Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Conférence de presseINA (sur YouTube)· 8 janvier 2026 75 minPortrait personnelInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleJustice

Edition spéciale : François Mitterrand est mort | INA Politique

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 20:00Fait
    « François Mitteran est mort ce matin à Paris à l'âge de 79 ans des suites de son cancer. »
  • 30:00Jacques ChiracFait
    « François Mitteran, c'est une œuvre. Grand lecteur amoureux des beaux livres. L'écriture était pour lui une respiration naturelle. »
  • 30:00Jacques ChiracFait
    « François Mitteran fut d'abord profondément respectueux de la personne humaine et c'est pourquoi il décida d'abolir la peine de mort. »
  • 40:00Fait
    « François Mitteran avait été le premier chef d'État à recevoir Yasser Arafat à l'Élysée. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Madame, monsieur, bonsoir. Cette édition spéciale du journal est bien entendu consacrée entièrement à la disparition de l'ancien président de la République, monsieur François Mitteran. [musique] L'ex-président [musique] [musique] de la République, monsieur François Mitteran, est mort ce matin à Paris à l'âge de 79 ans des suites de son cancer.

Cette image symbole de monsieur François Mitteran, c'était le 17 mai dernier, quelques minutes avant la passation de pouvoir avec monsieur Jacques Chirac dans les jardins dans le parc de l'Élysée. Il aimait la nature. Il avait tenu à se promener une dernière fois dans ce parc où il avait vécu pendant 14 ans de Septena en compagnie de son médecin.

Il était déjà très marqué par la maladie qui devait l'emporter quelques mois plus tard. Monsieur François Mitterran est donc décédé ce matin à 8h30 à Paris. Madame, monsieur, bonsoir.

Cette édition spéciale du journal est bien entendu consacrée entièrement à la disparition de l'ancien président de la République, monsieur François Mitteran. reportage témoignage en direct pendant plus d'une heure suivie tout à l'heure d'une France en direct qui retracera l'ensemble de la carrière des 50 années de vie politique du chef de l'État qui a diqué disparu ce matin. Mais avant les personnalités, avant les reportages, avant le monde politique, nous voulons vous faire entendre les réactions de Français qui ce matin ont appris dans la rue à leur travail la disparition de l'ancien chef de l'État.

Écoutonsles. Paris à 11h ce matin. La nouvelle vient à peine de tomber.

François Mitterran vient de décéder ce matin. Pardon ? François Mitterran vient de décéder ce matin.

Oh c'est une blague ou quoi ? Non non c'est pas une blague. Un bon ce matin.

Ah d'accord. Ah décédé d'un cancer de la prostate. Oui bien sûr.

On savait qu'il était Ouais ça je savais qu'il était malade. Voilà. Et bien voilà.

Mais c'est vrai que ça faisait un moment ils en avaient parlé hein que que ça devait que ça n'allait pas très bien. Voilà à 11h ce matin. Il est décédé à 8h.

Ah mais écoutez là franchement non là je sais pas quoi dire. Je pensais que un petit peu il était éternel. Oui.

Les heures passent, l'émotion laisse peu à peu alors la place à la réflexion. C'était, je crois, l'un des des des plus grands politiques que nous n'ayons jamais eu. Euh c'était un alors pour certains maquillavel, pour d'autres un fin stratège.

Je crois que euh la droite ne ne ne peut que tirer les leçons de de du parcours politique de François Mitteran euh qui était exceptionnel. Il y a eu ces deux Septas qui euh ont marqué une génération de de jeunes, la génération Mitéran comme on a dit et c'est quelqu'un qui euh au point de vue politique a su euh je dirais travailler dans la dans la longévité. 15h c'est l'affluence autour des kiosques.

La mort de François Mitteran fait la une des journaux du soir. Ça me fait quelque chose devant un journal pour annoncer une mort. une image qui reste comme ça.

Bah c'est l'homme dine qui marche tout droit sous le Porsche de l'Élysée en partant de de ces deux Septena et qui malgré la douleur de la maladie et tout ce qu'on pouvait dire sur la politique qui l'a mené restait toujours très droit et le regard pas fuyant du tout. Je pense surtout que l'essentiel est de faire silence dans ces cas-là et de prier. Moi, je suis une croyante et je crois que l'aider, là où on peut le plus l'aider, c'est vraiment de le porter dans la prière, de le prier pour que son âme puisse s'élever.

Dans un peu moins d'une minute maintenant, le chef de l'État, monsieur Chirac, prononcera en direct de l'Élysée une allocution à la suite du décès de monsieur François Mitteran. Mais tout de suite, nous allons nous rendre dans le 7e arrondissement de Paris où nous rejoignions Benoît Duquen, là où est mort ce matin monsieur François Mitéran, où les Français ne cessent de défiler maintenant. C'est vrai qu'ici toute la journée, on a assisté à un défilé de personnalité, d'amis euh d'intimes de François Mitterran et puis aussi à un défilé de d'anonymes qui venaient témoigner aussi de leur de leur amitié.

Mais d'abord, je voudrais montrer euh cette image, celle de l'épouse du chef de l'État, de madame Mitteran qui a quitté il y a à peine une heure ses bureaux parisiens. Voilà donc madame Mitteran qui tend l'immeuble où est mort ce matin, monsieur Miteran et tout de suite la locution du président de la République, monsieur Jacques Chirac. Mes chers compatriotes, le président François Mitteran est mort ce matin.

Les Français ont appris avec émotion la disparition de celui qui les a guidé pendant 14 ans. Je voudrais saluer la mémoire de l'homme d'État, mais aussi rendre hommage à l'homme dans sa richesse et sa complexité. François Mitteran, c'est une œuvre.

Grand lecteur amoureux des beaux livres. L'écriture était pour lui une respiration naturelle. Sa langue classique futrice fidèle et sensible de sa pensée.

François Mitteran, c'est une volonté. Volonté de servir certains idéaux. la solidarité et la justice sociale.

Le message humaniste dont notre pays est porteur et qui s'enracine au plus profond de nos traditions. L'Europe, une Europe dans laquelle la France, réconciliée avec l'Allemagne et travaillant avec elle occuperait une place de premier rang. mais aussi une façon de vivre notre démocratie, une démocratie moderne, apaisée grâce notamment à l'alternance maîtrisée qui a montré que le changement de majorité ne signifiait pas crise politique et nos institutions en ont été renforcées.

En politique, François Mitteran fut d'abord profondément respectueux de la personne humaine et c'est pourquoi il décida d'abolir la peine de mort. Respecté aussi des droits de l'homme, il ne cessa d'intervenir partout où ils étaient bafoués. Ses choix étaient clairs et il les a toujours fait au nom de l'idée qu'il se faisait de la France.

Mais François Mitteran, c'est d'abord et avant tout, je crois une vie. Certaines existences sont paisibles et grainent des jours semblable parsemé d'inconvénients ou d'événements privés. Le président Mitéran, au contraire donne le sentiment d'avoir débordé sa propre vie.

Il a épousé son siècle plus de 50 ans passé au cœur de la reine politique, au cœur des choses en train de s'accomplir. La guerre, la résistance, les mandates électoraux, les ministères dont tout jeune il assume la charge. la longue période ensuite où il sera l'une des figures majeures de l'opposition avec détermination, opiniatreté, pugnacité.

Les deux Septena enfin où il prendra toute sa dimension imprimant sa marque, son style à la France des années 80. Mais François Mitteran n'est pas réductible à son parcours. S'il débordait sa vie, c'est parce qu'il avait la passion de la vie.

Passion qui nourrissait et permettait son propre dialogue avec la mort. La vie sous toutes ses formes, la vie dans ces heures sombres et ses heures glorieuses. La vie du terroir, la vie de nos campagnes, cette France rurale qu'il a tant aimé presque charnellement.

Il connaissait notre pays jusque dans ses villages et partout il avait une relation, un ami car il avait la passion de l'amitié. La fidélité que l'on doit à ses amis était pour lui un dogme qu'il emportait sur tout autre et il suscita en retour des fidélités profondes au travers des années et des épreuves. Ma situation est singulière car j'ai été l'adversaire du président François Mitteran.

Mais j'ai été aussi son premier ministre et je suis aujourd'hui son successeur. Tout cela tisse un lien particulier où il entre du respect pour l'homme d'État et de l'admiration pour l'homme privé qui s'est battu contre la maladie avec un courage remarquable. la toisante en quelque sorte et ne cessant de remporter des victoires contre elle. de cette relation avec lui contrasté mes anciennes, je retiens la force du courage quand il est soutenu par une volonté, la nécessité de replacer l'homme au cœur de tout projet, le poids aussi de l'expérience.

