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interviewSud Radio (sur YouTube)· 25 décembre 2025 26 min

Quel avenir pour la filière automobile en France ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Les vraies voix qui font rouler [musique] la France. Alors que l'année 2025 touche à sa fin, on va parler d'un sujet qui concerne des dizaines de milliers de personnes l'avenir de la filière automobile en France. Une question qui se pose quand on voit l'évolution de la production dans l'hexagone.

En 2002, année record, la France avait produit 3283775 véhicules. En 2024, la production a péniblement atteint les 850000 unités. Une production divisée par 4 en 23 ans avec toutes les conséquences en série notamment en terme d'emploi.

Le Sénat a donc fait un rapport sur l'avenir de la filière automobile. Rapport sorti il y a quelques semaines et assorti de recommandation 18 en 18 au total. Rapport d'information intitulé contre un crash programmé 18 mesures d'urgence pour l'industrie automobile française.

Alors on se pose cette question la filière automobile a-t-elle encore un avenir en France ? Si oui sous quelle forme ? L'ingénierie ? la production les deux.

Plein d'autres questions se posent à nous et on va en débattre avec notre invité du jour Alain Cadec sénateur LR des côtes d'armor et rapporteur de cette mission d'information. Bonsoir Alain Cadeec. Bonsoir.

Alors tout d'abord, comment est né cette commission qui en a eu l'initiative ? et la commission des affaires économiques du Sénat sous la responsabilité de Dominique Estros Sasson et moi-même j'ai souhaité mettre en place cette commission et ça a suscité de notre part un déplacement en Chine puisque tout le monde nous disait les Chinois arrivent avec le leurs automobiles, on pourrait voir un peu comment ça se passe. Et donc nous sommes allés en Chine à Pékin et à Shanghaiï pour visiter les constructeurs automobiles et là on a été évidemment effrayé.

Qu'est-ce qui vous a le plus effrayé ? Euh l'avance technologique des Chinois euh l'avance c'est fou parce qu'il y a quelques années, on disait il pompent les technologies européennes où on doit faire des transfert de technologie. Ouais mais là je pense qu'ils ont ils ont pris ils ont pris entre 10 et 15 ans d'avance euh sur les les nouvelles les nouvelles les nouveaux véhicules notamment les véhicules électriques, mais pas seulement véhicules hybride également.

Et en plus, ils ont un une productivité exceptionnelle évidemment par rapport à nous. Euh et surtout, je dirais pendant très longtemps, on a dit "Ouais, le Madin China, c'est nul, c'est pas bien, c'est pas de la qualité." Bah c'est pas vrai.

C'est pas vrai. Aujourd'hui, les Chinois font des voitures qui qui qui sont du niveau aujourd'hui des premiums allemands ou des premiums français. Donc évidemment, il orgne sur le marché européen voyant que nous on avance pas beaucoup.

Alors en 2002, on va faire un petit point déjà. Année record, je le rappelle, la France avait produit 3283775 véhicules. En 2024, on a péniblement atteint les 850000.

En 2018, la part de marché de la production automobile française en Europe était de 12,1 %. On est tombé à 7,4 en 6 ans. Comment expliquer cette dégradation alors que nous avons deux constructeurs nationaux plus un japonais qui produisent dans l'hexagone ?

Bah, je dirais dans en premier lieu, d'abord merci les Japonais parce que c'est vrai que l'usine de Valencienne et Toyota permet de maintenir un peu un chiffre correct. Mais euh nos constructeurs français sont des conducteurs sont des constructeurs compétents qui essayent de de faire le maximum. Mais mais aujourd'hui, on est on a un choc de compétitivité très clairement avec les les c'est vrai c'est vrai aussi que nos nos propres constructeurs ont fait fabriquer aussi dans d'autres pays de l'Union européenne qui ont des des des coûts moins élevés en production.

C'est vrai pour Citroëne qui est allé en Espagne à Vigo par exemple. Oui. Qui est une des plus grosses usines de Stellantis d'ailleurs.

Ouais, c'est vrai que oui, c'est Stellantis maintenant. Mais je Citroën, c'est à l'ancienne. Oui, bien sûr.

