Les Français en ont par-dessus la tête des querelles religieuses - Mélenchon
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00FerméeRéponse partielle
Le Conseil d'Etat examine aujourd'hui la légalité des arrêtés anti-burkini, vous avez dit hier dans Le Monde : "C'est une provocation politique, une instrumentalisation communautariste du corps de la femme." On ne peut pas être plus clair. J'en déduis que vous êtes pour l'interdiction.
- 2:00RelanceRéponse directe
Mais ils sont 64% à vouloir l'interdiction.
- 4:00OuverteRéponse directe
Vous parlez de la photo de l'interpellation à Nice qui fait la une de la presse aujourd'hui ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Vous êtes Jean-Luc Mélenchon un militant féministe assez sincère, assez intransigeant sur l'égalité hommes-femmes, est-ce que de ce point de vue là l'islam pose plus de problèmes en France que les autres religions ?
- 8:00OuverteRéponse partielle
En gros, est-ce que vous êtes d'accord avec Jean-Pierre Chevènement quand il dit que les musulmans doivent être discrets ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Montebourg, Hamon, Duflot, les candidatures à la présidentielle de gens qui sont à peu près sur le même créneau que vous se multiplient, et vous vous dites : "Ils travaillent pour moi, je suis le vote sûr." Est-ce que ça ne manque pas d'un petit chouïa de modestie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Jean-Luc MélenchonFait
« Les Français ne veulent pas qu'on stigmatise une religion. »
- 6:00Jean-Luc MélenchonFait
« Toutes les religions posent un problème dans la relation de l'égalité hommes-femmes. »
- 8:00Jean-Luc MélenchonFait
« Les communautarismes, tous, sans exception, utilisent le corps des femmes comme frontière de la communauté. »
- 10:00Jean-Luc MélenchonFait
« Ils ne sont pas sur les mêmes créneaux, nous ne sommes pas en train de nous distribuer des parts de marché, ça s'appelle la démocratie ce qu'on est en train de faire. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Gilles Bornstein : Bonjour Thomas, bonjour à tous, bonjour Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon : Bonjour monsieur Bornstein. GB : Alors le Conseil d'Etat examine aujourd'hui la légalité des arrêtés anti-burkini, alors vous avez dit hier dans le Monde, je pense qu'on va voir la citation : "C'est une provocation politique, une instrumentalisation communautariste du corps de la femme." On ne peut pas être plus clair.
J'en déduis que vous êtes pour l'interdiction. JLM : Non, vous déduisez mal. Je veux que ma parole, ni pour, ni contre ...
Je vais vous dire une chose : Je veux que la parole publique apaise plutôt que n'envenime. Ecoutez moi les gens : aujourd'hui, c'est le 24 août. C'est l'anniversaire de la Saint-Barthélémy.
Donc, en France, on sait que les guerres de religion ne mènent nulle part, et que la religion, dès qu'elle entre dans l'espace public et politique, conduit à des catastrophes. Je vais donc vous dire les trois choses importantes. Primo, nous sommes face à une offensive politique de l'islamisme et nous n'en sommes pas dupes.
On est pas obligés de tomber dans la provocation Deuxièmemement, les Français ne veulent pas non plus qu'on stigmatise une religion. Ils ne le veulent pas. GB : Mais ils sont 64% à vouloir l'interdiction.
JLM : Les Français ne veulent pas qu'on stigmatise une religion. Je vais y venir, ne vous inquiétez pas. Et troisièmemement, la majorité, la masse des Français, toutes catégories confondues, en a par dessus la tête de la présence permanente de la religion comme un prétexte à dispute dans le pays.
Ça ne nous mène nulle part. Alors, aujourd'hui nous allons avoir le conseil d'Etat qui va trancher monsieur Bornstein, on peut peut-être attendre qu'il tranche. Si sa conclusion ne nous convient pas, on a parfaitement le droit en France de décider que cela ne nous convient pas, et alors on fera des lois.
Et à ce moment-là on discutera de ce qui est licite ou pas. Mais je vous dis une chose : la police des mœurs et des vêtements, c'est quelque chose de très compliqué à assumer, très compliqué. Hier on a entendu monsieur Sarkozy dire qu'il propose d'interdire tous les signes religieux dans l'espace public.