Seul compte finalement ce que l'on est dans sa vérité et ce que l'on peut faire pour la France. En ce soir de deuil pour notre pays, j'adresse à madame Mitteran et à sa famille le témoignage de mon respect et de ma sympathie. À l'heure où François Mitteran entre dans l'histoire, je souhaite que nous méditions son message.

Après cette allocution en direct du président de la République, monsieur Jacques Chirac, à la mémoire de monsieur François Mitteran, j'ajouterai que le président de la République a décidé que jeudi 11 janvier serait décrété journée de deuil national en France ce même jeudi 11 janvier. Monsieur François Mitéran sera enterré à Jarnac, sa ville natale, là où il est né le 26 octobre 1916. Enterrement qui aura lieu dans l'intimité.

Nous retournons maintenant à l'actualité de ce soir qui sont les suites donc du décès et de la disparition de monsieur François Mitteran. Euh nous disions avant d'entendre le chef de l'État, madame Daniel Mitéran qui s'est trouvé toute la journée au cour autour de la dépouille mortelle de son mari a quitté ce soir l'immeuble de l'avenue Duplet pour regagner euh son domicile. On la voit ici il y a quelques instants au sortir de l'immeuble où repose le corps de l'ancien chef de l'État.

Nous rejoignons maintenant toujours devant cet immeuble du 7e arrondissement Benoît Lucen avec qui nous étions en conversation juste avant l'intervention. Monsieur Jacques Chirac. Benoît ?

Oui, tout à fait. Je voulais justement avant d'en revenir aux personnalités qui sont venues ici toute cette journée à commencer par euh Jacques Chira qui est donc venu euh se recueillir sur la dépouille de François Mitterran avant d'annoncer officiellement euh son décès. Je vois donner la parole un petit peu à une ou deux personnes qui euh depuis ce matin ou depuis 1h ou 2h ou 3h sont ici simplement à attendre euh par signe de d'amitié et d'hommage à l'ancien chef de l'État.

Mademoiselle, vous avez je crois 20 22 ans. Ça représente pourquoi pour vous le décès de François Mitteran ? En fait, j'ai l'impression que c'est un peu une partie de mon enfance qui qui part avec lui parce que j'avais 8 ans le jour de son élection et c'est une soirée qui m'a marqué et c'est pour moi, j'ai connu que que François Mitteran. c'était le président le président de de je sais pas de beaucoup d'espoir et euh le président, moi j'ai je connais c'est vrai que j'étais jeune avant et c'est là c'est c'est là à partir de ce moment-là j'ai commencé un peu à prendre conscience de de la politique et c'est je sais pas je suis je suis ému et vous aussi vous aussi vous êtes vous me disiez tout à l'heure que c'était quelque chose pour vous ce départ du de l'ancien d'État ?

Oui, en fait euh moi en 88, j'avais voté pour lui, j'avais mis beaucoup d'espérance, je croyais beaucoup en l'homme et aujourd'hui c'est une je dirais c'est une part de de nous-mêmes de je dirais de la part de tous les Français qui s'en va. C'est un homme de qui mar je vraisemment qui marquera l'histoire. Alors, je vous le disais tout à l'heure, on a eu beaucoup de personnalités qui sont passées ici toute la journée.

Monsieur Chirac en début de journée, monsieur Yassir Arafat qui se trouvait à Paris et qui a donc tenu à venir saluer la dépouille du de l'ancien chef de l'État, monsieur Arafat, vous le savez, avait été reçu et François Mitteran avait été le premier chef d'état à recevoir Yasser Arafat à l'Élysée. sans oublier le fameux discours avec Nessette où il est allé il était allé parler au nom des Palestiniens ou en tout cas défendre la cause des palestiniens devant la 7ette à Jérusalem sur le défilé de toutes ces personnalités aujourd'hui aussi bien monsieur Baladur que monsieur Jupé que monsieur Valer Cardestin que les proches les intimes, les personnalités du Parti socialiste. Je vous propose de voir en image ce qu'a journée avec le reportage d'Agur Ramien.

Toute la journée, il est resté sur le pas de la porte. Pierre Tourlier, le chauffeur de François Mitteran, a regardé passer les anonymes et a accueilli les personnalités. C'est lui qui ce matin a demandé aux militants accourus de revenir plus tard pour laisser place aux intimes, à la famille.

Robert Mitéran, le frère. Roger Anin le beau frère muré dans le silence et dans le cercle des intimes George Kiegeman l'avocat l'ami Roland Duma le confident et Jack Lang resta un très long moment enfin Michel Char ou encore André Rousselet l'homme de presse qui comme tous les autres n'a rien voulu dire dans le périmètre bouclé autour du neuf rue Frédéric Leplet sont arrivés ensuite non les intimes mais les fidèles, les ténors du socialisme Robert Badinter Pierre, Laurent Fabius, tous ceux à qui François Mitteran avait offert la victoire en 81, l'actuelle première secrétaire du PS et les militants pour quelques mots. Il a voulu défendre la liberté de la France.

Je crois que c'est ce message à la fois personnel, humain qui indique aussi sa relation à la mort puisque il s'est battu contre la mort, a défendu sa propre liberté contre la maladie. Je crois que c'est ce message qui laissera. Moi, j'ai notamment en mémoire le président de la République rencontrant une classe d'enfants dans une école de Belleville il y a quelques années.

Il y avait là une majorité d'enfants d'immigrés et sachant leur leur donner le sentiment qu'ils étaient pour lui des enfants de la France parmi les autres. Pour un dernier adieu, après les compagnons de route, les adversaires politiques sont venus. Le Premier ministre Alain Jupé, Édouard Baladur, mais aussi Robert Ru, les communistes avec qui il avait gouverné.

C'est un homme queles que soient les différences, les aléas, les les combats qui ont été menés qui qui font partie de l'histoire. C'est un homme exceptionnel, un homme de haute culture, d'un talent euh très élevé, d'une grande détermination. Pierre Tourlier s'efface.

Valé régistardestin avait été battu par François Mitteran ce soir. Il est là. Hommage aussi de Nicole Nota de la CFDT et arrivé de Lille en début de soirée Pierre Moroi.

Vers 19h. Soutenu, Daniel Mitérand dont les pas sont gentiment guidés a quitté le neuf rue Frédéric Leplet. Pour recueillir les témoignages, les messages d'amitié, Pierre Tourlier lui est resté fidèle au poste.

Pierre Toulier a été depuis de très nombreuses années le chauffeur de l'ancien président de la République mort ce matin. Nous vous montrions tout tout à l'heure en commentant ce journal des images de monsieur François Mitteran dans les jardins de l'Élysée. C'était le 17 mai dernier, quelques minutes avant qu'il ne passe le pouvoir à Jacques Chirac qui venait d'être élu.

Qu'a fait le président de la République, l'ancien président de la République, monsieur Mitterran, pendant ces 7 mois qui ont connu leur fin ce matin avec sa disparition aux alentours de 8h30. On savait déjà que depuis plus d'un an, le président de la République, monsieur François Mitterran, était déjà très touché par le cancer qui devait l'emporter. Comment a-t-il vécu ces 7 derniers mois de sa vie ?

Le reportage de Françoise David. C'était le jour où François Mitran avait abandonné son costume de chef de l'État. Il n'avait pas encore quitté ses habits d'hommes publics.

Dernier bain de foule d'un président socialiste au soir de la passation de pouvoir. Un banfoule sentimental, un hommage rendu par le peuple de gauche. Ce printemps-là fut celui du temps retrouvé.

Flanerie dans Paris en compagnie d'amis proches et de passants amicaux visite aux bouquinistes. Les livres que je n'ai pas lu sont plus nombreux que ce que j'ai lu disait-il. 49 ans d'un même voyage, d'un même pèlerinage qui le conduit chaque dimanche de Pente-côte à la roche de ce luté dans ce morvent qu'il aime tant.

Les premiers compagnons de cette rituelle ascension ne sont plus là. D'autres amis l'attendent. Eux aussi fidèles au rendez-vous.

François Mitteran n'a pas voulu céder devant la maladie. Bien sûr, l'escapade sera plus difficile et plus courte qu'à l'accoutumé. Elle s'arrêtera à mi pente mais le pique-nique sera tout de même joyeux. méditer pas vous spécialement un tour dans un bureau de vote à Château Chinon pour les élections municipales de juin 95 et François Mitteran s'offre de longues vacances le Gers l'uvergne laché Venise avant de retrouver Bellîle ce coin de Bretagne était devenu comme un nouveau port d'attache.

