Trans Musicales de Rennes : le festival est "en bonne santé" mais se prépare à un futur "plus difficile"
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Comment vous définissez la programmation de ce festival ? Est-ce qu'il y a un trait commun dans tout ça ?
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Et uniquement des nouveaux talents ?
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Et comment faites-vous pour les repérer, surtout que votre programmation, elle est mondiale, elle n'est pas uniquement française ? Comment vous faites le tri dans les millions et millions d'artistes qui publient leur musique sur les plateformes ?
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Est-ce que c'est mieux ou plus simple qu'il y a 47 ans, puisque voilà, tout est disponible sur les plateformes, mais il y en a beaucoup plus ?
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Ces Transmusicales de Rennes, malheureusement, ont de grosses difficultés économiques, comme d'ailleurs beaucoup, la plupart des festivals en France. Les comptes sont dans le rouge encore cette année ?
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C'est-à-dire, vous savez déjà c'est quoi ? C'est la région, le département, la ville, ils commencent déjà à vous prévenir qu'ils vont couper dans les crédits de la culture, c'est ça ?
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Il est 6h21, il y a des indices qui ne trompent pas, on sait que la fin de l'année approche, quand les rues se partent de guirlandes lumineuses, quand on entend Marie-Akarré chanter Noël et quand s'ouvrent les trances musicales de Rennes, c'est traditionnellement le dernier grand festival de l'année et son directeur artistique est notre invité ce matin. Bonjour Jean-Louis Brossard.
Bonjour Mathilde.
Co-fondateur aussi de ce festival qui a 47 ans, festival réputé pour sa programmation hétéroclite. Alors cette année, on va entendre du punk mexicain, de la techno portugaise, du métal suédois, du reggaet laiton, de la vieille à roue, un DJ marocain, des artistes aussi qui chantent dans des langues régionales, en basque, en catalan, en napolitain. Comment vous définissez la programmation de ce festival ? Est-ce qu'il y a un trait commun dans tout ça ?
Le trait commun, c'est surtout la diversité, l'envie de montrer toutes ces musiques qu'on n'entend pratiquement jamais.
C'est votre discothèque à vous, ce sont uniquement vos goûts personnels ?
Oui, oui, tout à fait, évidemment. Moi j'ai besoin d'aimer les artistes, sinon je ne peux pas les faire venir, les faire jouer, quoi, c'est obligatoire.
Et uniquement des nouveaux talents ?
Oui, oui, bon, oui, pratiquement tous. Il n'y a pas de stars ? Non, non, enfin, là il y a un musicien qui est un peu connu quand même, c'est Manu Le Malin, qui est un DJ techno, qui avait déjà joué au trans, au nom de The Driver, et là il fait une musique plutôt hardcore, avec une lituanienne, voilà, qui s'appelle Somiakouane, donc c'est quand même la personne un peu connue, mais elle n'est pas connue non plus sur le monde.
Non, généralement ils sont connus après, c'est vous qui les propulsez, enfin en tout cas il s'est arrivé avec beaucoup d'artistes. Et comment faites-vous pour les repérer, surtout que votre programmation, elle est mondiale, elle n'est pas uniquement française ? Comment vous faites le tri dans les millions et millions d'artistes qui publient leur musique sur les plateformes ?
Alors il faut déjà écouter beaucoup de musique, c'est sûr, donc effectivement, je reçois beaucoup de choses, j'achète beaucoup de disques aussi, et je vais sur pas mal de festivals, ce qu'on appelle des festivals de showcase, où par exemple en trois jours il va y avoir 400 groupes qui vont jouer à l'Eurosonic, qui est un festival dans le nord de la Hollande à Röningen, ou Focus Wells qui est au Pays de Galles, enfin voilà, il faut tout écouter avant de toute manière, et puis après on va faire un show, on dit ouais ça ça m'intéresse, ça ça m'intéresse, j'y vais, et puis si le groupe me plaît, je vais carrément les voir, et puis leur dire voilà, j'ai envie de vous inviter, voilà, c'est dans quelques mois au Transpublica.