Mais l'usine Citroën, absolument, ça reste Cro et et donc il y en a qui sont fabriqués en Slovaquie voire en Turquie en dehors de l'Union européenne et à des coûts évidemment beaucoup moins élevés. On on paye là le le le prix en partie hein, il faut bien le dire des 35 he mais alors comment expliquez vous parlez de la Slovaquie ou de la Turquie ? Alors là c'est les Cliot par exemple c'est pas stanis qui viennent de Turquie. ou ou les Twingo qui viennent de Slovénie.

Aujourd'hui, l'Espagne produit le double de véhicules particuliers de la France. L'Espagne, c'est pas les salaires des pays de l'Est. Comment expliquer cette différence alors que l'Espagne n'a pas de constructeur local à part Seat mais qui fait partie du groupe Volkswagen et et et comment expliquer qu'on soit du simple au double, on produise moitié moins que les Espagnols qui vivent pas avec 300 € par mois.

Non, mais ils sont quand même inférieurs au coût de production des Français. il travaille davantage, il travaille beaucoup plus le travail la durée du travail est plus élevé en Espagne qu'en France. Donc ça ça joue aussi parce que euh et je pense que c'est un un élément euh important essentiel même.

Par ailleurs, c'est vrai que la structure euh de de l'Espagne, la structure en région euh un peu fédérale permet aussi à à des à des à des à des États en quelque sorte, enfin en tous les cas, je pense à la Galice notamment, de subventionner de subventionner euh les l'installation de de d'UIN, par exemple, hein. Oui, parce que c'est un état très décentralisé l'Espagne ou par exemple je sais pas Nissan ou Volkswagen qui sont en Catalogne évidemment. D'accord.

Alors il y a quand même de chose, on a vécu des fermetures massives d'usine en France ces dernières années. Sur les 40 dernières années, il y a eu Citroën à Levallois, Renault à Boulogne Bill en cours, Citroën à Holnet, enfin les les Est-ce que c'est Oui. Et là, il y a du chômage partiel, hein.

Oui, bien sûr. Est-ce que c'est uniquement le coût du travail qui a causé ces fermetures ? Pas uniquement.

Je pense que on a aussi le le le nos constructeurs se sont un peu endormis se sont un peu endormis sur leur laurier. C'était c'était un fleuron de l'industrie française l'automobile et ils se sont un peu endormis sans doute notamment dans les les technologies nouvelles et et donc ça aujourd'hui il paye le prix quoi. Alors votre rapport s'intitule contre un crash programmé 18 mesures d'urgence pour l'industrie automobile française.

Je rappelle que vous en êtes le rapporteur. Oui. Est-ce que l'industrie automobile et après on va analyser une partie des 18 propositions recommandations que vous faites avec vos collègues du Sénat.

Est-ce qu'on risque vraiment un crash pour l'industrie automobile ? Sachant que c'est 350000 salariés en France la filière automobile. C'est ça. 350000 salariés directs.

Oui. Mais vous rajoutez 450000 salariés pour les équipementiers, pour la maintenance, pour le le les concessions, pour les garages. Donc c'est c'est considérable hein.

Donc ça fait ça fait en tout 800000 emplois. Mais on a rien fait non plus pour pour sauver cette industrie aujourd'hui, y compris les pouvoirs publics. On on voit bien que euh la crainte qu'on peut avoir, c'est que on on est un scénario à la type sidérurgie dans les années 80 dans les années 80 avec le plan acier en 84 de mémoire.

Voilà. Et et ça ça je dirais que ça nous en bou nez. Alors, les décisions européennes en plus là-dessus, c'est un drame absolu quoi.

Je pense notamment à l'interdiction de vente des voitures thermique à partir de 2035 qui est une abiration économique et y compris écologique d'ailleurs sur laquelle ils sont en train de revenir. C'est d'ailleurs oui, allez-y. Oui.

Oui. Alors, bonne nouvelle, mais ça on l'espérait euh il y a quelques jours puisque euh la Commission européenne a a considéré qu'il était euh c'était le moment de revenir sur cette obligation ou cette interdiction euh en tous les cas euh de le de le graduer dans le temps et d'essayer de favoriser, ce qui à mon avis est une bonne idée, la vente des voitures hybrides euh ou ce qu'on appelle les range extenders, c'est-à-dire les les véhicules qui ont les Chinois le font très bien, qui on un petit moteur thermique qui génère de l'électricité. Oui.

Et qui permet au véhicule de rouler propre. D'accord. Et c'est donc revenu en mais comment expliquer parce que c'est votre recommandation numéro 1 qui a donc été suivie repousser l'interd je vais d'ailleurs remercier chaleureusement madame Vanderleyen puisque pour une fois elle nous écoute.