Pourquoi pas ! Mais c'est clair : tous les signes religieux. GB : Vous êtes pour ?
JLM : Non ! Mais donnons nous le temps de penser, monsieur Bornstein ! Tout le monde n'est pas obligé de faire de l'information en continu, c'est à dire n'importe quoi !
Réfléchissons. Si on dit ...
GB : C'est pas forcément n'importe quoi ...
JLM : Oui, oui, mais pour l'instant on sait ce que c'est. Si on dit "On va interdire les signes religieux dans l'espace public", un homme comme moi va pas vous dire que c'est pas une bonne idée. J'ai toujours été un laïc intransigeant.
On m'a assez traité de laïcard dans ma vie ! Mais alors ça s'applique à toutes les religions. Ce qui ne va pas aujourd'hui, c'est qu'on a l'impression qu'on montre du doigt sans cesse l'islam.
Ça veut dire que la kippa, on n'a pas à la porter, les chapeaux en peau de mouton non plus, les cornettes et le reste non plus. Donc réfléchissons bien à ce que l'on fait. Moi je suis plutôt partisan de la conviction.
Les mesures de contrainte, on les a prises : on a interdit la burqa dans l'espace public parce que nous avons le droit de nous dévisager. Mais il faut agir avec modération, parce que si nous mettons le doigt dans la surenchère, vous voyez où on en est. Les maires qui ont pris les mesures anti-burkini, allez, je leur fais grâce de croire que réellement ils étaient dans une attitude bienveillante de paix civile.
Ils ne voulaient pas que l'ordre public soit troublé. Le résultat ? C'est les images qu'on a vues hier, qui offensent des milliers de gens qui disent "Mais ce n'est pas possible !
Nous sommes des citoyens de seconde zone !" GB : Vous parlez de la photo de l'interpellation à Nice qui fait la une de la presse aujourd'hui ? JLM : Mais oui !
Elle a soulevé une indignation, qui est peut-être exagérée, mais de grâce arrêtons avec ça ! La France ne va pas passer son temps à discuter des tenues religieuses. Aujourd'hui vous avez le problème du lait, on n'en parle pas.
Vous avez le problème de la rentrée scolaire, on ne va pas en parler. Vous avez le problème du chômage, et ainsi de suite. Ce sont de grandes questions.
Alors je ne dis pas que ce n'est pas une question grave que d'utiliser le corps des femmes pour en faire un espèce d'emblème de lutte politique, mais nous, soyons intelligents, ne tombons pas dans la provocation. GB : Vous êtes Jean-Luc Mélenchon un militant féministe assez sincère, assez intransigeant sur l'égalité hommes-femmes, est-ce que de ce point de vue là l'islam pose plus de problèmes en France que les autres religions ? JLM : Toutes les religions posent un problème dans la relation de l'égalité hommes-femmes.
GB : L'islam n'en pose pas plus ? JLM : De manière peut-être plus visible. Mais bon, les unes se mettent un voile sur la tête, les autres une perruque, bon ...
Les religions d'une manière générale réduisent ....
GB : Le catholicisme ne pose pas tellement de problèmes sur l'égalité hommes-femmes ? JLM : Les religions, souvent, ont tendance à hiérarchiser les hommes et les femmes, et à donner la primauté aux hommes contre les femmes. GB : De ce point de vue-là elles sont toutes pareilles ?
JLM : Oui, d'une manière générale ...
Je vais vous dire monsieur, les vrais problèmes ne viennent pas des religions mais des communautarismes. Et les communautarismes, tous, sans exception, utilisent le corps des femmes comme frontière de la communauté. Par conséquent, l'idéal républicain, qui est universaliste, est notre remède.
La laïcité, traitée avec intelligence, est notre remède. Je le redis : dans ce pays, pendant des siècles, on a persécuté les juifs, puis on a persécuté les musulmans, les protestants, des fois les deux en même temps ...