L'ancien président avait été séduit par la beauté de la côte sauvage. Il venait s'y reposer en famille et y prendre son temps. Tant de lire et de relire, tant de se promener, tant de penser et de méditer, tant de sacrifier au rituel des crêpes et des fruits de mer. [musique] Sur l'album de photos de cet été-là, il y avait un homme entouré des siens, [musique] enfants et petits-enfants, amis très proches et fidèles.

L'image d'un homme qui, en quittant l'Élysée, avait un peu reconquis la liberté. [musique] Lorsqu'un homme politique devient président de la République, chef de l'État, il y a comme cela des lieux anonymes qui deviennent très vite célèbres. Ce fut le cas de la rue de Bièvre à Paris, le long des quais de la scène, là où le président de la République, monsieur François Mitteran, possédait une maison particulière.

Nous rejoignions là-bas Jeff Vittimbert. Oui. Tout près du 22 rue de Bière, exactement l'adresse parisienne de François Mitteran où ce soir peu après 19h15, venant donc du 7e arrondissement où repose le président, l'ancien président, madame Daniel Mitteran s'est rendu.

Elle se trouve toujours à son domicile de la rue de Bière actuellement. Il faut savoir que l'épouse de l'ancien chef de l'État réside toujours dans cette maison achetée par le couple il y a maintenant quelques 25 ans. François Mitteran, lui on le sait, on l'a dit, avait élu domicile dans le 7e arrondissement, ce qui ne l'empêchait pas de garder quelques habitudes ici dans le 5e au cœur de ce quartier latin.

Il aimait notamment flaner près des quetsenes ou sur le boulevard Saint-Germain où l'on trouve de nombreux bouquinistes, de nombreux libraires. On connaissait la la passion de François Mitteran pour la littérature. En tout cas, depuis ce matin, ce périmètre de la rue de Bièvre est bouclé par un imposant dispositif policier.

On ne passe pas dans la rue de Bièvre, pas même à pied. Et puis ici aussi, de nombreux Parisiens viennent saluer la mémoire de l'ancien président. Ils viennent tous une rose à la main ce soir encore.

Des roses qu'il remettent aux policiers en faction près de la rue qui se chargent ensuite de les déposer devant le domicile de la famille Mitteran. Il y a ce soir beaucoup de fleurs devant le 22 rue de Bièvre dans ce quartier où l'ancien chef de l'État avait longtemps vécu. Merci Jeff Vinbert.

Avant de poursuivre cette édition spéciale avec notamment les invités qui m'ont rejoint comme madame Simon Veille, monsieur Jacques Deelor, monsieur Pierre J et monsieur François Léotard, il va nous falloir maintenant résumer la vie de monsieur François Mitteran. 50 années de vie politique. Monsieur Mérand est mort à l'âge de 79 ans.

Il était né le 26 octobre 1916 à Jarnac. pas facile de résumer une vie aussi pleine comme nous l'a présenté tout à l'heure le président Jacques Chirac dans son allocution. Francis Mercurol. 5e enfant d'un milieu de droite, petit bourgeois et catholique de Charante, François Mitterané par la guerre se retrouve prisonnier en Allemagne.

C'est là qu'il découvre vraiment tout à la fois la condition humaine et le prix des amitiés. Il s'évade à trois reprises. Choisit d'abord Vichi puis rejoint la résistance sous le nom [musique] de Morland où il rencontre Daniel qui l'épouse en 44 en même temps que la politique, il entre au gouvernement de la libération malgré saent avec de Gaulle. [musique] C'est ainsi que j'ai pris part au premier gouvernement de la France libérée sous la présidence du général de Gaulle.

Là, j'ai pris de grandes leçons. [musique] De Gaul parti, François Mitteran sera l'un des piliers de la 4e République. On soit ministre, il est à l'intérieur quand débute la guerre d'Algérie qui sonnera le glas du régime.

De Gaulle revenu, il entre résolument dans l'opposition. [applaudissements] Octobre 59, l'affaire de l'observatoire. Accusé d'avoir simulé un attentat contre lui, son immunité parlementaire est levée.

Mais son acharnement contre de Gaul le remet en selle. Il dénonce le coup d'état permanent se retrouve en 65 candidats de toute la gauche à la présidentielle émée de Gaul en ballotage. Mais 68, François Mitteran croit son heur venue mais sa proposition de gouvernement provisoire est rejetée.

Épinet 71. Il fonde le PS sur les décombres de la SFIO. Voilà pour l'instrument de conquête du pouvoir.

Pour la stratégie, ce sera l'Union de la gauche, la signature avec les communistes du programme commun de gouvernement. Je suis heureux de voir que moi je suis socialiste, membre du Parti socialiste et tous les socialistes sont là. Je ne suis pas communiste et tous les communistes sont là. 74 Mitéran se mesure à Giscar.

La gauche unie ne suffit pas pour l'emporter. Il manque 400000 voix mais le score démontre que le succès n'est pas une chimère. la Marseillaise.

Pourtant, les communistes qui se sentent pris en otage font tout pour rompre et au sein du PS, un rival, Michel Rocard lui dispute la candidature à la présidentielle mais Mitteran tient bon. François Mitteran est élu président. Cette victoire est d'abord celle des forces de la jeunesse, des forces du travail.

Force de création, nationalisation, décentralisation, abolition de la peine de mort 39h, 5e semaine de congé et ministre communiste. Après l'état de grâce, c'est la crise, le temps de la rigueur, des restructurations, de la dévaluation des manifestations, les partisans de l'école libre tiennent la rue. La guerre scolaire emporte Pierre Moroi au profit de Laurent Fabius.

L'affaire Greenpeace finit d'entamer la confiance. François Mitteran s'apprête à cohabiter. Selon les résultats, ma fonction, mes devoirs et mes droits seront les mêmes dans tous les cas.

Jacques Chirac essuie les plâtres de son face-àface avec le président qui refuse de signer les ordonnances de privatisation. La jeunesse est dans la rue et la mort d'un étudiant fait avorter les réformes universitaires. Caldoche contre Canac en Nouvelle-Calédonie, la crise est sanglante et puis la France subit durement les effets du terrorisme international.

Contre les faxieuses et les bandes, François Mitérrigue un second Septena. C'est l'ouverture. Michel Rocard, revenu en Grâce, devient premier ministre.

Les accords Matignon ramènent la paix en Nouvelle-Calédonie. Surgit le temps des affaires. Péchiné et ses initiés, Urba et les fausses factures du PS.

Michel Rocard doit s'effacer devant Edit Cresson dont la fougue précipite l'arrivée à Matignon de Pierre Bergovois. Septembre 92, la maladie. François Mitteran est opéré d'un cancer de la prostate.

Je pense que c'est un combat honorable à mener contre soi-même. Le référendum sur l'Europe divise la France en deux. Le emporte de justesse.

Les législatives perdues. C'est la 2e cohabitation cette fois avec Édouard Baladur. Le suicide de Pierre Bergovois fige le pays et la gauche de Stupeur. [applaudissements] Juillet 94, le cancer du président nécessite une seconde intervention.

Attaqué sur son passé à Vichi et ses relations avec René Busquet, François Mitéran fait franc. Peu d'hommes ont été aussi attaqués hein aujourd'hui. Voyez tout ce qu'on dit de moi qui me ferait en en d'autres temps dire de de colère ou souffrir vraiment avoir un chagrin immense mais je l'ai pas parce que j'ai la confiance tranquille.

Parvenu au terme de son mandat après avoir transmis le pouvoir à son successeur Jacques Chirac, au moment des adieux, François Mitéran choisit de recevoir l'hommage des socialistes. [applaudissements] [applaudissements] Je pense qu'il y a des millions de Français qui euh gardent un souvenir euh très fort de ce que nous avons vécu ensemble. [applaudissements] J'ai pris mes risques, je les assume.

Je me sens très en paix avec moi-même. [musique] [musique] Non seulement les derniers mois de la vie de monsieur François Mitteran furent particulièrement marqués par la maladie qui le tenaillait ce cancer. Mais déjà sa dernière année au pouvoir avait été marqué par cette maladie.

Monsieur Miteran n'avait jamais rien caché de sa santé dès le début de son premier Septénat d'ailleurs et ensuite lorsqu'il fut opéré à plusieurs reprises pour repousser les assauts du cancer, il teint à faire des déclarations publiques sur son état de santé et sa capacité à continuer à gouverner. Quel était le malade François Mitéran qui se battait, qui luttait pour rester en vie Jean-Daniel Flakier ? En septembre 1992, on apprend que François Mitteran a été opéré à l'hôpital Cochin.