Repousser l'interdiction de la vente de moteur thermique et confié à la Commission européenne le soin de fixer en accord avec les industriels une trajectoire dégressive soutenable pour atteindre cet objectif. Le Sénat français l'a fait, la Commission européenne a suivi, mais on a un sentiment, notamment les gens qui nous écoutent, c'est qu'on prend à Bruxelles des décisions non réfléchies, non concertées, sans étude d'impact, ce qui est dingue. Là, c'est là, c'est l'exemple type.

Bon, écoutez, j'ai j'ai eu la chance moi d'être député européen pendant 10 ans. Je connais le fonctionnement de la Commission européenne, je connais le fonctionnement du Parlement européen et du Conseil. Et donc, on voit bien là, c'est vraiment euh quelque chose de de d'irrationnel de prendre ce type de décision.

On sait que économiquement ça va être une catastrophe et on y va quand même. Alors, je parle pas d'énormes parce que les véhicules européens et français en particulier, on va vous dire, ils sont chers. Ils sont chers parce qu'ils sont beaux d'abord, ils sont bien faits, ils sont on a on manque de productivité mais aussi ils sont comment dirais-je pénalisé par l'accumulation des normes.

Je sais pas si vous avez vu mais maintenant dans les véhicules neufs, on est obligé par exemple d'avoir un quelque chose qui vous prévient quand vous approchez d'un autre véhicule. Ça ça clignote quand il y a une portière qui est mal fermée. Je veux dire des mais des tas de petits trucs qui au bout du compte qui coûte des 100 € plus 200 € plus 90 € et moralité sur un véhicule qui pourrait coûter 20000 par exemple on arrive à 30000 €.

Oui, ça c'est quand même la surnorme dont on parle beaucoup également dans l'agriculteur dans l'agriculture par la surtransposition. Oui. La surtransposition.

La deuxième recommandation, c'était mettre en œuvre le principe de neutralité technologique. Reconnaître en particulier le caractère de carburant neutre en carbone des biocarburants. Pourquoi est-ce qu'on a pas mis plus le paquet sur les biocarburants ?

Je pense à un pays, on a on a mis des millions d'hectares en jacher. Prenez un exemple comme le Brésil où on roule à l'alcool de canne à sucre massivement depuis des années. Mais je je constate là que justement dans les propositions de la commission récente de d'hier, c'est que justement ils vont mettre l'accent sur ces biocarburants et il est temps de le faire en fin de compte hein.

Euh il y a des technologies nouvelles qui permettent par exemple euh dans ma région la Bretagne euh c'est c'est expérimental mais de liquéfier euh la le méthane de la méthanisation. Oui. Donc ça va ça va être une une porte quelque part ou euh de cercle vertueux en fait.

Oui, c'est de l'économie circulaire, ça c'est tout. Tout à fait. Et donc et on a comme vous le disiez tout de suite, il y a des pays où il roulent beaucoup avec ce genre de de de carburant.

Le Brésil en est un mais il y en a bien d'autres. Il il y a un autre élément que je voulais dire aussi, c'est que cette décision un peu aberrente de l'Union européenne suscitée par la Commission et validée par le Parlement européen de de d'interdire la vente des moteurs thermiques, il faut savoir quand même que c'est le seul endroit au monde où on a interdit la vente des véhicules thermites en 2035 pour regarder sur une carte du monde sur personne ne l'a fait. Il y a l'Europe et la Californie.

Oui. Point. qui est pas un état souverain.

Non, mais qui est un état qui est un état dans l'état fédéral des États-Unis, mais c'est tout. Je veux dire, par un autre pays au monde n'a fait une chose pareille ou un ou un groupement d'état. Donc, c'est c'est aberrant et c'était vraiment se tirer une balle dans le pied.

Alors, je salue la décision de la Commission européenne mais qui a pris cette décision ? pas sans doute parce que le Sénat a fait un un bon rapport mais [rires] surtout parce que les Allemands on ont on et monsieur Merk a a mis la pression sur l'Union européenne et je vous rappelle quand même que que la présidente de la Commission européenne, elle était également allemande. Oui, madame Vleyen.