Tirons les leçons de notre histoire. On a plus à apprendre d'Henri IV que de Saint-Louis. Saint-Louis a mis la rouelle aux juifs, et Henri IV a permis l'édit de Nantes.
GB : Justement, traiter la laïcité avec intelligence, je voudrais vous proposer une autre citation. "Il faut renoncer à tous les signes provocants d'appartenance à la religion de Mahomet." Qui a dit ça ?
C'est Tahar Ben Jelloun, l'écrivain, prix Goncourt de littérature, est-ce que vous signez ? JLM : c'est Tahar, vous venez de le dire. Il est un écrivain.
Moi je suis un homme politique, je dois faire attention à ce que je dis. Que les croyants musulmans discutent entre eux ...
GB : En gros, est-ce que vous êtes d'accord avec Jean-Pierre Chevènement quand il dit que les musulmans doivent être discrets ? JLM : Ecoutez-moi, monsieur Bornstein. Je sais que ça va vous choquer, je suis surtout d'accord avec moi-même.
Et je n'ai confiance en personne. Vous voyez ? Parce que quand le Pape est venu à Strasbourg, - le Pape dont vous savez très bien que j'ai dit 100 fois que je me sentais très concerné par l'encyclique "Loué sois-tu", qui met en avant la question de l'écologie et de la dictature du capitalisme - et bien j'ai dit qu'il n'avait rien à faire dans une enceinte parlementaire.
Je ne suis pas d'accord pour que les chefs religieux rentrent dans les enceintes parlementaires et fassent des prêches. J'étais tout seul, monsieur Bornstein. Alors, les leçons de laïcité, les surenchères des uns et des autres, je ne veux pas y entrer.
Quant à Tahar Ben Jelloun, je le respecte parce que c'est un grand écrivain, et je pense que sa parole est précieuse. Je dis à tous les chefs religieux qu'il n'y a pas de consignes, ni de Mahomet, ni de Jésus, ni de Moïse, concernant les tenues de bain. Alors ça commence à bien faire.
Maintenant, ce que nous demandons ... - les tenues de bain ou combien d'autres choses de cette nature.
Je ne suis pas du tout persuadé que Dieu soit préoccupé des poils et des cheveux. Il est donc temps maintenant de se respecter tous, et par conséquent, d'accepter une attitude qui rende la religion supportable par tout le monde. Et combien de gens dans ce pays n'en ont pas et en ont assez qu'on vienne sans cesse les provoquer avec ces sujets ?
Bon moi ce que je vous en dis ...
Si vous ne voulez pas vous calmer, bah faites vous la guerre ! GB : Dernière question Jean-Luc Mélenchon : Montebourg, Hamon, Duflot, les candidatures à la présidentielle de gens qui sont à peu près sur le même créneau que vous se multiplient, et vous vous dites, toujours hier dans le Monde, dernière citation : "Ils travaillent pour moi, je suis le vote sûr." Est-ce que ça ne manque pas d'un petit chouïa de modestie ?
JLM : Euh ...
Oui, sans doute, mais enfin comment voulez-vous que je parle de moi ? Je vais pas parler de moi à la troisième personne, cher monsieur Bornstein. Je ne crois pas que ce soit l'idée qu'il faut retenir.
Vous venez de dire une série de choses qui ne correspondent pas à la réalité. Ils ne sont pas sur les mêmes créneaux, nous ne sommes pas en train de nous distribuer des parts de marché, ça s'appelle la démocratie ce qu'on est en train de faire. Et ils sont candidats à des primaires, pas moi.
A la fin je resterai, pas eux. Par conséquent, vous voyez bien que je suis obligé de dire que je suis stable et sûr, parce que moi je suis là et je serai là. Je déplore qu'on ait pas pu parler d'un seul autre sujet que de tout ça qui est très politicien.
GB : Vous reviendrez ? JLM : Non, ça ça dépend de mon humeur. GB : Caroline Roux présentera les 4 vérités à partir de la semaine prochaine, je suis sûr qu'elle sera ravie de vous revoir.
JLM : Et moi aussi de la retrouver, parce que c'est une grande journaliste.
Jean-Luc Mélenchon