L'intervention s'est déroulée dans le service du professeur Bernard de Bré. Elle a été réalisée par le professeur Adisteg. Pour la première fois, on évoque officiellement le diagnostic.

Il s'agit d'un cancer de la prostate. Vous agissez bien les maladies au fond ? Comment voulez-vous que je fasse ?

Je pense que c'est un combat honorable à mener contre soi-même. C'est un homme qui avait certainement la volonté non seulement de combattre sa souffrance mais aussi de vivre comme beaucoup. Et c'est ce qui lui a permis vraisemblement de vivre plus longtemps.

Mais la maladie progresse, les traitements échouent et en juillet 1994, il faut réopérer le président. On lui pose alors deux sondes dans les urères. À peine 2 mois après son intervention, très fatigué, il parle avec pudeur de sa maladie et de la douleur.

Ça devrait durer encore quelques temps quand même. C'estàd il y a pas de pric qui se justifier. Est-ce que vous savez combien de temps il vous reste à vivre ?

Je suis en situation de combat et quand je livre un combat, je me mets aussi dans l'état d'esprit de celui qu'il gagnera. Il gagne au moins une manche de ce combat puisqu'il ira au terme de son deuxième mandat grâce à l'aide d'un spécialiste de la douleur et d'un urologue qui l'accompagneront jusqu'au terme de sa vie. On a beaucoup posé la question de savoir si une fois euh la présidence de République quitté sa maladie l'aurait dominé plus que lorsqu'il était en activité.

Je n'en suis pas sûr car qu'il a continué à être très actif et il le disait, il s'était préparé tout à fait à cette euh ce changement de vie et je ne pense pas que ça ait joué. François Mitteran a surpris le monde médical en résistant si longtemps au mal qu'il rongeait. Malgré des métastases osseuses, il a réussi à se promener et à escalader la roche de ce luté.

La force de son esprit a semble-t-il pour un temps pu juguler la progression des cellules cancéreuses ? C'est donc à Jarnac en Charante, là où il était né le 26 octobre 1916 que jeudi prochain, monsieur François Mitteran sera inhumé dans la plus stricte intimité. Jarnac, c'est donc la ville de naissance de l'ancien chef de l'État qui est mort ce matin à Jarnac.

Le père de François Mitterran était le chef de gare de la ville. Hommage anonyme cet après-midi devant le futur tombeau de François Mitteran. On perd un père et on perd en même temps la tolérance.

On perd une partie de quand on perd un père, on perd l'espoir, on perd plein de choses. Voilà, on pose une rose, c'est tout. François Mitteran a choisi de retrouver sa terre natale de Charante dans le petit cimetière de Jarnac.

Il reposera au côté de Joseph et Yvon Mitteran, ses parents. Il avait ses habitudes, il retournait chez le libraire et retourner à l'église souvent et faire son petit tour. Et l'intérêt pour lui à Jarnac, c'est que les gens le saluaient comme si ça avait été le voisin.

Euh il était ni insulté ni adoré. C'était intéressant pour lui, je pense. C'est au 22 de la rue à Belgirerie comme on dit ici que François Mitteran avait vu le jour le 26 octobre 1916.

Jusqu'à l'âge de 18 ans, il vivra en Charante et fréquentera l'école de la ville. Notre directrice à l'école Sainte-Marie, mademoiselle Bouquan, avait dit de lui ce garçon sera un jour ou président de la République ou évêque. C'était une personnalité dans l'école, voyez.

Émile Pilot, le libraire de Jarnac très lié avec la famille Mitteran. Le fauteuil du président, le fauteuil où il aimait s'asseoir quand il rentrait. Souvent le président venait se ressourcer dans cette boutique l'occasion d'échanger des idées.

Il aimait bien être dans l'incognito là et puis il pensait à travers des rues, s'attardait sur le pont de Jarnac pour voir là-bas du côté disons des grands maisons hein. Il avait ses coins préférés sans doute à Jarnac mais on sentait quelqu'un d'attaché viscéralement à Jarnac. Ouais.

Aujourd'hui, les 5000 habitants de Jarnac semblent avoir pris le deuil. Je suis un peu surpris mais enfin ça ne pardonne pas cette maladie là. C'est c'est malheureux.

Vous êtes triste aujourd'hui ? Euh oui, comme un peu pas tout le monde. Rapidement, on enlève les dernières décorations de Noël.

Jeudi sur les rives de la Charande que François Mitteran appréciait tant. Il faudra être prêt pour l'adieu à l'enfant du pays. Avant de continuer, un détour par l'Élysée où nous retrouvons Véronique Saint-Olive pour nous parler des cérémonies qui seront organisées ce jeudi 11 janvier, le jour même donc où monsieur François Mitur sera inumé dans sa ville de Jarnac que nous venons de voir à l'instant.

Véronique et bien oui, André Rousselet, l'un des amis les plus proches de François Mitterran et son exécuteur testamentaire a été reçu cet après-midi à l'Élysée par Jacques Chirac pendant plus d'une heure et les deux hommes ont mis au point ensemble les modalités des funérailles teles que l'ancien président de la République François Mitteran les avait lui-même souhaité. Jeudi 11 prochain sera donc décrété journée de deuil national. Les drapeaux seront mises en berne sur tous les bâtiments officiels.

Instructions ont été données au ministre pour faire respecter un moment de recueillement dans toutes les administrations, les écoles et les services publics. La dépouille mortelle de l'ancien président de la République sera donc transférée jeudi matin par Avion militaire dans la matinée à Jarnac où les honneurs militaires lui seront rendus. Parallèlement aux obsèques, François Mitteran a lui-même voulu se dérouler dans la plus stricte intimité.

Parallèlement à ses obsèques familial, un service solennel sera rendu dans la cathédrale de Notre-Dame de Paris exactement à la même heure à 11h jeudi matin. Et à l'issue de cette messe solennelle, le président Jacques Chirac recevra ici à l'Élysée les chefs d'état de gouvernement et de délégation qui auront assisté à la cérémonie. Merci Véronique pour ces précisions.

Le moment est venu de nous entretenir avec nos invités en commençant par celui qui est en direct avec nous et qui est maintenant monsieur Jospin le successeur de François Mitterran à la tête du Parti socialiste. Vous voilà à la tête d'un lourd héritage. Oui, je suis dans un bureau où François Mitteran a vécu, pensé, travailler avant de devenir président de la République et je suis effectivement à la tête d'un parti qui l'a refondé en 1971. et qui à travers un parcours qui peut apparaître fulgurant 10 ans, 71 81 mais qui a été fait de mouvement d'avancé de reflus à a conduit finalement non seulement les socialistes mais la gauche au pouvoir où elle n'avait pas été depuis longtemps.

Et donc c'est une c'est un sentiment de de tristesse. C'est en même temps un afflux de souvenir que nous avons les uns et les autres. tous les socialistes qui savent cette nouvelle aujourd'hui et celui que je suis à la tête de ce parti.

À votre avis, monsieur Jospin, quelle est la part la plus importante de l'héritage, monsieur François Mitterran ? Quelle est la ligne sur laquelle vous n'allez pas déroger qui était déjà à la sienne ? Je suis pas sûr que j'ai envie d'exprimer les choses en terme purement politique parce que je pense que François Mitteran était pleinement un politique.

Il avait une passion pour la vie publique. Il considérait la la vie publique la politique comme un art. Et en même temps, c'était un homme qui était profondément humain.

C'est-à-dire que il aimait la vie, il aimait la culture, il aimait l'amitié. Euh c'est-à-dire que c'est un homme qui ne pouvait pas se réduire à la dimension politique et je crois que c'est d'ailleurs pourquoi les Françaises et les Français l'aimaient et l'admiraient parce qu'il était autre chose qu'un homme politique ou qu'un politicien. J Alors, l'héritage oui, l'héritage néanmoins, je crois que c'est la volonté euh de pas opposer les nécessités de la de la bataille économique et la justice sociale, l'esprit de fraternité et de partage.

L'héritage, c'est je crois aussi une grande politique, une grande volonté européenne. On vous retrouvera tout à l'heure, monsieur. Oui.

Oui. Non, je dire, je vous en prie, terminez. Oui.

Terminez. Pardon, excusez-moi. Non, je voulais dire simplement l'héritage, c'est un attachement profond à la France et en même temps la volonté que cette France ne soit pas fermée mais s'ouvre sur les réalités du monde.

Voilà pour moi l'essentiel. Bien. Alors, on vous retrouvera tout à l'heure, monsieur Jospin, dans la France en direct.