Il y avait un autre point, le troisème, poursuivre la RD dans le domaine des moteurs thermiques moins émetteurs de CO2. On a l'impression que on a renoncé au progrès technique parce que je me rappelle à l'époque les premiers moteurs diesel notamment sur les 504 c'était des 2,4 2,5 2,8 qui faisaient 50 chevaux. Aujourd'hui avec 1,5 turbo, ça ça fume plus noir.

Et est-ce qu'on a renoncé au progrès technique pour vouloir abolir le thermique ? Dans dans le cadre de cette commission de d'information, on a auditionné on a fait 30 auditions, 60 structures et presque 200 interlocuteurs et notamment tous les grands constructeurs. Et moi, j'ai posé la question à tous les grands constructeurs, enfin tous les grands, ils sont pas très nombreux, mais aux grands constructeurs qu'on a qu'on a qu'on a en France auditionné en France.

Ouais, il y a Renault et Stellantis. Euh il continue euh la recherche et développement en matière thermique parce qu'on sait que non mais on sait que aujourd'hui on est capable de faire des des petites des petits trois cylindres ou ou des voitures de 1,5 2 L de cylindré qui consomment pas beaucoup et qui émettent quasiment rien. Il n'èent quasiment rien et qui ont de la puissance et du couple donc qui permettent de transporter une famille.

Et puis un autre élément euh les les les les véhicules électriques 100 % électriques. Euh d'abord il faut des bornes pour les recharger et vous allez expliquer ça euh dans la ruralité. Oui.

Et ben, c'est pas gagné hein. C'est pas gagné. Ben justement, on va continuer à en discuter avec vous Alain Cadeek dans cet entretien passionnant pour parler de ce rapport d'information contre un crash programmé. 18 mesures d'urgence pour l'industrie automobile française.

On se retrouve dans quelques instants. Les vraies voies qui font rouler la France. Et ce soir, nous avons le plaisir de recevoir Alain Cadeec, rapporteur du rapport d'information du Sénat contre un crash programmé 18 mesures d'urgence pour l'industrie automobile française.

On continue cet entretien. Alain Cadeec, vous faites une proposition assez avec les sénateurs hein, assez icô auoclast. Alors surtout vu la religion de la Commission européenne, je cite la recommandation numéro 4, relever les droits de douanes sur les véhicules électriques chinois afin de limiter drastiquement les importations et de rétablir une concurrence équitable sur le marché européen le temps que les acteurs européens se mettent à niveau.

Mais c'est tout le contraire du logiciel de la Commission qui est pour le libre échange total. Non mais on peut être libéral, c'est mon cas et et proposer euh l'instauration de droit de douane responsable. Est-ce que les Chinois se gênent eux ?

Est-ce que les Est-ce que les Américains se gênent ? Le président Trump, c'est ce qu'il a fait. Il les annonce en direct à la télévision en plus.

Voilà. Donc, je pense que il est nécessaire pour l'Union européenne de prendre ses responsabilités et de mettre en place des barrières douanières. C'est évident.

Mais est-ce que vous vous avez fait un rapport sur le risque de crash de l'industrie automobile française ? Est-ce que d'autres pays sont dans le même cas ? On l'a pas cité, mais un pays comme l'Italie par exemple a beaucoup souffert également son industrie automobile de la concurrence notamment chinoise.

La production automobile de l'Italie a fortement baissé également un peu à l'image de la France d'ailleurs hein ou alors l'Allemagne qui aujourd'hui a des difficultés parce qu'on voit que Ford ferme à Saint-Louis donc à la frontière française. Il y avait d'ailleurs des centaines de Français travailleurs frontaliers qui travaillaient. L'usine de Cologne toujours fort réduit les effectifs.

Et est-ce que le problème il y a un risque de crash pas seulement français mais européen ? Oui, incontestablement. D'ailleurs, Volkswagen actuellement souffre beaucoup, va sans doute être obligé de faire du chômage technique dans les dans les mois qui viennent.

C'est sans doute la une des raisons pour lesquelles d'ailleurs la Commission européenne sous pression allemande a pris ces décisions là parce que c'est c'est c'est pas vrai que pour la France, c'est vrai pour l'Allemagne et c'est vrai pour l'Italie qui sont les trois les trois grands producteurs de de voitures avec l'Espagne, oui, mais je veux dire avec des constructeurs nationaux, des constructeurs quoi qui sont nationaux quoi. Donc oui, bien sûr, tout le monde tout le monde est touché parce que là actuellement les Chinois sont en ce qu'on appelle en surcapacité, c'est-à-dire qu'ils produisent plus de voitures qu'il n'en consomment. Je rappelle quand même qu'ils sont 1liard 400 millions.