Au final, est-ce que c'est mieux ou plus simple qu'il y a 47 ans, puisque voilà, tout est disponible sur les plateformes, mais il y en a beaucoup plus ?
Oui, c'est différent, parce que c'est vrai qu'on a accès à l'internet, mais la rencontre humaine est toujours très importante pour moi. De toute manière, c'est ça qui va faire aussi le déclic, c'est pas seulement que de voir un concert, c'est aussi une rencontre, de voir comment sont les gens, ce qu'ils ont envie de défendre, d'où qu'ils viennent, de quelques pays qu'ils viennent, etc. Donc ça, c'est très très important. Ça s'appelle rencontre Transmusicale, le festival aussi, il ne faut pas l'oublier.
Eh bien non, Jean-Louis Brossard, ces Transmusicales de Rennes, malheureusement, ont de grosses difficultés économiques, comme d'ailleurs beaucoup, la plupart des festivals en France. Les comptes sont dans le rouge encore cette année ?
Non, ça va. Sincèrement, ça va, je crois qu'on est bien, on a pas mal de résa et tout, donc là-dessus, on est bien, on prépare surtout le futur, donc c'est le futur qui va être plus difficile. À mon avis, 2027 va être plus difficile que 2026, oui.
Pourquoi ?
Parce qu'il va y avoir moins de subventions, etc. Il va y avoir des coupures un peu partout, donc nous, il faut qu'on se prépare à ça, oui.
Ces subventions, c'est-à-dire, vous savez déjà c'est quoi ? C'est la région, le département, la ville, ils commencent déjà à vous prévenir qu'ils vont couper dans les crédits de la culture, c'est ça ?
Pas comme ça. C'est-à-dire que ceux qui nous aident, que vous avez cités, je veux dire, ils sont toujours présents, mais sauf que ça baisse un peu. Donc ça baisse un peu, ça enlève aussi de l'argent et qui peut-être nous permettrait de faire moins d'actions.
Je sais que ces dernières années, vous aviez augmenté vos tarifs, cette année encore ou ça ne bouge pas ?
Non, on n'a pas bougé, oui.
Et votre budget, il est de combien ?
Il est à peu près de 4 millions d'euros à peu près.
Et vous avez dû faire combien d'économies ces dernières années ? Parce que je crois que c'était quand même important.
Oui, on a fait des économies, parce qu'on n'a pas de petites portes pour la soif, donc tout va bien. Je ne pourrais pas vous dire exactement, mais autrement, on est en bonne santé, c'est ça le principal.
En bonne santé, avec une programmation très riche. Donc les transmusicales ne sont pas en danger. Est-ce que vous pensez déjà à l'édition des 50 ans ?
Oui, bien sûr.
Si longtemps à l'avent, 3 ans avant, ça se réfléchit déjà ?
Ce n'est pas que ça se réfléchit, c'est que bon, il y a sans doute un projet de livre, etc. Mais je crois que ce n'est quand même pas rien. Ça va être un demi-tiècle, en tout cas, ce sera le mien. Voilà, donc dans la musique et pour ce festival auquel j'ai donné ma vie.
Et est-ce que pour une fois, vous avez envie de faire revenir les artistes que vous avez contribué à faire émerger et qui sont aujourd'hui devenus de vrais stars ?
Je ne sais pas encore. C'est une chose que j'ai déjà fait pour les 10 ans et 25 ans. Alors pour les 25, je pense qu'il y aura des surprises, évidemment.
Rendez-vous donc dans 3 ans pour les 50 ans, mais déjà dès aujourd'hui et jusqu'à dimanche pour la 47e édition des Transmusicales de Rennes, festival que vous avez fondé Jean-Louis Brossard et vous en êtes encore aujourd'hui le directeur artistique. Merci et bon festival à vous. Sous-titrage Société Radio-Canada