Cela dit tout de même peut-être un mot encore, monsieur Jospin, sur si vous deviez retenir quelque chose, une chose de double Septena de monsieur François Mitteran ou de l'ensemble de sa vie politique, ce serait quoi ? Je dirais la décentralisation, c'est-à-dire la fin du du vieux centralisme français. Je dirais les grandes réforme de justice sociale, la volonté de maîtrise de l'économie.

Et c'est je pense ces messages d'une société française plus équilibrée qui à la fois s'affirme et s'ouvre sur les autres que c'est ces messages qu'il faut prolonger par notre action publique les uns et les autres. Et puis aussi, c'est le souvenir d'un homme qui a été pour moi un peu un maître et qui est aussi dans dans profondément en moi un ami avec qui j'ai j'ai aimé, partagé, échangé et ça je crois que de nombreux socialistes l'ont fait et ceux qui n'ont pas pu le faire parmi d'autres Français ont eu envie de le faire et à travers cela on senti François Mitteran comme proche d'eux. Merci monsieur Jospin.

Deuxème invité, lui aussi à l'extérieur avant de converser avec ceux qui sont sur notre plateau, monsieur François Dal. Monsieur Dal, bonsoir. Bonsoir monsieur Dal, vous êtes plutôt l'ami non pas d'enfance mais de jeunesse de François Mitteran.

C'est le le copain d'études, le copain des années de guerre que dont nous voulons parler avec vous. Quel souvenirs en gardez-vous ? Écoutez, j'ai des souvenirs euh de partage des études avec François Mitteran.

Nous allions à la faculté tous les jours ensemble. Mitteran était un homme calme, pondéré. Euh, il cherchait la vérité à un moment donné où la France était assez bouleversée entre 36 et 39.

Le milieu étudiant était inquiet en ce qui concerne son avenir. Il y avait beaucoup de chômeurs, il y avait 800000 chômeurs. Euh la France était pauvre et nous savion nous nous nous nous demandions ce que nous allions devenir surtout lorsque nous parlions de politique extérieure.

Nous voyons monter l'hitlérisme. Donc nous étions des gens inquiets. En même temps, nous étions sereins.

Nous n'étions pas angoissés parce que nous avions l'impression et surtout lui avait l'impression que de toute façon il dirigerait sa vie dans un sens d'utilité, d'efficacité. Justement monsieur Dal Mitéran qui a 20 ans avant la guerre est déjà un homme convaincu qu'il va faire de la politique, qu'il va avoir un grand destin national ou bien alors il pense à ses études d'avocat ou à autre chose. Ah non, pas du tout.

Mitteran qui a fait des études de droit n'avait jamais eu l' n'a jamais eu l' n'avait jamais eu l'intention de devenir avocat ou notaire ou ou d'avoir une carrière juridict MITER savait très bien en tout cas il le disait il me le disait à moi euh que son sa vocation était d'aller dans le sens de la politique. Mais vous savez à 18 ans ou à 19 ans, nous en parlions. Il me disait comment pourrais-jeir devenir député ? lorsqu'on est un enfant qui vient de la province à Paris qu'on a pas de relation mais c'était quand même déjà ses objectifs.

Il voulait s'insérer dans la politique. Je vous remercie monsieur Dal. Euh parmi les invités de notre journal bien entendu des adversaires politiques aussi de monsieur François Mitteran.

Euh madame Simon Veille vous avez été ministre pendant la cohabitation, vous êtes une adversaire politique de monsieur François Mitteran mais vous l'avez pratiqué. Quel souvenir en gardez-vous ? Comment jugez-vous l'homme et l'homme politique ?

Oui, je crois que sur l'homme euh Jacques Cherc euh a dit, enfin le président de la République a dit a fait un portrait euh admirable et je crois qu'il n'y a rien à ajouter simplement comme justement je l'ai connu pendant la cohabitation et que j'étais même euh à ses côtés pendant le conseil des ministres, je dirais que j'ai admiré d'abord son courage, son courage physique extraordinaire qu'on voyait, il ne cachait pas par moment qu'il souffrait, qu'il souffrait beaucoup mais il conduisait le conseil des ministres avec une maîtrise extraordinaire et une égalité d'humeur qui devait être certainement très très difficile à dominer. Et puis euh malgré ses souffrances, malgré cette maladie qu'il atteignait gravement, ses interventions au cours du conseil, notamment ce qui concerne la politique internationale qui était toujours passionnante, très intéressante, des visions originales, certains autour de la table les approuvaient, d'autres moins, mais qui était quelque chose de toujours intéressant avec une vision prospective euh qui était celle d'un d'un homme d'état très toujours passionné des affaires des affaires internationales. Madame Veille, cette soirée n'est pas le lieu de polémique mais tout de même les dernières années, les derniers mois de monsieur François Mitteran été marqués par un certain nombre de révélations sur ses relations avec des responsables du gouvernement de Mich de Vichi comme monsieur Bousquet avec qui il avait relevé conservé une amitié.

Comment vous Simone Veille avez-vous ressenti ces révélations ? François Mitterran était un homme complexe. Il n'y a pas seulement ses révélations.

Toute son passé politique était un passé politique. Si on pense euh François Dal évoquait la période où il était jeune homme et on sait très bien qu'à l'époque euh politiquement euh cétait il était plutôt à droite. Je sais pas s'il était moracien ou pas mais en tout cas était inspiré par Moras même si en même temps sa vie a été marquée par un catholicisme social qui avait aussi eu une très grande importance dans ses racines.

Donc je crois que tout le personnage était un personnage à la fois très riche et en même temps contenu peut-être de cette richesse d'une grande complexité. Alors on a parlé, on parle quelquefis de la continuité ou je crois que c'est un des témoins qu'on a entendu qui a parlé de longévité. Euh moi, je voudrais parler de ce qui est la la long invité, on le sait, elle a beaucoup marqué la France et on voit bien, il a occupé euh l'histoire de France pendant depuis des décennies euh pour partir en tout cas et en tout cas pendant les deux sept mais jouer déjà un rôle important.

Al moi ce que je voudrais évoquer c'est la longévité. C'est ce qui la continuité ce qui me paraît important. C'est une continuité européenne.

Voilà ce que je ce soir, c'est ce que je vais retenir. Ensuite, on fera la part des choses. Mais ce soir, moi je voudrais vraiment parler uniquement et d'une image, s'il faut retenir une image, je retiendrai celle de du chancelier Col et du président Mitér à Verdin parce que là il y a pas de complexité, il y a une authenticité, une véracité et au fond pour moi c'est aujourd'hui je ne peux pas parler d'autre chose.

Justement à propos de l'Europe, monsieur Jacques Deelor, merci d'avoir répondu à notre invitation. Euh dans un Septenaat d'hommes politiques de chefs d'état, dans deux Septenaat pour ce qui concerne monsieur François Mitteran, on dit que finalement il n'y a pas beaucoup de très grandes décisions pour ce qui concerne monsieur Mitteran. Quelles ont été notamment en matière européenne les grandes décisions ?

Ben je pense tout d'abord qu'il faut rappeler qu'il était déjà là en 1948 au fameux congrès de la haie présidé par Winson Churchill et où le cri d'ensemble était plus jamais la guerre entre nous. et l'ayant rencontré quelques années après, j'avais été frappé par l'impression qu'il gardait de cela et toute sa vie, il a manifesté un idéal européen parfois même et je suis comme lui donc pourquoi ne pas le confesser, au-delà du réalisme avec une vision d'avenir. Je crois que si je devais choisir un trait, j'en prendrai un qui est peu connu, c'est que l'Europe était en pleine stagnation entre 1980 et 84 à cause de des demandes intransigentes de madame Tcher et il a lui-même noué les fils des 12 difficultés qui existaient.

Il a vu chaque chef de gouvernement et à Fontainebleau, il a réglé tous les contentieux ce qui a permis ensuite une relance de la construction. Monsieur Méron a vu beaucoup de choses en amont. Il a aussi peut-être manqué un ou deux tournants de la vie politique internationale comme par exemple la chute du mur de Berlin.

On n'a pas eu le sentiment qu'à ce moment-là le président de la République est vraiment pris conscience tout de suite de l'importance de l'événement. Je crois qu'il en a pris conscience aussi vite que les autres chefs d'État membres de l'Union européenne. Je crois que là on lui a on lui intente un faux procès et d'ailleurs certains ouvrages qui lui consacrés rétablissent la vérité.

Mais il est évident qu'il n'était pas dans ma situation. Moi, en tant que président de la Commission européenne, je je devais dès le lendemain rappeler ce qui était dans le traité de Rome à savoir que les 17 millions d'Allemands de l'Estaient partie automatiquement de l'Europe. Bien.