Oui. Euh et malgré ça euh ils en produisent davantage. Donc ça veut dire qu'ils sont prêts à envahir le marché européen.

Ils sont prêts. Ils font des véhicules 100 % électriques, ils font des véhicules hybrides. Euh et donc euh et je rappelle quand même aussi, c'est important, c'est que s'agissant des de des de ces deux types de véhicules, les batteries sont des batteries chinoises.

Oui. Et quandbien même on fabrique des batteries nous en France, dans le nord de la France avec ACC par exemple. Oui.

Et bien les composants qui fabriquent ces batteries sont des composants chinois. Oui. Donc on est on est totalement dépendant complètement dépendant des Chinois.

Complètement dépendant. Alors c'est sûr que si on met des barrières douanières, ça va ça va coincer un peu, c'est certain. Mais c'est une des solutions en tous les cas à envisager.

Vous parlez et ça c'est très important la souveraineté. C'est la recommandation numéro 12. Mettre en application dans les meilleurs délais la stratégie européenne sur les matériaux critiques.

Soutenir la création de hub minéraux pour l'approvisionnement, le traitement et la transformation des matériaux critiques. Regroupement plusieurs acteurs pour obtenir les effets d'échelle. Favoriser la création d'une filière du recyclage des batteries.

Est-ce que là on n'est pas à la rue notamment sur les terres rares dont on a besoin pour faire les batteries ? On est totalement à la rue parce que on est complètement dépendant encore une fois notamment de la Chine et d'autres pays mais surtout de la Chine en ce qui concerne les terres rares parce que eux ils ont beaucoup d'avance euh sur le le le fait de de de collectionner les terres rares, de les de les de les récolter, de les transformer, de les de les exploiter. Et donc euh aujourd'hui, oui, on est on est complètement à la rue, c'est certain.

D'ailleurs, tout le monde en est conscient. Maintenant, on en est conscient, mais on a rien fait depuis 10 ans. Est-ce qu'on est en retard par rapport entre les Chinois et les Américains ?

Oui, oui, bien sûr. Oui, oui, oui, oui, bien sûr. Les Américains ont pris de l'avance là-dessus, même si ils ont relancé leur production de véhicules thermiques puisque le président Trump est très attaché au V8.

Oui. [rires] Donc euh donc euh les les gros moteurs américains qui font des un bruit euh inimitable, mais [rires] qui consomment beaucoup et qui qui é et qui émettent beaucoup de de de CO2, hein. Donc, c'est pas très raisonnable.

Mais mais euh bien sûr que oui, on est on est on est dépendant de tout ça et on a besoin de de prendre des des des mesures qui nous permettent de l'être moins et pour ça, il faut se regrouper. C'est ce qu'on propose euh pour être plus fort. Mais imaginons est-ce qu'on si on avait des terres rares en France pour trouver des des métons on en a un peu on on en a identifié.

Oui. Est-ce qu'on peut les exploiter ? Parce qu'avec toutes les mesures écologistes où on ne peut pas exploiter par exemple le gaz ou le pétrole de chiste qu'on a en quantité en France, est-ce qu'on a le droit de les exploiter dans l'état actuel des choses ?

Il y a il faut avoir des permis d'exploitation évidemment, des permis de de de recherche. Euh il y a des endroits qui ont été identifiés en France où il y a des terres rares, notamment du lithium par exemple. Oui, par exemple.

Mais euh avant de convaincre, vous le savez très bien, euh les les nos collectifs euh écologiques Oui. radicaux, c'est pas gagné, hein. Oui, mais ils sont peut-être pas non plus, même avec beaucoup d'efforts facile possible à convaincre.

Bah ça me paraît impossible. Enfin, je veux dire, on y arrive, on y arrivera pas. Faire une carrière aujourd'hui en France pour récupérer des cailloux, pour aller pour faire des routes, c'est quasiment impossible.

Oui. Donc parce que tout de suite vous avez un collectif qui se lève et qui dit "Non, non, parce que on touche à c, on touche à ça." Euh moi je suis très attaché à la préservation de la biodiversité et de la nature, mais ça peut pas se faire au détriment du du progrès économique.

