière: Oui...

Les profits comptent. Il est devenu spécialiste des montées et des descentes de la Bourse. Sur le détroit d'Ormuz, ça ne se passera pas comme ça. - G.Lagane: Auprès de son électorat, il faut qu'il montre que l'Amérique gagne dans sa politique étrangère. - C.Roux: Fin de cette émission.

On retrouve A.-E.Lemoine. - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Le témoignage de l'ambassadeur de France en Iran, qui a recueilli pendant 5 mois C.Kohler et J.Paris avant de pouvoir les raccompagner jusqu'en France.

Une libération dont il nous raconte les coulisses. - C.Roux: Très bonne émission.

Demain, A.Casse, à 17h30. Vous pouvez nous réécouter quand vous le souhaitez