Alors euh monsieur Jox, monsieur Léotard, d'abord peut-être monsieur Pierre Jox. Ce qui est euh assez fascinant dans le parcours politique de monsieur François Mitterand, c'est qu'il a euh combattu euh la 5e République, la Constitution de la 5e République et puis qu'ensuite etth bien il s'est euh coulé dans le moule euh fondé par le général. Oui, mais il avait eu beaucoup de choses fascinantes.

C'est ces changements, ces transformations par lucidité et je crois aussi par patriotisme. Tout à l'heure, madame Veille en parlait. Il était un jeune homme de droite d'une famille conservatrice.

Il a commencé par être péténiste et il a été un résistant. Mon père qui l'a bien connu me disait "Oui, mais Teran, il a vraiment été pété comme beaucoup de Français d'ailleurs. Ensuite, il a vraiment été résistant.

C'est le patriotisme, je crois, qui a fait comprendre que le péténnisme c'était l'erreur, c'était l'abaissement national, c'était le renoncement. Et il était pas un nationaliste, il était un patriote. De même, il a appartenu à des gouvernements qui menaient des politiques coloniales affreuses.

J'étais enfant pendant la deuxème guerre mondiale, mais j'étais étudiant pendant les guerres coloniales françaises. Et bien, c'est le patriotisme, il a amené à comprendre que la décolonisation était inévitable, nécessaire et il est comme le disait France passé dans le camp de ceux qui étaient pour la décolonisation. Et je crois qu'à travers toute l'Afrique, il en a gardé des amitiés très longues.

De même, il a été un anticommuniste, il appartenu à des gouvernements qui étaient particulièrement anticommuniste. Et c'est lui qui a rassemblé les forces de gauche et qui a comme vous le rappeliez tout à l'heure, il a donc eu une lucidité, un patriotisme qui a amené toujours à à chercher ce qui était finalement le le vrai intérêt de la France. D'un point de vue, non pas encore une fois nationaliste, je partage l'analyse de Jacques Deor, mais d'un point de vue de ce qu'il y a de plus profond dans l'histoire de la France.

C'est-à-dire la lutte pour la liberté partout dans le monde. D'un mot, vous avez évoqué votre père Louis J qui était un ministre du général. Quel il l'aimait pas quel pardon ?

Il ne l'aimait pas beaucoup. Mais quels étaient les les quels sont les les quels étaient à votre avis les rapports entre Mitteran et De Gaul ? C'est un rapport très très conflictuel. pas entendu quand ils étaient plus jeunes, ils se sont pas mieux entendus après.

Mais Méran était un résistant, il est un de ceux qui ont su comprendre de quel côté était l'international et il a risqué sa vie. Peu de gens savent qu'il a la médaille de la résistance, beaucoup de gens savent qu'il est décoré de la légende d'honneur à ce titre. Et donc c'était un homme que de Gaulle et beaucoup de gaulistes estimaient.

François, vous avez été ministre sous la cohabitation. Vous faites partie de ces jeunes hommes politiques qui ont été on a eu le sentiment parfois fasciné même s'il était pas de votre bord par François Mitteran. Pourquoi ?

Peut-être qu'il aurait aimé être dans la situation où je suis, où je vais être, c'est-à-dire de parler avec respect de quelqu'un qu'on a combattu. Probablement aurait-il aimé cette situation. Moi, j'ai connu l'homme de culture, Petri de culture.

J'étais ministre de la culture à ce moment-là et le chef des armées. Et les deux ces deux hommes-là pourtant contradictoire qui pourrait l'être étaient des hommes très solides chez lui, vraiment très solides. Et j'ai réussi, nous avons réussi, je l'ai dit avec simplicité, à faire passer l'affaire des grands travaux.

J'étais beaucoup plus proche de lui qu'on l'était autour de moi dans ce gouvernement et et j'ai partagé avec lui pendant le la période où j'étais ministre de la défense beaucoup d'analyses aussi sur la Yougoslavie que ne partageait pas beaucoup de mes amis. Et donc c'est très difficile de parler de quelqu'un qu'on a combattu mais dont on a partagé quelques-unes des grandes options, ce qui est ce qui est mon cas. Je ne vous cache pas que je me sens beaucoup plus proche du général de Gaulle que de François Mitteran.

C'est c'est évident si je devais faire référence à quelqu'un dans le passé. Mais ce soir, je partage la tristesse de la France parce que c'était un grand monsieur. C'était un grand monsieur et que je me souviens de beaucoup de conversations avec lui, notamment littéraire qui dépassait largement le cas des relations politiques.

Et si vous me permettez, je me souviens du dernier conseil des ministres où euh ça devait faire 700 800 fois qu'il rentrait dans cette pièce et où il nous a fait une leçon d'histoire formidable. Et à un moment, il s'est tourné vers les grandes fenêtres qui donnent sur le jardin. Il a dit, "Voyez, quelqu'un d'autre sera là bientôt." Et il y a la vie, il y a les fleurs, il y a le soleil et et c'est à ça qu'il faut penser parce que ça restera.

C'était très beau et nous étions tous très émus. Est-ce que vous avez gardé un souvenir de la dernière conversation peut-être que vous avez eu avec il y a peu de il y a peu de semaine, je suis allé le voir là où repose sa dépouille. Aujourd'hui, je suis allé le voir pour lui donner le livre que j'avais rédigé et nous avons une longue conversation sur la mort et nous avons parlé de littérature et c'est et j'ai gardé de de cette période, ça durait presque 1 heure et demi.

Je n'arrivais pas à partir. J'étais gêné parce qu'il était fatigué et il aimait ça. Il aimait perdre du temps.

J'étais pas grand-chose pour lui du temps et il aimait perdre du temps. Il pensait probablement que discuter avec cet homme-là encore une fois qui était pas très important mais ça pouvait lui servir me servir à moi, pas à lui. et et je trouve il y avait une forme de générosité dans l'échange intellectuel avec lui de très grande générosité parce qu'il faisait partager quelque chose et juste un mot sur la Yougoslavie son obsession c'était la chute de l'Empire austro-hongrois et et donc il resituait à chaque fois dans l'histoire les crises d'aujourd'hui et ça c'est une très grande force pour un homme politique.

Je ne vous cache pas que j'ai beaucoup appris beaucoup appris. Bien messieurs Jacques Deor, François Leotard, Pierre Jox, on va vous retrouver dans quelques instants dans la France en direct. Nous aurons tout le loisir de revenir sur la vie politique, la vie tout court de monsieur François Mitteran.

Mais ce journal leur s'avance, nous allons continuer à évoquer un certain nombre de points importants de la vie politique de monsieur François Mitteran. Lorsque le président de la République est arrivé au pouvoir en 1980, on s'est aperçu très vite que malgré son âge, il n'était plus tout jeune, il avait un rapport particulier avec la jeunesse. Vous vous souvenez de ces formules sur la tonton mania, sur le côté branché, parfois un petit peu excessif.

Voyons ensemble quels étaient ces rapports privilégiés qu' a entretenu un bon moment le président de la République avec les jeunes français Florence Bouquila. Que vous pensez de de la mort de Miteranter ? Il est mort ce matin.

Vous saviez pas ? Non il Non, je savais pas. Je savais pas.

Non non non vraiment. Ah je suis je suis fâché là, je suis vénère. parce que je préfère que vraiment que peu cher vraiment bon.

J'ai la haine quoi. J'ai la haine. Ah ça me touche parce que je suis relativement jeune même si j'ai pas été toujours entièrement d'accord avec lui, il a quand même gouverné 14 ans et il a gouverné plus de la moitié de ma vie.

Donc ouais, effectivement ça me touche. C'est pas seulement une génération qui s'est reconnue en un homme, c'est je sais pas une génération qui s'est reconnue dans les dans certaines valeurs et dans qui a cru en un nouveau socialisme. Les valeurs de cette génération là s'appelaient antiracisme, solidarité, amitié.

SOS racisme en devenait le fleuron en juin 1984 à la Concorde. La génération Mitteran était déjà en marche avec les jeunes partout. François Mitterran avait le contact.

Voilà. C'était c'était un mec bien. C'était pas c'était pas un vieux con quoi.

C'est un mec bien. Vous faites partie de ce qu'on appelle la génération Mérand ? Ouais.

Moi je suis dans la génération Mérand. Mais personnellement, c'est vrai qu'il a pas versé mais qu'il a été le président pour de toute ma jeunesse. Donc euh c'est vrai qu'il a en fait on avait l'impression que c'était le président tout cours quand on est petit et qu'on le voit comme ça.