C'est pas possible. Sinon, on va tout perdre. Si nous on devient un pays du 8 monde.

Alors il y a ça va pas tarder si ça continue comme ça hein. Ah oui je vous signale quand même que le le le PIB par habitant en Pologne va dans moins de 5 ans dépasser le PIB par habitant en France quand même. Quand on se souvient où était la Pologne il y a 35 ans à la chute du mur, c'est vrai que c'est absolument terrifiant.

Alors il y a un point important. Vous la recommandation 14, harmoniser les règles relatives aux aides publiques notamment à l'investissement au sein de l'Union européenne et mettre en œuvre des mesures permettant de réduire le coût du travail et de l'énergie en France. On va parler de l'Europe.

Faudrait sortir du marché européen de l'électricité. Ah qui nous emblève l'avantage du nucléaire. Mais bien sûr, mais bien sûr.

Je suis aussi rapporteur sur le la la la loi programmation de l'énergie et là, on se heurte au gouvernement actuellement parce que c'est vrai que dans cette dans cette proposition de loi de mon collègue Daniel Grimillet qui en était l'auteur, on on propose d'augmenter de manière importante notre production d'électricité nucléaire. Bien entendu, je vois que Flamville, ça y est, c'est parti, on est à 100 %. euh on produit vraiment de l'électricité et au moins euh c'est de l'électricité euh comment dirais-je ?

Euh on part on parle de CO2 hein. Non mais bien sûr mais bien sûr sans CO2 mais on sait exactement combien on va produire et combien de temps on va produire. Ce qui est pas le cas d'une éolienne.

Bien sûr qu'il faut un mix énergétique mais pas n'importe comment et pas à n'importe quel prix. Et donc aujourd'hui on a des coûts de production d'électricité éolienne sont très très élevés par rapport au nucléaire. Donc on proposait dans cette dans cette proposition de loi de réviser tout ça.

Le gouvernement ne nous entend pas et souhaite décider ça par décret. Et donc je sais pas ce qui va sortir de ces décrets, hein. Vous voulez donc, je le dis dans la deuxième partie de la recommandation, mettre en œuvre des mesures permettant de réduire le coût du travail en France outre l'énergie.

Est-ce que c'est pour éviter de nouvelles pertes d'emploi ou est-ce qu'on pourrait recréer des usines automobiles en France ? pour écoper la coque du navire ou construire un deuxème navire. Je pense je pense qu'il faut d'abord écoper oui et ensuite en construire un.

Mais c'est vrai que si on limite les charges sur les entreprises, ce sera sûrement plus facile pour pouvoir s'en sortir. Aujourd'hui, en France, les les les entreprises sont euh étouffées par les par les par les taxes, par les charges et donc il est nécessaire euh de limiter ces taxes. Par ailleurs, mais ça c'est important aussi en en France aujourd'hui, on ne travaille pas assez.

On travaille pas assez. On travaille pas assez longtemps. Le le les 35 heures hebdomadaires, c'est ça peut pas marcher.

Euh il faut davantage de temps de travail. Euh aujourd'hui en France, la France est un pays qui ne produit plus ou quasiment plus. La preuve là le déficit commercial hein 100 milliards par an.

Voilà et par contre qui consomme ? Alors j'ai entendu des des des collègues élus plus près de l'Assemblée nationale d'ailleurs que du que du Sénat qui disaient "On a le droit à la paresse." Oui.

Oui. Moi je veux bien moi je veux bien la paresse. C'est madame Rousseau en effet.

Je veux bien la paresse, mais euh lapparesse, il faut la payer la paresse euh pour exister ou alors le niveau de vie va baisser considérablement. Alors, il y a une chose importante, vous voulez encourager la production de petits véhicules et accessibles sur le modèle des Kars japonaises. C'est quoi les KS pour les auditeurs Les car sont des toutes petites voitures de 3,50 de deux places, deux ou quatre places he mais c'est des petites voitures avec des petits moteurs euh en l'occurrence des moteurs électriques, des petits moteurs électriques ou des moteurs hybrides et ça permet mais ça c'est c'est réservé disons euh enfin c'est réservé c'est plutôt fléché vers le le la clientèle urbaine en fait hein.

Mais c'est vrai que ça marche très bien au Japon. Ce sont des tout petits véhicules qui coûtent pas trop cher. Euh je crois que euh je crois pas, je suis même sûr que à la fois Stellantis et et Renault euh font de la recherche et développement dans ce sens.

D'accord. Bon ça et ça pourrait être produit en France potentiellement. Oui, bien sûr.

Oui, oui, bien sûr. Oui, oui. Et ils sont très sensibles à ça aujourd'hui.

On voit par exemple qu'ad et Renault enfin Dou et Mobug les R4 et les R5 marche bien et se vendent bien a priori. Ouais, enfin elles sont quand même un peu chères encore. C'est c'est le problème c'est ça.

Elles se vendent bien en étant cher. On a passé les 100 mais elles sont magnifiques. Enfin, c'est des des véhicules très bien.

Surtout pour ceux qui ont connu les les les originals comme vous. Moi. Oui, tout à fait. [rires] Non, mais c'est sont bien conçus, ils sont bien fabriqués.

Enfin, je veux dire, c'est des c'est des beaux véhicules. Euh, il faudrait des véhicules un peu plus peu plus simples, un peu plus spartiat et c'est là où ça seurte au aux normes européennes. Ah oui, notamment en terme de sécurité, le nombre d'herb.

Alors, la sécurité, on veut on veut pas on veut on veut pas y toucher mais mais il y a des éléments qui sont qui sont vraiment des éléments de confort en fait quoi. Vous voulez créer, c'est dans la recommandation 18, un Airbus européen du logiciel embarqué. Est-ce que c'est pas la mise en mesure en musique d'une théorie des Japonais qui disent que maintenant une voiture c'est un téléphone portable avec quatre roues ?

C'est complètement ça. Euh d'ailleurs de à l'occasion de notre des Chinois, pardon, je pas déjàou à l'occasion de notre déplacement à en Chine, on a notamment euh découvert moi j'ai découvert un constructeur automobile qui s'appelle Xiaomi. En fait, Xiaomi, c'est un fabricant de téléphone absolument et et qui s'est mis à faire des automobiles magnifiques.

Mais évidemment, c'est un un les les véhicules aujourd'hui, surtout les véhicules électriques bien sûr, c'est c'est un concentré d'électronique et et voilà. Donc on a on a tout intérêt nous européens à se regrouper à faire comme on le dit dans la dans le rapport un Airbus de l'automobile en fait et de la recherche automobile dans ce dans ce cadre là. Il nous reste une minute 30.

Quel est l'avenir de la filière automobile française ? On peut encore la sauver ou pas Alin Cadec ? Écoutez par nature je suis un peu optimiste.

Je je reste optimiste quoi qu'il arrive. Donc euh c'est ce que je souhaite en tous les cas vivement parce que euh après la téléphonie, après la cidérurgie, si on perd notre industrie automobile, qu'est-ce qui va nous rester ? On est en train de perdre notre agriculture.

Enfin, excusez-moi, mais si on perd l'industrie automobile, on perd aussi la chirurgie qui est le premier consommateur, hein. Regardez en Allemagne avec la de production qui sonne de matin donc il faut absolument qu'on fasse quelque chose parce que c'est et pour ça, j'espère que alors déjà cette décision de la Commission européenne va dans le bon sens. J'ose espérer qu'ils sont en relation, je le pense, avec les les industriels, avec les les les ceux qui fabriquent des automobiles de façon à prendre des décisions pertinentes et en collaboration avec avec ces gens-là, avec ses professionnels.

Mais à terme, on peut espérer un rebond. Maintenant, si on regarde la situation, si on l'analyse, ça va mal. Ça va mal et on va vers le crash mais il faut prendre des dispositions.

Mais nous avons perdu une bataille mais peut-être pas perdu la guerre de l'automobile peut-être pas perdu la guerre de l'automobile. En tous les cas je ne le souhaite pas. On le souhaite pas du tout surtout sur Sud Radio qui est la radio de l'automobile.

Je rappelle que vous avez une émission automobile tous les jeudis soirs, les vraies voix qui font rouler la France avec ces cile de minibus qui est en vacances et votre serviteur et tous les samedis avec euh Jean-Luc Morau et Laurence Perot qu'on embrasse. Ce très bon rapport rapport d'information contre un crash programmé 18 mesures d'urgence pour l'industrie automobile française dans lequel on apprend plein de choses. Et ben un nouveau joyeux Noël et nous on se retrouve demain 18h pour les vraies voix.