Mais bon après on apprend que finalement les hommes changent et vieillissent et puis voilà. Pour moi, c'est celui qui a le plus de car à l'heure actuelle, mais enfin jusqu'à maintenant, mais disons qu'il est plus noble. Mais en même temps, c'est vrai que les derniers les dernières informations enfin entre autres avec Bousquet et cetera qu'on a su sur lui, bon c'est un peu ça rend notre point de vue plus mitigé pour accéder à l'âge adulte.

De toute façon, il faut tuer le père. Donc voilà, le père a vécu, il est mort et maintenant peut-être que la génération mitéran va pouvoir accéder à l'âge adulte. Tout à l'heure, je vous parlais des endroits que les hommes qui parviennent au pouvoir rendent célèbres.

On a parlé de la rue de Bièvre. Partons maintenant vers Laché, dans les Landes, là où l'ancien chef de l'État avait une maison depuis très nombreuses années maintenant. Ce matin, notre reporte Gill Marinet a rencontré là-bas l'un des compagnons de captivité pendant la guerre de monsieur François Mitéran.

Prévenu par la famille Mitéran, Jean et Ginette Munier viennent d'apprendre la nouvelle. Jean est celui qui fit évader François Mitéran alors qu'ensemble ils étaient prisonniers de guerre en Allemagne. Proche voisin, le couple avait passé le réveillon du nouvel an en sa compagnie à Laté.

Le lendemain en fin d'après-midi, Jean Munier a vu son compagnon d'armes pour la dernière fois. C'était dans la chambre bibliothèque de la résidence, le lieu préféré de l'ancien président. Euh je suis donc allé frapper à sa porte, suis entré, il était allongé et était très très fatigué, euh allongé dans son lit et je me suis approché de lui.

Je lui ai mis la main sur le front, il lui demandé François, est-ce que tu tu as de la fièvre ou tu souffres ? Et il m'a répondu non. Non mais je sais que mon cancer se généralise et puis il fermait les yeux à peine.

Donc il était tout de même déjà très très fatigué. Il vous a semblé à ce moment-là qu'il n'était plus déjà avec vous avec le monde. Ah bien il y était encore si vous voulez mais j'ai senti qu'il abandonnait. son regard euh montrait qu'il il n'espérait plus rien.

Ouais, c'est tout c'est tout ce que je puis dire sur ce moment qui a tout de même été extrêmement pénible pour nous. Quelques heures après cette ultime entrevue, François Mitteran quitté laché pour ne plus y revenir. Aujourd'hui, la résidencelandaise protégée par un imposant dispositif policier était déserte.

Vous vous en doutez depuis la disparition de monsieur François Mitteran, les télégrammes de condoléance afflu du monde entier. Celui dont nous allons parler maintenant est celui de monsieur Gorbatchov qui avait d'ailleurs été reçu dans cette maison de Laché par le président François Mitteran. Monsieur Gorbachev enregistré aujourd'hui à Moscou par notre correspondant.

Écoute, des hommes comme lui s'en vont, mais ils restent non seulement dans l'histoire, mais dans la mémoire de ceux qui les ont connu. Et pour moi, François Mitteran restera pour toujours dans ma mémoire comme un homme politique de stature internationale, comme un intellectuel, un homme de culture comme un démocrate. Bien qu'il ait pu être ferme, mais personne n'a jamais dit que la démocratie devait être synonyme de molesse et comme un socialiste, il ne cachait pas ses convictions.

Non, décidément, c'était un président digne, un vrai français qui exprimait et défendait les intérêts de son peuple. Il savait représenter la France dans le monde entier devant toutes les nations. C'est comme ça que je m'en souviendrai pour toujours.

À l'instant même, c'est le président américain, monsieur Bill Clinton, qui vient de déclarer "Monsieur Mitéran était un grand homme d'État qui a beaucoup fait pour la paix dans le monde. parmi les hommes politiques qui avaient une relation je crois d'amitié avec le président François Mitteran le chancelier allemand Elmou ensemble ils avaient fait progresser l'idée européenne ils avaient marché ensemble d'un même pas écoutons la réaction de monsieur Françoisan était un grand européen, un grand patriote français et un ami fidèle de notre pays. Il a eu l'expérience de la deuxième guerre mondiale de la résistance de la lutte contre Hitler et le nazisme et il a nourri de l'expérience de sa propre vie la conviction que la paix et la liberté de nos peuples, le peuple français comme le peuple allemand n'est garanti que dans le cadre de l'Europe. fut l'un des grands architectes de la réconciliation et de l'amitié germano-française.

Moi-même, je perds un ami cher, un homme, un bon camarade qui m'a soutenu dans les moments difficiles par ses conseils et ses actes. C'était un homme d'une grande culture qui face à la communauté internationale a toujours envisagé les grands problèmes mondiaux non seulement dans l'immédiat mais dans une vision qui englobait les causes fondamentales. Sa mort est une grande perte pour nous tous.

Autre chef de gouvernement qui entretenait avec monsieur Mitteran des relations beaucoup plus que professionnelles, monsieur Perz, le premier ministre israélien. Il lui disait aussi des choses très directement. Souvenez-vous qu'à propos d'Israël, monsieur François Mitteran s'était rendu à Jérusalem pour dire là-bas bien avant que se réalise que les Palestiniens avaient le droit à une patrie.

Écoutons monsieur PES. Pour nous, il était un vrai ami de Israël. Il connaît l'histoire juif que les auteurs leaders.

Il gardait toujours en sympathie vrai pour l'État juif. Ils soutiennent les négociations pacifiques entre l'Olpé et nous-mêmes. Il était sûr qu'un jour arriverait et le Alp en Israël va faire les négociations, chercher les solutions et finalement trouver une solution.

Il m'a dit qu'il considère que le confluit entre les Arabes et nous-mêmes est parmi les plus compliqués problèmes de notre siècle, dans notre époque. Action maintenant de monsieur Yassir Arafat qui se trouve aujourd'hui en voyage à Paris. Arafat que le président François Mitteran avait rencontré à une époque où il n'était pas encore bien vu sur le plan international de trop fréquenter le leader palestinien.

Monsieur Arafat, il y a beaucoup de souvenirs, mais je n'oublierai jamais que au moment où il était difficile pour beaucoup de chefs d'État. de me rencontrer à cause des conditions dans lesquelles nous passions. Il avait le courage de me rencontrer et de soutenir notre cause juste, la cause du peuple palestinien.

Et je regrette que il a quitté ce monde et que nous l'avons perdu. avant qu'il ne voit le résultat de nos élections. Dernière réaction internationale maintenant, celle du président du conseil italien, monsieur Digny, enregistré par notre correspondant à Rome, Alain Chalvron.

Monsieur Dini, c'était un homme qui avait grand vision des problèmes de notre société et comme a été souligné, c'était un homme qui avait une vision européenne très claire qui l' porté en avant avec détermination malgré les différences qu'il pouvait avoir même au sein de la France. Nous avons nous c'est une grande perte pour la France mais je dit c'est une perte pour l'Europe également tout le temps en Italie également également nous sommes très très tristes c'est vrai puisque nous en parlons à l'instant que le président François Mitteran aimait beaucoup à voyager dans deux pays particulièrement l'Égypte où il a passé ses dernières vacances de Noël, il avait l'habitude d'y aller et puis on vient d'en parler à l'instant l'Italie. Monsieur François Mitteran était un véritable amoureux notamment de Venise.

Lorsque François Mitteran arrivait en Italie, il savait qu'il était un peu chez lui. Bien sûr, il était le plus souvent assailli par les obligations protocolaires ou politiques. Il mettait même à profit ces moments-là pour faire un peu de tourisme, se faire expliquer une tapisserie ou l'histoire d'une statue comme ici à Florence.

Tous les prétextes en tout cas étaient bons pour défier les services de sécurité pour une promenade sur la place royale de Napl ou dans le petit village chicilien de Taormine. Pas toujours facile de se promener quand on est président de la République française, ultra connu en Italie et apprécié. Terrain en effet était très populaire en Italie.

Euh il y a eu aussi de enfin des contrariétés, des hostilités parce que la personnalité a été très remarquable mais en général il a été populaire et il a été populaire surtout dans l'opinion de gauche et de centre gauche dans l'opinion laïque. Et je me rappelle le les il y avait des balles publiques dans la rue en Italie la première fois que Min a gagné. C'était comme une victoire de de la gauche italienne.

Au-delà de la politique, Mitéran adorait l'Italie et sa culture. Venise où il se rendait aussi souvent que possible encore depuis son départ de l'Élysée Venise où il avait diton acheté un piét à terre et Florence qui le fascinait. Main a aimé beaucoup l'Italie pour ce que on voyait d'ici.

Il venait souvent. Euh regardez, il n'a pas aimé d'après ce que j'ai la classe politique italienne. Il aimait l'Italie, les pays, les grandes villes historiques, Bénis, Florence, un peu moins Rome, je crois mais surtout Florence.

Rien d'étonnant dès lors que les Italiens lui aent aussi rendu un peu de cet amour qu'il avait pour l'Italie. Avant de poursuivre cette édition spéciale, je me dois tout de même de vous relater les quelques informations en bref qui forment le reste de l'actualité avec d'abord un terrible accident d'avion dans le centre de Kinshasa aux Aï. Un cargo Antonov qui venait de décoller de l'aéroport de Kinshasa s'est abattu sur le centre de la ville sur un marché précisément.

Il y a au moins 250 morts. L'équipage russe euh de l'appareil qui n'a pas été blessé et qui souffre que de blessures légères est aux mains de la police. Il a été arrêté visiblement, il s'agit d'un décollage manqué.

L'avion s'est abattu en plein centre-ville de Kinshasa. L'autre affaire concerne la France. Les traminau marseillais ont enfin trouvé un accord avec la mairie et leur entreprise ainsi qu'avec le conseil général.

On voit ici monsieur Godin signer cet accord. Les modalités financières du règlement du conflit ont été donc définitivement réglées aujourd'hui après plus de 32 jours de grève. Et puis encore le journal Info Matinfo Matin est paru pour la dernière fois aujourd'hui avec ce titre Au revoir.

Coïncidence avec la mort de monsieur François Amiteran. inf matin. Pour l'instant, aucune solution n'a été trouvée.

Le journal ne paraîtra plus à partir de demain. Revenons donc à l'information qui nous intéresse, à savoir la disparition de monsieur François Mitteran. Nous avons parcouru les lieux que le président lui-même avait rendu célèbre.

Parmi ces lieux, il y a bien sûr Château Chinon. Château Chinon, c'est la deuxième ville. C'est la ville d'adoption.

C'est la ville politique de monsieur François Mitterran. C'est là qu'il s'est fait élire pratiquement sans interruption depuis 1946, député, sénateur, président du conseil général. Il avait là-bas ses habitudes.

Patrice Rand, on ne fait pas de politique sans fief. Château Chinon était celui de François Mitteran. Et pour les habitants de la ville, l'humeur aussi est aujourd'hui entre fatalisme et tristesse.

J'ai pleuré toute la matinée. Ça s'arrête là. Je veux pas continuer à pleurer, je ne le ramènerai pas.

Quand on connaît pas les gens, ça fait rien, mais quand on les connaît, ça surprend, ça fait de la peine. C'est toujours bizarre de voir un personnage historique mourir parce que on a toujours l'impression qu'ils sont un peu immortels. Alors ça fait ça fait bizarre quoi.

Enfin vraiment un très grand homme quoi. Ouais. Ouais.

Et puis il a fait beaucoup pour le Morvent. Enfin et pour Château Chinon qui s'en orgueille d'abriter le musée du Septena ou les sculptures de Nicki de Saintfal face à la mairie. Une mairie conquise en 59 et abandonnée en 81 à un successeur qui apprend aujourd'hui que François Mitteran reposera à Jarna.

Ah oui bien sûr je regrette, je regrette tout à fait parce que c'était un peu le gardé tout à fait chez nous. C'était pour les gens de Château Chinon pouvoir aller se recueillir. C'est c'est vraiment un regret.

Oui. Aux adultes les regrets. La candeur.

Chacun ici conserve une image une anecdote. Et le jour des élections je l'avais vu avec Navaro. Moi, je l'ai vu sur le terrain de foot du terrain de foot de Château Chinon là-haut.

Ah oui, il était en héop et puis en hélicoptère à l'hôtel du vieux Morvent où François Mitterrand a pris son élection en 1981. Il reste cette chambre et il reste cette vue sur une région qu'il chérissit et où plane quelque chose d'impalpable le souvenir. Retour maintenant à Avenue Le Play dans le 7e arrondissement de Paris là où est mort ce matin aux alentours de 8h30 monsieur François Mitérand.

Vous voyez devant la porte d'entrée de l'immeuble, les gerbes de fleurs de rose bien entendu qui sont déposées par les Parisiens anonymes et les personnalités qui viennent rendre un dernier hommage à l'ancien chef de l'État mort ce matin à l'âge de 79 ans. Retour sur cette journée justement devant cet immeuble de l'avenue Frédéric Leplet à Paris avec un reportage de Michaell Darmand. On connaissait à François Mitteran la rue de Bièvre au bord de la scène.

Ce matin, de nombreux Parisiens ont découvert l'avenue Lepie. près du champ de Mars. C'est ici que François Mitteron s'est éteint.

Il était 8h30. Les voisins ont compris tout de suite. On est du quartier du quartier dès qu'on a vu les barrières les barrières se sont mises.

C'est comme ça faisant nos petites courses du matin. Je l'ai aperçu plusieurs fois. Oui, parce que j'ai un chien et donc il faisait il faisait des promenades régulières au champ de Mars.

Il avait l'air très fatigué. Il y avait un long moment qu'il était il faisait des stations assises. Enfin, il était régulier dans ses promenades.

Personnalité politique, parents, amis, tout le monde se présente au domicile de l'ancien président. Ceux qui ne peuvent entrer dans l'immeuble viennent simplement déposer leurs témoignages. J'étais à la maison, je suis parti comme ça.

J'ai j'étais emprunté 50 francs à ma concierge pour prendre le métro et et puis àen voilà, c'est c'est tout ce que je peux vous dire. Ça a été très avec lui, on respérait quoi. Il y avait 14 années de liberté.

C'est ça que je vais retenir. J'ai eu 14 années de liberté et mes enfants aussi. De l'autre côté de l'immeuble, on laisse une signature, quelques mots en échange d'une photo.

Vous venez d'écrire là certainement un mot là sur C'est tout à fait personnel. En fait, on n'était pas du tout de mon bord mais je considère que c'est un grand français et je le respecte. Je suis très triste, j'ai beaucoup de chagrin.

C'est un petit peu comme comme si mon père partait un petit peu parce que je trouvais qu'il avait dit des choses tellement importantes que je crois qu'il sera un peu irremplaçable quand même. Il me touchait beaucoup. Un titre de journal transformé en messages personnels, un groupe de photographes silencieux, des anonymes eux aussi.

Certains avaient pris l'habitude d'accompagner l'ancien président dans ses promenades. Quel est le souvenir que vous garderez de lui ? Les quelques phrases que j'ai échangé il y a pas longtemps avec lui.

Vous pouvez où je lui ai montré ses photos ? Vous les a trouvé pas mal ? Ouais, c'est un bon souvenir déjà.

Toute la journée, le fleurist tout proche est devenu un passage obligé. Il n'y a plus de rose rouge. Il a plus de rose rouge.

Ça fait rien. Je vais quand même prendre une blanche. D'accord.

La nuit est mélancolique à venue du PL devant la demeure de François Mitteran. Certains comprennent qu'une page de leur vie s'est tournée. J'ai 32 ans.

François Miteran, c'est la moitié de ma vie et c'était beaucoup d'espoir. Tout n'a pas été tenu mais une bonne partie, je pense que plus ça va aller, plus on va se rendre compte de l'important. Simple citoyen ou responsable politique, la discrète avenue Le PL dernier lieu parisien de François Mitteran ne désemplit toujours pas.

Quelle image choisir dans la multitude d'images et de photos qui ont jalonné la vie de monsieur François Mitteran pour terminer cette édition spéciale ? Nous avons choisi un document original. À l'occasion du 100e anniversaire de la naissance du cinématographe par les Frères Lumières, nous avions confié une caméra telle que les frères lumières l'avaient utilisé pour qu'il filme quelque chose dans la rue.

Et Régis Varnier, le cinéaste, avait lui choisi, c'était l'été dernier comme figurant, comme acteur, monsieur François Amiteran. Donc il l'avait choisi de le filmer. Vous voyez là dans les jardins des tuileries, monsieur François Miterran qui s'était volontiers prêté à ce tournage.

Voici la caméra des frères Lumières et nous allons voir monsieur François Mitteran donc dans l'axe de cette caméra faire quelques pas qui d'une certaine façon symbolise la vie d'un homme politique qui a traversé son siècle. Le voici. François Mitteran né le 26 octobre 1926 est décédé donc ce matin à 8h30 à Paris dans sa résidence parisienne.

François Mitteran qui sera inhumé jeudi prochain dans l'intimité à Jarnac sa ville de naissance dans les Charantes. C'est la chance. [musique] [musique]